Le mois de janvier tirait doucement à sa fin. Le couple avait reçu toutes les autorisations nécessaires pour devenir parents. Une seule chose manquait désormais à faire d'eux des papas : un enfant en manque d'amour à rencontrer et à adopter.

Dave buvait son jus d'orange, tranquillement installé au comptoir de la cuisine, regardant le jardin recouvert de neige pendant que la machine à café préparait la partie essentielle du petit déjeuner de son mari. Sebastian était sous la douche, de mauvaise humeur parce qu'il avait dû se lever tôt pour aller travailler. C'était un matin classique pour eux jusqu'à ce que le téléphone sonne, rompant le silence relatif de cette matinée.

Dave se leva précipitamment, inquiet de qui pouvait appeler à cette heure si matinale, manquant de tomber en glissant sur le carrelage. Il décrocha, totalement essoufflé alors que son mari semblait n'avoir même pas entendu les sonneries à cause du bruit de la douche.

« Allo. »

« Monsieur Karofsky ? » une voix féminine demanda à l'autre bout du fil.

« Oui. Qu'est-ce qui s'est passé ? C'est mon père ? La mère de Sebastian ? » demanda frénétiquement Dave.

« David, calmez-vous, tout va bien. » raisonna la travailleuse sociale dont il reconnaissait maintenant la voix. « En fait, j'ai plutôt une bonne nouvelle pour vous. Quel jour est-ce que vous pourriez être libres pour qu'on se rencontre pour parler de l'enfant que je pense pouvoir vous confier ? »

« Oh mon Dieu. » s'écria Dave. « Sebastian, Sebastian, viens vite. » cria-t-il vers l'étage où le bruit de la douche venait de s'arrêter.

Quelques secondes plus tard, un homme totalement nu et encore ruisselant dévalait les escaliers, totalement paniqué.

« Qu'est-ce qui se passe ? Tu t'es fait mal ? Il faut que je t'amène aux urgences. »

« Non, tu aurais pu au moins prendre le temps de mettre une serviette ou quelque chose. C'est l'agence d'adoption, ils ont un enfant pour nous, il faut qu'on s'organise pour un rendez-vous. »

« Oh mon Dieu, c'est vrai ? Un garçon ? Une fille ? Quel âge ? Et quand est-ce qu'on peut le ramener à la maison ? » demanda frénétiquement Sebastian sans même se soucier de la remarque de son mari au sujet de sa nudité.

« Et bien je crois qu'on peut dire que vous êtes tous les deux excités. Mais ne vous emballez pas, les démarches ne sont pas terminées. Pour l'instant il s'agit d'une entrevue entre vous et moi pour parler de cet enfant. Ensuite, si vous pensez toujours que cet enfant peut s'intégrer à votre vie, vous pourrez la rencontrer et seulement si les choses se passent bien entre vous, on pourra enclencher les dernières démarches. »

« La rencontrer ? C'est une fille ? » demanda Dave joyeusement, ignorant Sebastian qui lui demandait silencieusement à savoir ce qu'on lui disait.

« C'est une fille mais je vous en dirai plus lors de notre rendez-vous. » répondit la jeune femme.

Ils se mirent d'accord sur un rendez-vous et Dave raccrocha pour se retrouver engouffré dans les bras humides de l'homme de sa vie.

« Ca y est Pooky, on va avoir un enfant… »

« Ne t'emballe pas, c'est pas encore sûr. » le coupa Dave en l'enlaçant à son tour.

« Non, me gâche pas ma joie s'il te plait. On va être papas. Tu vas être papa. »

« Oui, je sais. Mais pour l'instant… il faut que j'aille me changer. Je suis trempé. »

« Oh non, on va pas bosser aujourd'hui. » bouda Sebastian.

« Toi peut-être mais je ne peux pas laisser mes élèves une journée sans avoir prévenu avant. Et il va falloir que je prenne une journée pour ce rendez-vous et ensuite une autre pour rencontrer cette petite fille. »

« Notre fille. »

« Pas encore. Mais j'ai bon espoir. » répondit Dave déjà à la moitié des escaliers.

Sebastian était particulièrement nerveux, quelques jours plus tard, assis encore une fois dans la salle d'attente de l'agence d'adoption. Il ne tenait pas en place, ses jambes se secouant en rythme. A côté de lui, Dave tentait de rester calme, de le rassurer en serrant sa main, mais il était tout aussi nerveux.

« Sebastian, David, c'est à nous. » appela l'employée, les faisant se lever d'un bond comme un seul homme.

« Comment allez-vous aujourd'hui messieurs ? » demanda-t-elle quand ils furent tous les trois assis.

« Nerveux, impatients. » répondit Dave le plus calmement possible.

« On veut voir à quoi ressemble notre fille. » dit nerveusement Sebastian.

« D'accord, gardez en tête qu'elle n'est pas encore votre fille. Vous avez encore plusieurs étapes à passer avant ça et c'est encore fragile. »

« Oui, on sait, mais je préfère rester positif pour l'instant. J'aurai tout le temps de pleurer et de faire mon deuil si ça ne marche pas. » répondit Sebastian.

« Bien. Elle s'appelle Tiana. Elle va bientôt avoir six ans. Son père est décédé dans un accident de voiture avant sa naissance et sa mère est morte en couche. » dit la jeune femme en sortant quelques photos d'un dossier. « Elle est dans cet orphelinat depuis maintenant un mois. C'est une petite fille intrépide, un peu bagarreuse depuis qu'elle est là bien que ses professeurs à l'école la décrivent comme quelqu'un d'enjoué. Je crois qu'elle prend mal les récents évènements, elle a besoin d'être rassurée et canalisée. Elle n'est pas mauvaise en classes mais elle préfère sans aucun doute le sport. »

En apparence, Dave et Sebastian écoutaient attentivement la jeune femme. Mais ils étaient tellement impatients de voir les photos qu'ils n'écoutaient que distraitement. Finalement, elle leur tendit les quelques photos d'une petite fille qui portait à merveille le prénom de la princesse de Disney à travers le bureau.

« Oh regarde la, elle est adorable. » dit Sebastian en se tournant vers Dave.

« Elle n'a pas tellement l'air d'aimer cette robe. » remarqua Dave.

« Et bien, en effet, elle n'aime pas tellement les robes. Comme je vous l'ai dit, elle est intrépide, elle ne les trouve pas assez pratique. » nota la jeune femme.

« Pourquoi elle en porte une alors ? » demanda Sebastian confus.

« C'est la politique de cet orphelinat. Pour les photos et les visites des futurs adoptants, les petites filles doivent porter des robes. » soupira la jeune femme.

« Quoi ? Je refuse que ma fille soit traitée comme un singe savant. Dites leur bien que si Tiana ne porte pas les vêtements qu'elle veut quand on viendra la voir, je n'hésiterai pas à les poursuivre. »

« J'adorerais voir ça, vraiment. Je travaille avec eux depuis longtemps, ils traitent bien les enfants, mais je déteste cette règle qu'ils ont. Tout ça pour faire bonne impression sur les visiteurs. »

« Donc, quand est-ce qu'on peut la rencontrer ? » demanda Dave.

« Oh, vous devriez réfléchir avant de prendre cette décision, en parler entre vous… »

« C'est tout réfléchi. » coupa Dave après avoir échangé un regard avec Sebastian.

« Je vois. Je prends contact avec l'orphelinat et je vous tiens au courant. » répondit la jeune femme avec un large sourire.

« Merci. Est-ce qu'on peut en garder une en attendant d'en prendre avec les vêtements qu'elle aime ? » demanda Sebastian en montrant les photos.

« Bien sûr oui. »

Ils quittèrent le bureau, Sebastian incapable de lever les yeux de la photo.

« Elle est tellement belle. » souffla Sebastian dans la voiture du retour.

« Elle va être notre fille, évidemment qu'elle l'est. » plaisanta Dave.

« Arrête, je suis sérieux. »

« Je sais, moi aussi. »

« J'ai vraiment hâte de la rencontrer, elle a l'air… parfaite. »

« Sûrement que non, personne ne l'est. » prévint Dave.

« Non, tu sais ce que je veux dire. Parfaite pour nous. »

« Oui, je vois. Espérons qu'elle pensera la même chose de nous. » soupira Dave.

« Je suis sûr que oui. Regarde, je suis sûr que quand elle sourit elle a des fossettes. » s'extasia Sebastian en montrant la photo à Dave alors qu'ils étaient arrêtés à un feu.

« Oui, sûrement. » répondit Dave en souriant.

Sebastian était particulièrement nerveux quand ils se présentèrent au rendez-vous environ une semaine plus tard.

« Hé, calme toi Scar, ça va bien se passer. » murmura Dave à son oreille, serrant doucement sa main alors qu'ils attendaient à l'entrée de l'orphelinat qu'on vienne les chercher.

« Mais si elle ne nous aime pas ? Ils nous laisseront pas l'adopter si elle nous aime pas Vid. »

« Il va falloir que tu lui fasse ton meilleur numéro de charme alors. Ca a bien marché avec moi. » plaisanta Dave.

« Arrête, ça me fait pas rire. Je veux pas d'un autre enfant, c'est elle, personne d'autre. Je m'en remettrai pas si elle veut pas de nous. »

« Quand je pense que tout le monde pense que Kurt est une drama queen. Visiblement, ils ne te connaissent pas assez bien. Elle va t'adorer, elle n'aura pas d'autre choix. »

« Si, justement elle a d'autres choix. »

« Messieurs Karofsky ? » interrompit un jeune homme qui ne devait pas avoir beaucoup plus de 21 ans. « Bonjour, je suis Thomas. Tiana est dans la salle de jeux, si ça vous convient pour cette première rencontre. Mais je préfère vous prévenir, elle n'est pas de très bonne humeur aujourd'hui. »

« On vous suit. » dit Dave, emboîtant le pas du jeune homme.

« Il a quoi, douze ans ? » chuchota Sebastian à son mari.

« Arrête. Il a sûrement l'âge légal. L'agence nous a assuré que c'était un orphelinat très bien. » répliqua Dave sur le même ton.

« Non, mais regarde le, il ne peut pas être assez âgé pour bien s'occuper d'enfants. »

« J'ai 23 ans. Je suis ici en stage d'études. On ne me laisse jamais seul avec les enfants, si ça peut vous rassurer. » dit le jeune homme avec un petit sourire entendu.

« On n'était pas inquiets. » intervint Dave. « On est juste impatients de la rencontrer. Pas vrai Sebastian. »

« Oui, oui, bien sûr. »

« Ne vous inquiétez pas, j'ai l'habitude des futurs parents suspicieux. Je trouve ça plutôt rassurant, ça prouve que vous vous souciez déjà du bien être de votre futur enfant. »

« Excusez le, il n'a pas tellement de tact. Il dit toujours ce qu'il pense. » s'excusa Dave.

« Pas de problème, vraiment. Je suis sûr que Tiana va vous adorer. »

Ils longèrent un long couloir menant à la salle de jeux qui résonnait de rires. Sebastian et Dave souriaient jusqu'à ce qu'un cri n'attire leur attention.

« Lâche-moi, lâche-moi, je veux jouer au mur d'escalade. Non, j'en veux pas de ta poupée et je m'en fiche d'avoir des nouveaux parents, je veux ma maman. »

Les deux hommes se regardèrent et firent les derniers pas jusqu'à la salle au pas de course pour avoir les yeux immédiatement attirés par une femme d'une cinquantaine d'années tentant de retenir une petite fille dans une jolie robe verte qui se débattait pour aller au petit mur d'escalade un peu plus loin.

« Tu ne peux pas escalader dans cette tenue. » tenta d'expliquer la femme.

« C'est pour ça que je voulais pas mettre cette robe. Elle est moche et on peut rien faire dedans. » marmonna la petite fille.

En une seconde, Sebastian était à côté d'elles, furieux.

« Je croyais avoir demandé de faire passer le message que je voulais que ma fille porte les vêtements qu'elle veut pour cette rencontre. Et lâchez-la, vous allez lui faire mal à l'agripper comme ça. »

La femme resta bouche-bée, assez longtemps pour que Tiana se dégage de son étreinte et parte en courant vers son but. Pendant ce temps, Dave essayait de calmer son mari, ne voulant pas qu'un scandale les empêche de pouvoir adopter la petite fille. Les trois adultes se dévisageaient sans plus prêter d'attention à Tiana qui risquait de se faire mal en tentant de grimper avec une robe trop étroite et des chaussures trop glissantes.

Heureusement, Thomas était entré à son tour et s'approcha avec précaution de la petite fille.

« Hé, Princesse, on en a déjà parlé, tu as le droit de grimper quand tu veux, mais il faut que tu sois habillée comme il faut pour ça. On ne veut pas que tu te fasses mal, d'accord ? »

« Je m'en fiche, je voulais pas mettre cette robe d'abord. »

« Je sais. Ecoute, je te promets que demain tu pourras t'habiller comme tu veux et tu pourras jouer à l'escalade autant que tu veux si aujourd'hui tu es bien sage et que tu es gentille avec les gens qui sont venus te rencontrer. »

« Non, je veux pas d'une nouvelle maman, je veux ma maman. » protesta la petite fille, de grosses larmes commençant à rouler sur ses joues.

Sebastian et Dave assistaient à la scène, le cœur lourd pour la petite fille qui avait sûrement fait fuir beaucoup d'autres couples parce qu'elle ne voulait pas d'une nouvelle maman.

« Je sais Princesse, mais est-ce que tu veux bien au moins venir leur dire bonjour ? Tu peux faire ça pour moi ? Peut-être que si tu y mets un peu du tien, je pourrai négocier pour que tu ais le droit de te changer. Qu'est-ce que tu en penses ? »

« D'accord. » dit la petite fille en hochant la tête et en reniflant.

« Okay, alors Tiana, je te présente David et Sebastian. Ils étaient très impatients de te rencontrer tu sais ? »

« Bonjour. » marmonna Tiana avec un faux sourire.

« Hé, bonjour Princesse. » dit Dave avec un grand sourire en s'accroupissant pour être à sa hauteur. « Moi c'est David et lui c'est mon mari, Sebastian. Il est un peu grognon aujourd'hui, mais je te promets qu'en fait il est très gentil. »

« C'est ton jeu préféré l'escalade ? » demanda Sebastian en s'accroupissant à son tour.

« Non, je préfère le foot, mais avec la robe, personne veut jouer avec moi parce que je perds tout le temps. »

« Tu mets souvent des robes ? »

« Non, j'aime pas les robes. Ils m'ont obligée pour prendre les photos et aujourd'hui, ils ont dit qu'il fallait que j'en mette une parce que vous vouliez. »

« Ils t'ont dit que nous on voulait que tu porte une robe ? » demanda Sebastian en jetant un regard noir dans la direction de l'employée.

« Oui. Enfin ils ont dit qu'il fallait que je la mette pour être jolie pour vous. »

« Et bien c'était une mauvaise idée. Tu es très jolie dans cette robe, mais je suis sûr que tu es encore plus jolie si tu peux t'amuser comme tu as envie. Tu sais quoi, je sais qu'il y a quelqu'un qui veut bien jouer au foot avec toi, même si tu es en robe. »

« Ah bon ? Qui ça ? » demanda la petite fille avec de grands yeux ronds.

« Moi. Et je suis certain que David se laissera tenter aussi. »

« Je serai ravi de jouer au foot avec vous. » intervint Dave.

« Mais vous êtes des garçons. Ils jouent pas au foot les garçons, ils jouent au football américain. » dit Tiana.

« J'ai grandi en France, là-bas, tous les petits garçons jouent au foot. » expliqua Sebastian à la petite fille qui resta dubitative.

« Ma nounou était Italienne. Les hommes Italiens rêvent tous d'être footballeur professionnels. En Europe, tout le monde joue au foot. » confirma Dave.

« Alors, tu veux bien jouer au foot avec nous ? » demanda Sebastian.

« Oui d'accord. Mais je peux quand même enlever la robe avant ? Je l'aime pas du tout, elle me gratte en plus. » gémit Tiana.

« Bien sûr que tu peux Princesse. On va dire à Thomas de t'aider. Quand on t'aura adoptée, tu pourras t'habiller comme tu voudras. » promit Sebastian.

« Non, vous pouvez pas m'adopter. Je veux ma maman, elle va venir me chercher. » protesta la petite fille, se débattant soudainement et pleurant.

« Oh, Princesse. Je suis sûr que si elle le pouvait, elle voudrait venir te chercher. » dit Dave doucement, tendant un doigt tremblant pour essuyer la joue de la petite fille qui le repoussa violemment.

« J'ai pas besoin de vous, elle va venir. » répliqua Tiana avec conviction.

Thomas réussit à la calmer un peu en lui proposant d'aller se changer, mais malgré tout, la petite fille restait visiblement contrariée. Dave était inquiet pour Sebastian, la réaction de la fillette étant exactement celle de rejet qu'il avait craint. Il prit la main de son mari et la serra doucement en regardant le jeune stagiaire s'éloigner avec Tiana pour aller à son dortoir pour qu'elle se change.

« Elle a besoin de nous. » souffla Sebastian d'un air décidé. « Elle ne le sait pas, elle espère encore que sa mère viendra la reprendre, mais elle a besoin de nous. »

« Mais elle ne veut pas… » commença timidement Dave.

« On la fera changer d'avis. Elle n'a rien contre nous Vid, elle veut juste sa maman qui ne peut pas revenir. Ca prendra le temps que ça prendra, mais je ne rentrerai pas à la maison avec un autre enfant. C'est notre fille. » coupa Sebastian en tournant la tête vers son mari. « J'abandonnerai pas juste parce qu'elle est encore trop triste d'avoir perdu sa maman. »

« D'accord. On va tout faire pour la faire changer d'avis. » lui dit Dave en souriant. « Mais si… »

« Non, pas de mais. Pas de si. On pensera au mais si quand il arrivera, s'il arrive. »

« D'accord. » dit Dave doucement.

Ils retournèrent plusieurs fois à l'orphelinat après ce jour là sans jamais parler de l'adoption avec Tiana. Ils se contentèrent de prendre du temps avec elle, de s'intéresser à ce qu'elle aimait et qui étaient ses amis. Ils l'écoutèrent parler de sa maman et de combien elle lui manquait. Mais jamais ils n'évoquèrent l'adoption à nouveau. Ils l'avaient décidé dès le premier soir après être revenus de l'orphelinat, voulant éviter de braquer la petite fille.

Le mois de février était bien entamé quand la fillette les surprit à leur arrivée à l'orphelinat.

« Ma maman, elle reviendra pas hein ? »

« Heu… Non, elle ne reviendra pas. » balbutia Dave. « Elle ne peut pas. Là où elle est on ne peut jamais revenir. Mais je suis sûr que si elle pouvait… »

« Si elle pouvait, elle n'aurait jamais laissé une petite fille aussi formidable que toi. » coupa Sebastian avec un sourire rassurant.

« Elle peut savoir ce que je fais de là où elle est ? »

« Je ne sais pas Princesse. Il y a des gens qui croient que non, d'autres que oui. » répondit Dave honnêtement.

La petite fille tourna la tête vers Sebastian, lui tournant silencieusement la question, les yeux pleins d'espoirs.

« Je ne sais pas non plus. Ce dont je suis sûr c'est que là où elle est, elle voudrait que tu ais une belle vie et que tu sois heureuse. Et je suis sûr qu'elle est très fière de toi. »

« Il me faut des nouveaux parents, hein ? »

« Oui. » répondit Sebastian doucement.

« Mais tu peux choisir. Tu n'es pas obligée d'accepter que ce soit nous. » Dave dit, sa voix se brisant légèrement.

Tiana hocha doucement la tête, semblant perdue dans ses pensées pendant quelques secondes avant de recommencer à parler.

« Je voudrais voir Evan et Nolan. Je sais pas pourquoi ils veulent pas que je les vois. »

« Oh. Heu, tu veux qu'on leur demande pour toi ? » demanda Sebastian, prenant sur lui pour ne pas montrer que son cœur s'était brisé à l'évocation de certainement un autre couple qui avait eu la chance de rencontrer celle qu'il considérait déjà comme sa fille.

« Oui. S'il vous plait. Dites-leur que je veux vraiment les voir, d'accord ? »

« Oui, bien sûr Princesse. On leur dira. On doit partir maintenant, d'accord ? Mais on reviendra pour te donner la réponse d'accord ? » dit Dave qui savait lire son mari comme un livre ouvert même quand il essayait de cacher ses émotions.

Les deux hommes repartirent de l'orphelinat sans voir l'expression peinée sur le visage de Tiana qui se demandait si elle avait dit quelque chose de mal pour faire repartir les deux hommes beaucoup plus vite que d'habitude.