Bonjour ! Et non, cette histoire n'est pas abandonnée, bien au contraire ! Pas mal d'imprévus (auxquels on rajoute un ordinateur capricieux et une Wi-Fi aléatoire) ont retardé l'écriture et, donc, la publication de ce huitième chapitre. Mais je suis bien contente de pouvoir enfin le poster !
Pour être honnête, je ne sais pas trop quoi vous dire de plus, alors je vous laisse avec le-dit chapitre.
Bonne lecture !
Merci à Griseldis, ShinyZancrow, The Queen of rats (tiens, tu as changé de pseudo ;-)), Baka-Shiro, Wundy, Smilefurus, alixlouise, Mlle Nyaa, Shimdrael, Ameka et Akito-Baskerville pour vos reviews. (Mon dieu, j'ai encore plus honte de ce retard en vous voyant si nombreux sur le septième.)
Survey Corporation, Inc.
VIII
Bon chien chasse de race
x
Erwin observait toujours Levi dont le visage était si pâle qu'il était presque devenu gris. Les yeux rivés sur Kenny Ackerman, il avait l'air effaré, presque effrayé. Son regard qui n'était plus morne mais froid et ses mâchoires crispées annonçaient assez que ces retrouvailles familiales étaient une surprise passablement désagréable. Uri Reiss remarqua sûrement le changement d'attitude de Levi mais choisit visiblement de ne pas y prêter attention, sans doute afin d'atténuer le malaise du jeune homme et de ne pas provoquer une situation plus embarrassante pour Erwin. Il préféra donc plutôt s'étonner de l'étrange coïncidence qui réunissait par le plus grand des hasards l'oncle et le neveu.
— Vraiment ? dit-il d'une voix un peu trop enjouée pour être tout à fait sincère. Que le monde est petit.
— Quand on a la taille de mon neveu, faut pas croire.
Immédiatement, Uri Reiss lâcha un « Kenny ! » indigné même si son regard était un peu trop brillant et ressemblait plutôt à celui d'un homme qui se retenait de rire. Erwin, lui, se sentit, pour la première fois depuis le triste épisode de la girafe, sur le point d'avoir un fou rire nerveux. Une petite partie de lui se demandait d'ailleurs comment il annoncerait à Mike que Levi Ackerman avait massacré un employé de la Fondation Reiss à coup de falafels. Erwin était convaincu que même un falafel pouvait devenir une arme dans les mains de l'homme qui avait un regard pareil. Car si la première réaction de son employé avait été la stupeur, la seconde, clairement, entrait dans la catégorie des pulsions homicides.
— C'est surtout que je te croyais mort, et bien mort, dit le petit brun avec un ton qui laissait entendre qu'il était parfaitement prêt à remédier à la situation.
Tandis que Kenny perdait son visage amical pour une expression plus dure qui réveilla instinctivement le Erwin des vieux jours, celui qui n'aurait jamais laissé au bureau son Smith et Wesson, le rire impulsif et franc de l'impassible Uri Reiss dissipa la tension.
Étonné, Erwin observa l'homme habituellement d'un calme olympien en se demandant si celui-ci avait conscience du danger de la situation. Il réalisa rapidement que c'était le cas, et c'était évident puisqu'il connaissait Kenny mais qu'il en était vraiment amusé. Erwin trouva cela autrement impressionnant que les fanfaronnades de Rod Reiss.
— En tout cas, reprit l'homme qui s'était calmé aussi vite qu'il s'était mis à rire, je ne pensais pas avoir un jour la chance de rencontrer la famille de Kenny. C'est un plaisir de faire votre connaissance monsieur Ackerman.
— Levi, juste Levi, précisa celui-ci d'une voix fatiguée en serrant la main que le blond lui tendait.
— Il est vrai qu'avec deux Ackerman, il serait plus facile d'utiliser nos prénoms, dit Uri avec un léger sourire avant de se tourner vers Erwin. Après tout, cela reste un déjeuner informel, n'est-ce pas Erwin ?
— C'est exact, répondit-il. Qu'en pensez-vous, Levi ?
— Oui, Erwin, lui fit Levi avec un sourire torve.
Erwin réalisa alors qu'ils s'appelaient par leurs prénoms et il dut retenir un sourire stupide. D'accord, Hanji avait peut-être raison, et il était peut-être un peu amoureux.
Uri reprit alors place sur sa chaise en les invitant à faire de même. Erwin s'installa en face de lui et observa Levi s'asseoir vis à vis de son oncle, avec une prudence qui n'était pas sans rappeler celle d'un fauve prêt à bondir.
Une serveuse à l'air aimable, et dont le sourire commercial devenait rayonnant quand elle se tournait vers Uri Reiss arriva presque aussitôt et leur tendit des cartes. Erwin ouvrit la sienne en observant toujours Levi du coin de l'œil. Celui-ci était encore plus tendu que la fois où ils avaient parlé de la mère de Mikasa. Il était vrai que Kenny dégageait quelque chose d'inquiétant, mais leur récent échange attestait que bon chien chasse de race.
Erwin jeta un coup d'œil aux plats. Fréquenter Hanji, dont la curiosité était insatiable, incluait découvrir de nouveaux horizons, particulièrement du point de vue gastronomique et si parfois cela pouvait être désastreux, cela pouvait aussi s'avérer payant. La plupart des noms lui étaient familiers à l'exception de certains qui lui étaient parfaitement inconnus mais une petite description générale palliait l'inconvénient.
Alors que Kenny conseillait des plats à Uri qui ne l'écoutait pas du tout et qui avait manifestement déjà fait son choix, Levi contemplait la carte comme s'il voulait y trouver la révélation d'un mystère profond. L'atmosphère de ce déjeuner était étrange et ce n'était pas seulement à cause de l'oncle et du neveu. Uri Reiss n'était pas le même homme. Les platitudes habituelles qui s'échangeaient lors des dîners d'affaires étaient ponctuées par des remarques et un certain humour qu'Erwin ne lui aurait jamais soupçonné.
Ce ne fut qu'après avoir commandé que Uri évoqua le sujet qui les avait réunis, commençant par s'étonner de l'absence de Mike.
— Même si je suis heureux de faire connaissance avec vous Levi, le neveu de Kenny, je m'attendais à voir monsieur Zacharius.
Erwin répugnait l'idée de dévoiler la moindre parcelle d'intimité de ses employés, en particulier celle de Mike qu'il n'avait jamais considéré comme tel mais plutôt comme un vieux compagnon de guerre, ami des bons et des mauvais jours. Aussi dit-il pour l'excuser qu'il était en déplacement.
Les plats arrivèrent bien plus vite que ce dont Erwin avait l'habitude dans les restaurants gastronomiques. Levi observa l'assiette de son oncle en grimaçant. L'homme avait commandé des rognons blancs au cumin et Erwin, dans un élan de curiosité qu'il regretta avant que l'information ne fut tout à fait parvenue à son cerveau, lui avait demandé quelle était la différence avec des rognons classiques.
— C'est... plus bas, avait répondu Kenny. Le truc que mon neveu n'a jamais su trouver dans son slip.
Erwin s'était alors tourné vers Levi, désorienté.
— Tu veux que moi aussi je mette mes couilles sur la table pour te montrer qu'elles sont bien là ?
— Désolé, gamin, j'ai pas de loupe sur moi.
Et le sujet de conversation avait été clos par Uri qui, heureusement, avait ponctué que tout de même, ils étaient sur le point de manger. En tout cas, Kenny avait visiblement l'air de se régaler alors que Levi le regardait avec un air franchement dégoûté.
— Pas la peine de tirer cette tronche, gamin. T'en as bouffé ton compte quand t'étais gosse.
— C'est pas comme si tu m'avais laissé le choix, fit remarquer son neveu d'une voix qui laissait transparaître un certain reproche.
— C'est grâce à ça que tu as repris du poil de la bête. Et fais gaffe avec ta chakchouka, ils chargent sur les épices ici. Oublie pas ce que je te disais quand tu étais petit sur les plats trop épicés...
— Tais-toi.
— Cul qui gratte le soir, doigts qui puent le matin.
Erwin, qui buvait une gorgée d'eau gazeuse à ce moment-là car la situation ne lui laissait pas le luxe de se détendre assez pour s'accorder un verre du vin blanc que Uri avait commandé et qu'il aurait pourtant savouré avec bonheur, fut pris d'une violente quinte de toux. Ce n'était pas tant sa toux, parce qu'il venait d'avaler de travers, qu'il essayait de dissimuler mais plus l'eau pétillante qui était ressortie par son nez et qui lui brûlait atrocement les narines. Contrairement à Uri, Erwin ne trouvait pas ça drôle du tout. Il était à la fois surpris et horrifié face au fiasco de ce déjeuner.
Il ne s'était certainement pas attendu à ce que l'oncle aille aussi loin pour embêter son neveu, car c'était clairement ça, mais la vision qu'avait provoquée en lui une telle réplique le mit définitivement mal à l'aise. Il n'avait même pas fait attention à Uri jetant un nouveau « Kenny ! », faussement outré, noyé dans deux éclats de rire.
— Erwin, vous allez bien ? s'enquit le blond.
Erwin hocha la tête et s'excusa une fois sa toux passée. Levi était mortifié sur sa chaise et Erwin ne se sentait pas beaucoup plus à l'aise. Il essaya de reprendre contenance, chassant fermement et loin de lui l'image d'un Levi, de ses doigts et de ses fesses, et souhaita ne jamais s'être levé ce matin.
Le déjeuner continua sur le même ton même si Levi choisit de ne plus réagir aux piques que son oncle s'évertuait à lui lancer et Erwin et Uri tentaient tant bien que mal de discuter sérieusement au sujet des déesses. Une partie de lui, qui était toujours en alerte, était consciente qu'en réalité Levi n'était pas calme mais qu'il faisait juste preuve d'une maîtrise de soi qui forçait le respect.
Finalement, ce fut au moment du dessert que Kenny regarda Erwin droit dans les yeux et lui dit :
— Je veux le petit gars dans mon équipe.
Erwin s'étonna et mit quelques secondes à réaliser que ce n'était pas une blague destinée à faire enrager son neveu qui rêvait visiblement de le tuer sur-le-champ. Kenny était tout à fait sérieux.
— Je ne comprends pas, dit Erwin en reposant à contrecœur sa cuillère de son mouhalabia qui avait l'air exquis et qu'il n'avait pas encore eu le temps de porter à sa bouche. Vous n'avez pourtant pas l'air de bien vous entendre.
C'était probablement le plus gros euphémisme du siècle car si les regards pouvaient tuer, Kenny Ackerman serait déjà mort et enterré avant même que la serveuse ait eut le temps d'apporter le pain sur la table.
— Parce que mon neveu, répondit Kenny, c'est comme les chiens ratiers. C'est petit, teigneux, mais terriblement efficace.
— Et toi, répliqua le concerné, visiblement tu te prends toujours pour un loup mais t'es plus qu'un caniche d'apparat qui s'est laissé mettre un collier au cou par celui-là.
— Ackerman !
La voix d'Erwin résonna dans la salle qui fut un instant silencieuse alors que le doigt de Levi était pointé vers Uri Reiss dont Erwin avait du mal à déchiffrer l'expression. Kenny, cependant, lança un regard des plus sévères à son neveu qui l'ignora en tournant la tête vers le blond.
— Je croyais qu'on s'appelait par nos prénoms, Erwin ?
Ce dernier ne savait plus comment réagir, si cet incident provoquait la rupture du contrat avec la Fondation Reiss...
Mais Uri ne sembla pas se formaliser de la remarque et, au contraire, pouffa légèrement de rire dans sa serviette à ce moment-là, tout en essayant de le dissimuler par une toux polie.
— Excusez-moi, pendant un instant j'ai eu l'impression de revoir Kenny au même âge.
Levi fronça les sourcils, il semblait avoir du mal à y croire. Erwin aurait pu être surpris, au début du repas, mais cela expliquait désormais le comportement du blond s'il connaissait Kenny Ackerman depuis si longtemps.
— Cela fait un bon bout de temps qu'on se connaît, même si je ne vous ai jamais parlé de lui. Mais ce n'est pas un sujet à mentionner en présence de mon frère.
— C'est que je suis quelqu'un de très intéressant, et on ne peut pas avoir de conversation intéressante avec ton frangin.
Erwin devina sans mal que Kenny se retenait d'ajouter une poignée de mots pas très polis pour désigner le cadet Reiss.
— Et inversement, comme vous pouvez le voir, finit Uri en réprimant un soupir.
Erwin hocha légèrement la tête et ils discutèrent alors un peu plus du travail de Kenny au sein de la Fondation. Après tout, si l'homme devait être chargé de la surveillance des déesses, Erwin préférait en savoir le plus possible sur lui, même s'il ne doutait pas un instant du fait qu'Hanji chercherait le moindre détail de sa vie quand son nom serait évoqué et avant même qu'il ne le lui demande. Le rôle de Kenny était de s'assurer principalement de la protection personnelle de Uri, même s'il lui était arrivé à plusieurs reprises de superviser la sécurité de grands événements organisés par la Fondation Reiss.
À présent que le passé de Levi n'était plus sur le tapis, celui-ci était tombé dans un mutisme bienvenu. Mais après quelques considérations qui nécessitaient de toute manière l'approbation de Mike, Kenny ne tarda pas à s'intéresser de nouveau à son neveu à propos de son travail à la Survey. Cela dit, et contrairement à précédemment, il semblait y avoir moins de malice que de curiosité dans ses questions.
— C'est dur de t'imaginer bosser dans un bureau toute la journée, fit remarquer Kenny, toi qui as toujours détesté être enfermé. Enfin, tu boitais tout à l'heure. Je me trompe ?
— Je me suis pété la cheville, répondit-il sur un ton qui laissa deviner à Erwin que c'était encore un sujet sensible.
— Quoi ? s'exclama Kenny. C'est une première, tu n'as pas dû y aller de main morte ! ajouta-t-il avant de se tourner vers Uri. Tu aurais dû le voir quand je l'ai récupéré, j'osais à peine lui prendre la main de peur de la lui broyer mais il ne s'est jamais pété le moindre os. Solide, de la qualité Ackerman quoi.
Le café, ainsi qu'une tasse de thé noir pour Levi, avait été servi par l'accorte serveuse toujours empressée auprès de Uri quand Kenny passa sur un sujet plus personnel.
— Dis donc ton alliance, elle est jolie. Petra, c'est ça ? La petite rousse. T'avais l'air de lui plaire, j'ai jamais compris pourquoi mais je n'aurais jamais cru que c'était réciproque. T'as jamais été très intéressé par la chose. Je me suis souvent dit que chez toi la tuyauterie ça te servait qu'à pisser.
Erwin écarquilla les yeux une fraction de seconde et se concentra de toutes ses forces pour ne pas dévisager Levi. Alors qu'il tenait dans sa main le petit carré de chocolat emballé servi avec le café, son employé répondit d'une voix polaire :
— Je ne savais pas que tu étais si intéressé par ma bite, tonton.
Erwin laissa tomber le carré de chocolat dans le café sous l'indifférence la plus complète de ses compagnons, Uri Reiss plus hilare que jamais et les deux Ackerman retombant dans leur dynamique de discussion agressive. Sa maladresse était donc passée inaperçue. Hanji n'aurait pas manqué de la remarquer et aurait rit bruyamment. Et Mike...
Oh putain de dieu. Mike !
Erwin réalisa seulement que Mike allait donc devoir travailler avec Kenny. Et Levi. À la fois. Et si son ami détestait déjà le premier, Erwin le pressentait jusqu'au fond de lui, il allait haïr le second.
Alors qu'il pensait déjà à la tête que ferait le grand blond, comme pour confirmer ses suspicions, Kenny conclut :
— Je m'en étais voulu de t'avoir fait bouffer autant de rognons blancs que ça, je m'étais dit que tu avais peut-être pris goût aux couilles. Et Uri, ne laisse pas de pourboire à cette pétasse. Elle t'a tellement léché des yeux qu'elle a dû te confondre avec un cornet de glace.
x
x
Merci à toutes les personnes qui sont revenues ainsi celles qui arrivent sur cette histoire.
J'espère que ce chapitre vous aura plu malgré l'attente, j'ai hâte de pouvoir lire vos réactions.
(N'ayant aucune culture juive, outre notre ami Google, si j'ai pu faire une boulette quelque part, n'hésitez pas à me le signaler.)
Prochain chapitre : À partir du 2 Octobre.
(Avec un peu de chance, hein.)
(Ok. Nous sommes le 18 et décidément, cette fic prend son temps... Pardon ?)
