Voici un nouveau chapitre, en espérant qu'il vous plaira. Bonne lecture !
Disclaimer : NCIS n'est pas à moi...
Chapitre 7
Tony sourit à sa nouvelle voisine, qui lui répondit. Il ouvrit la boite aux lettres et attrapa le paquet de publicités en tout genre qu'il s'y trouvait. Il sourit légèrement en sentant un regard sur lui. Il tourna la tête et vit la fille du voisin d'en face l'observait. Ou le dévorait du regard. Il lui fit un signe de la main, auquel elle répondit immédiatement, en rougissant légèrement, mal à l'aise d'avoir été prise en train de le contempler. Elle s'empressa de disparaitre dans la maison.
L'italien secoua la tête et entra lui aussi dans leur maison. Il posa son paquet sur la table à l'entrée et se dirigea dans la pièce qu'ils avaient aménagée en bureau. Il y trouva Ziva, assise derrière l'ordinateur portable qu'ils avaient acheté plusieurs jours auparavant. Il s'installa à côté d'elle, avec un sourire.
Avec le temps qu'ils avaient dû passer ensemble, ils s'étaient considérablement rapprochés, au point que Tony ne savait plus que penser de Ziva, il ne savait plus ce qu'il ressentait pour la jeune femme. Il y avait toujours eu cette tension sexuelle entre eux, il en était conscient. Il savait aussi que Ziva était terriblement attirante, mais ces derniers temps… Ses yeux se posèrent sur son visage, concentré sur l'écran. Il y avait plus que de l'attirance. Il le sentait. A trop jouer les couples… il avait fini par vouloir être en couple avec la jeune femme.
Il secoua la tête et se concentra sur la situation particulière dont ils devaient sortir. « Alors ? »
« Il semblerait que notre homme soit à la tête d'un gros trafic de drogue sur la côte Est. De Boston à Atlanta. » Elle tourna la tête vers lui. « On en parviendra à lui que par ce trafic. »
« Une mission sous-couverture au cours d'une cavale. Je n'avais encore jamais fait, » sourit Tony. Elle leva les yeux au ciel : il n'y avait que lui pour trouver quelque chose de positif dans une telle situation.
« Ça sera risqué. Si jamais il nous voit… »
« On ne voit jamais le grand patron dès le début. Fais-moi confiance, les missions sous-couverture, ça me connait. » Malheureusement, pensa-t-il, songeant à l'affaire La Grenouille.
« Très bien, » souffla-t-elle. Elle se tourna vers lui. « Monsieur le champion, apprenez-moi comment se faire passer pour un couple de dealers. »
« Jamais je n'aurais imaginé un jour t'entendre dire ça. » Elle lui donna un coup dans le bras, lui faisant comprendre que ses remarques n'étaient pas les bienvenues. « Il nous faut créer de fausses données. On doit être connus, sans trop l'être. Il faut aussi qu'on fasse courir la rumeur selon laquelle on veut entrer dans une affaire encore plus grande. Bien plus grande. »
Ziva souffla et se laissa aller contre le dossier. Ses yeux se perdirent dans le vague tandis qu'elle réalisait l'évidence. « On n'y arrivera jamais sans les ressources du NCIS. »
« Hey, » murmura-t-il, attirant son attention. « Tu sais, je faisais des missions sous-couverture avant d'être au NCIS. »
« Mais tu avais les moyens des polices où tu travaillais, Tony. »
« Si on veut. Peoria n'avait pas beaucoup de ressources. On devait plus savoir improviser que faire confiance à une quelconque couverture 'parfaite'. D'où mon histoire de cavale… »
Elle se redressa et l'observa, remarquant qu'il semblait perdu dans des souvenirs désagréables. Elle hésita avant de finalement se lancer. « Raconte-moi. »
Il lui sourit et hocha la tête. Il savait qu'il n'y échapperait pas et un jour, elle aurait fini par l'apprendre de toute manière.
« On avait découvert un trafic d'immigrées, qu'ils vendaient à des particuliers. » Il secoua la tête. « Au début, on ne pouvait rien faire. Ces filles n'avaient pas de papiers et les… particuliers leur en fournissaient de façon à les faire passer pour leur femme ou… autres. » Il grimaça et se passa la main sur le visage. « On était au courant et on restait là à ne rien faire. À voir ces femmes nous demander de l'aide… Parfois elles n'avaient même pas dix-huit ans. » Il ferma les yeux. « Je venais de débuter et le trafic était devenu important. Au point qu'ils ont commencé à prendre des filles qui n'étaient pas des immigrées. Et là, on a pu intervenir. »
« Comment ? » l'interrogea-t-elle. Elle cherchait à comprendre comment cette histoire pouvait conduire à la cavale de Tony.
« On devait intervenir, mais tous les gars du trafic connaissaient les flics. Tous les flics. Sauf le p'tit nouveau qui n'était là que depuis deux mois et demi. »
« Tu étais le seul à pouvoir intervenir. »
« Ma première véritable mission sous couverture. »
« Véritable ? » releva-t-elle, amusée.
« Disons que… je m'amusais à me faire passer pour un peu tout le monde quand j'étais ado. » Il eut un léger sourire lorsqu'il la vit secouer la tête. « Mais revenons à l'histoire. Ils font courir le bruit d'un ancien dealer de drogue, qui veut se reconvertir dans un commerce qui marche mieux. » Il soupira et croisa les bras. « Ils avaient oublié de me dire que je devrais réellement participer au trafic. »
« Tu as vendu des filles ? » s'effara l'Israélienne.
Il hocha la tête. « J'ai même vanté leurs mérites… » Il ferma les yeux, cherchant à bloquer ces souvenirs difficiles. Le visage d'une jeune fille de dix-sept ans apparut dans son esprit. Il revit ses yeux apeurés et accusateurs dirigés sur lui. Il avait su un mois après qu'elle était morte, battue à mort par celui qui l'avait achetée. « Si je… Si je ne le faisais pas… j'étais mort et les filles… les filles auraient continué à être vendues… » Il tentait de garder le contrôle sur ses émotions, de retenir sa colère contre lui-même et ses types, de bloquer les images qui flashaient dans son esprit le plus possible, mais c'était réellement dur.
« Que s'est-il passé ? » l'interrogea-t-elle, sachant qu'il ne valait mieux pas s'attarder sur cette partie-là de la mission, sur ces souvenirs. Elle posa une main sur les bras croisés de l'italien et les serra, voulant lui montrer qu'elle était là et ne partirait pas.
« Je suis resté trois mois sous couverture. Je n'avais eu aucun contact avec les autres flics depuis bien trois semaines. J'ai cru qu'ils m'avaient abandonné, qu'ils me pensaient mort. J'avais pas tort, » grogna-t-il lorsque le souvenir suivant lui revint en mémoire. « Au bout de ces trois mois, la police a débarqué en plein milieu d'une 'réunion', qui devait me permettre de rencontrer le grand patron. » Il se leva, se dégageant par là-même de la main de Ziva. Il alla prendre deux verres avec une bouteille et les déposa sur le bureau. « Ils n'ont pas cherché à comprendre et ont tiré sur tout ce qui bougeait. Moi y compris. »
Elle écarquilla les yeux. « Comment t'en es-tu sorti ? » Elle imaginait difficilement que la police, censée protéger les civils, eût pu commettre une telle erreur, sachant qu'un des leurs était sous-couverture à l'intérieur. Ils me pensaient mort. Les mots de Tony lui revinrent. Ils ne savaient pas que leur agent était à l'intérieur. Pour eux, ils n'étaient même plus en vie.
« J'ai eu beaucoup de chance. J'étais sur le côté de l'entrepôt, loin du milieu. » Il remplit les deux verres et reprit sa place. « J'ai pu sortir, mais je me suis pris une balle. Dans l'épaule. » Il grimaça en se souvenant de ce moment en particulier, et porta sa main à son épaule droite. « Mais le police et les quelques survivants du massacre m'avaient vu et tous n'avaient plus qu'une idée. »
« T'éliminer. »
« M'éliminer. Les premiers pensaient que j'étais le grand patron et les autres avaient compris que j'étais flic. » Il attrapa le verre et le porta à ses lèvres. « Ils voulaient ma peau. »
« D'où ta cavale, » devina Ziva. Tout prenait sens. Sa cavale qui s'était très mal passée, le fait qu'il ne parlait jamais de Peoria, le fait qu'il parvenait à s'en sortir dans les missions sous-couverture, même sans soutien derrière, sans protection. Il avait connu le pire en mission sous-couverture à cette époque.
Il hocha la tête. « Une semaine et demie passée à errer en ville. Tu comprends quand je te disais que cette cavale était plutôt pas mal ? »
« Oui. J'en ai une petite idée, en effet, » sourit-elle. « Comment t'en es-tu sorti ? »
« Mon ancien patron m'a trouvé. Ma blessure s'était infectée et j'avais perdu pas mal de sang. Je n'aurais pas tenu plus longtemps. Sans compter que je n'avais pas eu de vrai repas depuis un moment alors… Il m'a amené à l'hôpital et j'ai pu lui expliquer ce qu'il m'était arrivé. »
Ziva avait du mal à se rendre compte de la chance qu'il avait eue. S'il ne l'avait pas trouvé par hasard… Elle préférait éviter de penser à cette possibilité. « Tu as eu de la chance qu'il te trouve et que ce soit avant les autres. » Il hocha la tête avec un sourire en coin.
« Deux semaines après, j'étais transféré à Philly. Ils ne voulaient pas risquer d'avoir des ennuis avec moi. »
« Tu peux être fier de leur avoir montré à quel point tu étais le meilleur. Que tu n'avais pas eu besoin d'eux pour t'en sortir. »
Il sourit. « Si tu veux… Tout ça pour dire que ma couverture n'en était même plus une au bout de quelques semaines. Donc je sais faire sans moyens. On a besoin que de deux choses : un grand talent de comédien et un excellent instinct. »
« Je crois que ça va être possible. »
Ils s'observèrent pendant quelques secondes, aucun d'eux ne disant quoi que ce fût. Ils se fixaient simplement dans les yeux, comme s'ils espéraient y trouver la solution à tous leurs problèmes. Sans qu'ils ne s'en rendissent compte, ils se rapprochèrent, lentement. Ils sentirent le souffle chaud de l'autre sur leurs lèvres. Ils brisèrent leur connexion et fermèrent les yeux. Leurs lèvres se frôlèrent…
Et la sonnerie du portable de Ziva résonna dans la pièce.
Brusquement ils s'éloignèrent et la jeune femme attrapa son portable. Elle l'ouvrit et lut le SMS qu'elle venait de recevoir. Elle sentait le regard de Tony sur elle, semblant la brûler tellement il était intense. Elle se tourna vers lui et lui sourit.
« Je dois y aller. Il faut que je commence mon nouveau boulot. »
« Bonne chance. »
Elle se leva en hochant la tête et quitta le bureau. Elle inspira profondément en fermant les yeux, une fois à l'extérieur, tentant de calmer son cœur qui, étrangement, refusait de ralentir. Elle grimpa dans sa toute nouvelle voiture et démarra. Tandis qu'elle roulait, elle repensa à ce qu'il venait de se passer. Ils avaient failli s'embrasser. Que serait-il arrivé si son téléphone n'avait pas sonné ?
Elle avait remarqué qu'ils s'étaient rapprochés, que d'anciens sentiments semblaient remonter à la surface en elle, mais… Elle ne pensait pas que… Elle souffla. Qu'allait être leur vie durant toute cette cavale ? Etait-ce inévitable ? A trop jouer les couples, ils finiraient en couple. Et cette idée était loin de la déplaire.
Elle avait fini par aimer leur vie, même si elle n'avait commencé qu'une semaine auparavant. Elle aimait cette nouvelle vie. Avec Tony.
Elle ferma les yeux en s'arrêtant à un feu rouge. Elle savait ce qu'il se passait : elle tombait amoureuse encore une fois, elle aimait à nouveau Tony. Ses pensées dérivèrent vers Michaël, avec qui elle était depuis son renvoi forcé en Israël. Elle se doutait qu'il devait être au courant désormais. Tout comme son père. Aucun d'eux ne devait vouloir la revoir un jour, les ayant déshonoré d'une quelconque façon. Ayant déshonoré le nom des David.
Elle eut un rire amer. Elle était convaincue que sa propre famille lui avait tourné le dos plus vite que ses amis et collègues. Mais peu lui importait. Michaël n'était pas Tony et à l'instant présent, il était loin. Que lui avait dit cette femme de Chicago déjà ? De trouver quelqu'un de plus près. Et c'était exactement ce qu'elle allait faire. Tony était le seul sur qui elle pouvait compter et il était là.
Elle arrêta sa voiture sur sa place de parking et attrapa son sac. Elle sortit de l'habitacle, se dirigeant vers le bâtiment, son nouveau lieu de travail. Elle sourit en observant des enfants qui jouaient dans la cour de l'école. C'était vraiment différent de tout ce qu'elle avait toujours fait, de tout ce à quoi elle était habituée. Elle avait ri au visage de Tony quand il avait eu cette idée, mais… Elle était loin d'être mauvaise.
Après tout, qui irait chercher une assassin du MOSSAD dans une école en tant que maitresse ?
Elle sourit. Personne de censé.
Gibbs frappa à la porte et échangea un regard avec Fornell. Tous deux doutaient de la présence du couple, mais ils devaient tout de même vérifier. Ils ne pouvaient pas se permettre d'entrer chez les gens en défonçant leur porte, suspicions ou non. Bien que cela n'aurait pas dérangé l'ancien Marine.
Cependant, comme ils s'y attendaient, personne ne leur ouvrit, ni ne leur répondit. Ils sortirent leur arme et Gibbs donna un coup de pied dans la serrure, ouvrant la porte brutalement, mais efficacement.
Rapidement, ils se dirigèrent vers le salon, couvrant l'autre. Néanmoins, ils comprirent qu'ils ne craignaient rien. Leurs yeux se posèrent sur les corps, allongés sur le sol, du couple qu'ils étaient venus voir. Quelqu'un de toute évidence était passé avant eux et s'était chargé d'éliminer les possibles inconvénients qu'ils représentaient.
Fornell sortit son portable pour appeler son équipe tandis que Gibbs se baissait et vérifiait qu'ils étaient bien morts. Il constata que c'était le cas, mais qu'ils étaient encore chauds. Ce qui ne voulait qu'une seule chose : le ou les tueurs étaient passés très peu de temps avant eux. Il soupira. Une de leurs rares pistes avait été éliminée, au sens littéral du terme.
Il leva les yeux vers son ami et échangea avec lui un regard lourd de sens. Il devait retourner voir Joe Banks, avant qu'il ne subît le même sort. Mais il devait attendre leur équipe aussi.
« Vas-y Jethro. Je te rejoins dès que je peux. »
Il hocha la tête et se dirigea vers la sortie. Attrapant ses clés, il grimpa dans le véhicule et démarra en trombe immédiatement. Il n'avait pas une seule seconde à perdre, un tueur avait de l'avance sur lui.
Ses pensées dérivèrent à nouveau vers ses agents, qui étaient pris, malgré eux, dans quelque chose d'énorme, sur lequel ils n'avaient probablement aucun contrôle. Ils ne savaient sûrement même pas que des personnes leur faisaient porter d'autres meurtres sur le dos et éliminaient les quelques 'électrons libres' de leur grand plan pour les faire tomber. Ils ne devaient pas savoir que l'équipe cherchait à les aider, mais que quelqu'un veillait à les en empêcher par tous les moyens.
Ses mains serrèrent le volant, ses phalanges blanchirent et ses yeux se fixèrent sur la voiture devant lui, qui était désespérément lente. Il n'avait pas de temps à perdre : Tony et Ziva comptaient sur lui, quelque fût l'endroit où ils se trouvaient. Ses agents avaient besoin de lui et ce n'était pas une stupide voiture roulant à la bonne vitesse qui allait l'arrêter.
Il enfonça la pédale d'accélération et doubla sans prendre la peine de vérifier ses rétroviseurs ou quoi que ce fût d'autre. Un tonnerre de klaxon le suivit, mais peu lui importait : ce n'était sûrement pas une première pour lui. Il ne ralentirait pas parce que des inconnus le trouvaient inconscient, dérangé ou autre.
Son téléphone le tira de ses pensées. Il l'attrapa et regarda l'appelant. McGee. Il espérait que ce fût d'excellentes nouvelles.
« Gibbs. »
« Patron, deux agents du FBI viennent d'appeler. Ils ont une correspondance avec Tony. Un cambriolage dans un supermarché. Un homme les a aidés de l'intérieur, seul. Ils ne s'en sont pas rendus compte de suite, mais l'ont reconnu en voyant une photo de Tony. Sauf qu'il était déjà parti à ce moment-là. »
« Droit au but, McGee. Je me moque des détails du cambriolage, » grogna l'agent. Il n'était pas d'humeur à tourner autour du pot. Il n'était en fait jamais d'humeur à tourner autour du pot.
« Il était blessé. »
« Hôpitaux et cliniques du coin ? » l'interrogea Gibbs, sentant qu'ils tenaient vraiment quelque chose. Son instinct lui disait qu'il s'agissait de Tony cette fois-ci. De leur Tony et non d'un faux.
« Un poignet fracturé avec une description de Tony, quelques minutes après le braquage. » Gibbs sentit le sourire de McGee et sut que la suite allait lui plaire. « Une clinique à laquelle il a donné son adresse. »
« Qui est ? »
« Je sais où vit ce John Smith. Je te l'envoie. »
Un crissement de pneus se fit entendre au moment où Gibbs freinait brusquement en effectuant un demi-tour sur les chapeaux de roues. Cette fois, il en était définitivement sûr : ils les tenaient.
Et voilà ! Dites-moi ce que vous en pensez.
AngelShep
