Voilà la deuxième partie !

Disclamer : Chère Diana Wynne Jones, je t'en supplie, prête-moi encore quelques temps tes personnages, pour que je continue mon histoire !!!

Merci beaucoup Diana !

Alors, bonne lecture !!


Quand le passé vous rattrape…

(partie 2)

La jeune femme se réveilla doucement. Cependant, elle garda ses paupières closes. C'était trop douloureux de les ouvrir.

Des cris l'avaient réveillée. Elle comprit que c'était Howl qui protestait avec mécontentement. Elle ne comprenait pas ce qu'il disait, mais elle le connaissait tellement bien qu'elle savait par cœur les plus infimes modulations de sa voix. Elle perçut également un infime soupçon d'inquiétude.

Elle le savait depuis le début, elle l'aimait. C'était la première fois qu'elle était aussi éprise d'un homme. Depuis leur premier regard, elle était tombée follement amoureuse de lui. Et elle avait un peu de mal à ignorer les piques et les regards haineux qu'il lui lançait quotidiennement. Chacune de ses répliques, chacun de ses regards était comme un coup de poignard dans le cœur. Mais elle se composait un masque de gentillesse et de générosité, faisant mine d'ignorer sa souffrance alors qu'elle agonisait intérieurement.

Elle avait besoin de l'amour de Howl, de cet unique homme qu'elle aimait de cet amour presque indestructible. Pour cela, elle espérait se faire aimer, au moins un tout petit peu, en lui racontant ce secret qui la rongeait depuis plusieurs années, en réalité depuis exactement 20 ans.

Prenant son courage à deux mains, elle ouvrit les yeux, même si c'était douloureux.

Elle avait besoin de se confier. C'était presque vital. Et puis, de toute façon, elle était certaine qu'elle n'aurait jamais été capable de lui mentir quand il il lui aurait demandé des explications.

Etait-ce cela le grand amour ? Elle n'en avait aucune idée.
Mais ce n'était plus le moment des réflexions. Les personnes qui étaient dans la pièce venaient de s'apercevoir qu'elle avait ouvert les yeux.

Sa belle-mère s'approcha d'elle et lui demanda d'une voix angoissée si elle allait bien.

-Ça peut aller, répondit la jeune femme avec un pauvre sourire.

Puis, la mère de Howl eut un étrange sourire et s'exclama :

-Après toutes ces péripéties, je suis sûre que mon fils et toi avez plein de choses à vous dire.

Après un clin d'œil discret, elle s'éclipsa, en compagnie de quelques personnes dont elle n'avait aucune idée de l'identité.

Se trouvant seuls, les jeunes gens restèrent muets un bon moment avant que la jeune femme ne tente timidement, ayant remarqué l'état un peu négligé de son mari :

-Tu t'es inquiété pour moi ?

-Pas du tout ! répliqua-t-il. C'est simplement que j'attends avec impatience le moment où tu quitteras mon lit, pour que je puisse enfin dormir confortablement.

Ce fut à ce moment-là qu'Elisabeth s'aperçut qu'on l'avait déposée dans le lit de son mari. Elle n'y avait pas beaucoup prêté attention mais maintenant qu'elle discernait les détails de la chambre de Howl, elle se traita mentalement d'idiote. Bien sûr ! Pourquoi se serait-il inquiété pour elle ? C'était évident ! Il voulait simplement récupérer son lit. Et cette pensée ajouta une blessure à son pauvre petit cœur meurtri.

-J'attends mes explications ! réclama-t-il un peu abruptement, mettant un terme aux pensées de la jeune femme, tout en s'asseyant sur la chaise.

-Très bien, je vais tout te raconter. J'imagine que tu te rappelles l'histoire du démon Azrith ? Eh bien, je suis la fille dans laquelle ce démon a été scellé.

Le souffle coupé, le célèbre magicien la laissa poursuivre.

-Et l'homme que tu as vu au magasin est un assassin de mon pire ennemi, Richard Stone, le très riche et célèbre héritier de la fortune de son arrière-grand-père.

-Comment est-il devenu ton ennemi ? demanda-t-il d'une voix aussi douce qu'une caresse.

Surprise par son brusque changement de ton, Elisabeth reprit, un peu déstabilisée :

-Euh…en fait…le démon Azrith a tué sa femme qu'il adorait et qu'il comblait de cadeaux. Et depuis la mort de celle-ci, il a toujours cru que le démon qui sommeillait en moi m'avait sous son contrôle et me poussait à faire des actes illégaux. Alors qu'il n'en est rien. Ce démon est effectivement prisonnier de mon corps mais il n'a pas accès mon esprit et à mon corps.
Mais malgré mes démentis, il n'a jamais voulu me croire, prétendant que je parlais sous l'influence d'Azrith. Son but est de s'emparer de moi, pour me « purger » du démon.

-Comment compte-t-il s'y prendre ? questionna-t-il en fronçant les sourcils. Je ne savais pas que c'était possible !

­Baissant les yeux, elle frissonna en prononçant ces paroles :

-Il existe en effet un moyen, mais c'est une sorte de magie noire. La seule façon d'extraire ce démon de mon corps n'est pas en me tuant, car le démon s'échapperait alors et serait totalement libre de ses gestes. Alors, ce serait un véritable cauchemar, comme autrefois. En réalité, on ne peut tuer ce monstre qu'en me torturant à mort et laisser l'âme d'Azrith s'échapper de mon corps en même temps que mon sang et ma vie. Alors, dans ce cas-là, l'âme de ce démon mourrait.

Réellement ébranlé, le jeune homme put simplement s'exclamer :

-Tu aurais dû en informer le roi ou bien t'enfuir !

-Ma mère a essayé de le faire arrêter par le roi, mais elle est morte dans un mystérieux accident alors qu'elle était en chemin. J'avais alors 15 ans.

-Mais…et la femme qui était à notre mariage, si ce n'était pas ta mère, qui était-ce ? interrogea-t-il un peu perdu.

-Eh bien, en fait, c'était la sœur de ma mère qui a terminé mon éducation et nous avons fui de village en village, espérant trouver le calme et ne pas êtres découvertes par Richard Stone. Finalement, nous nous sommes installées dans cette ville où nous n'avions pas été attaquées depuis 1 an et demi. Je n'aurais jamais pensé qu'il me retrouverait.

-Mais ce secret doit vraiment être dur à porter !

-Bien sûr, Et c'est également pour cette raison qu'autrefois, nous avons dû quitter un village.

J'avais en réalité raconté mon secret à ma meilleure amie qui l'a rapporté à ses parents. Et au bout de quelques jours, tout le village était au courant. La plupart des habitants, qui avait subi beaucoup de pertes par la faute de ce démon, me regardait avec haine et me pointait du doigt sur mon passage. Nous avons alors quitté ce village. La tension était trop forte. Ça m'a beaucoup marqué et je crois que j'aurais vraiment du mal à m'en remettre si je devais subir une deuxième fois cette épreuve.
Depuis cela, tu es la seule personne à qui je confie cette écrasante charge. J'espère que tu ne m'en veux pas de déposer ce lourd fardeau sur tes épaules ?

-Pas du tout ! assura-t-il. Au contraire, ça me touche de voir toute la confiance que tu places entre mes mains.
Puis, se levant, un sourire indéchiffrable sur les lèvres, il quitta la pièce, en lançant un « Repose-toi bien ! ».

Allègrement, il se dirigea vers la salle de bains. Dans son bain, il sentit son inquiétude des derniers jours (même s'il ne voulait pas se l'avouer) disparaître, et laisser la place à une joie incommensurable.

Il avait enfin trouvé LE plan parfait pour se débarrasser d'elle. Il savait désormais sa faiblesse et comptait bien la retourner contre elle-même.

Il sortit une heure plus tard en forme et prêt à mettre en place son plan (il fallait bien le dire) machiavélique et un peu cruel.

Et il balaya ses derniers remords en se disant qu'il faisait cela pour sa tendre Sophie.


Voilà !

Un petite review peut-être ?

Pour celles (et ceux ?) qui me suivent, alors vous aurez la suite bientôt ! (j'espère)