Je me suis encore réveillé trop tard pour assister au petit déjeuner, et dès que j'apparais au déjeuner, les regards des trois Rois et de leurs gardes se fixent sur moi. Après tout, je suppose qu'ils sont au courant, eux aussi. J'espère juste qu'ils vont garder ce secret pour eux, ne serait-ce que sur ordre de Caius…

Aro et Marcus saluent ma mine fatiguée d'un petit hochement de tête et d'un sourire triste, je leur souris en retour et me tourne vers Caius…

Les mains crispées sur sa chaise et les mâchoires serrées, il semble lutter pour ne pas se jeter sur moi et me prendre dans ses bras. Du moins, c'est ce que sa lèvre qu'il mord à sang et ses yeux désespérés fixés sur moi me disent…

Mais pas un seul faux pas n'est fait dans la journée. Pas un seul baiser de plus n'est échangé, volé au détour d'un couloir. Caius et moi, nous ne nous recroisons même pas, et je le soupçonne d'ailleurs de m'éviter. Le soir, au dîner, je n'ai pas le cœur de le revoir une dernière fois sans pouvoir le toucher, alors je décide de ne pas prendre de repas. Je n'ai pas faim de toute façon, au contraire, mon ventre se tord de douleur… Je ne veux pas qu'il parte… Ou alors, je veux partir avec lui…

Machinalement, mes pieds me mènent à la salle sur demande, et je souris. J'aurais dû me douter qu'il serait là, pourtant…

Sans dire un mot, je m'approche et le serre dans mes bras. Nous échangeons un dernier baiser, aussi intense que désespéré, et puis nous nous dirigeons tous les deux vers la grande salle…

Je reste à l'entrée et je me cache derrière l'un des montants de la porte. Aro et Marcus attendent leur frère devant le miroir du Risèd. Sans en avoir l'air, ils se tournent vers moi et me saluent d'un dernier hochement de tête... Je leur réponds de même, et je les regarde disparaitre en passant à travers le miroir…

Le miroir du Risèd, ce fameux miroir qui montre le désir du cœur. On a longtemps cru que Dumbledore l'avait détruit pendant la première année d'Harry Potter, après sa seconde confrontation avec Voldemort, parce que c'est ce qu'il a fait croire à tout le monde le Papy ! Finalement, il l'a ressorti d'un de ses placards, en prétendant joyeusement que, maintenant que tout danger lié à Voldemort et à la pierre philosophale était écarté, il serait dommage de laisser un objet magique si puissant dans un grenier… Une autre de ses fonctions étant de pourvoir transporter une personne à l'endroit désiré, les Volturi s'en servaient pour rentrer chez eux…

J'avais longtemps cru que si je regardais à l'intérieur du miroir, j'y verrais une famille. Maintenant, je sais que je n'y verrais que Caius, et rien ni personne d'autre…


Si je mets un chapitre aussi petit, vous allez râler, alors j'en mets un autre...