Ce chapitre provoque plein de satisfaction dedans mon moi, surtout la fin. Et c'est le retour de notre râleur de service! XD Le pauvre, devoir se taper ça...


Rufus et Dolly se rhabillèrent en vitesse et s'arrangèrent pour avoir l'air présentables – Rufus emprunta d'ailleurs une large quantité de gel pour les cheveux afin de bien lisser ceux-ci vers l'arrière, à la grande déception de Dolly.

-Ça va être tout collant!

-Mais non, mais non...

-Je vous préfère sans, moi!

-Ah... moi j'aime mieux avec.

-Bof, avec...

-Quoi, avec?

-Rien, rien...

-Au moins comme ça je n'ai pas tous mes cheveux dans le visage, et ça ne me fait pas de gros spikes blonds non plus!

-Toujours ça de gagné!

D'un geste boudeur, Rufus remit le pot de gel à Dolly qui éclatait de rire. Elle alla le reporter dans la salle de bains, mais en regardant la pendule au passage, elle vit que le temps qu'il leur restait avait déjà diminué de moitié. Plus qu'une demi-heure à passer avec Rufus, avant qu'il ne la quitte pour de bon... Quoi, elle le reverrait peut-être à l'ouverture de son club si elle avait de la chance... et puis ensuite...?

Lorsqu'elle revint dans sa chambre, elle vit que Rufus avait terminé de s'habiller, et s'était à nouveau étendu dans son lit – pour ne pas épuiser ses forces. Et à le voir ainsi allongé, si vulnérable et si désirable dans son lit, elle ne put s'empêcher de grimper par-dessus lui pour l'embrasser.

-Vous savez quoi? murmura-t-elle. J'ai encore envie de vous.

Rufus regarda l'heure sur son PHS, puis il regarda Dolly, un petit sourire aux lèvres.

-Trente minutes, moins les cinq qu'il faut pour s'arranger après, ça vous convient?

-C'est parfait.

OoOoO

Tseng revenait à l'assaut de l'appartement de Dolly, toujours accompagné de Rude et de sa mauvaise humeur. Il se fit plaisir en demandant à l'armoire à glace de défoncer la porte puisqu'on ne répondait ni à la sonnette ni aux coups – pas comme s'il ne s'y attendait pas – et il se dirigea vers la porte de la chambre de Dolly.

-Je vous veux... ah... je vous en prie!

Il allait ouvrir directement la porte, mais les sons et dialogues plus que suspects en provenance de derrière la dite porte le firent se décider à y frapper, plutôt. Il y avait des choses qu'il n'avait pas besoin de savoir sur son employeur.

-MONSIEUR le Président est-il enfin prêt?

-Presque, fit la voix étouffée et très amusée du Président, tu peux attendre un peu? Tu serais pas d'avance, par hasard, Tseng?

Marmonnant pour lui-même, il allait pour s'adosser contre la porte, mais les gémissements et autres cris qu'il entendit le firent plutôt opter pour aller rejoindre Rude au salon. Il se serait bien servi un autre café, mais il était déjà assez stressé comme ça.

-Au moins elle est jolie, fit remarquer Rude qui s'était assis sur le canapé et mangeait un bout de pizza qui traînait.

-Peut-être, mais ça ne change pas certaines choses...

Ils regardèrent tous les deux leurs montres, et Tseng ne retint pas un soupir en voyant le temps qui passait sur la sienne. Et en entendant les cris qui devenaient de plus en plus forts de l'autre côté.

-D'habitude, c'est quand même moins long, dit Rude en se redressant pour s'allumer une cigarette.

-Oui, et d'habitude il ne s'emmerde pas deux fois avec la même...

-Il doit bien y avoir une raison. Faudra lui demander.

Une raison... peut-être qu'elle se démerdait mieux que les autres, surtout après ce qu'elle avait subi, mais merde...

Un long cri particulièrement bien senti se fit entendre – bon, Dolly venait d'atteindre son septième ciel, on pouvait tout boucler et repartir.

-Tu lui demanderas toi-même, répondit Tseng lorsque le cri mourut.

-Pour rien au monde, répliqua Rude en soufflant la fumée de sa cigarette avant d'éteindre celle-ci dans un cendrier qui traînait pas trop loin.

Tseng fit signe à Rude qu'il pouvait rester là, et se leva pour aller lui-même frapper à nouveau à la porte de la chambre.

-Ça y est, vous avez terminé?

-Tu veux venir voir par toi-même ou tu peux attendre? répliqua Rufus d'un ton pas trop content.

Bon, c'était peut-être encore un peu tôt pour aller les emmerder – en plus Rude était probablement en train de se marrer silencieusement dans le salon – alors il attendit près de la porte encore quelques minutes, le temps que Rufus l'appelle enfin.

-Tseng?

-MONSIEUR le Président est-il prêt à partir? demanda le Turk en ouvrant la porte.

Bon, au moins il s'était rhabillé, par contre Dolly était toujours en peignoir, avec probablement pas grand chose en-dessous. Et évidemment, elle le regardait d'un air pas content avec ses yeux Jenoviens – ça lui rappelait Sephiroth et un paquet de mauvais souvenirs, notamment ceux où il avait failli mourir dans un certain Temple...

-J'aurais besoin d'aide, je ne peux toujours pas marcher, dit Rufus d'un ton indifférent.

-Le fauteuil est dans le séjour, ajouta Dolly qui se tourna vers la fenêtre.

Tseng fit signe à Rude d'emmener le fauteuil, et il y installa son patron d'un geste habitué. Combien de fois l'avait-il mis dans son fauteuil ainsi, avait-il changé ses bandages, l'avait-il soigné, nourri? Mais en le soulevant, il remarqua qu'il se faisait de plus en plus léger, de plus en plus maigre, comme s'il allait disparaître bientôt...

Dolly regardait par la fenêtre pour les éviter de son mieux du regard – ce qui arrangeait bien le Wutaien. Elle avait l'air triste, vraiment très triste... et assez fâchée aussi, que Rufus la quitte ainsi. Il s'assura que le Président ne laissait rien derrière, et se préparait à le pousser hors de cette chambre, de cet appartement, de la vie de ce sale clône, quand soudain il se sentit tiré vers le bas. C'était Rufus qui l'avait pris par la cravate, pour lui murmurer à l'oreille.

-Kidnappe-la.

Pendant un instant, Tseng se demanda si le patron avait bien toute sa tête. Ou bien s'il plaisantait. Mais à voir son air très sérieux (et aussi sain d'esprit que d'habitude, ce qui ne veut pas dire grand chose, mais on fait avec ce qu'on a), il comprit que c'était bel et bien un ordre, et qu'il devrait bel et bien y obéir. Malgré lui, entendons-nous, mais un Turk est une créature qui existe uniquement dans le but d'obéir à son Président. En plus, un de leurs boulots principaux consiste justement à kidnapper des gens. Il n'avait pas trop d'excuses.

Alors il fit un signe à Rude – dans ce métier, les signes sont plus que pratiques, ils sont vitaux – pour qu'il embarque la fille. L'armoire à glace s'avança vers Dolly qui fixait toujours son point par la fenêtre, et lui passa une menotte à la main, puis accrocha l'autre à son propre bras.

-Suivez-nous.

Rufus ne se tourna même pas vers eux mais annonça « Bon, on y va! » d'un ton tellement joyeux et amusé que Tseng dut se retenir très fort pour ne pas le frapper. Mais il « y alla » et poussa le fauteuil du Président jusqu'à la camionnette (avec le logo de la Compagnie dessus) dehors. À entendre Dolly protester et poser un tas de questions derrière, Tseng se dit qu'ils n'avaient pas du tout combiné ça ensemble, et que c'était encore un caprice de Rufus. Cette fois-ci il n'avait plus d'excuses!

Il aida le Président à s'installer à l'avant de la camionnette (sans grande douceur il faut l'avouer), et ordonna à Rude de s'asseoir avec la prisonnière à l'arrière. Pas question de les laisser ensemble, non mais! Rude avait l'air bien gêné de se trouver menotté à la rousse en petite tenue, autant que cela pouvait paraître sur son visage toujours aussi expressif – mais depuis le temps, Tseng le connaissait bien.

-Au fait, est-ce que j'aurai droit à des vêtements, ou bien je vais devoir rester en peignoir et en chaussons toute la journée? se plaignit Dolly une fois que tout le monde s'était installé dans la camionnette.

-On a de très beaux uniformes en cellule, répliqua Tseng, t'en fais pas pour ça.

-Tseng...

Le chef des Turks sentit de gros yeux présidentiels se poser sur sa nuque, mais il en avait assez et au lieu de se taire, il continua.

-Enlèvement du Président, détournement d'équipement de la Compagnie...

-Cette fois-ci j'avais l'autorisation de Reeve!

-Traffic de soma, poursuivit Tseng comme si de rien n'était, et je passe sur tes antécédents...

-Si tu tiens à ton poste, Tseng de mon coeur...

Le ton qu'avait pris Rufus était aussi angélique que menaçant. Tseng décida finalement de se la fermer et de démarrer le véhicule. Ils devaient retourner à Healin le plus rapidement possible, après tout. Et bon, il existe d'autres moyens de se déplacer qu'un hélico, dans la vie, alors aussi bien faire tout le trajet dans la voiture.

Il vit Rufus échanger un long regard souriant avec Dolly, et celle-ci se calma finalement. Au moins ils se passeraient des cris hystériques du clône pendant le trajet. Puis Rufus sembla revenir à lui-même et donna ses ordres habituels.

-Tseng, tu m'apporteras mes rapports hebdomadaires, et le contrat avec North Corel dès qu'on sera arrivés. Rude, tu m'accompagneras avec elle.

Bon, pas tout à fait comme d'habitude, les ordres, mais on fait comme on peut dans ce métier de fous...

OoOoO

À toujours me faire inviter par cette femme à tout abandonner et à venir avec elle, j'en ai eu assez. Même après que nous ayons fait l'amour, juste avant de partir, elle me l'a proposé à nouveau : allez, on fait croire à Tseng qu'on s'est vraiment mariés pendant la nuit – il nous tuerait – c'est pas de ses affaires, c'est votre vie privée, Rufus! – il le ferait quand même – ce type prend trop son boulot à coeur – je sais – ou bien je pourrais vous garder pour une autre journée, une nouvelle nuit – vous savez que je ne peux pas.

Et elle se met à bouder, et à être triste, moi qui voudrait la rendre heureuse, moi qui voudrait être heureux avec elle. Et si MOI je la forçais à tout abandonner, à tout laisser derrière pour venir avec moi? J'en ai largement les moyens.

Je ne lui imposerai pas ma vie ou ma vision du bonheur – le monde dans lequel je vis est beaucoup plus pénible qu'il n'en a l'air. De toute façon elle est trop fière – c'est encore une des choses qui font que je l'aime et que je n'ai pas l'intention de la laisser filer. Je n'arrive pas à mettre de mots sur mes sentiments, mais je sais très bien ce que je veux, et c'est elle. Durant toute la soirée, durant toute la nuit, j'ai songé à ce qu'il faudrait faire. Et c'est la seule conclusion que j'aie trouvé. Alors je vais la garder auprès de moi.