Bonsoir, Voici le dernier chapitre de cette fanfiction.

Un grand merci à SarahMattMello dont la review m'a décidé à écrire la fin de cette histoire. Merci aussi à tous ceux qui m'ont lu et ceux qui m'ont envoyé des reviews, je ne pensais pas que les gens s'intéresseraient à mon histoire et chaque retour fut une motivation importante.

Cette fic est terminée, j'ai en projet une fic de harry potter et une de la légende de Korra. ^^ J'espère que la fin va vous plaire.

Aalvina


« Tu n'es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis. » Victor Hugo

La taverne était un fouillis de cris, de beuveries, de flirts de mauvais goût et de paris hurlés d'un bout à l'autre de la pièce. Un homme fut projeté hors d'un groupe se tapant allègrement dessus et trébucha vers la nouvelle venue. La jeune femme tendit sa jambe et regarda l'homme atterrir lourdement sur le sol. Maï tordit sa bouche en un rictus de dégoût et s'avança un peu plus dans ce lieu de perdition. Ceux qui la reconnaissaient s'écartaient craintivement de son passage, les autres tentaient soit de la draguer soit de l'intimider. Les deux actions résultaient en leur visage en sang plaqué contre la surface la plus proche. Maï finit par repérer la table qu'elle cherchait. Un attroupement s'était formé autour et on pouvait distinguer une serveuse qui remplissait régulièrement les verres que les deux occupants principaux vidaient à une cadence infernale. Les spectateurs criaient encouragements, insultes et montants de leurs paris. Maï resta en retrait le temps que la partie se finisse. Une chaise bascula et un homme se retrouva au sol, ivre mort tandis que de fines mains ramassaient un tas de pièces d'or sans que leur propriétaire ne se préoccupe le moins du monde des couteaux que sortaient les spectateurs. June s'adossa machinalement au dossier de sa chaise et compta méthodiquement ses gains alors qu'un homme levait un couteau derrière elle. Maï soupira et d'un geste de la main si furtif que personne ne put le voir lança un shiruken sur la main de l'attaquant. L'homme hurla de douleur et se précipita dehors. Le reste des mécontents du pari fixèrent Maï qui s'avançait doucement vers la table et June qui continuait le compte de ses gains calmement. Une fois assise Maï, commanda deux firewhisky et congédia l'assistance d'un geste de la main qui laissait apercevoir un de ses poignards dissimulé dans sa manche. L'assistance s'écarta rapidement de leur table et trouva d'autres occupations qui leur semblèrent tout à coup fort passionnantes.
"Chochotte" souffla June entre ses dents.
"Tu ne comptais pas te défendre hein ?"
"Pourquoi m'embêter ? Tétais là. Oui faut que tu travailles le principe d'entrée discrète et j'avais pas grand chose à craindre d'un mec qui supporte même pas un petit bobo à la main."
Maï haussa un sourcil, un peu insultée qu'on appelle les blessures faites par ses shurikens des "bobos". June finit de compter ses pièces et rangea son sac avant de faire face à Maï.
"Que me vaut l'honneur de ta visite ? C'est quoi ton titre d'ailleurs ? Ambassadrice ? Non ça c'était avant la guerre non ? Alors quoi ? Agente de la liaison de la paix entre la nation du feu et Ba Sing Se c'est ça ?" June énonça les titres d'une voix acerbe. Maï ne broncha pas et commença à boire son verre.
"Ah mais que je suis bête ! Vice présidente de la confédération des anciennes colonies de la nation du feu !" S'exclama June dont l'éclat attira les regards de toute l'assemblée de la taverne.
"Présidente" rectifia Maï.
June se tut un instant avant d'éclater de rire et de lever son verre.
"Trinquons en l'honneur de ta promotion !"
Maï fixa la jeune femme assise en face d'elle et trinqua, elle garda son regard fixé vers son amie qui semblait usée par la vie. June ne s'était jamais vraiment remise des horreurs de la guerre.
Maï vida son verre puis commanda une nouvelle tournée d'un signe de la main. June vida son énième verre puis leva la tête vers Maï qui n'avait pas bougé d'un pouce.
"J'étais plus heureuse quand j'étais lâche." Marmonna June.
"Je ne t'ai pas rendue courageuse." Répliqua Maï
"Vrai. Mais tu as ça en toi. Naturellement. Tu fais ce qui doit être fait. Tu n'as pas peur de tes démons toi."
"Mes démons me terrifient." coupa la jeune femme. "Mais la situation nécessitait que je les ignore. D'autres ont fait comme moi."
June se leva difficilement et s'appuya sur la table pour éviter de chuter.
"Je suis pas en état pour cette conversation ... Ou pour une conversation en général. Demain on parle chérie !" puis elle s'éloigna d'un pas titubant. Maï la suivit et quand June s'effondra sur son lit, la jeune femme soupira et borda son amie plus confortablement avant de s'installer au bureau de la chambre. Quitte à passer la nuit, autant régler des affaires urgentes.

***
"Bonjour princesse !" lança Maï en voyant le silhouette de June tituber dans la taverne, sa main tentant d'empêcher le soleil d'atteindre ses yeux sensibles.
June se laissa tomber sur la chaise en face de Maï et gémit. Le patron déposa sa décoction anti-gueule de bois devant June qui le remercia d'un grognement, saisit le verre de mixture étrange et l'avala cul sec avant de prononcer la voix rauque:
"Sur une échelle de un à dix..."
"Quinze."
"Sérieusement ?! Qu'est-ce que j'ai sorti encore ?"
"Rien d'inhabituel. Quelques insultes envers ma personne de "vendue", tu as maudit à peu près tous les chefs des différentes nations sur une trentaine de génération et tu as fait des cauchemars."
"Je me souviens des cauchemars." Bougonna June.
"Tu devrais arrêter de boire. Tu finis toujours par ressasser la guerre."
June ne répondit pas. Elle rejeta la tête en arrière et ferma les yeux en attendant que la mixture fasse son effet. Maï resta silencieuse, mangeant lentement les sandwichs offerts par le patron de l'auberge.
"Ça fait longtemps." Commença June.
"Oh ?! Pas d'insultes ? Je suis déçue."
"Oh tais-toi ! Tu sais bien que je suis chiante bourrée ! On a vécu près de deux ans sur les routes ensemble. Assez pour que tu apprennes à ne pas prendre en compte mes paroles avinées."
Maï sourit doucement et baissa la tête, tentant de cacher son amusement au souvenir de certaines soirées qui s'étaient terminées... Bizarrement.
"Accouche ! Qu'est-ce que tu viens faire ici ?"
Maï reprit un air sérieux et se redressa sur sa chaise. June avait passé une bonne partie de leur temps ensemble à tenter de décoincer madame blasée sans succès. La jeune chasseuse de prime avait appris que rien ne pouvait faire basculer la jeune femme du côté obscur de l'amusement.
"Tes services nous seraient utiles. Des anciens partisans d'Ozaï veulent le remettre au pouvoir."
"Il est pas gâteux à l'heure qu'il est papy Firelord ?" Lança June.
Le combat entre le jeune avatar et le firelord avait failli détruire toute la capitale. On ne savait pas vraiment ce qu'il s'était passé mais Aang avait émergé vainqueur et Ozaï était désormais privé de ses pouvoirs, paraplégique et pas très sain d'esprit depuis sa défaite.
"Ozaï serait une parfaite marionnette pour ces rebelles."
"Pourquoi moi ? Toi et même tout le gang Avatar êtes parfaitement capables de vous débrouiller seuls."
Maï se tendit à vue d'œil et commença à prendre un ton diplomatique particulièrement agaçant au douces oreilles de June.
"Aang et ses amis... sont occupés pour le solstice au pôle sud. Moi... Je ne peux pas. Mon père est impliqué dans cette rébellion et les conciles de paix craignent que je ne sois douce envers lui."
June se figea quelques secondes avant d'exploser de rire.
"Toi ? Douce avec ton père ?"
Maï ne répondit pas mais approuva l'absurdité de la chose d'un pincement lèvres.
June finit par se calmer et devint plus sérieuse.
"Qu'est-ce que j'y gagne ?"
"Un poste. Au service de l'alliance pour l'ordre et la paix. Tu as carte blanche et un salaire fixe. Tu es aussi libre de prendre d'autres contrats tant qu'ils ne s'opposent pas aux nôtres."
June réfléchit à la proposition tout en sirotant sa boisson matinale. Elle n'avait aucune raison de refuser. Maï avait parfaitement prévu toutes les réticences qu'elle aurait pu avoir. June n'aimait pas vraiment l'idée d'être attachée à un client en particulier, mais la perspective d'un revenu fixe était alléchante.
Elle n'eut même pas besoin de répondre que Maï lui tendait déjà un foulard qui avait très certainement appartenu à son père. Maï lui offrit un sourire et murmura : "Bienvenue chez les vendus."


Premières funérailles de guerre.

Tout Ba Sing Se se tenait immobile devant l'enceinte de la ville alors que les tambours faisaient résonner le début de la cérémonie funéraire. Pendant une longue minute le temps s'arrêta complètement, un représentant de chaque nation se tenait près du cercueil de pierre que Toph avait façonné au vieux roi mort au combat. Aang laissa couler une larme en adieu à son vieil ami puis les gardes basculèrent le cercueil qui descendit lentement le long de l'immense rampe qui parcourait la ville avant d'atterrir dans la fosse qui avait été prévue en dehors de la ville. D'autres Earth Bender recouvrirent le cercueil de terre puis toute la ville se retourna vers l'entrée du palais. Aang se déplaça devant une sorte d'énorme trompette. Le jeune avatar inspira profondément puis souffla dans l'instrument qui résonna dans toute la vallée. Selon le vœu même du roi, une immense fête débuta en adieu au roi éternel enfant.


Yongle marchait rapidement dans les couloirs du palais de Ba Sing Se. La jeune Suki, honorable chez des Kyoshi warriors venait d'arriver et personne n'avait pensé à le prévenir ! Il arriva au porche d'entrée essoufflé mais ne laissa rien paraître. Suki semblait admirer la vue que lui offrait la hauteur du palais et pas le moins du monde dérangée d'avoir dû patienter.
"Madame. Lady Toph vous attend." Annonça-t-il cérémonieusement sous le regard amusé de la jeune femme. Elle le suivit sans un mot à travers les immenses couloirs du palais avant d'arriver devant une modeste porte de bois. Yongle s'apprêtait à frapper quand Suki retint sa main.
"Toph n'est pas trop protocolaire, je pense qu'il vaut mieux que je rentre seule"
Yongle s'inclina avant de se retirer. Suki entra sans frapper se doutant que Toph avait entendu son arrivée et ses paroles. La jeune earthbender était assise par terre devant une table remplie de victuailles.
"Suki ! Comment ça va ?" S'exclama-t-elle.
"Très bien. Je croyais que tu arriverais après moi. Tu n'étais pas aux prises avec des bandits de la nation du feu. Rhino quelque chose ?"
"Si ! Mais c'était tellement simple que ça m'a pas pris plus de dix minutes pour les vaincre, puis j'avais rien à faire avant notre départ pour le pays du froid."
Suki s'installa en face de Toph et se servit du thé et des gâteaux.
"On part quand ?"
"Aang voulait passer sur la tombe de Bumi et aussi éviter Yungle et ses révérences successives."
Toph ricana et enfourna un autre gâteau dans sa bouche.
"Akio est pas avec toi ?"
"Il est un peu trop jeune pour monter sur Appa, il est déjà sur place à jouer dans la neige."
Un léger silence s'installa tandis que les deux jeunes femmes finissaient leur part de nourriture puis Toph sauta sur ses pieds et saisit son sac de voyage. Suki la suivit dans le palais ignorant les courbettes que faisaient les serviteurs, le personnel et les nobles sur leur passage.
"Ils n'ont toujours pas compris que je n'étais pas la reine ici." bougonna Toph. Une fois dehors elle plaça une pierre sur une rampe de courrier, la modela en un traîneau de fortune et fit signe à Suki de s'installer. La jeune femme soupira, elle détestait descendre sur cette rampe de malheur. Elle aimait marcher, voler éventuellement mais certainement pas dévaler à toute allure une rampe sur un bloc de pierre. C'était un truc qu'amait Sokka ça. Pas elle.
Elle finit par s'installer à contrecœur et s'accrocha fermement aux poignées. Toph avait dû les ajouter après la fois où Aang avait été projeté hors du traîneau et n'avait survécu à la chute que par sa maîtrise de l'airbend.
Suki ferma les yeux et sentit le vent s'accélérer et les rires de Toph augmenter au fur et à mesure qu'elles prenaient de la vitesse.
Après la mort de Bumi, les dignitaires avaient offert la place de reine à Toph. Elle venait bien d'une des familles les plus influentes du royaume de la terre et son rôle durant la guerre en avait fait la candidate parfaite. Si ce n'est que Toph leur avait ri au nez et était partie parcourir le pays. Un conseil des anciennes colonies de la nation du Feu s'était installé en attendant, Maï à sa tête promettant de renoncer à sa place une fois la reine revenue. Au bout d'un an elle était revenue. Elle avait installé une école d'entraînement pour les polices et soldats du royaume de la terre et des "cours" de metalbending. Malgré ses méthodes ... Peu orthodoxes, son succès fut sans précédents. Elle refusait toujours les hommages des dignitaires de Ba Sing Se et était déterminée à vivre sa vie comme elle l'entendait.

Le sol s'arrêta de trembler et Suki ouvrit les yeux et put voir qu'elle n'était pas morte mais bien vivante et hors des limites de la ville. Aang se tenait devant elle, Toph se précipita vers lui et lui donna un coup de poing sur le bras qui faillit faire basculer le jeune homme à terre.
"Bonjour Toph. Ça faisait longtemps !"
"Ouais ouais. Assez de mièvreries pour la journée. Sugar queen est pas là, on va pas la remplacer non plus."
Toph cracha à terre comme pour marquer son propos et se dirigea vers Appa tout en hurlant au bison de ne pas la lécher sous peine de se retrouver tondu.
Aang et Suki restèrent en retrait et observèrent la jeune earthbender monter sur Appa qui n'arrêtait pas de bouger pour tenter de lui mettre un coup de langue.
"Pourquoi Ba Sing Se pense qu'elle doit être leur reine?"
Aang sourit de manière énigmatique avant de répondre.
"Elle sera une excellente reine. Maï le sait, elle a avoué suivre les conseils de Toph quand ils ne consistent pas à taper les gens pour avoir raison."
"Donc elle abandonnera son poste pour elle ?"
"Maï est juste une figure du Conseil. Elle n'a qu'une fonction d'ambassadeur au fond et ça lui suffit."
"Donc Ba Sing Se rêve d'une reine violente, gloutonne et désintéressée de l'hygiène et de l'apparence."
Aang éclata de rire et ajouta :
"Ils ont bien élu Bumi."


Deuxième funérailles

Iroh se trouvait à l'extérieur des limites de la capitale devant la pierre tombale, un bouquet à la main. L'encens brûlait doucement tandis que le vieil homme se recueillait en silence, de lourds cernes sous ses yeux. Lui qui rêvait d'une retraite tranquille dans son salon de thé se retrouvait à aider la jeune Firelady à assurer son pouvoir et avait enterré encore un autre enfant de sa famille. Il se mit à fredonner la berceuse qu'il avait l'habitude de chanter à son fils. Saya était désormais la seule source de joie dans le palais et était la seule qui arrivait à décrocher un sourire de sa mère.

Iroh s'assit en tailleur puis but une tasse de thé, l'un des rares plaisirs qu'il lui restait maintenant qu'il devait gérer toutes ces affaires d'état. Katara était plus douée qu'il n'aurait cru mais la fatigue et le deuil de la jeune fille avaient forcé le vieil homme à prendre sur lui le plus de charge.

Dix minutes passèrent puis Iroh se releva et s'éloigna toujours en silence. À peine eut-il disparut de l'horizon qu'une silhouette s'avança devant la pierre tombale. La jeune femme avait un bras en écharpe et avançait doucement, grimaçant de douleur. Une bouteille à la main elle se posa devant la tombe sans bouger puis respira une grand coup, puis deux. Le vent soufflait l'air chaud du soir et elle ferma un instant les yeux mais les flashs des derniers combats lui revinrent en tête puis le réveil qui avait suivi et le désespoir.

Elle ne vivait plus, elle survivait, un pas après l'autre, une respiration à la fois. L'envie de hurler lui gonflait la poitrine et ses yeux étaient fatigués de tant de pleurs.

Inspire.

Expire.

La jeune femme leva la bouteille et but une gorgée, elle grimaça à la sensation de l'alcool qui lui brûlait la gorge puis elle s'avança un peu plus et renversa le reste de la bouteille sur la terre encore fraîche de la tombe.

Le soleil baissait rapidement et la caravane qui devait l'emmener n'allait pas tarder à partir. Taï Lee se baissa pour effleurer une dernière fois la pierre tombale et murmura :

« Adieu Azula ».

Puis elle se détourna et partit définitivement.


« Taï Lee ! En scène. »

Le visage maquillé à outrance et un léger costume d'acrobate vert, Taï Lee se tenait derrière le rideau, elle respira un grand coup puis l'ouvrit d'un grand geste et entra sur la piste.

Elle sauta, virevolta dans les airs. Elle marchait sur une corde, se projetait sur le trapèze et dansait avec les animaux du cirque. Et derrière elle pouvait entendre les gens applaudir et l'encourager.

Taï Lee adorait être sur scène, pendant les quelques minutes que durait son spectacle elle ne pensait à rien. Rien d'autre que le prochain mouvement, la musique en fond, les cris des spectateurs. Quelques minutes par jour, voilà tout et c'est ce qui la faisait avancer.

Peu importaient les années passées, les lieux visités, les gens rencontrés, elle se retrouvait toujours à faire des cauchemars ou à rêver d'Azula.

Taï Lee salua le public qui lui faisait une standing ovation et sourit de toutes ses dents puis ferma les yeux et apprécia la sensation que lui procurait cette joie partagée.

Elle se retira dans les loges et laissa place à un autre numéro. Assise devant sa table de maquillage, elle saisit une enveloppe qui lui était adressée. Maï. Toujours. Taï Lee ne lui avait plus parlé depuis la mort d'Azula, elle savait qu'elle n'aurait pas dû pas la blâmer mais c'était la seule manière qu'elle avait trouvé pour supporter son deuil.

Taï Lee saisit une feuille et s'apprêtait à rédiger une réponse, enfin. Puis elle hésita, la main figée à quelques centimètres de la feuille. Les applaudissements se faisaient entendre sous le chapiteau. Taï Lee approcha la plume puis la posa sur la table et se leva pour le salut final. Demain pensa-t-elle. Demain.


Teo s'arrêta devant le cimetière. Les disciples d'Aang avaient bien fleuri le pré où reposaient maintenant les centaines de soldats morts pour la liberté. Teo venait toutes les semaines se recueillir et vérifier que son système d'arrosage fonctionnait bien.

En quelques années, Aang avait rassemblé une grande communauté de gens décidés à se dédier à la renaissance de la philosophie des nomades de l'air. Chaque temple avait été repeuplé, les travaux de restauration entamés. Teo et son père étaient restés sur place pour aider, ils étaient des marginaux et se sentaient plus à l'aise entourés des nomades.

Une jeune fille s'approcha, l'écharpe rouge qui traversait sa tunique orange montrait sa connaissance avancée des coutumes de l'Air. Nele était très attachée à Aang et avait un respect absolu pour les traditions des anciens nomades mais savait avec finesse les adapter au monde moderne.

La jeune femme se pencha pour cueillir quelques fleurs. Elle avait une grâce sans pareille et savait rire avec Aang comme méditer des heures durant à ses côtés. Tout le monde assurait qu'elle serait celle qui porterait en ce monde les prochains airbender et l'affection que lui portait le jeune avatar ne laissait aucun doute.

Teo fit un détour avec sa chaise roulante et laissa la jeune femme tranquille. Il balaya du regard les noms des tombés au combat qu'il connaissait maintenant par cœur. Un nom résonnait comme un glas dans son cœur. « The Duke. » Il connaissait l'homme qui avait fait preuve d'un courage infini et ne s'était jamais tout à fait remis de son décès suite à ses blessures. Longshot et Smellerbee n'avaient plus jamais été les mêmes. Ils passaient de temps à autres, chaque année ils semblaient retrouver un peu plus de joie de vivre mais ils ne seraient plus jamais les joyeux freedomfighters qu'ils avaient été.


La corne de brume résonna pour annoncer l'arriver du bateau. Katara se tenait sur le pont, son long manteau noir l'enveloppant. Elle ferma les yeux pour apprécier la présence de l'eau tout autour d'elle pendant un instant. Voilà des années qu'elle n'était pas revenue au pôle sud. Sa patrie lui était devenue insupportable.

Elle descendit sur la banquise seule, ayant refusé le cérémoniel qui accompagnait habituellement ses entrées.

Son père l'accueillit et sa grand-mère lui offrit un câlin chaleureux comme Katara n'avait pas eu l'occasion d'en recevoir depuis des lustres. Elle ferma les yeux un instant pour apprécier de nouveau la sensation d'être enfin de retour chez elle, puis les cris des enfants résonnèrent et la magie se brisa.

Elle balaya la scène du regard, les enfants couraient, lançaient des boules de neige, poursuivaient les pingouins-phoques en riant. Elle reconnut Akio au loin.

Elle suivit sa famille vers un grand bâtiment de glace. Après la guerre, le pôle nord et le pôle sud s'étaient entraidés pour la reconstruction des deux tribus et la population du sud avait rapidement triplé, les bâtiments officiels s'étaient construits même si le chef Hadoka refusait de vivre autre part que dans un igloo comme les autres.

Elle se retrouva dans une cour à l'air libre où se trouvaient ses amis et la nostalgie l'emporta.


Troisième funérailles

La tribu entière se tenait au bord de la banquise, habillée d'un bleu marine sombre. GranGran s'appuyait sur son mari Paku, terrassée de chagrin. Hakoda n'était que l'ombre de lui-même mais tenait à faire bonne figure.

Katara était agenouillée devant la barque funéraire où reposait son frère. Elle lui caressa doucement la joue puis murmura : « Tu vas me manquer idiot. »

Des larmes lui échappèrent. Elle les essuya avec sa manche puis s'éloigna. Son père et Bato s'approchèrent et poussèrent la barque dans l'eau.

Katara recula et tendit la main dans son dos, Suki s'en saisit, son autre main caressant son ventre rebondi. Toph restait en arrière, tête penchée en avant.

Aang s'avança et enflamma une rangée de flèches posées devant l'assistance. Katara, Hakoda, Paku, Bato, Piandao, Suki, Toph et Aang saisirent un arc et une flèche puis tendirent leurs arcs. Une femme dirigea la flèche de Toph et tandis que le reste de l'assemblée entonnait un chant funèbre, ils lâchèrent leur flèche en même temps. Elles atterrirent sur la barque qui s'enflamma sous leurs yeux alors que le chant gagnait en ampleur, maintenant toute l'assistance chantait leurs adieux.

Au loin, l'horizon croisait la lune qui semblait ouvrir ses bras lumineux pour accueillir le jeune homme.


Suki souriait avec plein de douceur en soignant une blessure d'Akio, Toph faisait des blagues à un Paku effaré, Aang parlait avec animation du voyage avec le roi du Royaume de la Terre et Katara se sentait à des années lumières de l'assistance.

Tout le monde avait appris à se reconstruire alors qu'elle avait passé les mois suivant la victoire à négocier des traités d'alliance, s'occuper des blessés, contrecarrer les rebellions des opposants à sa prise de pouvoir et être incapable d'améliorer la santé de Zuko.

Prise de panique par ses souvenirs elle se leva précipitamment et quitta l'assemblée. Elle ne voulait pas repenser à cela, la peur, l'angoisse, l'impuissance alors que les blessures de l'homme qu'elle aimait refusaient de se soigner.

Elle courut dans la neige avant d'arriver devant un petit lac dans la banquise qu'elle avait trouvé à dix ans avec Sokka. Elle joua avec son collier qui affichait la face rouge. Elle avait perdu l'habitude de le porter dans ce sens. Au palais du feu, elle portait essentiellement du rouge et donc son collier face bleue. Elle baissa les yeux vers la longue robe bleue qu'elle portait pour la cérémonie du solstice et s'étonna d'éprouver la nostalgie de cette couleur. Il fallait qu'elle refasse faire sa garde robe, au moins ajouter quelques robes bleues.

La neige crissa derrière elle et Piandao s'assit à côté d'elle.

« Vous nous avez quittés précipitamment. »

« Trop de souvenirs. »

« Mauvais je suppose. »

« Au contraire bons. Je ne peux plus passer un instant ici sans me souvenir. Là-bas près de la barque glacée, Sokka s'est cassé le nez en voulant attraper un pingouin-phoque. Ici, il s'est retrouvé trempé un nombre incalculable de fois lorsque je m'entraînais à maîtriser l'eau. Tout ici me rappelle Sokka et sa mort. »

Piandao ne dit rien pendant un moment puis se pencha vers la jeune femme.

« Sokka m'écrivait beaucoup et me parlait beaucoup de vous. Quand il vous a cru morte il a vécu la même chose que vous. Il évitait les waterbender car les souvenirs le faisaient souffrir. Vous deux avez un amour fraternel immense et magnifique. »

« Il me manque tant. » murmura Katara.

« Je vais vous donner le même conseil que je lui ai donné alors. Ne fuyez pas son souvenir, célébrez-le. Akio en est l'incarnation parfait, un petit Sokka en puissance. »

Katara sourit enfin et le maître d'arme se releva. Il s'apprêtait à partir puis changea d'avis et se retourna.

« Vous savez. La paix est assurée maintenant. Des vacances vous feraient le plus grand bien. »


Katara passa un mois de plus que prévu au pôle sud à réapprendre à y vivre avec sa famille. Akio lui apporta une joie immense et elle taquina Toph sur son futur rôle de reine, s'entraîna avec maître Paku et peu à peu retrouva un semblant de début de la paix qui l'avait quittée depuis si longtemps.

Aang proposa de la déposer avec Appa mais elle dut refuser, le retour du bateau sans elle pourrait mener à un véritable incident diplomatique. Le voyage fut long et il lui tardait de rentrer. Elle se doutait que des montagnes de papiers attendaient d'être relues et signées et un océan de requêtes à recevoir mais elle s'en fichait.

Lorsque le bateau arriva elle supporta le cérémoniel de la cour, salua quelques nobles, promit des signatures à des ministres puis se retira vers les quartiers privés de la famille royale.

Elle s'avança sans bruit vers la chambre de Saya et souleva la petite fille qui rigola et tenta de s'échapper de l'étreinte de sa mère. Katara couvrit sa fille de bisous et Saya se calma puis se cala dans ses bras.

Des pas approchèrent et la personne s'arrêta derrière Katara qui se laissa enlacer. Zuko posa un baiser dans le cou de sa femme et chuchota :

« Tu as été longue. »

« Iroh t'a aidé pourtant. »

« Il m'aide avec les affaires d'état. Tu m'as manquée. »

Katara posa Saya sur le sol et la petite fille partit jouer pendant que ses parents s'enlaçaient. Katara respira le parfum de Zuko et soupira de contentement.

Loin le temps où elle veillait sur Zuko alité pendant des semaines après la bataille. Fini les débats avec les nobles sur leur légitimé au pouvoir.

Zuko embrassa tendrement Katara puis fut interrompu par des pleurs de Kyet. Katara soupira et Zuko lui murmura : « C'est ton tour. »

« Avec plaisir. »

Elle se pencha vers le berceau de la chambre du bébé et prit son fils dans ses bras pour le bercer.

« Tout va bien. Maman est là. Nous sommes tous là. »


Dernier message. J'ai longtemps hésité sur la fin. Bad end ou bitter sweet. Donc à ceux qui voulaient que Zuko reste en vie, remerciez SarahMattMello, ma correctrice et une autre amie qui a œuvré de toutes ses forces pour sauver le maximum de gens.
Je ne voulais pas révéler la fin avant le dernier moment. Rien que pour toi H.V.

Encore mille merci pour votre lecture et laissez une petit review pour dire si vous avez aimé ou non cette histoire et sa fin. ^^