Maraudeurs dans l'espace


Chapitre 8: Evasion!

-Vas-y ! le exhorta James en le poussant en avant le lendemain matin.

Sirius manqua de se carapater sur le sol tant James l'avait poussé brusquement. Il se rattrapa à Marcelyn qui venait leur souhaiter le bonjour dans leur dortoir.

-Ouh, Sirius, tu me sautes dessus, maintenant ?
-Ben euh oui…, bégaya-t-il en envoyant un regard noir à James qui se mit à siffler d'un air innocent (qui ne lui allait pas du tout).
-Comment allez-vous, ce matin ?
-Euh…bien…j'ai passé une bonne nuit…et euh…

Sirius cherchait ses mots.

-Je crois que j'ai rêvé de toi !
-Quoi ? s'exclama la Kzptrdaçienne, les yeux pétillants, tu as rêvé de moi ?
-Oui, enfin, j'ai vu des cheveux roses, et la seule autre personne que je connaisse qui en ait à part toi, c'est ma cousine de neuf ans, Nymphadora, mais ça ne pouvait pas être elle…
-Pourquoi ?
-Parce que…dans mon rêve, j'étais sur une plage…avec cette fille…et euh…on se promenait, main dans la main…
-Et il y avait un soleil couchant, compléta James.
-Comment tu sais ce qui s'est passé dans son rêve ? demanda Marcelyn.
-Je le lui ai raconté ! s'empressa Sirius en foudroyant le binoclard du regard.
-Oui, confirma James, et il embrassait la fille tendrement sur la bouche, et il y avait aussi Lara Fabian, et elle chantait "Je t'aaaaiiiiimmmmmme !"

Sirius rougit d'humiliation alors que James faisait de son mieux pour ne pas éclater de rire.

-Oh, mais…mais…mais Sirius, fit Marcelyn en portant sa main à son cœur, ça veut dire que…
-Oui, Marcelyn, je t'aime !

Et sans plus de cérémonie, il l'embrassa passionnément. A ce moment-là, c'en fut trop pour Cornedrue qui éclata tellement de rire que l'on pouvait voir les détails du fond de sa gorge.

-Oh, des amygdales, commenta Severus.

Sirius finit par libérer Marcelyn, qui était plus rouge qu'une pivoine.

-Oh, Siiiiriuuuuus ! jubila-t-elle, enfin, tu es tombé amoureux de moi !

Elle resta un moment interdite, puis se rappela qu'elle était juste sensée aller les réveiller et puis partir faire un rapport aux directeur sur les lycanthropes et les kaléidoscopes.

-Bon euh…ben…j'ai des choses à faire…on se revoit au petit déjeuner !

Et elle disparut dans le couloir en souriant. Ils l'entendirent chanter gaiment quelque chose qui devait être l'équivalent kzptrdaçien de Lara Fabian.
Quand elle fut hors d'entente, l'expression de Sirius changea, son regard se durcit et il se tourna vers James avec un air mauvais.

-Lara Fabian…comment as-tu osé…déjà que la plage et le couché de soleil, ça puait l'eau de rose, il fallut que tu rajoutes cette chanteuse débile !
-Ben, quoi, les nanas dans le genre de Marcelyn sont assez naïves pour gober n'importe quoi quand on leur balance des clichés romantiques !
-Oui, mais je me sens terriblement humilié, gronda Sirius.
-C'est bizarre, dit Peter, s'il l'aime, ça ne devrait pas le déranger de faire des rêves aussi craignos, l'amour est aveugle, non ?
-Il fait semblant, crème d'andouille ! maugréa Severus à ses côtés, tu sais bien, pour le plan d'évasion !
-J'vais t'en donner, moi, des Lara Fabian, cria Sirius, allez, Corny, tu vas t'en prendre une !
-Mais, tu ne vas pas m'en vouloir rien que pour une chanteuse de variété gnangnante ? Mais…aïe ! Lâche-moi, vilain Patmol !

James s'enfuit se cacher derrière Remus, Sirius l'y poursuivit et pendant cinq minutes, ils tournèrent en rond de façon ridicule autour du jeune loup-garou qui les regardait d'un air circonspect, jusqu'à ce que Sirius n'attrape James et le force à se mettre à genou.

-Et maintenant, un bon coup de pied au cul !
-Non, arrête ! Je le ferai plus !
-Attends, je sais comment encore plus t'humilier : Rogue, toi, fous-lui un coup de pied au cul !

Severus réfléchit : "Si je lui obéis, j'emmerde Potter mais je fais plaisir à Black…Mais si je ne lui obéis pas, j'emmerde Black mais je fais plaisir à Potter…Que faire? Je les déteste tous les deux!"

Comme il restait inactif et ne semblait pas se décider, Sirius n'attendit plus et balança son pied dans le postérieur de James. On l'entendit hurler pendant deux bonnes minutes.

-Qu'est-ce qui se passe ici ? dit la voix de Mattew de l'autre côté de la porte.

Il entra brusquement et tomba sur la scène de James se massant les fesses et de Sirius qui le regardait d'un air satisfait.

-Sirius m'a fait mal au cul, maugréa James.
-Quoi ? cria Mattew en haussant les sourcils tellement haut qu'ils disparurent sous ses cheveux, alors Remus ne lui suffit plus ? Combien d'autres mâles va-t-il encore se taper avant de jeter son dévolu sur ma pauvre petite personne ?
-Ah, mais non, il a juste filé des coups de pieds au cul à Potter parce qu'il a été méchant et bête ! expliqua Severus, c'est pourquoi il a poussé des cris qui ont fait qu'on aurait pu se croire dans une boîte SM…
-Ta gueule, Snivy ! répliquèrent James et Sirius en même temps.
-Pourquoi tu lui as foutu des coups ? interrogea Mattew.
-Oh, il a dit des trucs débiles, répondit Sirius.
-Peu étonnant !
-En fait, c'est à cause du plan d'évasion, expliqua Peter, en faisant croire à Marcelyn qui Sirius était amoureux d'elle, James a parlé de Lara Fabian et Sirius n'a pas aimé…

Tout le monde le regarda avec des yeux ronds et effarés.

-Quel plan d'évasion ? demanda Mattew, et c'est quoi cette histoire de Marcelyn amoureuse ?
-Ben, quand il l'a embrassée, il a piqué les clefs du vaisseau dans sa poche ! Je l'ai vu !
-Rhha ! Peter ! gronda James, lui il n'était pas supposé être au courant !
-Hein ? Mais oui, t'as raison, je suis désolé ! On va devoir trouver un autre plan !
-Trop tard, maintenant qu'il sait, il va nous en empêcher !
-Espèce de Maraudeur ! commenta Severus.
-Alors, vous vouliez filer en douce ? dit Mattew.

James et Sirius s'entre-regardèrent. Ils se consultaient ainsi du regard, cherchant à concevoir un plan de rechange. Mais ils ne trouvèrent aucune solution à part celle de sauter sur Mattew pour l'immobiliser, l'assommer et l'enfermer dans un placard à balais (si toutefois les placards à balais existait bien sur cette planète, il leur semblait ne pas en avoir aperçu dans les locaux de la Recherche, ni de personnel de nettoyage, d'ailleurs, pas de Rusard extra-terrestre à embêter, dommage).

Ils restèrent là à se regarder pendant trois pénibles minutes.

-Qu'est-ce que vous attendez ? demanda Mattew, je suppose que vous cherchez un plan d'action ? J'espère qu'il ne consiste pas à me sauter dessus pour m'immobiliser, m'assommer et m'enfermer dans un placard à balais, parce que vous savez, on n'a pas de placard à balais, et puis, je suis bien trop fort pour que…

BANG!

L'évier de la salle de bain venait d'assommer Mattew. Severus se tenait derrière lui, baguette levée, l'air satisfait de son wingardium leviosa.

-Snivy, tu…
-Allez-y, barrez-vous, je reste là au cas où il se réveille, partez, vite !
-Mais, tu ne viens pas avec nous ?
-Ben non.
-Mais…
-Hey oh ! Entre rester seul sur une planète de dingues qui me considèrent comme un spécimen de laboratoire mais SANS LES MARAUDEURS et repartir sur Terre AVEC LES MARAUDEURS, je sais ce que je préfère !
-Mais enfin, tu nous déteste autant ? gémit Remus.
-Encore plus que ça ! répondit le Serpentard, et maintenant, cassez-vous, je veux plus voir vos tronches simiesques !
-Mais…
-Laisse-le, Lunard, fit sournoisement James, moi, ça m'arrange qu'il ne vienne pas…j'aurais Lily pour moi tout seul !
-Euh…attendez, tout compte fait, je viens !
-Non, Servilo ! Tu as dit que tu allais surveiller l'alien, alors, fais-le !
-Mais, mais, mais…mais si, je veux venir ! Il n'est pas question que je laisse cette pauvre Lily à ta merci !
-Si tu veux venir, il faut prononcer les mots magiques, dit Sirius.
-Black, va te faire mettre par un troll !
-Non, les autres mots magiques, Snivy !
-S'il vous plait…, articula Severus à contrecœur.
-Non, ce n'est toujours pas les bons mots…

Severus prit une grande inspiration, passablement exaspéré, et finit par réciter, d'une voix timide :

-Sirius Black est le roi du Kâma-Sûtra !
-Bien, tu peux venir ! Mais avant…

Sirius se saisit d'un flacon d'after-shave qui était tombé de feu-l'évier, le vida, le rinça.

-Qu'est-ce que tu fais Patmol ?

L'intéressé posa le bout de sa baguette sur sa tempe et se concentra. Un filament argenté finit par sortir de son cuir chevelu. Il le déposa dans le flacon qui se remplit d'un liquide de même couleur à la surface duquel on pouvait voir le visage de Rogue commentant les ébats de Sirius.

-Ah, je veux conserver précieusement ce souvenir.

Severus émit un grognement qui ressemblait quelque peu au mot "connard", ensuite, ils ligotèrent Mattew avec un sortilège, et faute de placard à balais, ils l'enfermèrent dans les toilettes. James voulu lui faire un truc méchant et dégoûtant avec la brosse servant à récurer la cuvette, mais Remus, qui décidément était la bonne conscience du groupe, l'en dissuada.
Ils se faufilèrent rapidement hors du dortoir.

-Vous savez où est garé le vaisseau ? demanda bêtement Peter.
-Ça, ce serait difficile de ne pas le savoir, répliqua Severus, c'est le gros truc au beau milieu du champ !

Ils se glissèrent dehors, prenant garde à ne pas se faire repérer par Marcelyn qui semblait avoir oublié son rapport pour le directeur et caressait les affreux moutons violets en chantant :

-Un jour, Sirius viendraaaaaa ! Un jour, il me diraaaaaaaa...

-C'est pas possible, fit le Serpentard, pourquoi toutes les filles craquent sur ce sale clébard ?
-Ta gueule, Snivy !
-Mais c'est vrai, quoi, en apparence, t'es peut-être assez séduisant, mais à l'intérieur de toi, il y a…
-A l'intérieur de moi? Des tripes !
-Arrête d'être lourd !
-Fermez-la, faut entrer dans le vaisseau ! les réprimanda James.
-Alors, voilà, la clef, commença Remus, …euh…en fait, c'est pas vraiment une clef, c'est une plaque avec un bouton…
-Donne, c'est comme pour ma moto volante ! dit Sirius en appuyant sur le bouton.

Aussitôt, la porte du vaisseau s'ouvrit, dans un grand bruit de mécanique, mais Marcelyn ne semblait pas avoir entendu, trop occupée à éplucher une pâquerette extra-terrestre : "Il m'aime, un peu, beaucoup, à la folie,… "

Une fois entrés, Sirius réactionna la clef et la porte se ferma derrière eux. Alors, ils furent confrontés avec l'immense tableau de bord et sa voie lactée de boutons de commande.

-Je suis sûr que c'est moins compliqué que ça en a l'air, rigola nerveusement James.
-Il doit y avoir un manuel d'utilisation ? osa Remus.
-S'il y en a un, il doit être rédigé dans leur langage atchoum, dit Severus, en broyant du noir.
-Bon, il faut se lancer, décida Peter, je vais appuyer sur un bouton au hasard…

Le garçon-rat se racla la gorge et, lançant son index sur le tableau de commandes, fredonna :

-Un petit cochon pendu au plafond, tirez-lui la queue, il pondra…
-Euh, non merci, Queudver, intervint Sirius, la dernière fois que tu as fait ça, ce n'était pas brillant…
-Tu parles, maugréa Severus, maintenant, sur la Lune, on peut apercevoir un nouveau cratère, appelé "Le Cratère de Pettigrow".

James et Remus ne purent s'empêcher de pouffer malgré eux.

-Mais euh…, râla l'intéressé.
-Laisse-tomber, Queudver, dit Sirius, ils sont tous les trois jaloux parce que nous avons notre nom écrit dans l'espace et pas eux !
-Oui, Sirius, Étoile du Chien, répondit Peter avec un grand sourire.
-Ça ne résout pas notre problème de boutons ! coupa James.
-Essaye Clérasile Ultra!
-Ta gueule, Snivy, c'est pas l'heure des jeux de mots pourraves !
-Tout compte fait, dit Remus, on est forcé d'employer la méthode de Peter, nous n'avons pas d'autre solution !

Ils se regardèrent tous les cinq.

-Oui, pas le choix, concéda James, à toi l'honneur, Lunard.
-Ok, Âme, stram, gram, pique, pique-moi dans l'âme, bourrée, bourrée de nœuds mâles, âme, stram, gram, pique-dames !
-C'est assez différent de la version que je connais, dit Severus en commentant la comptine.

Remus appuya sur le bouton ainsi obtenu, aussitôt, un grand jet de liquide blanc et visqueux vint asperger l'extérieur du pare-brise du vaisseau (c'est pas ce que vous croyez, bande de pervers…euh…vous croyez quoi, au juste ?), ensuite, deux loques fixées sur des bras mécaniques vinrent frotter le liquide contre la vitre pour la nettoyer.

-C'est quoi ça ?
-Des essuie-glaces, les Moldus en ont sur leurs voitures, ça sert à laver les vitres pendant qu'on conduit.
-Et ceux-ci, c'est pour nettoyer les morceaux de comètes qui se perdent ?
-Trop fort ! J'en veux des tous petits sur mes lunettes pour quand je joue au Quidditch sous la pluie !
-On t'a déjà dit d'utiliser un charme d'Impervius pour ça, Cornedrue !
-Bon, c'était pas ce bouton-là…
-Je vais essayer…dit James, et il récita une comptine qui, de toute évidence, était de son invention :

-Le chien, il bave, le chien, il pue
Et il remue la queue comme un glandu
Patmol a des puces, il se gratte tout le temps
Sans sa lotion, il…
Wouaiiillle ! Mon cul !

-Je savais que mon pied te manquait, grinça Patmol.

Et sans cérémonie, il appuya négligemment sur un bouton au hasard et un grondement sourd se fit entendre sur leur gauche : un gobelet en plastic tomba sur une grille et un liquide vint le remplir.

-Vous croyez que…
-Oui, ça m'a tout l'air d'être la machine à café de Mattew !

Remus s'approcha, prit le gobelet rempli et le huma.

-C'est pas du café, c'est du potage de légumes !
-Les machines à café, ça ne marche jamais correctement ! commenta Sirius.
-Bon, encore raté, Rogue, essaye, toi.
-Ok… Pique, nique, douille, c'est toi l'andou…
-Euh, c'est un bouton que tu dois choisir, pas l'un d'entre nous ! répliqua James en redirigeant la main du Serpentard vers le tableau.
-Oops, ça m'a échappé, dit celui-ci avec un sourire sadique, de toute façon, vous êtes tous les quatre des andouilles !

Il appuya sur un bouton, une trappe s'ouvrit sous le tableau et un bras mécanique lui appliqua du rouge à lèvres sur le nez.

-Je ne savais pas que ce vaisseau avait été conçu pour Pénélope Jolicœur, s'exclama Lunard alors que les autres s'écroulaient de rire.
-Je suppose que ce gadget appartient à Marcelyn ? maugréa Severus, pourtant, elle ne se maquille pas !
-Elle devait garder ça pour les grandes occasions, ricana James en envoyant un clin d'œil à Sirius qui lui tira la langue.
-Bon, ça commence à bien faire, cette histoire de boutons, sur quoi on va tomber, maintenant ? râla Severus.
-Un klaxon qui joue la cucaracha ? fit Sirius.

Et avant que quelqu'un d'autre ne le fasse, Peter s'approcha à nouveau du clavier :

-Un petit cochon pendu au plafond, tirez-lui la queue, il pondra des œufs, tirez-lui plus fort, il pondra de l'or ! J'essaye ce bouton-là !
-Attends, Queudver, on…

Mais un bruit assourdissant se fit entendre, le sol métallique du vaisseau trembla alors que de la fumée apparaissait de parts et d'autres de l'engin, qui décolla lentement. Toutes les touches du clavier s'illuminèrent de lumières multicolores et l'écran de l'ordinateur central s'alluma, affichant un petit bonhomme qui disait bonjour en kzptrdaçien. Les Maraudeurs et Rogue, pris de surprise, se renversèrent dans tous les sens.

Et quelques minutes plus tard, Marcelyn se retourna (il lui avait semblé avoir entendu quelque chose).

-Tiens, où qu'il est, le vaisseau ?

L'amour, ça rend aveugle, sourd et con, des fois…

xxxx

Pendant qu'elle courrait vers les bâtiments où elle allait bientôt découvrir son frère attaché dans les pipi-rooms, nos héros se retrouvaient une fois de plus dans l'espace, et n'ayant pas réglé la gravité, ils flottaient dans la pièce, alors que l'ordinateur diffusait une étrange musique avec un type qui chantait en français, de sa voix aigüe :

Ohwaaaaaaaaaa, en apesanteur !
Ohwaaaaaaaaaa, pourvu que les secondes soient des heures !

Heureusement, Remus, qui était le seul à ne pas rigoler bêtement en s'exclamant "Regardez, je vole !", eut soudain un éclair de génie :

-Ordinateur, programme commande vocale en anglais !
En fait, il ne s'attendait pas vraiment à ce que ça marche, mais quand la machine lui indiqua qu'elle était à ses ordres dans sa langue maternelle, il fut soulagé.

-Annuler apesanteur ! lança-t-il.

Aussitôt, Calogero cessa ses vocalises.

-Euh…je parlais de l'apesanteur du vaisseau ! rectifia le lycanthrope.

L'ordinateur obéit et ils tombèrent tous sur le sol métallique en manquant de se péter les molaires.

-Je crois que je contrôle la situation ! déclara Remus, vautré sur le sol.

Tous se relevèrent et allèrent jeter un œil au hublot. La planète s'éloignait peu à peu du vaisseau (enfin, c'était plutôt l'inverse, quoi que ça dépende de votre référent). Ils exultèrent.

-Wouhouuuu ! Nous avons enfin quitté cette planète de fêlés du citron !
-Bien, dit Severus, toujours prêt à saper le moral des troupes, maintenant, il faut rentrer chez nous, c'est-à-dire, calculer la direction de la Terre, faire les bonnes manœuvres pour y conduire le vaisseau, avec la possibilité de devoir activer l'armement (s'il y en a un) au cas où ils se rendent compte de notre disparition et nous poursuivent avec d'autres vaisseaux…ce qui a beaucoup de chance de se produire !

Et il avait raison…L'enthousiasme qu'avait suscité la réussite du décollage retomba comme un soufflé au fromage : déjà que de parvenir à mettre en marche un vaisseau extra-terrestre en appuyant sur un bouton au hasard, c'était une chance immense, que dire du reste ?

Ils furent interrompus dans leurs réflexions par un bruit de pas. Ils se figèrent quand Salazar, le Kzptrdaçien rebaptisé ainsi en raison de ses cheveux verts, fit sans entrée.

-On a un passager clandestin !
-Merdouille !
-Et, mais c'est Monsieur Salaud !

L'alien n'ayant pas appris l'anglais à l'instar de Mattew et Marcelyn, il baragouina quelque chose en les montrant du doigt d'air chamboulé.

-Qu'est-ce qu'il faisait dans le vaisseau ? souffla James.
-Un contrôle technique ? hasarda Sirius, c'est un scientifique, non ?
-Mais qu'est-ce qu'on fait de lui ?
-Il ne comprend rien de ce qu'on dit…
-Oui, mais en revanche, il a compris qu'on essayait de se faire la malle.
-Mais on est cinq et lui…

Sirius stoppa net sa phrase pour la simple raison que Remus s'était approcher de lui pour lui rouler un patin.

-Ah ben oui, les lunes ont recommencé à perturber Lupin, dit Severus comme s'il commentait la météo.
-Slacheuyahohi ! déclara Salazar, ce qui en kzptrdaçien devait signifier "homosexuel".

Mais comme les quatre lunes influençaient Remus, il se remit à changer d'humeur : il se dégagea rapidement de Sirius et se tourna vers l'extra-terrestre à verte tignasse avec un regard vésuvien, et sans crier gare, lui balança un gros coup dans le service trois pièces. Celui-ci s'écroula de douleur pendant que les autres félicitaient Remus qui ayant changé d'humeur, se mit à imiter Cho Chang et Mimi Geignarde jouant un concerto pour duo de chouineuses.
Salazar se releva, et ayant compris que l'heure n'était plus à la diplomatie et aux négociations pacifiques, usa de ses pouvoirs psychiques pour faire léviter tout objet se trouvant dans la navette et assez contondant pour assommer un Terrien. James et Sirius se concertèrent du regard et prirent leurs formes d'animagi pour contrer l'ennemi (qui se laissa contrer, subjugué de voir un cerf et un chien se ruer sur lui).

Et pendant ce temps, Remus se marrait comme un bossu un pointant du doigt un truc hilarant imaginaire collé au plafond.

xxxx

-Qu'est-ce qu'on va faire de lui ? dit Severus en regardant Salazar bâillonné et ligoté.
-On va le vendre à un scientifique moldu terrien, et ça sera bien fait pour lui ! dit Peter.
-Une fois qu'on sera rentrés, précisa Remus, maintenant hors de l'influence des lunes dont ils s'étaient éloignés.
-Je crois que j'ai trouvé la solution, dit Sirius.
-Hein ?
-Oui, vous savez, les trous noirs, on peut s'en servir pour voyager rapidement d'un point de l'espace à l'autre !
-Ah mais oui, c'est vrai ! s'exclama James, il nous suffit de savoir dans lequel entrer, et pouf ! On arrive à la Terre !
-Euh…je ne suis pas sûr, avoua Severus, d'après ce que j'ai compris, maîtriser les trous noirs est extrêmement compliqué.
-Mais nous sommes des intelligences supérieures, tu as oublié, Snivy ? répliqua James, et puis, on dit des "trous ablancs" !

Severus poussa un soupir en regardant Sirius se saisir de L'astrophysique pour les nuls . Il songea un instant qu'il aurait mieux fait de rester sur Kzptrdaç, vu qu'ils semblaient partis pour ne jamais retrouver le chemin de la Terre pour errer dans le vide intersidéral jusqu'au prochain Big Bang…ou du moins jusqu'à ce qu'ils ne cèdent au cannibalisme pour survivre, bien que le dernier survivant finirait quand même par mourir de faim.

-Je vais demander à l'ordinateur de nous aider, suggéra Remus, ordinateur, informations trous noirs !

L'ordinateur effectua une recherche et afficha le résultat. En regardant l'écran, Remus compris que l'utilisation de l'anglais avait faussé la recherche, car l'ordinateur se mit à télécharger illégalement l'album de Muse, Black Holes and Revelations.

-Euh…t'as pas compris, ordinateur, je veux que tu me dises comment on détermine dans quel trou noir on va pour aller sur Terre !
-C'est quoi ce groupe de musique, Muse ? dit Sirius en regardant par dessus son épaule, Je connais pas !
-C'est parce que ça vient du futur, dit Remus en désignant la date de l'album, 2006, c'est encore ces histoires d'espace-temps qui font ça…
-Ah ?
-Oui, dit James, l'espace et le temps sont liés, donc, en voyageant dans l'espace, tu te déplaces également dans le temps, et du coup, tu peux accéder à des informations d'autres époques !
-Comment tu sais ça, toi ?
-Les bédés de science-fiction moldues : ils expliquent tout !
-Ah, l'ordinateur vient d'afficher un meilleur résultat, intervint Remus, regardez : ça va nous expliquez comment voyager dans les trous noirs !
-Euh…y'a tout plein de calculs compliqués !
-On dirait de l'arithmancie écrite en runes…en encore plus tordu !
-C'est de la physique !
-C'est bien ce que je disais !
-Bon, Remus, nous comptons sur toi pour déchiffrer ce bidzouf et nous ramener sur Terre.
-Et le plus tôt serait le mieux, parce que là, on est à la dérive !
-Mais…Cornedrue ! Patmol ! Vous allez m'aider ?
-Ben euh…désolés, mais nous n'avons pas ta patience et ta dextérité, nous ne ferions que te retarder, mon Lunard !
-Mais…
-Et puis, j'ai découvert comment on allume la vidéothèque : ils ont plein de dessins animés super chouettes !
-Oui, et d'ailleurs, si on se regardait encore un épisode du truc qui se déroule dans l'espace ?
-Le machin avec le rouquin, la fille avec un seul œil et le robot alcoolique ?
-Oui, ce robot est mon idole !
-Moi aussi !
-Les mecs, vous êtes pas sympas !

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Après quelques semaines d'errance à travers l'espace et quelques péripéties (dont une confrontation avec des types qui se battaient avec des épées lumineuses), Remus annonça fièrement qu'il pensait avoir assimilé les manœuvres pour les voyages dans les trous noirs.

Ses camarades sursautèrent, car ça faisait une plombe qu'ils avaient perdu l'espoir d'un dénouement et passaient leur temps avachis devant l'écran de la vidéothèque, exécutant un marathon Futurama/Les Simpson/South Park/Death Note/ GTO/ Desperate Housewives/Daria/My name is Earl comme des geeks pur jus devant leur Star Trek (A l'exception toutefois de Severus qui était devenu fan de Muse et écoutait New Born en boucle, les larmes aux yeux.)

Il leur fallut un certain temps pour assimiler ce que le brave Lunard disait, et puis, ce fut l'explosion de joie :

-Quoi, c'est vrai, on va pouvoir rentrer ?
-Puisque je vous le dis !
-Hourra pour Remus !
-Allez, installez-vous sur les sièges de sécurité, nous allons pénétrer dans un trou noir ! Sirius, attache bien ta ceinture, surtout !
-Ouais, ouais…
-Et toi, James, chasse de ta tête les pensées que t'ont inspiré les mots "pénétrer dans un trou" !
-Pfft, pas drôle !

Une fois que tout le monde fut bien attaché à son siège, Remus démarra le voyage, et Sirius pu enfin voir à quoi ressemblait l'intérieur d'un trou noir : c'était noir ! En revanche, même privé de lumière, les secousses se ressentaient, et elles étaient aussi vertigineuses que le décolleté d'Hélène. Sirius rougit, mais dans l'obscurité, cela ne se vit point.

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Une fois le voyage terminé, nos amis (oui, d'accord, ce ne sont pas tous nos amis, il y en a forcément au moins un des cinq que vous détestez, je sais !) reconnurent notre sympathique système solaire et poussèrent un cri de victoire, qui fut moyennement apprécié par Salazar qui vivait ligoté sur une chaise et leur envoya un regard mauvais.

Quelques temps après, ils aperçurent leur Terre natale, James pensa à Lily et sentit ses organes génitaux se tendre vers elle.

Remus démontra une fois de plus son savoir-faire en faisant atterrir le vaisseau dans la Forêt Interdite dans la discrétion.

Si on occultait le fait qu'une certaine Kzptrdaçienne jalouse et rancunière avait décidé de les poursuivre avec son caféïnomane de frère, tout allait pour le mieux, quoi qu'une autre surprise les attendait à Poudlard…

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-Dites, on est partis depuis combien de temps ? Parce que là, je ne reconnais aucun des élèves…et je trouve que les profs ont vieilli…, dit Peter.
-Un prof, par définition, c'est vieux ! répliqua James avec aplomb.
-Lupin, tu es sûr que nous sommes à la bonne époque ? demanda le Serpentard.
-Quoi ? s'exclamèrent les autres en chœur.
-Maintenant que tu le dis…, marmonna Remus, il est possible que je n'aie pas été assez précis concernant le temps…
-Euh, tu nous expliques, là ?
-C'est encore à cause de l'espace-temps : nous sommes au bon endroit, mais l'époque n'est peut-être pas la bonne…enfin, je suis pourtant certain de ne m'être pas trompé, au pire, nous sommes tombés 20 ans avant ou après notre scolarité…
-Euh, mais 20 ans, c'est pas rien, quand même ! s'emporta Severus.
-Ta gueule, Snivy, Remus a fait du mieux qu'il a pu, on aurait pu tomber plus mal, genre pendant la Prohibition !
-C'était aux USA, Corny !
-Bon, que fait-on ?
-Le mieux, je pense, c'est de questionner quelqu'un sur la date d'aujourd'hui, comme ça, on sera fixés !
-Il ou elle va nous prendre pour des crétins !
-Et ce ne sera pas le premier ou la première !
-Ta gueule, Snivy !
-Regardez le jeune-homme, là-bas…
-Celui avec les cheveux turquoises ? Ça doit être un anticonformiste, j'aime bien !
-On va lui demander ?
-Ok, dit Remus.

Il s'approcha du garçon qui lui tournait le dos et lui tapota l'épaule.
-Euh, excuse-moi, ça va te paraître bizarre, mais en quelle année sommes-nous ?

Le mec se retourna, étonné de la question, mais ce ne fut rien comparé à la surprise qu'il afficha en reconnaissant son père.