Chapitre 8 : Je suis désolé (de t'avoir laissé tomber)
Stiles se réveilla avec quelqu'un le secouant. Lorsqu'il ouvrit ses yeux, il tressaillit à la force opposé, son cerveau ensommeillé confondit son père avec un intrus.
Voyant son tressaillement, John Stilinski retira ses mains et se recula d'un pas, attendant que Stiles revienne à la conscience.
L'adolescent ouvrit ses yeux, réalisant qu'il ne s'agissait pas d'un quelconque loup voulant lui arracher la tête, il se relaxa. ''Hey papa,'' dit-il, s'asseyant et frottant le sommeil de ses yeux.
John sourit. Il ne voulait vraiment pas le réveiller, mais il avait quelque chose à lui demander et lui dire d'aller profiter de son sommeil en montant se coucher dans son lit.
''Hey fils,'' il s'assit à côté de Stiles.
Stiles bailla. ''Comment était le boulot?''
John haussa les épaules. ''Tu sais, jamais un moment calme. Je te jure, cette ville à tellement d'évènement inexplicable. De toute façon, je voulais te demander quelque chose.''
Stiles hocha la tête, incitant son père à parler. Intérieurement, il était effrayé. Est-ce que son père savait?
''Stiles, je veux savoir ce qui ne va pas avec toi dernièrement. Tu n'avais pas eu de crises de paniques ni de cauchemars aussi fréquemment depuis la mort de ta mère. Tu traînes avec plus de personnes, ce qui en soit n'est pas une mauvaise chose, mais le fait que tu te faufiles constamment pour être avec ces personnes n'est pas bien. J'ai des yeux, donc oui, j'ai remarqué la grande quantité de poids que tu as perdu récemment. Tu tressailles quand quelqu'un te touche ou est proche de te toucher et tu me mens. Oui, je sais que tu m'as menti, je suis un policier pour l'amour de Dieu, je peux même dire quand tu as commencé à me mentir.''
Stiles, pour une fois, n'avait rien à dire. Il était sans voix.
Il pensa soigneusement à ses prochains mots, la langue de l'adolescent sortit de sa bouche pour humidifier ses lèvres soudainement devenu sèches.
''Papa… Je ne sais pas quoi dire. Je ne peux pas te dire ce qui se passe vraiment, je doute que tu me crois, de toute façon. Je peux juste te dire que moins tu en sais, mieux c'est.''
Monsieur Stilinski frotta sa main sur son visage. Avait-il toujours une bouteille de Captain Morgan (1) caché sous l'évier de la cuisine?
''Stiles, tu es un adolescent, alors je sais qu'essayer de te forcer à me répondre ne fonctionneras pas. Je veux juste que tu sache que je t'aime et que quand tu seras prêt à parler, je suis là pour toi. D'accord?''
Sans un mot, Stiles étreignit son père.
''Je suis désolé papa.'' D'être une telle déception. De te laisser tomber. De te mentir. Mais bien sûr, ça il ne l'avait pas dit.
John laissa aller et se leva.
''Bien, maintenant que c'est terminé, va mettre tes fesses dans ton lit. Demain c'est samedi, donc tu pourras dormir longtemps.''
Stiles rejoignit son père debout, laissant la couverture, qui avait été placé sur lui, retomber sur le canapé. Quand l'avait-il eu?
Son père lui tapota l'épaule et Stiles se dirigea vers les escaliers. Il était légèrement contrarié que Derek soit partie, mais également heureux. Qu'est-ce que son père aurait dit s'il avait trouvé un ancien suspect de meurtre dans sa maison avec son fils mineur? Arf, trop désastreux pour y penser.
Stiles entra dans sa chambre et ferma la porte et la fenêtre, la barrant juste au cas au n'importe quel loup-garou auraient décidés de l'arrêter (en passant par la fenêtre bien sûr, parce qu'il n'en attendait pas moins).
Il regarda l'horloge, il était simplement 18h.
L'adolescent était couché dans son lit, trop distrait pour dormir.
Les blessures sur sa cuisse, ses bras et ses mains lui faisaient mal. Il s'assit et releva les manches de son chandail. Après avoir retiré les gazes, il regarda les coupures qu'il s'était fait le matin même.
Certaines étaient profondes, mais celle où il avait appuyé trop profondément était monstrueuse. La coupure n'avait pas guérit. Il avait besoin d'être prudent. Il voulait se faire du mal, mais il ne voulait pas mourir.
Stiles s'enveloppa de nouveau et se dit qu'il devrait se lever et faire quelque chose de plus productif, s'il ne pouvait dormir (ce qui voulait dire internet).
Il vérifia ses e-mails et vit que Derek lui avait envoyé les informations concernant l'aconit tue-loup, c'était donc là qu'il était plusieurs heures plus tard.
Aconitum Vulparia. Il passa au crible les coins les plus sombres de l'Internet et la trouva. Après avoir envoyé par mail ses trouvailles à Derek, il alla sur son blog et patouilla autour.
Le truc à propos de l'insomnie était que rester debout pendant des heures, tard durant la nuit, signifiait avoir le temps de se promener à travers nos pensées et sentir des choses que l'on n'aurait pas ressenti durant les heures normales de la journée. Ce qui n'était pas toujours positif.
À 23h, Stiles commença à regarder des trucs qu'il n'aurait pas dû regarder sur tumblr (non, pas du porno. Il ne se sentait pas très bien pour regarder du porno, récemment). Il regardait des photos de cicatrices et de brûlures et cherchant seulement les filtres qui mentionnaient les trucs ayant foiré (2), ignorant le petit message du personnel de tumblr mis en place demandant : « tout va bien? »
À minuit, il se sentit tiraillé. Il déconnecta son ordinateur et considéra l'idée de texter Derek pour demander de l'aide. Il y a vraiment pensé, mais la mauvaise voix dans sa tête continuait de lui dire des choses et, bien, il n'était pas fier de l'admettre, mais il écouta la voix.
Il ferma les stores de sa fenêtre (à cause des loups-garous, sérieusement, il n'avait pas besoin d'être stressé encore plus).
Il prit son aiguisoir à crayon et dévissa la lame. Il sortit une serviette qu'il avait dans sa chambre pour la poser sur le sol et s'assit. Il dû se passer cinq bonnes minutes avant qu'il ne décide s'il devait passer par là. Il le devait.
Stiles remonta ses manches et laissa reposer la lame sur son avant-bras supérieure. Il l'enfonça.
Il éventra la peau et inspira. C'était incroyable.
Stiles trancha à nouveau et le sang tomba de son bras sur la serviette. Ça, c'est pour mentir à ton père. Il fit une autre coupure. Ça c'est pour ne rien valoir. Et une autre. Tu es un terrible humain.
À la sixième coupure, il était en train de pleurer. Il était toutes ses choses que sa tête lui disait qu'il était. Il était inutile; même maintenant, il rompait une promesse qu'il avait faire à Derek, à la meute. Il les laissait tous tombé.
L'adolescent essuya toutes les larmes de son visage et se leva, laissant le sang sur son bras tomber dans de petites gouttelettes cramoisies.
Il saisit la serviette et nettoya le sang. La trousse de premier soin avait été laissée dans sa chambre, alors il l'utilisa pour désinfecter les coupures et envelopper ses bras à nouveau. Stiles pulvérisa une quantité excessive de vaporisateur pour le corps sur lui et autour de la pièce (il vit une fois que sur un loup-garou, l'odeur trompait leur nez, alors ça valait la peine d'essayer).
Il éteignit la lumière sur son bureau et essaya de retourner au lit.
À 2h du matin, il était dans cette phase entre être endormi et être réveillé quand il pense avoir entendu sa fenêtre s'ouvrir et se fermer à nouveau, mais c'était peut-être son imagination. C'était ce qu'il pensait jusqu'à ce que son matelas craque sous le poids d'une autre personne et que deux bras s'enroulent autour de lui. Ce n'était définitivement pas un rêve.
Stiles était couché sur le côté et face au mur. Il sentit une joue mal rasé se frotter à son cou et il fredonnât de satisfaction. Des lèvres l'embrassaient derrière son oreille.
''Mmm, Stiles,'' fredonna Derek, il pouvait sentir la poitrine de l'alpha gronder contre son dos.
Stiles tourna son visage vers lui; dans l'obscurité, il embrassa l'alpha.
''Derek,'' dit-il contre ses lèvres.
L'adolescent appuya sa tête contre la poitrine de l'homme plus âgé et respira. Son merveilleux parfum remplis bientôt son nez et c'est comme ça qu'il s'endormit, dans les bras de son amour.
(1) Marque de rhum épicé.
(2) L'expression est : Really messed up tags, c'est un filtre qui permettrait de montrer juste les 'messed up', c'est la meilleur traduction que j'ai pu en faire.
