Hello la compagnie,

Chapitre 6, partie III en approche...

Il est un peu plus long que les autres, nous avons été bien inspirées (REYLO quand tu nous tiens !) et nous nous sommes bien amusées à l'écrire. Nous espérons que vous n'allez pas trop nous détester ! Nous n'en disons pas plus !

Encore un GRAND MERCI pour vos reviews qui nous font hyper plaisir et qui nous motivent à fond ! N'hésitez pas nous dire ce que vous en pensez !

Star Wars n'est toujours pas à nous, nous faisons qu'emprunter l'univers et les personnages...

Sans plus attendre, nous vous laissons lire.

Enjoy & have fun

J & B


Rey avait retrouvé R2-D2, qui s'acharnait toujours à vouloir remettre le courant dans la console principale de l'ancien temple Jedi. Ils avaient passé les deux dernières heures à essayer de trouver une solution, occupant ainsi l'esprit de la jeune Jedi, l'aidant à patienter avant de retrouver Ben. L'installation avait plusieurs siècles à son compteur et malgré les bonnes connaissances en électronique des deux acolytes, rien ne se passait. Le transfo restait muet. Rey sortit de sous la console et se redressa en s'époussetant.

- Je suis désolée, R2, fit-elle au petit droïde, en lui tapotant la tête. Tu as fait de ton mieux, mais cette antiquité est plus forte sur ce coup. Te connaissant, tu ne vas pas vouloir t'avouer vaincu… Crois-moi, il faut que tu te trouves une autre occupation.

R2-D2 émit un son de déception avant de faire un tour sur lui-même et de s'éloigner dans le couloir. Rey le suivit du regard avec un sourire affectueux sur les lèvres. Un bruit venant de la cuisine, attira son attention. Elle se dirigea vers celle-ci à pas feutrés et depuis le sas d'entrée, observa Ben qui s'afférait à l'intérieur. Elle ne l'avait pas revu depuis le début de l'après-midi, après leur altercation lors de l'entrainement aux sabres laser. Il lui tournait le dos, concentré sur sa tâche, ne lui prêtant pas la moindre attention. Il portait une tunique à manches courtes, laissant apparaitre de solides bras. Elle laissa trainer ses yeux sur ses muscles qui se mouvaient sous sa peau à chacun de ses mouvements. Elle s'attarda sur ses larges mains. C'était tellement rare quand il ne portait pas de gants, qu'elle en profita pour les observer. Elle imagina un court instant l'effet que celles-ci pourraient avoir sur elle. Rien qu'à cette pensée, elle se sentit rougir. Rey, reprends toi ! Tu parles de Ben, tu ne peux pas avoir ce genre d'idée à son sujet ! Elle ne se reconnaissait plus. Elle n'avait pas beaucoup d'expérience en la matière et ne savait pas quoi en penser. Une chose était sûre : personne ne l'avait troublée de la façon dont Ben le faisait. De toute les manières, ce n'était ni le moment, ni l'endroit pour y songer. Elle était une Jedi et ce genre de chose, lui était prohibé. Elle se cachait derrière cette excuse pour empêcher son esprit de vagabonder là où il ne devrait pas. Il finit par se retourner, un plat dans les mains. Il s'arrêta net lorsqu'il s'aperçut qu'il n'était pas seul. Son regard s'accrocha un instant à celui de Rey, puis se fit fuyant comme s'il était mal à l'aise, une légère teinte rosée apparut sur ses joues.

- Ça fait longtemps que tu es là ? demanda-t-il en s'éclaircissant la voix.

- Non, pas vraiment, répondit-elle. Est-ce que je peux t'aider ?

- Peux-tu t'occuper du feu ? fit-il. J'ai bientôt fini. J'arrive d'ici dix minutes.

Rey hocha la tête avant de s'éloigner en direction de l'extérieur. Les cendres de la veille étant froides depuis bien longtemps, elle se saisit de morceaux de bois qu'ils avaient ramenés et stockés quelques jours auparavant. Elle s'assit en tailleur et se concentra. Puis un petit crépitement se fit entendre et des petites flammes apparurent, laissant place à des plus grandes. Elle eut un sourire ravi. Elle entretint le feu en attendant Ben. Le menton posé sur son genou plié, ses bras encerclant sa jambe, elle contempla, hypnotisée, les flammes qui ondoyaient au gré de leurs fantaisies. Perdue dans ses pensées, elle n'entendit pas Ben arriver. Elle sursauta quand il s'assit à côté d'elle.

- Je ne voulais pas te faire peur, s'excusa-t-il.

- J'ai juste été surprise. Je ne t'ai pas entendu arriver.

- J'avais remarqué. A quoi pensais-tu ?

- A rien de particulier, répondit-elle en le regardant droit dans les yeux. Je trouve juste étrange que nous nous retrouvions ainsi après s'être combattu comme nous l'avons fait.

Elle ne pouvait pas lui dire qu'il était au centre de ses pensées. C'était comme lui avouer sa faiblesse. Elle plaqua un sourire sur ses lèvres.

- Qu'allons-nous manger ce soir ? questionna-t-elle en regardant le plat qu'il avait posé à côté de lui.

- Je nous ai préparé des pilons de Nuna. Je les ai assaisonnés. Il ne me reste plus qu'à les faire griller au feu. Et pour aller avec, j'ai apporté une gourde de vin.

- Tu veux me saouler ? s'enquit-elle.

- Non. Mais je crois qu'on le mérite après la journée que nous avons passée, fit-il et avec un petit sourire désabusé. Je crois aussi que j'en ai besoin.

Sur ce, il enfonça un des pilons sur une pique en bois, le plaça dans les braises du feu et fit la même chose avec les autres. Ils restèrent silencieux, chacun captivé par les flammes qui crépitaient sous leurs yeux, n'osant pas rompre cet état. C'était une sorte d'état de grâce avant la discussion qui allait avoir lieu. Une fois les pilons cuits, Kylo saisit une pique et la tendit à Rey. Leurs mains s'effleurèrent et une onde électrique les transperça. Elle retira vivement sa main, arguant qu'elle avait reçu une étincelle du feu. Elle la tendit à nouveau, en faisant attention de ne pas le toucher et saisit la brochette. Elle la porta à la bouche et croqua dans le pilon. Kylo retint son souffle et eut du mal à avaler sa bouchée. Une goutte de jus perla au coin de la bouche de Rey et descendit lentement en direction du menton. Son regard se voila. L'image de Rey nue lui revint en mémoire. Il préféra fermer les yeux pour ne pas qu'elle puisse deviner le trouble qui l'avait saisi. Quand il les rouvrit, il était maître de lui à nouveau.

Rey mangea avec délice son pilon. Elle n'avait jamais rien mangé d'aussi bon. La viande avait un goût sucré. Elle prit un nouveau morceau et le porta à sa bouche et se délecta. Puis, elle se lécha les doigts avant de saisir la gourde et d'en boire une gorgée. Le vin lui monta à la tête. Elle n'avait pas l'habitude. Kriff ! Que c'était bon !

- C'est délicieux, Ben, félicita-t-elle en rompant le silence. C'est la première fois que je goûte à ce genre de mets. Sur Jakku, c'était beaucoup plus rudimentaire et fade. D'autant plus qu'Unkar Plutt contrôlait d'une main de fer nos rations. Nous avions rarement de quoi nous nourrir convenablement.

- J'imagine que ça ne devait pas être facile tous les jours, remarqua Kylo.

- Ce n'était rien d'insurmontable. La preuve, j'ai survécu.

Puis, le silence tomba à nouveau. Elle lui jeta un coup d'œil en biais. La nuit était tombée et les flammes éclairaient le profil de Ben, lui donnant un air mystérieux. Il contemplait le feu, fasciné. Ne supportant pas son mutisme et l'alcool lui déliant la langue, Rey ne put s'empêcher de relancer la conversation.

- Comment s'était de grandir au sein d'une famille ? demanda-t-elle, en se retournant vers lui, guettant sa réaction.

Kylo qui avait saisi la gourde, crispa ses mains dessus. Avant de lui répondre, il but une longue rasade pour se donner des forces. Jusqu'à présent, il avait évité de la regarder mais maintenant, le moment était venu. Il devait affronter son regard et se livrer. A ce stade, ça ne servait plus à rien de lutter contre l'influence qu'avait Rey sur lui. Elle avait cette capacité de faire ressortir ce qui avait de bien en soi. Il se retourna, lentement, vers elle.

- Tu crois que j'ai eu une enfance heureuse entourée de mes parents ? riposta-t-il. Je vais te décevoir. La plupart du temps, mes parents n'étaient jamais là. Ma mère trop occupée par ses fonctions au Sénat, mon père, par ses affaires plus ou moins louches. Je n'ai jamais été leur priorité.

- Je suis sûre que tes parents t'ont toujours aimé, s'insurgea-t-elle. Même ton père a essayé de te ramener au sein de ta famille. Il t'aimait, Ben ! Jusqu'au bout, il s'est battu…

- Et pourtant, je l'ai tué, murmura-t-il en la coupant, plongeant son regard dans le sien. Ils m'aimaient à leur façon mais pas comme je l'aurai souhaité.

Rey vit une lueur de souffrance dans ses yeux et sentit son cœur se déchirer. Elle souffrait pour lui : le petit garçon qu'il avait été, attendant plus d'affection de la part de ses parents et l'homme qu'il est devenu avec le remords d'avoir tué son père.

- Ben… commença-t-elle.

- Non, Rey, la coupa-t-il. Je vais te dire ce que ça a été mon enfance, ma vie avant de devenir ce que je suis, enfin ce que j'étais. J'ai toujours eu peur de ne pas être à la hauteur de leurs espérances, qu'ils ne m'aimaient pas assez. Tout ce que je faisais, n'était jamais assez bien. Ma mère m'avait parlé de mon grand-père sans me dire qui il était vraiment. J'adorais entendre ce qu'elle me disait à son sujet. Je regrettais de ne pas l'avoir connu. Quand la Force s'est révélée en moi, mon oncle, avec l'accord de mes parents, m'a pris sous sa coupe et a voulu me former à son image. Il en a profité pour recréer un nouvel ordre Jedi. A l'académie, tu sais ce que j'ai appris par mes camarades ?

- Non.

- J'ai appris que mon grand-père était Dark Vador.

- Oh… J'imagine que ça a dû être un choc, souffla-t-elle, n'osant pas tendre le bras pour le rassurer.

- Quand j'ai appris que Dark Vador était mon grand-père, j'ai voulu lui ressembler, poursuivit-il, le regard perdu dans la contemplation du feu Il était sans peur. Je me suis documenté à son sujet. Plus, j'en apprenais, plus j'étais fasciné par ce qu'il a été. Je le vénérais, complètement. A la même époque, Snoke m'avait approché, communiquant par pensées, m'influençant en me montantprogressivement contre ma famille. J'étais partagé entre le côté obscur qui m'attirait de plus en plus, et rester dans le droit chemin. Ma mère au lieu de venir m'expliquer de vive voix pourquoi elle m'avait caché la vérité, m'a fait parvenir une simple lettre. Une lettre, Rey ! Tu sais l'effet que ça m'a fait ? C'était comme si j'étais un étranger. Je n'étais pas suffisamment important pour qu'elle se déplace en personne. J'ai ressenti cela comme un abandon, donnant plus de foi aux allégations de Snoke. Ces peurs ont alimenté la colère qui m'habitait, me rendant imprévisible.

- Ben…

- Non, je n'ai pas fini ! Je t'ai promis une explication, fit-il en se retournant vers elle. Je te la donne. Mon passé n'excuse, ni justifie ce que j'ai fait mais je veux juste que tu comprennes.

- D'accord, fit-elle en hochant la tête.

- L'évènement qui m'a fait définitivement basculer dans le côté obscur a été la trahison de Luke, poursuivit-il, son regard à nouveau plongé dans les flammes. Mon propre oncle ! Il a voulu me tuer car il a ressenti le grand trouble qui m'abritait. Au lieu de venir en discuter, il a préféré prendre sa décision. Tout aurait pu être différent car je n'avais pas encore fait mon choix. Son geste a précipité ma chute. J'ai été pris d'une telle rage que je l'ai affronté et détruit tout à ce quoi, il tenait… son académie, ses padawans. J'en ai épargné certains qui m'ont suivi de leur propre chef. Nous avons rejoint Snoke. C'est cette nuit-là, que je suis devenu Kylo Ren.

- …

- Avec le recul, je m'en rends compte que j'ai été manipulé par tout le monde. Maintenant, je veux vivre pour moi, Rey, conclut-t-il, en la regardant droit dans les yeux. Tu te rendras compte que la lumière ne peut pas exister sans l'obscurité et vice-versa. Tout est une question de nuances et de balance.

Rey était abasourdie par la confession de Ben. Elle n'oubliait pas ce qu'il avait été mais elle pouvait se tourner vers l'avenir car il avait fait un grand pas, se livrant à elle, prouvant qu'elle pouvait lui faire confiance. Une barrière était tombée entre-eux.

- Je veux que les choses soient bien claires entre-nous, l'informa-t-elle. Si tu me trahis, je n'aurai pas d'autre choix que de te tuer !

- Je n'en n'attends pas moins de toi approuva-t-il en esquissant un sourire.

Reprenant la gourde de vin, Rey avala une bonne gorgée.

- Si j'étais toi, j'arrêterai de boire, observa Ben. Tes joues sont toutes rouges.

- Mais non, qu'est-ce que tu racontes ? Ce n'est que le feu, rétorqua-t-elle en lui tendant la gourde. En veux-tu ?

Au lieu de la saisir, Ben attrapa son poignet et l'attira à lui. Rey, déséquilibrée, tomba presque sur ses genoux. Il se pencha vers elle, tout en l'observant.

- Ton haleine sent le vin et tes yeux brillent. Désolée, jeune fille… mais tu es éméchée. Ça suffit pour ce soir. Je ne voudrais pas te porter jusqu'à ton lit et que tu ne te souviennes pas de notre conversation.

- N'importe quoi ! dit-elle en prenant appui sur son torse pour se relever. Tu sais quoi, Ben ?

- Quoi donc ? fit-il, curieux.

- Je suis une Kenobi. Je n'ai pas besoin de toi pour me porter jusqu'à mon lit, confessa-t-elle en pointant son index tremblant en direction de son nez.

Quelle idée, il avait eu de lui proposer du vin ! Elle était complètement enivrée seulement après quelques gorgées. Il eut un sourire amusé.

- Qu'est-ce qui te fait rire ? s'indigna-t-elle.

- Toi…

- Moi ? dit-elle en écarquillant les yeux. Et pourquoi donc ?

- Tu débites des âneries, souligna-t-il. Je crois qu'il est temps que tu ailles te coucher.

- Quoi ? Tu ne crois pas que je suis une Kenobi ? Pourtant, c'est la vérité. C'est un fantôme qui me l'a même dit.

- Un fantôme ? s'étonna-t-il, sentant un fou rire le gagner. Pas à dire, elle était complètement craquante dans cet état. Difficile de résister à son innocence.

- Oui, Môssieur ! Il avait un halo bleu l'entourant. Et hum… Il avait une tenue de Jedi et il s'appelait Anakin Skywalker. Vous avez le même regard. Ah si ! Il avait aussi une cicatrice sur la tempe droite. Demande à R2, il l'était là.

Kylo s'immobilisa un instant, la gourde à quelques centimètres de sa bouche, surpris par l'information qu'elle venait de lui donner. Il ne s'attendait pas à ceci.

- Obi Wan Kenobi était mon grand-père, reprit Rey en redevenant un cours instant sérieuse. J'ai entendu des histoires à son sujet quand j'étais sur Jakku. Il était un héros. Un Jedi de légende. J'ai encore du mal à réaliser.

Kenobi... Cela expliquait beaucoup de choses et en particularité, cette habilité innée à utiliser la Force. Le destin leur réservait une drôle de surprise, en réunissant une nouvelle fois les derniers héritiers Skywalker et Kenobi. L'histoire se répétait. Kylo aurait tellement voulu que son grand-père lui apparaisse comme il l'avait fait avec Rey. Il se rendit compte que les fantômes de la Force agissaient de leur propre chef et leur apparaissaient quand bon leur semblait.

Il se tourna vers Rey et constata qu'elle s'était assoupie, tête bêche, recroquevillée sur elle-même en avant. Il se leva et se pencha pour la soulever. Elle était légère comme une plume et semblait si fragile dans ses bras. Elle ne broncha pas et nicha sa tête contre son épaule dans un soupir. Finalement, il allait la porter jusqu'à son lit, même si c'était une Kenobi. Il eut envie de rire mais se retint pour ne pas la réveiller. A cet instant, il se sentait bien, libéré d'un grand poids. Ce fut d'un pas léger qu'il prit le chemin du retour avec son charmant fardeau dans les bras.

Arrivés dans le temple, il monta la volée de marches et se dirigea vers la chambre de Rey. Il la déposa doucement au creux de son lit. Elle émit un soupir de contentement. Il lui ôta ses chaussures, ramassa la couverture et la couvrit. Avant de la quitter, il s'agenouilla auprès d'elle et ne put s'empêcher de passer un doigt sur son visage, redessinant ses contours. Une mèche s'étant échappée de sa coiffure, Ben la saisit et voulut la remettre tendrement à sa place. Il prit son temps et la replaça derrière son oreille. Pris d'une impulsion, il voulut lui donner un baiser sur le front. Il se pencha un peu plus sur elle. Elle bougea au même moment et le fit basculer. Il perdit l'équilibre et se trouva étendu à côté d'elle. Instinctivement, elle se blottit contre lui, nichant sa tête contre son torse. Il n'osa pas respirer, ni bouger. Kriff ! Que la nuit allait être longue ! Il encercla le corps de Rey entre ses bras et s'endormit presque aussitôt.

Aux premières lueurs de l'aube, il se réveilla, se détachant doucement de Rey qui marmonna en se retournant. Il se leva et après un dernier regard sur elle, quitta la chambre sur la pointe des pieds. C'était la première nuit qu'il passait sans faire de cauchemars. Il se sentait revigoré et prêt à affronter une nouvelle journée d'entrainement. Il espérait que dorénavant les relations avec elle seraient moins chaotiques. Il s'était entièrement livré la veille au soir, comme jamais. Il rentra dans ses quartiers et se recoucha.

Rey ouvrit péniblement les yeux, la lumière filtrant à travers le store l'aveuglant. Une douleur aux tempes lui arracha un gémissement lorsqu'elle voulut se lever. Elle se recoucha aussitôt. Maudit vin ! Maudit Ben qui l'avait laissé boire ainsi ! Se passant une main sur le front, tentant de calmer l'étau lancinant qui lui vrillait la tête, elle prit une profonde inspiration et fit quelques exercices de méditation. Au bout de quelques instants, la douleur s'estompa et elle put se lever. Elle se dirigea vers la cuisine où elle rejoignit Ben qui en l'attendant, prenait un mug de Caf. A son approche, il se retourna et la dévisagea.

- Comment va ta tête ? se moqua-t-il.

- Elle est toujours là, répondit-elle du tac au tac tout en lui lançant un regard noir.

Ben éclata d'un rire franc. C'était la première fois que Rey le vit aussi détendu. Elle sentit que l'atmosphère s'était allégée et que leur relation prenait une tournure différente. La simplicité de la situation l'a prise au dépourvu et elle le rejoignit dans son hilarité, son rire se mêlant au sien.

- Viens t'asseoir. Une tasse de Caf te fera le plus grand bien, dit-il dès qu'il ait pu reprendre son souffle.

Durant les jours suivants, ils s'entrainaient d'arrache-pied. Leur relation s'étant apaisée, une certaine complicité s'installa entre-eux, renforçant le lien qui les unissait déjà. Rey, étant moins sur la défensive, s'autorisait à apprécier la compagnie de Ben. Elle était plus à l'écoute de ses conseils qu'auparavant. Elle progressait. Lors de leurs entrainements avec les sabres laser, elle maniait le sien à double lame avec dextérité. Le soir, autour du feu, ils conversèrent allégrement sans que le silence leur tienne compagnie.

Cependant, l'attirance sous-jacente qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre, était omniprésente, créant des tensions par moments. Ils en avaient bien conscience l'un comme l'autre, n'osant pas franchir le pas, ce qui risquait de changer à jamais leur relation. Ils préféraient garder une certaine distance, se contentant de ce qu'ils vivaient au jour le jour.

Les semaines passèrent à une allure folle. Il ne leur restait que quelques jours d'ici la fin de leur trêve. Aucun des deux n'y fit allusion mais leur comportement disait le contraire, sentant une certaine appréhension les saisir. Plus la date approchait, plus la tension montait.

A trois jours de leur séparation, malgré le refus de Ben, Rey décida de l'aider en cuisine. Sous l'œil taquin de son compagnon, elle se saisit d'un couteau, s'apprêtant à découper les ingrédients nécessaires pour le ragoût.

- Tu es sûre de pouvoir t'en sortir sans te blesser cette fois-ci ? souligna Ben, arquant un sourcil interrogateur.

- Eh dis donc, fit-elle en lui donnant un petit coup de coude dans les côtes. Tu m'as vu manier mon sabre, non ? Alors n'aie aucune crainte. Au pire, tu sais où se trouve la mallette de secours. Tu te t'occuperas de moi, comme tu sais si bien le faire.

- Qu'est-ce que tu ferais sans moi ?

- Ça, je me le demande bien.

D'être côte à côte, augmenta la tension qui régnait déjà entre eux, les rendant maladroits par moment dans leurs gestes et postures. Ben ne pouvait pas s'empêcher de lui jeter des coups d'œil à la dérobée ce qu'elle fit autant de son côté. Ils travaillèrent en silence, chacun essayant de se concentrer sur sa tâche et évitant ainsi de penser à la présence si proche de l'autre.

Rey ne prêta pas attention à Ben qui s'était déplacé derrière elle. Lorsqu'elle se retourna pour aller récupérer un récipient, elle le percuta de plein fouet. Ben eut juste le temps de la rattraper en l'encerclant dans ses bras, l'empêchant de tomber. Le temps suspendit son envol. Son regard plongea dans celui de Rey, incertaine sur ce qui s'apprêtait à se produire. Leurs cœurs battaient à l'unisson, une douce chaleur envahissait leurs corps. Elle sentit le combat que Ben menait intérieurement. Son étreinte se resserra. Elle leva un sourcil interrogateur, lisant le désir dans ses yeux, faisant écho au sien. Elle vit qu'il pencha la tête et sa bouche approcha doucement de la sienne. Elle ferma les yeux et attendit. Elle sentit le souffle de Ben. Leurs lèvres se frôlèrent. Malgré elle, les siennes s'entrouvrirent quand soudain un bip sonore rompit le charme, les séparant. Ils se dévisagèrent, haletants quand R2-D2 fit son entrée tonitruante.

- Qu'est-ce qu'il y a, R2 ? fit Rey, tout en essayant de reprendre contenance.

- Biip bipp biiii, bipa le droïde, insouciant à ce qu'il venait d'interrompre.

Durant l'échange, elle n'osa pas regarder Ben. Elle se sentir rougir en pensant à ce qui venait de se produire. Lui, de son côté, n'en menait pas large. Il avait failli l'embrasser. Cédant enfin à cette envie qui l'habitait depuis des semaines. Quand elle se retourna vers lui, il avait repris un air impassible.

- R2 a un message de ta mère, dit-elle.

- Je vais te laisser…

- Non ! Reste Ben, s'il te plait, s'exclama-t-elle.

Il hocha la tête et prit appui contre le meuble derrière lui, les bras croisés sur sa poitrine. Rey sentit son cœur vaciller. Il était imposant dans cette posture et en même temps faible. Elle savait ce que ça lui coûtait de voir sa mère.

Le petit droïde délivra le message de Leia qui apparut sous forme d'hologramme. Cette dernière demandait à Rey de revenir dès que possible car ils avaient besoin d'elle.

Durant l'échange, Ben ne quitta pas sa mère des yeux. Malgré les années, elle n'avait pas changé. Une boule de culpabilité se forma au creux de son ventre, en pensant à la souffrance qu'il lui avait imposé en la privant de son père. Il ne fit pas attention que Rey lui parlait.

- Ben, tu m'écoutes ?

- Tu disais ? répondit-il.

- Viens avec moi. Allons-y ensemble, proposa-t-elle.

- Je te l'ai dit, Rey. Je ne reviendrai pas. C'est ton combat. Je t'aide mais de l'extérieur.

- C'est ta mère, bon sang ! s'énerva-t-elle. Va lui parler. Je vois bien que cette situation ne convient pas ni à toi, ni à elle.

- Ce ne sont pas tes affaires ! s'emporta-t-il. Je te demande de me laisser tranquille sur ce sujet.

- Ben…

- Non. Je ne veux pas me disputer avec toi. C'est comme cela pour le moment. Je ne changerai pas d'avis, conclut-il d'un ton ferme.

Elle capitula, en reculant d'un pas, levant les deux mains en l'air en signe de reddition.

- Très bien. Je vais aller me préparer.

- Et ton entrainement, Rey ? Nous n'avons pas fini, souligna-t-il.

- Pour moi, si, répondit-elle. Ils ont besoin de moi.

- Et moi ? lâcha-t-il.

- Toi ? Tu as été clair, tu ne veux pas rejoindre ni la Rébellion, ni le Premier Ordre. Je ne sais pas ce que tu attends de moi mais je ne peux pas rester ici sans rien faire.

- Tu sais très bien ce que j'attends de toi, répondit-il en se détachant du meuble.

- Non, Ben, murmura-t-elle en secouant la tête.

- Si…, chuchota-t-il tout en avançant vers elle, la faisant reculer. Ne me dis pas qu'il n'y a que moi qui ressent ce qui se passe attirance qui nous consume à petit feu.

Rey se trouva acculée contre le mur. Ben plaça ses deux mains de chaque côté de sa tête, rapprochant son visage d'elle. Elle sentit la chaleur de son corps près du sien, le souffle de sa bouche quand il se pencha. Et pourtant, ils ne se touchaient pas.

- Ben… Nous ne pouvons pas, souffla-t-elle, fuyant son regard.

- Nous le pouvons, Rey. Si le droïde ne nous avait pas interrompus, tu sais très bien ce qu'il se serait passé, fit-il, en lui relevant le menton de sa main.

Rey affronta son regard sans ciller, retenant sa respiration. Elle n'osa pas bouger. Les yeux de Ben étaient insondables.

- Je te propose un marché, Rey, émit-il, rompant le silence qui s'était installé. Tu me dois trois jours encore. Passe-les avec moi plus tard et je reconsidérai ta demande de rencontrer ma mère.

- Tu n'es pas sérieux ? s'étonna-t-elle.

- Si. Rien ne m'empêche de prendre ce que je veux maintenant, tu le sais très bien. Et pourtant, je te laisse le choix…

Sur ce, il s'éloigna, lui rendant sa liberté. Dans un dernier regard, elle quitta la pièce et se précipita dans sa chambre pour préparer ses affaires, R2-D2 étant déjà parti apprêter son appareil.

Quand elle redescendit, nulle trace de Ben dans les parages. Elle sortit dépitée du temple et prit le chemin de la plateforme d'atterrissage. Le long du trajet, elle le chercha des yeux. Arrivée auprès du Z-95, elle mit son baluchon dans le cockpit et s'apprêta à s'installer aux manettes quand elle entendit des pas résonnés se rapprocher. Elle se retourna et vit Ben arriver en courant. Sans qu'elle s'en rende compte, elle descendit au bas de son appareil et attendit.

- Tu croyais que j'allais te laisser partir comme cela, Rey ? fit-il, en reprenant son souffle, une mèche indisciplinée lui balayant le front.

- L'idée m'a traversé l'esprit, rétorqua-t-elle.

- Tu ne vas pas te débarrasser aussi facilement de moi, lui promit-il. Nous n'en avons pas fini tous les deux.

Ils restèrent un long moment à se dévisager, les yeux dans les yeux.

- Ben. Je dois partir, souligna-t-elle.

- Je sais.

- Que vas-tu faire ?

- Ne t'inquiète pas pour moi, la rassura-t-il. Je vais trouver une solution pour vaincre Snoke. Je ne vais pas rester les bras croisés. Je vais aussi partir de cette planète. De toutes les manières, nous restons connectés à travers notre lien. Je te contacterai pour te dire où j'en suis et où me rejoindre. Rey, ma proposition tient toujours.

- Ben…

- Si tu as besoin de moi, n'hésite pas à m'appeler, la coupa-t-il, puis sur le ton d'une promesse. Je serais là.

Rey acquiesça de la tête, puis recula. Avant de se détourner, elle lui fit un signe de la main, et s'apprêta à monter dans son Z-95. Ben ne voulant pas qu'elle parte de la sorte, s'avança pour l'attraper et l'attira contre lui. Ses bras l'encerclèrent aussitôt dans une étreinte, la gardant près de son cœur.

- Fais attention à toi, lui murmura-t-il, dans ses cheveux.

- Toi aussi, lui chuchota-t-elle en enlaçant sa taille dans un geste naturel.

Puis, Ben se détacha d'elle et la laissa partir. Dans un état second, elle monta dans son vaisseau, enclencha les manettes, fit démarrer les propulseurs et dans un vrombissement s'envola. Elle n'osa pas le regarder une seule fois, de peur de changer d'avis.


A suivre...

Pauvre Rey et Ben, nous sommes pas très sympa avec eux ! Un peu de frustration n' a jamais fait de mal à personne et les feront apprécier encore plus, leur prochaine rencontre... qui risque de s'annoncer très chaude !

Durant ces 3 dernières parties nous avons essayé de faire évoluer leur relation, tout en prenant notre temps entre l'affrontement, la confrontation, l'acceptation. Prochaine étape : le craquage !( hehehe).

Qu'en avez vous pensez ? N'hésiter pas à nous laisser un petit mot, nous n'avons encore jamais mordue personne !

Rendez vous la semaine prochaine pour la suite.

bon week end

J & B