Et le chapitre huit qui va bien ! Je pense que ce sera tout pour ma production du jour, et qu'il restera peut-être 2 ou 3 autres chapitres à écrire.
Bonne lecture !
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Un garçon insultant ?
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- Katniss, ton sac vibre, je pense que ton téléphone sonne !
- Oh, merci Jo.
Je passe derrière le bar pour attraper mon sac. Je n'ai pas le droit de le laisser ici habituellement, mais ce soir, Effie nous a laissé les clefs, prenant sa soirée. Et Johanna et moi avons fait comme si l'absence d'Haymitch Abernathy un habitué du jeu soir, était un pur hasard. J'imagine mal ma patronne ouverte à la philosophie, mais finalement, ils ne doivent pas vraiment débattre autour d'un essai sur le rapport de l'homme et la religion.
J'attrape mon cellulaire qui m'indique un sms. Je souris malgré moi en voyant s'afficher les quelques mots de Peeta "On se revoit quand ?". Johanna ne perd rien de mon expression et lit par-dessus mon épaule.
- Oooh, c'est qui ? se renseigne-t-elle.
- Jo ! je râle en fermant le clapet du téléphone.
- Katniss tu rougis, je le vois même sous la lumière noire !
- N'importe quoi...
- On se revoit alors ? Ça veut dire que tu l'as déjà vu ? Tu as eu un rencard avec je sais pas qui et tu m'as rien dit !
- Jo...
- C'est qui ? C'est qui, c'est qui, c'est qui ?
Je m'apprête à la rabrouer quand je suis interrompue.
- Everdeen ! Ho, Everdeen !
Impossible d'ignorer Cato tant il hurle pour couvrir le bruit de la musique. Je me retourne pour regarder dans sa direction.
- Viens par-là, faut que je te dise un truc !
Je lève les yeux au plafond mais vais le rejoindre.
- Mason, ramène-toi aussi, je suis sûre que ça va t'intéresser ! rajoute-t-il, hilare.
Johanna me suit non sans redemander :
- Alors c'est qui ?
- Tu le sauras bien assez tôt... je siffle entre mes dents.
Gloss est là ce soir, et si personne n'a su pour mon dîner avec Peeta ces deux dernières semaines, je le dois uniquement au fait qu'il ait été envoyé officiellement en vacance, officieusement en cure express de désintoxication sans aucun moyen de communiquer avec sa bande. Cure dont je doute de l'efficacité, soit dit en passant. Mais la période de grâce est terminée.
Je rejoins le groupe déjà bien alcoolisé, Johanna derrière moi.
- Oui Cato ?
Celui-ci me regarde avec un grand sourire incrédule en donnant une tape dans l'épaule de Gloss :
- Mon cher ami ici présent nous a fait une révélation... intéressante !
- Ah ? je demande en feignant l'indifférence.
- Mais oui Katniss, figure-toi qu'il t'as vu, toi, il y a plus de dix jours, au Cornucopia...
- Le Cornucopia, me souffle Johanna en me donnant un coup de coude dans les côtes.
- Chut... je la rabroue.
- Et pas seule, non... continue Cato. Mais avec Peeta Mellark, rien que ça !
Du coin de l'oeil, je vois la bouche de Johanna s'ouvrir de surprise, mais j'essaye de rester stoïque, surtout devant l'hilarité générale.
- Alors comme ça, tu couches avec un Mellark ? s'amuse Glimmer avec une grimace tout sauf élégante.
- Marvel n'était pas d'assez haute volée ? me lance Brutus en désignant son voisin du menton.
Marvel, précisément. Qui m'observe avec une moue supérieure. Rien que de repenser à ses mains malhabiles, ma bouche se tord.
- Qui ne dit mot consent, s'exclame Clove.
- Qui ne dit mot est juste consternée par vos suppositions, je rétorque. Je ne couche pas avec Mellark. C'était un repas en toute amitié.
- En toute amitié ? ironise Cato.
- Mais oui Cato, je réponds. Tu sais, nous étions au lycée ensemble, comme toi et moi, sauf que lui me témoigne encore assez d'estime pour partager un repas de temps en temps...
Sous-entendu "contrairement à toi qui prends un plaisir malsain à m'écraser de tout ton mépris". Et puis, personne n'est censé s'avoir qu'avant le mois dernier, je n'avais pas revu Peeta depuis la remise des diplômes.
Finnick vient appuyer mes dires :
- Je confirme, je les ai vu ce soir-là, et ce n'était absolument pas un rendez-vous galant !
- Quoi, vous l'avez vu et n'avez rien dit ? reproche Cashmere à Annie.
Celle-ci la regarde, hausse les épaules puis enfouit son visage dans l'épaule de Finnick. Annie est une personne curieuse, très silencieuse et dans son monde. Je lui souris, ainsi qu'on son fiancé, reconnaissante de leur bonne éducation.
- Non, j'y crois pas, annonce Glimmer, je suis sûr qu'il t'a ramené chez toi ! On n'invite pas une fille au Cornucopia par amitié !
- Toi peut-être... je suggère.
Elle grimace et Enobaria observe la confrontation avec un mince sourire amusé. Et très travaillé, faisant apparaître sa dent légèrement cassée, qui lui confère selon elle un sourire romantique, quoique que cette idée farfelue puisse vouloir dire. C'est quand je vois ce genre d'amitié empoisonnée que je ne regrette pas le peu d'amis que j'ai. Et que je ne sous-estime pas la gentillesse naturelle de Peeta, dont la fortune vaut trois fois celle de Glimmer.
- Et oui Glimmer, je sais pas mal de choses...
- Et alors ? me rétorque-t-elle avec fierté. Bien sûr que j'ai couché avec Peeta Mellark, tu devrais me remercier, j'ai fait son éducation, se vante-t-elle comme une idiote.
Ce n'est pas possible de me tendre des perches pareilles...
- Tu as l'air bien sûre de toi, je lui réponds avec un sourire mesquin.
- Qu'est-ce que tu sais Katniss ? me demande Cato presque en bavant à l'idée d'apprendre quelque chose de potentiellement dégradant.
- Oui, qu'est-ce que tu sais ? répète Glimmer, sur la défensive.
- Oh, laisse-moi réfléchir...
Je me penche pour récupérer les bouteilles vides qui trônent sur leur table en les laissant pendus à mes lèvres, silencieux, ce qui arrive malheureusement trop peu souvent.
- J'ai entendu dire, je poursuis lentement, que dans ce domaine, tu valais... oh non ce serait pas sympa...
Je fais mine de ne vouloir rien dire mais mon regard condescendant vers Marvel est assez parlant. Et tout le monde comprend l'allusion, sauf bien sûr la principale concernée qui semble essayer de faire démarrer ses misérables méninges.
Je la laisse méditer et retourne au bar, suivie par une Johanna hilare.
Pendant que j'essuie distraitement des verres, elle pose ses coudes sur le bar et son visage dans ses mains et me demande avec malice :
- Alors comme ça, Belcourt est un mauvais coup ?
- Ouais, je réponds avec un grand sourire amusé.
Je suis assez fière de mon coup et de bonne humeur. Je jette un œil à mon téléphone qui vibre à nouveau et Johanna me lance :
- Et Mellark, c'est un bon coup ?
- Jo ! je m'insurge. Je n'ai pas couché avec lui, je n'ai pas menti !
Je lis le texto en penchant mon téléphone pour qu'elle ne le voit pas. "Alors, quand est-ce que tu es libre ?".
- Quoi, il t'a emmené au Cornucopia et vous ne vous êtes pas envoyé en l'air ?
- Mais non enfin, je couche pas contre un bon repas !
- Moi je l'aurais fait ! me dit-elle, rêveuse.
- Tu vendrais ta mère pour un repas au Cornucopia ! je lui rétorque.
- Moui, tu me connais bien ! rit-elle.
Je réponds rapidement à Peeta. "Je sais pas, faut que je regarde, tu connais le refrain...". Sa réponse ne se fait pas attendre, et je le soupçonne d'être collé à son téléphone comme un idiot. Et comme moi. "Je sais, tu bosses beaucoup !". "Et oui..." je pianote.
- Vous vous êtes au moins tripotés ? me demande alors Johanna.
- Mais non Jo ! T'es impossible, c'est pas vrai...
- Quoi, même pas une main baladeuse ? Un ou deux boutons qui sautent... suggère-t-elle en roulant des yeux.
- Non ! je rétorque. C'était un dîner en toute amitié !
- Oh bien sûr... Et c'est à ton ami qu'appartient la jolie veste de marque dans laquelle je t'ai vu arriver ? demande-t-elle, faussement innocente.
La garce, elle a l'œil.
- Il me l'a prêté l'autre soir, je n'avais pas de veste avec moi, j'explique.
- Et tu n'en a pas chez toi ..?
- Je n'aurai pas souvent l'occasion de porter un tel vêtement de marque, je réponds en haussant les épaules.
Même dans mes oreilles le mensonge sonne faux.
- Oh, mais c'est que tu as l'air accroché, me cherche-t-elle.
Mon portable vibre à nouveau, me donnant l'excuse pour ne pas répondre tout de suite. Je fronce les sourcils en déchiffrant sa réponse. "Tu veux que je soudoie tes patrons ? Je leur paye ton salaire d'un jour contre un congé pour toi."
Je montre le sms à Johanna en râlant :
- Accrochée ? A un crétin pareil, non mais tu as vu ce qu'il me dit ?
- Hey, mais c'est super généreux ! Tu imagines, être payée pour passer une soirée au resto ?
- Mais je suis pas une escort ! je m'indigne.
Je réponds rapidement. "Tu vois que quand tu veux tu connais d'autres types de fille que Glimmer et moi. Sauf que celle que tu cherches en proposant ça, c'est plutôt le genre des filles d'Alma !".
Johanna lit au-dessus de mon épaule et me pousse du plat de la main :
- Ce que tu peux être fière quand tu t'y mets, je suis sûre que c'était pas méchant, il voulait te faire plaisir !
- Ouais, ben je fais son éducation comme dit Glimmer, il est peut-être gentil, mais insultant sans s'en rendre compte.
- Oh oui, dis-lui que tu veux lui donner des leçons, je suis sûre qu'il adorerait t'avoir comme... institutrice !
- Johanna, tu n'arrêtes jamais ?
- Non !
Un nouveau message apparaît. "Mauvaise suggestion hein ? J'ai perdu toutes mes chances pour un autre rdv ?".
Je ne peux pas répondre tout de suite car Cato et sa bande s'en vont, s'arrêtant devant moi pour payer. Alors que je les encaisse, Clove aperçoit mon téléphone et devine :
- Oh, tu papotes avec lui ? Il fait le joli cœur ? Berk...
Cato passe un bras autour de sa taille en riant. Est-ce que sa petite-amie sait quel genre d'ordure il est avec les autres femmes ?
Probablement, elle sort du même moule.
Glimmer me lance un regard assassin et m'invective :
- Rêve pas Katniss, un Mellark ne s'entiche pas d'une fille comme toi. C'est bon pour les films. L'homme riche et la jeune femme pauvre...
- T'imagines le titre ? plaisante Clove. Les Amants Maudits de Capitol ! Ecœurant...
Je plisse les yeux mais ne répond rien, préférant empocher le généreux pourboire que me donne Finnick.
Ils s'en vont en riant aux éclats et je jette un œil à mon planning de l'Arène. Puis je fouille dans mon sac pour trouver la feuille volante où je note les heures où Rooba a besoin de moi.
J'ai bien envie, finalement, de voir quelqu'un de gentil, surtout après ce soir.
Je réponds finalement à Peeta : "Okay. Après-demain soir, 18h devant l'Arène. Mais ce seront selon mes règles. Attention à ta tenue, il ne faudra pas avoir peur de se salir".
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Johanna, mon idole !
Merci de m'avoir lu, à très bientôt !
