Relecture : Brynamon.

Merci à ceux qui me suivent, vous êtes de plus en plus nombreux.

Pensée pour un ami partit trop tôt. La vie est injuste et me fait souffrir.

Période : Fin Mai 2006


Chapitre 8 : Menace


POV BELLA

« Décidément j'étais douée pour attirer les cas spéciaux », pensai-je, toujours furax contre Harry. De temps à autre, je lui lançai des regards furibonds. Il semblait perdu dans ses pensées. Malgré tout ce qui s'était passé, je n'avais pas peur de lui. Il continuait à m'inspirer confiance. Je devais être folle, c'était la seule explication. Si j'avais été saine d'esprit je l'aurais viré de la voiture après ce qu'il avait tenté de me faire. Mais après réflexion, je ne savais toujours pas ce qu'il avait tenté de me faire. Je secouai la tête pour me reconcentrer sur la route.

Nous roulions à toute allure vers la réserve, j'appréhendais d'arriver là-bas et de les trouver en train de se battre. Il était clair que je souhaitais que personne ne soit blessé. Alice n'avait pas donné d'explication sur sa vision, ce qui me laissait dans l'expectative et c'était pire. On arrivait, je me garai sur le bas côté et descendis mais avec l'obscurité je n'y voyais pas grand-chose, je me rapprochai donc de la lisière de la forêt mais il n'y avait personne. Je tendis l'oreille guettant le moindre signe de vie mais seul le silence me répondit.

-J'arrive trop tard ! Constatai-je, anéantie.

Harry était resté dans le 4X4, heureusement car j'avais une folle envie de l'étriper en ce moment ! Je retournai à la voiture, y grimpai rapidement et redémarrai illico.

-Où va-t-on ? demanda-t-il, curieux.

-Toi me parles pas ! Rétorquai-je d'un ton sec.

-…

- Ok…Désolée de t'avoir agressé. Je vais voir si tout le monde va bien, ajoutai-je après une pause. D'abord je vais passer voir Jacob, ensuite je vais ramener la voiture à sa propriétaire et vérifier qu'elle aussi va bien.

-Et pour moi ?

-Ah oui, toi…

Je soupirai.

-Ne te sens pas obligé de m'aider, répondit-il sur la défensive.

-Je reviens jamais sur ma parole, tu n'as qu'à venir à la maison. En parlant de maison…

Je regardais ma montre déjà vingt-deux heures, Charlie allait me tuer.

-Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, tenta-t-il.

-Je ne t'ai pas demandé ton avis ! Si t'as une meilleure idée dit-le moi et puis j'ai des questions à te poser. Tu me dois bien ça tu ne crois pas ? En attendant repose-toi, je vois bien que t'es naze.

-Oui, c'est vrai…

Du coup, il cessa de protester et se cala contre le siège en fermant les yeux.

-On va faire fissa, car mon père va m'étriper.

-Tu vis chez tes parents ?

Il avait toujours les yeux fermés.

-Non juste mon père.

-Tu m'as dis que tu fréquentais des mythes c'est chez eux qu'on va, je suppose, conclut-il avec justesse.

-Oui, c'est exact mais je t'en parlerais plus tard tu veux bien ? Je suis trop inquiète pour te faire un bon résumé de ma vie trépidante qui va s'intensifier grâce à toi apparemment!

- Je ne voulais pas te causer des ennuis, c'est pas mon style de m'imposer.

- Te bile pas pour ça.

- Au fait qui est Jacob ?

-C'est mon p'tit loup.

Harry ouvrit les yeux et me regarda avec un demi-sourire. Je pouffais bêtement. Ridicule ou pas, moi j'aimais bien ce p'tit surnom.

- C'est ton p'tit ami, constata-t-il à juste titre.

-Oui et on arrive devant chez lui.

Je descendis et frappai à la porte mais il avait l'air d'y avoir personne.


POV JACOB

Nous marchions vers la maison de Sam pour nous réunir et discuter du problème « loup-garou version film d'horreur » avant de parler aux anciens. Je sentais mes amis très tendus à part Sam. Comme d'habitude sa fonction d'Alpha l'obligeait à être plus posé. Cette créature, cet … homme était-il un danger pour nous ? N'avions-nous pas déjà tant à faire avec les vampires en temps normal ? Il était tard, je me demandai s'il était nécessaire de déranger les anciens. J'en fis la remarque à Sam qui acquiesça. Nous n'étions plus à quelques heures près. Malgré mon aversion envers les Cullen, je devais leur reconnaitre certaines qualités, ils sauraient faire attention et être discret. Enfin je l'espérai. Je devais appeler Bella pour la rassurer car je ne pourrais pas passer de suite. Je me raidis comme les autres car une odeur de vampire vint nous agresser le nez. Nous nous tournâmes vers l'odeur, les feux d'une voiture attirèrent notre attention. Je ne reconnaissais pas la voiture. Quoique…Elle s'arrêta à quelques mètres, Bella en sortit et elle courut vers moi. Soulagé, j'attendis qu'elle vienne se blottir dans mes bras. Chaque fois que je la voyais, mon cœur se mettait à battre plus fort. Grâce à elle, je me sentais complet, heureux, c'était une sensation incroyable. Elle se détacha de moi à mon grand regret et me demanda :

-Ça va ? Comment ça s'est passé ? Je suis passée chez toi mais personne ne m'a répondu, enchaîna-t-elle d'une traite.

-Pourquoi tu n'es pas restée chez toi ? Tu n'écoutes donc jamais ! Répondis-je, un peu irrité.

-Ben tu devrais me connaitre mieux que ça !

-C'est la voiture d'Alice ? Rétorquai-je, ignorant sa remarque.

- Oui pourquoi ?

-Ça explique l'odeur.

Je n'étais pas fâché, à quoi bon, je me doutais qu'elle n'en aurait fait qu'à sa tête. Je lançai un regard à Sam, il comprit et il partit avec les autres.

-Dépêche-toi ! On a des choses à voir, me prévint-il.

-Ok je ne serais pas long. Mon père est chez les Clearwater, ajoutai-je à l'intention de Bella tandis que les autres s'éloignaient.

Une fois seuls, je lui fis un topo de ce qui s'était passé, elle avait l'air atterrée.

-Je vais passer voir Alice pour lui ramener sa voiture. J'en profiterai pour jeter un œil si tu veux ?

-Non ma belle, tu ne feras rien de tout ça !

-Mais…

-Ne discute pas et tu ne m'auras pas cette fois. Je vais te ramener et je ramènerai la voiture à Alice. Je ne veux pas que tu t'approches de cette bête.

Ses yeux reflétaient de l'inquiétude. Elle piétinait sur place.

-Quoi ? Demandai-je, résigné.

-Et bien je ne suis pas seule…

Je restai là à la dévisager, attendant avec appréhension la suite. Comme elle hésitait, je finis par me diriger vers la voiture. Il y avait bien quelqu'un sur le coté passager. Une fille particulièrement laide mais bon personne n'était parfait. Je regardais Bella qui m'avait suivi, je trouvais son attitude étrange. Elle paraissait surprise de la trouver là. Je n'avais pas envie de creuser, j'étais déjà fatigué et la soirée était loin d'être finie.

-Tu nous présentes ?

- Jacob voici…Harry…

-Ariane, la coupa son amie, avec une horrible voix de crécelle.

-Oui, une copine du lycée. Nous avions prévue de faire une soirée pyjama, éclaircit Bella soudain plus alerte. Elle est arrivée quand je partais à votre recherche.

Je regardai Bella avec suspicion. Une soirée pyjama ? C'était pas du tout son style !

-Désolé d'avoir contrarié vos plans et enchantée Ariane, dis-je, cependant.

Je me glissai sur le siège conducteur les yeux soudain brillants. Odeur de vampire ou pas, c'était vraiment une belle voiture. Je n'allais pas louper une occaz pareille. Sa copine eu la délicatesse de passer à l'arrière tandis que Bella prenait place près de moi. Je démarrai heureux comme un enfant à qui on offre un nouveau jouet.

-Tu n'as rien oublié ? Demanda Bella.

-Quoi ?

-Sam…

-Ah oui ! Attends là cinq minutes, ordonnai-je, déjà hors du 4X4.

-Ben oui de toute façon cinq minutes de plus ou de moins ça changera rien vu que mon père va me tuer de toute façon ! Me cria-t-elle pendant que je m'éloignai en direction de la maison de Sam.


POV BELLA

Jacob nous déposa devant la maison. La voiture de Charlie n'était toujours pas là.

-T'as une chance de malade, me lança-t-il en souriant.

Je ne relevais pas trop heureuse d'échapper à l'engueulade. Je déposai un rapide baiser sur ses lèvres car je ne voulais pas incommoder Harry qui patientait bien sagement à l'arrière. Je descendis et Harry fit de même. Arrivés à la porte, Jacob me héla et descendit du 4X4. Il vint me rejoindre, son visage était sérieux.

-Y'a un souci ? Demandai-je anxieuse.

- Non.

Il sourit de ce petit sourire en coin si cher à mon cœur, se pencha et déposa un délicat baiser sur mes lèvres. Mon corps frissonna de plaisir. Il éloignait déjà sa bouche, ravi de son petit effet. J'attrapai son visage pour prolonger cet instant. Il ne se fit pas prier, son souffle brulant me donnait le tournis. Il me serra contre lui. Je lui encerclai la nuque de mes bras, me hissant sur la pointe des pieds pour mieux en profiter. C'est à ce moment qu'on entendit un petit raclement de gorge. Mes yeux s'ouvrirent en grand. Je l'avais complètement oublié. Je m'éloignai de Jacob à contrecœur, rouge comme une pivoine. Jake, lui, n'était nullement gêné au contraire, son visage rayonnait. Je n'osai pas regarder Harry dans les yeux.

-Désolée, articulai-je, un peu honteuse de m'être donnée ainsi en spectacle.

-Ne le sois pas, mais j'ai déjà donné.

Je ne compris pas cette remarque. J'allais lui demander plus d'infos quand Jake en profita pour repartir vers le 4X4.

-Jake attend, le suppliai-je.

J'étais déjà en manque de lui.

-A demain et fait de beaux rêves ! Dit-il en appuyant sur les derniers mots.

J'eus envie de bondir sur lui afin de lui arracher le peu de vêtement qu'il portait. En réalisant cela, je rougis de plus belle.

-Zen avec Alice ok ? Réussis-je à dire, toujours en émoi.

-T'inquiète ! Et Paul passera dans le coin au cas où.

Il se voulait rassurant mais le retour à la réalité était dur.

-Merci, répondis-je d'un ton lourd de sens.

- A ton service ma princesse. Salut Ariane !

Harry lui fit signe et il partit non sans m'avoir lancé un dernier regard rempli de tendresse. J'ouvris la porte d'entrée et j'allumai la lumière. Je retrouvais peu à peu mes esprits.

-Vous êtes très amoureux, constata Harry. Depuis quand vous connaissez-vous ?

-Depuis toujours. Mais on est ensemble que depuis peu. Et toi tu as quelqu'un dans ta vie ?

-Oui je suis marié.

Je fis la grimace, moi et le mariage, beurk.

-Comment elle s'appelle ?

-Ginevra.

-Pas courant comme prénom.

- Ne l'appelle surtout pas comme ça ! Tout le monde l'appelle Ginny. J'ai aussi un fils de dix mois :James.

Je frissonnai en entendant ce nom, je ne laissai rien transparaitre pour autant.

-Ça doit pas être simple d'être loin d'eux, fallait vraiment que t'aies une bonne raison.

-J'en ai une.

Je n'insistai pas voyant bien qu'il ne voulait pas s'étendre.

-Tu as faim je suppose ?

-Pas trop non.

-Je vais te préparer quand même un casse-dalle. Mais avant je vais appeler mon père.

Je pris le téléphone et passai mon appel, Harry me tourna le dos et s'agita un instant. Quand il se retourna il avait à nouveau son apparence normale.

-Mon père en a encore pour une heure ou deux, il m'a dit de ne pas l'attendre, annonçai-je d'un ton que je voulais détaché.

Mais la vérité était que j'avais peur, apparemment quelqu'un avait encore disparu dans la forêt, je me demandai si ce n'était pas l'œuvre de Victoria. Pourtant Jacob ne m'en avait pas reparlé. Elle était maligne et je ne voulais pas relâcher ma vigilance. Je ne sais pas si avoir Harry dans mon sillage était une bonne idée. Je le mettais lui aussi en danger. Mais pour cette nuit je ferai avec car je me voyais mal le mettre à la rue. Et puis Paul allait roder dans le coin.

Je me rendis compte qu'Harry m'observait avec insistance.

-Qu'est-ce que tu as ? Mauvaises nouvelles ? Me Questionna-t-il.

-Non non, rien de grave.

Je ne savais pas mentir alors j'ajoutai :

-Tu as raison y'a un problème mais on va d'abord parer au plus pressé.

Je me dirigeai vers le frigo, cherchant des ingrédients pour le fameux sandwich. J'avais un p'tit creux alors je m'en fis un aussi.

-Mets-toi à l'aise. Enlève ton manteau ou le truc qui te sert de manteau.

-C'est une cape, lança-t-il légèrement piqué au vif.

-Je ne voulais pas te vexer. Au fait, t'as pas de bagages ?

- J'ai un sac-à-dos.

-Tu voyages léger.

- Non pas vraiment.

En voyant mon air sceptique, il ajouta :

-Encore un truc à t'expliquer, éluda-t-il. Comment comptes-tu cacher ma présence à ton père ?

-Mon père rentre rarement dans ma chambre comme ça. Et puis maintenant que j'ai vu que t'étais doué pour changer d'apparence je pensais que tu referais de même comme ça si mon père rentre tu feras illusion et je trouverai une tchatche à lui dire demain matin.

-Ça ne dure que deux ou trois heures ensuite mon visage redevient comme avant.

Mince voilà qui compliquait mon affaire. Il dut voir ma mine déconfite car il déclara :

- J'ai une solution pour être invisible.

J'ouvris les yeux en grand comme une idiote.

-Hey ho, il y a quelqu'un ! S'exclama-t-il amusé, après plusieurs secondes.

-Excuse-moi. Prends tes affaire et viens, on va aller en haut dans ma chambre, on y sera mieux.

-Tu n'as pas une autre chambre, ce ne serait pas convenable de dormir dans la même pièce.

-Ben il y a le grenier si tu veux, papa y stocke plein de trucs. On n'a qu'à prendre le matelas du canapé.

-Ça me va. C'est juste pour me reposer quelques heures. Ensuite je reprendrai mes recherches.

-Demain je travaille, je vais partir tôt, je te réveillerai et on fera la route ensemble jusqu'à la ville.

-Ok ça me va toujours.

Nous préparions son couchage d'appoint au grenier quand je lui demandai de me consacrer un moment car j'avais des questions à lui poser. Je voyais bien qu'il était à l'ouest mais je ne dormirais pas bien tant qu'il n'aurait pas répondu à toutes mes interrogations. Il accepta et nous nous installâmes dans ma chambre à même le sol avec juste une lampe de chevet allumée. Nous entamâmes notre sandwich en silence. Le reflet de la lampe miroitait dans ses yeux, c'était comme regarder les feuilles jeunes des arbres sur lesquelles s'était déposée la rosée du matin qui brillait sous les rayons du soleil. Il se racla la gorge de nouveau. Je m'aperçus alors que je le dévisageai avec insistance.

-Si tu pouvais arrêter de me regarder comme ça.

-Comme quoi ?

J'étais gênée d'avoir été prise sur le fait.

-Je sais pas mais je supporte plus qu'on me dévisage.

-Tu parles, les filles doivent se pâmer devant toi tous les jours.

-C'est vrai qu'on me regarde mais pas pour cette raison.

Il souleva la mèche de cheveux sur son front et je vis une cicatrice en forme d'éclair.

-Comment tu t'es fait ça ?

Je m'approchai de lui, attirée par cette cicatrice. Je levai un doigt pour en suivre le tracé. Une fois mon doigt en contact avec sa peau, des images affluèrent violemment dans ma tête. Je fermai les yeux, emportée par le souffle de ces images déferlantes. Je vis une mère tentant de protéger désespérément son enfant. Des cris, des pleurs, un éclair de lumière verte. J'ouvris les yeux, apeurée, les yeux brillants de larmes. Harry avait rompu le lien, il tenait mon doigt qui était maintenant loin de sa cicatrice.

-Comment as-tu réussi à faire ça ?

-J'en sais rien, rien du tout !

Je voyais bien que lui aussi était sous le choc.

-Tu les as vues toi aussi ? M'étonnai-je.

-Ce sont mes souvenirs que tu as vus, c'est le jour où Voldemort a tué mes parents.

Mes yeux s'agrandirent d'étonnement puis d'horreur.

-Le bébé c'était toi ?

-Oui…

-Et ce Voldemort a tenté de te tuer toi, un bébé sans défense ?

Il semblait souffrir le martyr à l'évocation de ce souvenir mais j'avais besoin de comprendre. J'étais sensée être une fille banale entourée de personnes extraordinaires et là je venais de toucher moi aussi au surnaturel.

-Il m'a lancé un sortilège de mort.

-Un sortilège, tu parles de magie ?

-Oui je suis un sorcier, et vu ce que tu m'as montré aujourd'hui, j'aurais presque pu croire que toi aussi.

Je restai interdite, fallait que j'encaisse. Encore une fois.

Il était pâle. Il me demanda un service, il souhaitait passer un appel en Angleterre et il avait besoin d'aide. Il me tendit son portable en me précisant qu'on le lui avait offert mais qu'il n'était pas doué avec ce type d'appareil. Encore sous le choc, j'obtempérai néanmoins et lui composai le numéro d'une certaine Hermione enregistré dans la mémoire. Après la première sonnerie, je lui tendis le téléphone. Il s'éloigna vers la fenêtre. Je m'allongeai sur mon lit en attendant mais ce fut une erreur car sa voix me berça et je m'endormis avec l'image d'une lumière verte frappant un bébé.


POV HARRY

Harry se saisit du portable que lui tendait Bella. Il se mit vers la fenêtre afin de s'isoler un peu et attendit tout en écoutant résonner la sonnerie.

-Allo, dit une voix ensommeillée.

-Hermione, c'est Harry, répondit-il, heureux de l'entendre.

-Harry ! S'écria-t-elle d'une voix plus alerte. Où es-tu ? Ça va ? J'étais inquiète, Ginny…

-Quoi Ginny ? La coupa-t-il, alarmé.

-Attends je vais te la passer ! Non Ronald, le bébé n'est pas en route, rendors-toi.

Il sourit imaginant la scène de Ron se réveillant en sursaut prêt à bondir. Après quelques minutes d'attente, il entendit enfin la voix espérée. Celle qui lui manquait tant.

-Harry, dit-elle simplement.

Il fut parcouru d'un frisson intense et profond.

-Pardon de te réveiller mon ange.

-Tu ne me réveilles pas, James est levé depuis une heure. Comment tu vas ?

-Bien mieux depuis que j'entends ta voix.

-Harry…

-Oui je sais. Tu t'en veux de t'être emportée mais tu avais raison j'aurais dû t'en parler. Tu sais bien que ce n'est pas mon genre de faire des cachoteries mais étant donné ton état…

-Je ne suis pas malade Harry, lui fit-elle remarquer.

-Je sais, ce n'est pas une excuse mais j'ai pensé sur le moment que c'était la meilleure chose à faire.

Elle resta silencieuse une minute. Il observa la nuit éclairé par la pleine lune, il eut un frisson car il pensait à Remus. Où était-il ? Avait-il fait du mal à quelqu'un ? Etait-il vraiment l'assassin de cette femme retrouvée au Canada ? Il se tourna et vit que Bella s'était endormi.

-Et pour répondre à ta question de tout à l'heure, oui je sais que tu m'aimes et c'est réciproque, finit-elle par dire.

Il sourit soudain apaisé, tout lui semblait secondaire à présent.

-Comment va notre fils ?

Elle lui raconta ses dernières entourloupes, il rit de bon cœur.

-Est-ce que tu peux aller chercher Hermione, j'ai des choses à vous dire à toutes les deux, annonça-t-il, redevenant sérieux.

Ginny partit à sa rencontre, une fois ensemble, Hermione mit le haut parleur. Harry leur narra les faits concernant Remus et sa possible implication dans un magicide. Il leur raconta son arrivée à Forks aux Etats-Unis, sa rencontre avec Bella, ses aptitudes stupéfiantes et leur demanda comment il devait réagir face à ça. Hermione se préoccupait des répercussions mais elle pensait qu'il avait bien fait de lui révéler ce qu'il était. Elle se proposa néanmoins de faire des recherches sur cette Bella Swan afin d'en savoir plus et de régler avec le ministère de Washington DC les détails de son arrivée intempestive. Il précisa qu'il dormait cette nuit chez elle mais ajouta rapidement qu'elle vivait avec son père pour éviter tout quiproquo. Ginny ne releva pas et ce fut avec un pincement au cœur qu'il coupa la communication.

En jetant un dernier regard dehors il aperçu alors une femme aux cheveux rouges perchée dans un arbre à quelque mètres. Quand elle vit qu'il l'observait, elle sourit et il ressentit comme un malaise. Il allait ouvrir la fenêtre mais elle s'était évanouie dans la nature. Un peu plus bas, il aperçut un gros chien, non plutôt un immense loup gris qui partit à sa poursuite. Il fut tenté de réveiller Bella pour lui demander si elle savait ce qui se tramait devant chez elle mais il y renonça car elle semblait sereine dans son sommeil et qu'elle travaillait tôt demain. S'il voulait être debout lui aussi il ferait mieux d'aller dormir.

Il sortit non sans avoir jeté un dernier regard par la fenêtre. Tout était calme, il se demanda s'il n'avait pas rêvé. Une fois dans le grenier, il prit sa baguette, descendit et se lança un sort de désillusion pour être invisible. Il alla dehors pour lancer un sort anti-intrusion afin de protéger la maison d'une attaque éventuelle. Juste au cas où ! Il rentra, remonta, ôta ses lentilles et une fois allongé, s'endormit comme une masse.


POV BELLA

Quand j'ouvris les yeux il n'était que cinq heures du matin, je me replongeai alors dans un sommeil agité.

Elle était là encore et toujours. Elle me poursuivait sans relâche avec sa crinière rouge virevoltant autour d'elle. Je courais dans une forêt familière et arrivait dans la fameuse clairière, c'est alors que je vis Edward allongé dans l'herbe fleurie. Il regardait quelqu'un mais je ne voyais pas qui. Je l'appelai, il se tourna vers moi, ses yeux brillaient. Il se leva pour venir me rejoindre quand une main l'attrapa. Elle le lâcha aussitôt et se tendit vers lui en signe d'invitation. Son regard se détourna de la main et se riva au mien. Il s'attarda, hésitant puis il finit par se diriger vers la main tendue.

-Adieu Bella.

-Edward que se passe-t-il ? Tu as besoin d'aide ? Ne pars pas, explique-moi !

Mais il avait disparu. Avec tout ça j'en avais oublié Victoria qui eut un cri victorieux quand elle me contourna pour me faire face. Elle allait me sauter à la gorge quand un bouclier invisible l'en empêcha.

Je me réveillai en sursaut, décidément mes rêves étaient vraiment étranges. Je m'étais rendue compte qu'il y avait une part de réalité en eux et des questions affluèrent à mon cerveau. En regardant l'heure, je vis qu'il était 6h37. Je sortis de mon lit et regardai par la fenêtre. La voiture de Charlie était là. « Harry ! » pensai-je, anxieuse. Je sortis discrètement de ma chambre et allai voir dans celle de Charlie. Il dormait à poing fermé. C'était bon signe. S'il avait vu Harry cela aurait été Hiroshima. En allant au grenier, je regrettai de m'être endormie de la sorte. J'avais tant de question à lui poser. Je montai rapidement les dernières marches menant au grenier et constatai que le matelas était vide.

«Mince! Il est déjà parti» pensai-je, dégoûtée.

C'est alors que je buttai sur quelque chose et faillis m'étaler.

-Nom de…

Je me penchai pour découvrir pourquoi j'avais failli tomber. Je tâtonnai le matelas et constatai qu'il y avait quelque chose ou plutôt quelqu'un dessus.

-Harry, tentai-je, à peine surprise.

-Hummm, on peut pas dormir tranquille, grogna-t-il.

-Whaou comment tu fais ça ? C'est trop cool !

-Laisse-moi dormir !

-Ok, j'te laisse encore une demi-heure le temps que je me douche et que je m'habille. Ensuite je reviens te chercher. Pour toute réponse, j'eus qu'une suite de mots incompréhensibles. Je restai là un moment à fixer le matelas soi-disant vide. J'avais hâte de tout connaitre de lui. C'était quelqu'un de spécial comme beaucoup de personnes dans mon entourage et cela me donna la conviction qu'il allait jouer un rôle important dans ma vie les prochains jours. Rien n'était dû au hasard.


POV REMUS

Les premières lueurs du jour perçaient et je me sentais revenir à moi. Je ne comprenais pas bien ce qui m'était arrivé mais je souffrais horriblement de ma jambe droite. Je me relevai doucement et m'assis. Je me rappelai ma conversation avec Jasper puis plus rien, le trou noir. J'avais beaucoup de trous de mémoire. Mes souvenirs étaient comme du gruyère. Parfois, j'avais des flashs mais je ne les comprenais pas. Le pire était que je ne me rappelai toujours pas qui j'étais. Je soulevai la couverture, je portai un pyjama que je relevai pour toucher ma cuisse blessée. Il y avait un bandage, du sang transparaissait. Je regardai alors autour de moi, j'étais dans pièce, apparemment une chambre. Elle était accueillante cette pièce, les couleurs des murs et des meubles étaient chaudes. L'heure s'affichait sur un réveil digital : 6h 37. Il était vraiment tôt. J'avais faim. J'essayai de me lever quand une voix me fit sursauter. Cette voix je la reconnaissais, elle m'avait accompagné pendant des jours. Dans le chambranle de la porte se tenait cette femme, cette femme magnifique avec des yeux ambrés qui me touchait au plus profond de moi, ils exprimaient beaucoup de douceur et de compassion. Je détournai le regard, gêné par tant de sollicitude. C'est comme si je ne méritais pas tant de gentillesse.

-Bonjour, Monsieur X, alors on nous fait des frayeurs ?

Je ne comprenais pas, elle dut le voir sur mon visage car elle s'approcha de moi et s'assit à mes côtés. Elle posa délicatement sa main sur ma joue. Elle était froide mais c'était comme une brûlure. Elle me rappelait quelqu'un mais je ne savais pas qui. Des émotions voulaient sortir de moi mais se refusaient à le faire comme si en le permettant j'autorisais ma destruction. C'était une sensation pénible que je voulus faire partir. Je m'éloignai de sa main et la regarda un instant. Elle ne parut pas offusquée par mon geste et me sourit.

-Toujours si peu enclin au contact.

Je me rappelai alors notre première rencontre ….

Flashback

Je clignai des paupières n'arrivant pas à savoir où j'étais. Il faisait sombre, des bruits diffus me parvenaient aux oreilles. J'étais allongé. Une terrible angoisse m'enserra la gorge et un gémissement sortit de ma bouche car en voulant me redresser je sentis tout mon corps hurler de souffrance.

-Ne bougez pas, vous êtes encore faible, dit une voix carillonnante et douce à la fois.

Nous étions dans une voiture. Je tournai juste un peu la tête pour apercevoir le visage d'une femme d'une beauté effrayante tourné lui aussi vers moi. Elle était assise sur le siège passager, en regardant autour de moi je vis le reste de l'habitacle. Mon regard se posa à nouveau sur elle. Elle me souriait.

-Qui êtes-vous ? Questionnai-je d'une voix tremblante. Qu'est-ce que je fais là ?

- Je m'appelle Alice et voici Jasper. Nous vous avons trouvé évanoui dans la forêt à la frontière canadienne. Nous étions en vacances dans le coin. Nous avons préféré vous emmener avec nous afin de vous aider. Nous ne pouvions pas vous laisser comme ça.

Je fronçai les sourcils. De quoi parlait-elle ? Après un effort de réflexion, je me rappelai que mon dernier souvenir était quand je me trouvais dans un dispensaire à la sortie de cette petite ville dont je ne me rappelai plus le nom d'ailleurs. J'avais affreusement mal à la tête, je tremblais. Depuis quand je n'avais pas mangé ? J'étais si faible. Et si seul. Pourquoi ma mémoire me jouait-elle ce tour-là ? Qu'avais-je dont fait de si terrible pour que je ne veuille pas m'en rappeler. J'avais souvent des flashs mais ils n'avaient ni queue ni tête. De plus, je me trouvais avec des inconnus pourtant mon angoisse s'était évaporé comme par magie. A présent je me sentais apaisé. C'était une sensation que je n'avais pas ressenti depuis… depuis quand ? Un mouvement côté conducteur me fit tourner les yeux. C'était un homme qui conduisait. Il était grand, blond, mais je n'arrivai pas vraiment à voir ses traits. Je ne vis que ses yeux ambrés dans le rétroviseur. Il paraissait concentré sur la route.

-Comment vous appelez-vous ? Me demanda la voix douce.

-Je n'en sais rien.

-D'où venez-vous ? insista-telle.

-Je ne sais pas.

-Pourquoi étiez-vous évanoui dans cette forêt ? Poursuivit-elle.

- Je ne sais pas, criai-je presque, désespéré de ne pas pouvoir répondre.

J'aurais voulu me lever et partir. J'avais l'habitude de me débrouiller seul mais la vérité était que je ne voulais plus être seul. Je restai silencieux un long moment puis je fus contraint de leur parler à nouveau.

-Pardon de vous demander cela mais j'aurai besoin que vous vous arrêtiez, j'ai besoin … vous savez…

-Il y a une station service à dix kilomètres, on va s'y arrêter et Jasper vous accompagnera, dit la voix mélodieuse.

Fin du flashback

Revenant à l'instant présent je vis qu'elle souriait largement tout en se tournant vers la porte laissée entrouverte.

-Edward tu es enfin arrivé, je t'attendais pas si tôt !


Ben oui fallait s'y attendre !

Edward le retour…