Le lendemain, Drago fut réveillé par son père. Celui-ci avait un air sombre et parla d'une voix mal assurée :

- Fils, il est arrivé une tragédie. Tu vas devoir être très courageux.

Pendant un instant, le jeune homme prit peur, se demandant ce qu'il avait pu arriver à Hermione. Avait-elle réitéré sa folie ? Puis, il se souvint de l'attitude de son père lorsqu'il avait vu Hermione agonisante, et comprit qu'il devait s'agir d'autre chose. Soudain, il sut quel était le drame : SA MÈRE ! C'est elle qui avait mis fin à ses jours ! Pas Hermione ! La culpabilité et la honte l'envahirent. Comment avait-il pu oublier ? Le jeune homme n'entendit pas les paroles de son père, trop assommé par le choc.

Le jour même, Drago reprit ses livres de magie afin de recommencer, retourner dans le passé et tout changer, encore. Il ne savait pas exactement à quel moment il devait retourner, mais de toute façon, rien n'avait marché alors autant reprendre depuis le début. D'abord Hermione, ensuite sa mère. Il mit bien moins de temps que la première fois, et dès qu'il fut prêt, il « partit ».

Une fois de plus, il se réveilla aux côtés de Pansy. Il se leva discrètement et se rendit dans la chambre d'Hermione. Il s'agenouilla à côté d'elle et lui caressa la joue pour savoir si elle était vivante. Sa peau était chaude et elle frémit à ce contact. Elle allait bien. Drago prit alors sa main et l'embrassa tendrement. Il ne la réveilla pas, restant juste avec elle pour la regarder dormir. Il ne savait toujours pas comment s'y prendre pour qu'elle lui fasse confiance mais, par dépit, se résolut à adopter la même technique que la première fois : être odieux, puis progressivement tendre.

Il attendit qu'elle se réveille et lorsqu'elle ouvrit les yeux, il lui dit avec plus de douceur que prévu :

- Tiens donc ! La belle au bois dormant nous fait l'honneur de sa présence. Il était temps !

- Mais qu'est-ce que tu fais là ? Demanda t-elle en s'éloignant vivement de lui.

- J'ai envie d'un petit déjeuner et je te cherchais.

- C'est bon, j'arrive tout de suite !

- Ne t'en fais pas, prends ton temps. Je ne suis pas si pressé que ça.

Hermione ouvrit de grands yeux, surprise comme chaque fois. Et ce ne fut que le début de longues semaines pendant lesquelles elle observa Drago changer. Il était moins agressif et il lui arrivait même de lui sourire, ce qui la déstabilisait totalement. Une seule fois, elle lui rendit son sourire et fut terrifiée de voir le regard de son bourreau s'illuminer. Encore une fois, elle s'attendait au pire.

Quand Drago vit le sourire sur le visage d'Hermione, il sut qu'il avait assez attendu et qu'il était temps de passer à la vitesse supérieure. Ce soir-là, il se glissa dans la chambre de sa belle et recréa, au mot près, la scène qu'il avait vécu la première fois. Il dut prendre sur lui pour ne pas tenter de l'embrasser et eut du mal à partir au petit matin, mais il savait ce qu'avait déjà provoqué son impatience. Il partit alors après lui avoir laissé ses consignes sur le parchemin.

Les jours passèrent et Drago se rapprocha progressivement d'Hermione. Leurs nuits se faisaient plus câlines, le jeune homme n'ayant pu résister bien longtemps à lui prendre la main. Et enfin, une nuit, Hermione prit elle-même l'initiative de l'embrasser. Drago fut si ému qu'il failli lui avouer tout l'amour qu'il avait pour elle mais se tut de peur de tout gâcher. Il trouva néanmoins de bien nombreuses autres façons de lui manifester son affection.

D'autre part, Drago pensait sans cesse à sa mère. Il ne savait pas comment l'empêcher de commettre l'irréparable et décida alors de lui parler le plus sincèrement qu'il put. Il espérait pouvoir lui rendre goût à la vie ou, tout au moins, la convaincre de ne pas abandonner. Il se rendit donc, un matin, à Sainte Mangouste pour s'entretenir avec elle. Dès qu'il entra dans la chambre, il ne chercha pas à tourner autour du pot et lui annonça de but en blanc :

- Mère, je sais que vous ne vous sentez vraiment pas bien ces temps-ci mais je vous en conjure : ne faites pas ça !

- Je ne sais pas de quoi tu parles, mon chéri … dit Narcissa visiblement surprise.

- Si, vous le savez aussi bien que moi. Vous comptez mettre fin à vos jours et suis venu vous supplier de ne pas le faire.

- Je ne comprends pas d'où tu tiens une idée aussi folle, dit-elle en tentant sans succès de cacher sa stupeur.

- Je le sais parce que vous l'avez déjà fait …

- Mais qu'est-ce que tu racontes ?

- Mère, je dois vous avouer que j'ai moi aussi fait quelque chose de répréhensible.

Se sentant acculé, Drago dut raconter toute son histoire avec Hermione à sa mère. Il s'était attendu à cette éventualité et avait donc apporté avec lui le livre de magie dans lequel il avait trouvé le sort. Lorsqu'il le lui montra, il crut voir dans le regard de sa mère une lueur depuis bien longtemps éteinte. Quand il eut terminé son récit, le silence se fit pesant. Au bout de quelques minutes, Narcissa prit la parole.

- Mon chéri, ce que tu as fait était très courageux. Complètement insensé, mais je vois à la façon dont tu parles d'elle, que pour toi, elle en valait la peine. Tu sais déjà ce que va en penser ton père. J'ai peur que tu ne puisses jamais faire ta vie avec elle. Pas aux yeux du monde, en tout cas.

- Je le sais bien mais je ne préfère pas y penser pour le moment. C'est trop tôt.

- Es-tu réellement amoureux d'elle ?

- Je le crois, Mère.

- Tu n'imagines pas à quel point ça me fait du bien de te voir heureux. Je ne peux rien te promettre, mais je vais essayer de t'aider. J'aimerais revenir au manoir pour être à tes côtés et peut être … la rencontrer. Je veux dire, autrement que comme la Sang... enfin tu as compris.

Drago était ravi de voir sa mère aussi optimiste et agréablement surpris de sa réaction. Il s'était attendu à ce qu'elle condamne cette relation. Il partit rasséréné après qu'elle lui ait assuré qu'elle abandonnait son funeste projet. Il l'avait attentivement observée et était certain qu'elle était sincère.