« C'est Teyla ou Carson qui vous envoie ?

Les deux, et McKay.

Génial ! Comme ça si je vous parle, toute la base sera qu courant !

Toute la base est déjà au courant.

De quoi exactement.

Que quelque chose ne va pas entre vous deux. Quelque chose de personnel.

Comment ça de personnel.

Oh, ça va, ça se voit ! »

John considéra un moment son ami avant de soupirer. Il s'assit sur un banc. Ronon, pas très à l'aise, vint prendre place à ses côtés.

« Vous voulez m'en parler ? »

« Mais quelle andouille !! s'exclama Rodney. »

Carson, Teyla, Ronon et Rodney s'étaient retrouvé dans les quartiers du satédien en fin d'après-midi. Pour faire le point.

« Rodney, ce n'est pas très gentil.

Et vous, vous trouvez que c'est gentil ce qu'il a fait à Elizabeth ?! »

Cette remarque, plus que juste, ne trouva aucun argument contraire. Pour calmer les esprits, et en particulier celui de Rodney, Teyla se leva et posa une main sur son épaule. Le terrien et la pégasienne échangèrent un regard et Rodney se détendit un peu.

« Bon, qu'est-ce que vous leur avait dit ? demanda le canadien une fois plus ou moins calmé.

Pour ma part j'ai conseillé au Docteur Weir de parler de cette situation avec le colonel. Après tout ils sont amis et ils devraient pouvoir discuter de tout ça en adultes. Je suis certaine qu'ils se réconcilieront très vite.

Bien, c'est très bien ça ! Bravo Teyla ! Et vous Ronon ?

Moi je lui ai dit de pas laisser tomber.

Vous quoi ?! »

Tous les regards se tournèrent vers le satédien. Carson et Teyla étaient surpris et Rodney… et bien lui était consterné.

« Mais vous êtes malade ! Qu'est-ce qui vous a pris ?!

Il est amoureux d'elle.

Mais Sheppard est amoureux de tout ce qui se rapproche de près ou de loin à un être humain de sexe féminin !!

Oui, mais là c'est sérieux. »

Le ton sans appel de Ronon fit taire toute protestation, Rodney se contentant de le regarder la bouche ouverte. Il ne savait pas ce qui le sidéré le plus. Le fait que John soit amoureux de leur chef ou qu'il pense que ça soit sérieux. La situation était encore plus compliquée qu'il ne le pensait.

« Mais c'est une catastrophe !

Mais c'est fabuleux ! »

Rodney et Carson se regardèrent.

« Rodney…

Quoi Rodney ? Enfin vous vous rendez compte des implications ?

Oui. S'ils s'aiment…

Ah c'est là que vous faites erreur. Elizabeth…

L'aime, intervint Teyla.

Quoi ? Elle vous l'a dit clairement ?

Non… pas clairement, mais c'est ce qui transparaissait sous son discours.

Fabuleux….

Mais qu'est-ce qui vous gêne tellement ? demanda Ronon.

Je sais pas moi, par exemple le fait que si par miracle ils arrivent à sortir ensemble, ce dont je doute, ils feront subir à la base leur problèmes de couple !

Le Docteur Weir ne ferait jamais ça !! »

Le ton de Teyla fit sursauter le canadien.

« Ah oui ? Et que croyez-vous qu'elle fasse en ce moment ?

Ce n'est pas pareil. Elle ne sait plus où elle en est, elle a peur de s'engager et c'est bien compréhensible.

Elle doit avoir peur de prendre le risque. Avec le Colonel Sheppard, c'est …

Périlleux, compléta Ronon.

Oui, concéda le médecin.

Il faut qu'ils se parlent, trancha Teyla.

Et vous avez un plan ? demanda sarcastiquement Rodney.

Oui, lui répondit posément la jeune femme. »

Elizabeth referma son dernier rapport avant de pousser un petit soupir de soulagement. Cette longue journée était enfin terminée. Elle passa sa main dans ses cheveux avant de poser ses yeux sur la pendule fixée à son mur. 19H30. Un nouveau soupir. Elle devait se préparer pour la soirée… Mais pourquoi avait-elle accepté l'invitation de Teyla ? Elle avait pensé, sur le moment, que cela était une bonne idée, que cela pourrait lui changer les idées. Mais maintenant que la fatigue se faisait sentir…Mais elle ne pouvait pas se décommander. Teyla avait l'air si heureux qu'elle accepte. C'est donc las que la jeune femme se leva et se rendit à ses quartiers pour se rafraîchir un peu avant de rejoindre son équipe favorite dans la salle de détente.

John était allongé sur son lit, les bras croisés derrière la tête, le regard fixé au plafond. Pourquoi avait-il dit oui pour cette soirée ?! Il n'avait pas envie d'y aller, il n'avait pas envie de rire et de parler. Il soupira bruyamment. Il faudrait qu'il réussisse un jour à dire non à Ronon. Mais bon… ce n'était pas demain la veille non plus… C'était Ronon tout de même. Il tourna la tête et jeta un regard sur son réveil. 20h. Il devait être prêt dans un quart d'heure. Il fallait peut-être qu'il commence à s'affoler. Il se redressa et se leva. Il choisit en vitesse un jeans et une chemise avant de s'enfermer dans la salle de bain.

« Bon sang mais qu'est-ce qu'il font ? s'énerva Rodney.

Calmez-vous Rodney, le tempéra Carson. Ils vont venir.

Elizabeth me l'a assuré, le rassura Teyla.

Ouais… Ronon, vous voyez quelque chose ?

Non, répondit le satédien en faction dans le couloir.

Bon sans, mais bon sang !! »

Carson et Teyla s'entre regardèrent un moment. Ils fallaient vraiment qu'ils arrivent. Et pour sauver le canadien d'un infarctus et pour les sauver eux de l'énervement qui les gagnait à regarder Rodney s'affoler.

« Y'a Sheppard dans le couloir ! »

Aussitôt ils prirent tous leur poste : Rodney et Teyla sur le sofa, Carson dans un fauteuil et Ronon sur une chaise. Et lorsque John entra il était persuadé qu'ils avaient commencé la petite soirée sans lui.

« Désolé du retard.

C'est rien. Vous vous installez ? demanda Ronon.

Ouais. »

Et c'est sans plus de mots que le colonel s'installa à côté de Teyla sur le sofa. Son regard était vide, comme son corps depuis le week end dernier. Il n'avait de ressource que pour les missions, et encore… Les atlantes se regardèrent un moment et Ronon se releva. John ne s'en rendit même pas compte. Quelques minutes plus tard, un raclement de gorge fit sursauter tout le monde. Teyla, Carson et Rodney de nervosité, John parce qu'il s'était endormi. Le militaire tourna la tête vers le satédien qui avait passé sa tête dans l'embrasure de la porte.

« Qu'est-ce qui vous arrive ? »

D'un regard, les trois autres se levèrent et se dirigèrent vers la porte.

« Qu'est-ce que vous faites ? »

Pour toute réponse, il entendit une voix dans le couloir. Il fronça les sourcils et se leva. Il vit alors la scène se passait sous ses yeux sans qu'il puisse régir : Teyla, Carson et Rodney sortirent alors qu'Elizabeth entra, dos à lui.

« Vous partez ? demanda la dirigeante. »

Pour toute réponse, elle entendit Teyla lui dire un petit « désolé » et la porte se refermer. Elle passa aussitôt une main devant le panneau de contrôle, mais rien. Elle était enfermée. Elle essaya de nouveau, mais sans succès. C'est alors qu'elle entendit une voix derrière elle. Cette voix qu'elle avait tenté d'éviter toute la semaine.

« Inutile, ils nous ont enfermés. »

Elizabeth se retourna lentement et se troubla.

« Qu'est-ce que vous faites là ?

Je me suis aussi fait piégé. »

Elizabeth le regarda. Aucune expression ne filtrait. On aurait dit qu'elle sondait le militaire. John en fut mal à l'aise. Après quelques secondes qui semblèrent une éternité au colonel, la jeune femme se dirigea vers la porte.

« Rodney, Teyla, ouvrez ! »

De l'autre côté, les quatre atlantes s'entre regardèrent. Rodney jeta un coup d'œil à Teyla puis secoua la tête. S'il devait être renvoyé sur Terre, il le serait. Mais au moins aurait-il tenté de réconcilier ses amis.

« Carson ! Si vous n'ouvrez pas, je… je le dirais à votre mère ! »

John sourit à cette menace. Carson pâlit et fit un pas vers la porte. Mais Rioon si mit en travers de sa route. Son regard, plus intimidant que la menace proféré, eut l'effet escompté. Il ne bougea plus d'un pouce.

« Elizabeth, ça ne sert à rien. Ils ne vont pas nous ouvrir, lui dit John en s'approchant. »

La jeune femme se retourna, furieuse et recula d'un pas alors qu'il s'approchait encore. Le militaire s'arrêta et ses traits se firent plus sérieux.

« Il faudrait qu'on parle.

Je vous écoute. »

John fut un peu pris au dépourvu. En vérité, il n'avait rien préparé. Alors il préféra faire confiance à son instinct.

« Pourquoi vous m'évitez ?

Je ne vous évite pas. La preuve, je vous parler en ce moment même.

Elizabeth… »

La dirigeante ferma un instant les yeux et respira profondément pour se calmer.

« Vous avez raison. Notre attitude est puérile.

Oh… vous pouvez me redire ça ?

Ne poussez pas colonel.

Ok, ok.

Bien… nous reprenons comme si rien ne s'était passé ? »

Le visage du militaire s'assombrit un peu.

« Que se passe-t-il ?

Elizabeth… je veux bien oublier cette semaine mais pas ce qui s'est passé ce week-end. »

Ce fut au tour de la dirigeante de se refermer.

« Il ne s'est rien passé ce week end !

Elizabeth… insista John en s'approchant.

Non John ! Nous… nous ne pouvons pas !

Dite plutôt que vous ne voulez pas !

Bien. Je ne veux pas.

Je ne vous crois pas !

C'est votre problème.

Elizabeth, quittez votre carapace ! Juste le temps de cette conversation !

Ca vous arrange bien de penser que je me suis forgé… une carapace comme vous dite.

Ca m'arrange ?! demanda John incrédule.

Oui. C'est la seule explication que vous ayez trouvée au fait qu'une femme vous résiste. »

Elle lui avait dit ces mots avec une telle colère dans les yeux que John recula d'un pas.

« Vous pensez que je suis assez… mesquin pour faire ça ?! »

Elizabeth haussa les épaules, le défiant toujours du regard.

« Et bien vous vous trompez ! Mais si vous voulez savoir ce que je pense vraiment, je vais vous le dire ! Je pense que vous avez peur de vous engager parce que vous avez peur d'être heureuse !

Quoi ?!

Parfaitement ! Vous avez peur de vous laissée aller, de vous épanouir dans un autre aspect de votre vie !

Comment osez-vous me parler sur ce ton ?!

C'est mon ton qui vous ennuie ou la vérité ?

Colonel, taisez-vous ! dit-elle en le menaçant du doigt.

Sinon quoi ? lança-t-il en s'approchant. Vous me renvoyez sur Terre ?

Oui, j'en ai le droit !

Vous ne le ferez pas ! Vous avez besoin de moi !

Je trouve que vous vous donnez beaucoup d'importance !

Vous savez que c'est vrai !

Non ! La cité a besoin de vous, c'est différent ! »

Les deux atlantes s'affrontèrent, le regard brillant. Aucun des deux ne voulaient céder/

« Vous avez besoin d'un homme qui vous fasse vous sentir plus une femme qu'un leader au cœur de marbre ! »

Et là, la gifle retentit, faisant détourner la tête du militaire.

« Je vous interdis de me parler de cette façon colonel ! articula-t-elle, blême de rage. »

John la regarda dans les yeux et, sans prévenir, prit sa tête entre ses mains. La seconde suivante, il l'embrassait avec passion.

Au début trop surprise pour réagir, Elizabeth se contenta de reste inerte, les yeux grands ouverts. Mais lorsqu'il tenta d'immiscer sa langue, elle prit conscience de la situation et le repoussa violemment.

« Arrêtez ! »

John la regarda un moment, les yeux brillant. De quoi exactement ? De colère ? D'incompréhension ?

« Pourquoi vous me repoussez ?

Parce que… non !!

Je ne vous plais pas ? »

La question laissa la jeune femme sans voix.

« Je sais bien que je vous plais.

Quel prétentieux !

Elizabeth, regardez-moi dans les yeux et dites-moi que vous ne ressentez rien pour moi.

A vrai dire je ressens quelque chose pour vous… »

Le visage du militaire se teinta d'espoir.

« De la colère ! »

Les traits de John se tendirent de nouveau.

« Bien, c'est clair maintenant, dit-il en se détachant. »

Elizabeth le regarda, le cœur serré.

« Je ne vous embêterai plus Docteur.

John….

Je pense qu'il serait préférable qu'on s'en tienne à nos… grades. »

Après un bref salut, le militaire frappa deux coups à la porte.

« McKay, c'est réglé. »

La porte s'ouvrit sur quatre visages pleins d'espoir. Enfin trois, Ronon attendant les bras croisés, dos au mur, un sourcil arqué. Mais ils déchantèrent bien vite en voyant le visage tendu de John. Il passa sans un regard pour eux et se dirigea vers ses quartiers. Teyla, la cœur serré, se retourna vers la salle et manqua de se faire renverser par une Elizabeth courant dans le sens opposé à celui de John.

« C'est moi ou elle….

Pleurait Rodney, soupira Teyla. »

« McKay ! On vous attend ! s'impatienta le colonel.

Ca vient ! lui répondit le canadien par radio. On est pas aux pièces. »

John poussa un soupir.

« Arrêtez de discuter et ramenez-vous ! »

Depuis deux semaines l'atmosphère était tendue entre les membres de l'équipe. Ou plus précisément entre John et les membres de son équipe. Seul Ronon trouvait grâce à ses yeux.

Rodney arriva enfin, tentant de fermer un de ses nombreuses poches, mais sans succès. La barre chocolatée était trop grande.

« Vous avez fini de faire le plein de graisse ? On peu y aller ? »

Le scientifique allait répliquer mais Teyla l'en dissuada d'un mouvement de tête. Il les provoquait sans arrêt. Mieux valait ne pas répondre. Rodney se contente donc d'acquiescer. John se tourna vers la porte et attendit. Sans adresser un regard à celle se trouvant sur la passerelle. Sans un geste pour elle. Et ce, depuis deux semaines.

Elizabeth attendit que l'équipe soit réunie et donna le signal à Chuck. La porte s'activa, l'équipe la franchit. Plus de « bonne change » ou de « revenez-moi en entier ». Plus depuis deux semaines.

Une fois de l'autre côté, John et Ronon passèrent devant, laissant Teyla et Rodney fermer la marche.

« Vous avez remarqué ? demanda Rodney à voix basse.

Remarqué quoi ?

Elle ne nous dit plus « au revoir » ou « bon courage »

Oui, répondit tristement Teyla.

Est-ce qu'elle vous parle à vous ?

Le moins possible. »

Rodney soupira. Ils avaient tout fait de travers. Non seulement ils n'avaient pas réussi à les réconcilier, mais en plus ils s'étaient mis leurs amis à dos.

« On traîne pas derrière, lança Sheppard en pressant le pas. »

Rodney grinça des dents mais ne dit rien. Il avait d'ailleurs davantage fait d'efforts en deux semaines qu'en 3 ans.

« McKay, elle est où votre source d'énergie ?

Pas loin.

C'est pas une réponse. »

Le canadien grinça des dents et passa devant le militaire pour les guider à l'aide de son ordinateur jusqu'à une grotte. Il stoppa devant.

« Alors McKay, allez-y, guidez-nous. Vous avez di bien réussi jusqu'à présent, lança méchamment le colonel. »

Le scientifique, les yeux brillants de colère, hésita. Il n'était pas aussi peureux qu'on semblait le croire, Mais le noir…enfin ça remontait à sa petite enfance…

« Je vous accompagne, dit Teyla en rejoignant Rodney »

Il lui adressa un petit sourire. Crispé, mais reconnaissant. Les deux atlantes entrèrent.

« Sheppard…

Ronon, restez là pour faire le guet, le coupa le militaire. »

Le satédien grogna et se mit dos à la grotte. John entra, arme au poing.

TBC