Bonjour !

Ouiiii ! Je suis de retour. Je sais, je vous ai laissé en de bien horrible posture au dernier chapitre... Mais je dois avouer que j'ai bien ri ! Vos grimaces multiples m'ont mise du baume au coeur.

Bonne nouvelle ! Ce chapitre bouge ! Enfin... Il ne se passe que quelques heures, et encore, mais il bouge, vous verrez. Vous allez avoir une grosse révélation. Tataaaaaaa ! Par contre, vous risquez encore de vouloir m'assassiner sur la fin, mais j'ai l'habitude, et vous aussi... N'est-ce pas ?

Bisous à tous

Lau


Chapitre 8. Entre trois portes

La vie va, la vie vient. Un petit évènement insignifiant peut tout faire basculer. Ce n'est pas à Forks que l'on prétendra le contraire. Quelques années auparavant, la bourgade avait déjà perdu un de ses enfants.

Ce bip incessant laissait présager un deuxième drame…

- Défibrillateur !

Le docteur Cullen savait qu'il n'avait pas le droit à l'erreur. C'était une question de secondes. Quelles que soient les solutions qui se présentaient à lui, il ne pouvait rien accomplir avec un cœur mort. Il devait le faire repartir à tous prix.

- On choque !

Tous les médecins se coordonnaient parfaitement. Ils étaient synchronisés, précis, sans hésitation aucune. Le corps de la jeune femme se cambra puis retomba lourdement. Pourtant, le son incessant n'annonça aucune amélioration.

On recommença. Un des médecins changea le réglage de l'appareil et la manœuvre s'effectua une deuxième fois.

Une troisième fois.

Une quatrième fois.

- Carlisle… ça suffit. Laisse-la partir. Heure du décès, 18h26.

- Non ! Elle veut revenir. Je le sens. Encore une fois.

Le médecin qui perdait pour la première fois son calme régla lui-même l'appareil médical et choqua Bella Swan.

Un miracle se produisit alors. L'onde de choc électrique arriva jusqu'au cœur qui parvint à se réveiller. La console témoigna d'une légère interruption dans le son qu'elle émettait. Les médecins retinrent alors leur souffle jusqu'à ce que cela se confirme. A la place d'un son ininterrompu des bips longs et réguliers se faisaient entendre.

- Bravo Bella, murmura Carlisle Cullen.

Les autres médecins ne purent qu'acquiescer et lever un regard admiratif envers leur jeune confrère.

Ils entamèrent, avec un maximum de précautions, la phase chirurgicale. Elle avait de nombreuses hémorragies et des côtes cassées.

- Elle ne les avait pas encore à son palmarès celles-là, remarqua le médecin le plus âgé avec une pointe d'humour.

C'était peut-être limite en de pareilles circonstances mais il y avait un certain soulagement dans la salle d'opération. Au moins son cœur battait et son cerveau ne semblait pas avoir été touché très gravement. Il n'était pas exclu des séquelles irréversibles mais il fonctionnait toujours.

Finalement, quelques heures plus tard ils firent claquer leurs gants. L'opération s'était mieux terminée que ce qu'elle avait commencé. Les médecins n'eurent même pas à se concerter pour décider que ce serait à Carlisle de parler à la famille.

Ce dernier aurait presque voulu laisser sa place à un confrère. Les émotions n'avaient jamais été aussi fortes lors d'une opération et il se sentait vidé. De plus, il connaissait l'entourage de la jeune femme et le redoutait. Néanmoins, il alla sans la moindre hésitation dans le couloir où devait attendre le chef Swan. Quand il arriva, il vit ce dernier somnolant contre un Indien Quileute qu'il connaissait bien. Jacob Black. Il l'avait déjà vu une ou deux fois et la tension avait toujours été explosive. C'était compréhensible.

L'Indien réveilla le père de Bella immédiatement qui se leva d'un bond. Son cœur battait à tout rompre. Le docteur Cullen s'avança alors en tentant de continuer de faire bonne figure.

- Monsieur Swan.

- Docteur Cullen. Alors ? Comment va ma fille ?

- Elle a fait un arrêt cardiaque à son arrivée à l'hôpital. Il s'en est fallu de peu pour qu'on ne puisse pas le faire repartir. Elle avait aussi de nombreuses hémorragies internes qu'on a pu contenir et quelques côtes cassées.

- Mais… Elle va s'en sortir, n'est-ce pas ?

- Je ne vais pas vous mentir. Les prochaines quarante-huit heures seront décisives. Je ne peux malheureusement pas me prononcer pour l'instant. Ses blessures étaient graves.

- Elle aura des séquelles ?

Il était encore plus pâle que toute la famille Cullen réunie et semblait être sur le point de perdre connaissance à chaque seconde.

- C'est trop tôt pour le dire. On a fait ce qu'on a pu et il n'y avait pas d'hémorragie au niveau du cerveau mais l'arrêt cardiaque peut l'avoir endommagé. A priori la moelle épinière n'a pas été, ce qui est déjà un miracle en soi.

- Merci docteur, murmura Charlie Swan. Je peux la voir ?

- Bien sûr, mais attendez-vous à être choqué. Dites-vous que les blessures sont peut-être moins graves que ce qu'il n'y parait.

Il hocha la tête et suivit une infirmière qui l'attendait avec un sourire se voulant rassurant. Le chef Swan était apprécié par tout le monde et ce qui le touchait ne laissait personne indifférent.

Ce qu'il découvrit le tétanisa. Sa fille avait des contusions de toutes parts et n'avait jamais été aussi pâle. Elle paraissait si petite, si fragile. Il laissa alors libre court à son chagrin et ne retint pas ses larmes alors qu'il prenait la main de la personne qui comptait le plus à ses yeux.

Pendant ce temps, une altercation se produisait dans le couloir. Pas de cris, juste beaucoup de fureur.

- C'est de votre faute si elle en est là. Si vous l'aviez laissé tranquille je suis certain que rien de tout cela ne serait arrivé et elle serait tranquillement dans son appartement à corriger des copies.

Jacob Black était dans une colère sans nom. Il culpabilisait plus que jamais pour l'accident de sa meilleure amie mais il avait besoin de décharger sa colère et sa haine. Tout était devenu irrationnel. Les Cullen étaient coupables. Il n'y avait pas à se poser davantage de questions.

- Pour qui vous prenez-vous jeune homme ?, s'indigna un médecin qui avait assisté à la scène. C'est grâce au docteur Cullen que votre amie vit toujours. Sans son acharnement nous aurions abandonné et son cœur ne serait jamais reparti.

- C'est bon, répondit calmement l'intéressé. Ne vous inquiétez pas. Monsieur Black, allons parler calmement dehors.

Ils se dirigèrent tous deux en silence vers la sortie. Une fois seuls à l'extérieur, l'Indien reprit de plus belle, ne cherchant même pas à contenir sa rage.

- Vous croyez que parce que vous avez pu la maintenir sur une table d'opération tout vous est pardonné ? Bella était bien, avant de vous rencontrer. Elle menait sa vie et ne se posait pas de questions, questions qui l'ont menée ici. C'est de votre faute.

- Ecoutez, je sais que vous allez avoir du mal à y croire mais je m'inquiète sincèrement pour Bella. Plusieurs membres de ma famille sont très attachés à elle et je sais que c'est vraiment quelqu'un de bien.

- Je me fous de votre opinion et je savais déjà que vous et les vôtres l'aviez trop approché. Pas la peine de me le rappeler.

- Là n'est pas la question. Ecoutez… son état est vraiment préoccupant. Je ne sais pas quelle en sera l'issue et c'est rare quand je prononce ce genre de mots. Souvent j'arrive à prévoir mieux que mes confrères mais là… Elle peut ne pas survivre. C'est même une réalité très probable.

- Vous devrez y répondre alors. Je considèrerai le pacte comme caduque. Morsure ou pas morsure, vous aurez tué un humain, et pas n'importe lequel.

- La mort n'est pas la seule issue.

- QUOI ?

Carlisle Cullen savait quelle serait la réaction du Quileute. Il ne bougea toutefois pas et resta stoïque alors que Jacob Black tremblait comme une feuille un jour de tempête. Chaque parcelle de son être n'était que haine et envie de destruction.

- Nous ne ferons rien sans votre accord, reprit le médecin. Je sais que cette idée vous rebute, néanmoins, pensez-y. Et vite. C'est une possibilité qui pourrait lui sauver la vie mais la prochaine fois que son cœur s'arrêtera je ne pourrai peut-être pas le faire repartir.

Il s'en retourna alors à l'hôpital pour prendre soin de sa patiente, laissant un Indien muet derrière lui.

Un peu plus loin un homme et une femme se permettaient de respirer à nouveau. Ils avaient assisté à la scène autant que possible, à leur manière. Ils avaient craint l'issue mais finalement se sentaient soulagés. Pourtant, rien n'était gagné, au contraire.

- Il n'a pas tout à fait tord Edward, et tu le sais.

- C'est avec lui qu'elle s'est engueulée une fois encore, et c'est lui qui l'a laissée partir dans cet état. Qui est responsable d'après toi de cet accident en premier lieu ?

- Tu es de mauvaise foi, répondit-elle avec reproches. C'est normal qu'elle se soit posé des questions, surtout avec Carlie. La ressemblance avec toi ne fait aucun doute, mais regarde la différence d'âge ! On n'a pensé qu'à nous tout ce temps. Si jamais elle meurt, je…

Alice éclata en sanglots. Pourtant, les larmes ne parvenaient pas à couler. Ce lutin, habituellement si joyeux, était dévasté et ne parvenait même pas à exprimer réellement sa douleur. Son frère la prit dans ses bras et la berça.

Pour une raison qu'il ignorait, Edward aussi était bouleversé. Par orgueil, il tentait de ne pas le montrer, mais tout cela le mettait en colère. Il ne devait pas ressentir cela, il se l'était promis depuis leur rencontre. Non, depuis bien plus longtemps en fait.

Pourtant, quelques heures plus tard, alors que la nuit était noire, il se faufila dans l'hôpital. Evitant facilement les infirmières, il entra dans la chambre particulière de son professeur.

Là, se trouvait le Chef Swan, endormi, tenant la main d'une jeune femme meurtrie de bien des manières. Quelque chose se brisa en Edward à cet instant précis. Cette émotion était encore plus forte qu'il n'aurait jamais pu l'imaginer. Il ne voulait sincèrement pas qu'elle meure. Cette idée même le révoltait ou lui faisait peur. Il ne savait pas trop. Les deux peut-être. Surement. Ce « bip » lent et incertain venait de devenir son cauchemar.

Pourtant et paradoxalement, la jeune femme l'insupportait toujours. Le simple fait qu'elle puisse s'approcher de sa famille lui était intolérable. Il ne pouvait pas se fier à elle. Il ne pouvait avoir confiance en personne. Cela lui était impossible et inimaginable. De plus, il ne fallait pas oublier qu'elle était amie avec les Quileute et resterait à jamais liée à eux d'une certaine façon. Cet argument était imparable.

Néanmoins, il avait beau se remémorer et se répéter tout cela inlassablement, l'éventualité qu'elle meure le plongeait dans un profond désespoir, au moins semblable à celui de sa sœur.

Il entendit son frère, son père arriver et sortit aussi discrètement qu'il était arrivé. Il ne pouvait pas se permettre de se faire prendre par le chef Swan. Il ne pourrait décemment pas expliquer sa présence.

Une fois la porte de la chambre refermée, il suivit Carlisle jusqu'à son bureau.

- Je savais que tu viendrais, entama ce dernier quand ils furent seuls.

- Quels sont tes pronostics ?

- Tu connais la réponse. Je ne sais pas. J'ai parfois l'impression qu'elle veut se battre mais… je ne sais pas. Nul doute que c'est une femme meurtrie et d'après ce que j'ai compris elle n'était pas au mieux de sa forme.

Edward observa le médecin blond devant lui. Il avait les traits tirés, inquiets.

- Est-ce qu'Alice…, reprit le patriarche.

- Non, pas à ma connaissance. Aux dernières nouvelles, elle en devient folle. Ne pas savoir est pour elle insupportable et elle est très inquiète. Je crois… je crois qu'elle ne s'est jamais attachée autant à une personne, en dehors de nous. Je trouve ça tellement improbable et irresponsable même. Mais bon, c'est Alice, on aurait dû s'en douter.

- Et toi ? Qu'en est-il de ton côté ?

- J'ai choisi de ne rien dire à Carlie.

- Non Edward. Ce n'était pas ma question et tu le sais. Que ressens-tu ?

L'intéressé regarda dans le vague, plongé dans des pensées qui n'appartenaient qu'à lui. Toujours ce maelström d'émotions dont elle en était l'origine.

- Je ne veux pas qu'elle meure, mais ça serait peut-être mieux pour nous. Nous n'aurions qu'à partir sans nous soucier des conséquences.

- Tu ne crois même pas toi-même en ce que tu dis Edward. Tout le monde n'est pas comme…

- Carlisle !

- Non Edward, répondit-il avec une grande fermeté et un soupçon de colère. Je te soutiens depuis toujours mais il serait temps que tu voies que Bella est… vraie. Sans faux-semblants. Elle ne cherche pas à manipuler qui que ce soit.

- Tu n'en sais rien. Même moi je ne peux l'affirmer.

- Non, mais j'ai plus d'expériences. Tu sais que je ne me trompe jamais. Si à l'époque tu m'avais écouté, si tu nous avais écouté, peut-être que ton cœur ne serait pas autant de marbre.

- Tu veux vraiment en faire l'une des nôtres, n'est-ce pas ?, demanda-t-il presque avec dégoût.

- Il y a malheureusement peu de chance que cela se produise. Je ne ferai rien contre le pacte. Pour tout te dire, pour la première fois il me pèse, mais je refuse de nous mettre en danger plus que ce que nous le sommes déjà.

Edward hocha la tête. Il ne pouvait qu'approuver. Avant tout, il se devait de protéger sa fille. Elle était certes l'origine de son malheur, mais elle était devenue ce qui lui était de plus cher au monde. Après-tout, un enfant ne devrait jamais avoir à subir les histoires d'adultes. Il ferait tout pour elle quel qu'en soit le prix à payer.

Bella pendant tout ce temps était dans ce monde qui n'appartenait qu'à elle. Elle voguait là où se créaient toutes les histoires qu'elle imaginait puis écrivait. Elle se promenait à travers les mots, les sons et les couleurs. Elle revivait ses souvenirs, même les plus enfouis au fond de sa mémoire.

- Tu ne comprends pas Charlie !, hurlait une très jeune femme blonde au teint de porcelaine. J'ai besoin de chaleur, de soleil.

- Ma vie est ici. C'est là que j'ai grandi et j'aime ce que j'y fais. Tu ne peux pas me demander de partir, ce serait signer ma fin.

- Je suis désolée mais moi je vais pourrir. Si je reste ici je vais pourrir. Je pars Charlie. J'emmène Bella. Si tu m'aimes suffisamment, rejoins-moi mais ne tarde pas.

De nouvelles couleurs apparurent et elle repartit dans son voyage intérieur. Elle n'avait qu'à cligner des yeux pour se retrouver dans un nouveau monde.

- Salut, moi c'est Jacob. Et toi ?

- Bella.

- Tu veux bien jouer avec moi ?

- D'accord.

Elle se revit jouer, dire au-revoir au petit garçon très bronzé – bien plus qu'elle – et le rencontrer à nouveau le lendemain.

- Salut ! Comment tu t'appelles ?

- Bah… Bella, mais on s'est vu hier, répondit-elle un peu vexée.

- Ce n'est pas possible, j'étais malade…

Et subitement, il éclata de rire, dévoilant deux belles rangées de dents toutes blanches.

- Ah mais tu as dû voir Jacob ! C'est mon jumeau !

Elle se rappelait qu'elle avait été un peu froissée à cause de la confusion et de la moquerie involontaire, mais qu'elle avait aussi vraiment aimé son rire. L'avantage fut que depuis ce jour elle avait toujours su les différencier. Il était hors de question qu'elle se trompât à nouveau.

- Hey !

- Bella ? C'est bien toi ? Mais que fais-tu là ? On ne t'espérait plus depuis toutes ces années !

- Salut les garçons. Je viens vivre chez mon père. Je lui avais demandé de garder le secret autant que possible pour deux raisons. Déjà moins on parle de moi mieux je me porte mais surtout je voulais vous faire une surprise.

- Et bien c'est réussi !

Les retrouvailles entre les trois amis d'enfance avait été vraiment très intense. Bella avait réussi à les différencier du premier coup, même si elle avait eu peur de se tromper, mais cela elle ne l'avouerait jamais.

Et puis il y avait eu ce moment de paradis…

- Bella… Tu m'en voudrais beaucoup si je t'embrassais ?

Elle éclata de rire.

- Pourquoi tu me poses la question ? C'est stu…

Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase que leurs lèvres se touchaient déjà. D'abord surprise, elle répondit avec une passion qu'elle ne se connaissait pas. Il faisait naître des émotions en elle tellement fortes… Pour la première fois de sa vie, elle se sentit heureuse.

Et puis, un clignement plus tard, il se replongea dans son cauchemar.

- Bella… assieds-toi s'il te plait.

- Que se passe-t-il papa ? Un problème ?

- Ecoute… je ne sais pas trop comment te dire ça… Il a eu un accident. Sa voiture a explosé. Il n'en reste plus rien ou presque…

La fin du monde. Pourquoi vouloir survivre à cela ? Que faire quand la moitié de son être vous a laissé ? Vivre amputé ? Aller le rejoindre ? Errer dans un monde qu'on ne comprend pas ?

Pourtant, il y avait également cette présence-là… Elle sentait l'odeur. Il était tout près lui aussi…

Certaines choses valaient peut-être la peine de se battre. Ces gosses étaient vraiment hors du commun. Elle était attachée à eux tous, même à Rosalie qui était beaucoup plus distante. Même à Jasper qui était presque inquiétant. Il semblait qu'ils avaient tous leur part d'ombre mais…

Dans ce monde dénué de mensonges et de conventions, elle s'aperçut qu'il y avait vraiment quelque chose d'étrange avec eux. Ils partageaient un secret. Jacob le connaissait. Ils savaient de leur côté quel était celui du Quileute. Surtout, tous ces secrets dépassaient les limites de l'admissible. Il fallait qu'elle aille chercher plus loin. Il fallait que…

- DOCTEUR !