Note : Bonsoir ! Et voici le p'tit dernier...en attendant la suite ^^. Alors, bonne lecture et bonne soirée à tous !


Après une bonne nuit de sommeil qui eut vite fait de calmer les soucis et craintes des uns et des autres, Harry, Ron, Hermione et Emy se retrouvèrent d'abord dans leur salle commune, avant de prendre la direction de la Grande Salle pour le petit déjeuner.

Ils en étaient à discuter de leur programme de la journée en descendant les dernières marches du grand escalier - Hermione souhaitant aller faire un tour à la bibliothèque tandis que Ron et Emy iraient n'importe où du moment qu'il ne s'agissait pas d'aller rendre visite à Hagrid - lorsqu'ils furent interpellés par une agitation singulière en provenance de la Grande Salle.
...et leurs interrogations se retrouvèrent renforcées, lorsqu'à peine arrivés dans le réfectoire, ils firent face à bon nombre d'élèves qui parlaient avec animation ou sautaient d'un banc à l'autre pour échanger des propos encore inconnus, mais à l'évidence captivants, avec leurs collègues.

Instinctivement, les quatre gryffondors regardèrent vers la table des professeurs. Mais contrastant avec l'agitation qui régnait sous leurs yeux, la plupart des enseignants paraissaient calmes et se contentaient d'observer ce qu'il se passait.

- On a raté quelque chose ou quoi ?, demanda Ron à haute voix, tout en s'avançant vers la table de Gryffondor où il repéra rapidement ses frères jumeaux. Fred ! Georges ! Qu'est-ce qu'ils ont tous, ce matin ? Y'a un match de quidditch improvisé ?, plaisanta-t-il.

Mais ses frères eurent vite fait de le calmer.

- Non, déclara Georges sérieusement. Paraitrait qu'un élève s'est volatilisé.
- Hein ?
- Comment ça « volatilisé » ? Qui a disparu ?, demanda aussitôt Hermione.
- Marcus Belby.
- Quoi ?

Harry se figea sur place en même temps que les trois autres. Et là, tout ce qui était en rapport avec le garçon depuis déjà bien longtemps - ajouté aux évènements de la veille - remonta dans la mémoire des quatre nouveaux venus. Ainsi donc...


Perdu dans ses pensées, Harry alla s'assoir machinalement en face de Fred, tandis que Ron prenait place sur sa gauche, Emy sur sa droite et Hermione en face de cette dernière.

- Incroyable..., murmura Ron, abasourdi.
- Quelqu'un sait ce qu'il s'est passé ?, questionna Emy, tendue.

Et là, Fred posa son toast dans son assiette et prit un air de conspirateur.

- Non, on n'en sait trop rien, en fait. Alors, les profs essaient bien de nous faire croire qu'il serait retourné chez lui en catastrophe pour raisons familiales, mais franchement, ça ne colle pas. D'où les interrogations de chacun pour savoir ce qui aurait pu lui arriver...
- Pourquoi « ça ne colle pas » ?, dirent Harry et Ron d'une même voix, tout en tournant leur tête vers la cinquième table.
- Tu as déjà le comportement des profs eux-même, répondit Fred. Quand les copains de Belby ne l'ont pas vu hier soir, ils sont allés voir Flitwick pour l'avertir. Et là, celui-ci se serait comporté très nerveusement – enfin, encore plus que d'habitude, quoi. Il se serait embrouillé dans ses explications, n'aurait pas dit deux fois la même chose. Enfin bref...à en croire les serdaigles, c'est louche. Du coup, ils ont envoyé un hibou express dans la famille de Belby.
- Et alors ?
- Le hibou est revenu sans réponse...et sans le message d'origine ! Alors ce matin, ils sont carrément allés trouver Dumbledore pour lui en parler et voir un peu ce qu'il en était.
- Et ?
- « Et », il leur aurait simplement répondus que tout était pour le mieux et qu'il ne fallait pas s'inquiéter. Que Belby serait absent un certain temps, mais qu'il reviendrait plus tard, termina Fred avec un air très sceptique.
- Ce n'est pas tout, poursuivit Georges à voix basse – forçant ainsi les autres à se pencher vers lui pour mieux entendre. Si l'on en croit toujours ceux avec qui il traînait, Belby se comportait bizarrement ces derniers temps. Il n'a rien voulu dire à qui que ce soit, mais il paraissait inquiet et restait souvent dans son coin...
- Et pour couronner le tout, il n'a jamais été question qu'il doive rentrer chez lui hier, conclut Fred.
- Oui, mais s'il a reçu une mauvaise nouvelle lui demandant de rentrer précipitamment, c'est normal que ceux qui n'étaient pas avec lui hier ne soient pas au courant, objecta doucement Emy sous l'air perplexe des autres.
- Mais hier, il était question qu'il aille à Pré-au-Lard, insista Georges. Et vous savez quoi ? Au moment de partir, il a dit à ses amis qu'il les rejoindrait là-bas un peu plus tard dans la matinée parce qu'il avait d'abord quelque chose à faire ici...et il ne les a jamais rejoints. Alors franchement, ça ne sonne pas faux tout ça ?

Les autres ne purent qu'être d'accord.

- Est-ce que quelqu'un sait ce qu'il avait à régler ici ?, questionna Harry. Et qui il devait rejoindre à Pré-au-Lard ?

Car s'il se confirmait que les personnes que Belby devait rejoindre au village étaient bien Adel et Roger, tout se recouperait. Mais...

- « Quoi ? », j'en sais rien, répondit Georges en hochant la tête. Comme dit, il n'était pas bavard sur ce qui le minait. Quant à « avec qui ? », ma foi, ils sont toute une bande à toujours être ensemble.
- Des élèves de sa classe ou pas ?, poursuivit Harry.
- Il me semble bien, oui, dit Fred. Mais je ne pourrais pas te donner leur nom. Je ne le connaissais pas spécialement, ce type.
- Euh...vous ne voudriez pas arrêter de parler de lui au passé, non ?, gémit tout à coup Ron. Quand on vous écoute, on dirait que...

Mais les regards que Harry et Hermione s'échangèrent ne furent pas faits pour rassurer le garçon.


Ils restèrent ensuite un petit moment silencieux, passablement occupés avec leurs petits déjeuners, quand tout à coup :

- Bon, aller ! Nous on y va, lancèrent les jumeaux en se levant de table d'un même mouvement.
- Vous allez où comme ça ?, leur demanda Ron avec surprise.
- Faire un petit tour, frangin, dit Fred.
- Mais crois-moi, tu ne préfères pas savoir, finit Georges en lui lançant un clin d'œil.

Et ils s'éloignèrent rapidement avant de sortir de la Grande Salle.

- Hé ben ! En voilà au moins deux que les nouvelles du jour n'empêchent pas de vivre, soupira Ron.

Mais n'obtenant pas de commentaire à sa remarque, il détourna son regard de la porte de la salle et s'intéressa à ses trois amis. Emy se frottait le front dans une posture réfléchie, Harry s'était légèrement tourné sur lui même et scrutait ce qu'il se passait aux autres tables pendant qu'Hermione l'observait faire.

- Écoute Harry, dit-elle alors, la mine grave, obligeant le garçon à reporter son attention vers elle. Le comportement que Roger et Adel ont eu hier nous a déjà laissés perplexes une fois – même si nous en étions d'abord arrivés à la conclusion qu'il n'y avait probablement aucun rapport entre leur conversation du matin et leur départ précipité un peu plus tard. Mais là, c'est monté d'un cran : ils parlaient de quelqu'un qui devait venir les rejoindre et qui à l'évidence n'est pas venu ; ils sont partis en catastrophe du pub en direction du château en fin de matinée alors que Belby devait justement rejoindre ses camarades de Serdaigle en fin de matinée – sans jamais l'avoir fait...Et puis ce n'est pas tout : tu te souviens de ce que tu nous as dit un matin ici-même en voyant Adel, Roger et Marcus bavarder ensemble ?

Harry acquiesça gravement.

- Où tu veux en venir, Hermione ?, demanda alors Ron en affichant un rictus méfiant.
- Je veux en venir au fait que si hier, les évènements ne nous poussaient pas forcément à la chose, aujourd'hui, après ce que l'on vient d'apprendre, je pense qu'il faut aller voir Dumbledore. Je crois comme Harry, qu'Adel et Roger attendaient bien Marcus à Pré-au-Lard et qu'ils sont peut-être au courant de ce qu'il lui est arrivé.
- Le problème, fit remarquer Emy, c'est que Dumbledore est au courant de l'absence de Belby – ne serait-ce que par ses camarades de classe. De plus, je l'imagine mal prendre cette affaire à la légère – il a donc dû se renseigner. Donc, ou bien Marcus est vraiment chez lui et tout ce que l'on pourra lui dire à son sujet lui paraîtra fantaisiste, ou bien il en est malheureusement autrement, il le sait, et aux vues de ce qu'il a déjà dit aux autres, il ne tient pas à en faire part à qui que ce soit.
- Peut-être, rétorqua Hermione. Mais à ceci près que peu d'élèves doivent savoir les mêmes choses que nous. Donc, même s'il n'envisage pas de nous en dire plus, si ça se trouve, ce qu'on lui dira nous, pourra l'aider.

Puis se tournant vers Harry.

- Harry ? Tu es d'accord pour aller lui parler ? Maintenant ?
- « Maintenant » ?, répéta Harry, incrédule. Attends Hermione, il doit encore être en train de prendre son...Ah ben non, remarqua-t-il tout à coup en se tournant vers la table des professeurs. Il est déjà parti. Mais quand ? Je ne l'ai pas vu.
- Oh...avec la discussion qu'on vient d'avoir, normal qu'on se soit désintéressé de leur table quelques minutes, dit Emy.

Hermione, elle, soupira de mécontentement.

- Tant pis. Mais dès qu'on en aura l'occasion, il faudra aller lui parler. Compris ?
- D'accord, d'accord, capitula Harry.
- Bon, qu'est-ce qu'on fait alors maintenant ?, demanda Ron. Est-ce qu'on va voir les copains de Belby pour les interroger ou...?

Mais Harry venait de penser à autre chose. Voyant un groupe d'élèves de Serdaigle se lever de table,

- Hermione, dit-il précipitamment. Et si on profitait de nos travaux pour aller voir Adel et Roger et commencer par les interroger, eux ?
- Hum...très bonne idée, Harry, répondit Hermione avec un petit sourire. Dépêchons-nous ! Ils sont déjà sortis.

Les quatre adoptèrent un pas pressé pour se lancer à la poursuite des deux autres...qu'ils trouvèrent seulement quelques mètres plus loin dans le hall d'entrée, en compagnie de ceux avec qui ils avaient quitté la Grande Salle.


De l'autre côté du hall, un autre groupe, réunissant des serpentards cette fois-ci, bavardait discrètement. Juste à côté, ne donnant pas l'air de prendre part à leurs messes basses, se trouvait Lynch. En le voyant, Emy détourna légèrement son regard tandis que Harry se remémora plutôt l'accrochage que le garçon avait eu quelques temps auparavant avec Belby et le rapprochement d'Adel et Roger avec ce dernier qui avait suivi. Se pouvait-il vraiment que...?

Mais Harry ne put aller jusqu'au bout de sa réflexion. Car à cet instant, au moment précis où Hermione s'était suffisamment rapprochée des deux serdaigles pour leur parler, Adel s'était brusquement tourné vers Lynch et lui avait lancé un regard foudroyant avant de manquer de peu de renverser Hermione quand il s'était soudain précipité vers le serpentard.

Personne n'eut le temps de rien faire, de rien dire, de rien voir venir. Les autres serpentards étaient restés stupéfaits, Roger afficha un visage horrifié et les élèves présents dans le hall et témoins de la scène s'étaient instinctivement écartés du chemin d'Adel en le voyant avancer aussi rageur.

Sans ménagement, il saisit Lynch par le col de sa robe, l'écarta de son groupe et le poussa contre le mur.

- Viens un peu par là, toi !, lui dit-il, furieux.
- Adel !, hurla alors Roger en se ruant vers son ami. Nooon !

La plupart des élèves connaissant les capacités d'Adel et de Lynch en sortilèges et enchantements, tous s'attendaient à voir l'empoignade dégénérer en un duel intense. Pourtant, malgré la colère qui émanait de lui, Adel ne sortit pas sa baguette magique et se contenta de garder son visage proche de celui de Lynch.

- Ça t'amuse, hein ?, fulminait-il. Et tu crois peut-être que je ne vais rien dire et que tu vas pouvoir t'en tirer comme ça en faisant ce qui te chante ?

On aurait cru qu'ils étaient en train de poursuivre à haute voix une conversation dont personne n'aurait entendu le début. Les mains d'Adel tremblaient, il semblait se retenir à grand peine de coller son point dans le visage de Lynch. Quant à celui-ci, malgré de paraître dans la plus mauvaise position, il conserva une expression calme très déstabilisante. Mais quand il eut en plus l'effronterie de sourire face à la réaction d'Adel, celui-ci manqua d'exploser.

- Et tu te fous de moi, en plus ? T'as le culot de te foutre de moi par-dessus le marché ?

Lynch en sourit de plus belle. Il ne semblait pas un brin inquiet – bien au contraire.
Soudain, une main se posa fermement sur l'épaule d'Adel et le tira en arrière, lui faisant lâcher prise. C'était Roger.

- Adel !, lui dit-il impérieux. Calme-toi maintenant, ça suffit ! Je comprends ce que tu ressens, mais ce n'est ni le lieu, ni le moment.

À la surprise générale, malgré l'état dans lequel se trouvait Adel, l'intervention de Roger porta ses fruits : le métisse s'éloigna de lui-même de Lynch en lui lança un regard on ne peut plus contrarié.

- Hé bien, dit enfin le serpentard d'un ton badin en remettant tranquillement sa robe en place. Qui aurait cru qu'un jour Adel Rhomson pèterait les plombs ? C'est historique, ça.

Toute l'assemblée retint aussitôt son souffle de peur de voir le duel commencer pour de bon ; Adel manqua de s'étrangler devant cette provocation ; quant à Roger, il adressa un regard sévère à Lynch en soupirant bruyamment, avant de forcer son ami à le suivre dans le parc du château où il espérait sans doute réussir à le calmer - quitte à devoir l'envoyer prendre un bain glacé (et forcé) dans le lac.


Dans le hall, un silence absolu demeura durant plusieurs minutes jusqu'à ce que, petit à petit, les murmures dévoilent les premiers commentaires, avant qu'un véritable brouhaha n'envahisse l'espace.

- Oups !, fit alors Ron en regardant, interloqué, les deux serdaigles s'éloigner à vive allure. Je crois que pour l'interrogatoire, c'est plutôt mal barré.
- Venez, ne restons pas ici, dit ensuite précipitamment Hermione en invitant les autres à la suivre.
- Où on va ?, demanda Harry.
- À la bibliothèque.
- Quoi ? Oh...Hermione...!, se désespéra Ron.
- Pas pour travailler, souffla Hermione. Je cherche juste un endroit calme où l'on puisse discuter sans être...

Mais Hermione s'interrompit soudain. Au moment où elle allait s'engager dans le couloir menant à la bibliothèque, le groupe des serpentards au grand complet passa devant elle. La plupart des élèves qui le composaient parlaient avec excitation. Tout comme les autres, ils avaient été impressionnés par l'altercation entre Adel et Lynch. Pourtant, même si le serpentard n'avait pas montré d'opposition farouche digne de figurer dans les récits héroïques, ses camarades semblèrent avoir apprécié la façon dont il avait gardé son sang froid et même « taquiné » le serdaigle.

Harry, Ron, Hermione et Emy les regardèrent défiler sans mot dire - Malefoy et Parkinson ouvrant la marche, suivis de près par Crabbe et Goyle - jusqu'à ce qu'un première année maladroit ne pousse malencontreusement Emy en voulant passer derrière elle et l'envoie heurter Goyle.

- Pardon !, s'excusa-t-elle aussitôt en essayant de garder son équilibre.

Mais en voyant qui venait de le bousculer, Goyle ne s'en montra que plus désagréable.

- Hé ! Fais attention à ce que tu fais, toi !, la repoussa-t-il violemment.
- C'est bon quoi !, bondit aussitôt Harry, pendant qu'Hermione rattrapait Emy au vol avant qu'elle ne se retrouve cette fois-ci par terre. Elle ne l'a pas fait exprès ! Et de toute façon, ce n'est pas une raison pour se montrer aussi brutal !

La tension était subitement montée. Ainsi, tandis que Crabbe était venu se placer à côté de son acolyte, Ron en avait fait de même avec Harry afin de lui prêter main forte au cas où.

- Allons, allons, les gars !, intervint alors Malefoy de sa voix traînante et narquoise en lançant un regard mauvais à Emy. Vous n'allez quand même pas vous battre tous les quatre ?...qui plus est, à cause d'une Sang de Bourbe.

Propos qui firent pouffer ses petits camarades...sauf un.

- Malefoy, se fit soudain entendre une voix glacée et menaçante, je croyais pourtant t'avoir déjà dit que je n'aimais pas ce genre de vulgarité.

Malefoy perdit instantanément sa superbe et les autres s'arrêtèrent tout aussi vite de ricaner. L'air soudain mal-à-l'aise et le teint encore plus pâle qu'à l'accoutumée, Malefoy se tourna vers Lynch en tâchant néanmoins de conserver un minimum d'assurance.

- Ouais, ouais. Je m'en souviens, bien sûr. Mais tu sais, dit-il ensuite d'un ton faussement décontracté, en fonction de la personne dont il s'agit, c'est davantage la vérité qu'une insulte.

Crabbe et Goyle prirent l'initiative de sourire à cette remarque déplacée, mais devant la tête que continuait à faire Lynch, leurs lèvres reprirent une position nettement plus sobre.

- Bon aller !, s'énerva Malefoy. On a de toute façon autre chose à faire que de perdre notre temps à cause de ça !, lança-t-il amer, avant de continuer son chemin sans accorder un regard supplémentaire vers les quatre gryffondors.

Le reste du groupe suivit dans la même indifférence. Mais quand vint le tour de Lynch de passer devant Emy, celui-ci lui adressa un imperceptible coup d'œil qu'ils ne furent pas nombreux à remarquer et qui la troubla légèrement. Prenant cependant sur elle pour ne rien laisser voir, elle dut de surcroit encaisser ensuite le regard venimeux dont la gratifia Bullstrode - qui fermait la marche tel un petit chien, juste derrière Lynch.


- Ah ! Ceux-là alors !, vociféra Ron une fois les serpentards hors de vue. Ils n'en ratent jamais une !
- Ça va Emy ?, s'inquiétèrent plutôt Harry et Hermione.
- Oh...oui, ça va aller, soupira-t-elle. De toute façon, ce n'est pas la première fois que j'y ai droit et je pense que malheureusement, ça ne sera pas non-plus la dernière...
- Avec Malefoy dans les parages, tu peux compter dessus, déclara Ron avec mauvaise humeur.
- Ça fait bizarre en tout cas, réalisa soudain Harry, un serpentard qui en remet un autre en place.
- Ouaip !, approuva Ron. Et je crois même que s'il ne m'inquiétait pas autant, j'irais remercier Lynch pour le mouchage en direct qu'il vient de nous offrir ! Malefoy qui se fait rabattre le caquet, c'est pas tous les jours qu'on en profite.

Les autres sourirent, puis tous se remirent en marche.

- Drôle de type quand même ce Lynch, non ?, commenta doucement Harry quelques instants plus tard, alors qu'ils arrivaient dans le couloir au bout duquel se trouvait la bibliothèque. Je me demande quel genre de relation il entretient avec les autres...Enfin, je veux dire avec les serpentards – parce qu'avec ceux des autres maisons, j'ai une petite idée sur la question.
- Oui. J'aimerais bien le savoir aussi, reconnut Hermione en ouvrant dans un léger grincement la lourde porte en bois de la bibliothèque.

Ils pénétrèrent silencieusement dans l'antre de l'irascible bibliothécaire, madame Pince, en prenant soin d'éviter son regard perçant qui avait le don de faire naître la culpabilité chez quiconque le croisait. Ils repérèrent ensuite une table libre tout au fond de la grande pièce, où ils allèrent rapidement prendre place.
Dès qu'ils furent installés, Hermione rentra dans le vif du sujet.

- A votre avis, est-ce que le différend entre Adel et Lynch a à voir avec la disparition de Belby ?
- Honnêtement ?, répondit en premier Harry. Oui, j'en suis certain - ou alors, on serait face à des coïncidences trop incroyables pour être vraies.
- Attendez !, s'opposa brusquement Emy. Vous êtes en train de sous-entendre qu'Ewan aurait à voir avec cette disparition ?
- Ah parce que tu ne le crois pas toi, après ce qui vient de se passer ?, lui demanda Ron, incrédule.

Emy soupira et resta quelques secondes silencieuse.

- Non, dit-elle enfin. Et d'abord, pourquoi s'en serait-il pris à lui ? Rien dans le comportement d'Ewan, ces derniers temps, ne laisse à penser qu'il lui en aurait voulu pour quoi que ce soit.
- « Pourquoi ? », ça, c'est vrai qu'on n'en sait rien, avoua Harry. Mais en même temps, regarde Emy : Lynch et Belby se sont déjà accrochés plusieurs fois – et rares sont ceux avec qui Belby pouvait avoir des problèmes ; mais surtout, il aurait très probablement dû rejoindre Adel et Roger hier matin, hors il ne l'a pas fait – parce qu'il a été dans l'impossibilité de le faire. Et là dessus, à peine la nouvelle de sa disparition connue, Adel saute sur Lynch en laissant largement deviner que celui-ci aurait récemment eu un comportement pour le moins suspect.
- Oui, je vois ce que tu veux dire Harry, reconnut Emy à mi-voix. Mais...
- En plus, lança Ron, on n'a pas vu Lynch hier matin à Pré-au-Lard !
- Attends ! Ce n'est pas parce que tu ne l'as pas vu là-bas qu'il n'y était pas, objecta alors Hermione qui tentait, malgré tout, de rester la plus objective possible.

Mais...

- Non, Hermione. Ron a raison, annonça doucement Emy. Il n'était pas à Pré-au-Lard hier matin.
- Comment le sais-tu ?
- Simplement parce que je l'ai vu ici-même quand j'y suis venue.
- Quoi ? Il était à Poudlard ?, s'exclama Ron – qui se fit reprendre de volée dans la seconde par madame Pince. Mais alors, chuchota-t-il ensuite, tout excité, ça voudrait dire que...
- On se calme, le coupa Hermione. Le fait qu'il ait été à Poudlard hier matin n'implique pas automatiquement qu'il ait à voir quelque chose avec la disparition de Belby - même s'il y a effectivement de nombreux éléments qui me laisseraient aussi à penser que dans ces conditions, il ferait un suspect presque idéal, rajouta-t-elle à l'intention de Harry qui s'apprêtait à faire ce genre de remarque. Il nous manque cependant le mobile – ce qui n'est pas rien.

Puis, se tournant vers Emy :

- Est-ce que tu sais à quelle heure il est venu ici ?
- Oui, parce qu'il est arrivé seulement quelques minutes après moi - il s'est d'ailleurs installé à la table voisine de la mienne, rapporta Emy en montrant du doigt les deux tables concernées.
- J'espère au moins qu'il n'a pas choisi cet emplacement exprès pour pouvoir t'embêter, grinça Harry.
- Oh non !, le détrompa aussitôt Emy. À peine arrivé, il est venu s'assoir et a commencé à lire un livre.

Ron afficha alors une drôle d'expression.

- Je ne m'imaginais pas un gars comme lui préférer passer ses week-end enfermé à lire plutôt qu'allé prendre du bon temps dehors. Mais bon, faut dire aussi que s'il venait de terminer une petite séance de chasse à l'homme, il devait être fatigué...
- Ron !, siffla Hermione. N'accuse personne avant d'avoir des preuves, s'il te plaît !
- Et des preuves, tu comptes en avoir comment, hein ?, répliqua Ron. En allant lui demander, peut-être ? Parce que quand on voit la première tentative avec Adel et Roger qui sont vos copains, on imagine le reste...
- Ça suffit !, les interrompit Harry avant d'en revenir à Emy. Et lorsqu'il était là, qu'est-ce qu'il a fait ? Juste lire ?
- Euh, oui. Sauf à moment donné quand...

Mais Emy s'arrêta là, affichant soudain un curieux teint rosé.

- Quoi ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Bah, rien qui soit en rapport avec ce qui nous intéresse – je vous assure...
- Dis quand même, insista Ron avec un sourire curieux.

Emy le regarda, poussa un léger soupir et se décida.

- Hé bien...Je suis venue ici après que madame Pomfresh m'ait donnée à boire l'élixir, pour essayer de m'avancer dans mes devoirs de métamorphose – vu que j'en avais en rab, pour un peu changer...

Ron et Harry échangèrent un regard ahuri.

- C'est là qu'Ewan est arrivé, s'est installé, m'a rapidement saluée d'un signe de tête quand il m'a vue, a sorti son livre et a commencé à lire, jusqu'à ce que...
- « Jusqu'à ce que... » ?

Emy parut encore plus gênée.

- Jusqu'à ce qu'il s'arrête de le faire, trouvant probablement plus intéressant de me regarder ramer avec mes sortilèges qui n'aboutissaient qu'à des catastrophes.
- Hum...Connaissant la bête, il a dû bien se marrer, supposa Ron.
- En fait, pas vraiment, répondit Emy au grand étonnement des trois autres. Il a commencé par me regarder faire sceptique, puis assez attentif – c'est là où, honnêtement, j'ai cru aussi que j'allais me prendre quelques vannes « à la Malefoy ». Mais au bout d'un moment, alors que j'allais abandonner, il s'est levé, est venu vers moi baguette à la main, et d'un petit mouvement de rien du tout, il a transformé ma coquille d'huître en une rose de nacre encore plus éblouissante que celle de McGonagall.
- Pardon ?
- Oui, je sais, sourit Emy, émue à ce souvenir. C'est bien la dernière chose à laquelle je m'attendais de sa part. Mais pourtant...Bon, ceci dit, poursuivit-elle plus réaliste, si ça peut vous rassurer, j'ai ensuite eu droit à une ou deux réflexions de sa part sur mon niveau en métamorphose qui le laissait sceptique quant au fait que je sois bien en cinquième année.
- Ah ! Vous voyez !, s'exclama Ron – qui faillit cette fois-ci, se faire sortir de la bibliothèque par madame Pince. C'est plus fort qu'eux : faut toujours qu'ils trouvent le petit truc à dire qui exaspère.
- Et à part ça ?, demanda Hermione qui fit signe à Ron de se taire.
- Rien de particulier, comme je vous l'ai dit. Notre « échange » s'en est tenu là. Il m'a dit que si je n'avais plus besoin d'aide, lui, avait autre chose à faire. Il est retourné s'assoir et a repris son livre. Moi, j'ai dû rester encore un quart d'heure, ensuite je suis partie. On s'est rencontré quelques minutes plus tard quand j'arrivais à la salle commune.
- Donc, rien à signaler ?, soupira Harry.
- Du temps où on était ensemble à la bibliothèque : non, en effet.
- Peut-être, mais ce n'est pas pour ça qu'il n'a rien fait avant d'y aller, persista Ron.
- Bon, de toute façon, personne ne pouvant nous donner pour le moment l'emploi du temps de Lynch avant qu'il soit allé à la bibliothèque, passons à autre chose, coupa Hermione.
- Comme quoi, par hasard ?, demanda Harry – qui se doutait de la réponse.
- Aller voir Dumbledore.

Bingo !

- Mais Hermione, s'aventura Emy, on ne sait même pas où il est.
- On verra bien. Au pire, on ira demander à McGonagall. Allez, venez !


Malheureusement, non-seulement comme prévu, Dumbledore demeura introuvable, mais en plus, lorsque les gryffondors s'aventurèrent à questionner certains de leurs professeurs pour connaître l'endroit où ils pourraient trouver leur directeur, les réponses obtenues ne leur furent d'aucune aide - au contraire.

- Et pour quelle raison souhaitez-vous voir le professeur Dumbledore, Potter ?, commença McGonagall de son ton sec et cassant. Ne me dites pas que c'est pour cette histoire d'absence de l'un de vos camarades ? Tout a été dit à ce sujet. Donc ne commencez pas à me harceler avec ça et concentrez-vous plutôt sur des choses vraiment importantes – comme vos BUSES, par exemple. Et à ce sujet, miss McLane, pensez à revoir votre dernier cours pour demain – vos dernières métamorphoses en classe furent un véritable désastre ! Maintenant excusez-moi, mais j'ai autre chose à faire.

Sur quoi, elle tourna les talons et laissa les quatre élèves, dont Emy complètement dépitée, en plan au milieu du couloir de la salle des professeurs.
Quelques minutes plus tard arriva Flitwick – suivi de près par Rogue. Et même si le petit professeur fit de son mieux pour se montrer plus compréhensif et aimable, les résultats avec lui furent les mêmes. Quant à Rogue – que les quatre n'avaient pas prévu d'interroger mais qui se fit néanmoins un plaisir d'intervenir une fois que Flitwick se soit retiré – inutile de dire qu'il s'en donna à cœur joie...et qu'aucun n'eut l'idée de lui demander son avis sur la question.

- Hé bien. Il semblerait que le petit groupe se soit de nouveau mis en action, ironisa-t-il. Alors ? « Potter & Compagnie » est de nouveau plongé en pleine investigation ? J'ose néanmoins espérer que vos précédentes expériences où seule une chance insolente vous a permis de ne pas vous faire renvoyer ne vous inciteront pas, vous et vos petits camarades, à enfreindre à nouveau le règlement. Ça serait tellement dommage pour Gryffondor de perdre toutes ses chances de remporter la « Coupe des Quatre Maisons » en n'ayant plus de points, et pour vous, d'être cette fois-ci renvoyés s'il advenait que je vous croise là où vous ne devriez pas être...

Sur quoi il partit, ravi de sa petite prestation.

- Que du bonheur ce type, soupira Ron.


À court d'idée et commençant à avoir un peu trop de choses qui se bousculaient dans leur tête, les quatre gryffondors décidèrent de s'en tenir là pour le moment.
Ils profitèrent donc de leur dimanche ensoleillé pour sortir faire le point dans le parc du château, plutôt que d'aller se plonger dans leurs livres pour réviser, comme le leur avait aimablement suggéré leur directrice.
...même Hermione suivit le mouvement sans rechigner.

- Quoiqu'il en soit, positiva cette dernière tout en longeant le lac, demain soir au plus tard, nous devrions réussir à obtenir de nouveaux renseignements.
- Exact, confirma Harry. Nous arriverons bien à amener Adel ou Roger à nous parler un peu de ce qu'il s'est passé hier et ce matin.
- Faudra pas compter sur moi pour ce genre d'exercice par contre, grimaça Ron. Car même si Flint s'était retrouvé au cœur du problème, il m'y plongerait davantage dedans plutôt qu'il me l'expliquerait.
- On ne te demanderait pas une chose pareille de toute façon, Ron, le tranquillisa Hermione. Par contre..., dit-elle ensuite en regardant Emy d'un air incertain.
- Quoi ?
- Hé bien, je me demandais si tu pensais pouvoir obtenir quelques informations de la part de Lynch – par rapport à son différent avec Adel, entre autre...
- Quoi ? Hermione, tu pousses là !, s'écrièrent Harry et Ron, effarés par la demande. C'est de Lynch dont on parle, là !

Demande qui sembla pourtant moins impressionner Emy que les deux garçons. Même si...

- Honnêtement, je n'en sais rien Hermione, répondit-elle hésitante en baissant la tête. Tu sais, hier matin, c'était la première fois qu'Ewan me parlait en dehors de nos séances et pour me dire autre chose que : « ne me dis pas qu'il faut encore que je t'explique ça ? » ou « tu penses pouvoir me laisser travailler tranquillement sur le dossier plus de dix minutes sans m'interrompre ? ».

Hermione eut un petit sourire compatissant.

- Certes, il est moins insupportable que ce qu'on me l'avait laissée penser de prime abord, mais nos rapports sont loin, très loin d'être cordiaux. Je pense que dans la situation actuelle, il s'est seulement un petit peu habitué à ma présence et me supporte malgré tous les a priori qu'il doit avoir sur une fille comme moi...
- Ça tu peux le dire, renchérit Ron. C'est une brute de Serpentard après tout, rien d'autre !
- De là à dire ça...Je ne sais pas, Ron, murmura contre toute attente Emy, l'air troublé.
- Comment ça : « Tu ne sais pas » ?, s'étouffa Ron sous le regard interdit de Harry et d'Hermione. Ça ne va pas ou quoi, Emy ? Hé ! Oh ! Réveille-toi ! T'as oublié avec qui il passe son temps ? Comment il t'a parlée le premier jour où vous vous êtes croisés et la manière détachée et blasée dont il traite tout le monde ? Et puis franchement, tu sais quoi ? De là à ce que ce matin il soit venu te donner un coup de main uniquement pour te montrer à quel point il t'était supérieur, y'a pas loin !...en tout cas, ce n'était certainement pas de la pitié – ou encore moins de la gentillesse. Faut pas rêver !

Harry et Hermione étaient assez d'accord avec ces paroles, mais ils trouvèrent cependant que Ron y était allé un peu fort.

- Calme-toi Ron, dit Harry. Emy a juste voulu dire que...
- Je ne prétends pas qu'Ewan soit un saint – loin de là, le coupa Emy qui préférait prendre elle-même sa défense. Et rassure-toi, non-seulement j'ai bonne mémoire et n'ai rien oublié de tout ce que tu viens d'énumérer, mais j'en tiens également compte quand je suis avec lui. Ce que je voulais dire, c'est que ce garçon est différent des autres – malgré de souvent être en leur compagnie. Il n'a rien de la brute épaisse que peuvent être Crabbe, Goyle ou Flint. Il n'est pas plus sournois ou menteur comme peut l'être Malefoy. Ça se voit, ça se sent. Il y a une forme de franchise assez paradoxale chez lui. C'est pour ça que même si je pense qu'il est dans la maison qui lui convient le mieux, il n'est pas à mettre dans le même panier que les autres...même si ses actions sont loin d'être les plus exemplaires.
- Pourtant, « qui se ressemble, s'assemble », glissa Ron.
- Oui, je connais aussi ce dicton, sourit Emy. Mais dans quelle mesure peut-on l'appliquer au cas d'Ewan...? Quoi qu'il en soit, dit-elle ensuite plus assurée en se tournant vers Hermione, si je peux apprendre quelque chose, je te le dirai – mais vu la situation, n'y compte pas trop...