Salut tout le monde ! :)

J'espère que vous avez passé de bonnes vacances ! ;)

Merci pour vos gentilles reviews ! : D

N'hésitez pas à faire des commentaires, des conseils pour que je puisses m'améliorer puisqu'il s'agit de ma première fic :) et que je suis donc une débutante (malgré le fait que j'en ai lu un nombre assez impressionnant ^^).

Réponse de la review :

Trafalgar-mon-am : Merci beaucoup pour ta review ! ;) C'est vraiment trop gentil ce que tu dis ! J'espère avoir le plaisir de te revoir. J'espère aussi que la suite te plaira !

Résumé du chapitre précédent : Aria se retrouve à devoir faire le repas suite à la demande de Trafalgar, ce que l'équipage regrette lors de celui-ci à cause d'une erreur d'Aria. Rob, le navigateur, est assez méfiant à son encontre. Ayant fait ce qu'il attendait d'elle, Aria réclame une nouvelle fois ses affaires auprès du capitaine du Heart qui finit par les lui rendre après une discussion mouvementée. La jeune fille finit par retourner dans sa chambre et s'endort.

Disclaimer : Tout est à Oda, sauf Aria, sa famille, ses amis et quelques membres de l'équipage des Heart Pirates.


Chapter 8 : Sleepless night.

La lumière m'éblouissait. Je ne distinguais plus le paysage m'entourant, seuls les traits du visage de mon amie ainsi que son corps m'étaient visibles. Elle me semblait tellement loin. Elle me cria quelque chose que je ne sut entendre. Des coupures et plaies se faisaient sur sa peau, le sang commençant à perler. Des larmes coulaient sur mes joues et je criais, exprimant mon impuissance et ma rage de ne pouvoir la rejoindre tout autant que ma tristesse et mon désespoir. Je tendis la main en avant pour attraper la sienne tandis qu'elle en faisait de même, en vain. J'avais l'impression que chaque seconde m'éloignait d'elle un peu plus. Jusqu'à ce que tout ce qui m'entourait ne disparaisse et que je ne sentis une sensation de vide sous mes pieds. Je tombais irrémédiablement dans une sorte de néant où la noirceur régnait. Je me redressais d'un coup, criant le nom de ma meilleure amie présente dans mon cauchemar.

-Allie !

J'haletais, essayant de reprendre pied et de me souvenir où j'étais. Toujours étendue sur le lit (qui était quant à lui totalement défait, dû à mon cauchemar et l'oreiller avait même atterri à l'autre bout de la pièce), je serrais, ou plutôt écrasais, mon sac dans mes bras tel une peluche réconfortante. Je me levais et m'étirais. Bien mal m'en pris, les bleus de l'après-midi (ou bien de la veille, je n'avais aucune idée du temps pendant lequel j'avais dormi, pour ce que j'en savais, on pouvait être en pleine nuit) se rappelèrent à mon bon souvenir. J'enlevais mes lunettes pour les nettoyer, puisque j'avais dormis avec.

-Oh mais quelle bonne idée de m'allonger les lunettes sur le nez, dis-je avec ironie quand je vis l'angle bizarre que faisait l'une des deux branches.

J'essayai de les réparer et obtins un résultat bien plus qu'acceptable. J'observais ma chambre et je vis alors sur le bureau un plateau repas dont le contenu aurait fait pâlir d'envie certains chefs étoilés bien connus. Je me levais et m'approchais de celui-ci. Je ne saurais décrire tout ce qu'il s'y trouvait. Une note était pliée en deux dans un coin du plateau. Un simple "Bon appétit Aria " signé d'un "Gus " en bas à droite ornait le papier. Il me l'avait sans doute apporté car je ne m'étais pas présentée au dîner. Et donc … on devait être en pleine nuit.

Je décidais d'abord de prendre une douche (il ne fallait pas oublier que j'avais eu un "entraînement dans la journée ou hier, bref peu importe et que je ne sentais pas vraiment la rose si l'on pouvait dire cela comme ça), puis de manger la nourriture que Gus m'avait apporté. Le repas, bien que froid, était délicieux. Eh bien, s'il cuisine aussi bien, je crois que je n'aurais aucune difficulté à rester les prochains jours ! Ah ! Mais Aria, idiote, pourquoi tu dis ça ? Arrête de penser avec ton estomac ou bien ça finira mal un jour ! Je ne devais surtout pas oublier que je n'étais ici que quelques jours, je ne devais pas m'imaginer pouvoir rester plus longtemps. Bien qu'ils se soient pour l'instant montrés sympathiques, (à part Trafalgar et Rob qui avaient été plus que menaçant à un moment pour l'un et méfiant pour l'autre et Nico ainsi que Dan qui s'étaient montrés assez lunatiques les seules fois où je les avais vu), ils restaient un équipage pirate et je ne devais pas me faire de fausse idées. Malgré les apparences que certains avaient montrées, ils n'étaient pas des enfants de chœur, loin de là. Je savais très bien qu'en cas de danger pour eux-mêmes ou pour l'équipage, aussi gentils qu'ils soient, Shachi et les autres n'hésiteraient pas une seconde à prendre les armes et à se battre. Je soupirais. Sachant que l'un d'eux m'avait à l'œil (sans compter le capitaine) et que celui-ci pouvait probablement me considérer comme une ennemi potentielle, cette pensée n'avait rien pour me rassurer.

Je quittais la chaise pour m'asseoir sur le lit en tailleur et tirais mon sac jusqu'à moi. Je tenais à vérifier si tout était en état, après tout celui-ci avait tout de même fait un tour dans l'océan. Je l'ouvris et je fus stupéfaite. Eh bien, quand les vendeurs avaient dit à mon frère que ce sac était étanche, l'un des meilleurs qu'ils avaient, ils n'avaient pas rigolé ! Tout était parfaitement sec, bien que quelques cahiers et livres de cours ainsi que mes deux mangas One Piece semblaient avoir quelque peu souffert depuis la dernière fois que je les ai vu. Le reste était parfaitement en état. Considérant ce qu'il s'était passé, je n'avais certainement pas à me plaindre.

Je pris mon téléphone et l'allumais. Si par le plus grand des miracles celui-ci marchait parfaitement, je pourrais peut-être contacter l'un de mes proches, de préférence mon père. Ainsi la police pourrait de fil en aiguille être au courant de ma disparition, puisque Papa était commissaire de police, si cela n'était pas déjà fait, après tout j'ignorais le temps qui s'était écoulé chez moi. Une poignée de minutes ou bien quelques dizaines d'heures, de jours, de mois pouvaient s'être passé. Dans le pire des cas, plusieurs années …lorsqu'on en parlait, cette histoire de voyage dans l'espace, à travers les mondes devenait bien plus compliquée. Je n'avais aucun moyen de le savoir si je ne les contactais pas. L'attente du chargement de l'appareil me semblait infinie. Mais de toute façon, qu'est-ce que j'imaginais ? Même si je parvenais à les joindre, que pourraient-ils faire pour moi ? Pour m'aider ? Nous aider ? En effet, il ne fallait pas oublier Allie dans l'équation, elle aussi était coincée ici et je ne savais même pas si elle allait bien, le rêve que j'avais fait plus tôt ne me rassurant pas outre mesure. Même si je pouvais leur parler, ils ne pourraient rien faire, il ne fallait pas rêver. On n'était pas dans un film de science-fiction où des scientifiques allaient créer un portail de haute technologie pour nous sauver. Rien de tout ça n'existait. Ils ne pourraient pas nous aider. Au pire, personne ne nous croirait et on nous demanderait d'arrêter notre fugue tout en leur expliquant comment on avait pu échapper à la mort après une chute pareil. Au mieux, je pourrais parler à ma famille, mes amis. Mais n'était-ce pas pire ? Je ne pourrais pas les voir, les toucher. Cela ne pourrait que me rappeler ma situation actuelle ce qui n'en serait que plus déprimant. Chacun continuerait sa vie de son côté en attendant que je trouve la solution pour que nous rentrions… si j'en trouvais un jour.

Tout cela était bien trop démoralisant. Je mis mon code et le montage que j'avais fait avec une photo de ma famille et de mes amis s'afficha. Les voir me remotiva. Si je ne pouvais pas encore être avec eux, j'avais le devoir de leur faire savoir que j'allais bien, pour autant que je puisse bien aller dans une telle situation, des bleus sur le corps en bonus. Alors que j'appuyais sur la fameuse application, un message automatique s'afficha. Celui-ci fit s'effondrer tout espoir de parler de ma mésaventure, mes angoisses, ma curiosité, tout ce qu'il s'était passé et tout cela seulement par quelques mot : [Impossibilité de se connecter à un réseau-Veuillez appuyer pour réessayer]. Je fis d'autres tentatives, en vain, avant d'abandonner. Je pouvais donc dire "adieu" à la possibilité d'appeler mes proches, de leur envoyer des messages, mais aussi d'aller sur Internet et YouTube ainsi que sur tout ce qui nécessitait du réseau. Au final, cela réglait bon nombre de questions, mais aucunement mes problèmes. Pourtant, c'était assez logique et j'aurais dû y penser avant. Ici, ils n'avaient pas de téléphone et autre, ils n'avaient donc pas besoin de réseau et leurs escargophones ne devaient certainement pas marcher grâce à cela, même si je n'avais aucune idée de leur fonctionnement.

Je m'allongeais sur mon lit, profondément triste et dépitée. Le reste de mon sac, soit mes recharges, mon iPod, mes écouteurs et mon casque ainsi que mes clés et un paquet de gâteau (que je ferais mieux de manger rapidement, l'humidité n'avait pas dû leur faire du bien) pouvait aisément indiquer mon origine. J'avais tout intérêt à ne pas laisser tout cela traîner. Je le posais sous le lit, ayant remis toutes mes affaires à l'intérieur de mon sac, ne pouvant évidemment pas garder mon portable dans ma poche. J'essayais alors de dormir à nouveau, sans succès. Après m'être tournée et avoir soupiré des dizaines de fois, je me résignais à passer la nuit éveillée. Les nuits blanches avaient la fâcheuse habitude de me rendre de mauvaise humeur pour la journée qui suivait. Mon sommeil étant précieux, celles-ci étaient ma hantise.

Je me relevais et sortis de ma chambre, traînant des pieds et portant toujours les vêtements de Trafalgar, soit le sweat bleu marine avec le jolly roger de l'équipage et le jean tacheté. J'avais remis mes converses. Le bruit de mes pas résonnait dans le couloir. Le seul autre son qui se faisait entendre était le bourdonnement constant des machines auquel on finissait par s'habituer tel un bruit de fond, répétitif, agaçant, mais rassurant. J'avais raison, les occupants du navire devaient dormir à cette heure, seule une personne devait, quant à elle, monter la garde dans la vigie. Je me demandais bien qui c'était … peut-être que je pourrais passer le reste de ma nuit là-bas ? Après tout, mieux valait être à plusieurs que ruminer des mauvaises pensées toute seule. Je me dirigeais alors vers la vigie d'après les souvenirs de ma visite du sous-marin. Je l'atteignis en peu de temps et pu découvrir qui était de garde.

-Stan ?

L'apprenti-médecin sursauta, cacha le magazine qu'il lisait avec empressement sous un coussin et fit ensuite comme si de rien n'était. Plus crédible, tu meurs. Mais pour qu'il soit aussi paniqué, ce qu'il lisait devait être …

-Sérieusement ? Tu lis ce genre de magazine ? dis-je, le sourcil droit levé, l'incrédulité se voyant aisément sur mon visage.

-Nan, pas du tout ! Ce n'est pas ce que tu crois !

-Oh vraiment ?

Je ne croyais pas à son baratin, plus que sceptique à ses propos.

-Oui. C'est …c'est sur les différentes créatures marines. Ils parlent aussi des hommes-poissons et des sirènes. Et …hum …voilà quoi, répondit l'apprenti médecin, gêné au possible.

Bien sûr et moi, j'étais la reine d'Angleterre.

-Ah bon ? Ça a vraiment l'air d'être intéressant ! Je pourrais te l'emprunter pour le lire ? fis-je, le plus innocemment possible.

Sa réaction fut des plus distrayantes. Il se mit à balbutier et à tenter d'inventer des excuses les plus abracadabrantes que les autres. Il fut évident pour nous deux qu'il ne trompait personne et il y eût un silence gênée. Je jubilais silencieusement, prenant cela pour une vengeance de sa participation à leurs petites blagues, pourtant bizarrement, la culpabilité s'insinua vicieusement en moi. Il avait l'air si gêné que je décidai de rompre ce silence.

-Tu es là depuis longtemps ? Quand est-ce qu'il y a une relève ?

Mon changement de sujet sembla le rassurer. Stan reprit contenance et se rassit convenablement.

-Depuis trois heures du matin, soit il y a une heure. Et je suis la relève. Dan avait la garde avant moi, je dois rester jusqu'à sept heure.

Il se tut un instant avant de continuer.

-Mais dis-moi plutôt, pourquoi la belle endormie s'est-elle levée ? Un mauvais rêve ?

Je n'avais aucune raison de lui mentir par rapport à ça alors je lui répondis sans réserve.

-Oui. J'aurais pu rester dans ma chambre, mais je n'ai pas pu me rendormir alors je suis sortie me promener.

Il hocha la tête, convaincu.

-Très bien, tu peux rester ici, un peu de compagnie ne me fera pas de mal. Et parler devrait m'empêcher de dormir. Pas que d'habitude je m'endors, hein ! se reprit-il. C'est pas du tout mon style ça !

-Merci ! Et ne t'inquiète pas, je te crois, lui répondis-je avec un clin d'œil.

Stan parut soulagé et son attention se rapporta sur la baie vitrée et l'horizon que l'on voyait à travers elle. Je m'assis sur le canapé à côté de son fauteuil, en face de la baie vitrée. Contrairement à lui, je ne surveillais pas le paysage, mais je le détaillais avec attention. Blond, les yeux chocolat et le visage fin, la seule chose qui différenciait Stan de son frère jumeau, Dan, était leur taille, Dan étant un peu plus grand. Je sentais que j'allais galérer à les distinguer l'un de l'autre. J'espérais que dans les jours qui allaient suivre je trouverai d'autres différences. Eh mais en fait, c'est une version réelle du jeu des sept différences, il ne me restait plus qu'à trouver les six autres ! Je rigolais toute seule dans mon coin de ma blague jusqu'à ce que Stan le remarque.

-Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ?

-Rien !

Je reportais mon attention sur les fonds marins en serrant mes lèvres pour ne pas rire. Des bancs de poissons nageaient devant nous. Certains petits poissons semblaient jouer en se poursuivant, produisant ainsi des arabesques des plus incroyables. D'autres, plus imposants, dévoraient leurs semblables plus petits. Ce grand monde bleu n'était que silence. J'étais captivée par ce spectacle peu commun.

-C'est reposant, n'est-ce pas ?

Stan s'était tourné vers moi, souriant tranquillement.

-Quand je veux être seul, loin de toute agitation, il n'y a pas de meilleur endroit.

Recroquevillée sur le canapé et les bras autour des genoux, j'hochai la tête, approuvant derechef ses propos.

-Oui, c'est …idéal, soufflai-je.

Il n'ajouta rien pendant quelques minutes avant de reprendre.

-Au fait, au cas où tu ne l'aurais pas vu, Gus a laissé un plateau repas dans ta chambre puisque tu ne t'es pas présentée au repas d'hier soir.

-Oui, d'ailleurs il faudra que j'aille le remercier et m'excuser tout à l'heure. J'étais en train de dormir, dis-je pour toute excuse.

-Effectivement, mais tu sais, tant que cela n'est pas répété et que tu as une bonne raison, il n'y a aucune raison qu'il t'en veuille. Surtout qu'il t'a laissée dormir, ce qui veut dire qu'il pensait que tu en avais besoin.

-Tu dis cela comme si cela était déjà arrivé …

-Il arrive parfois que le capitaine passe ses soirées ou quasiment ses nuits dans sa chambre ou dans son laboratoire à faire des recherches. Alors, à chaque fois, il lui apporte un plateau repas puisqu'on sait tous que Law ne sortira pas de la pièce tant qu'il n'aura pas obtenu ce qu'il veut, expliqua le blond.

Bizarrement, cela ne m'étonnais pas le moins du monde. Trafalgar me semblait bien être le genre de personne obstinée qui faisait tout pour avoir ce qu'il veut, quitte à sacrifier un repas, quelques heures de sommeil ou bien plus.

-Évidemment Gus fait pareil pour nous quand nos fonctions nous y obligent.

Il s'ensuivit un grand silence où ennuyée, je commençais à détailler la pièce. Le canapé et le fauteuil sur lesquels nous étions assis étaient en face de la baie vitrée et entre les deux se trouvait une table basse. La vigie contenait un périscope, un radar, une petite bibliothèque ainsi qu'une table et des chaises allant avec. Chacun devait sûrement apporter de quoi s'occuper lors de leurs gardes. D'où le magazine "scientifique" de Stan.

-Dis, commençais-je, tu crois que je devrais prendre un tour de garde pendant le temps où je serais présente ? Histoire de servir à quelque chose.

Il me regarda bizarrement, comme si une deuxième tête m'avait poussé à côté de la première. Quoi ? J'ai encore dit une bêtise plus grosse que moi ? Oh. Je vois. Je compris alors que Stan ouvrait la bouche pour me répondre.

-Évidemment que non. Je suis désolé, mais tant que nous ne sommes pas assurés de ta fiabilité ou de la confiance que l'on peut placer en toi, il en est hors de question.

Je soupirais.

-Oui, je me suis rendue compte de l'absurdité de ma question après l'avoir posée. Oublie, c'était débile de demander, soufflai-je.

-D'où la nécessité de tourner six fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Et puis, ce ne serait que moi, tu pourrais le faire, néanmoins d'autres personnes ne seraient pas d'accord.

-C'est sept fois, je te signale. De plus, on n'a jamais rien sans rien, alors j'ai tenté, j'ai raté. Tant pis, au moins j'aurais essayé.

-Pas grave, six ou sept, c'est pareil, nia-t-il, un petit sourire aux lèvres.

-Non, pas du tout.

J'hésitais à poser la question qui me taraudait.

-Stan ?

-Hum ?

-À qui est-ce que tu faisais référence quand tu disais que certaines personnes risquaient de ne pas être d'accord ?

Le blond me dévisagea un court instant avant de reporter son attention sur la baie vitrée.

-À propos de ça, commença-t-il, tu dois déjà avoir quelques idées, non ?

-Trafalgar, de toute évidence, puis … Rob. Nico et …

Je ne savais pas si je devais continuer, quel pourrais être sa réaction ?

-Tu peux continuer, tu sais, fit-il d'une manière qui m'indiqua qu'il savait de qui je voulais parler.

-Et Dan.

Stan se leva, effectua quelques vérifications sur le radar avant de reprendre sa place sur le fauteuil.

-Comme tu l'as remarqué, certains d'entre nous ne te font certes aucunement confiance, mais n'en ont aussi aucune envie. Rob pense, par exemple, que tu ne seras qu'une source d'ennuis et que l'on aurait mieux fait de te laisser dériver sur les flots. Nico … se fiche tout simplement de ta présence. Pour lui, tu ne seras présente qu'une semaine, et, puisqu'il n'est pas d'un naturel très sociable, il ne voit pas l'intérêt de s'efforcer à paraître agréable et à vouloir te connaître. Tu connais certainement les raisons du capitaine, je ne vois donc pas l'intérêt de te les énumérer. Pour Dan, je crois bien que c'est un mélange des deux.

J'inspirais profondément. Tout ce qu'il me disait-là n'était pas le plus facile à accepter

-Tu crois seulement ?

-Il pense que tu pourrais te révéler être un vrai aimant à problèmes et que le plus vite tu seras partie, le mieux ce sera.

D'un côté, ce n'était pas tellement faux. Après tout ils n'avaient rien demandé et ils se retrouvaient maintenant avec une adolescente sortie d'on ne sait où sur les bras et qui sait ce qui pourrait se passer après. D'une part, je les comprenais peu et de l'autre, j'étais en colère et frustrée. Ils ne me connaissaient même pas et se permettaient de faire des suppositions foireuses.

-Très bien, soupirais-je en resserrant mes bras autour de mes jambes. Si ma présence les insupporte à ce point, rien ne les oblige à me parler.

-Ce n'est pas ce que je voulais dire, me contredis l'apprenti médecin. Je t'ai dit qu'ils ne te faisaient pas confiance. Seulement, il faut que tu y mettes du tien.

Il inspira profondément avant de poursuivre.

-La question est : veux-tu vraiment qu'ils te fassent confiance ? C'est à toi de prendre des initiatives. C'est ta décision, conclut-il, le regard perdu dans l'océan.

Je ne répondis pas, plongée dans mes pensées. Il était vrai qu'en étant arrivée la dernière dans le sous-marin (et non, je n'ai pas dit l'équipage, ce qui a pour moi tout son sens), c'était à moi de faire le premier pas si je voulais me faire apprécier au moins un minimum par Rob, Nico et Dan. Je n'avais pas à exiger quoi que ce soit d'eux. Voilà qui allait me donner matière à réfléchir, autant que le choix de mon arme. De quoi se torturer joyeusement l'esprit. D'ailleurs, il allait sérieusement falloir que j'y réfléchisse et décide avant d'aller à l'entraînement d'aujourd'hui. Pff, que de choses auxquelles je n'aurais jamais pensé avant. Seulement, ma petite Aria, ce qui est arrivé est arrivé alors tu peux ruminer tes mauvaises pensées autant de temps que tu le voudras, ça ne changera rien.

-Merci …de me l'avoir dit, soufflai-je.

Le jumeau de Dan sourit, fier de lui-même. Tout ce qu'il m'avait dit m'avait fait l'effet d'un électrochoc. Ce n'était pas parce que je n'allais pas rester ici que je n'allais pas essayer de connaître un minimum tous les habitants de ce sous-marin, foi d'Aria ! Comme ça, ils pourront me juger de ce qu'ils auront vu et appris de moi et non grâce à de bêtes préjugés On verra comment je ferais plus tard.

Pour l'instant, j'allais rester là à contempler ce magnifique paysage qui défilait devant moi avec Stan… qui commençait à piquer du nez. Pour lui éviter de sombrer plus profondément dans le sommeil, je lui envoyais l'un des coussins qui étaient sur mon canapé en plein visage. Quoi ? C'est lui qui est de garde et il m'a bien précisé que je n'en avais pas le droit, alors autant qu'il reste éveillé jusqu'au bout. Il sursauta avant de se tourner vers moi.

-Eh ! Pourquoi tu -

-Tu t'endormais, c'était de mon devoir de te réveiller, ricanais-je. Tu disais quoi déjà ? Que ce n'était pas ton style de t'endormir pendant ton tour de garde ?

Stan gonfla ses joues avant de capituler.

-Okay, concéda-t-il, ça m'est déjà arrivé. Mais c'est rare, hein !

-Oh, mais je te crois ! répondis-je, en continuant à rire. Vraiment. Je te crois tellement que je pourrai dormir sans aucun état d'âme sachant que tu es vraiment éveillé et que tu surveilles vraiment activement l'horizon.

-Ah ah, très drôle, je me bidonne, fait-il.

-Eh mais t'es susceptible en fait !

-Quoi ? Pas du tout ! En vrai, c'est toi qui l'es, reprit-il. Tu étais vexée quand j'ai dit que personne ici ne te faisait confiance.

Je fis la moue.

-Un point pour le Dormeur.

Et moi je suis Prof. Ou Timide, au choix. En tout cas, je sais déjà qui est Grincheux. Il rit à mon appellation.

-Yep, s'écria-t-il joyeusement.


-Miss, réveille-toi.

Je sentais quelqu'un me secouer l'épaule pour me faire sortir de mon sommeil, sauf que je n'en avais aucunement l'envie. J'enlevais la main d'un mouvement instinctif du bras et me réinstalla confortablement sur le canapé. Ce n'était pas la première fois que quelqu'un essayait de me réveiller et ce quelqu'un allait galérer pour le faire, puisque la grosse dormeuse que j'étais adorais rester au lit jusqu'à ce que ce ne soit plus possible, ce qui voulait évidemment dire juste à temps pour ne pas arriver en retard au lycée. Ou pas. La main se fit plus insistante.

- Non, ce n'est pas encore l'heure. Le réveil n'a pas sonné, gémissais-je, la tête dans un oreiller.

Soudainement, la main arrêta de me secouer et je perçus la personne s'approcher encore plus de moi.

-Il est largement l'heure et tu n'as pas de réveil, Aria-ya, alors debout, me fut soufflé à l'oreille. Maintenant.

Oh mon dieu ! Je me relevais d'un bond, évitant de peu de me cogner la tête contre celle à qui appartenait cette voix à la fois grave et envoûtante qui avait résonné dans ma tête. Trafalgar Law était penché sur moi, un sourire narquois sur les lèvres. Qu'est-ce qu'il me voulait encore ? Il ne dormait donc jamais ?

-Le rouge te va très bien au teint, ricana-t-il.

À ces mots, je m'empourprais de plus belle, plus écarlate qu'une tomate. Je portais mes mains à mes joues, embarrassée, essayant de cacher leur couleur traîtresse. Je ne pouvais m'empêcher de repenser à sa superbe voix qui- stop ! À quoi est-ce que tu penses encore ? J'essayais de reprendre mes esprits, j'inspirai.

-Il est quelle heure ?

-Six heures pile ! s'exclama quelqu'un à côté de moi. Ce qui fait que je suis toujours ici vu que je finis mon tour de garde à sept heures. Bien dormis ?

Stan, toujours sur son fauteuil, m'adressa un petit sourire. Son air fier semblait me dire :" Tu as vu ? Je suis encore éveillé moi !" Il me tendit mes lunettes que j'avais posé sur la table basse.

-J'ai un peu mal au dos, dormir sur le canapé n'est pas le mieux.

-Tant pis pour toi, maintenant pousse-toi que je puisse m'asseoir, j'ai d'autres questions à te poser, déclama le capitaine.

-Sérieusement ? Tu n'as rien de mieux à faire à une heure pareille ? Je veux dire dormir, faire des recherches, ou bien même disséquer des gens comme le chirurgien psychopathe que tu es au lieu de me réveiller au plein milieu de la nuit ?

Trafalgar haussa un sourcil, amusé.

-Pourquoi ? Tu te portes volontaire pour être mon cobaye ?

Hein ?

-Quoi ? Mais ce n'est pas ce que j'ai dit ! Stop, ne t'approche pas de moi !

Le capitaine des Heart s'arrêta à quelques centimètres de moi. Son air contrarié ne me laissait rien présager de bon. Ses yeux argentés me fusillaient du regard.

-Ne. Me. Donne. Pas. D'ordres. Si tu recommences, tu en subiras les conséquences, déclara-t-il.

J'opinai doucement de la tête. Satisfait, il retira les oreillers qui lui bloquaient l'accès au canapé et s'assit à côté de moi. Il sortit son cahier de l'une de ses poches et le feuilleta jusqu'à atteindre les pages me correspondant. Mal à l'aise, je m'assis en tailleur. Qu'allait-il bien pouvoir mettre demander de plus ?

-Bien alors on reprend tout depuis le début, commença Trafalgar.

Quoi ?

-Stan, tu peux disposer, je finirais ton tour de garde, termina-t-il.

L'apprenti médecin se leva joyeusement.

-Merci Cap'tain ! s'exclama-t-il.

-C'est Capitaine ! protesta mon voisin en grinçant des dents.

Le jumeau de Dan sortit puis revint brièvement.

-Tu vois Aria, six ou sept, c'est du pareil au même !

Je lui répondis en lui tirant la langue tandis qu'il s'éclipsait en riant. Trafalgar soupira de mon geste et sembla perplexe quant à sa raison.

-C'est rien ! dis-je. Donc tu voulais qu'on recommence depuis le début, c'est ça ? Dans le genre :" Bonjour je m'appelle Aria Fullbuster, j'ai dix-sept ans, enchantée de te rencontrer. Et toi ?"

-Quelque chose comme ça, en effet, sourit-il amusé. Sauf qu'il s'agit plus de savoir où tu m'as mentis et de corriger ces …erreurs. Et petit conseil : ne me mens pas à nouveau.

Oh. Je vois.

-Ok. Je suis toujours Aria Fullbuster et j'ai le même âge que celui que je t'ai dit.

-Bien. D'où viens-tu et pourquoi es-tu partie en mer ?

Aïe. La partie difficile commençait.

-Disons que je ne suis pas vraiment partie de mon plein gré et … je ne peux pas te dire d'où je viens.

Le capitaine des Heart leva un sourcil, perplexe.

-Ah oui ? Et pourquoi ça ?

-Roooh mais tu écoutes quand je te parle ? Si je ne te le dis pas c'est que je ne peux pas, voilà tout. Du moins, pour l'instant, me corrigeais-je. Je te l'ai dit hier.

Il se massa l'arête du nez et se frotta les yeux de sa main avant de bailler discrètement. Il était fatigué, ce constat était des plus simples, surtout avec ses cernes.

-Tu devrais aller dormir, lui conseillais-je.

-Et toi, tu devrais tout me raconter. Manifestement, nous aimons faire des choses que l'on ne devrait pas faire.

-Effectivement.

Le menton posé sur le creux de sa main, il raya quelques notes et en inscrivit d'autres.

-Bon, suivant : ta famille ?

-J'ai une sœur qui s'appelle Cassie et qui a quinze ans. De plus, j'ai aussi un frère qui a vingt ans et qui s'appelle Kilian.

-Hm … au moins tu n'as pas menti sur ça.

-Mon père, Xavier Fullbuster, n'est pas vraiment …détective, dévoilais-je.

Le chirurgien de la mort tiqua à ces mots.

-Et qu'est-il donc ? Un marine ?

-Euh non pas vraiment … mais ça n'a aucune importance.

-Cela, c'est à moi d'en décider miss, déclama Trafalgar. Et le reste ?

-Tout ce que tu m'as demandé hier à propos de mon dossier médical est vrai.

-Vraiment ?

-Bien sûr ! Je ne suis pas assez bête pour mentir sur un truc pareil !

Je l'entendis très bien marmonner « ça, ça reste à voir » contrairement à ce qu'il croyait. Enflure !

-Très bien. Et ta mère ? Tu n'en as toujours pas parlé.

Je ne pipais mot. Je n'avais toujours pas changé d'avis à propos de ça.

-Et tu n'as visiblement aucune envie d'en parler maintenant non plus, soupira-t-il.

Trafalgar ferma son cahier d'un geste sec après y avoir annoté quelques phrases. Il se leva et s'apprêta à partir lorsqu'il s'aperçut que je ne le suivais pas.

-Eh bien ? Tu viens ? Je dois t'emmener à un endroit avant d'aller prendre le petit-déjeuner.

-Où ça ?

-Tu verras. Maintenant lèves-toi, ordonna Trafalgar.

Je le suivis en soupirant à travers un dédale de couloir. Nous marchions côte à côte dans un silence qui était à mon goût reposant, peut-être un peu trop pour lui puisqu'il décida de le briser.

-C'est tout de même étonnant, remarqua-t-il.

-Quoi donc ? le questionnais-je, les sourcils froncés.

-Ta facilité à mentir aux autres.

Je m'arrêtais. Cela n'allait tout de même pas recommencer !

-Je n'ai pas menti cette fois.

-Mais tu ne t'es pas gênée pour le faire auparavant. À multiples reprises.

-Et je t'ai dit mes raisons hier soir, je te rappelle.

-Je m'en souviens très bien, miss.

Je ne dis rien de plus, ne voulant pas ajouter de l'huile sur le feu. Je me demandais encore une fois où il m'emmenait lorsqu'il s'arrêta devant une porte fermée à clé qu'il déverrouilla. Le capitaine des Heart entra le premier, puis j'entrais à sa suite. J'eus soudainement le souffle coupé par ce qui m'entourait. Plusieurs dizaines d'armes de toutes sortes, que ce soit des armes à feu ou bien des armes blanches, étaient disposés sur leur support, attendant que quelqu'un en prenne possession. Je commençais à comprendre ce que l'on faisait ici, sauf qu'il était trop tôt ! Je n'étais pas prête ! Une fois que j'eus fait le tour de la pièce, je me retournais vers le capitaine qui arborait fièrement son sourire fourbe.

-Je t'ai laissé du temps pour réfléchir, commença Trafalgar Law. Il est temps pour toi de faire un choix. Quelle arme choisis-tu ?


Voilà pour ce chapitre 8 ! J'espère que ce chapitre vous a plût ! :D

Qu'en avez-vous pensé ? Quelles sont vos réactions ?

Reviews ?

N'hésitez pas à me donner des conseils ! :)

Bref c'est toujours un plaisir d'écrire et j'espère que vous aimerez la suite !

Bye !