Merci à toutes pour vos reviews ! Bayas, comment ça tu rêve de mes fic ? Bah, là alors, j'en reste baba ! Bon, faisons un peu le point : je vais essayer de finir La dernière danse, Jeux d'enfants et De l'autre côté du miroir en alternant les chapitres. Je pense que La dernière danse sera bientôt bouclée. Pour Roberto, Roberta, il faudra attendre un peu : je n'avais pas de story-board précis en tête lorsque j'ai écrit les premiers chapitres (pô bien ça), il faudra que j'y réfléchisse sérieusement pendant les vacances !

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8 – Rodney ne savait pas ce qu'il y avait de pire. Se trouver face au fantôme de Summer ou penser à Teyla qui elle était soi disant morte. Un fantôme vivant et une vivante disparue.

Le militaire avança vers le lit où se trouvait Rodney et Carson.

Oh mon Dieu. Ca va être pire qu'avec Sheppard. Summer n'avait jamais pu le supporter. D'ailleurs Rodney se demandait si ce type avait supporté quelqu'un à part lui-même. Le Sergent Bates peut-être. Mais il faut dire que ces deux là se ressemblaient comme deux gouttes d'eau : psychorigides, peu ouverts d'esprit. Des militaires à « la vieille ». Des purs et durs. Et généralement, les purs et durs ne faisaient pas très bon ménage avec les scientifiques. Surtout, avec les scientifiques purs et durs. Comme lui.

Rodney leva les yeux vers Carson. Implorant les yeux. Il détestait ça. Avoir l'air d'un chien battu mais après l'épisode « Sheppard-a-pêté-un-cable » Rodney n'avait qu'une envie : disparaître ! Certainement pas avoir à subir d'autres humiliations … ou pire ! Et peut-être que Carson pourrait l'aider. Quoiqu'il n'ait pas été d'une grande aide avec Sheppard …

Carson lui adressa un petit sourire encourageant et lui tapota amicalement l'épaule avant de se tourner vers le nouveau venu.

« Bonjour Marshall. »

« Carson. »

Summer se tourna vers Rodney. Rodney décida qu'il n'avait pas le choix après tout. Mieux valait sans doute affronter le Colonel et après … après peut-être qu'ils le laisseraient tous tranquille. Il avait besoin de réfléchir à ce qui se passait. Il fixa Summer droit dans les yeux. Ce dernier lui sourit. Ce qui était plutôt étrange. Pas le fait qu'il lui sourit à lui, non, juste le fait qu'il sache le faire, sourire. Rodney ne se rappelait pas avoir vu Summer sourire.

En fait, c'était comme avec Sheppard et Elisabeth. Il y avait quelque chose de différent. Très différent. Alors que Sheppard et Elisabeth avaient perdu toute chaleur, le Colonel Summer lui, en avoir acquis. Enfin, bon, la chaleur humaine n'était pas quelque chose qui s'acquiert ou se perd, mais c'était l'impression que cela donnait. Le sourire de Summer était chaleureux là où celui de Sheppard lui donnait des frissons dans le dos. On aurait presque dit qu'ils avaient échangé leur … Ô mon Dieu !

Rodney venait enfin de comprendre ce qui se passait.

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Lorsqu'il travaillait à la Zone 51, Rodney avait eu la possibilité d'éplucher tous les rapports du SGC incluant de nouvelles technologies. La plus extraordinaire était certainement celle découverte, par inadvertance, par le docteur Jackson sur P3R-233 (16) : le miroir quantique. Ce miroir, dont on ignorait l'origine, permettait de voyager dans des univers parallèles.

C'était forcément ce qui lui était arrivé.

Un miroir ? Il ne se rappelait pas en avoir vu un dans la pièce où étaient entreposés tous les artéfacts. Et encore moins, en avoir touché un … la seule chose qu'il avait touchée, c'était cet objet ovale, de couleur noire. Il l'avait juste touché ! Il n'avait pas manipulé de boutons ou … Bon sang ! Il fallait qu'il retourne là-bas !

« Rodney ? »

« Huuu. »

Il leva la tête vers les deux hommes qui se trouvaient toujours près de son lit.

Que devait-il faire ? Leur dire d'où il venait ou se taire ? Sa réaction quelques instants plus tôt avait du alarmer Carson. D'un autre côté, il pourrait toujours mettre ça sur le dos du stress et de la manière dont Sheppard l'avait … Minute. Il y avait quelque chose qui ne collait pas.

Où était son double ? Et d'ailleurs depuis combien de temps était-il là ? Passé quarante huit heure ils risquaient tous les deux de groooooos problèmes : le dérèglement spatio-temporel leur serait fatal (17).

Rodney décida que pour le moment, il était sans doute préférable de ne rien dire. En revanche, il fallait sans doute qu'il réponde à Carson s'il ne voulait pas définitivement passer pour un cinglé.

« Je … Je vais bien. Bonjour, heu, Colonel. Je veux dire Colonel Summer. »

Il sourit au militaire.

« McKay, qu'est-ce qui vous a pris de vous enf- … de partir comme ça ? Vous saviez très bien que ni Sheppard ni Weir ne l'autoriseraient. Ils ne vous laisseront jamais partir Rodney, vous leur êtes trop précieux. »

« Ce n'est pas tout à fait l'impression que j'ai eu … »

Rodney massait son cuir chevelu endolori. Le sourire de Summer disparu. Il poussa un soupir, prit la chaise qui se trouvait près du lit et s'y installa.

« McKay, vous devez apprendre à vous tenir à carreau ou sinon … »

Summer ne termina pas sa phrase. Ce n'était pas nécessaire, Rodney voyait tout à fait ce qu'il voulait dire. En fait, il était même un peu fier : cela signifiait que son double tenait tête à Sheppard. Et franchement, vu l'ordure que cette version du Major était dans cet univers, cela tenait du miracle ! Rodney n'était pas certain d'avoir la force de caractère suffisante pour faire face quotidiennement à ce Sheppard là.

« Vous savez bien qu'il ne peut pas ! Ce qu'il lui demande est contraire à .. à tous ce qu'il est, à ses idéaux ! »

Summer se tourna vers Carson.

« Bien ! Et vous voyez ce que lui ont rapporté ses fameux idéaux : plus de séjours dans votre infirmerie que tous les membres actifs de cette base. Fantastique, vraiment. »

« Peut-être, mais lui au moins, se bat pour ce qu'il croit être juste ! »

Rodney se taisait. Il observait les deux hommes discuter comme s'il n'était pas là. Son respect pour son double grandissant : un héros, lui ! En même temps, être un héros c'était peut-être emballant mais dans son cas, il risquait surtout de finir en héros mort. Nettement moins sympathique.

C'était curieux de voir Carson et Summer discuter comme s'ils étaient d'anciens et bons amis. Carson, enfin celui de son propre univers n'était pas très proche des militaires. Sauf peut-être de Sheppard. Et encore. Mais là, il y avait vraiment ce qui semblait être de la camaraderie entre les deux hommes. Même son Beckett n'appelait pas Sheppard par son prénom.

Summer finit par lever les mains en l'air en signe de défaite.

« Et bien Carson, je le reconnaîs, nous n'agissons pas tous aussi ouvertement et, » le militaire se tourna vers Rodney, « aussi stupidement mais nous agissons nous aussi. L'ombre est parfois préférable à la lumière. »

Carson leva les yeux au ciel.

« L'ombre est parfois préférable à la lumière. Bloddy hell, Marshall qu'est-ce que c'est que cette expression mélodramatique digne d'un roman à l'eau de rose ? »

« Je dis juste, patience. » Il se tourna à nouveau vers Rodney, « Nous allons trouver une solution mais vous devez … »

« Quoi, il doit quoi ? Prendre son mal en patience ? C'est ça, Marshall ? Il doit laisser Sheppard et ses acolytes le prendre pour un punching-ball, pendant qu'il fait les quatre volontés de Weir ? Il a assez attendu je crois. Nous avons assez attendu. »

Summer allait lui répondre lorsqu'un petit rire sec les fit tous les trois sursauter.

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« Et bien, que vois-je, que vois-je ? Alors, en train de comploter ? »

Sheppard se tenait dans l'embrasure de la porte. Le sourire moqueur toujours présent sur ses lèvres, le regard toujours aussi froid. Rodney frissonna, Carson le remarqua et posa sa main sur son épaule en un geste qui se voulait rassurant.

Summer était toujours assis. Il fixait son subordonné se demandant certainement ce qu'il avait pu surprendre de leur conversation. Rodney ne trouvait pas que celle-ci ait été particulièrement compromettante, tout au plus un tas de sous entendus, mais il y avait fort à parier que dans cet univers, même les sous entendus étaient dangereux.

« Major, déjà de retour. »

Sheppard s'avança vers le trio, l'air assuré. Cette fois, il fixait McKay en parlant, ce qui bien entendu ne rassura pas ce dernier

« Oui Colonel. Quelle intéressante mission de reconnaissance. Deux passages juste au dessus du campement des athosiens : quatre huttes en bois à observer et deux feux de camp ridicules, vraiment sans intérêt. » Il regarda sa montre et siffla. « Record battu : moins de vingt minutes pour faire l'aller retour ! Mais, hé, les ordres sont les ordres ! »

Sheppard s'approchait imperceptiblement du lit et Rodney pouvait sentir son cœur s'emballer. En fait, toutes les personnes présentes dans l'infirmerie savaient qu'il était en train de paniquer. Depuis l'entrée de Sheppard dans l'infirmerie, le bip du moniteur cardiaque s'était en effet accéléré, et sa cadence ne faisait qu'augmenter au fur et à mesure que ce dernier approchait du lit.

Sheppard examina un moment l'écran bleu du moniteur, notant le caractère saccadé des battements de cœur de Rodney. Son sourire s'élargit. Rodney essaya de l'ignorer et reporta son attention sur ses mains qui se trouvaient juste devant lui, posées sur les couvertures. Il poussa un petit « yelp » de surprise lorsque Sheppard lui prit une des mains et l'attira à lui. Cette fois, Rodney était sûr qu'il allait faire une crise cardiaque. Sheppard ouvrit ses doigts un à un et lissa sa paume avec son pouce. Rodney retint sa respiration.

« Major ! »

Carson était rouge de colère mais cela ne semblait pas beaucoup perturber Sheppard qui continuait à caresser la paume de Rodney. Il traça du pouce sa ligne de vie et avec son ongle, il dessina, en plein milieu de sa paume, une autre ligne, horizontale celle-ci. Le geste sonnait étrangement comme une menace.

« Major ! Ca suffit. Présentez vous immédiatement à mon bureau pour votre rapport sur la mission de reconnaissance du Continent. »

Sheppard tenait toujours la main de Rodney dans la sienne.

« MAJOR ! »

Summer avait pratiquement hurlé cette fois. Sheppard lâcha la main de Rodney qui la ramena immédiatement contre sa poitrine. Le Major sortit de l'infirmerie sans un mot. Summer poussa un soupir d'exaspération et se tourna vers Rodney. Ce dernier était blanc comme un linge et tremblait comme une feuille.

« Heu Carson, je crois que … »

Summer désigna Rodney du menton. Carson qui avait suivi Sheppard des yeux jusqu'à ce qu'il ait quitté l'entreprise, finit pas se retourner vers son patient.

« Bloody Hell ! Rodney, il faut vous calmer, respirez lentement ! »

Mais Rodney était incapable de se concentrer sur ce que lui disait l'écossais. Il tenait sa main serrée contre sa poitrine comme si elle était blessée et sa respiration était de plus en plus difficile. Carson jura une fois encore. Il abaissa le dos du lit, allongea Rodney et dégagea la main qu'il tenait toujours serrée contre lui.

« Rodney vous êtes en train d'hyperventiler, vous devez vous calmer ! »

Carson prit le masque à oxygène qui était raccordé au moniteur, l'appliqua sur le visage de Rodney et l'alluma.

« Respirez, allez. Inspirez, respirez, encore. Georgia ! »

L'infirmière, une petite brunette coiffée d'une longue tresse, se trouvait déjà près du médecin, une seringue à la main. Elle lui tendit avec un air désolé. Carson lui adressa un petit sourire fatigué et injecta le contenu dans la perfusion de Rodney. Sa respiration se fit plus lente, ses yeux suivirent la seringue puis il les tourna vers Carson. Ce dernier lui sourit.

« C'est juste un très léger sédatif pour vous calmer un peu. Respirez encore, un, deux, là, je crois que ça va aller maintenant. »

Il retira le masque. Rodney cligna des yeux, il se tourna sur le côté et enfoui son visage dans l'oreiller. Une main se posa sur son épaule mais il se dégagea de son étreinte d'un geste brusque.

« Pourquoi n'avez-vous rien fait ? »

Il parlait les dents serrées, au bord des larmes, quoiqu'il n'aurait pas su dire s'il s'agissait de larmes d'angoisse ou de rage. Cela faisait deux fois que Sheppard s'amusait avec lui. Il pouvait comprendre que Carson n'ait rien fait, il n'était pas un militaire et s'attaquer de manière frontale à Sheppard n'était certainement pas la meilleure des idées. Mais c'était différent pour Summer.

Rodney était fatigué, il avait peur, il se sentait désespérément seul mais il voulait comprendre pourquoi même Summer, sensé être l'officier en chef, avait peur du Major John Sheppard.

TBC

(16) Episode There but for the Grace of God, saison 1.

(17) Explication dans l'épisode Point of view, saison 3. Sincèrement « the temporal entropic cascade failure » je suis incapable de traduire ça désolée !