Chapitre VII : Un vampire rêveur dans la forteresse.
Les lèvres de Cloud tremblèrent. Il entrouvrit les yeux, il aperçut le jour se coucher. Ses yeux étaient irrités par tant de lumière. Il passa ses mains pour se protéger, contre ses paupières. Il étouffa un gémissement, le corps étrangement réactif. Ses pupilles se dilataient, sa tension montait. La chaleur l'assiégeait. Cloud se sentait durcir, et un plaisir inconnu prenait son corps fragile. Toujours enlisé dans ce sommeil de mort, il eut un bref sursaut en apercevant ses draps léviter. Il poussa une plainte, doublée d'une exclamation d'étonnement.
« Qu'est-ce qui se passe ?... »
Une masse était là, sous la soie. Cloud retira d'un seul geste le linge.
Il croisa son regard. Ses lèvres. Le jeune vampire se redressa, perdu. La main de Sephiroth empoignait fermement sa verge troublée. Le comte, à la manière d'un félin convoitait sa proie mourante.
- Monsieur le Comte, murmura-t-il, que faites-vous ?
Personne ne l'avait touché là auparavant. Il le fixa, désemparé. Sa tête lui tournait et les doigts de Sephiroth se refermaient sur son sexe gonflé. Il se mordit les lèvres, les yeux brillants.
- Tu as l'air d'apprécier, commenta Sephiroth en esquissant un sourire.
Il reprit ses gestes, sa langue passant contre son sexe chaud. Cloud serra les poings, lâchant sa tête en arrière. Il saisit les draps entre ses doigts et serra de plus en plus fort, poussant des gémissements. Il bougeait, sensuellement à chaque caresse. Il désirait ardemment le comte, et baissa les yeux pour l'observer. Il écarta les jambes, d'avantage, s'offrant à lui en pucelle qu'il était.
- Oh…
Il se mordait les doigts, pour se retenir de crier. C'était une sensation de paradis. Le comte s'aidait de ses grandes mains, et le stimulait. C'était comme si il connaissait déjà son cœur, son corps par cœur. Cloud était complètement déstabilisé, et s'envolait. Etait-il dans ce manoir ? Avait-il perdu son humanité ? Il n'y eut que l'obscénité, l'érotisme de l'instant : la langue humide de son maître, et ses pulsions charnelles. Cloud se contracta, son ventre secoué d'extraordinaires palpitations.
« On perd le contrôle. »
Cloud n'arrivait plus à regarder droit devant lui. Il s'évanouissait, dans les limbes excités. Il poussa un faible cri.
« Monsieur le Comte… »
- Maître, maître… Maître…
Il le sentit, en lui. Ses phalanges expertes l'avaient pénétré. Il étouffa une exclamation, la bouche grande ouverte. Il tenta de se redresser, et Sephiroth avait resserré son pouvoir. Il croisa son regard.
« Il aime me voir dans cet état là… »
Cloud allait déjà jouir ? Il frissonna lorsqu'il sentit de nouveau la bouche du comte si proche de lui. Il serra les poings, il n'était plus que gémissements, incontrôlés et sauvages. Sans s'en rendre compte, il caressait la chevelure de son maître, et serrait ses mèches d'argent.
- Hm…
Cloud suffoqua, et fut saisi d'un orgasme puissant et violent. Il s'épandit, se déversant contre les lèvres de Monsieur le Comte. Il l'aperçut, se redressant en prédateur. Epuisé par un plaisir inédit, il plissa les yeux, scrutant les traits parfaits de cet homme qui le possédait. Son visage était si proche du siens. Il sentit ses mains passer contre sa nuque, et il ferma les yeux. Cloud entrouvrit les lèvres, sortant sa langue une seconde. Mais le comte l'avait évité. Le vampire fronça légèrement les sourcils.
Cloud ouvrit les yeux. Sephiroth avait saisi ses doigts, baisa sa main. Il se lécha les lèvres et s'éloigna.
« Quel délice… »
- Vous m'avez déshabillé, commenta Cloud.
- Je ne pouvais résister, se justifia Sephiroth.
Le souffle de Cloud était précipité. Il observa le comportement du comte, qui avait quitté le lit. Il était vêtu d'un saut-de-lit distingué en satin. Ainsi avait-il dormi la journée, lui aussi ? Cloud avait aperçu son magnifique torse : il frémit et eut envie de s'y blottir. Mais, le comte était bien trop lointain.
Le plaisir s'était évanoui. Il se sentit frustré, bien que détendu.
- As-tu bien dormi ?
- Oui, monsieur le comte.
- Parfait.
- Et vous ?
- Je vais bien.
Ainsi avait-il travaillé dans ses serres toute la journée ? Cloud en fut impressionné.
- Je pensais que mes modestes appartements ne te plairaient pas.
- Ils sont magnifiques, souligna Cloud sur un ton sincère.
- La moindre des choses pour le petit-fils de la Reine Victoria, n'est-ce pas ?
Cloud frissonna. Il saisit les draps, comme pour se cacher et eut un geste de recul.
- Comment savez-vous tout ça ?... M'avez-vous menti ? Vous me connaissez !
- Le peuple britannique te connaît, Cloud… Ta mère est une princesse !
- Sir Genesis ignorait…
- Oh, Sir Genesis ignore beaucoup de choses.
Sephiroth sourit à Cloud. Il lança un regard par la fenêtre, comme pour surveiller ses serres.
- Sois sans crainte, je n'ai pas la prétention de te garder pour faire pression. Je t'aime vraiment, tu sais.
Cloud le scrutait, très surpris et inquiet. Il examina ses gestes pour y déceler une faille, qu'il ne trouva évidemment pas. Il se recroquevilla d'avantage, angoissé par la situation.
- Allez-vous me libérer un jour, monsieur le comte ? demanda-t-il d'une petite voix.
Sephiroth tourna les yeux vers la pauvre créature. Un silence s'installa, et les derniers rayons de soleil s'étaient évanouis. La nuit venait de tomber, lourde et enchanteresse.
« Un jour ou l'autre, toute âme se libère. D'une manière ou d'une autre. Et, ce bien que tu aies perdu la tienne.»
L'homme se dirigea vers la porte.
- Je suppose que tu aimes lire, comme tous les jeunes de ton âge…
Cloud ne répondit pas, encore bouleversé par la nouvelle : l'homme qui l'avait acheté, qui le retenait ici dans ce splendide château connaissait certainement tout de lui.
- Le dîner est prêt, siffla-t-il, tu as certainement très faim. Après ce dîner, je t'emmènerai jusqu'à la bibliothèque du château.
Lorsqu'il y pensait, Sephiroth avait raison. Il était affamé, et avait rêvé de sang tout le jour, même endormi. Quand il fut seul dans la grande chambre, il se dirigea vers les grandes armoires pour choisir une nouvelle tenue. La vue des robes le découragea, mais il fut surpris d'y prendre goût. Il choisit avec soin une des robes, malgré l'angoisse de se savoir à découvert. Il était l'insecte pris dans les toiles de l'araignée : oh et cette araignée était si belle…
Cloud bu de grandes gorgées de sang, dans la coupe qui lui avait été servie. Il fut surpris de ne plus être pris de nausées cette fois-ci et en conclut que plus les nuits et les jours s'écoulaient plus sa force de nosferatu grandissait. Il en était soulagé, et déposa le verre à pied lorsqu'il fut vide. Il saisit un petit chiffon et s'essuya les lèvres. A l'autre bout de cette immense table qu'il avait eu l'habitude de voir chez lui de son vivant, se trouvait Sephiroth. Il ne se désaltérait pas, et aucun plat n'était posé devant lui. Il avait les mains jointes, les yeux rivés vers Cloud.
- Vous n'avez toujours pas mangé, commenta Cloud en attaquant le deuxième verre de vin, vous m'inquiétez Monsieur le Comte.
- C'est pour moi un plaisir sans égal, qu'est celui de te voir inquiet pour ma personne. Mais, je peux te promettre qu'il serait irraisonnable pour moi de dîner avec toi.
« Irraisonnable… ?»
Cloud baissa les yeux. Il but deux gorgées.
- Monsieur le Comte, pardonnez-moi ma curiosité mal placée mais… Attendez-vous quelque chose de moi ?
- Ta présence me suffit amplement.
Encore une fois, il se montrait bien trop flou. Cloud sentait le sang couler le long de sa gorge, il retint une exclamation de contentement, et expira doucement.
« Ce sang est exquis… Il me fait tourner la tête. »
Sephiroth sourit largement.
- Je sais, n'est-il pas particulier ?
Cloud hocha vivement la tête.
- Depuis ma transformation, j'ai toujours éprouvé un dégoût irrationnel concernant le sang… Ce qui est plutôt ironique pour un parent de la Reine… Elle est hémophile vous savez.
- Vraiment ? Tu m'en apprends des choses.
Cloud esquissa un sourire, posa le verre.
- Je me demande s'ils m'aideront… Lorsque je rentrerai à la maison.
Sa voix était brisée. Sephiroth l'avait entendu. Il se leva, et s'approcha de Cloud qui le suivait des yeux.
- Désires-tu un autre verre ?
Cloud hocha la tête, positivement. Il scruta le liquide se verser dans la coupe dans le plus grand silence.
- Prends-le avec toi, commenta Sephiroth, et suis-moi. Je vais te mener à la grande bibliothèque du manoir.
- Avec joie.
Le jeune vampire avait souri. Ce visage-là n'avait pas de prix, et Sephiroth le savait. Il l'observa, de longues secondes et entraîna son invité dans les couloirs du petit château.
La salle était circulaire, une coupole décorée et claire fusionnait avec une extraordinaire voûte. Il se pensa dans une église, une abbaye plus belle encore que celle de Westminster. Il passa ses mains à ses lèvres, tournant autour de lui. La robe suivait ses mouvements, et il aperçut les livres, par milliers. Les canapés étaient en velours, longs et larges. L'on pouvait y prendre plaisir.
- Monsieur le Comte, vos livres…
- Ils sont tous ici.
- Lisez-moi une histoire, Monsieur le Comte.
- Une histoire ? répéta-t-il en se retenant de rire.
- S'il-vous-plaît…
Les grands yeux de Cloud le regardaient. Magnifiques. Et ce bleu était d'une profondeur dangereuse. Sephiroth hocha la tête, captivé par ces merveilles. Peu à peu, et Sephiroth venait de le remarquer : le bleu faisait place à une délicate teinte rouge au cœur de la pupille.
« Bien sûr. »
Cloud se sentit appartenir à ces lieux. Comme s'il y était né, comme s'il n'avait rien connu d'autre. La captivité s'effaçait, doucement. Il ne désirait plus rien d'autre que d'y rester, encore, toujours. Y errer en spectre soumis à la volonté de cet homme, dont il était obsédé.
« Dolmancé s'était exclamée : Eh bien, madame, je vais m'étendre sur ce canapé ; vous vous placerez près de moi, vous vous emparerez du sujet, et vous en expliquerez vous-même les propriétés à notre jeune élève…
Mme de Saint-Ange avait dit : Ce sceptre de Vénus, que tu vois sous les yeux, Eugénie, est le premier agent des plaisirs en amour : on le nomme membre par excellence ; il n'est pas une seule partie du corps humain dans lequel il ne s'introduise. Toujours docile aux passions de celui qui le meut, tantôt il se niche là : c'est sa route ordinaire… la plus usitée, mais non pas la plus agréable ; recherchant un temple plus mystérieux, c'est souvent ici que le libertin cherche à jouir : nous reviendrons sur cette jouissance, la plus délicieuse de toutes ; la bouche, le sein, les aisselles lui présentent souvent encore des autels où brûle son encens ; et quel que soit enfin celui de tous les endroits qu'il préfère, on le voit, après s'être agité quelques instants, lancer une liqueur blanche et visqueuse dont l'écoulement plonge l'homme dans un délire assez vif pour lui procurer les plaisirs les plus doux qu'il puisse espérer de sa vie. »
Sephiroth tourna les yeux vers Cloud. Ses joues rouges étaient adorables. Les yeux rivés vers les pages, puis vers les lèvres du Comte.
- Monsieur le Comte, qu'est-ce donc, que cet ouvrage ? N'a-t-il pas été interdit ?
- Oh si, commenta Sephiroth, et c'est pourquoi il se doit de figurer sur mes étagères.
- Qu'est-ce ?
- La Philosophie dans le Boudoir, du Marquis de Sade. Une vieille connaissance…
Cloud se mordit les lèvres.
« Eugénie s'était écriée : Oh ! Que je voudrais voir couler cette liqueur !
Et Madame de Saint-Ange lui expliquait : Cela se pourrait par la simple vibration de ma main : vois, comme il s'irrite à mesure que je le secoue ! Ces mouvements se nomment pollution et, en termes de libertinage, cette action s'appelle branler.
Eugénie, si naïve et si belle avait répliqué : Oh ! Ma chère amie, laisse-moi branler ce beau membre.
Et Dolmancé, en un souffle : Je n'y tiens pas ! Laissons-la faire, madame : cette ingénuité me fait horriblement bander. »
Alors, Sephiroth tint le livre d'une main, et glissa son autre entre les cuisses du jeune homme qui avait un début d'érection. Il serra les jambes, honteux. Il ne voulait pas qu'il le découvre. Mais il était déjà trop tard. Le Comte esquissa un sourire.
- Monsieur le Comte…
« Je m'oppose à cette effervescence. Dolmancé, soyez sage ; l'écoulement de cette semence, en diminuant l'activité de vos esprits animaux, ralentirait la chaleur de vos dissertations… »
Cloud poussa un gémissement sensuel et ferma les yeux.
Note de fin de fiction : Je suis toujours abasourdi par le nombre de reviews et je vous encourage à continuer, toujours plus car vos critiques (négatives ou positives) constituent pour moi une source d'indignation et de régal et j'aime ça ! (Ah doux paradoxe quand tu me tiens...), je tiens à mettre les pendules à l'heure pour certaines réflexions, que je ne trouve pas mauvaises en soi mais qui reviennent souvent... Comme je l'ai spécifié sur mon profil d'auteur Fanfiction, je suis passionné par l'Angleterre, son histoire et sa couronne. Il va s'en dire que je me suis jeté sur la fin du XIXème siècle pour puiser l'énergie de cette sombre fiction, mais certainement pas dans Black Butler. (Qui est un de mes mangas favoris, d'ailleurs, je suis un invétéré cosplayeur de Grell Sutcliff depuis trois ans, et de Claude Faustus depuis cette année, si vous voulez voir passez sur mon Deviantart, Hirako Fieldwar c'est gratuit!) Je connais Anne Rice : mais je ne l'ai jamais lue. Je suis un lecteur très vieux jeu et je reste dans mes classiques de ringard... Mais ! Je ne le prends pas mal du tout au contraire, ramener mon bébé (je parle de la fiction, oui je commence à éprouver beaucoup d'amour pour cette dernière), à cette merveille de l'esthétisme et de la poésie qu'est Kuro, c'est très flatteur. Je vous embrasse pour cette review, et espère que vous serez toujours au rendez-vous pour les prochains chapitres qui promettent en rebondissements... Bien à vous, Hirako.
