Un chapitre pas très important enfin tout dépend comment on se place lol


Chapitre 8: Mauvaise personne

Dès son arrivée sur Atlantis, cette femme l'avait fasciné au plus haut point par sa beauté et son élégance naturelle, puis par son intelligence. John, n'étant qu'un homme aimant regarder les jolies femmes, avait immédiatement été captivé par Sarah. Ce petit bout de femme pas bien grande à la silhouette svelte et élancée avait un tel physique que les hommes ne pouvaient que se retourner à son passage. Ses cheveux d'un blond doré attachés en queue de cheval lui donnait un air angélique et innocent, mais ce n'était que les apparences. A cette fin, il suffisait de parler avec elle pour comprendre qu'elle avait du caractère et de la répartie à revendre. Ses yeux d'un bleu azur tout à fait envoûtants reflétaient une incroyable détermination et confiance en elle. Sarah ne doutait pas de ses capacités ni de ses compétences.

John se maudit d'être encore une fois à l'écoute de ses plus primitifs instincts, d'être mené par la baguette rien qu'à la vue de la moindre femme. Son côté séducteur constituant sa faiblesse, la plus grande certainement, il perdait alors tout contrôle et sens des priorités. Il méritait vraiment sa réputation. Qui sème le vent, récolte la tempête...

Après avoir montré les quartiers de Sarah, il l'emmena aux endroits où Laura puis Kate avaient été tuées. Sarah ne faisait aucun commentaires, observant, examinant l'environnement comme une vraie pro. Elle hochait la tête de temps en temps, gribouillant après quelques notes sur son calepin. La visite se poursuivit aux quartiers des victimes. Sarah tenait à en apprendre plus sur elles, voir s'il existait des points communs entres ces deux femmes mis à part leurs couleurs de cheveux. La jeune profiler examinait chaque recoins de la pièce, chaque objets afin de cerner leurs personnalités. De temps en temps, elle posait des questions à John dont les réponses devaient certainement figurées dans les rapports qu'elle avait lu. De toute évidence, cette femme était minutieuse et rigoureuse, ne voulant omettre aucun détails.

Le début de soirée arriva rapidement, et c'est ainsi que John proposa de dîner avec lui. Sarah accepta, non pas sans un sourire au coin.

- « Je tenais à m'excuser si je vous ai paru brutale toute à l'heure. Il faut comprendre qu'établir le profil psychologique d'une personne sans la voir en face de soit, sans lui parler, est quelque chose de très difficile. Le moindre élément omis, et tout est faussé. On met si vite l'étiquette de tueur en série alors même si c'est le cas en l'espèce. J'agis avec parcimonie tout simplement. »

- « Je comprends très bien, ne vous en faite pas. Seulement, toute cette histoire est difficile à vivre ici. Rien que de penser qu'un tueur se cache parmi nous...Regardez autour de vous, regardez l'angoisse se refléter sur leurs visages, de craindre qu'il y ait encore un autre meurtre. »

Sarah l'avait déjà remarquer en entrant au mess. Aucun sons, tous se contentant de manger vite fait bien fait avant que la nuit ne tombe.

- « Ils craignent tous la tombée de la nuit » constata Sarah.

- « Et pour cause. »

- « Le fait qu'il tue la nuit n'est qu'un mode opératoire et non une marque de sa signature. »

- « Vous pensez qu'il recommencera? » demanda John en se passant une main dans les cheveux.

- « Oui, certainement. Huit jours sont intervenus entre le premier et le second meurtre, un laps de temps extrêmement court, ce qui montre la violence de ses crises - il du mal à se contrôler. Certains tueurs en série peuvent attendre des années avant de tuer de nouveau. Lui, non. Le prochain est pour bientôt. »

Bientôt. Mais quand? Dans un jour, une semaine. Quand Atlantis sera t-elle de nouveau le témoin d'un horrible meurtre. Et plus important encore, que faire pour éviter qu'une autre femme ne trépasse? Les patrouilles avaient été renforcées, les équipes se relayant sans cesse, mais là encore il leur était impossible d'assurer une sécurité maximale en raison du manque d'effectif nécessitant une telle surveillance. Peut être avait-il mal organisé les tours de gardes...

- « Je sais à quoi vous pensez » fit Sarah, coupant alors John dans ses pensées. « Vous vous sentez responsable des personnes présentes ici, et notamment de leur sort. Pour le second meurtre vous vous dites que c'est votre faute. Que les équipes ont été mal organisées. »

- « Dans un sens, vous avez peut être raison » confessa John gêné qu'une inconnue puisse lire en lui si facilement.

- « Ce n'est pas dans un sens, j'ai raison. »

- « Vous connaissiez déjà Rodney avant de venir ici ? Sachez que vous l'imitez parfaitement! »

Sarah ne put réprimer un sourire. Elle piqua sa fourchette dans sa salade sans cesser de scruter John du regard. Cet homme l'intriguait énormément. Il montrait aux autres que ce qu'il voulait bien montrer.

- « C'est une manière d'agir »

- « De quoi? »

- « User de l'humour comme un palliatif à vos peurs, mais ça ne marche qu'un temps. »

Sarah fit une pause avant de reprendre avec un sourire amical :

- « Vos peurs sont en vous que vous le vouliez ou non. Elle font partie de votre personne. Les enfuir n'est pas la solution car tôt ou tard elles reviennent. Vous dégagez une grande assurance, vos hommes vous respectent et vous craignent aussi, j'ai eu l'occasion de voir leur réactions dans les couloirs. Le seul problème est que lorsqu'une situation vous échappe, vous fuyez. »

- « Vous débloquez complètement docteur! » contredit John violemment.

- « Tant que ça? Je ne pense pas non. Effectivement vous ne fuyez pas devant le danger, là dessus je suis d'accord. Vous allez même au devant du risque d'après votre réputation, ce qui me laisse penser qu'il s'agit pour vous de compenser votre manque de courage dans un autre domaine de votre vie. Vous fuyez vos peurs, vos craintes qui seraient en l'occurrence de ne pas savoir comment gérer ce problème de meurtres. Et en poussant mon raisonnement, je dirais qu'il en est de même lorsqu'il s'agit de parler de vous: de vous et non du militaire. Parler de ce que vous éprouvez, des sentiments parfaitement humains en soit, est trop pénible. »

John fut littéralement cloué sur place face. Jamais on lui avait peint un portrait de lui aussi authentique, il en eut des frissons dans le dos.

- « Vous savez que les hommes n'aiment pas vraiment être psychanalysés à tout bout de champs? » lui rétorqua t-il, son sourire retrouvé, les yeux amplis de malice.

Sarah ria avant d'acquiescer :

- « Vous n'êtes pas le premier à me le dire John. Voilà pourquoi je ne peux pas garder un homme dans ma vie »

- « Et cela ne vous gêne pas? »

- « J'aime ma liberté, pour le moment cela me convient. »

- « Vous êtes donc libre? » s'enquit-il d'une voix rauque.

- « Vous ne mangez pas? » lui demanda t-elle, quelque peu troublée.

John se reversa contre le dossier de sa chaise, et croisa les bras, satisfait du résultat.

- « Non, je n'ai pas beaucoup d'appétit avec ces derniers événements. »

- « D'où vient ce besoin incessant de séduire John? »

- « Pensez vous que ce soit le cas, Sarah? »

Répondre à une question par une autre, encore une fois il fuyait la réalité, une situation gênante pour lui. John avait tout de la personne ayant peu d'estime en soit et qui le reportait par un besoin constant de se rassurer en usant et abusant de son charme.

- « Je ne sais pas, c'est à vous de le dire? Mais petit conseil au passage, ouvrez les yeux. »

- « De quoi vous parlez? » demanda John

Il n'y avait pas besoin d'être un psychiatre pour comprendre certaines choses, et notamment que son coeur était déjà pris, quant bien même il ne semblait pas s'en être rendu compte.

Les yeux sont les fenêtres de l'âme, et peu importe les apparences, ils trahissent nos plus profonds secrets. Secrets que l'on a plus ou moins conscience d'ailleurs...


à suivre...