Retour aux sources : un peu de Luffy/Nami. Je sais fort bien que ce texte n'a pas de sens, mais j'avais besoin de publier ce texte, et ne me demandez pas d'explication rationnelle, car je n'en ai pas.
C'est juste que tout n'est pas rose dans la vie... Mais si j'expliquais la raison de ce texte maintenant, je ne ferais que dévoiler tout mon texte. Alors si vous souhaitez une explication plus approfondie, je serais heureuse de la donner, mais j'ai déjà gaspillé cinq lignes à ne rien dire, alors je vais à présent me taire.

Le titre du savant serait "Apaisement", mais celui du poète serait "Heureuse".


Heureuse

Le repas avait été plutôt agité.

Une tension inexpliquée régnait entre les membres de l'équipage du Chapeau de Paille. Il n'y avait aucune réelle raison, aucun événement déclencheur : c'était l'accumulation de plusieurs petits détails insignifiants. Des mots, des regards, ou justement l'absence de regards ou de remarques impertinentes. L'absence de danses et de chansons ridicules; le manque de rires. Ou de vol de nourriture à table.

La bonne ambiance habituelle avait disparu, et malgré les efforts de chacun, une nervosité restait, latente, inexplicable et angoissante. Ainsi, tout le monde décida d'aller se coucher tôt, afin de recharger les batteries et surtout oublier cette... atmosphère étrange.

Nami, incapable de s'endormir, restait allongée sur son lit. Les minutes s'écoulaient, longues, fatigantes; interminables. Puis, la respiration de sa camarade de chambre se fit plus régulière et elle comprit qu'elle s'était endormie. Même Robin s'était endormie avant elle, ce qui était fort rare. Si rare que l'impression d'étrangeté qui possédait la navigatrice ce soir-là s'accentua.

Alors, elle décida de se lever afin d'aller prendre l'air. Elle savait que l'air marin l'apaisait toujours. Elle espérait que ce sentiment complexe d'angoisse et d'incompréhension disparaîtrait. Elle pourrait être seule avec ses pensées, ses rêves, ses souvenirs.

Oui, mais pas ce soir. Le destin en avait décidé autrement. Non, elle n'irait pas se coucher apaisée et contente.

D'un pas de loup, elle sortit de la chambre sans réveiller la brune, puis marcha tranquillement vers la tête de Lion. Or, une ombre était déjà présente. Si c'était Sanji, elle irait sûrement l'envoyer paître. Elle n'avait pas besoin de ses "Mellorine!" ce soir. Zoro dormait sûrement, Usopp n'oserait jamais se lever en plein milieu de la nuit, l'ombre n'était définitivement pas animale, ni celle d'un cyborg et encore moins celle d'un squelette. Et sachant que Robin était couchée, il ne lui restait qu'une solution.

Mais même après cette déduction pourtant juste, elle fut prise d'un doute. Que faisait-il ici ?

Trop fatiguée, trop lasse de chercher le pourquoi du comment, elle se contenta de se questionner sur le pourquoi. Elle se rapprocha doucement, marchant délicatement, mais tout en faisant un peu de bruit afin de prévenir la personne qui lui tournait le dos. Mais cette dernière ne bougeait pas, ne réagissait pas. Comme si elle n'existait pas.

Était-ce une pure invention de ses yeux ?

Elle décida qu'elle poserait une question à voix haute. Si c'était sa propre voix qui répondait, elle se considèrerait comme folle et irait elle-même se dénoncer à Chopper. Dans l'autre cas...

"Que fais-tu ?
- Bonsoir Nami.
(Pensée de Nami - Tiens, il m'a reconnue. C'est étrange.)
- Ça ne se voit pas ?
- Comment ça ?"

Le Capitaine parlait doucement, et au dernier mot qu'il énonça, ses yeux se posèrent sur sa navigatrice, alors qu'elle venait de détourner le regard vers le ciel.

"Je regarde les.. étoiles.
- Tu veux dire que tu en cherches une spéciale ?
- Disons que..."
L'hésitation de Luffy fut mal interprêtée par la rousse, qui continuait sur sa lancée, toujours regardant les étoiles :
"Attends tu es en train d'en chercher une et tu ne sais même pas laquelle ?
- Non. J'ai juste dit que je regardais les étoiles."

D'un geste muet, Luffy s'allongea sur le sol du bateau et invita son amie à faire de même. Silencieuse, elle s'étendit par terre, puis observa Luffy, toujours fixant les étoiles, rêveur. L'idée de demander à son capitaine la raison de sa présence ici lui avait déserté, tout autant que ce sentiment d'étrangeté, et la tension qu'elle avait ressentie il y a maintenant quelques heures auparavant.

Le ciel avait comme absorbé cet horrible sentiment, et pendant qu'elle commençait à se sentir en accord avec elle-même, la voix de Luffy s'éleva, douce, et reposante.

"Peut-être que les étoiles montrent différents points de vue. Quand on part du principe même que l'on ne voit pas les étoiles, mais seulement la lumière qu'elles reflètent, cela veut dire tellement de choses; comme pour nous rappeler que nous ne voyons pas tout. C'est l'univers qui choisit pour nous."

Le sentiment qui étreignait le cœur de Nami n'était pas de la joie. Non pas de l'amour. Sûrement un drôle mélange des deux. Un apaisement, un baume pour les futures petites blessures qu'on ne manquera pas de lui donner.
"Il y a un lien étroit avec les morts, parce que si tu peux voir les humains, tu oublies ceux qui sont morts.
- Ne sois pas si philosophique. Cela ne te va pas".

Luffy ne répondit que par un grand sourire. Ce grand sourire qui peut réchauffer n'importe quel âme, celui pour qui on pourrait se damner. Cette franchise, cette honnêteté, cette joie...

Ce soir-là, pour la première fois, leurs yeux se croisaient.

Un mélange de joie, d'amitié, d'amour... Une confusion de tout plein de sentiments joyeux. Elle ne comprenait pas ce qu'il se passait. Juste qu'elle avait en elle un apaisement total, et qu'à cet instant, rien n'existait à part la myriade d'étoiles que les yeux de Luffy lui offraient.

Sans comprendre pourquoi elle le faisait, elle se rapprocha de son capitaine, prit sa joue gauche dans sa main pour le rapprocher de lui et l'embrassa tendrement sur l'autre joue.

Elle avait juste envie de le faire, sans aucune arrière pensée, juste parce qu'elle sentait qu'elle voulait le faire. Lui donner une démonstration de son affection, pour une fois. Luffy, étonné mais content, la rapprocha de lui. Ils regardaient tous les deux le ciel, souriants.

Le destin n'avait pas choisi de la rendre contente. Il avait décidé que, cette nuit, elle serait apaisée et heureuse.