Partie 1:

Tout avait commencé ce jour là, mon amour avait débuté à cette instant précis. Je me souvenais parfaitement du fin sourire qu'il avait au lèvre, de ce doux regard qu'il portait sur moi, et de ses magnifiques cheveux blancs qui rebiquaient sur sa tête.
C'était le weekend qui avait suivi ma séparation avec toi, Hinata, alors que tu voulais devenir une fille pour des raisons stupides et obscures, alors que j'avais décidé de tout arrêter.
J'étais allé chez lui, chez Sugawara, comme chaque weekend, toi tu n'étais pas venu cette fois là, et j'étais resté après le départ de tous nos camarades.
Il avait remarqué que quelque chose n'allait pas, il avait perçu ma souffrance, et évidemment comme il avait assisté à la scène où tu avais pleuré, il avait comprit le rapport entre toi et ma peine soudaine.
Il me proposa donc de rester avec lui pour vider mon sac, ce que je le fis, surement par désespoir. Je lui racontai le problème, je lui avouai mon orientation sexuelle, et je tombai malencontreusement amoureux de lui.

Je le trouvai si magnifique alors qu'il cachait son expression de surprise sous un calme sourire pour ne pas créer de tension entre nous. Je le trouvai si attendrissant alors qu'il m'observait intensément de ses immenses yeux noisettes pour me faire comprendre qu'il m'écoutait attentivement. Et je le trouvai si hors du commun, si incroyablement beau, alors que ses mèches de cheveux, éclats de lune opaque, volaient au gré d'un vent froid d'hiver qui entrait dans la pièce par une fenêtre ouverte.

Je pense que le facteur du réconfort avait aussi joué un rôle important dans ce coup de foudre amoureux. À un moment dans la conversation, il m'avait pris dans ses bras, et m'avait murmuré des mots sensibles et touchants à l'oreille. Je pense que quand quelqu'un est aussi bon envers toi alors que tu te sens au bord du gouffre, tu es obligé de ressentir des choses pour lui, c'est ma vision des choses, et c'est ce qui c'est passé. Je suis devenu totalement fou, totalement fou de lui. Rassure toi, tu n'avais pas encore été trahi à ce moment là, je l'aimais mais je ne m'en étais pas encore rendu compte, et puis je t'aimais encore au font de moi.

C'est alors que tu es réapparu. Tu redevins un garçon. Nous nous remîmes ensemble. Et nous avouâmes notre relation à nos camarades. Sugawara était au courant mais n'en avait évidemment pas parlé. Puis le temps passa et noël arriva. J'étais tombé malade, mais t'avais invité tout de même chez moi. Nous couchâmes ensemble, pour la première fois, pour ma première fois, et je ne le regrette absolument pas, parce que je t'aimais vraiment, et que je ne savais pas encore que j'aimais Sugawara. À l'époque je voulais te posséder, de toutes mes forces, et dans tous les sens du terme.
Tu es ensuite parti, je me suis donc retrouvé seul face à la maladie, mais ma fièvre ne tombait pas, pire que cela, elle augmentait. Je dus demander de l'aide à quelqu'un, et comme je te savais occupé, c'est vers Sugawara que je me tournai.

Ce jour là tout alla au plus mal, tout ce chamboula dans ma tête. Sugawara ne put retenir ses larmes quand, après une longue discussion, j'expliquais que nous l'avions fait, et que c'était une première pour moi. Il s'enfuit de la pièce où je me reposais, dans un course gracile et troublante. Je m'en souviens bien, c'était la toute première fois que je le vis pleurer, j'en étais resté bouche bée.

- Non ne me regarde pas, retourne te coucher! Criait-il alors que je l'avais rattrapé par le poignet un peu plus loin.
Je le serrai dans mes bras, sentant comme mon cœur battre encore plus fort que la fois où toi tu t'étais mis à pleurer. C'est ce qui me fit prendre conscience de mes sentiments pour lui.
- Je t'aime! Ne m'en veut pas! Pardon! Continua-t-il dans un brouillard de désarroi.

C'est ce jour là que je devins infidèle, c'est ce jour là que notre relation amicale ce changea en une relation de couple mêlé à de l'érotisme à répétition.
Je me rappelle d'un soir où nous avions couchés ensemble dehors, dans une ruelle, quelle exaltation fiévreuse j'avais ressentis. Tu sais j'étais entre l'excitation le plaisir et le stresse. C'était un lieu fréquenté par les prostituées alors je savais que si quelqu'un entendait nos gémissements et les cris de Sugawara, il ne viendrait pas voir ce qu'il se passe. Mais l'angoisse qu'une personne suffisamment proche de nous traverse l'allée d'à côté et reconnaisse nos voies grandissait tout de même.
Ça avait été magique, et je sais que si ça avait été avec toi ça ne l'aurait pas été autant.

C'est pourquoi je fis en sorte de te voir de moins ne moins, je ne savais pas comment t'avouer mon infidélité, et en plus mes sentiments pour toi se faisaient dévorés par ceux que j'avais pour lui. Et puis arriva enfin cette instant que j'attendais avec impatience. Tu sais quand tu m'as appelé pour dire que tu voulais me voir, et que tu allais venir chez Sugawara pour me rejoindre. Je me suis dit que c'était le bon moment. Il fallait que tout ça cesse, alors voilà ce que j'ai fais:

Partie 2:

-Kageyama? À qui tu téléphones? Demanda mon prince de sa pure expression habituelle.

Je lui répondis tout bas, dans un air sérieux et froid que c'était toi, Hinata. Alors son visage se pétrifia, comme à chaque fois que je prononçais ton prénom devant lui, comme à chaque fois que j'osais parler de ce tabou insupportable que tu étais.

Quand la communication fut coupée, j'étais déjà éclairé par cette évidence depuis longtemps, mais je compris à cette instant qu'il était grand temps de le faire.
J'allai mettre fin à cette histoire, j'en avais le devoir, autant pour nous deux, que pour lui, qui petit à petit se décomposait à l'idée de te faire du mal. Je n'en pouvais plus de le voir chaque jour souffrir de culpabilité pour toi, le maux de tous mes malheurs, le fantôme qui hantait notre relation.
Tu dois te dire que je n'avais qu'à t'en parler avant pour ne pas avoir à être infidèle, et que c'est de ma faute si il culpabilisait, mais tu te trompes.
Quelque chose d'incertain m'avait empêché de te le révéler jusqu'alors.
Quelque chose m'avait obligé à tout faire dans ton dos.

J'étais tel le pion d'une conscience supérieur, qui parce que j'avais un rapport avec toi, m'a obligée à agir ainsi, m'a obligé à faire ressentir cette culpabilité à Sugawara, m'a obligé à te trahir, et m'a poussé au malheur. Parce que même si je passai d'agréables moments avec lui j'étais malheureux.
J'étais malheureux d'être manipulé par cet être, j'étais malheureux parce que je n'arrivais plus à discerné ce qu'on me faisait penser et ressentir de ce que je ressentais et pensais vraiment.
J'avais peur que ma relation avec lui ne soit qu'un tissu de mensonge, c'est pour cela que nous couchions aussi souvent tous les deux, parce que j'avais besoin de ressentir le plaisir d'être avec lui de tout mon être, pour me persuader que cet amour ne faisait pas parti de l'influence de cette conscience supérieur. Je voulais croire que c'était de vrais sentiments que nous avions l'un pour l'autre.

Que les termes d'être supérieur ou de conscience dominatrice sortent de la bouche d'un athée comme moi doivent te paraitre bizarre. Tu dois penser que je suis fou. Et il est possible que je le sois, il est possible que de file en aiguille j'ai perdu la tête.

Mais revenons à notre histoire, après notre appelle je décidai donc de mettre fin à tout cela, et de le faire comme dans les vraies tragédies amoureuses. Ainsi j'ai violenté Sugawara en le forçant à faire l'amour avec moi. Il savait très bien que tu allais arriver d'un instant à l'autre, c'est pourquoi il pleurait et criait de toutes ses forces en me suppliant d'arrêter. Mais moi je n'ai pas flanché et j'ai réussis à atteindre mon objectif. Tu nous as surpris en pleine acte. Quand tu as fait demi tour et que tu es retourné vers le hall de la maison, Sugawara m'a giflé de toutes ses forces, j'ai alors essayé de l'embrassé mais il m'a repoussé, et il est partit en courant vers toi.

Tout seul sur le lit j'ai penché ma tête en arrière, il y avait une petite lampe allumée au dessus de moi, et elle brillait d'un orange pétant. Les larmes ce sont alors misent à couler sur mes joues, dans mon cou et sur mon corps. Cette couleur... Était la même que celle de tes yeux... Je restai un très long moment à observer cette jolie teinte, puis dans un rire sarcastique je me soulevai, me rhabillai, et entrepris à mon tour une marche dans ta direction. Mon regard ne s'arrêta pas sur Sugawara et Tanaka que je croisai dans le hall; je ne pensais qu'à une seul chose: te rejoindre. J'ai couru alors jusqu'à chez toi, tu n'y étais pas. J'ai fouillé alors un peu partout, et je t'ai trouvé.

-Hinata? Hinata? Tu m'écoutes?