Disclamer : HARRY POTTER est à J.K. Rowling et NCIS appartient à Donald P. Bellisario et Don McGill

Bêta : AnneNguyenHuu

merci pour les com's


Le flic et le sorcier : chapitre 7

Tony était sur un petit nuage. Et comme vous devez certainement l'avoir deviné, Harry Potter y était pour quelque chose. En effet, notre jeune Auror avait fini par « 'accepter »' l'invitation de Tony à faire une petite partie de football. Pour être honnête, le pauvre sorcier y avait été un peu contraint par un Teddy super excité, qui n'avait pas cessé de parler de cette partie durant tout le reste de la journée et de la soirée. Ne voulant pas faire de la peine à son filleul, Harry n'avait pas eu le cœur à lui refuser ce petit plaisir. Mais cela n'empêcha pas le malheureux sorcier d'appréhender la rencontre, car son instinct lui disait que le « 'pervers »' allait commettre une autre stupidité qui l'obligerait à utiliser sa magie sur lui ou bien quelque chose y ressemblant, comme lui foutre son poing dans la gueule.

Et ce fut dans cette perspective, qu'un Harry très méfiant et de mauvaise humeur, un Teddy rayonnant de joie et sautillant, ainsi qu'un Tony jubilant et aux pensées qui feraient rougir le Diable en personne, se rendirent sur le terrain de football de leur quartier le dimanche matin pour la première leçon de football des deux sorciers. Quand ils pénétrèrent sur le terrain de foot, ils trouvèrent quelques jeunes faisant partie du club du quartier en train de faire un petit match entre eux en guise d'entraînement. Ne voulant pas les déranger, ils allèrent s'installer sur un des bancs se trouvant tout autour du terrain pour regarder le match. Alors qu'ils suivaient la partie en commentant les passes et le jeu des joueurs tout en faisant quelques étirements, DiNozzo ne put résister à l'envie d'insister lourdement auprès de Harry, pour que ce dernier enlève le haut de son jogging, afin, selon l'agent, d'être plus à l'aise.

Et n'allez certainement pas vous imaginer que c'était uniquement parce qu'il voulait reluquer les abdos si bien mis en valeur par le t-shirt extra moulant, et qui soulignait à la perfection le ventre finement musclé de Potter, que DiNozzo insistait autant pour que Harry retire sa veste. Car, non ! Ce n'est certainement pas pour ça ! Après près de trois longues minutes de persuasions et l'aide involontaire de Teddy qui trouvait l'acharnement de Tony à enlever le vêtement de son parrain très amusant, Harry finit par se résoudre, et retira le foutu gilet pour avoir la paix. Un sourire victorieux aux lèvres, DiNozzo s'empressa de se débarrasser du vêtement en sifflotant. Il n'y avait pas à dire, pensa extatiquement Tony : Dieu, le Diable ou les deux à la fois, sont de mon côté ! Parce que si ce n'est pas le cas, comme pouvait-il interpréter la succession d'évènements qui l'avaient mené sur ce terrain avec le beau brun à lunettes ?

Qui que cela puisse être, DiNozzo ne le remerciera jamais assez pour lui avoir offert cette chance inestimable. Et comme pour parfaire cette dernière, Marie, la nounou de Teddy et non l'amante, fiancée ou femme de Potter, n'était pas dans les parages. Cette dernière avait décliné l'offre faite par Harry de les accompagner, en leur prétextant que cela ferait du bien de se retrouver entre hommes. De plus, le football n'était vraiment pas sa tasse de thé, avait-elle conclu en les poussant dehors. Mais même si Tony était vraiment, mais alors, vraiment très heureux de se trouver sur ce terrain et impatient de rouler sur le gazon avec Harry, ce qui le mettait d'aussi bonne humeur était ce qui s'était passé plus tôt dans la matinée. Et rien que d'évoquer cet évènement, Popol pointa le bout de son « 'nez »' pointu. Vous devez vous demander ce qui est à l'origine de l'euphorie de l'agent ?

Eh bien, la veille, après avoir obtenu l'accord d'Harry pour la leçon de football, DiNozzo n'avait pas pu fermer l'œil de la nuit, tellement il était excité par tous les scénarios de plus de dix-huit ans qui s'étaient mis à défiler dans son esprit en ébullition. Et ce fut pourquoi, à une heure très matinale, à comprendre que dès que le soleil s'était levé, l'agent, en tenue de sport, était allé sonner, avec un grand enthousiasme, à la porte de son cher et tendre voisin. Teddy et Marie ayant tous deux le sommeil très lourd, ce fut un Harry pas très commode et pas très bien réveillé qui lui avait ouvert la porte. Celui-ci avait les cheveux encore plus en pétard que d'habitude et ne portait sur lui qu'un ridicule, mais tout du moins très sexy, petit boxer blanc qui ne laissait aucune place à l'imagination.

Le jeune Potter, bien qu'il soit mince, avait un corps tout en muscle et en finesse. Et ce fut sur les superbes abdos de celui-ci que s'étaient fixés les yeux de notre ami DiNozzo en ce beau dimanche matin. Et comme il fallait s'y attendre, l'ami Popol n'avait pas tardé à faire son apparition. À partir de là, les choses s'étaient enchaînées. Comme au ralenti, une fois de plus, Popol avait pris les commandes du cerveau de Tony. Le policier s'était alors jeté sur les lèvres du pauvre sorcier sans défense et presque nu.

Celui-ci s'était étrangement laissé faire. Il était même allé jusqu'à répondre au baiser du Moldu. Guidé par le plaisir, encore un peu endormi, Harry avait pris une grande inspiration par le nez qui se trouvait en contact étroit avec la peau de l'autre homme et s'était enivré de son odeur. Il s'était ensuite agrippé avec force à DiNozzo. La bouche de Tony s'était ouverte avec empressement et sa langue s'était lancée à la recherche de celle du jeune sorcier. Quand cette dernière était entrée en contact avec l'autre, Tony s'était mis à la sucer avec une force et une avidité incroyables. Le baiser était rapidement devenu intense, profond et mouillé. De la salive était passée d'une bouche à l'autre durant l'échange.

L'échange avait été si palpitant, si avide, que cela avait donné l'impression que les deux hommes cherchaient à dévorer l'autre. Des frissons de plaisir avaient couru le long de la colonne vertébrale du sorcier jusqu'à ses oreilles, alors que des gémissements à faire rougir une catin s'étaient échappés de sa gorge. Son souffle avait commencé à devenir saccadé au fil des secondes, minutes qui s'étaient écoulées. Perdant complètement pied, submergé par le plaisir, Harry avait poussé Tony contre le mur de l'entrée de son appartement et s'était collé à lui avec sauvagerie. Il avait ensuite glissé ses mains sous le t-shirt de celui-ci et commençait des caresses désordonnées et impatientes.

Rapidement, Tony avait inversé les positions, soulevé les mains de Harry pour les bloquer au-dessus de sa tête, tout en glissant une jambe entre les cuisses de son voisin. Et là, lentement, méthodiquement, il avait entrepris un frottement langoureux sur l'entrejambe de celui-ci. Harry avait lâché un gémissement plus profond que les autres. Ne voulant pas rester inactif, il était parvenu à se libérer de l'emprise de Tony et s'était empressé d'aller à la découverte du corps de ce dernier. Ses mains avaient fini par élire domicile sur le fessier ferme de Tony. Le sorcier, tout en malaxant ce dernier, avait attiré l'agent un peu plus vers lui afin d'accentuer la pression du genou de ce dernier sur son membre.

Leurs échanges auraient pu durer de longues minutes tant ils étaient passionnés, mais les choses en furent autrement. En effet, après près de cinq minutes de baisers, de caresses et de frottements, Harry avait fini par reprendre ses esprits. Les derniers restes de sommeil qui lui avaient fait baisser sa garde venaient de s'évaporer. Et sa conscience s'était réveillée. Prenant conscience de ce qui se passait, le sorcier, horrifié par sa conduite, avait repoussé, avec une certaine brusquerie, DiNozzo, qui s'était retrouvé postérieur au sol, bras et jambes écartés ; laissant une vue parfaite sur le désir plus qu'évident de celui-ci. Essoufflé comme s'il venait de piquer un sprint, DiNozzo, une expression extatique sur le visage, s'était employé à retrouver une respiration normale tout en passant lubriquement la langue sur ses lèvres.

En retour, Harry lui avait lancé un regard torve tout en essuyant sa bouche de son avant-bras dans une vaine tentative pour effacer la trace des baisers qu'ils venaient d'échanger. En réponse, Tony l'avait reluqué avec une envie si grande, qu'Harry avait eu très chaud ; ce qui avait eu pour conséquence de dresser son membre qui venait juste de se mettre au repos. Oui, le sorcier avait été, un court instant, si troublé par l'image érotique que lui avait envoyé DiNozzo à ce moment-là, qu'il n'avait pu contenir l'excitation que cela avait éveillée en lui. Pourtant, il s'en était remis en quelques secondes seulement. En effet, pour combattre l'excitation malvenue, le sorcier avait secoué la tête pour s'aider à reprendre contenance, avant de lâchement tourner le dos à Tony pour retourner dans sa chambre. Mais avant de s'éloigner de lui, il lui avait dit sur un ton très menaçant :

_ Si à l'avenir vous venez à refaire une chose aussi stupide, je vous promets de vous le faire amèrement regretter.

Il lui avait ensuite lancé un regard bien polaire par-dessus son épaule afin de bien faire passer le message, puis s'en était allé dans sa chambre pour se préparer. Quand le dos de Harry avait disparu de son champ de vision, Tony, les membres encore tremblants de ce qu'il venait de vivre, avait laissé un sourire prédateur prendre place sur ses lèvres rouges et gonflées par les récents évènements. Une joie et une impatience fiévreuses l'avaient pris suite à la menace d'Harry. Il avait tellement, tellement hâte de le mettre dans son lit, qu'il avait l'impression que son corps allait exploser. Et le petit aperçu qu'il venait d'avoir ne faisait rien pour calmer son impatience. Jamais encore, DiNozzo n'avait eu autant envie de quelqu'un que de Potter à cet instant. Et jamais il n'avait éprouvé autant de plaisir à embrasser quelqu'un qu'il l'avait fait avec lui.

Tony avait l'impression qu'il ne pourrait plus jamais désirer quelqu'un d'autre que Potter, car ce dernier avait sur lui les effets d'une drogue. Et c'était si intense, que s'il pouvait réfléchir clairement, DiNozzo viendrait à prendre peur de l'attraction que l'agent exerçait sur lui. Mais depuis sa rencontre avec Harry, Tony ne savait plus comment réfléchir. Son cerveau était aux abonnés absents ces derniers jours. Mais tout cela était très loin des préoccupations de l'agent. Effectivement, ce qui occupait l'esprit de DiNozzo à ce moment-là, c'était de trouver un moyen de remettre ça avec Harry, car dans sa tête il n'y avait aucun doute : ils allaient remettre le couvercle. Bientôt ! Oui, très bientôt, ce séduisant, aguichant, et succulent Potter, allait finir dans son lit, là où était sa place. Loin de lui faire peur, la menace du sorcier n'avait fait que le rendre encore plus attractif pour Tony.

Et ce fut avec la conviction de faire d'Harry son amant dans les jours à venir, que Tony s'était remis sur ses pieds en échafaudant des plans plus saugrenus les uns que les autres afin de parvenir à ses fins. Maintenant, comme vous devez vous en doutez, les baisers échangés avec Harry sont la raison pour laquelle Tony est actuellement sur un petit nuage. Une demi-heure après que Tony ait sonné à la porte de la petite famille de sorciers, les deux hommes et l'enfant, en tenue de sport, avec un ballon bien rond entre les mains de Teddy, avaient quitté l'appartement de l'Auror. Il va sans dire qu'Harry était un peu, beaucoup, tendu. Celui-ci avait fait tout ce qu'il pouvait pour éviter d'adresser la parole à Tony, car il était trop embarrassé par ce qui s'était passé plus tôt. Tony au contraire, avait de son côté, fait le maximum pour le faire parler, ce qui n'avait pas arrangé l'humeur du sorcier, car le Moldu n'avait pas hésité une seconde à utiliser Teddy pour parvenir à ses fins.

Une dizaine de minutes après leur arrivée sur le terrain de football, Teddy, impatient de commencer sa leçon, tira les deux adultes sur une partie du terrain non utilisé par les jeunes et exigea que Tony lui explique les règles du jeu. Tony, un petit sourire attendri sur les lèvres dû à l'enthousiasme de l'enfant, se plaça à genoux devant le petit garçon afin d'être à sa hauteur pour lui donner les explications qu'il demandait.

_ Alors, pour commencer, il faut savoir que le football européen se joue uniquement avec les jambes, les pieds, la tête et la poitrine contrairement au football américain qui se joue avec les mains. Une équipe est composée de onze joueurs, dont dix joueurs et un gardien de but. L'objectif pour gagner un match, comme tu as pu le voir hier, c'est de marquer plus de buts que l'adversaire en envoyant le ballon dans les buts de l'équipe opposée. Seul le gardien de but, lorsqu'il se trouve dans la surface de réparation, a le droit de toucher le ballon avec les mains ou avec le bras. Le jeu est normalement surveillé par un arbitre et deux arbitres assistants ou juges de touche, chargés de signaler les hors-jeu et les sorties de ballon en touche et en corner...

Tony continua ainsi d'expliquer les règles du jeu au petit garçon sous l'oreille attentive et intéressée de son parrain. Quand les deux sorciers saisirent à peu près le règlement, tous les trois entamèrent un petit match sur la zone libre. Harry, comme Teddy l'avait prédit la veille, se montra très doué et prit un malin plaisir à faire courir Tony. Son aisance, sa rapidité et sa technique attirèrent les regards et l'admiration des jeunes sur le terrain qui vinrent rapidement lui demander de se joindre à eux pour le match en cours. Et avant que le sorcier n'ait eu le temps de refuser, Teddy tout excité de voir son parrain disputer un vrai match, l'encouragea… en fait, le poussa carrément en direction des jeunes pour qu'il puisse prendre part au jeu.

À midi, Marie leur apporta des sandwichs faits maison qu'ils mangèrent sur le terrain en compagnie des jeunes et de leur coach qui tenta de persuader Harry de rejoindre le club adulte du quartier dont il était aussi le coach. Harry refusa poliment en lui disant que son travail ne lui laissait pas beaucoup de temps pour cela. Le Moldu trouva cela dommage, mais comprit tout de même. Mais cela ne l'empêcha pas de retenter sa chance plusieurs fois durant le repas. Après avoir mangé, Marie ramena Teddy à la maison afin qu'il puisse faire une petite sieste tandis que Harry et DiNozzo convinrent de rejouer un autre match avec l'équipe avant de repartir. Et ce ne fut que sur les coups de dix-sept heures qu'ils prirent le chemin de retour.

Harry devait s'avouer qu'il avait passé une excellente journée au cours de laquelle, il s'était découvert une passion autre que le Quidditch. Avant de quitter les jeunes et leur coach, Harry s'était renseigné auprès d'eux pour inscrire Teddy au club des juniors. Il apprit que c'était aussi le coach qui s'occupait de ce club aussi. En fait, c'était lui qui s'occupait de tous les clubs de football du quartier en compagnie de trois autres coachs. Ainsi, il fut convenu que même si Teddy qui n'avait pas encore l'âge requis, six ans, pour intégrer le junior de premier niveau, allait tout de même pouvoir être inscrit, car il semblait avoir les mêmes dispositions que son parrain pour le sport.

En échange de l'inscription de Teddy, le Moldu fit promettre à Harry de revenir jouer avec les jeunes le week-end suivant. Tony s'empressa de s'inviter sans aucune honte. Et pour répondre au regard noir que lui lança Harry, il se dépêcha de dire qu'il viendrait pour tenir compagnie à Teddy pour que Harry puisse jouer sans s'inquiéter pour le petit garçon. Et pour couper l'herbe sous les pieds d'Harry, il ajouta que comme Marie n'aimait pas le foot, cela serait cruel de la faire venir pour ça. Harry accepta du bout des lèvres en voyant la joie que cela donnait à Teddy.

En quittant Harry sur le palier de sa porte, DiNozzo était toujours sur son petit nuage en retournant à son appartement. En ouvrant sa porte, l'agent ne s'attendait certainement pas à trouver Gibbs tranquillement assis sur l'un des fauteuils du salon. Celui-ci, un verre d'eau à la main, lisait un journal. Il ne sembla aucunement embarrassé de se trouver dans un logement qui ne lui appartenait pas et où il n'avait pas été invité. Bien au contraire, Gibbs se contenta de faire un signe en direction de DiNozzo, l'invitant à aller prendre place sur l'autre fauteuil. Celui-ci, bien trop conditionné par des années passées à suivre les ordres de son supérieur, se glissa docilement sur le siège sans poser la moindre question. Durant une longue minute, ils se contentèrent de se fixer dans le blanc des yeux. Ce fut Gibbs qui se décida à briser le silence.

_ Nous devons parler Tony, tu en as conscience ? déclara-t-il.

_ De quoi patron ? Demande celui-ci mal à l'aise et en faisant l'ignorant.

_ De monsieur Potter.

_ Je ne vois pas ce qu'i dire sur lui. Il me paraît être un bon agent d'après le peu que j'ai pu voir de lui, dit Tony rapidement. Il est vrai qu'il est un peu jeune, mais je trouve qu'il se débrouille bien. Je...

_ C'est bon Tony ! Tu sais parfaitement de quoi je veux qu'on parle, le coupa Gibbs.

_ Non, non ! Je ne vois absolument pas à quoi vous faites allusion patron, nia honteusement Tony.

_ Puisqu'il faut en arriver là, dit Gibbs dans un soupir, je vais aller droit au but. Je veux parler de ta petite obsession pour un certain type d'homme. Je veux que nous parlions de ton obsession dangereuse pour l'agent Potter, expliqua Gibbs.

Tony baissa la tête et ne dit plus rien. Son pied se mit à battre la mesure sur le tapis sans qu'il ne puisse rien y faire, car il était bien trop nerveux.

_ Ce n'est pas contre toi ni contre Potter que je fais ça, mais je dois te demander de mettre fin à cela, de mettre de la distance entre vous deux.

_ Je… je ne pense pas pouvoir le faire, patron, répondit honnêtement Tony.

_ Pourtant, tu vas devoir le faire, car il est hors de question que ce qui est arrivé avec Alejandro se reproduise ici avec ce gamin. Je ne tiens pas à revivre cela une seconde fois, Tony. Une m'a largement suffi. Comprends que je tiens à toi, c'est pour cela que je te fais cette demande.

_ J'entends ce que vous dites patron, mais malgré tout le respect que je vous dois et toute ma volonté, je ne peux pas le faire. Je ne pourrais pas le faire. Je sais que cela ne fait qu'une semaine que je le connais, mais je sens du plus profond de mes tripes qu'il va m'être impossible de m'éloigner de lui. J'ai la conviction que c'est lui que je cherche depuis tout ce temps. Et je suis persuadé qu'il n'a rien à voir avec Alejandro. Il est différent de lui.

Gibbs le regarda attentivement avant de hocher la tête avec résistance.

_ Si c'est bien ce que tu ressens, je vais te laisser une chance de me prouver le contraire. Cependant, si je commence à avoir un seul doute sur le bienfondé de cette décision, je préviens immédiatement ton père, car je ne peux pas te laisser mettre ta vie en danger une seconde fois. Je ne suis pas sûr que ta mère réussisse cette fois à te faire revenir. Donc, sois prudent.

Et sur cette déclaration, Gibbs se leva et s'en alla.

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Le même jour dans les bureaux du NCIS, une jeune femme en manque de sommeil et droguée à la caféine, se tenait devant un ordinateur. Cette dernière avait un sourire de dément aux lèvres et ricanait comme une folle. Soudainement, elle se leva de sa chaise et se mit à faire une chorégraphie de la victoire faite de mouvements irréguliers, étranges. La jeune femme en question se trouve être nulle autre que la jeune analyste du NCIS, Abigaïl Sciuto. Pourquoi se trouvait-elle dans cet état proche de la folie, vous demandez- vous ? Eh bien, tout simplement parce qu'elle venait finalement de faire deux découvertes qui allaient changer sa vie à jamais.

Mais quelles étaient-elles ? Alors, la première était qu'elle venait de trouver la preuve vivante de ce qu'elle avait toujours soupçonné exister sa vie durant : l'existence d'un monde caché. Un monde rempli d'êtres magiques : le monde sorcier. La seconde découverte que l'analyste avait faite, était au sujet du mystérieux agent Potter. En effet, Abby venait de comprendre pourquoi elle n'était pas parvenue à obtenir des informations sur le nouvel agent : c'était parce que ce dernier était l'un d'eux. Harry Potter était un sorcier ! Il était un sorcier ! Et dire qu'elle avait presque failli passer à côté de ça ! Heureusement qu'elle était parvenue à se souvenir de l'occasion où elle avait entendu parler de Potter pour la première fois.

Après plusieurs nuits et jours passés à se torturer les méninges pour trouver où elle avait entendu le nom de Potter, la réponse lui était finalement venue d'un coup et sans qu'elle ne s'y attende. En effet, alors qu'elle se lamentait pour la énième fois sur le manque d'indices pouvant les aider à trouver l'assassin qui s'en prenait à de pauvres familles sans défense, elle avait eu un flashback. Abby s'était vue transporter mentalement au cœur d'un souvenir remontant à son adolescence. Elle s'était vue allongée sur le tapis de sa vieille voisine, madame Anne Boleyn, chez qui, elle avait appris l'existence de la magie. Dans son souvenir, elle tenait un journal en papier classique en noir et blanc, sauf que contrairement aux journaux habituels, dans celui qu'elle lisait, les photographies bougeaient telles des images sur les tableaux d'affichages publicitaires. La petite Abby du souvenir lisait un article intitulé : HARRY POTTER « PERTURBÉ ET DANGEREUX ». Il y avait sous le titre, la photo d'un jeune adolescent avec des cheveux d'un noir de jais en bataille, portant des lunettes rondes et une cicatrice au front.

Alors que les images relatives à cette réminiscence se dissipaient lentement de sa mémoire, Abby eut le temps de noter le nom du journal en question. Quand le flashback se fut dissipé, Abby s'était jeté sur son ordinateur. Et après des heures de recherches sur internet, elle avait enfin déniché ce qu'elle cherchait : un blog mentionnant le journal où elle avait lu l'article. Le blog appartenait à un jeune homme du nom de Dean Thomas qui se disait être un sorcier de sang-mêlé. Le blog avait plusieurs articles du journal La Gazette du sorcier. En quelques clics, Abby était parvenue à trouver l'article qu'elle cherchait si désespérément. Et c'est cette découverte qui est à l'origine de la danse de la victoire d'Abby. Sur l'écran de son ordinateur, on peut lire ceci :

« HARRY POTTER "PERTURBÉ ET DANGEREUX"

(NdA : passage tiré du livre Harry Potter trouvé sur internet)

Le garçon qui a vaincu Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom est instable et potentiellement dangereux, écrit Rita Skeeter, notre envoyée spéciale. Des témoignages alarmants concernant l'étrange comportement d'Harry Potter font douter de sa capacité à participer à une compétition aussi exigeante que le Tournoi des Trois Sorciers. On peut même se demander s'il est véritablement apte à fréquenter l'école Poudlard.

La Gazette du sorcier est en mesure de révéler en exclusivité à ses lecteurs que Potter est sujet à des évanouissements réguliers et qu'on l'entend souvent se plaindre de douleurs à la cicatrice qu'il porte au front (souvenir du mauvais sort par lequel Vous-Savez-Qui a tenté de le tuer). Lundi dernier, en pleine leçon de divination, l'envoyée spéciale de La Gazette du sorcier a vu Potter quitter la classe en toute hâte en affirmant que sa cicatrice lui faisait trop mal pour qu'il puisse continuer à suivre le cours.

D'après des experts de l'hôpital Ste Mangouste pour les maladies et blessures magiques, il est possible que le cerveau de Potter ait été affecté par l'attaque de Vous-Savez-Qui et que son insistance à se plaindre d'une douleur à sa cicatrice soit en fait une manifestation de sa profonde confusion mentale. "Il pourrait même s'agir d'une simulation, déclare un spécialiste, une façon d'attirer l'attention sur lui."

La Gazette du sorcier a cependant découvert certains faits inquiétants qu'Albus Dumbledore, le directeur de Poudlard, a soigneusement cachés au public.

"Potter parle le Fourchelang, révèle Drago Malefoy, un élève de quatrième année. Il y a deux ans, des élèves se faisaient attaquer sans arrêt et nous étions nombreux à penser que c'était lui le coupable. Surtout depuis qu'on l'avait vu se mettre en colère lors d'un club de duel et envoyer un serpent sur un de ses camarades. L'affaire a été étouffée, bien entendu. Mais il a également noué des liens d'amitié avec des loups-garous et des géants. Il serait prêt à n'importe quoi pour avoir la moindre parcelle de pouvoir."

Le Fourchelang, qui donne la faculté de converser avec les serpents, est depuis longtemps considéré comme une pratique de magie noire. Et il est vrai que le plus célèbre expert en Fourchelang de notre temps n'est autre que Vous-Savez-Qui en personne. Un membre de la Ligue de défense contre la magie noire, qui souhaite garder l'anonymat, déclare que, selon lui, quiconque parle le Fourchelang devrait "faire l'objet d'une enquête. Personnellement, j'aurais les plus grands soupçons à l'égard de quelqu'un qui a la capacité de parler avec les serpents. Les serpents sont en effet utilisés dans les pires pratiques de la magie noire et sont historiquement associés aux adeptes des forces du Mal". De même, "quiconque recherche la compagnie de créatures aussi malfaisantes que les loups-garous et les géants a forcément un goût prononcé pour la violence".

Albus Dumbledore devrait sans nul doute se demander s'il est bien raisonnable qu'un garçon présentant une telle personnalité soit autorisé à participer au Tournoi des Trois Sorciers. Certains craignent en effet que Potter ait recours à la magie noire dans une tentative désespérée pour remporter le tournoi, dont la troisième tâche doit avoir lieu aujourd'hui même. »

La lecture de l'article dont elle avait oublié le contenu laissa Abby sur sa faim. Au lieu de répondre à ses questions, celui-ci amena une myriade d'autres interrogations telles que : Qui pouvait être Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom que Potter avait vaincu ? C'était quoi le Tournoi des Trois Sorciers ? Où se trouvait l'hôpital Ste Mangouste, et est-ce que seuls les sorciers y avaient accès ? Potter parlait-il vraiment aux serpents ? Celles-là et bien d'autres encore. Et pour obtenir les réponses à ses questions, Abby se fit la promesse que même si elle devait aller jusqu'à forcer Potter à lui donner des réponses, elle obtiendrait ces dernières. Cependant, même si elle avait la volonté de le faire, la question était : Comment allait-elle s'y prendre pour l'obliger à tout lui révéler ?

En attendant de trouver le moyen de parvenir à ses fins, Abby se fit un devoir de parcourir le site web en son entier. En plus des articles de La Gazette du sorcier, le blog donnait une flopée d'informations sur le monde des sorciers. Néanmoins, comme l'auteur utilisait des mots et références inconnus de la jeune femme, cette dernière fut rapidement perdue. Après avoir lu un dernier article, Abby jeta un coup la dernière mise à jour. Le blog était inactif depuis presque neuf ans maintenant. Abby se demanda distraitement pourquoi, tandis que son excitation retombée. Et ce fut avec cette question en tête qu'elle s'écroula comme une masse sur son bureau. Elle ne tarda pas à sombrer dans un profond sommeil bien mérité.

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Harry était très perturbé par quelque chose qui l'empêchait de se concentrer correctement et même de trouver le sommeil cette nuit-là. En fait, pour être honnête, Harry était perturbé par son voisin et collègue, Antony DiNozzo. Cette espèce de vil obsédé sexuel, avait, par il ne savait quel moyen, réussit à passer la barrière qu'il avait érigée entre lui et le reste du monde qui le rendait indifférent à tout, sauf à son filleul et son travail. Déjà qu'il se méfiait du zigoto au comportement suspect, maintenant qu'il était parvenu à se rendre visible auprès de Harry, le niveau de méfiance de ce dernier avait fait un grand bond en avant. Et tout cela, c'était la faut du baiser qu'il avait échangé avec cet infâme individu, qui n'avait pas hésité une seule seconde à se servir de son filleul pour l'obliger à accepter sa présence auprès d'eux le dimanche. Et non seulement le pervers était parvenu à obtenir une réponse à son baiser, mais lui avait aussi fait découvrir une nouvelle passion : le football. Se découvrir une nouvelle passion pour un sport autre que le Quidditch aurait dû rendre Harry heureux, mais ce n'était pas le cas.

En vérité, c'était tout le contraire. Au lieu d'éprouver de la joie d'avoir passé une belle journée grâce à Tony (la meilleure journée qu'il avait vécu depuis très, très longtemps), Harry éprouvait de la peur. Une peur viscérale qui lui donnait envie de plier bagages, prendre le premier avion et retourner se terrer chez lui en Angleterre. Harry voulait aller se cacher loin de Tony et des émotions indésirables qu'il déclenchait en lui par sa seule présence. S'il ne se sentait pas obligé d'arrêter la chose qui avait pris l'apparence de Sirius pour commettre des horreurs, Harry serait déjà en route pour l'aéroport. Ne pouvant fuir de cette manière, mais refusant que l'agent soit plus présent dans sa vie et celle de son filleul qu'il ne l'était actuellement, Harry ne vit qu'une seule chose à faire : mettre rapidement de la distance entre eux avant que cela ne devienne dangereux pour lui et Teddy.

Le sorcier ne savait pas ce qui n'allait pas avec lui pour avoir pris du plaisir à embrasser cet obsédé sexuel ; et pour être franc, il ne voulait en aucun cas le découvrir, parce que cela pourrait se révéler dangereux pour. Il suffisait de voir ce qui s'était passé ce matin. Dire qu'il avait eu un mal fou à se détacher de l'agent, Harry se faisait honte. S'il n'était pas parvenu à repousser le Moldu, le sorcier ne savait pas ce qui aurait pu arriver par la suite. Marie ou Teddy aurait pu les surprendre dans une position très embarrassante. Et lui, qu'aurait-il pu dire ? Il avait vraiment été inconscient. Et rien que pour cela, il se devait de s'éloigner de cet homme. Et pour cela, il fallait qu'il trouve un moyen de limiter les contacts entre eux deux, car Harry refusait de donner l'opportunité à DiNozzo de briser un peu plus sa barrière.

Il se refusait à accorder de l'importance à un autre être vivant autre que Teddy. Le sorcier était très bien comme ça, seul et indifférent. Teddy et son travail lui suffisaient amplement. Il n'avait pas besoin de quelqu'un ou d'autre chose dans sa vie, parce qu'Harry avait durement appris que l'attachement aux autres n'apportait que douleur et regret, rien d'autre. L'Auror avait déjà trop donné pour risquer une autre blessure dûe à la perte d'un être cher. Et s'il ne prenait pas garde, ne prenait pas les mesures qu'il fallait, c'était ce qui risquait d'arriver avec le Moldu. Et Harry ne pouvait permettre que cela arrive.

Ce fut avec cette pensée en tête que le sorcier quitta sa chambre, puis son appartement pour aller sonner à la porte de son voisin à une heure avancée de la nuit. Celui-ci qui était sous la douche, mit quelques minutes avant de lui ouvrir la porte. En découvrant qui était venu sonner à sa porte à vingt-trois heures, un sourire lubrique et prédateur se dessina sur les lèvres de DiNozzo. Harry quant à lui, à la vue de son voisin, en oublia presque les raisons de sa venue. Effectivement, DiNozzo était pieds nus, ne portait qu'une minuscule serviette blanche attachée précairement et très bas sur ses hanches ; il avait encore les cheveux mouillés desquels, quelques gouttes d'eau s'échappaient pour aller se perdre sur le torse nu de l'agent avant de disparaître sous la minuscule serviette. Le Moldu était un appel au sexe.