Crédit : les personnages de "Harry Potter" appartiennent bien entendu à notre chère J.K. Rowling (sans laquelle je ne serais rien), seule cette histoire est le fruit de mon imagination. J'ai fait en sorte de respecter du mieux que j'ai pu les évènement sans trop déformer l'histoire originale. Je voulais faire une suite en bonne et due forme du dernier livre (sauf l'épilogue). Pas de résurrection prodigieuse au programme, désolée (pour le moment en tout cas... Mais j'ai un gros soucis : je change souvent d'avis).

L'histoire sera séparée en plusieurs parties avec des ambiances relativement différentes.

ATTENTION : Je n'ai pas pour habitude d'être prude dans mes descriptions de scènes de sexe, donc certains passages peuvent être choquants pour des personnes non averties.

Homophobes, pour votre bien, je vous conseillerais de ne surtout pas lire cette historie, vous risqueriez de faire d'atroces cauchemars.

Bonne lecture :)


Chapitre 8

Samedi 21 Novembre 1998

Harry ouvrit les yeux le premier, parfaitement reposé. Il commençait à comprendre pourquoi il réussissait à si bien dormir ces dernières nuits. Quand son regard tomba sur le visage endormi de Draco, la bouche légèrement ouverte et les cheveux en bataille, il sentit sa poitrine se gonfler. Il passa un doigt sur ses longs cils, puis suivit l'arête de son nez gracile avant de s'arrêter sur ses lèvres fines et douces. Il se redressa légèrement pour l'embrasser doucement.

- Tu n'es jamais rassasié, souffla Draco d'une voix endormie, un sourire aux lèvres.

- Jamais de toi… murmura Harry.

La réplique était sortie de sa bouche sans même qu'il ne s'en rende compte. Quand l'écho de ce qu'il venait de dire retentit dans son cerveau, il devint aussi rouge que le verni de Rita Skeeter.

- Je… Ce n'est pas ce que je voulais dire.

- Oh si, Potter, c'est exactement ce que tu voulais dire, répondit Draco en l'enlaçant. Et c'est compréhensible, je suis une bête de sexe, après tout.

Ces paroles irritèrent étrangement Harry. Il savait que Draco avait de l'expérience, il en avait fait les frais les trois jours précédents. Mais l'imaginer faire tout ce qu'il lui avait fait à un autre le rendait malade. Il se gifla mentalement. Mais que lui arrivait-il ? C'était Draco Malfoy, bon sang ! Harry savait très bien que rien de sérieux ne pourrait jamais arriver avec Malfoy. Il serait vraiment mal s'il se mettait à ressentir de la jalousie pour lui.

- Dis, ça te dirait d'aller faire un tour au Chaudron Baveur demain ? Pour fêter ta sortie de l'hôpital. Il paraît qu'ils ont rénové tout l'établissement depuis la fin de la guerre, mais je n'ai pas encore eu le temps d'aller voir.

Harry n'en revenait pas de ce qu'il venait d'entendre. Draco lui proposait-il réellement de sortir ensemble ? Tous les deux ? En public ? Non, il devait rêver…

- Si tu ne veux pas, tu n'as qu'à dire non, hein.

- Oui ! Euh… Oui, pourquoi pas. Allons-y.

- Super. Le médicomage vient t'examiner dans un peu plus d'une heure, c'est ça ?

- Oui.

- Très bien. J'ai une petite idée de ce qu'on pourrait faire d'ici là.

Draco l'embrassa à pleine bouche et se plaça directement entre les jambes de Harry. Ils n'avaient même pas pris la peine de déverrouiller la porte depuis la veille, ni même de se rhabiller.

Cette fois, Harry se montra beaucoup plus entreprenant que les précédentes. Il caressa le torse imberbe de Draco, jusqu'à sa verge gorgée de sang, et bascula pour se retrouver au-dessus de lui. Il saisit délicatement le sexe tendu et commença de lents va-et-vient qui arrachèrent des râles de plaisir à Draco. Il se mit alors à quatre pattes entre ses jambes, lui donnant une magnifique vue sur ses fesses relevées, et se pencha pour prendre le blond dans sa bouche. Au début, sa caresse buccale se fit maladroite et hésitante. Mais au fur et à mesure qu'il comprenait, à l'aide des soupirs du blond, ce qui lui faisait du bien, il se fit beaucoup plus sûr de lui et finit par faire à Draco l'une des meilleures pipes de sa vie. Au bord de la jouissance, ce dernier posa sa main sur l'épaule d'Harry pour le faire se reculer doucement. Le brun leva vers lui un regard empli de honte.

- Je suis désolé, je ne suis pas doué… Je n'ai jamais fait ça avant…

- Non, non, c'était parfait. C'est juste que je veux jouir en même temps que toi.

Et alors qu'il le poussait sur le dos pour se positionner au-dessus de lui, Harry l'arrêta.

- Draco… Prends-moi…

- Quoi ? s'étrangla le blond. Tu … Tu es sûr ?

- Oui, souffla-t-il. Je veux te sentir en moi, me remplir complètement, et que tu sois la première personne à franchir cette porte.

Harry se retint de dire « et la dernière ». Il écarta les cuisses en relevant ses genoux sur son torse, présentant son petit trou à Draco, et lui lança le regard le plus érotique qu'il pouvait. Ce dernier dut se faire violence pour ne pas lui sauter dessus et le prendre sur le champ. Il voulait faire ça bien. Et surtout, il voulait qu'Harry y prenne du plaisir… Et qu'il en redemande. Il parvint donc à garder son calme et attrapa sa baguette sur la table de chevet pour lancer un sort de lubrification sur ses doigts. Il inséra d'abord un doigt dans l'antre serrée de Harry. Voyant que celui-ci était à l'aise, il en introduisit un deuxième, et une petite grimace déforma légèrement le visage de son amant. Au troisième doigt, ce fut carrément un cri de douleur qui s'échappa des lèvres de Harry. Draco pris alors en bouche le sexe du brun, l'engloutissant jusqu'à la garde. Les gémissements d'inconfort se transformèrent bientôt en cris de plaisir alors qu'il imprimait le même mouvement de va-et-vient à sa bouche et à ses doigts. Quelques minutes plus tard, il sentit enfin le trou se contracter et un liquide brulant se déversa dans sa bouche.

- Oh Merlin… Je suis désolé, Draco, je… Je n'ai pas pu…

Draco l'interrompit d'un baiser passionné et légèrement salé, partageant avec Harry la saveur de sa semence.

- Tu… Tu as tout avalé ? demanda Harry, les yeux ronds.

Draco hocha simplement la tête en prenant un téton entre ses lèvres. Il n'en avait pas fini avec lui, et refusait de perdre du temps en bavardage. Il mordilla le téton durci, sa main caressant l'entre-jambe du brun, qui fut bientôt dur comme la pierre. Quand il sentit Harry à nouveau au bord de la jouissance, il se redressa et se positionna entre ses jambes. Il planta ses yeux dans ceux, humides de désir d'Harry. Un sentiment bien familier fit alors battre son cœur plus fort. Ce n'était pas de la passion. C'était beaucoup plus intense, abstrait, un sentiment que Draco savait enfoui en lui depuis longtemps mais s'était toujours refusé à ressentir ouvertement. Et même s'il ne pouvait mettre de nom sur ce sentiment, il savait qu'il était là, et le sentait à chaque fois que son regard rencontrait deux pupilles vertes bien connues. Et en cet instant, alors qu'il s'apprêtait à faire l'amour au propriétaire de ce yeux verts, il comprit. Il comprit tout ce qui lui avait échappé ces sept dernières années. Il comprit d'où venait toute cette haine qu'il avait ressenti pour le Sauveur. Toute cette haine, cette frustration, ce désir mêlés, ils venaient tous d'un seul et unique sentiment. Et Draco sut, tout simplement. Et cela n'avait rien à voir avec son père, comme il l'avait toujours cru.

Au moment d'entrer en lui, il se pencha et prit ses lèvres dans un baiser passionné, tendre, explosif, doux, sauvage, un baiser qui était tout à la fois. Un baiser qui reflétait à la perfection ce qu'il ressentait en cet instant. Puis il s'enfonça doucement, accueillant dans sa bouche les cris de douleur et de bonheur d'Harry. Ce dernier était pris entre spasmes de plaisir et sanglots de douleur. Il n'avait jamais ressenti cela auparavant. Il avait atrocement mal, mais savoir que c'était le sexe de Draco qui lui écartelait les entrailles l'excitait au plus au point. Il aurait voulu que jamais ça ne s'arrête. Soudain, il eut l'impression qu'une flamme délicieusement brulante consumait tout son corps. Draco avait trouvé sa prostate et la visait à présent à chaque coup de rein, coupant littéralement le souffle à Harry.

- Que… Qu'est-ce que…

- C'est là, mon chéri. Ton petit point sensible.

Draco se retint de mettre sa main devant sa bouche. Il valait mieux faire comme si de rien n'était. Harry n'avait sûrement pas entendu, de toute manière, trop occupé à hurler de plaisir. Mais il n'en revenait pas que ce mot doux, sorti de nulle part, lui ait échappé.

- Draco ! hurla Harry, le tirant de ses pensées. Draco ! C'est si bon !

- Je sais, répondit Draco en haussant la voix pour couvrir les soupirs de Harry. Tu aimes quand je touche cet endroit ?

- Oui ! Oui ! C'est trop bon !

Draco attrapa ses jambes et les serra contre lui pour aller encore plus loin. Quand il caressa le sexe de Harry, un seul mouvement suffit à le faire venir. Se contractant tout autour de la verge du blond, Harry jouit violemment, projetant sa semence sur son ventre et son torse. Enserré ainsi, Draco ne mit pas beaucoup plus de temps à se libérer à l'intérieur de Harry. Quelques secondes plus tard, il s'affala sur son amant, vide de toute énergie vitale. Quand il sentit que son poids devenait trop étouffant pour Harry, il se laissa glisser sur le côté, sans jamais se décoller de lui. Il prit tout juste la peine de leur lancer à tous les deux un sort de nettoyage avant de l'enlacer à nouveau. Après un quart d'heure qu'ils passèrent à somnoler et reprendre leurs esprits, Draco se leva et tous deux s'habillèrent, trop heureux et comblés pour briser le silence apaisant qui les enveloppait depuis qu'ils avaient cessé d'haleter.

- Je vais devoir y aller. C'est toujours d'accord pour demain ?

- Oui, bien sûr. On se retrouve là-bas ?

- Très bien.

Draco défit alors les sorts de verrouillage et de silence. Soudain, la porte de la chambre s'ouvrit dans un grand fracas et Ron et Hermione firent irruption dans la pièce.

- Harry ! Pourquoi as-tu verrouillé la porte ? Ça fait une heure qu'on essaye d'entrer ! On était morts d'inquiétude ! Tu…

Hermione s'interrompit et devint blême quand son regard se posa sur Draco, tout juste habillé mais les cheveux encore en bataille. Celui-ci lissa une dernière fois sa veste et leva le menton.

- Désolé, Harry. Je ne voulais pas qu'on nous dérange alors j'ai jeté un sort de silence qui marche dans les deux sens. Je ne savais pas que tes deux sangsues… Pardon, tes deux amis viendraient te rendre visite.

Ron, toujours à la ramasse, ouvrit de grands yeux de stupeur.

- Qu'on vous dérange ? Mais qu'on vous dérange dans quoi ? La seule chose que vous savez faire tous les deux c'est vous battre, et je ne vois pas en quoi être interrompu dans une bagarre est dérangeant au point de verrouiller cette fichue porte ! Je me serais même fait une joie de rejoindre Harry pour te botter le derrière, Malfoy !

Hermione, qui avait bien sûr comprit à quel genre de « bagarre » s'étaient livrés les deux anciens ennemis, devint rouge à la dernière phrase de Ron.

- Ron, calme-toi.

- Me calmer ? Cette salle fouine vient emmerder mon meilleur pote jusque dans sa chambre d'hôpital et je dois rester calme ?

- Ron, je ne pense pas que Draco soit là pour embêter Harry… Du moins pas dans le sens où tu l'entends.

Un silence gêné suivit la remarque d'Hermione. Ron fixa une à une chaque personne présente dans la pièce, les yeux ronds. Jusqu'à ce qu'il comprenne.

- Que… Quoi ? Non… Non, non, non, non, NON ! Il en est hors de question ! Qu'est-ce que tu as fait à Harry, espèce de sale fouine de mes deux ! Je vais te transformer en crapaud !

- Oh mais vas-y Weasley, si ça a le même effet que ton sort de crache-limace en deuxième année, j'ai hâte de voir ça.

Ron devint rouge de colère et s'apprêta à sortir sa baguette.

- Ron, stop ! Arrête un peu, tu sais bien qu'il ne se passe rien entre Malfoy et moi et il ne se passera jamais rien, ce serait ridicule. Alors range-moi cette baguette et calme-toi !

Cette tirade eut l'effet d'une douche froide sur Draco. Il devint livide et avala difficilement sa salive. Puis il attrapa son manteau et se dirigea vers la porte, non sans bousculer Ron en passant. Il s'arrêta au dernier moment, une main sur la poignée, et dit sans se retourner :

- Très bien dit, Potter. Même si je suis sûr que tu aurais tenu un discours différent il y a quelques minutes, tu sais, quand tu me criais de continuer. Mais tu as tout à fait raison, il n'y aura jamais rien entre nous, et c'est très bien comme ça.

Puis, sur ces mots, il quitta la pièce en claquant la porte. Mais malgré son ton froid et indifférent, sa réaction n'avait pas échappé à Hermione.

- Harry… Je crois que tu l'as blessé.

- Mais non, pourquoi ce que j'ai dit l'aurait blessé.

- Tu es aveugle ou quoi ? Ça crève les yeux que tu lui plais.

- N'importe quoi. Il n'y avait rien d'autre que du sexe entre nous.

Un couinement étrange échappa de la bouche de Ron avant qu'il ne s'effondre sur une chaise.

- Ecoute-moi. Tu nous as fait un beau discours l'autre jour pour nous dire de ne pas laisser filer le bonheur… Tu ne crois pas que ça s'applique à toi aussi ?

Harry baissa la tête sans répondre.

- Harry, tu sais que mon instinct ne me trompe jamais. Tu lui plais, j'en suis sûre. Et je suis encore plus certaine que tu es raide dingue de lui.

- Hermione ! s'écria Ron en se relevant brusquement. Tu n'es quand même pas en train de conseiller à Harry de… Avec Malfoy ! C'est un homme ! Et puis surtout, c'est MALFOY !

- Ron, tu ne vas pas me faire croire que tu ne t'es pas rendu compte que ton meilleur ami est gay. Je le savais avant même que ce soit fini avec Ginny.

- Il peut être gay, s'il le veut, il peut même aimer les scrouts à pétard, je m'en fiche, tant que ce n'est pas MALFOY !

- Tu ne peux pas décider de ça, Ron.

- Mais c'est…

- Oui, c'est Malfoy, on a compris, coupa Harry, légèrement agacé de tout l'engouement que mettait Ron à discréditer Draco.

Le rouquin hocha prestement la tête en direction d'Hermione, l'air de dire « tu vois ? ».

- Et alors ? Il reste un homme. Un homme extrêmement séduisant…

Nouveau couinement de la part de Ron.

- … Qui est doté d'un cœur et qui a été touché par les paroles blessantes d'Harry.

Ce dernier devint rouge. Draco avait-il réellement des sentiments pour lui ? Il hésitait à se laisser aller à un tel espoir. Après tout, un homme comme lui pouvait avoir tous ceux (hommes ou femmes) qu'il désirait. Pourquoi serait-il intéressé par un torturé de la vie, anciennement son ennemi, qui n'y connaissait absolument rien au sexe ou à tout ce qui touchait aux relations amoureuses… Ca n'avait pas de sens. Cependant, il ne put s'empêcher de ressentir une lueur d'espoir au fond de lui.

- Je… Je vais aller le voir.

- Bonne décision.

- Non ! Pas bonne décision ! Pas bonne du tout ! Harry, pourquoi tu fais ça ? C'est MALFOY ! Le même Malfoy qui nous a pourri la vie pendant sept ans ! Celui qui a essayé de te tuer dans le train, qui a condamné Buck, qui a insulté Hermione, celui qui mentais sans arrêt et qui a fait entrer ces saloperies de mangemorts dans l'école pour tuer Dumbledore ! Comment tu peux passer outre tout ça ?

- Tu oublies que c'est également grâce à lui que nous avons arrêté ces derniers, Ron. Et il était sous l'influence de son père, il n'avait pas le choix. Et je te rappelle que c'est Dumbledore lui-même qui a orchestré sa propre mort. On ne peut pas mettre ça sur le dos de Draco. Tout le monde change, et tout le monde à droit à une deuxième chance.

- Je n'arrive pas à croire que tu le défendes, Hermione. Tu devrais être la première à lui en vouloir !

- Je ne lui en veux pas, Ron. Nous avons vécu assez d'horreurs cette année pour ajouter de la haine et de la rancœur à tout ça. Je veux croire à un monde où les gens peuvent devenir meilleurs. Et je suis sûre que c'est le cas de Draco.

- Arrête de l'appeler par son prénom, je t'en supplie. Il est…

- Ron… Je l'aime. Si tu ne peux pas faire la paix avec lui, est-ce que tu pourrais au moins accepter mes sentiments ? Je ne te demande pas de l'apprécier, ni même de lui adresser la parole. Ignore-le, tout simplement, comme nous aurions dû le faire depuis le début. Il fera de même, j'en suis sûr. Je te le demande en tant qu'ami… Non, en tant que frère. Pourrais-tu faire ça pour moi ?

Un silence pesant suivit la réplique d'Harry. Hermione retint son souffle en fixant son fiancé. Ron ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois avant de lâcher :

- Oui. Oui je peux faire ça… Je crois.

- Merci, Ron.

Hermione se leva et les enlaça tous les deux.

- C'est bien, mon chéri. Je suis fière de toi.

- Ça va, je suis pas un enfant, bougonna le roux.

- Je vais nous chercher du thé. Harry, tu devrais te préparer pour l'auscultation, le médecin vient te voir dans dix minutes.

- Merci, Hermione.

La jeune femme sortit, le sourire aux lèvres. En quelques seconde, la gêne s'installa entre les deux amis. Harry retourna sur son lit et lissa le drap sur ses genoux, cherchant quelque chose à dire. Mais ce fut Ron qui brisa le silence.

- Tu… Tu l'aimes vraiment ?

- Je ne sais pas… J'ai dit ça sous le coup de l'émotion, tout à l'heure, mais ça ne fait même pas une semaine qu'on se fréquente. Enfin, si je peux appeler ça se fréquenter. Mais… Je dois avouer que quand il est là, je me sens étrangement bien. Heureux et apaisé. Et j'aime parler avec lui. Presqu'autant qu'avec vous.

Ron encaissa le choc.

- Je… Je ne l'aime pas. Je ne pourrai jamais l'apprécier. Je suis désolé. Mais… Je suis content pour toi. Si tu réussis à être heureux avec lui, je serai là pour te soutenir. Et s'il te fait souffrir, je me ferai un plaisir de lui botter les fesses.

Harry ne put retenir un sourire.

- Merci, Ron. Tu n'imagines comme ça compte pour moi.

- Tu sais, malgré ce qu'a dit Hermy, je n'aurais jamais pensé que tu étais… Gay. Quand tu as quitté ma sœur, je croyais que c'était juste parce qu'elle est insupportable, et je comprenais parfaitement. Je suis un peu vexé que tu ne me l'aies jamais dit…

- Je ne le savais pas, Ron. C'est Dr… Malfoy qui m'a ouvert les yeux il y a quelques jours. Et après ça, je ne savais pas comment vous l'annoncer.

- Oh… Je suis désolé d'avoir réagi aussi excessivement, tout à l'heure.

- Ne t'inquiète pas. Je comprends ce que tu ressens. Mais… Je ne peux pas contrôler mes sentiments.

- Oui, je sais… Comment tu vas arranger ça ?

- J'irai le voir demain… Et je le supplierai. Si ce qu'à dit Hermione est vrai et qu'il a réellement des sentiments pour moi, même infimes, je veux saisir ma chance.

- Harry Potter qui supplie Draco Malfoy… Beaucoup paieraient cher pour voir ça. A commencer par lui-même, j'en suis sûr.

Les deux amis étaient en train de rire de bon cœur quand le médicomage entra, suivit de près par Hermione. Après l'avoir examiné, le médecin confirma à Harry qu'il était complètement remis et qu'il pourrait bien quitter l'hôpital le lendemain matin. La consultation terminée, le couple resta encore quelques heures avec lui et finit par s'éclipser. Harry se retrouva de nouveau seul pour la première nuit depuis quatre jours. Il brûlait d'envie d'appeler Draco pour le supplier de revenir et de ne pas le laisser seul cette nuit. Mais un mélange de honte et de fierté l'empêcha de décrocher le téléphone de sa chambre. Il parvint cependant à rester éveillé jusqu'à deux heures du matin, mais finit par se laisser vaincre par la fatigue.