Quelques minutes après son coup de fil, une voiture se gara à l'entrée de la ruelle. Le jeune homme qui en sortit se précipita vers le Geek, qui tenait le Patron entre ses bras.
« Putain, qu'est-ce qui s'est passé sale gosse ?!
- Je... Ils...
- Patron ? Patron ! »
Il dégagea le Geek d'un coup sec, récupérant le Patron.
« Patron ?! Réponds moi !
- Mathieu... geint le Geek en se rapprochant.
- Ta gueule putain ! Ta gueule ! »
Le corps du Patron se retrouva bientôt sur l'épaule d'un Mathieu chancelant, qui l'installa dans sa voiture avant de démarrer d'une traite. Le gamer, dont les larmes coulaient sans arrêt, se détestait à cet instant plus qu'à n'importe lequel de son existence. Le Patron, blessé par sa faute. Son créateur, horrifié, à cause de lui. Le regard haineux de ce dernier, glaçant son sang. Il souhaita n'avoir jamais existé.
Peu importe sur quoi il se trouvait, s'était doux et confortable. Chaud également. Une odeur familiale l'entourait. Il passa sa langue sur ses lèvres sèches. Son corps lui paraissait une étendue inconnue. Il écarta ses orteils, éveillant ses membres inférieurs engourdis. Ce fut ensuite le tour de ses doigts, qui rencontrèrent une autre main blottit dedans. Tout semblait fonctionner. Il ouvrit les yeux.
Le plafond de sa chambre l'accueillit dans le monde la conscience. Il passa la pièce du regard, se rendant compte de son bras bandé de blanc, et du gamin qui dormait à son chevet. La tête à moitié sur le matelas, à moitié sur sa DS encore allumée, le Geek laissait échapper un filet de bave sur ses draps. Il retira la console, sauvegarda de justesse avant l'extinction par manque de batterie. Le petit, sentant une partie de son oreiller improvisé lui être confisqué, reprit ses esprits et se redressa. Il s'étira, avant de réaliser le regard amusé porté sur lui.
En le remarquant, il fit une moue à laquelle le Patron ne s'attendait pas. Son protégé paraissait voguer entre l'effroi et la culpabilité, quand son regard ne se détournait pas. L'aîné poussa un petit grondement de réveil, et passa sa main valide sur son visage. Il ne portait pas ses lunettes. Poussant un soupir, il cacha son œil aveugle sous sa paume.
« J'ai dormi longtemps ?
- Presque un jour. Tu te réveillais parfois, mais on te donnait un somnifère et des antalgiques parce que tu avais mal... On y est peut-être allé un peu fort... »
En effet, le Patron ne sentait plus grand chose de précis. Les doigts du Geek contre sa main ne lui semblaient pas être plus qu'une masse chaude et douce.
« Qu'est-ce que j'ai ?
- Des côtes fêlées, et un muscle déchiré à cause du coup de couteau dans ton bras... Des hématomes sur ton visage... Et ton œil …
- Ça ne vient pas de là ça.
- Oui... Mathieu m'a dit que c'était à cause de lui... »
Le Patron leva son œil au ciel. Cet idiot n'arrêterait jamais de s'en vouloir pour ça ? Aussi, à l'époque, il n'avait rien fait pour véritablement le déculpabiliser. Il ne pensait qu'à le rendre plus fort. Les sanglots du Geek le ramenèrent au moment présent. Il se redressa, grimaçant à peine suite au pincement au niveau de ses côtes. Mathieu lui avait sans doute donné une dose de cheval.
« Ce n'est pas de sa faute.
- Je sais. Mathieu ne ferait rien contre nous... Murmura le Geek.
- Et mon état actuel n'est pas de ta faute.
- Mais ... »
Un baiser coupa ses paroles accusatrices. Il entraîna d'un bras son interlocuteur à s'allonger contre lui. Fermant son œil blanc, il détacha ses lèvres pour pouvoir le regarder. Il ne ferait pas deux fois la même erreur.
« Patron...
- Ce n'est pas de ta faute Geek.
- Mais je savais... J'avais entendu qu'ils voulaient te faire du mal... Je croyais juste que...
- Je suis assez grand pour me défendre, et pour te défendre avec.
- Mais tu n'as pas à...»
Un nouveau baiser le coupa.
« Si.
- Pourquoi ? »
Il n'expliciterait pas plus ses propos. Il ne se permettrait pas de lui ouvrir ainsi son être. Cependant le plus jeune, dans son iris océan, voyait des vagues de paroles, qu'il ne comprenait pas toujours. De la possession, de la domination : le Patron le voulait pour lui. De l'affection : il l'aimait tel quel, et voulait le protéger de ceux qui lui ferait du mal.
« Tu as un visage très explicite en fait, remarqua-t-il. »
Une moue, qu'il traduit par de la gêne lui répondit.
« Ta gueule gamin. File moi mes lunettes. »
Il s'exécuta en souriant doucement. Quand la porte s'ouvrit sur Mathieu, le Geek quitta le lit de l'autre personnalité. Le présentateur de SLG s'avança.
« Tu peux aller lui faire à manger. Je lui apporterais ensuite. Je dois parler au Patron. »
Le gosse hocha la tête avant de déguerpir. Son créateur, depuis qu'il avait récupéré le Patron blessé, était d'une froideur effrayante.
Mathieu s'assit sur le lit, alors que le Patron s'y redressait.
« Salut gamin.
- Salut. »
Ils se considérèrent sans mot quelques minutes. Les émotions qui se battaient dans les yeux du vidéaste traduisaient son trouble. La même qu'à l'époque. Le Patron pose sa tête sur l'épaule de Mathieu. Celui ci lui glissa ses doigts dans la courte chevelure brune. Une petite morsure sur son cou s'en suivit.
« Aïe... Finit-il par souffler sans vraiment le penser.
- A quoi tu penses ? Demanda le Patron sans décoller sa joue du trapèze de son interlocuteur.
- La première fois que tu t'es fait tabasser à cause de moi. Je m'en voulais énormément.
- Pour toi. Pas à cause. Je ne regrette toujours pas de te protéger. Même si tu n'as plus besoin de moi maintenant.
- Justement. Parfois j'ai l'impression que tu veux que le Geek me remplace. »
Le Patron fronça les sourcils. Il ne niait pas ressentir de la satisfaction à l'idée d'un Mathieu jaloux du Geek. Seulement, il n'imaginait plus depuis longtemps son créateur avoir de tels sentiments le concernant. Comme à chaque fois qu'ils parlaient sérieusement, ses lunettes lui furent retirées. Aussi ses impressions ne restèrent pas inconnues à Mathieu.
« Ne te fais pas de film. Je t'ai déjà dit... Que la relation que j'ai avec mes personnalités est déjà assez compliquées ainsi.
- Alors pourquoi tu as peur que le Geek ne te remplace ?
- Parce que ce n'est pas possible. Il n'évoluera jamais pour devenir moi. C'est toi qui m'a changé, mais tu ne peux pas faire la même chose avec lui. Sinon tout cela n'aura plus aucun sens. Il ne sera plus le Geek, il sera... Moi. Tu ne peux pas l'utiliser pour créer un deuxième moi. Ça ne peut pas marcher. »
Le Patron ferma les yeux. Alors c'était ça.
« Regarde moi.
- Non. »
Il savait qu'en croisant son regard, il lui dirait des choses bien trop mielleuses pour lui correspondre. Il sentit une chaleur humide sur ses lèvres. Elles en capturèrent la source. Jeune adolescent, Mathieu lui léchait toujours la bouche pour quémander un baiser.
« T'es pas un peu vieux pour ça, demanda-t-il après quelques instants d'échanges.
- Tu as ouvert les yeux au moins, lui sourit-il. »
Le criminel répondit à son sourire. Il se sentait toujours fier d'avoir influencer Mathieu à ruser. Il l'avait peut-être même trop bien éduqué à s'en sortir et obtenir ce qu'il veut, ce gamin.
« Je ne veux pas changer le gosse.
- Pourtant tu l'influences. Et il t'aime beaucoup. Il s'est même déguisé en toi...
- Il a la psychologie d'un ado. Il cherche des gens à qui ressembler. Mais je ne suis pas son exemple. Celui qu'il admire le plus, c'est toi.
- Mais il ne sera comme moi que si tu te comportes comme tu l'as fait avec moi.
- Ce que je ne fais pas. Je ne ferai pas les mêmes erreurs. »
Mathieu sourit.
« Je suis le résultat d'une erreur d'une de mes personnalités matérialisées ?
- J'ai fait comme j'ai pu pour te rendre fort parce que je pensais disparaître, ou retourner dans ta tête. Je t'ai forcé à changer qui tu étais. Je te traitais de trouillard, te laissais seul... Je t'ai presque violé gamin ! Je t'ai jamais dit une partie de la vérité par contre.
- Quoi donc ? »
Ces mots, qu'il repensait pourtant depuis des année, tournaient dans sa tête, faisaient vibrer ses lèvres sans les faire parler. Ils ne voulaient toujours pas sortir de sa bouche. Pourtant, il savait que Mathieu était au courant, et qu'il voulait juste l'entendre pour être sûr. Il reformula, cachant la vérité de ses sentiments passés.
« Je ne t'ai jamais dit que les problèmes ne venaient pas de toi, tu étais... Enfin, les autres étaient cons. Je t'ai traité de tous les noms, alors qu'à ce moment je... »
Il se laissa retomber sur le lit, ses paupières closes, son bras cachant son visage. Il détestait ces instants, où il s'exprimait bien trop sur ce qu'il avait sur le cœur.
« Le Geek n'a pas à changer. C'est ce que je veux lui faire comprendre. C'est ce que je ne vais pas oublier de lui dire. »
Devant sa personnalité la plus forte dans un tel état de gêne, sans doute permis par les médicaments en trop forte quantité, Mathieu s'attendrit. Il lui tapota le torse avant de se relever pour se diriger vers la porte.
« Patron, lança-t-il.
- Mh ?
- Tu resteras toujours à moi. »
Le concerné poussa son rire habituel.
« Je sais gamin. Appelle l'autre, j'ai faim ! »
Dans la cuisine, Mathieu rencontra le geek, qui s'efforçait à rendre une omelette visuellement digeste. Il s'installa en face de lui. Malgré les mots du Patron, malgré ses propres dires, il lui en voulait.
« T'es vraiment nul pour ça.
- Désolé... »
L'air coupable du geek, pour un fait aussi insignifiant lui parut aberrant.
« Le Patron préfère les œufs au plat en plus.
- Je … Je savais pas...
- T'es vraiment un incapable parfois. T'as qu'à le refaire. »
Mathieu s'empara de l'assiette et commença à manger le plat, malgré les faibles protestations du Geek, qui cessèrent aussitôt que leur regard se croisèrent. Celui-ci lui tourna le dos pour faire des œufs au plat, les alimentant de jambon et gruyère.
« Il préfère le parmesan aussi, lança une voix cassante.
- Tu... Tu comptes m'en vouloir longtemps ? »
Les termes du geek n'avaient rien d'insolents. Dans un contexte différent, sa question lui aurait paru légitime. Mais pas ce jour là. Pas avec le Patron à nouveau blesser à cause de la faiblesse d'autrui. Il lâcha bruyamment sa fourchette et se leva. Il prit l'épaule du gamer et lui fit faire volte-face.
« Je peux savoir à qui tu parles comme ça ? Tu crois pas que t'en as assez fait pour en plus me défier ?!
- Je...
- Le Patron se vidait de son sang ! Il t'a défendu et à cause de ça... Il aurait pu crever par ta faute ! »
Si ses mots se voulaient poignardant le Geek, il se fit plus de mal à lui même en les prononçant.
« A cause de ta putain de faiblesse il...
- Arrête maintenant ! »
Les joues rouges du Geek s'associaient à un regard bien plus tranchant que ses larmes habituelles.
« Ce n'est pas à cause de moi, c'est pour moi ! Et ce n'était pas à cause de toi, mais pour toi ! »
Le Geek observait les émotions assiéger le visage de son créateur. Sa voix fluette mais criante de vérité résonnait dans sa tête, mais aussi dans la cuisine, si bien qu'un Panda y entra.
« Un problème les mecs... ?
Plus maintenant. »
Mathieu caressa du bout des doigts la main du gamer.
« Notre sale gosse donne des leçons à ses aînés. L'apocalypse est proche. Gare au zombie ! Prions tous Raptor Jesus ! »
Sur ses mots délirants, le vidéaste s'éloigna de la cuisine.
Cela faisait deux jours depuis le réveil du Patron. Le Geek passait le plus clair de son temps avec lui. Il séchait parfois même des cours pour le rejoindre. Depuis qu'il avait révélé la supercherie, l'école l'amusait bien moins. Il préférait rentrer, s'installer dans le chambre du Patron, où il jouait sur l'ordinateur portable de ce dernier, assis au pied de son lit. Il s'amusait en ligne avec Maxime et Anita.
Il avait ainsi eu la joie de découvrir et redécouvrir encore les secrets des lunettes de soleil du Patron. Un criminel, dont toutes les expressions passaient par le regard ? Quoi de plus risible. Sans compter son œil, un séducteur borgne ? Hétérochromique à cause d'un voile blanc pâle effrayant ? Sans ses lunettes, il perdait sa crédibilité. Le Geek adorait ça. Une sorte de faiblesse de l'homme sans faille.
Le plus âgé, de part la quantité de médicaments qu'on lui infligeait pour diminuer sa douleur au bras, restait le plus souvent couché. Il n'était vraiment lui même que quelques heures entre deux prises, quand ses capacités cognitives n'étaient pas limitées par une douleur ou un antalgique. Actuellement, il se trouvait dans cette sur le sol, le Geek lisait des VDM.
« Gamin ?
- Oui ?
- Le marché est rompu entre toi et moi.
- Oui.
- Et mes blessures ne sont pas ta faute.
- Non... »
Le doute dans sa voix énerva le Patron, mais il ne laissa rien paraître.
« Alors pourquoi tu restes toujours dans ma chambre ? »
Le geek lui répondit avec un éland de tristesse dans la voix :
« Tu veux que je m'en aille ?
- J'ai pas dit ça. Je veux juste savoir si on baise toujours. Au début, tu me vendais ton corps. Mais t'aimes ça non ? Et là ça fait trois ou quatre jours... Tu dors toujours ici et je t'ai pas vu te branler. Tu dois avoir envie.
- Peut-être, couina-t-il.
- Je peux m'occuper de toi, si tu veux.
- Mais tu ne dois pas...
- Vas dans mes documents. Il y a un dossier caché à ton nom. Et puis, viens sur le lit. Au niveau de mes jambe que je te vois. »
Le Geek s'exécuta, posant l'ordinateur à la vue des deux. Il ouvrit le fichier, et son visage tourna au cramoisie. Il contenait les photos de lui, ainsi que des vidéos, du Patron et de lui, du Patron se masturbant sur ces mêmes images.
« C'est...
- Regarde les. Tu peux te toucher. »
Alors qu'il passait les photos, il ne put en effet pas s'empêcher de masser son entre-jambe. Le faire devant soi même, c'était hautement perturbant. Mais le regard du Patron, derrière ses lunettes, l'excitait et le poussait à suivre l'expérience. Il retira son jeans, offrant une vue de choix à son aîné. Celui-ci lui prit les fesses et les entraîna face à lui. Il lui ordonna de continuer à regarder l'ordinateur. Lui même jouait avec le petit trou qui se contractait et se décontractait, allégorie de l'envie et l'intimidation du benjamin. Ses doigts l'écartèrent pour qu'il puisse y laisser glisser quelques gouttes de salive.
Le Geek tourna son regard sur cette scène qui lui parut totalement surréaliste. Mais cette sensation fraîche et nouvelle à cette partie de son anatomie le rendit hypersensible. Quand un doigt titilla ce même point, il gémit et se cambra. Son regard était retombé sur une photo de lui suçotant ses doigts. Il se mima, trouvant cela excitant. Ce geste ne passa inaperçu aux yeux du Patron.
« Prépares toi pour moi.
- Je... Quoi ?
- Je fais te prendre. Alors prépare mon cul pour toi. Je suis presque sûr que tu l'as déjà fait. Vas-y. »
L'adolescent, la tête plongée dans le matelas pour cacher sa honte, introduisit ses doigts les uns après les autres devant le regard brûlant du Patron. Ce gosse allait le rendre fou s'il continuait ainsi. Il se contrôlait avec peine. Il voulait que ce soit différent de la première fois de son créateur.
« Pourquoi tu ne me regardes plus ?!
- C'est de ma faute si tu as perdu ton œil ! »
Le Patron, encore jeune et d'autant plus impulsif tenait fermement le cou d'un Mathieu qui oscillait entre culpabilité et peur.
« Tu peux te faire pardonner tu sais.
- Comment ? S'empressa de demander le jeune Mathieu.
- En m'offrant ton corps.
- Qu... Quoi ? »
Un baiser violent lui répondit. Le premier de Mathieu. Il n''eut pas le temps de s'émerveiller devant le talent lingual de sa personnalité, car celle-ci brisait déjà le lien pour le forcer à se mettre à quatre pattes.
« Pa... Patron ! »
Son cri effrayé durcit le membre de son protecteur, qui s'empressa de l'amener câliner l'antre qui lui ait présenté. Il cracha dessus, avant de s'introduire dans le corps du plus frêle, qui grattait le sol avec effroi.
Le Patron avait bien pris son pied ce jour là. Cependant, quand en se réveillant il trouva son créateur toujours sanglotant, il s'en voulut. De là naquit leur premier vrai baiser passionné. Le lendemain, Mathieu lui offrit une paire de lunettes de soleil.
« Tu es ce qu'il y a de plus néfaste pour moi. Tu ne peux pas être avoir un visage aussi expressif. Et je ne veux plus revoir ça. »
Le geek le sortit de ses pensées par une demande bien audacieuse.
« Patron... Je veux... Que ce soit toi dedans...
- Alors monte sur moi et fais toi plaisir avec ma bite. »
A califourchon sur le bassin de son aîné, il hésitait, titillant l'extrémité du membre qui attisait son désir. Il en mourrait d'envie, mais ça lui paraissait irraisonnablement gros. Bien trop pour son petit corps.
« Qu'est-ce que t'attends gamin ? Grogna un Patron perdant patience.
- Patron... Ça va pas entrer... »
Bien sûr que si. Si le Geek avait pu l'enculer, l'inverse ne défiait aucune loi de l'anatomie. Le Patron leva sa main sur le visage rougi du petit, et l'entraîna vers lui pour l'embrasser.
« Détends toi, ça ira tout seul. »
Le Geek s'accrocha aux cheveux du Patron alors qu'il descendait ses fesses sur son épée. Il se redressa ensuite lentement pour s'empaler entièrement. Il n'avait pas mal. Il sentait une intense enivrement à savoir le membre palpitant étirer son être.
Après lui avoir permis de rester immobile pour s'habituer, le Patron posa sa main sur le sexe du gamin et le cajola, entraînant ses hanches par la même occasion. Il l'entendait suffoquer de plaisir et de surprise, l'inspirant à écraser sa gorge. Devant la perfection qui s'offrait à lui, il se sentait presque sale d'avoir de tels désirs.
Leur odeur se mélangeait dans un parfum souverain. Le goût de ses lèvres, qu'il récupérait parfois, se comparait aux plus délectables des mets. La peau immaculée du geek couvrait toute sa vue, l'éblouissant. Les gémissements cristallins s'offraient à lui en un chant sacré. Malgré l'obscénité de la scène se déroulant, ses yeux s'illuminaient de la candeur des angelots. Et il le regardait ainsi, lui, le plus grand criminel du monde, celui qui s'amuse à le faire souffrir, qui utilise son corps pour ses passions scabreuses, ses désirs scatologiques. Il ne put s'empêcher de rire un peu devant tant d'ironie.
Le Geek arrêta ses mouvements en l'entendant. Il se crispa : était-il se nul que ça ? Il poussa un couinement désolé, ajoutant encore à son innocence. Il sentit son corps entraîné vers le côté, et s'agrippa au Patron pour ne pas le sentir quitter son corps. Son aîné avait repris son air pervers habituel, et se léchait les lèvres avec avidité. Le Geek admira le mouvement lent de sa langue, qui précéda un coup de hanche. Il sursauta et resserra son emprise sur le torse et le bassin du Patron. Il montait bien haut les jambes, voulant offrir son corps à l'homme au dessus lui lui.
Celui-ci souriait tel un démon, cachant son expression derrière ses lunettes. Ses dents allaient parfois mordre son benjamin. Ses mains se baladaient en englobant tout son corps, le dévorant dans l'obscurité du plaisir coupable. Le gosse y voyait de moins en moins, absorbé par les sensations qui s'emparaient de lui. Il se tortillait, se pliait, se tordait, pour se donner encore plus. Atteignant le paroxysme du stupre qu'autorise l'anatomie humaine, il se déversa sans réserve. La timidité, le honte, la gêne semblaient avoir été absorbé par le Patron, qui ne lui rendit bacchanale et assouvissement en contre partie.
Rouvrant les yeux sur un Patron essoufflé de son orgasme, il réalisa l'amplitude de sa machiavélique beauté. Ses lunettes étaient tombés, et son visage exprimait une myriade d'émotions. Quand son regard se releva sur lui, il put y lire une affection, dont l'étendue l'étonna. S'il ne s'endormit pas quelques instants après, il se serait sans doute souvenu de l'amour qu'il avait lu dans ses yeux.
Voilà, la fin. Il y a un épilogue, que je poste sous peu.
Merci de m'avoir suivi dans cette aventure, à bientôt pour de nouvelles !
Tendresse et Bigoudis chauffant,
Maria
