Hello !

Eh non, je ne suis pas morte… cette fic non plus d'ailleurs !

Comme promis à Arutha01, voici le chapitre ce dimanche !

Un immense merci à tous mes reviewers, ça m'encourage de constater que malgré le temps vous restez fidèles à mon histoire.

Bon, malgré tout, après relecture, je ne suis pas très satisfaite de ce chapitre… n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé vous-même… Bonne lecture !

Au fait, pour me rattraper de mon retard je vous offre un chapitre assez long ! J'espère que ça vous fait plaisir !

oOoOoOo

Deux bonnes heures plus tard, les deux aurors était passablement abasourdis mais convaincus. Sans doute le fait que dès l'académie on leur ait inculqué que les Ombres ne mentent pas y avait contribué. Remus, lui, tenait d'une main tremblante le verre de liqueur locale que lui avait servi Yorrick. La nouvelle des amours de Sirius et de Snape avait considérablement secoué le loup-garou. D'autant plus que cela s'était déroulé sous son nez et qu'il n'avait absolument rien vu.

Par contre, malgré son séisme intérieur, il s'était parfaitement rendu compte que la fille de Severus – Loryah, croyait-il se souvenir – avait pris les rennes de la discussion lorsqu'ils avaient abordés le sujet des miroirs et qu'elle était restée extrêmement vague là-dessus. Elle avait bien évoquée une Chambre des âmes mais sans s'étaler sur le sujet.

Les regards qu'il avait capté à l'attention de la jeune fille, lancés par Harry et Hermione, l'avaient conforté dans l'impression qu'on ne leur disait pas tout et qu'il devait y avoir bien plus. Il était également certain que ses compagnons n'avaient pas été plus dupes que lui de ces explications sommaires. Mais aucun d'eux n'insista car les Ombres abordaient à présent le sujet épineux du « On-fait-quoi-avec-eux-? »

L'Helch, Lucius et les jumeaux semblaient d'avis qu'on les renvoie chez eux mais Hermione, Harry et le jeune homme aux yeux verts qui s'était occupé du miroir voulaient que les aurors et le loup-garou restent, arguant le fait qu'ils pouvaient être utiles. Les autres ne penchaient pour aucune des parties. Remus senti qu'il était temps pour lui d'intervenir.

« - Il n'est pas question que je laisse Harry, déclara-t-il alors d'une voix ferme, attirant sur lui tous les regards.

« - Ce n'est pas à vous de… commença l'Helch.

« - Vous n'avez pas compris, le coupa immédiatement Remus. Il n'est PAS QUESTION que je quitte les lieux sans Harry. Donc s'il reste, je reste AUSSI. Point final.

Les trois étudiants de Poudlard fixaient avec stupéfaction leur ancien professeur de DFCM d'habitude si placide. Même Tonks semblait étonnée.

« - Bon… Ben je vais dire à May de préparer une chambre supplémentaire, dit tout à coup Yorrick comme si tout était décidé.

« - Il faudra aussi compter avec moi, fit Nymphadora.

Yorrick les regarda spéculativement l'un et l'autre avant de hocher la tête.

« - Une chambre pour deux, ça vous ira, j'imagine ? Parce que au niveau place on va commencer à être juste.

Harry ne pu s'empêcher d'éclater de rire en voyant le couple rougir de concert et particulièrement quand les cheveux auparavant roses de Tonks se colorèrent en un beau rouge carmin. Il se souvint que déjà lors de sa sixième année le physique de la jeune femme réagissait à ses états d'âmes.

« - Métamorphomage ? demanda Fenry à Hermione qui acquiesça en souriant. Je n'en avais encore jamais rencontré. Bon… si je comprends bien on ne raccompagne qu'Alastor Maugrey.

« - C'est ça ! Comptez là-dessus ! Il n'est pas question que je rentre seul ! Bougonna l'auror. En plus, quelque chose me dit qu'on a plus de chance de lutter efficacement contre le Seigneur des ténèbres en restant avec vous. Minerva a beau faire de son mieux, elle a du mal à gérer l'école et l'Ordre du Phénix. Donc le ministère s'en donne à cœur joie pour s'incruster. Il a déjà réussi à s'imposer à Poudlard pour les postes de professeurs de métamorphose et de Défense contre les forces du mal. Quand à l'Ordre, il est vraiment très désorganisé et guerre utile.

« - Très bien, décida Lucius, brisant le silence qui planait, on fera prévenir Minerva McGonnagal que vous êtes avec nous… ainsi qu'Harry et Hermione. Cela devrait au moins la rassurer.

« - Je suis quand même surprise que Ron ne vous ait pas prévenus… Pour nous je veux dire, remarqua Hermione. Il avait peut-être peur qu'on intercepte le courrier.

Elle semblait sceptique malgré tout. La prudence n'étant pas la qualité principale du rouquin.

« - Il n'a aucun souvenir de ce qui s'est passé, expliqua Fenry. J'ai modifié sa mémoire quand il a utilisé mon Translatio. Pour lui, tout s'est déroulé comme dans l'excuse que nous avions combinée… Il a raté son train et a utilisé son balai pour se rendre en France.

Harry allait parler quand il entendit Draco pouffer, il lui jeta un regard mauvais.

« - Quoi ? fit le blond d'un air innocent. Avoue qu'il en serait capable ! Ce n'est pas l'intelligence qui l'étouffe reconnais-le !

Le Survivant était sur le point de protester vivement lorsque Hermione l'interrompit d'un geste. Le jeune homme la regarda, stupéfait qu'elle ne prenne pas la défense de son ancien petit ami.

« - Pourquoi avez-vous fait ça ? Questionna-t-elle. Il avait dit qu'il ne raconterait rien de ce qu'il avait entendu.

« - Pour deux raison, reprit Lucius. Tout d'abord, Weasley était absolument terrorisé par les conséquences possibles à sa participation involontaire. Je vous rappelle que je perçois les émotions, j'ai donc clairement ressenti cela. Il risquait donc de craquer lors d'un interrogatoire un peu trop musclé… Et ne croyez pas que le ministère se gèrera parce que votre ami est jeune. Déjà à l'époque de Fudge il n'hésitait pas à manipuler les médias… mais maintenant que Scrimgeour est au pouvoir… Je le connais un peu. Vous ne le savez sans doute pas mais c'est un ancien Serpentard donc il est plutôt ambitieux et retors… Ca peut être des qualités mais chez lui la soif de pouvoir a tendance à être dévorante.

« - Et même si votre ami tenait bon, continua Fenry. Il y avait toujours le danger qu'on utilise du vériaserum. C'est pour ça que nous avons préféré prendre nos précautions. On n'est jamais assez prudent.

Même s'il n'appréciait pas trop le geste de l'Helch, Harry ne pouvait lui en vouloir. Il avait confiance en Ron mais avait des doutes depuis quelques jours sur la réciprocité de cette confiance. Le fait que le roux l'ait cru capable de sortir avec Hermione, alors qu'Harry savait quels sentiments Ron lui portait, le troublait profondément. Et ce trouble l'amenait à repenser aux moments pénibles en quatrième année où son ami ne l'avait pas cru lorsqu'il lui avait affirmé qu'il n'avait pas mis son nom dans la coupe de feu.

Le Gryffondor soupira profondément en se laissant aller dans le fauteuil, une moue indéchiffrable sur les lèvres. Maintenant que le sort de ses amis était décidé, il sentait toute la fatigue consécutive à la tension éprouvée dans le repère de Voldemort s'abattre lentement sur lui. Il ne se rendit compte qu'il avait fermé les yeux et se laissait aller à la somnolence que lorsque Hermione se leva pour retourner au Conseil et poursuivre ses recherches en compagnie de Jayhad et de Solaah. Il salua son amie en étouffant un bâillement et tenta de se reconnecter à la conversation mais ses efforts n'étaient pas très efficaces. Il se demanda pourquoi il était tellement fatigué alors qu'il n'avait pas fait grand-chose durant la bataille. Un coup d'œil alentour lui montra qu'il n'était pas le seul à sembler épuisé. Shad et Aslan, étrangement silencieux durant les explications étaient en faits endormis, tout comme Tonks et Narcissa et le reste des participant à leur aventure, mis à part Loryah, avaient du mal à garder les yeux ouverts.

« - Comment ça se fait que tout le monde soit si fatigué ? demanda-t-il.

« - C'est à cause de Loryah, répondit Draco. Quand elle met en place son écran protecteur, elle puise la magie nécessaire en elle-même mais aussi dans son environnement… nous y compris, mais également les mangemorts.

« - Et si le combat avait été plus long ? Comment aurait-on fait ? S'inquiéta Harry.

« - En fait tant que l'écran est en place, la magie qu'il dégage est utilisée par Loryah pour nous la redistribuer, ce qui limite les pertes, compléta Fenry.

« - Mais au moment où je romps le cercle de protection, je puise à nouveau dans le pouvoir qui m'entoure pour compléter mes réserves et c'est pour ça que vous êtes fatigués, termina la jeune fille. Parce que cette magie-là ne vous est pas rendue. Avant de me plonger dans les livres traitant de la Chambre, je m'exerçais à cibler d'avantage mes sources de magie… Pour prendre en priorité celle des adversaires et améliorer aussi la redistribution en fonction de l'état de mes compagnons. Mais j'ai encore des progrès à faire !

« - Je propose qu'on ailles tous faire une petite sieste, déclara Yorrick. Venez, fit-il à l'adresse des nouveaux, je vais vous montrer vos chambres. Hem, je suppose que nous pouvons laisser la jeune auror dormir sur le canapé. Idem pour les gamins. Draco, tu devras partager celle de Harry. Je suppose que ça ne te pose pas de problème que ta femme dorme avec toi, Lucius ?

« - Je crois pouvoir m'y faire, répondit celui-ci, pince-sans-rire en prenant son épouse endormie dans ses bras.

Harry, quant à lui, marmonnait qu'on ne lui avait pas demandé son avis ! Peut-être aurait-il préféré fol'œil, non mais !... Eh ! Réalisa soudain le Survivant, il n'y avait qu'un seul lit !!!! Il allait le signaler à Yorrick mais le blond s'était déjà engagé dans les escaliers, suivit de l'auror et des Malfoy. Remus l'attendait au pied des marches.

« - Décidément, Harry, tu as le chic pour te retrouver dans des situations compliquées.

« - Comme tu dis, Rem. J'ai l'impression que je suis un aimant à problèmes parfois.

« - Si ça peut te consoler, ton père était pareil ! Sirius et lui passaient leur temps à se fourrer dans les ennuis. En fait, j'avoue que je m'y laissais entraîner aussi, ri doucement le loup-garou arrachant un sourire au jeune homme. C'était la belle époque… On passait notre temps à ennuyer Severus… Quand je pense que Siri et lui… bon sang ! C'est invraisemblable ! James en aurait fait une attaque !

« - Euh… en fait je crois qu'il l'a presque faite, ricana Harry.

« - Pardon ?

« - Eh bien, dans son journal, Snape raconte que Sirius lui avait avoué l'avoir dit à mon père. Sirius disait qu'il avait été « un peu » surpris.

« - Un peu ?! Connaissant James, il a du en faire une crise d'apoplexie ! La rancune de Severus envers ton père n'était pas feinte, et je dois bien le dire, assez méritée. James a vraiment fait de son adolescence un cauchemar ou presque… Même si Snape ne se gênait pas pour nous renvoyer la faveur. En tout cas Severus à l'air d'avoir été un excellent père, même si sa fille semble très… Serpentarde, fit encore le loup-garou en jetant un regard amusé à la jeune fille qu'il voyait s'acharner sur les touches d'une manette de console vidéo moldue.

« - Avoir Severus Snape pour père et Lucius Malfoy comme parrain doit aider ! Rigola Harry.

Loryah se tourna vers eux et leur tira la langue.

« - Elle a malgré tout quelques petits truc de Sirius, sourit Remus d'un air nostalgique.

Ils se décidèrent à monter jusqu'au deuxième palier où Harry laissa le dernier Maraudeur qui poursuivit jusqu'au troisième où l'attendait Yorrick.

Lorsqu'il pénétra dans la chambre, Malfoy était déjà bien entendu allongé sur le lit et pire… de SON côté !

« - Ca va pas le faire, ça Malfoy ! Pesta-t-il.

« - Quoi Potter ? Marmonna le blond à moitié endormi.

« - Tu est de mon côté… je dors de ce côté depuis que je suis là, c'est le mien !

« - T'a pas l'impression d'être un peu puéril, là ?

« - Dans ce cas, Monsieur-je-vaux-mieux-que-les-autres ne verra aucun inconvénient à prendre l'autre côté !

« - Ce que tu peux être grincheux quand tu t'y met ! fit le Serpentard. Ok, je me lève !

Et il tira les couvertures, révélant son corps quasiment nu. Se levant sans complexe, il fit le tour du lit sous les yeux médusés du Survivant qui ne se rendait même pas compte qu'il était bouche bée devant sa némésis.

« - Remet-toi Potter, je sais que je suis magnifique mais là tu me gênes !

« - Non mais qu'est-ce que tu vas imaginer ! S'offusqua le brun. J'était jusque choqué que tu te ballades nu devant moi !

« - Je ne suis pas nu… je suis en boxer ! Nuance.

Légère nuance au goût du Gryffondor vu que le sous-vêtement collait les fesses du blond comme une seconde peau. Mais le Serpentard semblait se soucier de son troub… de le déranger par son exhibitionnisme comme d'une guigne ! Avec un reniflement mécontent il ôta son pull et ses chaussures puis se glissa entre les draps en tentant vaillamment d'ignorer les gloussements de Draco qui se foutait de sa pudibonderie.

« - La ferme, Malfoy ! Si tu n'arrêtes pas de rire je t'étouffe avec ton oreiller !

Mais la menace semblait avoir peu d'effet sur le blond qui continuait de ricaner sans chercher à se cacher. Avec un hurlement de rage et une rapidité surprenante, Harry s'empara de son oreiller, se mit à califourchon sur Malfoy et appliqua avec force le dis oreiller sur la tête du Serpentard, bloquant efficacement ses bras à l'aide de ses genoux.

Mais l'oreiller devait être trop fin ou le duvet qui le rembourrait laissait peut-être passer trop d'air car à la grande horreur de Potter le blond continuait de rire. Il envisageait de passer à l'étranglement quand Yorrick apparu dans l'embrasure de la porte.

« - Jeune gens, déclara-t-il sérieusement, les meurtres sont interdits dans ma maison… et s'il s'agit d'ébats sado-masochistes vous êtes dans ce cas prié de fermer la porte, il y a des enfants ici !

Et sur ce il referma le battant laissant un Gryffondor rouge écrevisse et un Serpentard explosé de rire.

« - Je ne suis pas sado-masochiste ! Cria Harry avec un temps de retard. Tout ça c'est ta faute, Malfoy ! Pesta-t-il encore en donnant un coup d'oreiller à la tête blonde.

« - Pauvre petit Potty trop prude !

« - Je ne suis pas prude ! Je suis pudique ! Mais tu dois sans doute ignorer le sens de ce mot, fit dignement Potter.

« - Potty… tu es PRUDE !

« - Absolument pas !

« - bien sûr que si ! PRUDE ! PRUDE ! PRUDE !

« - Arrête ça tout de suite !

« - Mais regarde-toi ! Tu n'oses même pas te déshabiller ! Tu es PRUDE !

« - Tu vas voir si je suis prude ! Grogna le Survivant en se levant.

Et sous le regard apparemment neutre de Draco il ôta tous ses vêtements à l'exception de son caleçon.

« - Alors ? Je suis toujours prude ? Triompha Harry.

Malfoy le scruta un instant de haut en bas avant de secouer la tête d'un air défaitiste.

« - Quoi ? demanda agressivement le brun.

« - Franchement, Potter, répondit Draco en fixant le caleçon, il faut que tu renouvelles ta garde-robe… des vifs d'or sur un caleçon rouge… argh !

Avec un rugissement de colère Harry se jeta sur lui.

oOoOoOo

Comme le lui indiquait le réveil sur la table de nuit l'après-midi était bien avancé quand Harry se réveilla. Il grimaça en réalisant qu'il s'était endormi avec ses lunettes sur le nez. Après avoir paressé encore cinq bonnes minutes, il voulu se redresser mais un bras passé autour de sa taille l'en empêcha. Un nom traversa alors la brume cotonneuse dans laquelle il flottait depuis qu'il avait ouvert les yeux.

Malfoy.

Le petit bâtard avait profité de son sommeil pour se coller à lui ! Dégageant sans ménagement le bras du blond, Harry se retourna, près à invectiver le vil Serpentard profiteur d'innocents Gryffondors assoupis.

Mais sa vindicte mourut sur ses lèvres quand il réalisa vraiment où il se trouvait. Il avait envahi le côté du lit de Malfoy, poussant le blond presque au bord du matelas. Harry poussa un gémissement désespéré. Il ne bougeait JAMAIS dans son sommeil, habitué par sa vie chez les Dursley à dormir dans de petits lits. Alors, pourquoi au nom de Merlin avait-il fallu qu'aujourd'hui précisément son corps le trahisse ? Quelle poisse !

Cette malheureuse réflexion lui fit réaliser autre chose.

La sensation gluante dans son caleçon.

Ses yeux s'agrandirent d'horreur et il se leva d'un bond du lit, ses mouvements désordonnés le secouant tellement que le corps de Draco bascula finalement et s'écrasa sur le sol.

« - Potter ! Râla Malfoy. Je vais te tuer !

Mais Harry, avec une efficacité surprenante, s'était déjà emparé de ses affaires ainsi que de sous-vêtements propres et s'était enfermé dans la salle de bain qui se trouvait à leur étage.

Se dégageant de son fatras de draps et de couvertures d'un geste rageur, Draco se précipita à la suite du brun et tambourina contre le battant.

« - Ouvre-moi, espèce de crétin ! On a deux ou trois trucs à mettre au point concernant ta façon de réveiller les gens ! Putain, Potter, ouvre-moi tout de suite !

De l'autre côté de la porte, Harry se disait que Malfoy pouvait bien frapper au point de s'éclater le poignet, il n'était pas question de lui ouvrir ! Il jeta le caleçon coupable dans un coin et tourna les robinets de la douche avant de se glisser sous le jet puissant pour un nettoyage en règle.

Quand il entendit l'eau couler, le blond en fut abasourdit. Cet idiot s'était excité comme ça pour se laver ? Pas de doute, il était taré ! A moins qu'il ne soit un de ces fanatiques de l'hygiène… Un instant il se demanda si lui-même avait toute sa tête pour être tombé sous le charme d'un fou-furieux mais il se dit qu'il ne devait pas se sentir coupable de ses sentiments. Il n'avait pas, après tout, choisi de tomber amoureux d'un Survivant Gryffondor horripilant de naïveté avec un psychopathe aux trousses. Non. Lui aurait choisi un gentil garçon béat d'admiration devant ses innombrables qualités, toujours d'accord avec lui et surtout GAY !!!

Pestant contre son subconscient et ses goûts à la limite du masochisme, il regagna la chambre qu'il partageait avec Potty chéri et s'habilla avant de descendre rejoindre Loryah.

La jeune fille était encore plongée dans son jeu vidéo. La capacité qu'elle avait de s'immerger dans ce genre de loisir au point d'en oublier ce qui l'entourait avait toujours stupéfié Draco. D'autant plus qu'elle affectionnait tout particulièrement les « Survival horror » dont les quelques images qu'il avait pu apercevoir occasionnellement l'avait dégoûté à tout jamais.

Celui qui captivait actuellement son amie se déroulait dans une maison apparemment déserte où ne jeune fille se baladait, un appareil photo dans les mains. Loryah fit tout à coup porter l'appareil à l'œil de la jeune fille, faisant apparaître un fantôme loin d'être aussi sympathique que le baron sanglant et qu'elle prit en photo au lieu de se tailler vite fait comme tout être doué de raison l'aurait fait. Au bout de quelques clichés le fantôme poussa un hurlement strident et s'imprima sur la pellicule, faisant pousser un cri de triomphe à Loryah qui guida ensuite à l'aide de sa manette la jeune fille vers un autre appareil photo posé sur une table, qui lui permit de sauvegarder sa partie.

« - je crois que je ne comprendrais jamais ce que tu trouves à ce genre de jeu, déclara Draco.

« - La même chose qu'aux films d'horreur, Dray ! J'aime bien avoir peur alors que je suis en sécurité dans mon salon et que je peux arrêter quand je veux !

« - Mouais si tu le dis. Mais tu sais que je n'aime pas non plus les films d'horreur !

« - Je sais. C'était quoi au fait le boucan que j'ai entendu ? Ca m'a fichu une de ces frousses ! J'étais complètement plongée dans mon jeu et boum !

« - Potty m'a fichu en bas du lit ! Pesta Draco.

« - Tu essayais d'attenter à sa pudeur ?

« - Ah ah ah. Très drôle, vraiment, ronchonna le blond en s'affalant dans un fauteuil. Non. Je dormais comme un loir et tout à coup je me retrouve la gueule par terre. Ce n'est pas génial comme réveil, tu sais Lô.

« - Je veux bien le croire, rigola la jeune fille.

« - Et pourquoi t'a-t-il jeté du lit, alors ? demanda Aslan qui venait de se réveiller et qui suivait la conversation avec intérêt.

« - En fait, il ne m'a pas « jeté ». Il a quitté le lit en vitesse et comme je me trouvais apparemment sur le bord, j'ai glissé quand le matelas a bougé. Et le pire c'est qu'il a fait tout ce cirque pour aller prendre une douche ! Une douche !

Aslan éclata de rire et regarda Draco d'un air goguenard.

« - Allons, Dray, ça ne t'es jamais arrivé d'avoir besoin d'une douche au réveil ? fit le jeune démon d'un ton plein de sous-entendus.

Le blond fronça les sourcils pendant quelques secondes avant d'écarquiller les yeux et de tourner vivement la tête en direction de l'étage. Il entendit ses amis rire mais il restait bloqué sur cette pensée : « Harry avait eu un rêve porno dans le même lit que lui… arghhhhh !!!! Et s'il avait rêvé de la Weaslette ? BEURK ! Beurk, beurk, beurk, beurk !!!

« - Qu'est-ce que tu as encore ? lui demanda Aslan en voyant son air écoeuré. Tu devrais être content !

« - Content ? Qu'il fasse des rêves érotiques sur une fille juste à côté de moi ? Ah non ! Bizarrement ça ne me plait pas plus que ça !

Il vit alors Loryah et Aslan échanger un regard et eut immédiatement la certitude qu'ils lui dissimulaient quelque chose.

« - Crachez le morceau, fit-il. Et pas la peine de jouer les innocents, je vous connais trop bien pour que ça marche.

« - Ok, commença Loryah en inspirant profondément. Tu sais que mon père tenait un journal et qu'Harry l'a lu… Et bien… il semblerait que… que papou ait remarqué tes… sentiments pour Harry… et, et qu'il les aient brièvement mentionnés dans son journal.

Draco la regardait avec la plus complète horreur, secouant la tête comme pour nier ces révélations. C'était la pire chose qu'il aurait pu imaginer. Potter savait… Oh putain ! Potter savait. Il réalisa tout à coup que Granger aussi avait lu ce maudit journal. Bon sang, ils avaient dû bien se foutre de lui, tous les deux ! Des larmes de rage et d'humiliation perlèrent à ses yeux et il se leva pour sortir, mais Loryah le retint par la main.

« - Draco, attends, attends. Ne te monte pas la tête comme ça ! Ce n'est pas ce que tu pourrais imaginer. On a… enfin, ça fait une semaine qu'Harry et Hermione sont là et qu'on les côtoie. On a taquiné plusieurs fois Harry à propos de tes sentiments et… ne me regarde pas comme si je t'avais trahi ! Laisse-moi finir. On a justement fais ça pour savoir ce qu'il en pensais. Bon, je ne vais pas te dire qu'il est aussi raide dingue de toi que tu l'es de lui mais… je pense que tu as une chance avec lui… Vraiment. A chaque fois il semblait gêné, mais pas d'une mauvaise façon… Je sais pas trop comment te l'expliquer mais j'ai réellement l'impression qu'il est prêt à voir ce que tu as à lui offrir.

Malfoy ne disais rien, réfléchissant à ce qu'on venait de lui dire. Jamais Loryah ne lui aurait donné de faux espoirs s'il avait dégoûté Harry. Harry… Il repensa à son attitude plus tôt dans la journée, quand il était partis à sa recherche. Il aurait pu l'humilier à plusieurs reprises. Mais il s'était abstenu. Alors pour la première fois depuis qu'il avait compris ses sentiments pour le Survivant, il se mit à y croire. Croire qu'Harry et lui puissent avoir un avenir commun.

oOoOoOo

C'est en tentant d'afficher un air serein qu'Harry rejoignit les autres adolescents. Shad s'était réveillé et Aslan, Draco et lui discutaient tandis que Loryah était repartie dans sa chasse aux fantômes virtuelle. Malfoy lui jeta un regard indéfinissable lui rappelant qu'il l'avait fait dégringoler du lit et malgré lui le brun se sentit un peu coupable.

« - Euh… désolé pour tout à l'heure, lui lança-t-il sans pouvoir s'en empêcher.

« - Pas grave. J'imagine que je dois m'y habituer vu que je vais cohabiter avec un Gryffondor.

« - Ce qui veux dire ?

« - Que la délicatesse n'est pas votre fort… pas plus que l'intuition, se moqua Draco.

« - Petit con, siffla le Survivant.

« - Quelle vulgarité ! Je n'aurais jamais imaginé entendre de telles choses dans la bouche de Saint Potter !

« - Tu serais étonné de ce qui peut parfois se trouver dans ma bouche, Malfoy.

La seconde suivante, alors que tous le regardaient les yeux ronds, il se rendit compte de ce qu'il venait de sous-entendre et poussa un gémissement de désespoir en se couvrant le visage de ses mains. Il n'en fallu pas plus aux quatre ados pour exploser de rire.

Le Survivant, terriblement vexé, décida de bouder jusqu'à ce qu'ils se calment. Ce qui, cinq bonnes minutes plus tard, n'était pas encore le cas. Harry attrapa donc un coussin et le balança à travers la pièce pour qu'il atterrisse directement sur la tête de Malfoy. Le Serpentard cessa immédiatement de rire et plissa les yeux. Malgré son soi-disant manque d'intuition, le brun n'eut aucun mal à deviner le prochain geste de Draco qui retourna aussitôt le coussin à l'envoyeur, suivit d'un second qu'il trouva dans son dos.

« - Tu fais une fixation sur les oreiller, Potty chéri ? C'est la deuxième fois que tu m'agresses avec ça.

« - Je regrette juste qu'il ne soient pas lestés… Genre avec des enclumes. L'effet serait plus satisfaisant, persifla le Survivant en ignorant le surnom et en s'approchant de quelques pas pour que son projectile ait plus de force.

« - Quelle bande de gamins vous faites, rigola Loryah.

Elle aurait du s'abstenir. Harry se situait juste à côté d'elle et il lui restait un coussin. Il l'abattit aussitôt sur la tête de la jeune fille d'un mouvement vengeur.

« - Là, Harry, tu sais pas ce que tu viens de déclencher, pronostiqua Shad devant l'air machiavélique de sa sœur.

En effet, Loryah s'empara de l'oreiller et avec un cri de guerre commença à marteler le dos du pauvre Gryffondor, bientôt rejointe par Draco. Shad et Aslan, pas fous, restaient tranquillement assis dans leur fauteuil en admirant le spectacle. Harry tenta de ramper pour échapper à cette vendetta mais ses assaillants ne lâchèrent pas prise pour autant. Il commençait à avoir la tête quelque peu engourdie (assénés avec force même des coussins peuvent faire mal à une petite tête fragile comme la sienne) quand il décida d'employer les grands moyens.

« - Aqua ! s'exclama-t-il en dégainant sa baguette en direction de la tête de Malfoy faisant jaillir un vif jet d'eau.

L'effet fut mitigé. Ses assaillants s'écartèrent bel et bien mais les réflexes du blond lui permirent de se protéger du sort grâce à son coussin. Profitant de cette diversion, le Gryffondor se releva en vitesse et couru se planquer derrière le fauteuil de Shad et de son petit ami. Draco semblait extrêmement étonné et regardait avec un ébahissement qu'Harry trouvait tout à fait exagéré le coussin trempé.

« - Oh putain, souffla Shad. Ca va être l'apocalypse.

Car, bien entendu, le Serpentard ne mit pas longtemps à sortir sa propre baguette évidemment imitée par son amie.

« - Aqua !!! Lancèrent-ils dans un bel ensemble.

Harry évita habilement le jet de Draco mais celui de Loryah atteignit son frère en plein visage.

« - Arrrrrgh ! Bon sang, Lô ! Tu vises comme un pied !

« - Arrête de geindre, Shad. C'est pas ma faute si t'es en plein milieu.

« - En plein milieu !!!!!!!! Explosa le jeune homme ! La tête d'Harry était à au moins un mètre de la mienne ! Et toi arrête de rire, fit-il à son petit ami. Oh et puis vous l'avez cherché… Aqua !

Et Shad visait effectivement beaucoup mieux que sa sœur qui se retrouva avec des cheveux dégoulinants. La suite ne fut qu'une confusion de sorts, de fuites, d'esquives, de cris, de rires et de gentilles insultes.

« - Je peux savoir ce que vous croyez faire ici !!!!!! Rugit tout à coup une voix alors qu'Harry avait réussi à coincer Malfoy sur le sol, lui avait fourré sa baguette dans la bouche et s'amusait à jeter le sort plusieurs fois de suite. Harry il me semblait t'avoir déjà dit que les meurtres étaient interdits dans ma maison ! Même si je dois reconnaître que noyer quelqu'un comme ça est assez original.

Les ados regardèrent, penauds, Yorrick qui se trouvait sur le seuil du salon les bras croisés d'un air furieux.

« - Evanesco ! dit-il pour faire disparaître les flaques. Et maintenant vous disparaissez ! Je ne veux pas vous revoir avant ce soir ! Bande de sales gosses ! Je ne veux même pas savoir qui a commencé… filez !

Chacun d'entre eux eu au passage droit à une tape (pas vraiment douce) à l'arrière du crâne quand il passa devant le sorcier.

« - Ca fait bizarre quand Yorrick s'énerve, murmura Aslan quand il se furent éloignés de la maison.

Les autres acquiescèrent en silence.

« - Désolé, marmonna Harry. C'est moi qui ai commencé avec le sort d'eau.

« - Arrête ! On t'a suivit sans être forcé, contra Loryah. On savait qu'on se ferait engueuler. On ne t'a pas attendu pour se prendre des savons mémorables. Là c'était cool par rapport au jour où mon père nous a surpris en train de fumer un joint. Je ne l'ai jamais vu aussi furieux que ce jour là. C'est juste que ça fait drôle que Yorrick nous fasse un sermon, on n'a pas l'habitude. Il est plutôt du genre cool.

« - On l'a peut-être interrompus alors qu'il comptait s'amuser avec May, susurra Shad d'un ton empli de sous-entendus

« - Jorel te tuerais s'il t'entendais ! Se moqua Draco. Il déteste qu'on parle de la vie sexuelle de ses parents !

« - Ce n'est pas ton cas, peut-être ? S'étonna Harry.

« - Potty, que crois-tu que mes parents, qui accessoirement ne se sont pas vu depuis un an et demie, font en ce moment même ?

Le Gryffondor se maudit quand il se sentit rougir, faisant éclater de rire ses compagnons.

« - Ce que tu peux être prude ! Le taquina Draco.

« - Ah ! Tu ne vas pas recommencer avec ça ! Pesta le brun.

« - Eh ! Je sais ce qu'on va faire ! s'écria Malfoy. Il est encore assez tôt pour faire les boutiques ! Harry a vraiment besoin de fringues. Ne boude pas, Potty, tu sais que c'est vrai !

« - De toute façon j'ai pas d'argent pour faire des achats.

« - Tes coffres sont vides ? Questionna le Serpentard.

« - Non, mais mon argent est à Gringotts, je n'ai presque rien sur moi.

« - Tu envisageais de faire évader mon père et tu n'avais pas prévu de fric pour ta cavale… tssss !

« - Ouais, bon, ça va ! Grogna le Survivant.

« - Ne t'inquiète pas, Alegria, la banque des Ombres a des accords avec Gringotts. On a qu'à y passer avant pour qu'ils transfèrent une partie de ton argent.

« - Mais le ministère ne va pas le découvrir ?

« - Le ministère ? Fourrer son nez dans les affaires des gobelins, rigola le blond. Je voudrais bien voir ça ! Regarde, Bellatrix et Rodolfus Lestrange ont beau être en cavale, ils ont quand même accès à leurs comptes ! Les gobelins ne tolèrent aucune intrusion dans leur banque et même Scrimgeour n'y peut rien. Ils ont un statut à part rendant caduques toutes les lois s'appliquant habituellement aux sorciers.

Ces explications permirent à Harry de comprendre comment son parrain avait pu lui offrir son éclair de feu. Mais si dis ne collaborait pas ça pouvait être très gênant pour l'Ordre, bien que pour l'heure cela l'arrangeait plutôt. Ils arrivèrent à Alegria qui semblait minuscule par rapport à la banque du chemin de Traverse. Par contre, à l'intérieur, le Survivant fut stupéfait de découvrir des gobelins et non des Helchs derrière les comptoirs. Il se tourna vers Aslan pour avoir des explications.

« - Rien de bien compliqué, tu sais. Les gobelins sont très doués pour gérer l'argent, comme ils le font très bien on ne voit pas pourquoi les Ombres s'embêteraient à s'en occuper. Bien sûr ces gobelins subissent régulièrement des tests effectués par des Helchs pour vérifier qu'ils ne magouillent pas contre nous. C'est ce qui explique aussi qu'on puisse « s'arranger » avec Gringotts.

« - Pas con, commenta Harry.

« - N'est-ce pas ?!

Le petit groupe s'approcha de l'accueil et expliqua brièvement ce qui l'amenait. Il fut introduit dans un bureau à l'écart où un gobelin particulièrement repoussant fit les démarches en quelques minutes à peine.

« - C'est drôlement rapide, admira Harry.

« - Nous avons connaissance de votre présence ainsi que de celle de miss Granger depuis le jour de votre arrivée. Nous avons donc anticipé et avons demandé les renseignements nécessaires auprès de nos confrères, expliqua la créature. Souhaitez vous bénéficier du système Auréus ?

« - Euh… c'est quoi au juste ?

« - l'équivalent d'une carte bleue moldue, éclaircit Draco. Tous les commerces la prennent ici et c'est bien plus pratique que de transporter tout un sac de gallions. D'ailleurs j'aurais besoin de refaire la mienne, déclara-t-il à l'adresse du gobelin.

« - Nous verrons cela ensuite. Mr Potter ?

« - Euh oui… Je… je vais prendre votre Auréus...

Le jeune homme se sentait un peu perdu. D'habitude il allait au comptoir, demandait une certaine somme et repartait, la bourse pleine. Le côté très « moldu » d'Alegria le perturbait plus qu'il ne s'y serait attendu. Il remarquait aussi que le monde sorcier était parfois trop replié sur lui-même. Adapter certaines technologies moldues aurait pu simplifier la vie parfois mais bizarrement les sorciers, même ceux qui se disaient ouverts, semblaient éprouver une sorte de reluctance à mélanger les deux mondes. Les Ombres n'avaient apparemment pas cette réticence et leur univers en devenait déroutant pour quiconque ne côtoyait pas les moldus régulièrement.

Quelques minutes plus tard, après qu'il ait créé son Aureus en enregistrant son identité magique sur un cercle de métal noir bordé d'or et gravé d'étranges inscriptions, les cinq compères se remirent en route, Draco ayant lui aussi désormais de quoi assouvir ses fringales vestimentaires.

Les trois heures qui suivirent furent un véritable cauchemar pour Harry. Il fut traîné de boutique en boutique, ses goûts furent, pour être gentils, très critiqués. Sa pudeur fut totalement bafouée quand Draco et Loryah !!!! Décidèrent de lui montrer comment s'habiller et se déshabiller (parait que balancer les fringues en tas ne se fait pas !). Pour finir il fut totalement horrifié quand le blond se fit percer la langue et que le Survivant découvrit qu'il était entré dans un gang dont tous les membres était soient piercés, soit tatoués et que cela semblait être obligatoire, comme l'indiqua la remarque apparemment anodine ( !!!!) d'Aslan lui disant qu'il serait très bien avec un clou au téton gauche (plutôt crever !!!). Quant à leurs affirmations selon lesquelles c'était totalement indolore, il n'y croyait pas une seconde ! Draco pouvait bien lui tirer la langue autant qu'il voulait, il ne se ferait pas percer le téton…

Pour s'éloigner, il se réfugia de l'autre côté de la boutique où sévissaient les tatoueurs.

Un jeune homme était justement en train de se faire tatouer. L'artiste lui dessinait des ailes stylisées dans le dos, en partant de la base du cou. L'effet était assez réussi.

« - Ca fait mal ? demanda le Survivant en s'approchant pour mieux voir.

« - Absolument pas ! lui répondit le jeune homme. Ce n'est heureusement pas des tatouages moldus ! C'est une encre spéciale que l'on applique sur la peau. Elle pénètre rapidement et ne s'efface plus… Enfin, il y a un sort que peut effectuer le tatoueur pour le faire disparaître mais sinon c'est indélébile.

Le tatoueur releva le nez de son œuvre et jeta un regard spéculatif sur Harry.

« - Je pense qu'une triade vous irait assez bien. En motifs tribaux… ouais, ça ferait assez sexy.

« - Une quoi ? fit Harry en rougissant légèrement.

« - Une triade. C'est comme ça que l'on appelle ici une série de trois tatouages ayant le même motif de base. Par exemple un sur chaque épaule et un autre au bas du dos, ou sur la nuque ou même autour du nombril. Je vous vois bien avec un motif faisant le tour de chaque bras et un autre… mmh sur le nombril, ouais ça devrait le faire.

« - Vous croyez ? J'avoue que je suis assez septique.

« - Ca casserait un peu votre image de garçon sage, sourit le tatoueur.

Harry jeta un regard à son reflet dans le miroir sur pied qui se trouvait sur sa gauche. C'est vrai qu'il avait l'air sage, timide, fragile dans ses vêtements bien trop grands pour lui. Sa nouvelle garde-robe allait bien changer ça du moins en partie mais était-ce suffisant. Il se demanda s'il voulait vraiment changer cette image et se dit que oui. Mais les vêtements avaient été choisis par les autres et même s'ils faisaient cela pour lui rendre service, il voulait quelque chose qu'il aurait choisi lui-même.

« - Tu fais quoi ?

Draco s'était approché et observait lui aussi son reflet. Le Gryffondor sourit en entendant la voix légèrement pâteuse du jeune homme due à son tout nouveau piercing.

« - Je vais me faire tatouer, lui dit Harry.

« - Ah oui ? Cool. Quand ça ?

Le brun interrogea le tatoueur qui l'informa que son associée pouvait le prendre maintenant s'il avait le temps. Harry hocha la tête et s'installa dans le fauteuil que lui désigna l'homme. Quelques minutes plus tard une jeune femme, aux oreilles pointues et aux yeux légèrement plus grand que la normale, s'approcha de lui en souriant et lui proposa leur catalogue de modèles. Elle faisait furieusement penser aux elfes que l'on pouvait voir dans certains films ou livres Moldus. Le blond fixa la jeune femme, plutôt séduisante, les lèvres pincées comme s'il se méfiait d'elle puis prit un siège et s'assit juste à côté d'Harry adressant un regard d'avertissement à quiconque – et cette fille en particulier – aurait l'intention de tripoter SON futur petit ami.

Au bout de quelques minutes à tourner les pages, Harry se mit à sourire et passa le catalogue à Draco en lui désignant le modèle qui l'intéressait.

« - Qu'est-ce que tu en penses ?

La triade se composait de deux motifs identiques mais inversé et d'un troisième où ils étaient unis.

« - Pas mal, approuva le blond. Tu voudrais les tatouer où ?

« - Le tatoueur m'avait conseillé sur les bras et autour du nombril.

Draco eut une petite moue sceptique que le brun aperçu.

« - Quoi ? Ca ne te plait pas ?

« - Ben, les tatouages sur le ventre sont plutôt pour les filles et sur les biceps ça fait un peut… vieillot. Je trouve que ce serait plus original si tu faisais ceux-là par exemple à l'intérieur des poignets et l'autre juste sous la nuque. Avec une coupe de cheveux plus courte ça ferait très bien, déclara-t-il en passant les doigts dans les mèches incriminées. Où encore sur les reins, c'est très sexy.

« - C'est ce qu'il avait dit aussi, dit Harry en jetant un regard au tatoueur toujours occupé sur les ailes qu'il peignait.

Il ne pu retenir un sourire en voyant le regard mauvais qu'adressait Draco à son pseudo « rival ». Bon, ce n'était pas très fair play de sa part mais voir la jalousie du blond lui plaisait beaucoup. Ca devait venir de son côté Serpentard même si ça ne signifiait en rien qu'il éprouvait de quelconque sentiments amoureux pour le blond. Non c'était juste parce que… parce que !

Ce fut cet instant que choisirent Shad, Aslan et Loryah pour les rejoindre. Les trois ados prirent des sièges et s'installèrent autour d'Harry, se passant le modèle choisi par le Gryffondor tout en faisant des commentaires bruyant.

« - Eh bien, quel raffut vous faites, s'exclama la jeune Elfe qui devait tatouer Harry. Vous ne changez pas, à ce que je vois.

Les ados se tournèrent vers elle et parurent surpris de la trouver là.

« - Orphéa ? S'étonna Loryah. Je… tu travailles, ici ?

« - Oui. J'ai changé d'activité il y a peu. Après la naissance de mes jumeaux. C'est plus respectable pour une mère de famille, sourit-elle. Tu as choisi ? demanda-t-elle à Harry.

« - Euh, oui.

Il reprit le catalogue des mains de Shad qui fixait toujours Orphéa d'un air mitigé. Il lui désigna ce qui l'intéressait en indiquant où il les voulait. Finalement, il s'était rangé à l'avis de Draco pour les motifs sur les poignets et ferait le troisième au bas du dos.

Sans s'en rendre compte, lorsque la tatoueuse lui eut fait ôter son pull et eut saisit sa main pour commencer son travail, il attrapa de l'autre celle de Draco, une légère appréhension l'envahissant malgré lui. Le blond lui sourit et Harry se détendit bientôt en constatant que ce n'était effectivement pas douloureux.

Il fallut une petite demi-heure à l'Elfe pour tracer les dessins sur chaque poignet. Après une attente d'une dizaine de minutes pour que l'encre sèche bien, elle demanda au Gryffondor de se mettre sur le ventre et de ne pas bouger. Elle peignait depuis un bon quart d'heure quand Shad brisa le silence.

« - Tu savais que l'endroit où tu te fait tatouer témoigne en fait de tes préférences sexuelles ?

Tous les regards se tournèrent aussitôt vers lui.

« - On dit que ce sont les hommes qui aiment être dominés, donc par association les gays qui se font tatouer les reins, parce que normalement c'est un emplacement pour les filles.

« - N'importe quoi ! Soupira sa sœur.

« - En fait il a raison, intervint Orphea. Ce n'est pas obligatoirement vrai mais souvent un homme qui se fait tatouer les reins aime être dominé, que ce soit par un autre homme ou par une femme. C'est pour ça qu'on l'associe souvent aux gays.

Le Survivant reçut alors toute une série de regards goguenards qui se muèrent en éclats de rire quand il se mit à rougir furieusement. Il remarqua pourtant qu'une personne ne riait pas. Draco. Le Serpentard se contentait de le fixer en souriant d'un air énigmatique qui troubla Harry sans qu'il sache pourquoi. Son trouble augmenta quand il remarqua les joue légèrement roses du jeune homme et le Gryffondor bénit Merlin d'être sur le ventre tant cette vue lui plaisait. Lui enlevant le réflexe de même protester à ce qu'on l'associe à la population gay.

« - Je suis dans la merde, pronostiqua-t-il intérieurement. Je bande en regardant les joues de Malfoy. Je suis VRAIMENT dans la merde ! »

Il fallu une autre demi-heure pour terminer le tatouage sur les reins d'Harry, laps de temps durant lequel les yeux de Draco voyagèrent des fesses légèrement dénudées du Survivant – qu'il matait sans vergogne – au visage d'Orphea – comme s'il la soupçonnait de vouloir profiter de la situation. Le Gryffondor remarqua avec perplexité que les autres aussi semblaient mal à l'aise avec l'Elfe. Mais celle-ci n'y prêtait apparemment pas attention.

« - Voilà, c'est terminé, signala-t-elle une fois le sort de séchage lancé. Attends quelques minutes et ça ira. Il faudra juste éviter de les mouiller pendant vingt-quatre heures. Tu pourras passer à la caisse de l'autre côté.

Quand elle le lui autorisa, Harry reboutonna son pantalon puis admira brièvement le reflet de son tatouage dans le miroir. Il se dirigea ensuite vers la caisse pour payer, remarquant au passage que sa tatoueuse retenait Draco et l'entraînait un peu à l'écart pour lui parler. Le jeune homme affichait un air buté que le Survivant ne lui avait vu que lorsque le professeur Snape avait essayé de l'aider l'année précédente.

Le caissier l'interpellant, il ne put suivre le reste de la conversation. Il présenta le cercle noir que lui avaient remis les gobelins en se faisant la réflexion amusée qu'il n'avait jamais autant dépensé que ce jour-là. Une fois qu'il eut réglé il regarda si Draco et Orphea discutaient toujours mais le blond rejoignait les jumeaux et Aslan à l'entrée du magasin. Son expression était indéchiffrable et il semblait plongé dans ses réflexions. Harry les rejoignit à son tour mais une partie de leur humeur joyeuse semblait s'être envolée depuis qu'il avait vu Orphea.

« - C'est quoi le problème avec elle ? demanda tout à coup le brun.

Il n'avait pas besoin de préciser de qui il parlait. Les adolescents s'entre-regardèrent puis, avec un soupir, Aslan entrepris d'expliquer la situation.

« - Orphea est une figure assez… tristement célèbre dans l'antre. Elle tenait… un club d'un genre un peu particulier et qui a foutu en l'air un certain nombre de couple ici.

« - C'est-à-dire.

« - Un club échangiste, révéla Shad devant l'air choqué du brun. Des aventures commençaient là-bas… et se poursuivait en dehors. C'est ce qui s'est passé avec la femme de Fenry.

« - Il est marié ? s'exclama Harry.

« - Il l'était. Sa femme fréquentait le club sans qu'il le sache, c'était une époque où il travaillait beaucoup, surtout parce que leur couple ne marchait pas bien. Un après-midi il est rentré plus tôt et il l'a trouvée au lit avec un couple qu'elle avait rencontré là-bas. Son monde s'est écroulé, sa femme l'a quitté et elle est partie s'installer aux Etats-Unis avec leur fils.

« - Il a un fils ? Ca doit être horrible pour lui d'être si loin.

« - Ouais, il s'appelle Sayn. Il a à peu près l'age de Kurtis, l'informa Aslan. Mais il ne l'a pas vu depuis que sa femme est partie. Ca va faire deux ans.

« - Comment on peut faire ça ? S'indigna le Gryffondor. Ce n'est pas parce que deux adultes ne s'entendent plus qu'ils doivent mêler leur enfant à tout ça. J'imagine que Fenry l'a très mal vécu.

« - Ouais, mais Fenry ne montre pas beaucoup ses sentiments quand il va mal. Il fait comme si de rien n'était, intervint Loryah. Le seul à qui il semblait se confier c'était papa. Et comme désormais il n'est plus là…

« - Donc, si je comprends bien la situation, vous en voulez à cette femme parce que Fenry et sa femme se sont séparés ?

« - Ouais. Ce n'est pas très rationnel, c'est vrai, mais Fen ne méritait pas ça, répondit Shad. Au fait Dray, elle te voulait quoi, tout à l'heure.

Le Serpentard était resté étrangement silencieux pendant les explications de ses amis.

« - Elle voulait me dire que ce n'était pas la peine de la regarder comme on l'avait fait. Qu'elle n'était pas responsable du départ de la femme de Fen, qui d'après elle le trompait bien avant d'entrer au club. Que la seule chose qu'elle voulait maintenant c'était qu'on lui fiche la paix et que ses filles arrêtent de revenir en pleurs de l'école parce qu'on leur avait dit que leur mère était une salope.

Les trois adolescents affichèrent alors un air coupable, conscient que leurs diatribes contre Orphéa les incluaient dans la catégorie « mauvaises langues » dont avait parlé l'Elfe. La mention de ses enfants accentuait ce sentiment de culpabilité car eux n'étaient pas responsables des erreurs et des fautes de leur mère. Assez mal à l'aise, les jeunes gens se promenèrent un bon moment en silence. Draco ne reprit la parole que lorsqu'ils passèrent devant un salon de coiffure.

« - Allez, Potty, on va finir ton relooking, déclara-t-il en l'entraînant vers le salon.

« - Eh ! Tu pourrais me demander mon avis ! S'offusqua le Survivant.

« - Oh, arrête de te plaindre ! Tu seras superbe ce soir quand on sortira.

« - Comment ça sortir ? C'est quoi cette histoire ? demanda le Gryffondor affolé.

« - T'inquiète pas et viens !

Le blond poussa la porte du salon et fut salué chaleureusement par les propriétaires. Un peu trop chaleureusement même au goût d'Harry. Les autres entrèrent à leur tour et furent accueillis avec de grands sourires. L'un des propriétaires pencha la tête pour le regarder et demanda à Draco qui était le garçon qui se planquait près de la sortie comme s'il voulait s'évader.

« - Approche, Harry, appela le Serpentard. Personne n'est cannibale ici.

Piqué au vif, le Survivant s'approcha en traînant les pieds.

« - Potty, je te présente les frères Rhannee, Erohis, Altaï, je vous présente Harry Potter.

« - Enchanté Harry, répondirent l'un après l'autre les deux frangins.

« - Salut, grommela le Survivant. Et arrête de m'appeler Potty, Malfoy !

« - Compte là-dessus ! Se moqua le blond.

Harry soupira et regarda nerveusement autour de lui. Il se sentait toujours horriblement mal à l'aise chez le coiffeur car les rares fois où il y était allé n'avaient pas été des plus agréables.

« - Comme vous pouvez le constater, reprenait Malfoy, Harry a besoin d'une bonne coupe. J'hésitais entre quelque chose d'assez court pour mettre en valeur ce côté indomptable de sa tignasse ou une coupe plus longue pour adoucir ses traits.

Les deux hommes s'approchèrent et examinèrent attentivement les cheveux du Gryffondor, les touchant, les tirant, les ébouriffant. Harry n'appréciait pas vraiment ce traitement et s'apprêtait à se plaindre quand l'un des coiffeurs pris la parole.

« - J'avoue avoir un faible pour la version longue. Allonger les mèches jusqu'aux pommettes mais couper assez court sur la nuque.

« - Et on pourrait faire ressortir ces jolis yeux en faisant quelques mèches vertes, proposa l'autre. Je suppose que tu préfères quelque chose qui ne demande pas beaucoup d'entretient ?

Ravi que son avis soit enfin consulté, Harry acquiesça vivement.

« - Il ne me faut pas quelque chose de chiant ! Le matin j'ai mieux à faire que me prendre la tête avec mes cheveux !

« - Ok, installe-toi, fit le dénommé Erohis en riant tandis que Draco levait les yeux au ciel. On va s'occuper de toi tout de suite. Quelqu'un d'autre a besoin d'une coupe ?

« - J'ai bien envie de me faire des mèches, dit pensivement Loryah

« - Tu nous assures que ton père ne vas pas nous tuer ? demanda Altaï. Si je me souviens bien, il n'était pas particulièrement emballé à l'idée qu'on touche à tes cheveux la dernière fois que tu es venue.

« - Du moment que je ne deviens pas blonde avec une coupe minimaliste, ça devrait aller.

« - Très bien, alors. Un autre candidat ?

Personne ne se manifestant, Harry fut guidé vers un siège devant un grand miroir où il attendit plus ou moins patiemment. Il admirait le plafond depuis quelques secondes quand il sentit qu'on lui ôtait ses lunette. Il sursauta et entendit un rire qu'il ne connaissait que trop.

« - Malfoy ? Mais qu'est-ce que tu…

« - C'est moi qui vais m'occuper de ta coupe.

« - Hein ? Je ne suis pas sûr que ce soit une si bonne idée.

« - T'inquiètes, Potty, ce n'est pas la première fois que je joue les coiffeurs ! J'ai commencé à donner un coup de main ici à quatorze ans, alors j'ai un peu d'expérience !

« - Draco Malfoy apprenti coiffeur… Je commence à croire que je me suis cogné la tête très fort et que je suis dans le coma en train de délirer.

Seul un rire franchement amusé lui répondit.

« - Bon, tu t'es décidé, courts ou longs les cheveux ?

« - Ben, à la base mes cheveux sont pas très longs donc on est un peu limité, non ?

« - Il existe un sort pour faire pousser les cheveux instantanément. On va commencer par démêler tout ça, déclara le blond en prenant un peigne.

Une fois qu'il eu terminé il lança un sort inconnu d'Harry qui senti ses cheveux commencer à pousser. Il décida qu'il n'aimait pas du tout cette sensation et fut soulagé que cela ne dure que quelques secondes. Il sentait à présent ses pointes effleurer ses épaules et quand il y porta la main ses doigts effleurèrent ceux de Malfoy.

« - C'est ce que je pressentais, tes cheveux sont assez épais pour aplatir les épis quand ils sont suffisamment long. Reste maintenant à se décider pour les mèches. Je pense que Altaï a raison, des mèches vertes t'irait très bien.

« - Ben tiens ! Ironisa le Survivant. Avec une touche d'argent pourquoi pas ?

« - Je suis sûr que tu serais ravissant dans les couleurs de Serpentard.

Le Gryffondor éclata de rire en secouant la tête.

« - Quoi ? Pourquoi tu ries comme ça ?

« - Parce que ton image froide et hautaine en prend un sacré coup dans l'aile quand on te côtoie un peu ! « Ravissant »… Comment t'as fait pour ne pas te retrouver à Poufsouffle ?

« - Je serais toi, j'éviterais de me moquer de quelqu'un qui va balader des ciseaux près de mes oreilles, susurra Draco.

Le rire d'Harry s'étrangla et il jeta un regard pas très rassuré au blond.

« - Je suis toujours un Poufsouffle, Potty ?

Le Survivant secoua négativement la tête. Il était courageux mais pas totalement stupide. Et même s'il doutait que Malfoy le blesse réellement, il avait toujours le risque qu'il rate volontairement sa coupe.

« - On dit vert, alors ? demanda tout à coup le Serpentard.

« - Hein ? répliqua très intelligemment Harry.

« - Réveille-toi, pour les mèches… on les fait vertes ?

« - Je t'avoue que je suis toujours pas convaincu mais bon, si ça ne me vas pas tu pourras toujours arranger ça, non ?

« - Bien sûr ! Et puis je ne vais pas en faire beaucoup, une quinzaine tout au plus, c'est juste pour « égayer » un peu la coupe.

Draco disparu quelques minutes puis revint avec différents produits et accessoires qu'il posa sur une petite tablette.

« - C'est pour quoi le truc argenté ? Questionna Harry en jetant un coup d'œil.

« - C'est du papier aluminium. J'utilise la méthode moldue pour les mèches, c'est bien plus efficace, expliqua le blond en mélangeant deux produit dans un bol. Maintenant ne bouge plus je vais faire les mèches.

Les vingt minutes suivantes furent dédiées à l'application du colorant. Le peu que le brun distinguait de leur reflet montrait Malfoy appliquant minutieusement la coloration à l'aide de son pinceau puis emballant les mèches dans l'aluminium. Une fois cette étape terminée, il installa un écran chauffant pour accélérer la prise des mèches. Aslan et Shad vinrent le voir en plaisantant sur le fait qu'il devait très bien capter la radio avec tout ce métal.

Après les vingt-cinq minutes de pose réglementaires, Draco l'emmena vers le bac à shampoing.

« - Tu sais qu'il serait très tentant de te rendre la monnaie de ta pièce pour ta tentative de meurtre par noyade sur ma petite personne, déclara le bond en ouvrant le robinet.

« - N'exagère pas, Malfoy… c'était juste un jeu. Prends ça… pour de l'hydratation intensive !

« - Je te remercie de te soucier de ma santé, Potty, c'est vraiment trop gentil à toi. Dis-moi si l'eau est assez chaude maintenant.

Harry hurla en sentant un jet glacé passer sur son crâne et jura en insultant Draco de tous les noms d'oiseaux qui lui venaient en tête.

« - Oups, fit le Serpentard. J'ai oublié l'eau chaude.

« - Connard ! Siffla le brun.

« - Tu l'avais mérité, Potty ! Allez, réinstalle-toi ma vengeance est accomplie désormais !

Le Survivant se rassit en grommelant et se tendit imperceptiblement quand le jet repassa sur sa tête. Mais il se relaxa aussitôt qu'il sentit l'eau délicieusement chaude couler sur lui.

« - Un peu plus chaud, s'il te plait, murmura le brun.

« - Comme ça, c'est mieux ?

« - Mmm. Ouais, parfait !

Le Serpentard glissa ses doigts dans les mèches couleur corbeau pour bien les tremper et ouvrit un à un les papiers d'aluminium révélant peu à peu le résultat. Un sourire satisfait orna brièvement ses lèvres puis il coupa le jet et appliqua le shampoing. Commença alors un massage qui transporta presque le Gryffondor au septième ciel. Il en aurait ronronné de plaisir s'il l'avait pu tant la sensation était délectable. Draco observait en souriant le visage totalement détendu du brun et continua un peu plus le shampoing, caressant les tempes, la nuque et le haut du crâne en un mouvement circulaire très doux.

« - Je vais devoir rincer, Harry, chuchota-t-il finalement.

Un gémissement de dépit échappa au Gryffondor et Draco décida de prolonger son plaisir en lui appliquant un soin capillaire.

« - C'est quoi ça ? demanda Harry en se remettant à sourire dès que les merveilleuses mains du blond se reposèrent sur lui.

« - Ca va rendre tes cheveux plus brillants et plus faciles à coiffer.

« - Si ça marche, j'en prend une caisse, ma tignace est une vraie plaie !

« - Arrête de te plaindre, tu as des cheveux magnifiques ! Coiffés n'importe comment… mais magnifique. Si tu savais le nombre de fois où j'ai voulu les remettre en place à Poudlard.

« - J'en aurais certainement fait une attaque ! Plaisanta le survivant à moitié sérieux tout de même.

« - Et Weasley donc !

Ils éclatèrent de rire en imaginant la tête de Ron devant une scène pareille et Harry se rendit alors compte à quel point le Draco qu'il connaissait était différent du vrai Draco. Il se fit la réflexion qu'il pourrait bien tomber sous le charme s'il n'y prenait pas garde.

Lorsque Draco, au plus grand regret d'Harry, en eut définitivement terminé au bac à shampoing, il sécha lui sommairement les cheveux puis guida le Survivant vers le siège où il était installé précédemment. N'ayant toujours pas récupéré ses lunettes Harry distinguait mal son reflet dans le miroir, ce qui le rendait un peu nerveux.

« - Relax, Harry. Je te l'ai dit, je sais ce que je fais.

« - C'est juste… je me sens vulnérable sans mes lunettes et je n'aime pas beaucoup ça.

Il ne continua pas, ne parvenant pas vraiment à justifier son inquiétude. Le blond sembla malgré tout comprendre et lui glissa ses lunettes dans la main.

« - Personne ne s'en prendra à toi ici, Harry, murmura-t-il.

« - Je sais, mais…

« - Shhhh. Détend-toi maintenant, je m'occupe de toi.

Le Gryffondor eut l'impression très nette que ces mots impliquaient plus qu'une simple coupe de cheveux. Il ne répondit pas mais se laissa aller alors que le Serpentard démêlait ses cheveux à l'aide d'un peigne. Harry chaussa brièvement ses lunettes pour constater l'effet donné par les mèches et du reconnaître que Draco avait raison. Le vert mettait ses yeux en valeur et il ne pu retenir un sourire de satisfaction en voyant ses cheveux enfin aplatis par l'eau et leur longueur. Le Serpentard se tapota pensivement les lèvres quelques secondes en contemplant son visage dans le miroir, puis il se mit subitement au travail.

Durant toute la coupe, Harry observa le reflet du blond comme il le pu mais le peu qu'il en surprit lui permit de constater à quel point il semblait à l'aise. Non, en fait il s'amusait. Il n'y avait aucun doute, l'héritier de l'empire Malfoy était fait pour être coiffeur. Le comique de la situation le fit sourire et quand Draco finit enfin de couper, coiffer, sécher, Harry trépignait presque d'impatience. Il allait remettre ses lunettes quand la main du Serpentard l'arrêta.

« - Attends, s'il te plait. Shad, tu peux m'apporter le sac vert ?

« - Ok, fit le jeune homme en s'approchant. Oh, la vache, c'est…

« - Chut ! Le coupa Draco. Donne-moi le sac. Viens Harry, fit le blond presque en chuchotant et en lui prenant la main pour le guider.

Le brun se leva docilement et Draco l'emmena dans une pièce à part où il referma la porte sur eux.

« - Tu pensais à quoi en m'amenant ici, Malfoy ? demanda Harry avec un air mi-suspicieux, mi-amusé.

« - Déshabilles-toi, demanda le Serpentard. Relax ! Je veux juste que tu vois l'effet avec tes nouveaux vêtements, c'est tout. Tiens, fit-il en pêchant une chemise blanche sans bouton et un jean dans le sac. Il sortit également une paire de chaussures neuves et l'étui contenant ses nouvelles lunettes.

« - Vas-y, changes-toi.

« - Quoi, ici… devant toi ?

« - Pfff ! Je promets de ne pas regarder, ça te va ? Ce que tu peux être prude quand même, rajouta-t-il à mi-voix.

Pas suffisamment bas, apparemment, car Harry lui balança une de ses chaussures pour se venger.

« - Aie ! Je vais avoir une bosse maintenant !

« - M'en fiche… Arrête de m'emmerder avec ça.

« - Comment tu veux que je résiste… c'est si facile ! Rigola le Serpentard.

« - Tu sais, commença le brun en rougissant légèrement, tu n'es pas obligé de te tourner.

« - Si, répondit Draco en le regardant dans les yeux. Si je dois.

La tension monta subitement et Harry dégluti difficilement. Le blond se retourna enfin et le Gryffondor ôta précautionneusement ses fringues avant d'enfiler les nouvelles. Il appela ensuite Draco qui l'examina silencieusement.

« - Tu es superbe, complimenta-t-il. Ca valait la peine de passer tout ce temps dans les boutiques.

« - Tu dis ça comme si ça avait été une corvée alors que nous savons tous les deux que tu adores ça, riposta le brun avec humour.

« - Il reste juste un petit détail. Tournes toi.

Harry, totalement en confiance, s'exécuta et il sentit bientôt le Serpentard lui passer quelque chose autour du cou.

« - J'ai vu ça chez le tatoueur et je me suis dit que ça t'irait vraiment très bien.

Harry frissonna légèrement alors que le souffle du blond lui chatouillait la nuque. Il tenta d'apercevoir le bijou mais la chaîne était trop courte pour cela.

« - Merci. Tu n'avait pas besoin de…

« - Considère ça comme un cadeau d'excuse pour t'avoir cassé le nez en sixième année. Allez, les autres doivent commencer à se faire des idées.

« - Draco… appela le Survivant alors que celui-ci s'approchait de la porte.

Il voulu dire autre chose mais les évènements de la journée se bousculaient dans sa tête et il resta muet. Tout ça allait tellement vite. Le matin même il était certain que le blond ne l'attirait pas, que ses sentiments pour lui ne le concernaient pas, et là il se sentait sur le point de l'embrasser ou de le prendre dans ses bras.

« - Viens, proposa Draco en ouvrant la porte, comme s'il comprenait le dilemme du jeune homme.

Ils sortirent sans un mot de plus, les pensées d'Harry tourbillonnant sans lui laisser de répit. Il ne vit pas les regards admirateurs de certaines clientes, pas plus que les mines abasourdies de Shad, d'Aslan et de Loryah. Ce ne fut qu'une fois confronté directement à son nouveau look qu'il se reconnecta à la réalité.

Il ne se reconnaissait pas. Ce ne pouvait pas être lui. Il porta une main hésitante à ses cheveux. Leur désordre, bien que tempéré par les longueurs qui lui caressaient la mâchoire, était toujours présent mais lui donnait un air rebelle et romantique accentué par ses lunettes à monture rectangulaire en acier. En fait, tout contribuait à cette impression, sa chemise au col en v dont les manches courtes révélaient les tatouages de ses poignets, son jean noir aux déchirures artistiquement travaillées. Et le collier de Draco, fait d'une cordelette en cuir et d'un simple « croc » en argent complétait à merveille la tenue.

« - Alors ? Ca te plait ? demanda le blond bien que l'immense sourire du Gryffondor devait répondre pour lui.

« - C'est génial ! Merci à tous, dit-il aux trois compères. Merci à toi, Draco.

« - De rien Potty. Te rendre visage humain valait bien quelques efforts.

Harry ne se vexa même pas car les yeux gris disaient clairement que toutes ces piques n'étaient que des taquineries.

Loryah s'étant contentée de mèches d'une originale couleur bleu gris ils n'eurent que quelques minutes à attendre avant de pouvoir enfin rentrer.

« - Bon, on sort où ce soir, alors ? demanda Shad sur le chemin.

« - Eh ! J'ai cru que c'était une blague ! S'affola Harry. Pitié ! On a fait les boutiques TOUTE la journée, sans compter qu'on a eut une matinée plutôt agitée, au cas où vous l'auriez oublié. Si on restait gentiment devant la télé ce soir ?

« - Oh, le pauvre bébé est fatigué, se moqua Draco. Je me demande plutôt si tu ne fais pas ça parce que tu ne sais pas danser !

« - C'est très gentil à toi de le souligner avec tant de subtilités, Malfoy !

« - Boudes pas, Potty. Je t'apprendrais à danser, c'est promis.

« - Quelle sollicitude, merci, répliqua aigrement le brun. Mais je suis sérieux, je suis vraiment crevé.

« - J'avoue que je suis comme lui, intervint alors Aslan. Je préfèrerais qu'on remette ça. Pourquoi pas demain ?

« - Ok, moi ça me va, fit Loryah. Ca nous laissera le temps de décider où on va aller.

« - Tu t'en tires bien pour aujourd'hui, Potty, mais tu n'auras pas toujours cette chance, rigola Draco.

« - Tu es juste déçu de ne pas pouvoir me tripoter pendant tes fameuses leçons de danse, persifla Harry.

« - Ce n'est que partie remise, mon cœur.

« - Ne soit pas trop sûr de toi, Malfoy.

« - Je ne le suis pas, mon ange. Je sais que tu es fou de moi !

« - Dans tes rêves peut-être !

« - Ah ! Si tu savais ce que tu y fais dans mes rêves, Potty, fit Draco sur un ton langoureux.

Et, bien entendu, à ces mots Harry piqua un fard. Ce n'était pas juste, pesta-t-il intérieurement en entendant le blond rire. Pourquoi fallait-il qu'il soit si… prude. Il n'était pas à l'aise dans ces provocations qui ressemblaient fort à un flirt, résultat, il se rendait ridicule !

Il bouda ostensiblement le reste du chemin malgré les tentatives de Draco pour le dérider.

Ce ne fut qu'une fois rentré, lorsque Hermione le vit et le complimenta abondamment sur son nouveau look, qu'il se remit à sourire… Au fur et à mesure que Draco se renfrognait.

« - C'est bon, Granger ! On a compris que tu le trouvais beau, tu ne vas pas baver non plus !

Le Serpentard, les bras croisés, fusillait la jeune fille du regard.

« - Tu nous fait une crise de jalousie, Malfoy ? demanda-t-elle.

« - Parce que j'en ai marre de t'entendre l'encenser depuis vingt minutes, n'exagères pas !

« - Bien entendu… c'est moi qui exagères.

Le regard de Draco vola discrètement jusqu'à Harry qui le fixait déjà. Ce fut au tour du blond de rougir sous ces prunelles inquisitrices. Maudite Granger ! Maudit teint de blond… et pourquoi faut-il que Potter ait un sourire aussi craquant ! Ca n'arrangeait vraiment pas son cas !

Prise de pitié devant le malaise de son meilleur ami, Loryah orienta la conversation sur le programme de la soirée ainsi que sur celui du lendemain. La vidéothèque des Flint étant bien fournie, les adolescents se préparèrent une série de DVD, Draco appréciant moyennement qu'Harry veuille voir « la maison de l'horreur ».

« - Quoi ? Tu ne vas pas me dire que tu as peur ? Le charria le Gryffondor.

« - Absolument pas ! Ce n'est qu'un film ! Mais… il est nul ! Voilà ! C'est un très mauvais film !

« - Tu n'es pas très convainquant, là, tu sais Malfoy, remarqua Hermione.

Le doloris que le blond lui lança des yeux l'aurait fait se tordre de douleur s'il l'avait réellement touchée.

« - Viens, Dray, fit Loryah en l'entraînant avec elle en direction de la cuisine. C'est moi qui fais le repas ce soir et j'ai besoin d'aide.

« - Tu veux juste m'empêcher de râler, maugréa Draco en la suivant malgré tout.

« - Ce serait dommage de ruiner tous les progrès que tu as fait avec Harry aujourd'hui, chuchotta-t-elle.

« - Putain, j'arrive pas à y croire, balbutia Draco sur un ton rêveur. Parfois j'avais presque l'impression qu'il flirtait avec moi !

« - A mon avis, c'était pas juste une impression. J'avoue que même moi je suis surprise. Lors de nos discussions il n'avait pas l'air réticent mais de là à ce qu'il soit si… conciliant, je ne m'y attendais pas.

« - Quand on s'est éloignés pour qu'il se change, à un moment je suis sûr que si je l'avais embrassé il aurait été d'accord.

« - Pourquoi tu ne l'as pas fait ?

« - Je ne veux pas aller trop vite. J'ai pas envie qu'il cède parce que je lui plait pour le moment et qu'ensuite ça lui passe. Je veux des « je t'aime » avec des « toujours » dans la même phrase ! Potty me traiterait encore de Poufsouffle s'il entendait ça !

« - Donc tu vas te lancer dans la « marinade » de Potter ? Pronostiqua Loryah avec un grand sourire.

« - Ouais. Mariner, mijoter, rôtir Potty chéri pour devenir le centre de son univers !

Loryah éclata de rire et serra le blond dans ses bras.

« - Je croise les doigts pour toi, Dray ! Je suis tellement contente que tu sois là, ajouta-t-elle. Tu me manquais tellement.

« - Je suis désolé de m'être emporté, tout à l'heure, je sais que tu ne t'étais énervée que parce que tu t'inquiétais. Pardon, fit-il en répondant à son étreinte.

« - C'est pour toutes les fois où tu as du subir mon sale caractère, répondit-elle. Bon on s'y met ?

« - Tu veux faire quoi ?

« - Salade de riz, ça te vas ?

« - Quelle question !

oOoOoOo

Alors voilà, qu'en avez-vous pensé… je n'aime pas trop le fait d'avoir écrit un relooking, je trouve ça… classique, mais en même temps, on ne peut pas dire qu'il n'en ai pas besoin.

J'attends avec impatience vos commentaires !

Ah, et j'aimerais connaître votre avis sur l'OOC (pour ceux qui l'ignore c'est quand les persos ont un caractère ou des traits de caractère différents de ceux imposés par JKR).

Merci d'avance !

Loryah