« un chocolat chaud ça te dit ? »

« j'adorerais. »

« allons y »

« mais tu ne voulais pas nager ? »

« non plus maintenant. Et puis au vu de tes frissons, je pense que tu as vraiment besoin d'une boisson chaude !! »

Mon dieu, s'il savait…mes frissons n'ont absolument rien à voir avec le fait que j'ai froid. D'ailleurs ça allait déjà beaucoup mieux maintenant. Je fus même…déçue que notre étreinte ne dure pas plus longtemps. Il m'avait relâchée pour que nous puissions remonter vers la cuisine. Il me signe de m'asseoir à la table de la cuisine tandis qu'il préparait nos boissons.

« tu n'as pas trop froid ? »

« hum, non ça va mieux, merci »

Il me tendit ma boisson et je mis la tasse entre mes mains afin de les réchauffer davantage.

« parle moi un peu de toi. »

« que veux tu savoir ? »

« eh bien ça fait un moment qu'on ne s'est pas vu, alors je ne sais pas trop par où commencer… »

« ok alors je vais commencer par le début ! »

Nous nous mîmes à rire en même temps tandis que je cherchais où commencer mon histoire.

« eh bien, il faut dire qu'il s'en est passé des choses en huit ans… » commençais-je

« tu peux sauter quelques années si tu veux. »

« ok alors je vais en sauter sept si tu veux bien parce qu'à part l'obtention de mon diplôme et mon arrivée à l'université il ne s'est pas passé grand chose dans ma vie ! »

« ça me va. »

« donc, l'année dernière j'ai été retenue par le programme Erasmus afin de partir étudier un an à l'étranger. Je suis des études de Littérature au fait. Et j'ai donc décidé de partir étudier en France parce que je suis fan des auteurs Français. »

« ça n'a pas été trop dure de tout quitter ici ? »

« eh bien la chose la plus difficile a été de quitter mon père et Alice. Pour le reste non. Je suis même partie le cœur léger. »

« a part Alice…euh…tu n'avais pas d'autres amis à laisser derrière toi ? »

« non. »

« hum, ok. »

« je continue ? »

« oui, oui, vas y. »

« ok. Bon au début, en France, les choses ont été compliquée. Je ne connaissais personne et je ne suis pas très douée pour faire de nouvelles connaissances… du coup j'ai commencé à déprimer un peu. Mais heureusement, Alice m'appelait souvent et tu sais comment elle est…rien qu'à l'écouter j'avais l'impression d'être avec elle !!! Elle n'arrêtait pas de me dire de sortir pour faire de nouvelles connaissances alors un jour j'ai décidé de l'écouter et je suis sortie pour boire un verre avec d'autres étudiants. »

« c'est ce jour là que tu as rencontré Emmet. »

Ce n'était pas une question mais une affirmation.

« ouais. Comme nous te l'avons dit cet après midi, Emmet m'a sauvé la vie à plusieurs reprises mais s'il n'avait pas été là ce jour là, je ne sais pas dans quel état je serai aujourd'hui. Ce type était tellement saoul que je n'avais pas assez de force pour le bouger. Le pire c'est que j'avais beau hurler, personne ne m'entendait ou ne réagissait en tout cas. Jusqu'à ce qu'Emmet arrive du moins. »

« tu sembles très attaché à lui. »

« je l'aime. »

« ah bon ? »

« oui. Je l'aime autant que j'aime Alice. Ils sont indispensables à ma vie tous les deux. Comme tu le sais je suis fille unique, et grâce à ces deux là, j'ai l'impression d'avoir une grande famille. Alice est ma meilleure amie, ma sœur. Emmet lui, c'est le grand frère protecteur que j'ai toujours rêvé d'avoir. »

Je crus lire une sorte de soulagement sur son visage, alors qu'il entendait mes paroles. Mais je devais me trompée, parce qu'il n'avait aucune raison d'être soulagé pour quoi que ce soit, n'est ce pas ?

« c'est bien que tu aies quelqu'un comme lui prêt de toi, pour te protéger. »

« oui. Mais je crois que d'ici peu, il va être très occupé. Heureusement pour moi j'ai un deuxième ange gardien maintenant ! »

« oui. J'ai promis. Et je serais là, tu peux me faire confiance. »

« tu ne sais pas à quoi tu t'engages !!! »

nous rîmes à nouveau ensemble.

« que sait il passé après qu'Emmet t'aies sauvé ? »

« eh bien nous sommes allés boire un verre ensemble. J'étais pas très rassurée mais je voulais le remercier de m'avoir tirée de là donc… »

« vous êtes devenu amis après ça. »

« ouais. Et très rapidement bizarrement. »

« pourquoi ? »

« pourquoi quoi ? »

« pourquoi tu dis bizarrement ? »

« oh, et bien parce que comme je te l'ai dit je ne suis pas très douée pour faire de nouvelles connaissances. Je ne me lie pas facilement avec les gens. »

« ok. »

« mais avec lui ça a été facile. Il m'a parlé un peu de lui et je n'ai pas pu m'empêcher de l'aimer après ça, et d'avoir envie d'être avec lui le plus souvent possible. Le fait qu'il soit orphelin et qu'il se débrouille tout seul depuis qu'il avait perdu ses parents m'a fait avoir confiance en lui. »

Edward se leva afin de me resservir un chocolat, puis m'indiqua le canapé du salon.

« nous serons mieux installés pour discuter. »

Nous nous dirigeâmes donc vers celui ci et nous installâmes chacun d'un coté, tournés l'un vers l'autre pour discuter. J'étais très à l'aise à présent. Bien que le fait qu'il soit toujours vêtu uniquement de son short de bain avait un peu tendance à me distraire maintenant que la table de la cuisine ne le cachait plus…

A mon plus grand soulagement car cela permis à mon esprit de rester lucide, il attrapa un plaid qui était posé sur le dessus du canapé et se recouvrit avec. Mais ce fut également à mon plus grand désespoir parce que je ne pouvais plus admirer son corps.

Faudrait peut-être savoir ce que tu veux ma vieille me murmura une petite voix dans ma tête.

« euh, tu sais, quand je vous ai vu tous les deux au début, euh…comment dire…ne te fâches pas mais euh…j'ai cru que vous étiez ensemble. »

Je ne pu retenir un rire, mais je cessais aussitôt en voyant le regard d'Edward sur moi.

« oui, ça arrive souvent. Et ça a ses avantages en fait. »

« ah bon ? »

« oui. Emmet et moi sommes sortis de temps en temps avec certains de ses copains. Et les français sont un peu dragueurs sur les bords bien qu'ils ne sachent pas forcément bien s'y prendre en général. Du coup la proximité d'Emmet m'a évité quelques problèmes. Je n'avais qu'à lui lancer un regard pour qu'il vienne à ma rescousse. Il me prenait dans ses bras et aussitôt, le mec s'évaporait. »

Je ris à nouveau à ce souvenir.

« tu t'es souvent fait draguer ? »

« non. Je ne suis pas le genre de fille qui attire les garçons. »

« tu plaisantes ? »

« absolument pas. D'ailleurs il semble que les mecs aient besoin d'avoir quelques verres dans le nez avant de s'intéresser à moi parce que les seuls fois où je me suis fait draguer, le mec avait trop bu !!! »

« non, là tu te fou de moi. Une fille telle que toi ? je ne te crois pas ! »

« bah en fait c'est la vérité pourtant. Mais que veux tu dire par une fille telle que moi ? »

« eh bien, tu es jolie, même plus que ça et au vu de ce que j'ai pu découvrir il y a juste quelques minutes à la piscine, tu es plutôt bien faite donc…je ne vois pas pourquoi tu n'attires pas les autres garçons. »

« les autres ? »

Il me regarda difficilement. Mais son regard me troubla aussitôt si bien que je baissais les yeux.

« ouais enfin tu vois ce que je veux dire… »

Je ne voyais pas non, mais sous l'intensité de son regard, je ne pu dire quoi que ce soit.

« et toi ? » dis-je cependant après plusieurs minutes de silence

« hum ? »

« qu'est ce qui s'est passé pour toi pendant ces huit dernières années ? »

« eh bien, j'ai failli venir habiter ici au départ. Mais mes parents n'ont pas voulu que je parte de la maison. »

« pourquoi voulais tu venir vivre à Forks ? »

« pour changer d'air. »

« à 12 ans ? tu voulais changer d'air ? »

« euh…bah…ouais »

« ok »

« bref, je suis finalement resté chez moi en Alaska et j'ai continué ma ptite vie. »

« tu joues toujours du piano ? » demandais-je, me souvenant maintenant l'avoir entendu jouer quand nous étions allés chez eux.

« tu t'en souviens ? » me répondit il un sourire aux lèvres

« oui. Ça vient de me revenir en fait. »

« eh bien oui je joue toujours »

« tu dois être super doué maintenant. Déjà que si mes souvenirs sont bons tu n'étais pas mauvais alors avec huit ans d'entraînement supplémentaire… »

« je me débrouille »

« dommage qu'il n'y ait pas de piano ici, j'aurais bien aimé t'écouter »

« bah j'ai quelques enregistrement sur mon Ipod, si tu veux je pourrais te les faire écouter demain ? »

« avec plaisir. »

Nous restâmes silencieux pendant quelques instants à nouveau. Quand je relevais les yeux vers lui, il me fixait tout en semblant être déconnecté des lieux.

« Edward ? »

Aucune réponse. Je me mis à agiter ma main devant lui tout en prononçant son nom une nouvelle fois.

« Edward ? ouhouh, t'es toujours avec moi ? »

« hein ? euh, oui, pardon. »

« t'étais parti loin là ! t'as même pas tilté quand je t'ai parlé la première fois ! »

« ouais j'étais dans mes pensées, excuse moi. »

« pas grave. Tu continues à ma parler de toi ? »

« si tu veux. J'ai obtenu mon diplôme également. Et je suis entré en fac de musicologie. »

« ça te plait ? »

« ouais ! je peux passer la majeur partie de mon temps sur mon piano à composer des nouveaux morceaux donc c'est cool. J'ai eu envie de venir faire un coucou à Alice et les autres pendant ces vacances parce qu'en Alaska, l'été c'est plutôt mortel donc j'ai appelé Carlisle et me voilà »

« tu n'avais rien de prévu pour tes vacances ? »

« comme quoi ? »

« bah je sais pas. Partir avec des potes, ou des copines… »

« non. Je suis assez solitaire dans mon genre donc…à part mon meilleur ami…j'avais personne avec qui passer du temps. Mais il est parti dans sa famille à Miami donc, je suis venu ici. Ça faisait longtemps que je voulais venir faire un ptit coucou à tout le monde et Alice me manquait donc je me suis dit pourquoi pas. »

« Edward, je voulais te dire, je sais que tu m'as assuré ne pas être fâché mais pour ce que j'ai dit sur toi… »

« t'inquiètes, ce que j'ai dit est vrai ! je ne t'en veux pas du tout. Et puis je sais qu'à l'époque j'ai été un peu pot de colle donc je ne peux pas t'en vouloir d'avoir eu cette réaction. »

« t'es sûr ? »

« oui »

« merci »

Je fus rattraper à ce moment là par la fatigue et étouffais un bâillement. Je regardais alors l'horloge du salon et m'aperçu qu'il était déjà quatre heure du matin.

« mince, j'ai pas vu le temps passé. »

« moi non plus. Tu veux allée te coucher ? »

« je crois que ça vaut mieux parce que connaissant Alice, le clairon va raisonner dans la maison de bonne heure. Il vaut mieux que je prenne des forces. »

Il m'adressa un sourire éclatant, qui n'eut d'autre effet que de faire exploser mon cœur.

Nous allâmes ensuite déposer nos tasses respectives dans le lave vaisselle avant de nous diriger vers nos chambres respectives.

Nous nous arrêtâmes sur le pallier. Je le regardais, ne sachant pas comment lui dire bonne nuit. Si Emmet avait été à sa place, la question ne se serait pas posée. Je l'aurais prit dans mes bras, lui aurait déposé un baiser sur la joue avant d'aller dormir mais c'était Edward. Bien que nous venions de passer un agréable moment ensemble, je ne pouvais dire si je pouvais être comme ça avec lui.

« eh bien, bonne nuit, à demain » dis-je finalement pour briser le silence.

Il s'avança vers moi, et c'est lui qui vint déposé un baiser sur ma joue.

« j'ai passé un très bon moment avec toi. »

« moi aussi » fut tout ce que je pu dire à ce moment là, encore troublée par le contact de ses lèvres sur ma joue.

« fait de beaux rêves » me dit il

« je suis sûre qu'ils seront parfaits ».

ça, y a pas le moindre doute puisque je suis sûre que je vais rêver de toi !!! me dis-je intérieurement.

Avant de s'éloigner, il me fixa, vrillant ses yeux dans les miens.

« si tu as le moindre problème, tu cries, et je serai là. »

« pourquoi veux tu que j'ai un problème ? »

« bah il paraît que tu es un aimant à catastrophes, alors… »

« très drôle !!!! »

Je lui frappais l'épaule avec mon poing, ce qui eut pour effet de le chatouiller plus qu'autre chose !

« c'est comme ça que tu traites ton ange gardien ? »

« t'as qu'à pas te moquer de moi !!! »

Il posa sa main sur ma joue. Oh mon dieu, oh mon dieu !!! Pourquoi est ce que j'ai l'impression que mon estomac est plein de papillons et qu'ils viennent tous de s'envoler en même temps ?

« je ne me moque pas de toi, Bella. »

« ok… »

Une nouvelle fois, les mots me manquaient…

« ne bouge pas, je reviens. »

Hein ? mais où il allait comme ça ?

Je le vis revenir quelques instants après. Il me tendit son Ipod.

« tiens, comme ça tu penseras à moi un peu en t'endormant… »

Je lui pris l'Ipod des mains, en sentant mes joues s'enflammer.

« comme si j'avais besoin de ça… »

Pourquoi j'avais dit ça mais pourquoi j'avais dit ça ? Garder tes distances Bella, tu te rappelles ???????? Je sentis mes joues s'empourprer de plus en plus.

« bien…euh…merci, eh bonne nuit…. »

« toi aussi. A tout à l'heure. »

Je tournais les talons, pressée d'aller me planquer sous les couvertures pour cacher ma honte.