Avertissement : G

Spoilers : Les quatre tomes parus.

Disclaimer : Et c'est reparti pour un chapitre. Je ne fais qu'emprunter les magnifiques personnages créés par JKR. Je n'ai aucun droit dessus et ne fait aucune entrée d'argent avec.

Résumé général : En 1975, les Maraudeurs entrent en cinquième année. De nouveaux personnages font leur apparition à Poudlard. Et en particulier Orpheo et Silver Knight, alias Harry Potter et Draco Malfoy qui ont remonté le temps de vingt ans et sont maintenant bloqués dans le passé, condamnés à ne pouvoir souffler mot de ce qu'ils savent.

Résumé du chapitre précédent : Draco se retrouve confronter aux Serpentard et il faut avouer que sans le nom de Malfoy la tâche n'est pas simple.

Rappel des personnages-originaux-évoqués-dans-ce-chapitre-qu'on-a-probablement-oubliés-depuis-la-dernière-fois :

Ethan Torr : professeur de défense contre les forces du Mal.

Aurora Dawn : professeur de duel.

Fennigor Pointcassé : professeur de potions

Irina Norgoth : Gryffondor, 5ème année. Amie de Lily. Les icebergs sont plus chaleureux.

Meredith Adhonores : Gryffondor, 5ème année. Amie de Lily. Les pierres sont plus bavardes qu'elle.

Lynn Amberson : Gryffondor, 5ème année. Amie de Névée, elle s'entend bien avec les Maraudeurs également.

Névée Wight : Gryffondor, 5ème année. Amie de Lynn.

Gontran Weasley : Gryffondor, 6ème année. Préfet. Petit ami de Névée.

Chase Sternwood : Gryffondor, 4ème année. Poursuiveur de l'équipe de Quidditch.

Anna Lola Hunter : Poufsouffle, 5ème année. Grande fan de Sirius.

Mary Sue Destrault : Gryffondor, 7ème année. Préfète en chef.

Will Potter : Serdaigle, 5ème année. Cousin de James.

Thomas Potter : frère aîné de Will. Cousin de James.

Pâris Black : père de Sirius.

Esther Black : mère de Sirius.

Météra Potter : mère de James.

Henry Potter : père de James.

Cassandra : vieille sorcière au service de la famille Potter.

Orpheo Knight : Harry Potter

Silver Knight : Draco Malfoy

Note : Oui, je sais que j'avais annoncé 'les baguettes collées' comme titre pour ce chapitre, mais celui-ci (regardez plus bas) me plaît bien mieux.

Autre note : Vous ne vous êtes jamais demandés pourquoi on ne connaissait pas les éléments magiques des baguettes de James et Lily Potter ?…

Dédicace spéciale : à Lou, ma p'tite beta-reader qui voudrait toujours que Harry explose tout le monde et puisse dire toute la vérité, rien que la vérité… - parce qu'elle a contribué à ce chapitre et se farcit toujours sans (trop) broncher tous mes textes. -

Remerciements : à tous les reviewers bien entendu ! tous vos compliment me font rougir d'embarras mais ça fait sacrément plaisir ! -


Chapitre 8 – Cauchemars et baguettes

" Trois mille sept cent vingt-quatre, trois mille sept cent vingt-cinq, trois mille sept cent vingt-six ! Arg ! J'en ai assez… " s'exaspéra James en rejetant sa couverture.

A cause d'un cauchemar, James s'était réveillé en sueur et depuis il essayait de se rendormir, mais en vain : il n'arrivait plus à trouver le sommeil. Ce qui le dérangeait le plus, c'est qu'il ne se souvenait plus de son songe. Cassandra lui avait toujours dit que les rêves des sorciers n'étaient pas seulement des rêves, mais qu'ils pouvaient également être des prémonitions. Sous la tutelle de la vieille sorcière, James avait donc appris à se souvenir de ses rêves et à les comprendre. Mais que celui-ci lui échappe ne lui plaisait guère. C'était mauvais signe.

Il écouta les bruits de la chambre et, comme à l'accoutumée, il perçut les paroles inintelligibles de Sirius qui troublait le silence. Mais James nota également que le sommeil d'Orpheo semblait très agité… encore plus qu'à l'ordinaire. Habituellement, l'adolescent se tournait et se retournait dans son lit, comme s'il se débattait ou tentait d'échapper à l'étreinte de quelqu'un. Mais ce soir, Orpheo parlait lui aussi en dormant et ce n'était pas des mots. Non, c'était des plaintes et des cris.

Fatigué de compter les moutons sauter par-dessus une stupide barrière, James décida de gagner la salle commune et d'attendre le sommeil en lisant un livre. Il traversa la chambre sur la pointe des pieds et prit bien garde à ne pas faire grincer les gonds de la porte quand il l'ouvrit. Lentement, il descendit les escaliers. Il était tellement persuadé d'être seul dans la pièce qu'il manqua de sursauter de surprise quand il vit une ombre bouger devant la cheminée.

Face à un feu ronflant, repliée sur elle-même, Lily semblait perdue dans le grand fauteuil rouge. La première idée qui passa par la tête de James fut de taquiner la jeune fille. Mais, quand Lily, alertée par le léger bruit de frottement des vêtements, tourna vers lui ses yeux verts plein de désarroi, toute la mesquinerie de James s'évanouit aussitôt. Leurs regards s'accrochèrent et la lutte s'engagea. C'était là leur jeu habituel : celui qui obligeait l'autre à détourner le regard gagnait. C'est elle qui céda la première. Lassée de ce duel stupide et stérile, elle reporta silencieusement son regard sur les flammes dansantes. James ne put s'empêcher de se sentir déçu par le manque de combativité de son éternelle rivale.

Ils restèrent plusieurs minutes silencieux, côte à côte, s'ignorant totalement, chacun absorbé par sa propre rêverie.

Il fut le premier à rompre le silence. " Qu'est-ce que tu fais là ? " lui demanda-t-il.

" Je… " Elle parut hésiter, elle se demandait probablement, si elle pouvait lui faire confiance. Elle se mordit les lèvres et se recroquevilla un peu plus. " J'ai peur… " avoua-t-elle d'une petite voix.

James eut un mouvement de recul étonné. Lily enfouit son visage dans ses mains.

" Oui, j'ai très peur… " sanglota-t-elle.

Face aux larmes de la jeune fille, James était désemparé, il ne savait absolument pas quoi faire. C'était Sirius qui avait toujours le bon geste. C'était Remus qui avait le bon mot. Mais lui, il ne savait pas y faire avec les larmes. Il approcha craintivement la main de l'épaule de Lily, mais n'osa pas aller jusqu'au bout de son mouvement.

" Ne pleure pas Lily. " murmura-t-il. " Faut pas pleurer, s'il te plaît. Sèche tes larmes. "

Elle releva la tête et se dépêcha de s'essuyer les yeux d'un revers de main, avec orgueil.

" Voilà, tu pourras dire à tout le monde que Lily-la-Tigresse du Club des Mortes Vivantes pleurniche comme une gamine parce qu'elle a fait un cauchemar. " dit-elle d'une voix cassante.

" Jamais je ne ferais ça ! " s'écria James indigné.

Certes, Lily lui était antipathique. Certes, ils ne s'entendaient pas et leurs deux bandes d'amis se livraient une rivalité à couteaux tirés. Mais James ne se considérait pas comme quelqu'un de mesquin, il avait même plutôt l'idée qu'il était, si ce n'est noble, au moins droit. James avait des principes. Même avec les Serpentard, même avec Rogue et toute sa clique, il ne s'abaisserait pas à un comportement aussi vile. Pour la première fois, Lily Evans l'avait véritablement blessé.

" Vraiment ? " demanda-t-elle d'une petite voix, une lueur d'espoir dans les yeux.

Il sourit pour la rassurer. " Promis. "

Et elle lui rendit son sourire. Et étrangement, James sentit son cœur bondir un peu plus fort qu'à l'accoutumée. Il en fut étonné. Qu'est-ce qui lui arrivait ? Il toussa pour se donner une contenance.

" Hum… Alors ? Dis-moi de quoi as-tu peur ? "

Le sourire de Lily disparut aussitôt et son regard s'assombrit.

" Voldemort. "

James frissonna. Le timbre de la voix de Lily était lugubre.

" Je rêve de destruction et de mort… de ma mort… Je rêve que Voldemort me tue. " La voix de Lily trembla. James se mordit la lèvre et sentit son cœur se serrer. Craintivement, il osa poser sa main sur l'épaule de la jeune fille. Elle eut un sursaut de surprise et James retira immédiatement sa main.

" Pardon… je… " bafouilla-t-il, rouge de confusion.

" Non… Tu n'as rien fait de mal… je… " Elle ne termina pas sa phrase mais ses yeux en dirent plus long.

A nouveau, leurs regards s'accrochèrent, mais cette fois-ci, il n'y avait plus aucune hostilité. Les yeux de Lily n'envoyaient plus d'Avada Kedavra, ils avaient perdu la dureté du jade, ils étaient… James déglutit difficilement, il ne savait pas pourquoi sa gorge s'était soudainement autant rétractée. Un léger sourire arrondit la courbe des lèvres de la jeune fille et…

Et il y eut un cri qui perça le silence.

Il fallut quelques secondes à James pour le comprendre. Son cerveau refusait de procéder, d'intégrer cette nouvelle information. Le second cri fut comme un véritable électrochoc. James et Lily se levèrent en même temps.

" Ca vient de ta chambre. " fit Lily, la voix troublée par l'angoisse.

Au troisième cri, James avait tout remis dans le bon sens. " C'est Orpheo ! " s'écria-t-il paniqué.

C'est alors qu'ils virent Peter dévaler les escaliers ventre à terre. Le Maraudeur passa devant eux sans les voir, il ne sembla même pas entendre James l'appeler. Il traversa la salle commune, bouscula la grosse dame qui protesta bruyamment, mais Peter n'y prêta pas la moindre attention.

James et Lily échangèrent un regard et, en même temps et sans un mot, se précipitèrent vers les escaliers. Ils gravirent les marches quatre à quatre et quand ils arrivèrent devant la porte des cinquième-année, ce fut pour y découvrir un début d'attroupement. James joua des coudes pour gagner sa chambre. Il y trouva un Sirius et un Remus désemparés, regardant impuissants, un Orpheo qui se tordait de douleur dans son lit.

" Qu'est-ce qu'il se passe ? " demanda James.

" On sait pas. " répondit Sirius d'une voix blanche. " Il s'est mis à crier… et… il se tord de douleur…il… " Sirius n'arrivait pas à trouver ses mots, il bafouillait.

Lily qui avait suivi James, s'approcha du lit et écarta les rideaux.

" Peter est parti chercher Pomfresh. " intervint Remus, la voix hachée par la panique.

Lily se pencha vers Orpheo, elle évita de justesse un coup de poing. Orpheo se débattait avec force contre un ennemi invisible… contre la douleur qui semblait lui brûler le corps.

" Venez m'aider à le tenir, il va finir par se faire mal. " ordonna-t-elle. Les trois garçons eurent un moment d'hésitation.

" Maintenant ! " dit-elle plus fermement.

Aucun des trois n'osa aller contre la volonté de Lily. Mécaniquement, ils s'avancèrent et attrapèrent chacun un membre d'Orpheo.

" On dirait que c'est à la tête qu'il a mal. " fit Remus.

Lily qui tenait aussi fermement que possible le bras gauche du Gryffondor, se pencha vers son front et poussa quelques mèches.

" Oh ! " fit-elle surprise.

" Quoi ? " demanda Remus qui luttait pour maintenir la jambe droite.

" Il a une cicatrice ! " Elle la toucha du bout des doigts. " Mais elle est brûlante. " s'exclama-t-elle étonnée.

" Vous avez besoin d'aide ? " demanda une voix. C'était Gontran. Lily se retourna. Il y avait maintenant tous les Gryffondor attroupés devant l'entrée, mais aucun ne semblait décidé à en franchir le seuil.

" Qu'est-ce qu'il y a ? " demanda Irina qui émergea de la foule, suivie de Meredith, mais cette dernière émit un cri d'horreur et fit un pas en arrière.

" Meredith ? " fit Lily étonnée.

" Pomfresh ne sera pas suffisante ! Faut prévenir au-dessus. McGonagall ou Dumbledore. " dit-elle en reculant, le visage déformé par la terreur.

Tout le monde la regarda avec appréhension, ils commençaient à se demander si le mal était contagieux.

" Que se passe-t-il ici ? " intervint Mary Sue avec sa voix haut perchée. " C'est encore vous quatre… "

" Ce n'est pas le moment Destrault ! " coupa Gontran avec animosité.

Mary Sue prit un air outré. " Weasley ! Comment… "

" Que tout le monde recule ! " reprit le préfet sans tenir compte de la réaction de la préfète-en-chef. " Y a rien à voir ! Mary Sue occupe-toi de ramener McGonagall ou, mieux, Dumbledore. " ordonna Gontran.

Mary Sue resta quelques secondes indécise, apparemment peu ravie de se faire commander par un simple préfet, mais Gontran lui jeta un regard noir.

" Ce n'est pas le moment ! Bouge toi ! "

Et comme pour donner plus de poids aux propos du préfet, Orpheo poussa un nouveau hurlement de douleur. Mary Sue disparut en courant.

Puis, Gontran, qui avait maintenant pris les choses en main, se tourna vers les Maraudeurs qui tenaient toujours aussi fermement qu'ils pouvaient Orpheo. Mais la tâche était loin d'être aisée, l'agitation d'Orpheo ne cessait d'augmenter, il se débattait avec une force dont James n'aurait jamais pu le croire capable et hurlait à s'en déchirer les cordes vocales.

" Ca va, vous ? " demanda Gontran avec inquiétude.

" Nous, oui, mais lui ça ne va pas du tout ! " répondit Remus entre ses dents. " Je ne sais pas combien de temps il va pouvoir tenir à ce rythme. "

" Poussez-vous ! " ordonna une voix que tout le monde accueillit avec soulagement. Pomfresh fendit avec autorité l'attroupement d'élèves (Peter en profita pour rejoindre ses amis). Quand elle découvrit ce qu'il en était, elle marqua un temps d'arrêt, mais elle se reprit presque aussitôt. Elle s'approcha du lit et obligea Lily à lui laisser sa place. Au même moment, McGonagall et Dumbledore firent également leur entrée dans la chambre.

" Miss Destrault, seriez-vous assez aimable s'il vous plaît d'aller chercher Mr Knight. " dit d'une voix tranquille Dumbledore après avoir pris connaissance de l'état d'Orpheo.

" Mais… " bafouilla Mary Sue, qui ne comprenait visiblement pas le sens de cet ordre. Pour elle, Knight était déjà là, il était même la raison de tout ce désordre gênant.

" Je veux dire Mr Silver Knight. Il est en cinquième année à Serpentard. " précisa avec indulgence Dumbledore.

Mary Sue rougit de honte. " Oui, Mr le directeur. " fit-elle docilement et elle quitta précipitamment la chambre.

Le directeur s'approcha du lit du souffrant. Madame Pomfresh lui laissa la place à la tête d'Orpheo. Dumbledore scruta pendant quelques secondes le visage de l'adolescent puis posa la main sur le front de ce dernier. Il la retira aussitôt. Il tourna la tête et rencontra le regard de Pomfresh, ils restèrent longtemps à se fixer l'un l'autre, une expression indéchiffrable sur le visage. James aurait juré que les deux adultes étaient en train de converser silencieusement.

" Il est comme ça depuis combien de temps, maintenant ? " demanda Dumbledore, rompant enfin le silence pesant. Silence relatif d'ailleurs, puisque Orpheo continuait de crier.

Les garçons s'interrogèrent du regard. " Cinq ou dix minutes. " répondit Remus incertain. Ils avaient pensé à autre chose que chronométrer la crise d'Orpheo.

Dumbledore hocha la tête. " C'est trop de temps. Je crains des complications. "

Comme pour donner raison aux craintes de Dumbledore, Orpheo, qui avait semblé se calmer quelque peu, eut un sursaut, puis fut agités de spasmes. Pomfresh se précipita et sortit du sac qu'elle avait apporté une flasque.

" Faites-lui boire ça, vite. Il ne faut pas qu'il convulse. "

La potion eut un effet calmant immédiat.

" Il souffre encore ! " dit plaintivement Lily qui se rongeait les ongles d'angoisse.

" Oui, Miss Evans. Veuillez reculer maintenant. " demanda gentiment le professeur Dumbledore. Lily fit quelques pas en arrière. Elle rejoignit en retrait les Maraudeurs et, instinctivement, attrapa la main de James. Le garçon sursauta mais ne retira pas sa main. Il risqua un regard vers Lily, elle ne semblait même pas s'être aperçue de ce qu'elle avait fait, toute son attention était dirigée vers Orpheo. James tourna la tête en tout sens et tomba sur Remus qui lui fit un clin d'œil amusé. James lui répondit par une grimace puis il retourna ses pensées vers Lily et plus précisément sa main qui était dans la sienne.

" Poussez-vous ! " fit autoritairement Mary Sue. Elle était accompagnée de Silver Knight qui ne semblait pas réveillé. Il était en pyjama, emmitouflé dans sa cape, les yeux à moitié fermés.

Il fut introduit dans la chambre. Quand il vit la situation, il eut un temps d'arrêt.

" Ohoh ! " se contenta-t-il de dire.

" C'est tout ce que tu trouves à dire ? " s'énerva Sirius. " Ton cousin est dans… "

" Hep ! Je traite les membres de ma famille comme je veux ! Et puis il n'y a rien à faire ! Juste à attendre qu'il se calme ! Il finit toujours par se calmer. " Silver Knight se laissa tomber sur le lit le plus proche et secoua la tête. " Quand je pense qu'on m'a tiré de mon lit rien que pour une crise de monsieur-je-suis-le-centre-du-monde ! " grimaça-t-il.

SPALSH !

Lily venait d'administrer une gifle magistrale à Knight.

" Comment. Oses. Tu ? " Elle étouffait de fureur. Ses yeux lançaient des Avada Kedavra. Une main sur la joue, Knight la dévisageait avec colère.

" Tu n'es qu'une horrible personne ! " reprit-elle. " Je n'arrive pas à croire qu'Orpheo et toi soyez de la même famille ! "

Une grimace de douleur déforma le visage de Knight alors qu'il portait sa main à son poignet et le serrait convulsivement.

" Tu as vraiment intérêt à la fermer. Parce que je te jure Evans… " menaça Knight entre ses dents.

" Mr Knight ! Je vous prie de vous taire ! " ordonna Dumbledore avec un sérieux inhabituel. " Etes-vous certain qu'il va se calmer ? "

" Oui ! " répondit Knight de mauvais gré.

" Mais est-ce aussi long d'habitude ? " insista Dumbledore.

Knight haussa les épaules. " D'après ce que je sais, c'est à dire pas grand chose, non. Mais les données sont différentes… ici. " maugréa-t-il.

" Différentes en quoi ? " s'emporta Lily qui tenait toujours fermement la main de James.

" Tu ne veux pas savoir ! " répondit laconiquement Knight en se laissant tomber sur le lit. " Tenez, vous voyez, il s'est calmé ! " ajouta-t-il en faisant un signe de tête vers Orpheo, qui effectivement semblait s'apaiser. " Dire que vous ne m'avez réveillé que parce que le magnifique garçon qui a survécu a un cauchemar. Vous en verrez d'autre ! " Knight poussa un cri de douleur et serra son poignet. " Ca m'a fait mal ! " dit-il en grimaçant un sourire. " Mais d'un autre côté, ça fait quand même du bien. " Une lueur démente s'alluma dans ses yeux et il défia ouvertement du regard Dumbledore qui ne broncha pas. James ne savait pas ce qui était en jeu, mais il sentait qu'il y avait quelque chose d'important qui leur était caché.

" Mr Knight ! Vous vous égarez ! " dit tranquillement Dumbledore qui bordait Orpheo.

" Ca pour être égaré, je suis égaré ! Indiquez-moi la sortie je vous prie ! " grinça Knight.

James vit Dumbledore changer d'expression, le vieux sorcier semblait près de la colère.

" Mr Knight ! " prévint le vieux sorcier.

" Oui oui, je me tais, je sais ! D'ailleurs, je sens que ce discours va sacrément me marquer. Pas la peine d'en rajouter. " répondit avec irrespect Knight. James n'en revenait pas qu'un élève ose se comporter de cette manière avec le directeur. Il n'était pas le seul, tous ceux qui avaient entendu la conversation regardaient alternativement le jeune et le vieux sorcier.

" Il a besoin de repos, Albus. " fit Pomfresh en baissant la voix. " Je lui ai donné de quoi dormir, j'espère que ça suffira. "

" Merci Pompom. "

" Il vaut mieux qu'il passe la fin de la nuit seul, mais je ne pense pas que le déplacer soit une bonne chose. " continua Pomfresh qui passait un linge humide sur le front de l'adolescent.

" Je sais qu'il ne reste plus beaucoup de temps avant l'heure de se lever, mais les élèves ont encore besoin de dormir. " intervint McGongall qui était restée muette jusque là.

" Mais où va-t-on dormir ? " risqua Peter.

" Ils peuvent venir notre chambre. " proposa immédiatement Lily.

Tous les regards se tournèrent vers la jeune fille, mais elle ne semblait pas y faire attention, elle fixait le professeur de Métamorphoses. McGonagall posa un regard suspicieux sur la main de Lily dans celle de James. Ce fut seulement à cet instant que Lily prit conscience du geste qu'elle avait fait et retira vivement sa main.

" Miss Evans, votre proposition est très généreuse. " reprit McGonagall. " Mais nous ne pouvons pas permettre que des garçons et des filles dorment dans la même pièce. Ne vous inquiétez pas, il y a des chambres où loger tout le monde. "

" Minerva, ça ne gênera personne que les garçons partagent la chambre des filles. La nuit a été très éprouvante pour eux. Ils se sont montrés très solidaires dans cette épreuve, autant ne pas laisser perdre cette entente. A moins que quelqu'un ne s'y oppose, bien évidemment ? "

Dumbledore scruta l'assemblée des yeux mais personne ne fit le moindre mouvement.

" Très bien, la question est donc réglée. " conclut Dumbledore.

" Mais Albus… " tenta McGonagall qui ne semblait pas du tout voir la situation sous le même angle.

" Tout se passera bien, Minerva. " coupa gentiment mais néanmoins fermement Dumbledore.

La directrice-adjointe poussa un soupir, mais ne discuta pas les ordres du directeur. Puis, alors que Pomfresh effectuait un dernier examen sous le regard attentif de Dumbledore, McGonagall dispersa ses étudiants, les exhortant à regagner leurs chambres respectives.

Les filles guidèrent les garçons jusqu'à leur chambre, là le professeur Dumbledore réorganisa la disposition des meubles pour laisser aux nouveaux occupants suffisamment de place pour s'étendre, puis fit apparaître des sacs de couchage.

" Tâchez de dormir. Demain matin vous n'avez pas immédiatement cours, si je ne m'abuse ? " demanda le vieux sorcier sur un ton paternel.

" Non, monsieur. " répondit poliment Lynn.

" Tant mieux. Dormez maintenant. " Et il ferma la porte.

Ce fut le réveil de Névée qui tira toute la chambre du sommeil. Les garçons furent, plus ou moins gentiment, priés de quitter les lieux pour permettre aux filles de s'habiller. Ils trouvèrent refuge dans la chambre des sixième-année, où des tenues propres les y attendaient (déposées par Dumbledore).

" C'est incroyable ! On dirait vraiment qu'il pense à tout. " s'enthousiasma Peter en se préparant.

Les sixième-années essayèrent bien de tirer quelques détails de la nuit passée dans la chambre des filles mais aucun des Maraudeurs n'avait la moindre chose à raconter.

" Nous nous sommes tous endormis, immédiatement. " répéta Sirius avec impatience.

" Rien d'étonnant à ça ! " se moqua Gontran. " Tu t'endors partout. "

Tout le monde éclata de rire, excepté Sirius qui boudait faussement.

" Non, mais c'est vrai. Il ne s'est rien passé. Nous nous sommes véritablement tous endormis. " reprit Remus avec sérieux. Les sixième-année poussèrent un soupir de désespoir.

" Il n'y a vraiment rien à tirer de ces cinquième-année ! " bougonna Dave Goujon, le meilleur ami de Gontran.

James s'était habillé en silence, ce qui était assez peu habituel, comme le fit remarquer Peter. James mis en cause le manque de sommeil et personne n'alla chercher plus loin. Ce qui n'était pas faux, puisqu'il n'avait pas réussi à s'endormir avant le lever du soleil. Il avait tourné et retourné dans son sac de couchage, nerveux comme il ne l'avait jamais été. Il avait également entendu Lily chercher vainement le sommeil. Mais ni l'un ni l'autre ne s'étaient adressés la parole et ils avaient fait semblant de s'ignorer.

Une bonne partie des Gryffondor se rendit en masse compacte et solidaire dans la Grande Salle. Tout au long des couloirs, ils furent accompagnés de chuchotements et de regards des élèves des autres Maisons.

" Dis donc les rumeurs se répandent vite ! " souffla Remus à l'oreille de James, alors qu'il observait du coin de l'œil un petit groupe de Serdaigle chuchoter sur leur passage.

Les Maraudeurs étaient à peine attablés que Will arriva. Il avait le visage soucieux, il s'assit à côté de James sur le banc, poussant un peu Peter. James le dévisagea étonné.

" Il y a des bruits qui courent, comme quoi il y aurait eu un problème cette nuit... avec Knight… Je voulais savoir si ça allait. "

James fronça les sourcils. " Comment t'es au courant ? "

Will haussa les épaules. " Tu sais bien que tout se sait, ici. Seulement, je n'ai pas les mêmes échos. "

" T'en fais pas ! Orpheo a eu une nuit agitée, c'est tout. " minimisa James en mordant dans une tranche de pain.

Will fronça les sourcils. " D'après ce que je sais, c'est plus qu'agitée ! "

Les Maraudeurs se regardèrent, s'interrogeant du regard. Will semblait véritablement inquiet. James poussa un soupir.

" Nous ne savons pas ce qu'il a eu. " expliqua finalement Remus. " Mais ce n'est probablement rien. "

" Ce n'est pas rien. " intervint abruptement Meredith.

Tout le monde se tourna vers elle. Elle resta impassible.

" Qu'est-ce que tu veux dire ? " demanda Lily soudain devenue étrangement blanche. Meredith planta ses yeux dans ceux de Lily, comme si elle tentait de lui dire quelque chose. Lily déglutit difficilement. James ne cessait d'aller du regard d'une fille à l'autre, il ne comprenait rien de ce qui se passait. Et il n'était pas le seul, les autres Maraudeurs étaient visiblement aussi perdus. Soudain, Meredith leva les yeux vers le plafond, tout le monde l'imita : le courrier arrivait.

" Nous le saurons bien assez tôt. " répondit-elle énigmatiquement.

Un hibou aux ailes ambre laissa tomber sur les genoux de Sirius une enveloppe.

" C'est ma mère. " dit-il en déchirant l'enveloppe. Il parcourut rapidement du regard ce qui y était écrit et résuma pour James (les deux garçons avaient l'habitude de se résumer leurs lettres depuis toujours). " Elle dit que tout est calme à la maison. Mon père n'est jamais là, toujours en mission. Elle avance dans son projet de jeu, elle a décidé de le baptiser 'Illusion' et elle nous enverra bientôt un prototype pour l'essayer. " Mais James n'écoutait déjà plus, il venait de voir Remus blanchir dangereusement alors qu'il lisait le journal qu'un hibou venait de lui déposer.

" Remus ? Quelque chose qui ne va pas ? " s'inquiéta James.

Remus releva la tête mais resta silencieux. Puis il rebaissa la tête, pour se replonger dans lecture. A côté de lui, Névée intriguée se pencha sur son épaule.

" Nom d'une canine de vampire. " s'écria-t-elle en portant ses mains à sa bouche. Soudain, de toutes parts dans la Grande Salle des cris retentirent. On commença à demander des journaux à tour de bras et des sanglots s'ensuivirent.

" Remus ! " ordonna James.

" Cette nuit, à 2h39. Les Mangemorts, conduits par le Mage Noir dont personne n'ose plus prononcer le nom, ont attaqué l'annexe du ministère à Edimbourg, dans laquelle on donnait une réception mondaine. L'édifice a été totalement rasé, on ne compte aucun survivant. " lut-il d'une voix caverneuse. " Les pertes s'élèvent à 78 victimes et à plusieurs millions de Gallions. " acheva-t-il d'une voix blanche.

Chase Sternwood prit la parole en tremblant de la tête aux pieds. " Au-aucun survivant ? " ânonna-t-il.

Remus leva les yeux vers lui et secoua la tête. " Aucun. Ils sont tous morts. " répéta-t-il d'une voix sourde.

Le regard de Chase se fixa. Il fut pris de tremblements encore plus violents. " Aucun survivant ? Alors, mon père et ma mère sont morts ? Ils sont vraiment morts ? "

Une jeune fille de quatrième année passa son bras autour de ses épaules, mais il ne sembla même pas le remarquer. James se sentait mal. Il se leva abruptement. Tout le monde sursauta.

" Je… j'ai pas faim. " dit-il.

" Attends-moi, j'arrive. " fit Sirius en laissant tomber sa serviette. " Vous faites quoi vous autres ? " dit-il en se tournant vers Remus et Peter.

Si les garçons tournèrent la tête vers lui, leurs regards hagards trahirent leur incompréhension totale.

" Nous allons à la bibliothèque. " fit James. " Vous nous rejoindrez plus tard. "

Remus hocha mécaniquement la tête et se replongea dans la lecture du journal, à voix haute comme il lui était demandé.

Ils étaient dans le couloir quand Sirius attrapa James par la manche.

" Pourquoi la bibliothèque ? " demanda Sirius.

" Je veux vérifier quelque chose. " répondit brusquement James. Il n'avait pas envie de discuter.

" Quoi ? " insista Sirius.

James poussa un soupir. Il savait que son idée était stupide, sa raison le lui dictait. Mais pour l'instant la raison était au rebut, seul son instinct gouvernait. James jaugea Sirius du regard : il était encore sous le choc de la nouvelle, mais il était calme, bien plus calme que le reste des élèves. Sirius n'était-il pas le fils de Pâris, après tout ?

" La crise d'Orpheo, elle est survenue exactement à la même heure que l'attaque. " expliqua James.

Sirius cligna des yeux. " Quoi ? " ne trouva-t-il qu'à répondre.

" Oui… Je suis persuadé qu'il y a un rapport. "

" Mais quel rapport voudrais-tu qu'il y ait ? " Sirius commençait à s'énerver.

" Mon instinct me le dit, Sirius. " répondit fermement James.

" Alors si ton instinct te le dit… " ironisa Sirius.

" Tu n'es ni obligé de me croire, ni de m'aider. Mais moi, je vais voir à la bibliothèque si je ne peux pas trouver quelque chose sur le sujet. "

" Mais à quoi tu vas regarder, James ? " s'énerva Sirius.

James comprit qu'il ne parviendrait pas à convaincre son ami et préféra abandonner la bataille. Il tourna les talons. Mais Sirius ne semblait pas l'entendre de cette façon et il rattrapa James par le bras.

" James ? " La colère avait disparu de la voix de Sirius, il y avait maintenant de l'inquiétude.

" Sirius. 78 morts ! 78 morts ! " James ne pouvait penser à rien d'autre. " Tu te rends compte ? Et sans parler de tous ceux qui sont déjà morts ! Jusqu'à combien ça va aller ? Si on peut empêcher le massacre de continuer, je suis prêt à tout. A suivre n'importe quelle piste, même la plus infime et absurde. Et si Orpheo détient un secret, je le percerai. A ton avis Sirius, ce sera qui la prochaine fois ? Ton père ? Ma mère ? Mon oncle ? "

James et Sirius ne s'étaient jamais disputés. Il n'y avait jamais eu la moindre agressivité entre eux. Mais il n'y avait encore jamais eu 78 morts en une soirée. Sirius regarda longuement James dans les yeux.

" James… "

" Il y avait des amis de mes parents, il y avait des amis de Thomas… " dit plaintivement James. L'adolescent se mordit l'intérieur des joues pour se forcer à ravaler les larmes qu'il sentait venir.

Il y eut un long silence, puis Sirius hocha la tête. " Très bien, nous allons chercher. " décida-t-il, un faible sourire sur les lèvres.

" SIIIIIIIRRRRRIIIIIIIIIUUUUUUUUUSSSSSS. "

" Oh non ! Ce n'est vraiment pas le moment. " se plaignit Sirius en se frappant le front contre le mur. Mais il ne put rien faire quand la jeune fille se jeta comme à l'accoutumée à son cou.

" Ecoute Anna Lola, ce n'est vraiment pas le moment ! " tenta Sirius en portant ses mains à son cou pour tenter de desserrer l'étreinte de la jeune fille. Boudeuse, Anna Lola se laissa glisser et planta ses yeux dans ceux de Sirius.

" Il paraît que tu as dormi dans la chambre d'Amberson cette nuit. "

" Ecoute Anna Lola… " commença maladroitement Sirius.

" Je suis sûre que cette menthe religieuse en a profité pour se blottir contre toi… Si jamais… "

Mais Sirius coupa la jeune fille. " Anna Lola, il ne s'est rien passé… et il faut que j'y aille, j'ai à faire. " et il fit un pas en avant pour signifier son impatience. Mais il croisa à nouveau le regard d'Anna Lola et Sirius stoppa net : il était noyé de larmes.

" Anna Lola ? " fit Sirius qui soudainement fut pris d'inquiétude. Mais Anna Lola tourna les talons et s'enfuit en courant.

" Je croyais que c'était mal de faire pleurer une fille, Sirius ? " se moqua James.

Sirius se gratta la tête embêté.

" Tu crois que j'ai dit quelque chose de mal ? "

" Nooon ! Juste une parmi tant d'autres. Mais nous n'avons pas de temps à perdre, Casanova ! Je te rappelle que nous avons une recherche à faire à la bibliothèque. " James attrapa Sirius par la manche et entraîna dans son sillage son ami toujours perplexe.

(" Eh, c'est qui Casanova au fait James ? ")

Juste avant d'arriver à la bibliothèque, à l'embranchement de deux couloirs, James et Sirius rencontrèrent le professeur Torr. Le jeune professeur était souffrant à n'en pas douter. Il était appuyé contre le mur, la respiration haletante et le visage blême.

" Professeur ? Vous ne vous sentez pas bien ? " s'inquiéta James.

Le professeur eut un sursaut de surprise en entendant la voix de son élève.

" Oh ! Mr Potter. Non, en effet, je ne suis pas très bien, mais je ne crois pas être le seul. " répondit-il avec un triste sourire.

James comprit qu'il faisait allusion aux élèves qui venaient de découvrir que des êtres qui leur étaient chers étaient morts. Peut-être que le professeur Torr avait également perdu quelqu'un cette nuit ?

" Vous devriez voir madame Pomfresh. " proposa James.

Torr secoua la tête. " Elle a déjà bien assez de soucis comme ça, pour ne pas aller l'embêter davantage. Et puis ça passera. " Il se redressa et remit en ordre ses vêtements. " Ca passe toujours. " ajouta-t-il en murmurant, probablement plus pour lui-même que pour James et Sirius. Et il s'en alla.

" Ce prof est définitivement pas commun ! " affirma Sirius.

" Si un jour tu trouves un professeur de Défense contre les Forces du Mal normal à Poudlard, c'est qu'il y a véritablement un problème ! " trancha James.

Sirius acquiesça de la tête.

Quand ils poussèrent les portes de la bibliothèque, ce fut pour découvrir que la pièce était pratiquement vide.

" Il faudrait être un sacré acharné des cours pour se rendre à la bibliothèque à peine sorti du lit. " fit remarquer Sirius.

La bibliothécaire jeta un regard soupçonneux aux deux Maraudeurs et d'un geste de la main, elle les prévint qu'elle les tenait à l'œil. James soupira : c'était parfois assez désavantageux d'être un Maraudeur. Les deux adolescents se dirigèrent vers une table vide et un peu en retrait où ils seraient certains de ne pas être dérangés si la bibliothèque venait à se remplir.

" Qu'est-ce qu'on cherche ? " demanda Sirius en se laissant tomber sur la chaise.

James fronça les sourcils. Il avait réfléchi à la question. C'était bien beau de présupposer qu'il y avait un rapport entre la crise d'Orpheo et l'attaque de la nuit dernière, mais après ? A force de se triturer les méninges, James n'avait entrevu que deux possibilités.

" Toi, tu cherches du côté des rêves prophétiques et moi, du côté des cicatrices. " déclara James.

" Des cicatrices ? " s'étonna Sirius en ouvrant tout grand les yeux.

" Tu ne t'en souviens pas ? Il en a une sur le front. Lily a dit qu'elle était brûlante. "

" C'est vrai ! Et en plus, il portait ses mains à son front. "

" Oui, peut-être que ce n'est pas la tête mais sa cicatrice qui est douloureuse. "

" Un peu, comme les anciennes blessures font souffrir quand le temps change brusquement ? "

" Oui si tu veux. " soupira James, toujours abasourdi de voir de quelle désinvolture était capable son ami.

Puisque chacun connaissait maintenant le rôle qu'il avait à remplir, ils se séparèrent dans les galeries de la bibliothèque.

Deux livres sous le bras, James déambulait dans les rayonnages, lorsqu'il entendit des éclats de voix. Il reconnut immédiatement celles de Sirius et de Rogue. James retint un juron et se dépêcha de rejoindre Sirius. Si le ton continuait de monter… Pourquoi si ? Quand le ton monterait, car le ton monterait inévitablement avec ces deux là, la bibliothécaire rappliquerait immédiatement et les mettrait à coup sûr à la porte de sa bibliothèque pour un bon mois. Et il ne voulait pas attendre aussi longtemps.

Quand il rejoignit les deux rivaux, ce fut pour les trouver occupés à se toiser avec défi. James poussa un soupir de soulagement intérieur : il n'arrivait pas trop tard. Ils tournèrent tous deux la tête vers lui. Rogue prit un air méprisant (il était très doué pour ça).

" Tiens ! Y a même Potter dans le coin ! Décidément une révolution se prépare ! " grinça-t-il.

James lança un regard mauvais à Rogue et se tourna vers Sirius. " Qu'est-ce qu'il se passe ? "

" Tu as besoin de quelqu'un, Black ? " ricana Rogue.

Sirius serra les poings de colère. " Peuh ! Tu parles ! Je t'étale d'un coup de poing quand je veux. "

Rogue serra les mâchoires de rage. Il était vrai que, physiquement, Sirius n'avait rien à craindre d'une bataille aux poings. Le Gryffondor était peut-être un peu plus petit mais, néanmoins, bien plus costaud que le Serpentard. Rogue n'aurait pas eu l'ombre d'une chance. Il ne fallait jamais sous-estimer la force d'un batteur de Quidditch et Rogue devait le savoir pertinemment. Quant à une joute verbale, il n'était pas dit non plus que Rogue serait vainqueur. Et la magie valait mieux éviter dans la bibliothèque.

Rogue poussa un grognement et tourna les talons sans ajouter un mot. Il acceptait la défaite pour cette fois, mais James savait qu'il valait mieux toujours se tenir sur ses gardes avec les Serpentard : ils revenaient toujours se venger. Ils étaient très patients, ils pouvaient attendre longtemps avant de répliquer. Mais quand ils passaient à l'attaque, ils tapaient toujours là où c'était le plus douloureux.

" Qu'est-ce qu'il s'est passé ? " demanda James une fois que Rogue se fut éloigné.

Sirius haussa les épaules pour signifier que ce n'était rien d'important. " Il voulait le même livre que moi et il a commencé à m'insulter. "

" Bon, je repars en quête de bouquins. " et James se dirigea vers le rayonnage qui l'intéressait.

Le nez en l'air, James avançait comme un crabe, cherchant un livre capable de répondre à ses questions. Lorsqu'il arriva au bout de la rangée, il poussa un soupir. Pour le moment, il n'avait trouvé que trois livres susceptibles de convenir, c'était peu. Il fit donc un quart de tours pour retourner à la table, mais c'était compter sans un obstacle de taille. De toute la force de sa détermination, il se cogna contre quelqu'un. Il en tomba à la renverse, lâchant ses livres, perdant son chapeau et sa baguette magique.

" Tu ne peux pas regarder où tu vas ? " gronda Lily Evans – car il s'agissait d'elle (James l'avait reconnue à la voix).

" Je peux te retourner la remarque ! " grogna James en se frottant le front, les yeux clos par la douleur.

Lily releva la tête furieuse, elle se tenait l'oreille.

" Potter ! Evidemment ! " gronda Lily.

James fronça les sourcils, la phrase avait été cinglante, son nom avait presque été craché comme une insulte. " Ca veut dire quoi cette remarque, Evans ? " demanda-t-il en appuyant bien sur le nom de la jeune fille.

" A ton avis ? "

James ne chercha même pas à en savoir davantage, il ramassa ses livres, son chapeau et chercha des yeux sa baguette magique. Lily s'était également relevée, elle avait l'oreille gauche très rouge, et tout comme James elle promenait son regard par terre.

" Tu cherches quoi ? " demanda James d'un ton neutre.

" Ma baguette ! " répondit-elle avec suffisamment de sécheresse pour montrer qu'elle refusait d'entamer une discussion d'aucune sorte avec lui.

" Le premier qui trouve la sienne a gagné. " proposa James sans amusement.

Et les voilà tous les deux à quatre pattes cherchant à retrouver le plus vite possible, du moins avant l'autre, son bien. Ce fut en même temps, qu'ils repérèrent leurs baguettes sous un placard, non loin du lieu du choc. Ils tendirent la main simultanément, se poussant l'un l'autre de l'épaule. James gagna la compétition en saisissant le premier sa baguette, mais parce qu'en fin de compte, il voulait se montrer poli, il attrapa également celle de Lily. Il se releva et tendit la main, invitant la jeune fille à prendre la sienne. Lily la reconnut immédiatement (c'était la plus claire), mais quand elle voulut la tirer pour l'extraire du poing de James, le garçon resserra plus étroitement la main. Lily fronça les sourcils.

" Tu n'as pas dit le mot magique ! " expliqua-t-il d'un ton narquois.

" Merci de me rendre ma baguette ! " grimaça-t-elle.

" Mais je t'en prie. " répondit James avec courtoisie. Elle lui jeta un regard incendiaire. Il ne put s'empêcher de se sentir déçu par l'attitude de la jeune fille, il ne comprenait pas pourquoi elle se montrait de nouveau si désagréable. Après hier soir, il avait cru que les choses iraient mieux, mais apparemment pour elle, ça ne faisait aucune différence. Il soupira et desserra son poing.

Mais quand Lily voulut retirer sa baguette, il fut à nouveau obligé de rétracter son poing.

" Je t'ai dit merci ! " s'impatienta-t-elle.

" Oui, mais là t'es en train de tirer sur ma baguette ! " dit James avec perplexité.

" Mais c'est impossible ! " s'emporta Lily. " Tu vois bien que je tire sur la mienne ! "

" C'est justement ça que je ne comprends pas ! " bredouilla le garçon.

Avec une once d'appréhension, il ouvrit le poing et ne put alors que constater que les deux baguettes étaient collées l'une à l'autre, dans toute leur longueur.

" Qu'est-ce que tu as fais ? " s'écria Lily.

" Mais rien ! " répliqua James.

" Alors pourquoi ma baguette magique est collée à la tienne ? "

" Si je le savais ! " s'énerva James qui tirait dessus de toutes ses forces pour tenter de les décoller, mais c'était peine perdue.

" Je suis sûre que c'est l'un de tes tours ! " gronda Lily en lui arrachant les deux baguettes des mains.

" Et je ferais ça avec ma baguette ? T'es pas un peu frappée ? " s'énerva James. Pour un sorcier, sa baguette était le plus précieux des objets.

Elle essaya également de désolidariser les deux baguettes. Mais en vain !

" Avec toi, on peut s'attendre à tout ! Dire que je commençais à penser que tu avais changé, que tu avais mûris. "

James lança un regard noir à la jeune fille.

" C'est drôle je me disais justement que peut-être tu étais réellement humaine. "

James était en train de se demander si c'était vraiment grave s'il lui mettait son poing dans la figure, quand Remus arriva.

" Ah tu es là James ? " Le Maraudeur jeta d'abord un regard étonné sur Lily. " Ben, qu'est-ce que vous faites tous les deux… ensemble ? "

" Ce n'est pas le moment Remus. On a un problème là ! " fit James agacé.

Remus intrigué s'approcha. " Que se passe-t-il ? "

" Il se passe que ton crétin de copain a collé ma baguette à la sienne. " dit d'une voix cinglante Lily, toujours occupée à tirer sur les deux baguettes.

" Je n'ai rien fait du tout ! " se rebiffa James. " Et si ça se trouve c'est toi la responsable ! "

Remus ignora les deux querelleurs et s'empara des baguettes. Il constata qu'effectivement, elles étaient comme soudées l'une à l'autre et à tel point qu'on avait maintenant l'impression qu'elle se fondait l'une dans l'autre.

Et puis ce fut au tour d'Irina Norgoth d'arriver. Elle commença par rappeler à Lily qu'elles avaient cours de Métamorphoses, lorsque ses yeux tombèrent sur les deux baguettes soudées. Il se produisit alors la chose la plus étonnante qu'il ne fût jamais donnée à James de voir. Irina Norgoth éclata de rire. Un rire franc et amusé. Un vrai rire et même un véritable fou rire, elle en avait les larmes aux yeux. James craignit un instant qu'elle soit devenue folle. En cinq ans, jamais il n'avait vu la jeune fille véritablement sourire (excepté peut-être quand elle s'amusait à rendre fou Pointcassé), alors la voir rire de bon cœur ! Mais il remarqua qu'à côté de lui, Remus avait également du mal à contenir son hilarité.

En tout cas, ce rassemblement attira l'attention de la bibliothécaire qui surgit comme un diable de sa boîte.

" Vous êtes dans une bibliothèque ! Vous ne pouvez pas faire autant de bruit ! "

Et la vieille sorcière s'empara avec mauvaise humeur du sujet du litige. Après l'avoir examiné, elle fit comme tout le monde, elle prit une baguette dans chaque main et tira, mais rien ne se produisit (évidemment).

" C'est de la sorcellerie ! " s'exclama-t-elle après avoir essayé plusieurs fois.

" Ca vous étonne ? " intervint Remus. La bibliothécaire lui jeta un regard noir.

" Comment avez vous fait ? "

" Mais j'ai rien fait ! " s'exclamèrent en même temps James et Lily.

" Ne me mentez pas ! " s'énerva la vieille sorcière.

" Mais je vous jure ! " dirent-ils à nouveau en chœur.

" Si vous persistez dans votre mensonge, je vais devoir en référer au directeur de votre maison. "

" Mais puisque… " tentèrent-ils à nouveau.

" Oh ! Ca suffit maintenant ! Dans quelle Maison êtes vous ? "

" Gryffondor ! " murmura James

" Tous les deux ? "

Lily acquiesça de la tête.

" Bon ! Je vais envoyer un fantôme au professeur McGonagall tout de suite. "

A l'intérieur du collège, pour faciliter la transmission des informations d'un enseignant à un autre, on utilisait des fantômes. Celui de la bibliothèque était une vieille petite sorcière à lunette et au visage morne.

Autour de Lily et James, s'était amassée petit à petit, au fur et à mesure des entrées, toute une foule de curieux. La veille sorcière avait bien essayé de les disperser, mais elle se reformait sans cesse. Sirius et Peter, alertés par Remus avaient immédiatement rappliqué et s'étaient fait rapporter l'histoire. Norgoth ne riait plus mais elle avait gardé au coin de la bouche un petit sourire qui agaçait profondément James. Le professeur McGonagall ne mit pas longtemps à arriver. Elle jeta un regard à ses deux élèves et demanda à la bibliothécaire de tout lui raconter, ce que fit cette dernière. Puis à son tour, le professeur McGonagall saisit les deux baguettes mais, contrairement aux autres, elle ne tira pas dessus. Elle prit sa baguette et tapa dessus en disant finite incantatem. Mais rien ne se produisit. Les deux baguettes étaient toujours fixées l'une à l'autre. Le professeur McGonagall fronça les sourcils et se tourna vers Lily et James.

" Etes-vous certains de n'avoir rien dit ? Aucune formule ? "

Les deux assurèrent que non, très contents que le professeur les croit.

" C'est étrange. " murmura-t-elle. " Elles sont tombées par terre et quand vous les avez ramassées elles étaient comme ça ? "

James hocha la tête de bas en haut mais Lily prit la parole.

" Je ne sais pas si elles étaient comme ça ! C'est Potter qui les a ramassées. Il les a serrées dans son poing et c'est ensuite que je me suis aperçue qu'elles étaient collées. "

McGonagall regarda sévèrement James.

" Potter ? Est-ce encore l'un de vos tours ? " demanda suspicieusement le professeur McGonagall.

" Mais non ! " s'écria James. " Elles étaient côte à côte, je les ai ramassées en même temps, c'est tout. "

James se dit alors que ce n'était décidément pas toujours pratique d'être un Maraudeur.

" Je ne suis absolument pas spécialiste en ce qui concerne les baguettes magiques. " dit avec perplexité le professeur McGonagall. " Je vais les apporter au directeur Dumbledore. "

" Au directeur … ? " s'écria Lily. " Mais comment allons nous faire pour suivre les cours ? "

James n'en revenait pas, leurs baguettes étaient collées, on ne savait ni comment c'était arrivé, ni comment y remédier et Lily pensait aux cours !

Le professeur McGonagall fit apparaître un parchemin et une plume. Elle y inscrivit quelques mots à l'encre violette et le tendit à Lily.

" Vous allez vous rendre au bureau des fournitures, vous montrerez ce papier et on vous donnera deux baguettes d'appoint. " Puis, elle prit les deux baguettes et s'en alla.

Lily lut le papier à haute voix.

" Les baguettes magiques de Lily Evans et de James Potter ont subi des dommages conséquents.

Je vous prie de bien vouloir leur attribuer deux baguettes d'appoint pour le temps que prendra la révision.

Minerva McGonagall, professeur de métamorphose. "

James et Lily se regardèrent un instant en silence.

" Vous savez où se trouve la salle de fournitures ? " demanda la bibliothécaire.

La cloche venait de sonner et les élèves gagnèrent leurs classes respectives. Sirius et Remus regrettèrent de ne pas pouvoir accompagner James et Norgoth fit un geste de la main à Lily (elle avait toujours son petit sourire horripilant en coin).

" Tu peux me dire ce qui la fait sourire comme ça ta copine ? " demanda James avec humeur alors qu'ils parcouraient les couloirs du collège de Poudlard.

" La situation probablement ! De tous les élèves, il fallait que ça soit à la tienne que ma baguette se colle ! "

" Ehoh ! Je ne suis pas sûr que tu sois la plus à plaindre ! Tu crois que ça me plait à moi ? J'aurais préféré qu'elle s'accroche à celle de Callista Scream. "

Lily jeta un regard assassin à James.

Callista Scream était en même temps la fille la plus appréciée et la plus détestée de tout Poudlard. Elle était en cinquième année à Serdaigle, avec Will, et passait pour être la fille la plus jolie de l'école. Il n'y avait pas une fille qui ne la jalousait et pas un garçon qui ne soupirait en la voyant passer.

Lily s'arrêta devant une porte verte. " C'est ici ! "

James frappa doucement contre le panneau de bois et attendit la réponse.

" Entrez ! " cria une petite voix aigrelette.

Ils pénétrèrent dans une immense pièce dont les murs étaient tapissés de bibliothèques qui montaient jusqu'au plafond. Eparpillés dans la salle, des bureaux et des chaises recouverts de monceaux de papiers gênaient la circulation. Une petite sorcière couverte de poussière apparut, un sourire jovial sur les lèvres. Elle avait le chapeau de travers et portait un foulard sur le nez pour se protéger de la poussière.

" Bonjour les enfants ! " dit-elle entre deux éternuements. " Que puis-je pour vous ? "

Lily tendit le papier donné par McGonagall. Après l'avoir rapidement lu, la sorcière regarda alternativement les deux adolescents.

" Dites-moi, mes chéris, qu'est-ce que vous avez fait avec vos baguettes ? Vous êtes quoi ? En cinquième année ? (Les deux hochèrent la tête) Qu'est-ce que des cinquième-année peuvent faire pour détraquer deux baguettes ? "

" Elles se sont collées ! " répondit James.

" Collées l'une contre l'autre comme deux gâteaux au chocolat qui auraient fondu ? "

James hocha la tête. La sorcière fronça les sourcils d'un air perplexe.

" Dites-moi un peu ce que vous avez comme élément magique dans vos baguettes tous les deux. "

James et Lily se regardèrent.

" Nous n'en savons rien. " avoua Lily. " Quand M. Ollivander nous les a vendues il ne nous l'a pas dit. "

James acquiesça de la tête.

James et Lily avaient acheté leurs baguettes en même temps. Mais Ollivander avait refusé de leur révéler ce qu'il y avait dans leurs baguettes et avait ajouté que ce serait à eux de découvrir les secrets que dissimulaient les deux items magiques.

" Vraiment ? " dit la sorcière en disparaissant dans une petite pièce contiguë. " Ca ne ressemble pas à ce vieux forban d'Ollivander. "

Elle revint les bras chargés d'un lourd coffre qu'elle ouvrit d'un coup de baguette magique. A l'intérieur, il y avait plusieurs longues et minces boîtes sur les couvercles desquelles étaient inscrites des informations. James y vit également deux mètres mesureurs, une carte du ciel avec les constellations, un petit livret et un calepin.

" Bon voyons ça ! Même si ce sont des baguettes d'appoint, il faut quand même qu'elles vous conviennent un minimum. "

Elle tapa du bout de sa baguette les deux rubans mesureurs et comme des serpents, ils se déroulèrent et sortirent du coffre.

" Il me faut quelques mesures, ça ira vite ! "

Les deux rubans mobiles parcoururent le corps de James et Lily, mesurant tout ce qui était mesurable sous l'œil attentif de la sorcière. Lorsque les rubans retournèrent dans le coffre et s'enroulèrent sagement, la sorcière dont l'expression était devenue pensive, se tourna vers un rayon de l'étagère derrière elle. James se demanda comment elle pouvait retrouver quelque chose dans ce capharnaüm mais il ne fallut pas longtemps à la sorcière pour extirper un énorme livre.

" Dites-moi les enfants, est-ce qu'Ollivander n'a pas eu quelques difficultés pour vous trouver des baguettes ? "

" Oh que si ! " dit James alors qu'il promenait son regard sur les divers objets qui occupaient la pièce.

" Ca ne m'étonne pas ! Je suppose qu'il a dû vous donner quelque chose de spécial ! " Elle referma l'épais volume et se caressa pensivement le menton. " Mais pour les baguettes d'appoint, il n'y a pas besoin d'être aussi exigeant. Je crois que j'ai trouvé ce qui vous conviendrait à tous deux. " Elle plongea tête et bras dans le coffre et en sortit triomphalement deux baguettes.

" Quelle est la différence avec les vraies baguettes ? " demanda Lily en saisissant la baguette que la sorcière lui tendait.

" Mais ce sont de vrais baguettes magiques ! " dit la sorcière en donnant la deuxième à James. " Elles ont juste reçu un traitement spécial, les rendant beaucoup plus maniables. Et bien évidemment, leurs éléments magiques proviennent de créatures plus calmes et dociles. Vous ne verrez jamais de baguette d'appoint faite à partir d'un ventricule de cœur de dragon, par exemple. En général, on se sert de crins de très vieilles licornes. "

James secoua sa baguette et des paillettes blanches en jaillirent, il eut aussitôt la nostalgie de la sienne et à l'expression de Lily, il vit qu'elle ressentait la même chose. La sorcière les regardait en souriant et James se remémora aussitôt le sourire d'Irina.

" Dites-moi, madame… Est-ce qu'il peut y avoir une raison particulière pour que nos deux baguettes se collent ? "

Le sourire de la sorcière s'accrut.

" Il peut y avoir des tas de raisons ! Dépêchez-vous d'aller en cours ! "

Lily et James n'arrivèrent qu'à la fin du cours du professeur McGonagall qui ne leur fit, bien entendu, aucune remarque, mais James jura en s'asseyant à côté de Remus, que le professeur arborait un étrange sourire, elle aussi.

" Tu as retrouvé ta baguette ? " chuchota Remus.

" Non ! C'est une baguette d'appoint. "

Après quelques secondes de silence, James posa la question qui lui brûlait les lèvres depuis ce matin.

" Est-ce que tu crois que ça veut dire quelque chose ? "

" Quoi ? " demanda Remus.

" Que les baguettes se soient collées ? "

Remus fit une grimace étrange, comme s'il cherchait à dissimuler un sourire involontaire

" Tu sais, on dit que les baguettes choisissent leurs maîtres et non le contraire ! "

" Je le sais ça et alors ? "

" Et alors… "

Mais Remus se tut, le professeur McGonagall était en train de les dévisager avec insistance.

James et Remus n'eurent plus ensuite l'occasion de s'adresser le moindre mot. Dès qu'ils faisaient mine de se rapprocher, McGonagall leur décrochait un regard impérieux. A la fin du cours, elle appela James et Lily à son bureau.

" Le directeur Dumbledore n'a pas non plus réussi à séparer vos baguettes. " dit-elle sans préambule.

Il y eut un silence pendant lequel elle regarda attentivement le visage des deux adolescents.

" Il a fait appeler Mr Ollivander. Il sera là ce soir pour régler le problème. Vos baguettes d'appoint vous conviennent-elles ? "

Lily et James répondirent qu'il n'y avait aucun problème et le professeur McGonagall les exhorta à se rendre dans la Grande Salle pour le déjeuner.

Mais avant de quitter la salle. Lily s'arrêta et se retourna vers le professeur.

" Professeur ? "

" Oui, Miss Evans. "

" Je voudrais savoir comment va Orpheo. "

" Il est à l'infirmerie et se repose. Il n'y a plus aucune raison de s'inquiéter. " répondit McGonagall avec conviction.

Lily afficha un sourire rassuré et les deux élèves quittèrent la salle de cours. Dans le couloir, James retrouva ses trois amis qui riaient aux éclats. James avait la désagréable sensation qu'il était le sujet de cette conversation si drôle.

" Bon alors ? Qu'est-ce que tu voulais me dire ? " demanda James à Remus. Aussitôt les trois garçons tentèrent de se contrôler et d'afficher des mines plus sérieuses. Remus semblait en proie à deux états contradictoires : le sérieux et l'hilarité, cela donnait un résultat cocasse qui aurait certainement fait rire James en d'autres occasions.

Sirius saisit James par les épaules et lui dit à l'oreille : " Toi et Lily crac crac gouzi gouzi ! " et il éclata de rire.

James s'échappa de la prise de Sirius et se retourna rouge de colère. " Qu'est-ce que tu racontes ? " s'écria-t-il.

" Pas la peine de te mettre dans cet état ! " dit Sirius avec amusement. " T'as qu'à demander à Remus ! C'est lui le pro. "

James se tourna vers Remus qui ravala un sourire devant l'expression sérieuse de son ami.

" Explique-toi ! " dit James avec une colère à peine contenue.

" Comme je te l'ai dit, les baguettes choisissent leurs maîtres… " commença Remus.

" Et je te le redis : et alors ? "

" Et alors, à partir de là, on en est arrivé à croire que les réactions de la baguette permettent d'expliquer beaucoup de choses sur leurs possesseurs. C'est une pratique aussi aléatoire que l'astrologie ou la numérologie. Certains y croient et d'autres non, c'est tout. "

" Et le rapport avec moi ? " demanda James qui refusait de voir où voulait en venir son ami. Peter et Sirius retinrent avec difficulté un éclat de rire.

" L'attitude de ta baguette et celle de Lily laisse penser que peut-être, pas maintenant, mais dans un jour prochain vous serez mariés, unis pour le pire et le meilleur. "

James, sous le choc, ne répondit pas tout de suite. Puis une fois qu'il eut assimilé cette annonce, au lieu de repartir d'un éclat de colère, éclata de rire.

" Moi ? Epouser Lily Evans ? C'est n'importe quoi cette histoire ! "

" Alors vraiment elle ne te plaît pas ? " demanda Peter. " Elle est pourtant jolie. "

" Bien sûr que non. " s'empressa de dire James. " Ne dis pas de bêtise Peter ! Tu sais bien que nous ne pouvons pas nous supporter. Et ça depuis cinq ans. "

" Oui oui, nous savons James. " sourit Remus.

Quand Lily et James entrèrent tous deux, en même temps (par un sale coup du hasard), dans la Grande Salle, tous les regards se tournèrent vers eux et un profond silence s'abattit sous le plafond enchanté. James poussa un grognement et se dépêcha de s'asseoir à table le plus loin possible de Lily Evans. Peter, Remus et Sirius le rejoignirent en cherchant à maîtriser le fou rire qui s'emparait à nouveau d'eux.

" C'est votre œuvre ? " demanda James avec rancœur en désignant du menton la salle.

" Nullement ! " dit Remus en se mordant les lèvres.

" N'oublie pas que vous vous êtes déclarés votre amour dans la bibliothèque, devant tout le monde ! " dit Sirius avec un sourire jusqu'aux oreilles.

" C'est pas vrai que tous ces crétins croient à ces histoires de baguettes !? " grogna James.

" Bien sûr que si ! " répliqua Peter.

James allait répondre mais il vit Will approcher et au sourire qu'affichait son cousin, il se douta que lui aussi était au courant de sa mésaventure (qui ne l'était pas ?).

" Alors James, il paraît que tu as une nouvelle petite amie ? " se moqua Will.

" Très drôle Will ! "

" Tu ne me l'as présentes pas ? "

" Certainement pas ! "

James lança un regard de défi à son cousin qui préféra rejoindre les Serdaigle en se mordant les lèvres pour ne pas rire.

C'est ainsi que durant toute la journée, un nombre incalculable d'élèves se retournèrent en riant sur le passage des Maraudeurs, d'autres se risquèrent même à venir féliciter James tandis que Sirius, Remus et Peter le retenaient de se jeter à la gorge de ces inconscients. Même s'il se garda bien de s'approcher d'elle, James se douta que Lily devait vivre le même calvaire et il n'allait sûrement pas la plaindre.

" C'est normal que ça fasse rire tout le monde, James. Ta rivalité avec Evans est de notoriété publique. " se moqua Sirius.

" En tout cas, James on peut dire que ton histoire avec Lily… " commença Remus.

" Il n'y a aucune histoire ! " coupa James.

" Oui, si tu veux… bref, ce… 'truc'… comme tu veux l'appeler, a eu le mérite de détendre un peu l'atmosphère. " déclara Remus.

" Ravi que ma déveine ait servi à quelque chose. " grommela James en s'étendant sur la pelouse du parc. James garda quelques secondes un silence obstiné. " Beaucoup d'élèves sont choqués ? " demanda-t-il finalement.

" L'infirmerie est bondée. " dit Peter pour toute réponse.

" Tu m'étonnes ! Ca a été un sale coup pour tout le monde ! " intervint Remus en mangeant sa poire. " Et en plus il paraît que les Mangemorts n'ont pas perdu grand monde. "

" Ils refusent toujours de donner les noms des Mangemorts qu'ils attrapent. " grommela Sirius en lançant le trognon de sa pomme aussi loin qu'il pût.

" Rien d'étonnant ! Voldemort recrute dans les familles les plus renommées. " expliqua amèrement James. " Ils ne vont pas avouer facilement, que tout le haut du panier est pourri jusqu'à l'os. "

" Pas tout le haut du panier, James. A ce que je sache ta mère n'a pas encore viré de bord. " répliqua sèchement Remus.

" Mouais. " maugréa James.

" Je ne sais pas si tu mesures l'importance du rôle de ta mère ? " reprit Remus sur un ton des plus sérieux.

" Si si, je sais Remus. C'est juste que je trouve ça facile de se reposer sur quelqu'un pour faire tout le boulot. "

Remus ne répondit rien. Météra Potter était, dans tous les esprits, l'incarnation du rempart contre le Mal. Mais était-ce le rôle d'une seule et unique personne ? On n'avait jamais vu un barrage fait d'une seule pierre !

" Et Chase comment il va ? " demanda Peter, rompant le silence devenu pesant.

" Il va comme tout garçon de quatorze ans qui découvre qu'il est soudainement orphelin. " répondit Remus. " Il ne va pas bien… Pas bien du tout. Il s'est enfermé dans la chambre des quatrième-année et ne l'a pas quitté depuis ce matin. "

James regardait silencieusement les nuages passer sur le fond bleu du ciel.

Sirius sortit de son sac les livres qu'il avait récupérés à la bibliothèque et en distribua un ou deux à chacun.

" Faut trouver ce qu'a eu Orpheo. " dit-il d'une voix décidée.

" Tu sais quoi ? " fit James qui se redressa en s'appuyant sur son coude. " C'est étrange que le même jour, Evans et Rogue se soient intéressés au même sujet que nous. "

" Tu penses qu'ils sont sur la même piste ? " demanda Peter.

" Probablement. Lily a semblé très choquée par l'état d'Orpheo et elle n'est pas bête, elle a bien dû faire le même rapprochement que nous avec l'attaque de cette nuit. Quant à Rogue, il partage sa chambre avec Silver Knight, qui a dû leur raconter ce qui s'est passé avec Orpheo. "

" Quelle saleté ce type ! " gronda Sirius qui semblait n'avoir toujours pas digéré l'attitude du Serpentard de la nuit dernière.

" Et Rogue, même s'il me coûte de le dire, n'est pas non plus un total abruti. " acheva James. Sirius grogna à cette remarque, mais ne dit rien.

" Tu penses donc qu'ils ont fait tous les deux le rapprochement ? " fit Peter.

" Tout juste Auguste ! "

" Je ne sais pas pour vous, mais j'ai trouvé les propos de Knight très bizarre cette nuit. " intervint Remus. " Comme s'il savait quelque chose et qu'il ne pouvait pas le dire. "

" Moi, c'est Adhonores que j'ai repérée. " intervint Peter.

" Quoi ? " s'exclama Remus.

" Elle a semblé effrayée. "

" Elle n'était pas la seule. " répliqua Remus.

" Non, Peter a raison. " intervint Sirius pensif. " C'est elle qui a tout de suite dit d'appeler Dumbledore et qui a dit que c'était plus grave et qu'on ne tarderait pas à le savoir. "

" D'accord, il y a définitivement quelque chose de louche avec Orpheo. "

Mais l'apparition d'un fantôme coupa les quatre dans leur discussion.

" James Potter ? " demanda le spectre d'une voix d'outre-tombe.

James releva la tête et fit signe que c'était lui.

" Veuillez me suivre ! "

Les trois autres Maraudeurs lui firent un signe de la main et James suivit son guide éthéré.

" Où va-t-on ? "

" Chez le directeur Dumbledore. "

" Ils ont réussi à séparer les deux baguettes ? "

" Je ne sais pas de quoi vous parler, je dois juste vous conduire. "

" Il doit bien être le seul. " marmonna James.

Ils traversèrent bien des couloirs avant d'arriver enfin devant un mur que le fantôme traversa.

" Eh ! " cria James. " Je fais comment moi ? "

La tête du fantôme surgit du mur.

" Vous ne pouvez pas passer ? " demanda-t-il sur un ton embêté.

" Ca va être difficile ! Mais je veux bien essayer ! " répondit d'une voix acerbe James.

" Même si vous essayiez, vous ne pourriez pas ! Vous êtes vivant. " répondit le fantôme qui avait prit la remarque au premier degré.

" Sans blague ! " grogna James.

" Je ne connais pas le mot de passe, je vais chercher le professeur McGonagall. Ne bougez pas de là James Potter. "

Et le fantôme disparut. James se dit que si quelqu'un venait à passer par là, il paraîtrait bien stupide, tout seul face à sa gargouille. Il entendit bientôt des pas raisonner et une porte, jusque là invisible, s'ouvrit devant lui.

" Venez Potter ! " fit McGonagall.

La première chose que vit James en entrant dans le bureau fut Fumseck, le phénix de Dumbledore. L'oiseau flamboyant l'accueillit en battant joyeusement des ailes. A force d'être convoqué dans le bureau de Dumbledore, le volatile avait dû finir par s'habituer à lui.

James remarqua alors Lily qui se tenait bien droite, les mains dans le dos, devant le bureau du directeur. Dumbledore parlait avec quelqu'un assis dans un fauteuil sur la gauche de Lily.

" Voici monsieur Potter ! " s'exclama joyeusement le directeur quand il vit James entrer dans la pièce.

" Bonsoir monsieur le directeur. " dit poliment James.

" Bonsoir mon garçon. Je suppose que tu connais déjà Mr Ollivander. " Et Dumbledore tendit la main vers le fauteuil. Ollivander se pencha et James l'aperçut enfin.

" Bonsoir Mr Potter. " dit le vieux sorcier avec une pointe d'amusement dans la voix.

" J'ai eu besoin de faire appel à ses services. " reconnut Dumbledore. " J'ai été incapable de séparer ces deux baguettes ! J'en étais venu à penser qu'aucune magie ne le pourrait, mais Mr Ollivander m'assure qu'il y a un moyen. (Ollivander acquiesça de la tête) Mon cher ami, maintenant que les intéressés sont là, révélez-nous le fin mot du mystère. "

" Je reconnais que ce n'était pas aisé. Mr Potter approchez ! Mettez-vous face à Miss Evans, comme ça ! Voilà ! Maintenant que chacun de vous prenne entre son index et son pouce sa baguette. C'est bien, je vois que vous êtes capables de reconnaître votre baguette. J'ai vu des sorciers confirmés qui en étaient incapables ! Une honte ! Maintenant, répétez après moi :

'Promesse d'avant et d'après

'Union passée et future

'Charme ancestral

'Magie nouvelle

'Etoile morte

'Planète naissante

'Laissez vivre le présent

'Laissez faire le temps

Ils eurent à peine achever de prononcer le dernier mot, que James sentit toute résistance s'en aller et il eut en main sa baguette, tandis que Lily tenait la sienne.

" Quelle étrange litanie, Mr Ollivander ! " fit le directeur Dumbledore qui avait perdu tout à fait son air enjoué.

" Je n'ai jamais vu pareille magie ! " ajouta le professeur McGonagall.

Mr Ollivander sourit. " C'est vrai que c'est quelque chose d'un peu spécial. "

" Expliquez vous, mon ami. " fit Dumbledore avec de plus en plus de sérieux.

James et Lily assistaient dans le plus grand silence à la discussion. Ni l'un ni l'autre ne comprenaient ce qu'il y avait d'étrange dans la formule, certes ce n'était pas du latin, mais… et alors ?

" Il s'agit d'un chant de Dryades pour apaiser les douleurs du cœur. " répondit Ollivander.

A cette phrase, il y eut un sursaut général. James se demandait sérieusement et avec angoisse ce que le mot 'cœur' venait faire dans l'histoire.

" Comment avez vous pu apprendre quelque chose de pareil ? Les Dryades ne communiquent jamais leurs secrets ! " s'exclama le professeur McGonagall. Apparemment les adultes avaient davantage tiqué sur un autre mot de la phrase, remarqua James.

" Dans certaines occasions, elles font des exceptions. " dit-il avec un sourire de sphinx.

" Je suppose que nous devons garder cela secret, Arnold ? " demanda Dumbledore avec gravité.

" En effet ! Il vaut mieux. Ca vaut aussi pour vous les enfants. "

James ne comprenait pas vraiment pour quelle raison il fallait en faire un secret, mais il accepta. A côté de lui, Lily semblait très excitée. Ses yeux brillaient et ses mains s'agitaient nerveusement. C'étaient bien les filles ça ! Il suffisait qu'on leur parle de Dryades et immédiatement elles partaient dans leurs rêves. James convint tout de même qu'une Dryade avait de quoi susciter l'imaginaire.

Les Dryades étaient un peuple qu'on ne voyait jamais et dont on racontait à mi-mots les légendes. Cassandra lui avait dit quand il était petit, que rien n'était impossible à une Dryade. Elles étaient les Gardiennes de la Magie. Elles étaient les Observatrices et Narratrices de l'Histoire. Leur amitié valait toutes les protections. Et en tant que créatures de la Nature, elles manipulaient une magie naturelle d'une très grande pureté.

" Il faudra que vous appreniez ce chant les enfants ! Au cas où cela se reproduirait. " ajouta Mr Ollivander en les regardant l'un après l'autre dans les yeux.

" Ca peut se reproduire ? " demanda James d'un air embêté.

" Tu veux que je te dise, mon garçon ? Ca peut et ça se reproduira ! Vous vous en souviendrez ? Et surtout ne l'écrivez jamais nulle part ! Jamais ! "

Les deux adolescents firent signe de la tête qu'ils avaient compris.

" Dites moi Mr Ollivander, quand vous nous avez vendu les baguettes vous nous avez dit que nous devrions découvrir seuls leurs secrets. La raison pour laquelle elles se sont collées, en est-ce un ? "

Mr Ollivander sourit et ses yeux pétillèrent de malice. " Oui, jeune fille. "

" Dites-moi, quel… quel élément magique il y a à l'intérieur. J'ai fait les tests comme ils disent dans les livres, mais je n'ai pas trouvé. "

James fut surpris de découvrir que Lily s'était souciée de son élément magique. Lui, ne s'était jamais posé la moindre question, sa baguette avait toujours fonctionné et c'était tout ce qui comptait. Jusqu'à ce matin…

Le visage de Mr Ollivander s'obscurcit un instant.

" Miss Evans, ne faites pas trop confiance à ce genre de livres ! La plupart du temps, ce sont ne sont que mystifications et lieux communs. Ca fait longtemps que j'exerce mon métier et je ne peux pourtant pas me vanter de comprendre toutes les baguettes et tous les liens qu'elles tissent avec leurs maîtres. "

Lily se mordit la lèvre, elle n'aimait pas se faire rabrouer. Mais elle revint à la charge. " Je ne savais pas, mais j'ai vraiment envie de connaître l'élément magique. "

Il y eut à nouveau un grand silence dans le bureau du directeur. Mr Ollivander ne semblait pas se résoudre à répondre à Lily.

" Vous êtes peut-être un peu trop jeunes pour savoir ça, plus tard, je vous le dirai, mais pas maintenant ! " répondit-il dans l'espoir de décourager toutes nouvelles tentatives. Mais il ne savait pas à qui il avait à faire.

" Monsieur ! " s'écrièrent en même temps Lily et James.

Le vieux sorcier poussa un soupir et lança un regard suppliant au directeur Dumbledore qui souriait à nouveau tranquillement.

" Très bien ! " soupira Mr Ollivander. " Vos baguettes à tous deux ont été constituées à partir de ventricules de cœurs de dragons. " dit-il en grognant.

Et c'était tout ? Tout ça pour ça ? James se sentit très déçu, il avait fini par croire qu'il y avait quelque chose d'unique à propos de sa baguette. Un ventricule de cœur de dragon, pfff, il connaissait plein de gens dont les baguettes avaient un ventricule de cœur de dragon.

Dumbledore se racla la gorge. " Arnold, je crois que vous en avez trop dit ou pas assez. "

Mr Ollivander lança un étrange regard au directeur et secoua la tête avec obstination.

" Qu'est-ce qu'il y a d'autre ? " demanda Lily.

Mr Ollivander s'enfonça dans son fauteuil en bougonnant. Dumbledore fit un geste de la main engageant. Après plusieurs secondes de silence, il reprit : " En fait, vos éléments sont tirés du même dragon. "

" Quoi ? " s'écria James. Il n'aimait que moyennement cette idée d'avoir un élément magique dans sa baguette de la même origine que celui de Lily.

Dumbledore se racla la gorge. " Arnold... "

" Ils sont trop jeunes, Albus. Ils ne mesureront ni l'importance, ni la beauté du fait. "

" Nous avons le droit de savoir. " déclama avec fougue James.

Mr Ollivander poussa un soupir, en se massant les tempes.

" Ce qu'il y a c'est qu'il s'agit d'un dragon un peu spécial. "

" Spécial comment ? " demanda Lily qui était devenue très méfiante.

" Dans le genre unique, Miss Evans. Dans le genre mythique. (Lily écarquilla les yeux). Ce sont des ventricules de cœurs de Démonéros. "

James en oublia de respirer. Il contemplait d'un œil hagard sa baguette. Un Démonéros ? Etait-ce possible ? Il avait toujours cru que le dragon n'existait pas, que ce n'était qu'un mythe pour jeune fille fleur bleue. La tête lui en tournait.

" C'est quoi un Démonéros ? " demanda Lily complètement perdue.

Les trois adultes se dévisagèrent quelque peu embêtés. Apparemment, ils ne s'attendaient pas à ce que l'un d'eux ignorât ce qu'était un Démonéros. Ce fut Dumbledore qui prit la parole.

" Un Démonéros ou plutôt on devrait dire 'le' Démonéros, mon enfant, est une race de dragon un peu particulière. "

" Particulière ? En quoi ? " demanda Lily.

" Beaucoup pensent que le Démonéros n'est qu'un mythe. "

" Un mythe ? "

" Oui. Il n'existe qu'un seul Démonéros. Depuis toujours. Si le phénix renaît de ses cendres, le Démonéros renaît de son sang. Il est éternel et possède de grands pouvoirs, certains prétendent que si l'on boit son sang, on accède à l'immortalité. Toutefois, à chaque renaissance, le Démonéros prend un aspect différent. Il est tantôt un dragon d'eau, tantôt un dragon de feu, de terre ou d'air. Il est donc très difficile de le distinguer des autres dragons communs. Mais ce qui fait sa célébrité, c'est qu'il possède deux cœurs. "

" Deux cœurs ? " répéta Lily interdite.

" Oui, c'est pour cette raison que l'on a fait du Démonéros l'animal qui représente… " Dumbledore marqua un temps d'arrêt. James gardait obstinément les yeux fixés sur le bout de ses chaussures, il leur trouvait soudain un intérêt tout particulier.

" Qui représente ? " reprit Lily.

" Qui représente l'amour passionnel et inconditionnel. " acheva Dumbledore. James sentit ses joues s'empourprer alors qu'il baissait davantage la tête.

" Une légende raconte que s'il a deux cœurs, c'est parce que le Démonéros accueille les âmes des amants. Et s'il change d'aspect, c'est parce qu'à chaque vie, un nouveau couple s'empare de ses cœurs. Mais au-delà de la légende et pour une raison inconnue, il s'est avéré que parmi les plus célèbres couples de sorciers un grand pourcentage possédait des baguettes constitués à partir d'un élément vital de Démonéros. Si vos baguettes se sont collées, c'est parce qu'elles ont gardé en mémoire qu'autrefois, elles habitaient un même corps. "

Lily et James se dévisagèrent interdits et la même conclusion leur traversa le cerveau.

" Mais ce n'est pas obligatoire, n'est-ce pas ? Ce n'est pas parce que nous avons tous les deux… que tous les deux… " bégaya Lily.

Dumbledore sourit. Il regarda alternativement les deux adolescents, une expression d'amusement sur le visage et une lueur de malice dans le regard. James sentit qu'à côté de lui, Lily était en apnée aussi tendue qu'une corde de violon.

" Bien évidemment que non, mon enfant. " finit par dire le vieux sorcier. Lily reprit sa respiration. " A ce que je sache, ce ne sont pas encore les baguettes qui commandent le cœur humain. De même, ce n'est pas parce qu'un couple ne possède pas de baguettes de Démonéros qu'ils s'aiment moins ou sont moins puissants. "

Lily poussa un soupir de soulagement. Mais James n'était pas du tout rassuré. Il avait grandi dans le monde magique, il savait que les légendes s'avéraient toujours exactes. Cela voulait donc dire que… Lui et Lily ? Il secoua violemment la tête pour mieux repousser l'idée. Il était maître de son destin et dans son avenir, aucune place n'était prévue pour Lily Evans.

Ensuite, Ollivander leur rappela la promesse de ne souffler mots sur l'origine de la litanie qu'il leur avait apprise. Ils restituèrent les baguettes d'appoint. Et c'est un peu déboussolés que Dumbledore les renvoya tous deux dans leurs quartiers, accompagnés par une McGonagall un peu pantelante qui les regardait (au plus grand désespoir de James) avec un regard mouillé. Mais James n'avait aucune envie de se mêler à la société, il venait d'apprendre trop de choses d'un coup.

Quand il passa dans le hall, il vit que la porte d'entrée n'était pas fermée et le gazon tellement tentant. Il choisit donc de se promener dans le parc. Au loin, sur le terrain de Quidditch, une équipe s'entraînait (les Serpentard, vu la façon de voler des joueurs), James en évita donc sciemment la direction et se tourna vers le lac. La nuit commençait à tomber, le ciel était un savant dégradé de rouges et de violets et pourtant le lac était d'un noir imperturbable. En y réfléchissant, James ne se souvenait pas de l'avoir vu d'une autre couleur, quelque fût le temps. Il tira sa baguette de sa ceinture et l'examina attentivement. Il leva le bras, prêt à la lancer dans le lac pour ne plus en entendre parler. Mais il stoppa son mouvement, il avait envie de la détester et pourtant il ne pouvait pas. Alors il la jeta certes, mais dans l'herbe, là où il pourrait encore aller la récupérer et il se replongea dans ses sombres pensées.

Le bruit de l'herbe foulée lui fit relever la tête et il vit arriver à lui une silhouette imposante. James reconnut le garde-chasse, Rubeus Hagrid. Le gigantesque gardien des clefs et des sceaux de Poudlard s'arrêta un instant et se baissa, aux environs où avait dû tomber la baguette, puis il reprit sa marche et rejoignit James.

" Elle est à toi petit ? " demanda gentiment Hagrid en tendant la baguette.

James n'eut même pas besoin d'y jeter un coup d'œil et fit 'oui' de la tête.

" Tu ne devrais pas la laisser traîner ! Tu pourrais la perdre ou quelqu'un pourrait marcher dessus. "

James haussa les épaules pour signifier qu'il s'en fichait, même si ce n'était pas tout à fait vrai. Hagrid se gratta la tête d'un air embêté.

" Vraiment ? Tu n'en aurais rien à faire ? "

" Je ne sais pas. " avoua James.

" Moi, je sais que ça t'embêterait. "

Le gardien s'assit dans l'herbe à côté de James.

" Tu sais, tu en as de la chance d'avoir une belle baguette, petit. J'aimerais bien en avoir de nouveau une moi aussi. "

James leva la tête et jaugea l'homme du regard. " Vous êtes un sorcier ? " demanda-t-il étonné.

Le Garde-chasse prit un air triste.

" J'ai été élève à Poudlard moi aussi quand j'étais jeune, mais je me suis fait renvoyer et ils ont cassé ma baguette. "

James réalisa qu'il n'avait jamais pris la peine de s'interroger sur le Garde-chasse, pour lui il avait toujours été une espèce de gros balourd pas très dégourdi, mais excessivement gentil.

" C'est incroyable comme tu es le portrait craché de ta mère. " s'exclama Hagrid en regardant attentivement le visage de James.

James poussa un soupir : il l'avait entendue un nombre incalculable de fois cette phrase.

" Mais, tu as le regard et le sourire de ton père. " corrigea Hagrid. " Jamais personne n'aurait pu imaginer qu'ils finiraient par se marier ces deux-là. " dit le garde-chasse en riant.

James releva la tête, c'était la première fois qu'on lui parlait de ses parents avant qu'ils ne deviennent célèbres.

" Ils étaient aussi différents que le jour et la nuit. " continua le Garde-chasse pris dans ses souvenirs. " Ta mère était un sacré phénomène. Une vraie meneuse ! Elle paraissait dure comme un roc et faisait peur à tout le monde. Personne n'osait la défier. Quant à ton père, il aimait par dessus tout travailler, il était à Serdaigle. Mais il était toujours dans la lune, un vrai étourdi, toujours calme et conciliant. Il adorait cependant jouer de sales tours à ses camarades et aux professeurs. Tu lui ressembles bien pour ça, il avait une imagination débordante. Mais c'était rien en comparaison de ce qu'était capable la petite Esther. Ces deux-là on fait tourner plus d'un prof en bourrique. Je crois qu'ils s'amusaient à se lancer des défis. Tu savais qu'on a cru à une erreur du Choixpeau ? (James hocha la tête) Henry devait bien être un des seuls qui ne craignait pas Météra et c'est peut-être pour ça qu'elle se montrait moins dure avec lui. "

James n'avait aucun mal à se représenter ses parents plus jeunes, parce qu'en fin de compte, ils n'avaient pas tellement changé.

Hagrid revint soudain dans le présent. " Alors dis-moi, petit, pourquoi es-tu fâché avec ta baguette ? "

James raconta toute l'histoire en rougissant légèrement, mais prenant soin d'omettre le chant des Dryades et le nom de Lily Evans. Hagrid émit un petit sifflement quand il eut finit.

" Alors finalement, Ollivander leur a trouvé des maîtres à ces deux là ! " Devant la figure ahurie de James, Hagrid éclata de rire. " Le vieux Ollivander fait de temps en temps appelle à moi, pour l'aider à capturer des créatures magiques un peu dangereuses. Je m'y entends plutôt bien avec elles. C'est moi qui ai attrapé le Démonéros. Quelle belle bête ! Je n'ai jamais vu tant de dignité chez un animal. Ca m'a fait mal au cœur de le tuer. Mais Ollivander m'a assuré qu'un Démonéros était immortel. Qu'il renaîtrait. Tu sais, James, j'en ai vu des créatures, mais des comme celle-là, jamais ! Elle avait trois paires d'ailes immenses, une blanche, une rouge et une noire. Et des yeux comme des perles. Savais-tu que le Démonéros a un sang bleu azur ? C'était un Démonéros d'air. Il chantait un air à vous briser le cœur. On aurait dit la plainte de deux amants séparés. "

James resta un instant silencieux, les yeux fixés sur ses mains.

" Est-ce que ça veut dire que je suis amoureux de Lily Evans ? " dit-il la tête baissée.

" C'est Lily Evans qui a l'autre baguette ? " Hagrid sourit. " C'est une charmante petite sorcière. "

" Moi, je ne trouve pas ! C'est une vraie peste, moche, insupportable. "

" Je ne suis pas sûr que l'on parle de la même alors ! " fit Hagrid de sa grosse voix.

" Est-ce que les baguettes peuvent se tromper quand elles nous choisissent ? Si ça se trouve, Mr Ollivander ne m'a pas vendue la bonne. "

" Je ne crois pas ! Tu sais, ça fait plus de dix ans qu'il les a ! Et ça lui a pris très longtemps pour les faire ! Les baguettes conçues à partir de Démonéros sont très délicates et rares. D'abord parce qu'il est très dur de trouver le Démonéros. Et ensuite, très peu de sorciers peuvent prétendre avoir le droit de manier une baguette magique créée à partir de cette créature. Mais Ollivander était persuadé qu'un jour, il verrait entrer dans sa boutique un sorcier à qui une telle baguette conviendrait. Et apparemment, il a eu raison d'y croire. James, je suis certain que tu deviendras un grand sorcier, cette baguette est faite pour toi. "

James hocha la tête, mais il avait l'esprit dans le passé, il se souvenait des circonstances de l'achat de sa baguette. Non seulement, il avait acheté sa baguette en même temps que Lily, mais c'était également la première fois qu'ils s'étaient vus. Comment pouvait-il oublier un tel jour ? Tous les sorciers se souvenaient de la première fois qu'ils recevaient leur première baguette. Et dire qu'il fallait que ce souvenir soit associé à Lily Evans !

Bien que la boutique de Mr Ollivander fût poussiéreuse, James avait ouvert tout grand les yeux, comme pour mieux voir, comme pour enregistrer le plus d'informations possibles de cet endroit qui lui semblait merveilleux. La boutique d'Ollivander était un rêve pour tous les enfants sorciers, c'était un petit bout de paradis. Pousser la porte à la peinture écaillée signifiait l'entrée véritable dans le monde magique. Le tintement du carillon avait tiré James de son émerveillement. Un homme au visage réjoui était entré dans la boutique. A ses yeux écarquillés et à sa bouche qui avait mimé des 'ah !' et des 'oh !', il n'avait pas été difficile de reconnaître immédiatement un Moldu. Et puis, cachée derrière l'homme, James avait aperçu une fillette de son âge. Elle avait semblé tellement mal à l'aise que James n'avait pu qu'éprouver de la sympathie pour la fillette aux yeux verts et aux tresses auburn.

Ca avait été la première rencontre de James et de Lily.

Ils avaient tous deux essayé un nombre incalculable de baguettes. Elles avaient défilé dans leurs mains. Ollivander avait bien failli avoir une crise de nerf, il ne n'avait cessé de dire :

" C'est inimaginable une chose pareille ! C'est du jamais vu ! Des sorciers sans baguettes, c'est comme un oiseau sans ailes. "

Lily, elle, avait semblé prête à disparaître sous le plancher, prête à fondre en larmes.

James, lui, ne s'était pas senti plus fier.

Et puis soudain, l'expression d'Ollivander avait changé, il avait regardé alternativement James et Lily et une lueur s'était allumée dans son regard. Il avait couru dans la réserve de la vieille boutique et en avait ressorti deux boîtes poussiéreuses. Il les leur avait tendues en disant : " Si ces baguettes ne conviennent pas, je veux bien mettre la clef sous la porte. "

James avait saisi un peu tremblant l'ultime baguette et il s'était sentit immédiatement bien, une douce chaleur s'était répandue dans sa main puis avait remonté dans son bras, il l'avait agitée et des paillettes or et pourpre en avaient jailli. A côté de lui, Lily avait fait apparaître des vertes et roses. Mr Ollivander avait souri de toutes ses dents, James avait eu l'impression que l'on venait de lui annoncer qu'il avait été sacré meilleur créateur et vendeur de baguettes magiques du monde.

" Est-ce que les baguettes peuvent nous forcer à tomber amoureux ? "

Hagrid regarda James avec étonnement. " Bien sûr que non ! Si tu tombes amoureux de Lily Evans c'est parce que tu l'auras voulu et non parce que ta baguette l'aura décidé. Enfin je crois. Ca serait une chose bien triste sinon. "

" Merci, Hagrid. " et James sourit au Garde-chasse.

" Mais je t'en prie mon garçon ! "

" Vous savez ! Vous parlez presque aussi bien que le professeur Minigalle des créatures magiques. " dit gentiment James.

Hagrid parut très surpris puis il sourit. " Je te remercie mon garçon. "

Et Hagrid se leva, faisant craquer ses articulations. " Ouille ! Je suis resté trop longtemps assis ! "

James prit la baguette que lui tendait Hagrid, sa baguette.

" Sois en fier ! " lui dit-il doucement avant de s'en aller.

James resta longtemps assis dans l'herbe. Il pensait à Lily. Elle était tellement incompréhensible. Pourquoi aux yeux de tous était-elle charmante ? Et pourquoi aux siens ce n'était qu'une peste ? Pourquoi cette nuit lui avait-elle paru soudain si… adorable ? Et pourquoi ce matin était-elle redevenue la Lily qu'il détestait ? Lily-la-Tigresse.

Il se leva et erra dans le parc, laissant le hasard guider ses pas. Il arriva près des serres. Il longea les bâtisses vitrées sans vraiment y faire attention, lorsqu'il vit dans celle des fleurs de printemps deux personnes. Intrigué, il s'approcha et reconnut deux de ses professeurs. Assise sur une couverture, le professeur Dawn était occupée à dessiner, tandis qu'allongé à côté, Torr lisait un livre.

James songea qu'il était compréhensible que les deux professeurs aient sympathisé, après tout, ils avaient sûrement le même âge.

James reprit sa marche et arriva devant l'infirmerie. Il eut alors l'envie subite d'aller voir Orpheo.

Il le découvrit assis sur son lit en train de débattre avec Pomfresh. " Mais puisque je vous dis que je vais bien. Je suis totalement reposé. Je vous en prie laissez-moi sortir. "

James se racla la gorge pour signaler sa présence.

" Qu'est-ce que vous voulez Mr Potter ? " demanda Pomfresh visiblement peu ravie de cette intervention.

" Savoir si je pouvais parler un peu avec Orpheo. " tenta James avec le sourire le plus charmeur qu'il put.

Le visage d'Orpheo s'éclaira et il tourna un regard suppliant vers la sorcière. Après un soupir, elle rendit les armes. " Très bien, mais pas plus d'un quart d'heure. Mon infirmerie n'est pas un parloir. "

Et elle disparut dans une pièce adjacente pour s'occuper de ses autres malades.

" Comment ça va ? " demanda James.

" Ca va… J'ai dû vous faire peur. "

" Non… juste un tout petit peu. " dédramatisa James. " C'était assez spectaculaire. "

" Je ne penserais pas que ça m'arriverait ici… " murmura Orpheo.

" Qu'est-ce qui t'es arrivé ? C'est lié à ta cicatrice ? "

Orpheo prit un air paniqué. " Ma cicatrice ? "

" Oui, celle que tu as le front. Elle était brûlante. "

" James tu es ici ! Nous t'avons cherché partout ! " interrompit la voix de Peter. A l'entrée, se massaient tous les Gryffondor de cinquième année. James fut étonné de voir les Mortes-Vivantes, mais Orpheo sembla ravi.

" Pomfresh vous a permis de tous entrer ? " demanda Orpheo.

" Tu parles ! " fit Sirius. " Nous sommes passés quand elle regardait ailleurs. "

Les Gryffondor restèrent jusqu'à ce que madame Pomfresh les surprenne et les mette à la porte. Orpheo ne fut pas autorisé à quitter l'infirmerie (à son grand désespoir) et il passa la nuit à l'infirmerie en observation.

Fin du huitième chapitre


Fred : entrée fracassante Bonjour.

Goyle : entrée pas fracassante du tout euhhhh... Bonjour.

Fred : regardant Goyle hep ! il y aurait pas comme une erreur là ?

Alohomora : Désolée ! J'ai mélangé les paires.

Goyle disparaît et George apparaît

Fred : Ahhh ! Je préfère. Chères lectrice...

George : ... occupé à lire un livre

Fred : Hep ! George ! Qu'est-ce que tu fais ! On bosse là !

George : Mmmm... toujours occupé à lire un livre

Fred : EHH ! On BOSSE ! Je te rappelle qu'on a besoin de sous pour monter notre affaire.

George : Plus tard Fred ! Tu peux bien te débrouiller sans moi, pour une fois...

Fred : totalementoutréchoquérenversécatastrophémaismondieuqu'estcequisepasseavecmonjumeau???

George : ... il lit toujours

Fred : ... rendu muet par le choc

Alohomora : Hum ! les gars... Vous avez un job à faire...

George : Minute ! Je suis presque à la fin ! Ron vient de se faire choper par un gros chien noir qui le traîne sous le saule cogneur...

Fred : Mais qu'est-ce que tu lis ?

Alohomora : voix experte 'Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban' excellant bouquin, je te le recommande Fred, y a 2 ou 3 passages qui risquent de te plaire.

Fred : soudainement intéressé genre ?

Alohomora : Non non, tu verras bien par toi-même.

Fred : Ah ouais ? A ce point ? Non, parce que tu sais moi j'aime pas trop lire ! C'est George qui lit et il me raconte après...

lecteurs : Humm ! S'il vous plaît... On perd du temps là...

Alohomora : embêtée parce que prise sur le fait euh... les jumeaux, il faudrait...

George : 0ùµ£$¤ !!

Alohomora : C'est un langage très grossier, George, tu devrais avoir honte ! Heureusement que j'ai mis une protection 'G' ça a changé tes propos, mais fait attention, la prochaine fois que tu brises une des règles...

Fred&George : regards significatifs

Alohomora ??? ... Ohhh

Fred&George : Elle a compris...

Fred : Sans blague, George, pourquoi tu as crié ?

George : Figure toi que Croutard...

Fred : réfléchit Croutard ? Notre Croutard ?

George : Oui ! euh non ! enfin si ! Bref ! En fait c'est un animagus ! C'est Peter Pettigrow !

Fred : Le type que Black a tué ?

George : Oui ! Euh NON ! Il est pas mort ! Et c'est lui le vrai traître, c'est pas Black !

Fred : QUOI ??? Mais il a quand même essayé de tuer Harry et...

George : Pas du tout, en fait...

Lecteurs : regards dangereusement pas contents

Alohomora : Euh... les gars...

Fred : Non, c'est le parrain de Harry ? Pas possible !

George : Si ! j'te jure !

lecteurs : toujours et même encore plus regards dangereusement pas contents

Alohomora : LES GARS !!!

Fred&George : QUOI ???

Alohomora : Je suis désolée de vous déranger, surtout que je suis une des premières à encourager les gens à lire et à s'enthousiasmer pour HP, mais sérieusement vous avez du boulot !

George : D'accord ! Mais juste une dernière chose !

Alohomora : Une dernière...

George : Promis... Tu sais Cornedrue, Lunard, Patmol, Queudver ?

Fred : Oui ? Les Maraudeurs, quoi !

George : En fait, c'est respectivement : James Potter (le père de Harry), professeur de Lupin (le loup-garou), Peter Pettigrow (Croutard) et Sirius Black (le faux coupable).

Fred : ... sans voix

Alohomora : Ben c'est malin, George ! Tu me l'as cassé maintenant ! Youhou ! Fred ? T'es là...

Fred : revient à lui Wahou ! Ca c'était de la nouvelle... Ben en tout cas ça veut dire qu'on ne s'est pas planté en donnant la carte à Harry.

Alohomora : Bon vous avez fini ? Y a des lecteurs qui attendent !

Lecteurs : OUI !!

Fred&George : Calme ! On dirait Rogue qui viendrait de croiser le professeur Lupin...

George : ... ou Harry...

Fred : ... ou nous !

George : Popov, en effet si Lily voyait le bracelet de Harry/Orpheo, elle pourrait le déchiffrer...

Fred : ... 'SI elle le voyait'...

George : ... Harry fait son possible pour le cacher.

Fred : Aaaaaaah…

George : ... Marrant son nom...

Fred : … En ce qui concerne le fait qu'on assiste pas au cours de DADA des Gryffondor…

George : … avec convocation du patronus ...

Fred : ... D'après les brouillons que nous avons sous les yeux...

George : ... le point de vue devait originairement être celui de Harry...

Fred : ... ou de James...

George : ... rien n'est jamais défini avec l'auteur...

Alohomora : Oui, c'est vrai, tout change toujours, à la dernière minute !

Fred : Eh ! Ca ne te gêne pas de nous interrompre ?

Alohomora : Désolée ! ... je les aurais jamais imaginé de si mauvais caractère ces deux là...

George : Donc, pour en revenir à la question de point de vue...

Fred : ... il y a en fait une raison...

Geroge : ... même deux...

Fred : ... pour ce changement...

George : … Elles sont minimes...

Fred : ... Mais elles existent...

George : ... Ca s'éclairera plus tard...

Fred : ... En tout cas tu avais bien compris...

George : ... Harry a bien eu cours de défense contre les Forces du Mal.

Fred : Quant au temps qu'il va falloir à ces deux zigotos pour trouver les Portes...

George : ... étant donné qu'ils ne sont pas nous...

Fred : ... ils risquent de chercher longtemps...

George : ... et puis il leur reste plein d'aventures à vivre.

Fred : Ca me fait bizarre d'être tout sérieux.

George : Je sais qu'on a besoin d'argent ! Mais est-ce qu'on est vraiment obligé de s'abaisser à CA ??

Alohomora : en aparte Je croisq ue j'ai oublié de leur dire que je ne pouvais pas les payer…

Fred : Tu sais ? A moins qu'on nous réclame à cor et à cris, on ne renouvelle pas le contrat ! C'est décidé !

George : pensif Tu crois qu'il y a des lecteurs qui nous réclameraient à cor et à cris ?

Fred : Beaux et drôles comme on est, y a pas de doute !

George : Mouais ! Tu as raison ! Question stupide... Mais alors ça veut dire, qu'on va devoir replancher ?

Fred : Rhaa zut ! J'avais pas vu la parade ! Cette fille est diabolique !

Alohomora : Qui ? Moi ? l'innocence incarnée

George : Ouais ! C'est forcément un coup tordu de l'autre là...

Alohomora : C'est de moi que tu parles ?

Fred : Mais non pas du tout !

Alohomora : Ce n'est pas à toi que je parle, c'est à... les regarde alternativement Oh et puis laissez tomber ! boude

George : Eh ! Ca veut dire que c'est nous qui sommes aux commandes !

Fred : Yeah ! Dans ce cas on ferme la boutique…

George : … la fic, pas la boutique hein !

Fred : … de toute façon, on ne l'a pas encore ouverte ! Comment pourrait-on la fermer ?

Alohomora : Maaaiiiiiissss !

George : A plus !

Fred : Et n'oubliez pas de voter pour nous !

Alohomora : paniquée Non non ! Ce n'est pas une bonne idée !

Preview du chapitre 9 : Enfin la première sortie à Pré-au-Lard ! Que de boutiques à visiter, que de gens à rencontrer…

Fred : Et bientôt notre boutique…

George : … 'Weasley, Farces pour sorciers facétieux.'…

Alohomora : Mais qu'est-ce que vous fichez ici ?

Fred&George : On s'exprime !

Alohomora : Pas dans la partie 'preview' ! Ouste !

Fred&George : Mais quelle grincheuse ! Tu ne serais pas un peu Serpentard sur les bords ?

Alohomora : èé

Fred&George : Bon bon ! On s'en va !

MAJ : 08/09/03