Bonjour à tous ! Un nouveau chapitre, je vous souhaite une agréable lecture et merci à tous mes reviewers !

Chapitre 7

Albus Dumbledore frémit de rage en regardant Alastor Maugrey en face de lui. A la fin du tour de garde du vieil homme, au petit matin, il était entré dans la maison pour pouvoir interroger Harry sur ce qu'il avait fait pendant son absence. Mais Harry n'était plus là. Ni Remus d'ailleurs.

- Comment ont-ils pu sortir ? répète-t-il pour la centième fois.

Il avait lui-même exécuté les sortilèges empêchant quiconque de sortir ou d'entrer sans y être autorisé. Après vérification des sortilèges anti-intrusions, il pouvait affirmer que personne n'était entré de force dans la maison. Alors comment ?

Il renvoie l'ancien auror, conscient que celui-ci ne sait rien. Il avait enfin réussi à remettre la main sur Harry et il lui file entre les doigts ! Le vieux directeur regarde son phénix, qui était allé chercher le jeune Potter. Cela ne marcherait pas une seconde fois. Le phénix lui adresse d'ailleurs un cri de reproche et de colère et le directeur détourne les yeux, incapable de soutenir le regard du phénix plus longtemps.

Il repense au Harry qu'il avait vu pendant quelques instants. Beaucoup plus musclé, plus grand. Plus déterminé aussi. Et les vagues de colère qu'il avait reçu en tentant d'entrer dans son esprit, comme si Harry était parfaitement conscient de l'intrusion. Il soupire et secoue la tête. Il ne trouvera pas de réponse juste en se posant des questions stériles. Il doit retrouver Harry, et vite.


- Vas-y, Remus. Rentre dans ton esprit et cherche ta magie. Elle forme un courant, remonte-le jusqu'à son cœur.

Sabad sourit légèrement en songeant qu'il répète exactement les mots que Ghaele lui a adressés des mois auparavant. Le loup-garou s'est vite adapté au peu d'oxygène ainsi qu'au froid. Il a même eu le plaisir de passer la pleine lune en compagnie de deux autres loups.

Pendant que les deux autres s'occupent de la magie de Remus, Ghaele décide d'aller chercher deux matelas supplémentaires. Il commence à en avoir assez de dormir sur une paillasse et suppose que Remus n'a pas trouvé le sol de pierre très confortable. Il signale vaguement à Sabad qu'il va chercher quelques petites choses puis décolle.

Sabad regarde Remus qui a une expression d'extase. Il se demande si lui aussi avait cet air-là quand il a atteint son cœur de magie.

- J'y suis.

- J'ai remarqué. Dommage que je n'ai pas d'appareil photo. Est-ce que tu vois quelque chose de particulier ?

Remus semble chercher.

- Il y a une partie de ma magie qui est noire.

Sabad hoche la tête. Il avait pressenti quelque chose de ce genre.

- Remus, j'ai bon espoir de guérir ta lycanthropie un jour.

Sous le choc, Remus perd sa concentration et revient brutalement au monde réel.

- Pardon ?

- Cela fait quelques temps que je me suis penché sur le problème de la lycanthropie. Je me disais que d'après les caractéristiques – transmission par morsure, réaction à la pleine lune, magie différente –, cela devait provenir d'une altération de la magie. N'étant moi-même pas un loup-garou, je n'ai pas pu vérifier mes hypothèses.

- Mais… ce n'est pas parce que tu le sais que tu pourras le guérir. Cela fait longtemps que l'on sait que la morsure de loup-garou provoque un changement dans la magie.

- Si Ghaele m'a appris quelque chose, c'est bien que rien n'est impossible. Ceux qui l'ont étudié n'avaient pas accès au cœur de la magie, et ne pouvaient donc pas y toucher. Nous, si.

Remus a les larmes aux yeux en entendant Sabad. Il est clair que celui-ci a fait des recherches pour l'aider et cela lui fait chaud au cœur. Sabad frappe soudain dans ses mains.

- Bien, maintenant que tu as accédé à ton cœur, on va passer à l'étape supérieure. En tout cas, n'hésite pas à t'entraîner à y accéder le plus rapidement possible pendant ton temps libre. Je pense qu'il est temps de mettre une claque à Voldemort, et pour ça il va falloir que je termine mon apprentissage.

- Quand seras-tu prêt ?

- Ca dépend de Ghaele et aussi de la vitesse à laquelle j'apprends à contrôler ma magie. Pour l'instant je n'ai pas accès à tout mon pouvoir, il reste encore pas mal de sceaux.

- Des sceaux ?

- Tu ne savais pas ? Ghaele me l'avais dit, et je m'en suis aperçu moi-même la première fois que j'ai atteint mon cœur. J'ai un bon nombre de sceaux qui empêche ma magie de circuler complètement dans mon corps et mon esprit, ce qui fait que je ne peux pas m'en servir en entier.

Remus prend un air scandalisé. Le loup en lui commence à considérer Sabad et Ghaele comme des membres de sa meute, et un loup n'aime pas que l'on s'attaque à ses compagnons.

- Qui t'a fait ça ? demande-t-il d'une voix grondante.

Sabad hausse les épaules.

- Je ne sais pas, même si j'ai une petite idée. Mais quand on enlèvera le dernier sceau, je suivrai la trace de magie jusqu'à son propriétaire. Allez, on retourne à la méditation. Avec un peu de chance, tu ne souffriras plus que quatre ou cinq mois de ta lycanthropie.

Remus acquiesce et se replonge dans sa magie, suivant les instructions de Sabad pour apprendre à s'en servir.

C'est à cette activité que Ghaele les trouve en rentrant. Sans faire de bruit, il agrandit les deux matelas qu'il a trouvé – tant pis pour leurs anciens propriétaires, ils avaient l'air assez riches pour se payer une douzaine de matelas en même temps. Ensuite il tape doucement sur l'épaule de Sabad, qui sort de sa transe.

- Allez, on va voir si tu maîtrises si bien que cela le neuvième niveau. Vu l'incantation que tu as effectuée hier, tu ne devrais pas avoir de problèmes. C'est l'épreuve que l'on passe normalement pour savoir si on maîtrise le neuvième niveau.

Il jette un coup d'œil vers Remus, vérifiant qu'il est toujours en transe et ne peut pas les entendre.

- Fabrique-moi quelque chose d'indestructible, sauf par une incantation supérieure au neuvième niveau.

Sabad réfléchit un instant aux bons mots. Il veut faire quelque chose de court.

- Venu d'un autre monde, au tranchant acéré, étincelle dans ma main pour l'éternité.

Il se retrouve rapidement avec une petite dague dans la main et la tend à Ghaele, qui l'examine sous tous les angles.

- Je vais tester. Je serais de retour dans quelques minutes.

Il disparaît dans son cercle d'ombre et Sabad attend anxieusement son retour. S'il s'est trompé dans son incantation ? Si la dague n'est pas assez solide ? Ghaele est effectivement de retour au bout de quelques minutes qui lui paraissent une éternité et lui tend la dague.

- Félicitations. Il faudra un septième niveau pour la détruire. Passons à l'étude du huitième niveau…

- Comment tu l'as testée ?

- Si une forge industrielle de sans-pouvoirs ne peut pas la détruire, je pense que c'est bon.

Sabad rougit de plaisir. Il a maîtrisé le neuvième niveau !

- Hors de notre étude des niveaux supérieurs, je te conseille de t'entraîner à faire des phrases de plus en plus courtes, jusqu'à pouvoir prononcer un seul mot, où à la limite deux ou trois pour préciser ta pensée. Mais avant de poursuivre… la magie n'est pas tout, comme tu l'as appris dans la vallée. Aussi…

Ghaele semble se concentrer, puis prononce quelques mots.

- Montre-lui la voie.

Aussitôt un sabre se matérialise et il le tend à Sabad.

- Il me semble que nous avions parlé d'apprentissage d'armes… Voilà ton sabre. Il s'adaptera à tes besoins jusqu'à ce que tu aies trouvé ce qui te convient le mieux. Ensuite, il n'y aura que toi qui pourras te fabriquer le sabre qui te sera le plus fidèle.

- Et toi ?

- Moi, j'ai déjà le mien. Je suis étonné qu'il n'ait pas disparu pendant mon emprisonnement.

Il fait un geste de la main et un sabre sort de l'ombre. Il est extrêmement long, mesurant plus d'un mètre quarante.

- Plus tard, tu apprendras à combiner le sabre et l'incantation. Mais cela peut attendre. Pour l'instant, essaie juste de m'attaquer et de parer les coups.

L'entraînement commence et Sabad se retrouve à essayer d'attaquer, mais plus souvent d'esquiver tant bien que mal. Au bout d'une demi-heure, il est déjà en sueur alors que Ghaele semble toujours autant en pleine forme. Après une heure et demi d'efforts acharnés, ses bras tremblent à cause du poids du sabre et son corps tout entier lui fait mal. Il secoue la tête pour chasser la sueur qui coule dans ses yeux et a juste le temps de reculer pour éviter le mouvement de Ghaele.

Son enfer se termine au bout de trois heures. Quand Ghaele lui indique qu'ils en ont assez fait, Sabad se dirige en titubant vers leur réserve de glace et commence à se laver, la changeant en eau tiède au fur et à mesure qu'elle tombe sur son corps. Il ne reste pourtant pas longtemps sous sa douche, allant directement se coucher sans manger, sous le regard inquiet de Remus. En moins de vingt secondes, il dort profondément.

- Vous n'y allez pas un peu fort ?

Ghaele jette un coup d'œil au loup-garou.

- Déjà, si nous devons vivre ensemble pendant une longue période, je propose que nous nous tutoyions. Je n'aime pas le respect trop prononcé.

Remus approuve. Ghaele reprend, tout en faisant à manger.

- Ensuite, c'est lui qui m'a demandé de devenir fort. On ne se renforce pas en faisant une demi-heure d'exercice par jour. Et puis il a survécu lâché en pleine montagne, en compagnie des loups et des ours et avec interdiction de se servir de la magie pendant deux mois.

Remus le regarde, surpris mais aussi choqué par la méthode brutale. Son interlocuteur commence à expliquer.

- C'est le meilleur moyen de se renforcer. Tu as sûrement remarqué à quel point il a mûrit depuis la dernière fois que tu l'as vu. Une grande part de cette avancée est due à ce séjour en montagne. Ce qu'il a subi chez son oncle et sa tante l'a également poussé à avancer, même si au début il préférait se laisser mourir.

- Subit ? Mourir ?

Ghaele lui jette un regard acéré et lui tend un bol rempli d'infusion que Remus attrape machinalement.

- La pire chose pour un humain. Il n'a toujours pas entièrement cicatrisé, c'est pour cela que nous nous nourrissons surtout d'infusions.

Remus pâlit, frappé d'horreur, alors qu'il réalise ce que Ghaele lui dit.

- Pourquoi il ne l'a pas dit ? Ils l'auraient sorti de là…

- Oh, non. Ils le savaient et n'ont pas levé le petit doigt. C'est pour cette raison qu'il refuse de venir en Angleterre et qu'il était tellement en colère. Quelques petites autres choses aussi, mais principalement ça.

Le repas se termine en silence alors que Remus assimile ce qu'il vient d'apprendre. Il s'en veut de plus en plus de ne pas avoir été là quand Sabad avait besoin de lui.

- Tu devrais aller te coucher. Avoir atteint le cœur de ta magie est une énorme avancée, mais la manipulation du pouvoir depuis sa source est beaucoup plus fatigante. Demain, la journée sera dure. Sabad doit s'entraîner à maîtriser son sabre et aussi aux invocations. S'il est trop fatigué je ferai ta leçon à sa place.

- Merci pour le matelas.

- De rien. Il devrait être plus confortable que le sol.

Remus retourne se coucher alors que Ghaele lave les bols avec de la glace puis se plonge en transe.

Aux alentours de cinq heures du matin, Sabad se réveille, atrocement courbaturé. Il soupire en songeant qu'il a encore trois heures d'entraînement aujourd'hui et que cette fois Ghaele ne le dispensera pas des autres cours.

Il commence à faire à manger et attends Ghaele, qui sort rapidement de sa transe en s'apercevant qu'il est éveillé. Après le repas, Ghaele vide la casserole et la lui lance.

- Répare-la.

Sabad le regarde sans comprendre. La casserole n'est pas cassée.

- Ronde, avec un manche assez long pour la saisir sans se brûler les doigts. Aucune bosse possible. Concentre la magie dans tes doigts et façonne la casserole comme si c'était de la pâte à modeler.

Il tourne la casserole entre ses mains puis plonge dans sa magie, y parvenant en moins d'une seconde. Il la concentre dans ses doigts en imaginant que la casserole est molle et qu'il suffit d'appuyer dessus pour la déformer. Ghaele l'observe faire sans mot dire. Quand Sabad lui rend la casserole parfaitement ronde, il fait un sourire approbateur.

- Je n'ai plus rien à t'apprendre sur ta magie. Tu connais la métamorphose, la restructuration aussi. Le reste, c'est de l'entraînement et de l'imagination.

Sabad fait un large sourire, qui disparaît bien vite quand Ghaele poursuit.

- Ce qui signifie que nous allons pouvoir nous concentrer sur les incantations et ta maîtrise du sabre. Quatre heures de chaque, plus d'incantation s'il te reste de l'énergie. Allons à côté pour ne pas réveiller Remus.

Ils s'exécutent et Sabad attrape son sabre. A son grand étonnement, celui-ci se divise aussitôt en deux sabres avec une plue petite lame.

- Bien, je t'avais dit que le sabre s'adaptait à toi. Voyons si c'est plus facile comme cela.

L'entraînement commence et Sabad grimace à cause de ses courbatures de la veille. Il parvient sans peine à parer le premier coup, coinçant la lame de Ghaele entre les deux siennes.

A la fin des quatre heures, il est plus qu'épuisé mais se force à aller manger, rejoignant Remus qui est plongé en pleine transe.

- Bien, je vous fais cours à tous les deux en même temps.

Ils s'assoient tous les trois en cercle, Sabad un peu à l'écart.

- Sabad, essaie d'allumer un feu très chaud par une incantation. Attention, n'appelles pas une flamme mais au moins huit différentes, qui enflammeront différents points de ton tas de bois.

Sabad ne voit aucun tas de bois dans les environs et donc déduis qu'il doit en appeler afin de pouvoir le brûler. Ghaele se tourne vers Remus.

- Ne t'occupe pas de ce que fait Sabad. Tout comme je le lui ai enseigné, tu vas apprendre à descendre de cette montagne sans mon aide.

Noël approche, dans l'indifférence la plus totale des trois ermites. Pour eux, cela ne fait aucune différence. Il fait peut-être un peu plus froid, c'est tout. Et encore, à cette altitude il n'y a plus vraiment de variations de température.

Maintenant que Remus sait voler, ils prennent un grand plaisir à faire des courses poursuites dans les cieux, tentant d'aller le plus vite possible. Sabad se risque même à exécuter quelques figures de Quidditch, incluant une feinte de Wronski : il descend le plus vite possible sur plus de quatre mille mètres de hauteur, puis se redresse alors qu'il va s'écraser sur les rochers à cause de sa vitesse vertigineuse et cause au passage une terrible frayeur à Remus et même à Ghaele, qui pourtant ne rechigne pas à l'imiter la fois suivante.

Remus a commencé son apprentissage des incantations et se montre fasciné par cette magie qu'il ne connaissait absolument pas avant. Il a été abasourdi en découvrant la grotte contenant la mémoire du monde, mais n'a pas voulu y rester, trop oppressé par l'atmosphère de l'endroit. Il se débat maintenant avec le septième niveau, qu'il a bien du mal à maîtriser. Sabad, lui, en est au quatrième : il est bloqué et cela le frustre au plus haut point.

Il reste douze sceaux dans la magie de Sabad, mais Ghaele hésite à les briser. Chaque nouveau sceau enlevé amène une vague de puissance à Sabad et provoque une douleur aiguë le temps que le corps de Sabad s'adapte à son nouveau pouvoir. Sabad, lui, s'en fiche. Il affirme qu'il a assez souffert pour ne pas craindre douze petits sceaux de rien du tout. Ils se sont finalement mis d'accord pour ne retirer les sceaux que lorsque Sabad maîtrise sa magie à la perfection.

Aujourd'hui est un jour important pour eux trois. Ils savent qu'ils auront des batailles à mener par le futur, probablement ensemble car ils n'ont pas l'intention de se séparer. Et, dans une bataille, mieux vaut connaître ses alliés.

Ils ont donc décidé, d'un accord commun, de se raconter leurs vies jusqu'à leur rencontre. Cela sera dur pour chacun d'entre eux et ils passent donc leur journée à se détendre, chacun à leur manière, avant l'épreuve du soir. C'est ainsi que Sabad vole à l'extérieur, Remus est plongé dans sa magie et Ghaele sculpte de petits objets sans importance, cherchant à faire un travail le plus précis possible.

Alors que la nuit s'approche, ils se retrouvent tous les trois autour du feu. Remus prend la parole en premier.

- Comme vous me connaissez moins bien, je propose d'être le premier à raconter.

Les deux autres approuvent, secrètement soulagés de voir leur propre épreuve repoussée. Ils s'installent tous le plus confortablement possible et Remus commence son récit.