Auteur : Daiya

Titre : Destinée, chapitre 8

Origine : Harry Potter

Disclamer : Les personnages et l'univers appartiennent à personne d'autre que J.K. Rowling. Je ne fais que les emprunter (pour le plaisir de les faire souffrir !)

Couple : futur HP/DM (je vous promets !). C'est un POV de Draco.

Merci mille fois pour vos reviews. Je suis désolée mais je ne peux malheureusement pas y répondre ce week-end, mais je vous promets que je le ferai dès le week-end prochain. Pardonnez-moi. Gigantesque merci à Lightofmoon, Ptit bou, Swendaii, Nachan (pourtant j'ai essayé, et ça marchait… réessaye pour voir et tiens-moi au courant :) ), Shima-chan, Lilou et Allima.

Cette fic est toujours dédiée (et ce jusqu'à la fin à ma sale mioche que j'aime très fort. J'espère de tout mon cœur que cette suite va te plaire (t'as intérêt… mdr). On se voit pendant les vacs ? (t'as pas le choix… Et j'essayerai de traîner Anne-So ;) ). Je t'adore, ne n'oublie jamais ! Gros bisous ma tite moyenne na moua. Et t'as pas intérêt à me lâcher ! Sinon je m'accroche comme une sangsue ;pp Allez, je laisse place à la lecture ! Bizz de ta sorcière :)

--Destinée--

Chapitre 8

Un grand fracas de livres lancés violemment sur la table me fait presque sursauter.

Je lève la tête rapidement dans l'optique de passer mes nerfs sur l'imbécile qui a troublé mon attention.

Je rencontre un regard émeraude furibond que me regarde avec une sorte de colère factice.

« Potter, tu pourrais éviter de montrer ta présence de cette façon ? »

Son regard se fait plus dur tandis qu'il s'assoit près de moi.

Trop près…

« Ta gueule, Malfoy. Cela ne m'enchante pas de devoir te supporter, alors n'aggrave pas la situation avec tes remarques inutiles. »

Je souris ironiquement.

A l'intérieur de moi, cependant, un grand vide me prend.

Cette « collaboration » commence très mal.

« Tu as trouvé quelque chose ? » je demande d'une voix neutre.

« Oui. »

Son ton est agressif, traduisant ce malaise qui lui fait parcourir chaque livre de façon si fébrile.

« Bien. » je commence en tournant vers lui. « Je vais mettre les choses au clair, Potter. Je ne suis pas non plus ravi d'être obligé de passer du temps en ta compagnie, mais je te rappelle que nous ne sommes pas là pour le plaisir. Alors … »

« Encore heureux. » marmonne-t-il avant de soupirer fortement.

Je lui jette un regard noir.

« Alors il va falloir faire des efforts pour que ça ne devienne trop insupportable. »

Il ferme son livre dans un bruit sourd et me fait face. Je vois ses mains trembler, son visage est assombri par tout un florilège de sentiments contradictoires.

« Tu peux toujours rêver, Malfoy. Jamais je ne serais 'gentil' avec toi. Jamais je ne ferais d'effort. Plutôt crevé ! »

Je soutiens ses yeux dilatés par une colère exacerbée. Puis, sans le lâcher du regard, je me lève et attrape mes affaires.

« Qu'est-ce que tu fais ? » me demande-t-il avec une panique certaine.

Je ris doucement.

Sa puérilité me fait de plus en plus sourire.

Et c'est assez mauvais signe…

« Je me casse. » je lui dit tout simplement.

Il se redresse, ses yeux quittent les miens, balayent la table, accrochent mes mains posées sur mes parchemins.

« Mais… mais… »

Je soupire.

« Potter, Potter, ne te fais pas plus con que tu ne l'es déjà ! J'ai essayé, j'étais même prêt à faire quelques efforts, mais tu es trop buté, et je ne vais pas perdre mon temps avec quelqu'un qui n'est pas capable de plus de maturité. Tant pis pour toi. »

Sans attendre une quelconque réponse, je me détourne et quitte la bibliothèque.

Mon cœur se serre tandis que je m'éloigne de sa chaleur.

J'aurais essayé…

Mais…

J'ai brusquement envie de pleurer.

Mais je me retiens.

Je me retiens

Je…


Je ne voulais pas lui dire ce que je savais.

Pour l'âme sœur.

Je ne voulais pas pare que je ne savais pas comment lui avouer. J'avais peur de sa réaction.

Peur qu'il ne me croit pas.

Je me suis dit qu'il trouverait tout seul, qu'on referait la potion ensemble.

Je voulais l'aiguiller, mais pas lui dire directement.

Je me suis dit que ça serait plus facile.

Mais ça n'a servi à rien.

Juste à l'éloigner de moi davantage.

Le soulagement se mêle à une tristesse inconnue.

Je m'en veux de ne pas avoir réussi.

Je m'en veux de ne pas me battre, de faillir à ma parole.

Mais je crois que le supporter est encore plus difficile.

Plus douloureux…

Ce manque en moi, j'ai besoin de le combler.

Maintenant.


La douceur de ses mains sur mon corps m'apaise.

Cette sérénité s'oppose tant à ces sentiments troubles que je ressens envers lui.

Ma bouche caresse la sienne, gentiment, tendrement.

Elle soupire de bien-être.

Les yeux clos, la bouche rosie et gonflée, elle fait fondre ma rage. Elle me rend presque sentimental.

Ce sentiment de sécurité qu'elle recherche auprès de moi, elle me l'offre sans le savoir. Avec elle je me sens bien que je pleurerai presque qu'elle ne soit pas mon âme sœur.

« Draco ? » chuchote-t-elle dans un soupir.

« Oui ? »

« Je suis bien avec toi. Je sais que tes sentiments ne sont pas les miens. Mais je sus heureuse d'être dans tes bras. Ça me suffit amplement. »

Elle ponctue sa déclaration s'un léger baiser sur mes lèvres, un baiser papillon plein de tendresse résignée.

Je la sers doucement contre moi.

Moi aussi je suis bien, vraiment bien.

Mais je ne peux pas.

Je n'ai pas le droit d'aller plus loin, de faire naître en elle des espoirs insensés.

Même si j'en ai envie.

Terriblement envie.

Cependant, malgré moi, je ne peux m'empêcher de presser son corps chaud et alangui contre le mien, comme pour la rassurer et me rassurer également.

Sa chaleur à elle est apaisante, et non étouffante et tumultueuse. Elle ne me brûle pas, mais me caresse.

Je ne veux pas m'en détacher.

Je voudrais m'y perdre encore et encore, oublier ainsi ce frémissement en moi quand je suis près de lui.

Je voudrais m'y perdre, et perdre en même temps ce goût d'amertume et de douleur. Ce goût de tristesse qui m'enserre le cœur et que je n'explique pas.

Et que je ne veux pas expliquer.


Les yeux ouverts, je perçois mon cœur battre à la chamade.

Un mince filet de sueur coule le long de ma tempe, je tremble.

J'attrape du bout des doigts l'extrémité du drap et le remonte sur mon corps humide.

Ma respiration se calme. Mon cœur, lui, ne cesse son tourbillon irrégulier.

Pourquoi ?

Mon murmure reste en suspend au dessus de mon corps, provocant.

Je sens que la raison est près de moi,

En moi ?

Mais je n'arrive pas à l'atteindre.

J'ai peur de fermer les yeux. Peur que ça recommence.

J'ai peur de cette peur même, de ce qu'elle signifie.

Peur d'avoir peur pour ça…

D'avoir peur pour lui

Je presse mes doigts sur mes paupières closes pour tenter de faire partir ces images de ma tête.

Je veux oublier tout ça. Oublier ces images de cauchemar si réalistes.

Brusquement, je rejette mes couvertures et sors de mon lit.

Je m'habille avec rapidité et quitte ma chambre de préfet.

L'obscurité étouffante des couloirs m'étreint.

Je marche sans arrêt, sans but.

Je marche pour évacuer cette tension qui frustre tant mon corps.

Je me sens si mal à l'intérieur, j'aimerai que cela cesse.

J'aimerai que mon corps se réduise en miettes d'un coup d'un seul.

Après de longues minutes de marche, à bout de souffle, je m'arrête.

Je me penche en avant, les mains appuyées sur les genoux, et respire lentement, à grandes inspirations.

Puis je relève la tête pour voir où mes pas m'ont portés.

« Lumos » je murmure.

Et là je vois…

Je reste interdit, ma baguette en l'air.

Ça ne va plus, mais alors plus du tout.

La respiration se fait courte tandis que je me dirige, à pas lents et tremblants, vers le tableau occupant le mur.

La Grosse Dame dort profondément. Elle émet un petit grognement lorsque ma baguette illumine un peu trop son portrait.

Je m'écarte, les yeux toujours posés sur les tentures rouge et or/

Mes genoux flanchent, je tombe peu à peu au sol.

Un sanglot se perd dans ma gorge.

Je plonge ma tête dans mes mains et m'appuie sur le mur.

Les ailes de mon cœur se calment et me caresse tendrement.

La tempête de mon corps laisse place à un calme serein, apaisant…

Presque irréel…

Ma tête roule sur mon épaule.

Je suis bien.

J'aimerai rester comme ça éternellement.

Mes yeux se ferment. Tout est blanc derrière mes paupières.

Comme la neige.

Comme la neige…


Le lac doré disparaît progressivement de ma tête tandis que je cligne des yeux.

L'esprit encore embrumé par le sommeil, je baille bruyamment et me frotte les paupières.

C'est alors que je sens la dureté du mur derrière mon dos, et celle du parquet sous mes fesses.

Je laisse échapper un juron.

Par Merlin, où je suis !

Ma nuit me revient alors presque instantanément en mémoire.

Je me suis endormi devant la tour des Gryffondor !

Mais alors qui ?…

Je redresse la tête, si rapidement que je sens une sourde douleur dans mon cou.

Je rencontre un regard de jade.

Il est là.

Agenouillé devant moi, le regard scrutateur.

C'est lui qui m'a trouvé ici, devant chez lui.

Ma main se perd dans mes cheveux décoiffés tandis qu'un douloureux vide gonfle en moi.

Sentant une honte profonde se propager dans tout mon corps, je me redresse avec précipitation, manquant de tomber.

Sa main se pose sur mon épaule pour me rattraper.

J'écourte ce contact de moi, et m'éloigne de lui de quelques pas, le dos tourné.

Je n'ose pas le regarder.

« Malfoy, ça va ? »

Il y a de l'inquiétude dans sa voix. Il y a de l'inquiétude dan son cœur.

Je le sens.

Il faut que je la rejette.

Je ne dois pas me laisser attendrir.

« Bien-sûr que ça va ! »

Mon ton est cassant, il claque comme un fouet.

Jusqu'à lui.

Son cœur se crispe.

Ça aussi je le sens.

« Mais… pourquoi t'es là ! »

Je ne sais pas, Potter, je ne sais pas… Ou plutôt je ne préfère pas le savoir… Je…

Je me retourne. Mes pas résonnent alors que je me dirige vers lui.

Il me regarde avec inquiétude et interrogation.

Je le plaque violemment contre le mur, ma main vient enserrer son cou gracile.

Pressant mon corps contre son corps, m'enivrant de cette chaleur dont je ne peux plus me passer, je plonge mon regard dans le sien.

Ses yeux me fouillent, me rendent nerveux.

Il cherche trop beaucoup trop.

Et je ne veux pas qu'il trouve ce qu'il y a au fond de ma tête.

De mon cœur…

Je ne veux pas qu'il s'aperçoive.

Je souhaite juste qu'il s'éloigne de moi, que tout s'arrête.

Je ne veux pas de tout ça en moi.

« Tu ne m'as pas vu, Potter, on est bien d'accord ? Si jamais tu racontes ça à qui que se soit, je le saurai. Alors… »

Je sens sa main frôler ma hanche.

Je sais que mes joues s'empourprent.

Mais je ne lâcherai pas.

Je ne me laisserai pas émouvoir par ses yeux si expressifs, par son corps brûlant contre le mien, par cette chaleur qui étreint trop avec possession mon cœur, par cette tornade d'émotions que tous ces éléments font naître en moi.

Je ne dois pas faire de lui quelque chose dont je ne pourrais plus me passer.

Ma poigne sur son cou se fait plus ferme tandis que je crache, avec ce qu'il reste de ma haine.

« Alors si jamais j'apprends que tu en as parlé, je te tue. »

Puis je le pousse violemment. Il tombe au sol sans même chercher à se retenir.

Je fais volte-face et m'éloigne.

Mon cœur bat trop fort dans ma poitrine.


Le crissement du parchemin m'empêche difficilement de laisser vagabonder mes pensées.

Pourtant, j'ai l'impression de sentir encore le poids de son regard durant cette interminable journée, un regard emplit d'une insistance indescriptible, comme un grattement insidieux sur l'épaisse carapace de votre âme.

Le problème est que je sens cette maudite carapace se fendre par endroits, laissant peu à peu échapper en de légères volutes des murmures secrets.

Je ne veux pas qu'ils viennent jusqu'à ses oreilles, jusqu'à sa raison.

Je ne veux pas qu'il comprenne…

Quoi, je ne sais pas. Je suis juste certain qu'il ne doit pas le savoir.

Jetant ma plume sur mon bureau, je soupire.

Le sortilège de gravitation aléatoire me semble d'une inutilité sans borne ce soir, en fait tout me semble insipide.

Je dois pourtant travailler.

Le retard que j'ai pris dans mes devoirs est trop important pour que je me permettre de commettre un écart quelconque.

Avec un petit gémissement de lassitude, je reprends mon devoir, espérant sans espoir terminé avant minuit.

Les heures passent à une vitesse vertigineuse.

La fatigue s'éprend de mon visage comme un masque de briques tandis que je passe dans la dernière heure de ce jeudi.

Il est minuit moins le quart lorsque j'entame ma conclusion.

Quelques minutes plus tard, des coups discrets sont frappés à ma porte.

Je reste interdit durant de longues secondes, puis je me dirige vers l'entrée de ma chambre.

Je murmure doucement le déverrouillage et tire la poignet dans ma direction.

Sur le seuil se tient, les bras croisés, la mine renfrognée et le regard fuyant, un Harry Potter si incongru en ce lieu que je mets un certain temps avant de réaliser que ce n'est pas un produit de mon imagination.

Il tient contre sa poitrine quelques livres anciens accompagnés de parchemins.

« Qu'est-ce que tu fous là, Potter ? »

Ma voix sort toute seule, sans que je ne puisse la retenir.

Il vient troubler ce semblant de tranquillité que j'avais tenté d'établir loin de lui, et sa présence sur le pas de ma porte vient renforcer se malaise qu'il fait naître en moi depuis quelques temps.

Il soupire, me regarde du coin de l'œil, piétine un peu, se racle la gorge.

Je sens qu'il est mal à l'aise au plus au point. Je perçoit presque le filet de sueur glisser le long de sa colonne vertébrale.

Le vert de son regard accroche alors timidement le mien.

Et je me sens si mal…

Comme si un millier de papillons aux ailes de feu virevoltaient en moi.

Cette sensation…

Je la hais parce qu'elle me fait peur.

Elle me fait peur parce qu'elle est obscure, et en même si éclatante de signification.

J'ai peur de son regard.

J'ai peur de lui.

Si seulement sa présence devant moi n'était qu'un autre de ces nombreux rêves qui peuplent mes nuits…

« Euh… Je… Je voulais m'excuser pour la dernière fois. J'ai été con. Je voulais aussi savoir si on pouvait quand même essayer de recommencer… »

Même si intérieurement, l'étonnement domine, je garde sur mon visage un masque de parfaite indifférence.

Ses yeux se troublent, il recule légèrement. Comme un animal apeuré.

Aurait-il peur de moi ?

« Je te promets que je ferai des effort, Malfoy. »

Je fais mine de peser le pour et le contre, alors qu'en réalité je sais pertinemment quelle sera ma réponse.

Je ne veux pas chercher à comprendre pourquoi mon cœur c'est gonflé d'émotions douloureuses durant ses paroles, pourquoi les papillons se sont autant affolés devant son regard hésitant, pourquoi toute colère a fondu comme neige sous soleil face à sa présence ici, chez moi.

Je m'efface juste pour l'inviter à entrer.

Il m'adresse un regard surpris, je hausse les épaules en une réponse désinvolte.

« Entre. » je dis simplement.

Et il m'obéit.

Tandis qu'il franchit le seuil de ma chambre, que ses yeux avides se perdent dan chaque recoins de la pièce, je sens un fourmillement parcourir mon corps, comme une douce torture.

Personne d'autre que moi n'est rentré ici.

Il est le premier.

Il sera le dernier.

C'était écrit, je le sais.

Je le sais.

A suivre…..

Alors ?

Donnez-moi votre avis, ça me ferait plaisir… ;p

En tout cas je vous remercie de m'avoir lu.

Gros bisous et à la prochaine.

Daiya