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Chapitre 4 : Adrian, Arthur, elles et... les autres - Partie 2
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* langage des signes !
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Pendant ce temps, loin de toute l'agitation qui régnait dans certains cœurs, Gauvain avait passé le début de la soirée à errer au château. Il avait vraiment cru que d'être dans la peau du roi serait amusant mais, au fil des heures, il commençait à s'ennuyer ferme : ce n'était finalement pas marrant du tout !
Il marchait en direction des quartiers des chevaliers quand, au détour d'un couloir, il aperçut Nadia. La jolie brune semblait en pleine conversation avec un jeune homme qui était malheureusement de dos. De l'endroit d'où il se tenait, il arrivait à comprendre les gestes de Nadia. Elle semblait inquiète à propos de son frère. Gauvain sourit en pensant aux défis mais ses lèvres grimacèrent quand elle ajouta que Léon se sentait ailleurs en ce moment. Il déglutit et la vit poursuivre en déchiffrant ses mouvements de mains :
* Je l'aime beaucoup et je crois que nous faisons une terrible erreur si nous décidions de nous marier maintenant. Serais-tu d'accord pour que nous repoussions le mariage ?
Gauvain retint de justesse une quinte de toux.
Soulagé de ne pas avoir été repéré, il sortit sa tête et s'étonna de ne plus arriver à suivre les mouvements de Nadia ou était-elle confuse ? C'était bien la première fois qu'il la voyait agir ainsi. Elle était habituellement calme et, parfois, il se rappelait combien il adorait rire avec elle. Il avait cru l'aimer un temps mais ce n'était qu'une profonde et sincère amitié. Il l'avait réalisé quand Merlin avait rompu leur relation... Ou du moins, il l'avait forcé.
A cette pensée, Gauvain fit demi-tour et retourna dans la chambre royale. Il ne savait plus quoi penser de la situation. Aurait-il la chance de vivre le vrai amour ? Ou serait-il amené à se consoler dans les bras d'un autre ? Il lui suffisait de voir comment le sorcier occupait ses journées. Merlin ne vivait que pour Adrian mais parfois, il semblait tellement prisonnier de sa souffrance qu'il oubliait de vivre lui-même sa vie.
Ensuite, il y avait Nadia. Gauvain ne voulait pas la priver d'un aussi bel événement. Il l'aimait beaucoup. C'était une gentille femme qui avait toujours su l'écouter, surtout lorsqu'il ne savait plus comment se comporter avec Constantin. Ce n'était pas facile de gérer un petit frère quand il était un peu perdu dans son rôle d'oncle et de chevalier.
Mais, Léon, cela était autre chose et, à cette seconde, il se sentait tiraillé. Il lui en voulait encore d'avoir raté la naissance d'Adrian puis, en y réfléchissant, il se demandait pourquoi il ne lui avait pas fait confiance pour garder le secret sur sa sœur ? Léon l'avait tout de même envoyé la secourir...
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''Gauvain plissait ses paupières quand les rayons du soleil couchant tombaient sur son champ de vision ou, du moins, celui du roi dont il voyait à travers ses yeux. C'était à la fois étrange et instructif. Cela lui permettait de mieux cerner Arthur et, peut-être par la même occasion, Léon.
Il baissa son regard vers le parvis et aperçut la reine qui descendait du carrosse avec l'aide du chevalier. Elle avait horriblement maigri depuis qu'elle avait perdu le bébé. Gauvain se rappelait des larmes qu'elle avait versées et jamais le roi ne l'avait abandonné quand, Gauvain lui-même, savait que Merlin vivait avec un héritier non reconnu.
Mais, ce jour-là, dans le for intérieur du roi, Gauvain sentait qu'elle était différente. Son visage était rayonnant et son sourire avait un air de gaieté qu'il n'avait plus revu depuis des années. Il pivota, patientant le retour de Sir Léon. Il parvenait à comprendre les pensées d'Arthur quand le chevalier vint faire son rapport au roi. ''
Soudain, Gauvain se réveilla en sursaut : Constantin et Adrian lui avaient raconté qu'ils avaient discuté avec une gentille dame au bord du lac. Était-il possible que Guenièvre ait pu les rencontrer ? Les enfants, âgés à l'époque respectivement de 13 et 4 ans, aimaient beaucoup patauger dans l'eau. Il réfléchit en roulant sur le côté et referma ses paupières... La reine avaient dû les voir durant deux années consécutives avant de quitter le monde des vivants...
Tout cela devenait de plus en plus étrange : c'était exactement quelques jours avant la fête de l'équinoxe d'été et plus précisément durant les trois jours de solitude de Merlin. Il roula sur son épaule droite et émit un soupir empli de questions. Il savait que Guenièvre y allait déjà avant de rencontrer les enfants et se demandait pourquoi son petit frère ne lui avait jamais donné son nom ? Bien qu'il avait confiance en ce dernier, il avait toujours pensé qu'il s'agissait d'une personne de Healdor... De plus, Constantin n'était pas non plus stupide au point de ne pas reconnaître la reine puisqu'il l'emmenait assez souvent à Camelot.
Il roula de l'autre côté en sachant très bien que Guenièvre était habituée à dormir dans une petite tente. Mais, où avait pu passer Léon durant ces entrevues ? Quelque chose le tracassait... Lorsqu'il était venu pour confronter le roi à ses responsabilités, il lui avait bien semblé que le chevalier n'avait pas reconnu Adrian... Le petit blondinet aurait-il usé de sa magie ? Non, ce n'était pas envisageable. Il le connaissait assez pour savoir qu'il ne jouerait jamais avec les mémoires des autres...
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— Majesté, il est l'heure de se lever.
Gauvain grogna et cala un bras sur ses paupières. Le lit était tellement douillet qu'il regrettait presque de s'être couché tard.
— Votre plateau est sur la table. N'oubliez pas que vous avez un entretien avec Sir Léon pour revoir la liste de vos défis. De plus, il aura aussi la liste des participants.
— George ! ronchonna-t-il en se redressant sur le lit d'Arthur, si tu ne te tais pas, je te plante ma lame !
Il sourit en le regardant se tenir soudainement droit à côté de la table.
— Voilà qui est mieux.
Il s'assit en tenue de nuit, trop affamé pour prendre le temps de s'habiller. Chose qui semblait étonner le valet et Gauvain n'y prêta pas attention. Cependant, il se permit de lever un regard noir dans sa direction quand ce dernier se dandina d'un pied sur l'autre.
— Une envie pressante ? demanda-t-il.
Le visage inquiet et livide de George se décomposa et lui répondit :
— Oh, euh, non, sire.
— Bon, qu'y a-t-il pour que tu sautes sur place ?
Gauvain but son verre de jus de fruit puis poursuivit en le voyant s'immobiliser :
— Je t'écoute.
— Majesté, puis-je vous demander une faveur ?
— Oui, naturellement.
Il ne savait pas si Arthur aurait répondu cela mais le valet commençait à l'intéresser.
— J'aimerai avoir la permission de prendre deux jours de congé. Je, euh...
— Pour quel motif ?
Gauvain était fier de lui. Arthur aurait surement posé ce genre de questions.
— Je vais me marier...
Gauvain se retint d'éclater de rire quand George passa du blanc au rouge. C'était donc lui le fameux courtisan de Nadia ! Mais... n'avait-il pas compris la veille que la jeune femme ne voulait pas précipiter la cérémonie ?
— Bien. Vous n'aurez qu'à me donner une date et...
— C'est prévu pour cette fin de semaine. Merci votre majesté ! Puis-je l'annoncer à ma future épouse ?
— Oui, bien sûr, je crois que Nadia serait absolument heureuse !
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George se figea quelques secondes : ce n'était pas son roi.
Il le regarda reprendre son repas et finit par quitter la chambre. Il alla retrouver sa dulcinée chez lui. Guenièvre lui avait vendu sa petite maisonnette lorsqu'elle s'était rendu compte qu'il courtisait secrètement Nadia. Il se savait chanceux parce qu'il n'était ni chevalier et ni garde. Son rang aurait pu la faire fuir... ou fuir Léon. Il poussa sa porte et sourit en croisant les yeux noisette de sa bien-aimée. Elle avait attaché ses longs cheveux bruns en un très beau chignon et portait une robe rose foncé qu'il lui avait offerte quelques jours plus tôt. Il n'était pas à plaindre. Le roi le payait bien comme tous les sujets de la cour.
*Alors ? mima-t-elle en se jetant sur lui.
Il l'enlaça doucement par la taille et l'embrassa avant de s'écarter pour lui répondre :
*Je crois que tu as raison, ce n'est pas Arthur.
A travers le regard amusé de sa fiancée, il savait que les jours à venir aller être longs... longs pour lui et totalement amusant pour elle... mais pour sa bien-aimée, il était prêt à tout : même à faire tomber le roi.
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Léon venait de pénétrer dans la chambre royale et vit immédiatement le dos d'Arthur qui semblait absorber par le ciel azur.
— Majesté ? Je vous attendais dans la salle de réunion. Pourquoi m'avoir fait venir ici ?
— Ici ou en bas, peu importe. Je voulais m'entretenir avec toi.
— Ah. En quoi puis-je vous aider ?
Il regarda le roi marcher doucement dans sa direction et fronça ses sourcils : Arthur était bizarre depuis quelques jours.
— Penses-tu que je ne devrais pas lancer les défis ?
— Pourquoi me demandez-vous cela ?
— Je ne sais pas justement.
Léon ne comprenait pas où il voulait en venir.
— J'envisage de me retirer des candidats et profiter de cet événement pour trouver mon successeur.
— Pardon Léon mais, je n'ai pas compris ta réponse, murmura-t-il surpris par ce revirement de situation. Enfin, c'est si soudain...
Gauvain faisait un effort pour ne pas se trahir : jouer Arthur c'était pire que de boire six choppes d'hydromel d'affilés ! Il prit une profonde respiration en attendant une réponse de Léon qui ne vint pas immédiatement. Le chevalier semblait soucieux et cela ne lui ressemblait pas. Il lui était rare de le voir ainsi... mais, l'amitié qui liait le roi et Léon ne datait pas de la veille. Gauvain le savait et peut-être se permettait-il de réfléchir à ce qu'il allait lui dire...
— Arthur...
Gauvain n'aimait pas du tout le ton amical qu'il venait d'employer.
— Depuis que Merlin a montré sa puissance au peuple de Camelot, plus personne n'a osé attaquer le royaume. Les quelques bandits qui s'y étaient tenté ne sont jamais revenus et,... je crois, soupira le chevalier, que j'ai besoin de partir.
— Pourquoi ? j'ai toujours pensé que tu te sentais bien ici ? !
Gauvain recula d'un pas quand Léon le dévisagea une seconde avant de poursuivre :
— Je ne vous l'ai jamais caché, sire !
— Bien, répondit-il sans vraiment connaitre les détails... mais, rafraîchis-moi la mémoire, s'il te plaît.
Le visage de Léon parut se détendre comme si cela faisait longtemps qu'il n'en avait pas parlé. Le chevalier lui tourna le dos, marchant autour d'un pilier imaginaire et se planta à nouveau devant lui :
— Depuis que Guenièvre est partie, j'ai espéré de tout mon cœur que vous puissiez trouver une autre femme mais,... ce n'est pas cela qui vous manque,... C'est Merlin.
Gauvain vit une étincelle briller dans les yeux de son aîné. Il leva son regard et sourit en apercevant une ride sur le front. Léon n'était pas pareil lorsqu'il était avec Arthur. Il le découvrait plus soucieux et attentionné.
— Sire ?
— Pardon ? réagit Gauvain en faisant un pas en arrière, tu disais ?
— Je parlais de Merlin !
— Je ne vois pas de quoi tu parles.
— Bien, répondit le chevalier, si vous permettez, je dois me rendre sur le terrain d'entraînement.
Gauvain le regarda s'approcher de la porte quand il finit par lui demander :
— Pourquoi voudrais-tu que je revois Merlin ?
Il contempla le visage de Léon qui venait de se tourner dans sa direction. Il semblait à la fois calme et inquiet.
— Je voudrais vous savoir en bonne compagnie quand je partirais. Vous savoir seul avec vos regrets ne vous aideront pas à y voir plus claire. Vous devriez aller à sa rencontre.
— D'accord, bredouilla-t-il en croisant un regard empli de compassion, je lui ferais parvenir une missive,... pour venir voir les défis et,... je pense que Gauvain l'accompagnera si Merlin accepte...
— Je l'apporterai moi-même sire. Si vous me l'écriviez pour cette après-midi, je pourrais être chez sa mère dans deux jours.
Gauvain, la bouche close, hocha la tête. Il ne comprenait pas ce qui venait de se passer. Il n'avait jamais regardé Léon de cette manière... Et son cœur semblait battre à vive allure dans sa poitrine... Il cala une main par-dessus et pria pour que le roi joue le jeu... Il était temps pour Merlin de revenir là où tout avait fini avec Arthur.
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Merlin préparait le repas de midi en silence. Il repensait à ce qui s'était passé tôt ce matin : Adrian se confiant et se laissant consoler par Gauvain. Ce dernier avait toujours été là pour lui... bien plus que ne l'avait été l'autre... puis, ce n'était pas comme s'il n'avait jamais rien fait avec lui.
Depuis que son meilleur ami était revenu de Camelot, il avait l'impression de le voir autrement... C'était comme si, quelque chose avait changé en lui... Et pour la première fois depuis très longtemps, il éprouvait un sentiment de réconfort... Peut-être que, aujourd'hui, il devait prendre conscience qu'il avait le droit d'aimer à nouveau... et accepter ses sentiments ? Peut-être devait-il, enfin oublier l'autre...
— Papa, j'ai faim ! s'écria son fils en se jetant tout contre sa taille.
Il baissa son regard pour le plonger dans celui d'Adrian. Son garçon paraissait heureux... et c'était grâce à Gauvain. Il releva alors son visage et posa ses yeux océan sur son ami de longue date. Il sourit nerveusement et fit mine de retirer une casserole du feu quand, la respiration coupée, son cœur s'emballa et ses joues s'enflammèrent.
— Tu vas bien Merlin? l'interrogea Gauvain quand son garçon ressortit pour nourrir les chevaux.
— Oui, répondit-il sans se tourner.
Il sentit Gauvain s'éloigner et s'asseoir sur une chaise.
— Adrian va mieux, l'informa son ami.
— Il t'apprécie beaucoup, chuchota Merlin d'une voix tremblante, et... moi, aussi... enfin, ce que je veux dire...
Il arrêta ce qu'il était en train de faire et s'approcha de son ami. Gauvain le regarda à son tour et son cœur tambourina dans sa poitrine quand il parvint à poser une main sur celle du chevalier.
— J'aimerai qu'on discute sérieusement de... nous.
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Arthur figé par ces mots ne voulait pas débattre d'une histoire entre Merlin et Gauvain. Il ne pouvait pas ! Mais peut-être devait-il l'avoir pour passer à autre chose et se pardonner d'avoir gâché la vie de Merlin. Au moins Gauvain avait été là pour lui depuis le début... Dix ans qu'il ne savait pas ce qui était advenu du sorcier et aujourd'hui, Merlin était attiré par Gauvain.
à suivre
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à la prochaine.
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ERIDINE
