Bonjour, Bonsoir, et Bienvenue au magnifiiiique nouveau chapitre de ce recueil de conneries !
Vous croyiez que seuls les chevaliers faisaient des paris ? Vous pensiez qu'Arthur avait enfin cessé d'être aussi aveugle ? Vous espériez que pour une fois, ce ne serait pas un jour comme un autre à Camelot ? Vous aviez tort !
(Je tiens à remercier tous ceux qui ont laissé des reviews. C'est grâce à vous si je continues d'écrire et que je garde la bonne humeur, dans ce qui est actuellement une passe assez déprimante pour moi, donc vraiment merci, vous éclairez mes journées !)
Enjoy !
Léon l'Immortel, chevalier de Camelot-sous-fleurs
Gwaine arqua un sourcil en voyant Merlin entrer dans la taverne, sifflotant gaiement, un sourire s'étendant sur son visage. Il croisa le regard de Perceval, Elyan et Lancelot, qui haussèrent simplement les épaules. Qui savait ce qui avait frappé leur ami sorcier secret - quoique on se demandait qui ignorait encore que le serviteur avait de la magie.
- Eh, Merlin ! S'exclama Elyan, attirant l'attention du serviteur. Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
Merlin s'approcha d'eux, et son sourire s'agrandit encore plus, si possible. Il prit un air ravi.
- Je viens de faire l'affaire du siècle. Sourit-il. J'ai fait un pari de cent pièces d'or avec toutes les nouvelles recrues de Camelot, et je suis certain de gagner.
- C'est risqué, non ? Tu ne gagnes même pas cent pièces d'or en un mois. Remarqua Perceval, toujours logique.
Le serviteur haussa les épaules d'un air peu concerné, avant de répondre, sans cesser de sourire.
- Oh, ce n'est pas grave. J'ai parié sur le résultat de la quête actuelle.
- La quête super dangereuse d'où personne n'est revenu vivant ? S'enquit Gwaine, surpris.
En effet, la quête du moment, que personne n'avait réussit jusque là, était une mission impossible. Elle consistait à traverser les terres hostiles du sud, qui brûlaient d'un feu éternel, puis grimper la montagne lisse et tranchante, pour abattre le géant albatros carnivore invisible, protégé par un sorcier invincible. Personne ne pourrait y arriver. Déjà des dizaines d'hommes s'y étaient risqués. Aucun n'était revenu.
C'est pourquoi les trois chevaliers furent étonnés que leur camarade leur dise qu'il avait parié que le prochain chevalier reviendrait vivant.
- C'est vraiment risqué, comme pari. Intervint Elyan, soucieux.
- Mais non. Continua de sourire Merlin, avant d'ajouter d'un air entendu. C'est Léon le prochain.
- Ah.
Les trois autres cessèrent de s'inquiéter immédiatement, et portèrent leurs bières à leurs lèvres avec un petit hochement de tête navré pour ces nouvelles recrues. Les pauvres allaient se faire détrousser.
Après tout, il était de notoriété commune que Léon était immortel.
Cinq jours plus tard
Léon et Merlin chevauchaient tranquillement côte à côte, discutant avec animation d'un nom pour le mini-cardan-solaire-portatif du chevalier - « Bon, je vais t'aider, montre ! » « Tu veux qu'on appelle ça une montre ? » « Mais non, je veux que tu me montre ce truc ! » « Aaah… C'est bête, j'aime bien l'idée. » - tout en se dirigeant vers Camelot.
Il aurait été difficile de croire, en voyant Léon dans son armure brillante, sa chevelure soyeuse volant au vent, sa peau parfaitement hydratée et ses bottes même pas sales, qu'il revenait d'une quête impossible à travers des contrées hostiles et contre des ennemis invincibles. Et pourtant. Dans sa sacoche trônait une plume invisible d'albatros carnivore géant, preuve irréfutable – à condition d'y toucher, puisqu'on ne la voyait pas – de sa réussite.
Merlin était, de ce fait, d'excellente humeur, se sentant déjà bien plus riche. Il s'était dévoué pour aller attendre Léon, à une heure de cheval de Camelot, des fois que le chevalier ai besoin de soins, mais au final il fallait croire que l'immortalité de Léon ne tenait pas du mythe, mais bel et bien de la réalité. Les nouvelles recrues allaient vite apprendre à leurs dépends que Merlin ne pariait jamais sans être certain de l'emporter.
Soudain, les deux hommes s'arrêtèrent en haut de la colline, fixant avec de grands yeux le château et la ville devant eux. Ou plutôt, l'amas de végétation fleurie qui recouvrait ce dernier. Camelot était complètement recouverte de verdure, ne laissant presque aucune pierre du château visible.
- Qu'est-ce que… Commença Léon avec choc, avant de se reprendre, et de demander avec hésitation. Est-ce que Gaius testait un nouvel engrais super puissant ?
Merlin ne répondit pas, n'en sachant rien, mais surtout se sentant soudain très excédé.
- Je m'absente pendant deux heures ! Grinça-t-il. Deux toutes petites minuscules, insignifiantes, heures. Et ils transforment Camelot en forêt vierge ! Comme si je n'avais pas assez de travail comme ça !
Léon lui lança un regard compatissant, avant de talonner sa monture en direction du gros tas vert et fleuri qu'était la ville. Ils n'allaient pas rester toute la journée à contempler le résultat de ce qui était sûrement encore une attaque ennemie. Merlin, soupirant, l'imita, se jurant qu'une fois qu'il aurait récolté son dû auprès des recrues avec qui il avait parié, il prendrait une semaine de vacances. Une looongue et reposaaaante semaine de vacances. Loin. Très, très, loin de Camelot et de ses bourgeons fleuris.
Enfin non. S'il s'absentait pendant une semaine entière, les dieux seuls savaient ce qu'il pourrait se produire dans ce royaume de fous. À tous les coups, il allait retrouver un champ de ruines à son retour.
Merlin grogna, renonçant à ce fantasme irréalisable à contre coeur. Il se voyait pourtant déjà quelque part au soleil, avec un jus de fruit frais et du calme.
Ils arrivèrent, après une brève distance parcourue au galop, à l'entrée de la ville, près à se battre, craignant le pire. Mais là, avec une certaine surprise, ils ne trouvèrent ni sorcier maléfique attaquant Camelot, ni Gaius avec un engrais super puissant, ni même une fée ou une autre chose du genre qui aurait pu réduire la ville à l'état de jardin fleuri. Non, ils trouvèrent simplement leurs amis, réunis dans la cour - qui était couverte d'herbe et de pissenlits grandissant à vue d'oeil. Tous regardaient d'un air blasé Mordred.
Mordred qui était rouge comme une pivoine, couvert de fleurs qui semblaient l'avoir adopté et s'enroulaient joyeusement autour de ses jambes – ce qui n'était pas surprenant, tout le monde voulait adopter Mordred.
Et qu'Arthur fusillait du regard.
- Que se passe-t-il ? Demanda Léon, sautant à terre souplement – laissant Merlin en train de se demander si sa maladresse lors d'attaques de bandits n'étaient qu'un leurre destiné à lui épargner le travail, lui en donnant de ce fait plus.
- Il se passe, S'exclama Arthur, que Mordred nous a menti !
- Ah bon ? S'étonna Merlin, fixant le druide avec étonnement – il voyait mal comment un garçon aussi innocent - mais certes manipulateur - que Mordred, actuellement couvert de fleurs, que diable, pourrait mentir à son roi. À propos de quoi ?
- Il a de la magie ! S'écria le roi, pointant le chevalier toujours couvert de fleurs.
Un grand silence suivit sa déclaration, avant que finalement Merlin ne se passe une main sur le visage, se sentant soudain très las. Cela faisait des mois que Mordred était à Camelot, des semaines qu'il utilisait sa magie presque aussi ouvertement que Merlin le faisait – enfin, surtout quand il était bourré, courtoisie de Gwaine qui adorait traîner le druide à la taverne – et Arthur n'avait toujours rien remarqué.
Il avait fallu que Mordred recouvre Camelot entièrement de fleurs – Merlin ne ferait même pas de commentaires à ce sujet – pour qu'Arthur le comprenne. Oh, il fallait bien s'appeler Pendragon pour manquer quelque chose comme ça.
- Arthur. Soupira le serviteur, prenant son mal en patience. Mordred a de la magie depuis qu'il est petit, et vous le saviez, puisque vous l'aviez aidé à s'évader de Camelot.
Nouveau silence. Arthur fixa Merlin avec de grands yeux, puis tourna le même regard ahuri vers Mordred. Puis soudain, enfin, l'illumination frappa.
- Attends. Ce Mordred ci, est le même Mordred que le druide que j'avais sauvé toutes ces années plus tôt ? S'exclama-t-il, abasourdi.
Mordred arqua un sourcil devant tant de... Il ne savait même pas ce que c'était, à ce stade, mais c'était grave. Il ne trouvait même pas une seule réplique sarcastique à utiliser – et à vrai dire, rien de ce qu'il pourrait dire ne serait pas crédible, puisqu'il y avait de plus en plus de fleurs sur lui, ayant atteints son torse.
Guenièvre ouvrit la bouche pour dire quelque chose. La referma. Se tourna vers les chevaliers qui hésitaient sur la marche à suivre, en quête de soutien. Elle ne trouva malheureusement que des regards blasés, tous aussi perdus les uns que les autres.
Gaius regardait le tout d'un regard vide, n'ayant même pas écouté. Il en avait vu, des choses, pendant sa longue vie, mais Camelot recouverte de fleurs ? Jamais. Il était trop vieux pour ces excentricités.
Merlin fixa Arthur pendant une seconde, cherchant désespérément une explication, ou même la preuve qu'il avait mal entendu - s'était-il lavé les oreilles, pourtant oui. Une fois qu'il eut constaté que non, il n'hallucinait pas, ne rêvait pas, et que tout le monde avaient entendu la même chose, il pointa Mordred du doigt, avec un air impuissant sur le visage. Commença à gesticuler en silence, ne parvenant pas à trouver les mots pour décrire la stupidité de son roi. Abandonna.
- Comment est-ce que ce royaume tient encore debout ? Demanda-t-il finalement.
Guenièvre arqua un sourcil, se désignant clairement du doigt, avant de le désigner à son tour, lui rappelant exactement qui gardait toujours Arthur dans le droit chemin.
Merlin leva les yeux au ciel. Il était las, mais las.
- Je démissionne. Grogna-t-il. Je ne suis pas assez payé pour ces conneries.
Et il remonta sur son cheval, qu'il dirigea hors de Camelot.
Il avait vraiment besoin de vacances.
Tous regardèrent Merlin s'éloigner au galop, la bouche grande ouverte, ne sachant pas comment réagir. Finalement, tandis qu'Arthur boudait dans un coin en marmonnant qu'il était utile et que Merlin n'était qu'un idiot, Guenièvre se tourna vers Mordred. Le druide était en train de tenter de se dépêtrer du mieux qu'il pouvait des fleurs qui continuaient de pousser sur lui, sans grand succès.
- Mordred ? L'interpella-t-elle, le faisant s'immobiliser. Est-ce que tu peux défaire le sort que tu as lancé, pour faire disparaître les fleurs ?
Le chevalier secoua la tête d'un air honteux, les joues rouges, et les cheveux tellement pleins de verdure qu'on en voyait plus la couleur. La reine soupira, se tournant vers Gwaine, Elyan, Lancelot et Perceval.
- Que ce soit bien clair, fit-elle calmement, c'est la dernière fois que vous emmenez Mordred à la taverne.
Gwaine ouvrit la bouche pour riposter, mais l'air soudain menaçant de la jeune femme le fit taire. Les trois autres chevaliers se contentèrent de regarder leurs pieds d'un air penaud. Léon, qui jusque là s'occupait de tapoter le dos d'Arthur en le réconfortant - "Mais oui, sire, vous êtes utile, bien sûr, il ne faut pas écouter Merlin. Ou votre femme. Ou..." - se tourna vers la ville, entièrement recouverte de fleurs.
- Qu'est-ce qu'on va faire à propos de ça ? Demanda-t-il.
Personne ne répondit, ayant tous aussi peu envie les uns que les autres de proposer de désherber la ville entière à la main. Finalement, Elyan fit remarquer d'un ton hésitant.
- On pourrait laisser ça comme ça ? Proposa-t-il. C'est assez joli, non ?
Pour tous les adorateurs secrets de Léon et de son immortalité tout aussi secrète, j'espère avoir répondu à vos attentes !
Pour tous les autres, j'espère que vous n'êtes pas déçus par ce nouveau jour comme un autre à Camelot, ville fleurie ! Si je peux, je posterais un autre chapitre bientôt, peut-être d'ici une semaine ou deux, mais je ne garantis rien (à part du délire complet, comme d'habitude).
Je rappelle que tous les commentaires sont appréciés, surtout si c'est pour me dire que je vous donne envie de commencer la botanique, et qu'il faut absolument mettre plus de fleurs sur les autres chevaliers. Will do, my dears, will do !
Sur ce, à bientôt ! :D
