Disclaimer : Je ne possède pas Harry Potter.
Warning : Cette fiction est un slash avec scènes de sexe explicites et parfois assez dures alors si vous êtes trop jeunes ou que vous n'aimez pas les relations entre hommes, cette histoire n'est pas pour vous.
Bonne lecture !
Mardi 12 mai 1998, 8h00
Severus était impassible quand le hibou lui laissa une missive à la table des Professeurs le lendemain matin, mais quand il l'ouvrit et vit à la fois son nom et celui du jeune homme, il ne put s'empêcher de grogner. Potter n'avait-il pas le moindre soupçon de jugeote dans l'espace entre ses oreilles ? N'avait-il même pas remarqué que le précis avait évité toute utilisation de noms ?
Il leva les yeux et jeta un regard noir, espérant faire comprendre son point de vue. Ce ne fut pas le cas le jeune homme ne le regardait même pas. A vrai dire, c'était mieux que le contraire, supposait Severus. Il ne se délectait pas qu'Harry Potter le regarde, et pas seulement parce que cela pourrait lui couper l'appétit. C'était aussi dangereux. De vagues rumeurs de la prophétie circulaient déjà dans les maisons de Poudlard. Heureusement, personne ne semblait vraiment avoir de détails précis, mais Severus doutait que cela dure si Potter n'était pas discret.
Envoyer une lettre de cette façon, une lettre portant leurs deux noms de surcroît, était un mauvais début.
Grognant de nouveau face au manque abyssal de discrétion du jeune homme, Severus se mit à lire.
Professeur Rogue,
J'ai lu attentivement les informations que vous m'avez fournies. Je suppose que je devrais vous remercier d'avoir tout compilé mais je me sens pour le moment trop irrité. Pour être honnête.
Vous m'avez dit de venir vous parlez lorsque je serai prêt. Franchement, je ne peux imaginer être prêt pour une telle conversation, vous savez. Mais j'avais quelques questions sur ce que vous avez écrit. Voulez-vous bien y répondre par écrit ?
Harry Potter
L'invocation du rite par Caligula a-t-elle échoué à cause de ses pouvoirs déjà mis en doute, ou parce qu'il était fou, ou pour une autre raison ? Si la dernière fois que le rite a été invoqué, le suppliant a déchiré sa femme enceinte et mangé son enfant à naître, alors les sorciers ont eu raison de l'éviter depuis. Je ne veux pas finir fou et arracher le cœur de quelqu'un, à moins bien sûr que ce ne soit celui de Voldemort.
Je comprends que l'esclavage doit être réel (seule la vérité triomphera du mal), et les esclaves, de par leur nature, ne peuvent rien posséder, j'ai donc le devoir de vous donner mes biens. Mais je n'aime pas l'idée. J'ai beaucoup d'or à Gringotts et je ne peux croire que je n'en aurai plus besoin. Pouvons-nous passer un accord pour que je le récupère à la mort de Voldemort ?
Si le sort est supposé être utilisé sur un « sorcier très faible », ce que vous admettez que je ne suis pas, pour quelle raison devons-nous penser que toutes les restrictions que vous mentionnez seront vraies ? Si nous nous fions à la prophétie, nous pouvons croire qu'elle m'accordera des pouvoirs décuplés, mais quant au reste ? Compulsio, le lien mental limité, même le besoin d'obéissance et de relation sexuelle que vous énoncez… à mon avis, tout cela est flou, ainsi que presque tout ce que vous avez écrit dans la section sur la maturation et les conséquences. Le fait que j'initie le rite en étant marqué comme l'égal de Voldemort doit avoir un effet sur le fonctionnement du sortilège, non ?
Le rite a été conçu pour les amoureux, ce que nous ne sommes pas. Cela ne produira-t-il pas également des changements conséquents et imprévisibles sur le fonctionnement du sort ? La partie sexuelle ne devait peut-être se produire que dans l'ancien temps parce que le suppliant et le maître le désiraient. N'êtes-vous pas d'accord ?
Pourquoi invoquer le sort vous oblige à me faire souffrir ? Cela semble contradictoire avec ce que le rite est censé présager de ce que vous avez écrit à propos de la Magie Sexuelle (ce que je reconnais n'avoir pas vraiment compris).
Il n'y a « pas de limites » à votre comportement envers moi, vous avez écrit. Mais autant que je sache, rien dans le sort n'exige que vous vous comportiez comme un bâtard, alors pourquoi ne pas nous mettre d'accord par avance sur certaines règles de base ? Techniquement, après, vous pourriez les ignorer et vous le savez, donc il y aurait toujours ce « sans limites » synonyme de l'esclavage total exigé.
Je ne comprends pas en quoi la magie pourrait m'empêcher de trouver un emploi si j'en voulais un, plus tard.
Je ne vois pas non plus pourquoi Podentes doit être si irréversible. Même si je suis bel et bien coincé par ce contrat, ne pourrez-vous pas y renoncer lorsque je n'aurais plus besoin des pouvoirs décuplés ? Je présume que cela mettrait un terme à notre connexion magique et que reviendrais à mon moi habituel, ce qui conviendrait mieux au monde sorcier, d'après ce que je comprends.
En ce qui concerne la part de l'invocation où vous devez me « marquer de façon permanente », que cela signifie-t-il exactement ? Je ne veux pas d'une autre cicatrice, et je ne veux sûrement pas d'une marque comme celle que vous avez.
H.P.
Mardi 12 mai 1998, 16h15
Harry était assis sur la pelouse du château, le guide d'études pour les ASPIC ouvert au chapitre sur les Potions. Hermione lui avait prêté le livre, lui disant que tout était clair, mais Harry s'était rapidement aperçu du contraire. Il était vite devenu clair pour lui que, même si cela était difficile d'apprendre les Potions dans le cachot avec Rogue qui réprimandait tous ses mouvements, il était encore plus difficile de l'apprendre d'un livre. Comment était-il supposé maîtriser des listes et des listes d'interactions, sans parler de mémoriser comment brasser la centaine de recettes les plus souvent demandées à l'examen final ?
Les recettes, pensa-t-il. Il n'avait jamais eu beaucoup de mal à se souvenir de recettes même compliquées, mais peut-être était-ce parce que lorsqu'il cuisinait pour les Dursley, ils le laissaient le plus souvent seul pour en être débarrassé. De même pour le désherbage, le nettoyage des fenêtres et la plupart de ses autres corvées. Certes ils critiquaient, mais c'était souvent après. Pendant qu'il travaillait, il pouvait généralement se concentrer.
Malheureusement pour Harry, Rogue ne l'avait jamais laissé réfléchir en classe, encore moins se concentrer. Sauf une fois, se reprit-il mentalement. En cinquième année, après le désastre des leçons d'Occlumencie, Rogue avait positivement décidé de l'ignorer en classe
Cela avait été le paradis. Il avait préparé une potion presque parfaite, ce jour-là, même si sa note n'avait pas été bonne Rogue l'avait jeté à terre en un geste de dépit puéril. Mais Harry savait qu'il n'était pas totalement nul en Potions, contrairement à ce que Rogue ne cessait de dire.
Assis là avec le guide d'études, cependant, il se sentait plutôt nul. Désespéré aussi. Qu'allait-il faire ? Le programme des Aurors exigeait un haut degré de compétence en Potions.
Les pensées déprimantes d'Harry furent interrompues par l'arrivée d'une chouette effraie marron. Elle descendit pour laisser tomber une lettre sur ses genoux puis s'envola sans même attendre une récompense. C'était tout aussi bien il n'en avait pas sur lui, de toute façon.
Recevoir une lettre était généralement un événement pour Harry, mais celle-ci devait certainement venir de Rogue. En parlant de dépression. Un message du Maître des Potions n'était pas un événement même dans des circonstances normales. Et les circonstances étaient loin d'être normales.
Toutefois, il avait demandé des réponses à ses questions, il supposait donc que les choses auraient pu être pires. Au moins, Rogue avait pris la peine de répondre, même si la réponse semblait laconique, presque hostile du fait de l'absence de toute salutation et de toute signature :
Votre désir d'information mis à part, nous devons commencer à nous préparer à entreprendre le rituel. Descendez aux cachots directement après le dîner ce soir. Comme vous allez souvent me rendre visite dans les semaines à venir, Albus a accepté que vous puissiez, à chaque fois, aller dans son bureau et partir de là pour vous rendre dans mes quartiers, qui sont constamment protégés contre les intrusions indésirables. Cela évitera les discussions inutiles, même si j'espère que vous vous rappelez qu'après avoir invoqué le rite, votre statut d'esclave deviendra public. Les réponses à vos questions suivent.
Caligula était déjà fou, et même si vous avez tendance à être irritant, irresponsable et insolent, je doute sérieusement que vous finissiez par déchirer les gens.
Nous ne pouvons passer aucun accord, que ce soit pour votre argent ou quoi que ce soit d'autre. Franchement, je suis surpris que vous l'ayez demandé. Tout accord antérieur que nous passerions vous amènerait à vous soumettre avec réserves. Cela ne suffira pas votre soumission doit être inconditionnelle. Quant à vos inquiétudes, voici tout ce que je peux vous offrir : je ne suis pas un homme gentil, mais je ne suis pas non plus sujet à des actes de cruauté gratuite, pas même envers vous. Si vous n'êtes pas capable de comprendre ce que je veux dire par là, vous êtes encore moins intelligent que ce que j'ai longtemps supposé.
Podentes pourrait fonctionner différemment si deux sorciers puissants s'y adonnent, mais je doute que cela le soit. Pour comprendre pourquoi, vous aurez besoin de saisir la mécanique de la magie interaxiale. Je concède, cependant, que nous devrons tester le lien mental et le Compulsio pour vérifier leur efficacité.
Le paragraphe précédent mis à part, vous n'avez aucune raison de supposer que notre manque de relation amoureuse ait un quelconque impact sur la nécessité de la Magie Sexuelle au cœur de Podentes. En clair, me recevoir physiquement en vous fera appel à la magie générée lors de l'invocation pour la faire mûrir. Quand je jouirai en vous, cet effet sera encore plus fort. Il n'y a aucun moyen d'éviter cet aspect particulier de Podentes, pas si vous souhaitez réellement acquérir les pleins pouvoirs. (Il y a une autre raison pour laquelle la Magie Sexuelle ne doit pas être négligée dans notre cas. Je ne l'écrirai pas. Demandez-le-moi).
Vous avez demandé pourquoi une partie du rituel m'oblige à vous infliger de la souffrance. Evidemment, la réponse est parce que les concepteurs du sort l'ont construit autour de la douleur et du plaisir à la fois. Quant à savoir pourquoi ils présageaient de la sexualité ainsi, ai-je vraiment besoin d'expliquer à quel point une petite douleur peut s'avérer érotique ? Quoi qu'il en soit, je pense aussi qu'infliger de la douleur permet de mettre en évidence le fait que le maître est en droit de ce qu'il veut du suppliant.
Quant au « pas de limites » à mon comportement envers vous, non, nous ne pouvons pas avoir une conversation pour en établir. Ne vous méprenez pas je n'ai pas l'intention de vous écorcher vivant, aussi charmante je puisse trouver l'idée. Cependant, je ne peux faire aucune promesse (voir paragraphe 2, si vous avez déjà oublié les bases comme vous l'avez fait pendant sept ans en classe).
La magie pourrait vous « empêcher » de travailler de plusieurs façons. Si vous essayiez de trouver un emploi, vous êtes transplané à plusieurs reprises auprès de moi. Ce serait le contrat, pas moi. Si vous continuiez à défier, vous pourriez bien vous retrouver sans mains pour travailler, jusqu'à ce que vous cessiez de provoquer le contrat. Ce ne sont que des exemples. Les contrats d'obligation magique sont notoirement imprévisibles et il ne faut pas les provoquer.
Podentes est irrévocable. Je ne serai pas en mesure de renoncer au contrat car, si vous vous souvenez bien, je n'en fais techniquement pas partie. Vous seul allez le signer. Après la disparition du Seigneur des Ténèbres, je pourrais certainement couper votre accès à ma magie (et la vôtre, si je le voulais), mais savoir que l'arrangement était volontaire de ma part n'est pas de nature à apaiser les craintes du public sorcier, étant donné ma réputation. Il n'y aura aucun moyen de mettre fin à notre connexion magique et tout ce qu'elle implique, jamais. Je serai cependant capable de vous bannir si je le voulais. Cela vous laisserait dans une situation déplorable puisque le contrat vous punirait dès que vous chercheriez à gagner votre vie. Il me sera peut-être possible de continuer à subvenir à vos besoins sans rien demander en retour. Je soupçonne cependant qu'un tel comportement, même initié par moi, serait considéré comme un moyen de tourner en dérision le contrat. Se moquer d'un contrat magique est extrêmement imprudent, comme je l'ai déjà expliqué. En tout cas, les circonstances actuelles rendent les promesses contre-productives, donc ne demandez pas de serments sur ce que nous ferons après avoir vaincu le Seigneur des Ténèbres.
Je n'ai aucune envie de marquer qui que ce soit, mais comme l'invocation l'exige, je vais réfléchir à la meilleure forme à adopter pour la marque.
Ce parchemin est ensorcelé pour prendre feu dans dix minutes, donc si vous souhaitez le relire, faites-le maintenant. Je suis déçu (mais pas surpris) que vous n'ayez pas pensé à protéger votre propre lettre. Les communications écrites traitant de sujets tels que celui-ci sont intrinsèquement dangereuses. Voulez-vous vivre après votre dix-neuvième anniversaire ? Si oui, ne me mettez plus en danger. Venez dans mes quartiers après le dîner.
Harry secoua la tête. La paranoïa était une chose là c'était tout autre. Certes, Rogue avait survécu à des années et des années d'espionnage, peut-être parce qu'il avait appris à être un fils de pute si méfiant. Tout en y réfléchissant, Harry attendit que le parchemin s'embrase, puis l'agita pendant qu'il brûlait, dispersant les cendres sur une large zone d'herbe.
Puis, le cœur gros, il rentra pour le dîner.
Mardi 12 mai 1998, 19h06
« Le Professeur Rogue a modifié ses protections pour que tu puisses y entrer, » dit le Directeur quand Harry demanda s'il avait besoin d'un mot de passe pour descendre dans les cachots. « Dis simplement Quartiers privés de Severus Rogue. »
Harry hocha la tête, se demandant s'il avait l'air aussi blanc qu'il le pensait.
« Harry, » continua Dumbledore, « j'espère que Severus a été… euh, moins acerbe que d'habitude lorsqu'il t'a expliqué ce qu'était Podentes ? »
« Nous n'en avons pas beaucoup parlé, » admit Harry. « Il voulait surtout être sûr que c'était bien la troisième prophétie de Trelawney. »
« Mais est-ce qu'il a été correct avec toi ? »
Harry se renfrogna. « C'était donc ça le pari ? S'il parvenait à ne pas me traiter d'idiot pendant cinq minutes, il avait le droit de retirer des points à Gryffondor ? Et ne dites pas, quel pari, Harry… il a laissé entendre qu'il y en avait un, d'accord ? » Réalisant qu'il se triturait les mains, Harry les repoussa hors de vue, dans les plis de sa cape. « C'est merveilleux de faire face à une sentence d'esclavage à vie et de savoir que vous faites des paris sur moi dans mon dos ! »
« C'était le seul moyen de convaincre Severus de te traiter avec un minimum de respect, » expliqua le Directeur. « Il a perdu le pari, Harry, quand tu as eu le courage d'aller le voir à propos de la prophétie. »
« Oh, » répondit lentement Harry. « Je suppose que ce n'est pas si grave. C'est toujours d'actualité, ce que vous lui avez dit l'autre soir ? Il ne peut plus me retirer de points ? »
La longue barbe grise de Dumbledore se balançait d'un côté et de l'autre tandis qu'il secouait la tête.
Le front d'Harry se plissa. « Non, il peut, ou non, il ne peut pas ? »
« Je ne le permettrai pas. »
« D'accord. Je suppose qu'il était un peu poli dans ce cas. Je veux dire, il n'est pas doué mais je pense qu'il y avait des moments où il a dû essayer. »
« Il pourrait ne plus se sentir contraint, » prévint le directeur.
« Je m'en souviendrai, » dit Harry alors qu'il entrait dans la cheminée. Laissant tomber la poudre de Cheminette avec plus de force que nécessaire, il énonça les mots qui le transporteraient jusqu'aux cachots.
Mardi 12 mai 1998, 19h16
Severus était assis en face de la cheminée quand Potter arriva. Les bonnes manières le firent se lever pour saluer son… il n'était pas tout à fait sûr de ce que le jeune homme était, en fait. Invité était un bien grand mot, mais il se leva tout de même.
« Accrochez votre cape là-bas, » ordonna-t-il, indiquant un support en bois autoportant à quelques pas de la cheminée.
« Nan, c'est bon, » dit obstinément le jeune homme, s'y cramponnant presque comme si c'était une sorte de bouclier.
« Faites-le, Potter, » insista Severus. « Et n'essayez pas de prétendre que vous avez froid, j'ai jeté un sort pour réchauffer le cachot il y a quelques temps. »
Le front du jeune homme se plissa. « Pourquoi ? »
« Parce que, » grommela-t-il, « nous devons nous habituer l'un à l'autre. Si vous ne supportez pas d'enlever votre cape en ma présence, comment pensez-vous que nous allons gérer le reste ? »
Le jeune homme grogna, mais au moins il enleva cette satanée cape. Puis il resta là, lugubre, provocateur, les yeux plissés de haine.
Certainement pas un début prometteur à la relation moins hostile dont Severus avait réalisé qu'ils auraient besoin. Rappeler au jeune homme son futur statut de giton était imprudent cela approfondit son antagonisme. Se rappelant de parler plus modérément, Severus agita une main vers le canapé. Une fois Potter assis, il évita sa chaise habituelle et s'assit à l'autre bout du divan antique. Allongeant ses longues jambes, il les fit pivoter vers le jeune homme, qui leur donna ce que l'on ne pouvait décrire que comme un regard soupçonneux. Puis Potter eut l'audace de détourner ses propres jambes, comme si un contact ponctuel avec Severus pouvait le corrompre.
« Pour l'amour de Merlin ! » éclata Severus. Que pensait le jeune homme ? « Je ne vais pas vous prendre ce soir, vous savez ! »
« Non, je ne sais pas, » vint la réponse brûlante. « Je n'ai aucune idée de ce que vous avez en tête, tout ce que je sais, c'est que vous m'avez demandé de descendre ici pour que nous puissions nous préparer pour une relation sexuelle, et ce sont exactement vos mots. »
« Vous sortez ce que j'ai écrit de son contexte… »
Potter avait non seulement le culot de l'interrompre, mais aussi de le faire avec ce qui était sans doute la liste la plus rude de commentaires que Severus n'ait jamais entendue. « Pour autant que je sache, » dit-il en élevant la voix, « vous détournez délibérément toute la prophétie pour en faire ce qui vous arrange, juste parce que lorsqu'il s'agit de moi, vous avez toujours ce désir de vengeance à propos de choses que mon père a faites ! Est-ce de cela qu'il s'agit, Professeur ? Vous pensez que cela sera amusant de m'humilier de cette façon, me faire faire des trucs qui me rendent malade pour que je finisse par me haïr autant que vous haïssez James ? »
Severus dévoila ses dents. « Je vous assure, Monsieur Potter, que cette situation est extrêmement désagréable pour moi, et votre implication dans cette histoire, presque intolérable. Je n'ai pas demandé cela, et je ne le veux pas. Si vous pensez que j'interprète mal cette prophétie… alors vous êtes tout aussi insensé que cet affreux vieil oiseau qui l'a émise. »
Il vit que Potter était à peine calmé. « Ouais, eh bien, au moins vous êtes… »
« Oui ? »
Son ton menaçant avait stoppé le jeune homme dans sa foulée. Ou alors, Potter n'était pas sans manières, car il s'arrêta pour réfléchir un moment, puis dit prudemment, « Je m'excuse, Monsieur. Ce que j'allais dire n'est pas correct. »
« Qui était ? » Ce même ton menaçant qui l'avait fait réfléchir le fit parler. Intéressant.
« Euh, la rumeur dit que… euh, eh bien… »
Le jeune homme était désespéré, ce qui n'était pas de bon augure. Severus faillit soupirer. Il ne pouvait même pas discuter du sujet de manière cohérente ?
« Êtes-vous par hasard en train d'essayer d'aligner quelques mots sur mes préférences sexuelles, Potter ? »
Merlin, il ne pouvait même pas répondre à ça, juste le regarder avec de grands yeux paniqués.
« Je pense que vous vous apercevrez que les rumeurs sont généralement fondées, » l'informa Severus. « Je suis en effet attiré par les hommes. »
Potter avait l'air au bord de l'évanouissement, mais il parvint à souffler, « Euh ouais. Eh bien, je pense que vous devez le savoir, moi non. »
Comme c'est étonnant, pensa Severus, sarcastique même dans sa tête, mais tout qu'il dit à voix haute fut un neutre, « Je m'en doutais. »
« Non seulement ça mais… » Potter ferma les yeux, comme si le simple fait de prononcer ses mots le faisait se sentir souillé. « Je comprends ce que vous avez écrit, à propos de… oh, Merlin. Euh, à propos de ce que la prophétie exigera, l'intim… euh l'aspect personnel de tout ça, je veux dire. Mais… je ne suis pas attiré par vous, Monsieur. Pas du tout. »
« C'est tellement évident, » dit Severus d'un ton sec. « Cela n'a pas d'importance non plus. »
« Comment cela ne peut avoir d'importance, alors qu'on est censé… euh, vous savez ? »
« A quel point voulez-vous que je sois franc ? » demanda Severus, puis il vit les muscles de la gorge du jeune homme se distendre, alors qu'une légère rougeur montait du col de sa chemise blanche pour colorer lentement son visage. Il semblait presque que sa cravate rouge et or l'étouffait, même si cela lui venait peut-être à l'esprit parce que Severus avait souvent fantasmé sur le fait d'étrangler des Gryffondor avec les couleurs de leur maison.
« Je crois que vous avez compris, » railla-t-il avec mépris. Certes, cela n'était certainement pas une perspective agréable pour un homme hétérosexuel de dix-huit ans, mais ce n'était pas la fin du monde non plus, n'est-ce pas ? Le jeune homme agaçant semblait penser que c'était le cas, ce qui poussa Severus à dire ce qu'il avait essayé de ne pas dire l'instant précédent. « C'est bon, Potter. Vous n'avez pas besoin d'être amoureux, ni même de trouver les hommes attirants pour écarter les jambes et prendre le… »
« C'est bon ! » interrompit le Gryffondor. « C'est assez franc ! »
Severus se pencha en arrière et allongea davantage ses jambes. Et si le jeune homme était mal à l'aise ? Grand bien lui fasse, après qu'il ait été aussi maladroit pour annoncer que non seulement Severus n'était pas attirant, mais que tout contact entre eux le rendrait malade. Severus le savait déjà il n'avait pas besoin qu'on le lui jette au visage.
Quand le jeune homme se recroquevilla encore plus dans son coin cependant, Severus ne se sentit plus aussi satisfait de son malaise. Allons, Severus, il n'a que dix-huit ans, lui dicta sa conscience. Dix-huit ans et il essaie de ne pas admettre que Podentes l'effraie à mort, le Gryffondor.
« Je pense que nous sommes partis du mauvais pied ce soir, » annonça Severus, passant abruptement à ce qu'il pensait être sa voix chaleureuse. Peut-être que s'il traitait le jeune homme comme un invité plutôt qu'un parasite, les choses iraient un peu mieux. « Recommençons. Harry, comme c'est gentil de me rendre visite. Qu'est-ce que je peux vous servir ? Une Bièraubeurre ? Quelque chose de plus fort ? »
Le jeune homme émit une sorte de petit bruit choqué. « Je ne peux décider si je suis plus choqué d'entendre mon prénom ou de vous entendre m'offrir un verre. »
Severus décida qu'ils feraient aussi bien de s'occuper des noms tout de suite. « J'ai également appelé votre père Potter, et vous avez raison sur le fait que je le haïssais. Etant donné ce que nous devons traverser ensemble, je pense qu'il vaut mieux arrêter de vous confondre l'un et l'autre, n'est-ce pas, Harry ? »
Le jeune homme semblait trouver son nom étrange dans ces quartiers, mais il hocha la tête en répondant, « Ouais, d'accord, Professeur. »
« Severus. »
Merlin, il était là, encore à faire sa tête de poisson. Ce fut tout ce que Severus put faire pour ne pas se lever et relever son menton pour fermer cette bouche.
« Severus, » fit Harry d'un ton extrêmement dubitatif, un ton qui disait très clairement, Ouais, bon… il neigera en enfer avant que je ne vous appelle Severus.
« Je n'ai vraiment pas envie d'être appelé Professeur, ou même Monsieur, au lit, » expliqua Severus, ne laissant pas le rougissement du jeune homme le déranger autant cette fois. Ils devaient surmonter son embarras c'était aussi simple que cela. Il soupira. « En fait, c'est assez perturbant que vous soyez si jeune et un élève. Au moins vous n'êtes plus dans ma classe. Ah… ça me rappelle. Comment se passent vos révisions pour les ASPIC ? »
« Euh, bien, » marmonna Harry en détournant les yeux. Severus n'était pas sûr de le croire et il connut un moment de malaise, mais il le repoussa. Il ne pouvait pas le réinviter, non ? Pas qu'il en ait envie, mais s'il le faisait, il serait inapproprié de reprendre une relation élève/professeur, étant donné que la prophétie allait les forcer à certaines intimités. Et ce n'était pas comme s'ils pouvaient attendre la fin de l'année scolaire, n'est-ce pas ? Avec le 31 juillet qui se profilait à l'horizon, ils n'avaient pas de temps à perdre.
« Vous ne m'avez pas dit ce que vous souhaitez boire, » dit soudainement Severus.
« Ah, je ne sais pas, » dit Harry, apparemment fasciné à la vue de ses propres mains. Il commença à utiliser son ongle pour saisir distraitement la cuticule d'un doigt, tandis que ses pieds tapaient le sol de pierre.
« Oh, pour l'amour de Merlin ! » dit Severus. « Pourquoi n'êtes-vous pas capable de vous détendre ? »
Cela fit lever les yeux d'Harry. Et le fit parler, même si comme Merlin le sait, la diction du jeune homme était atroce.
« Bon sang, pourquoi vous pensez, Severus ? » se moqua Harry, mais ce n'était pas dans sa nature de supporter longtemps ce ton menaçant. Il se leva et fourra les mains dans ses poches. « Ecoutez, je… je ne pense pas pouvoir faire ça, ok ? Je veux dire, euh, pas ce soir. J'ai besoin de plus de temps pour m'habituer à l'idée, donc je ferais mieux de partir. J'ai des devoirs à faire. »
« Asseyez-vous, » ordonna Severus, qui attendit qu'Harry retombe. « C'est bien plus important que tout le reste, et vous le savez. Quant à ce que vous ne pouvez pas faire ce soir… » Il étouffa un léger rire. La situation difficile du jeune n'était pas si amusante que ça. Vraiment pas. « Je pense que vous avez mal interprété mon plan de bataille, pour ainsi dire. Que pensiez-vous que nous allions faire ce soir ?
« Euh… euh… »
De nouveau ce rougissement, si violent qu'il rayonnait de chaleur vers Severus. Il envisagea brièvement d'exiger une réponse, mais décida que cela ne servirait pas son but de rendre Harry encore plus mal à l'aise.
« Tout ce qui vous inquiète, écartez-le, » recommanda le Maître des Potions. « Ce soir, j'ai pensé que nous devions parler, et essayer de nous habituer un peu plus à la compagnie de l'autre. » Quand Harry se renfrogna légèrement, Severus reprit : « Oui, la perspective est abominable pour moi aussi, mais il le faut. »
Harry le surprit alors, étirant enfin ses jambes – bien qu'il les ait gardées loin de Severus – en lançant : « Dans ce cas, de la Bièraubeurre, je pense. »
Severus se leva et se dirigea vers la cheminée, mais avant de jeter une pincée de poudre pour contacter les cuisines, il fit la remarque : « Vous pouvez prendre quelque chose de plus fort, si vous le souhaitez. Vous êtes en âge. »
« Non, je dois vraiment étudier après, » insista Harry.
Severus lui lança un regard moqueur, puis demanda à ce qu'une Bièraubeurre et une tasse de thé chaud soient servies dans ses quartiers. Avant même qu'il ne soit revenu jusqu'au canapé, les boissons avaient fait leur apparition sur la table basse à la française.
Il attendit qu'Harry soit suffisamment détendu pour prendre une gorgée, avant de demander, « Alors, comment se passent vos cours ce trimestre ? »
Cela n'entraîna pas la réaction espérée. Choqué, Harry s'étouffa dans sa boisson et finit par en pulvériser une bonne bouchée. Puis il éclata d'un rire nerveux, bien qu'il parvînt à conserver assez de lucidité pour saisir le mouchoir que Severus avait fait apparaître et éponger sa veste.
« C'est ce que l'on appelle une conversation polie, Harry », railla Severus. « Le concept vous est-il complètement inconnu ? Avez-vous été élevé dans une famille de babouins ? »
« Ce n'est tout simplement pas… vous, » marmonna le jeune homme, se redonnant du courage avec quelques gorgées. Des gorgées qu'il avalait, même si personne n'aurait pu comprendre ce qui lui donnait du courage dans une boisson juvénile telle que la Bièraubeurre. Eh bien, pensa Severus, il aurait tout le temps d'éduquer le palais du jeune homme, en supposant qu'il en ait envie.
Il essaya encore, bien que cette fois, son ouverture ait été moins polie. « Suggérez donc un sujet, grand orateur que vous êtes. Oui, je peux imaginer la salle commune de Gryffondor un soir, alors que vous tenez une audience sur des Basilics, des Hippogriffes et vos nombreux triomphes dans le célèbre Tournoi des Trois Sorciers. Hmm, avez-vous dépensé vos gains en bagatelles inutiles ou sont-ils enfermés dans le coffre que vous allez bientôt me donner ? »
« Taisez-vous, » gronda doucement Harry.
Ne pouvant supporter un tel langage, Severus lança automatiquement, « Dix points de… »
Il se reprit de lui-même, se sentant stupide. Albus avait raison ce n'était pas une affaire de maison. C'était entre Potter et lui. Harry et lui, se corrigea-t-il.
« Je pense, » dit prudemment Harry, « qu'au lieu de nous insulter, nous ferions mieux de nous occuper de la question à laquelle vous faites souvent allusion, mais que vous n'expliquez pas. L'autre raison pour laquelle dans notre cas, la… Magie Sexuelle est nécessaire ? »
« Vous deviez demander, » répondit sèchement Severus.
« C'est ce que vous avez dit. »
« Taisez-vous et laissez-moi réfléchir ! »
Un peu perplexe, Harry but sa boisson jusqu'à ce que son verre soit vide.
Severus rassembla ses pensées, surpris de voir à quel c'était difficile, mais ce n'était bien sûr pas quelque chose dont on discutait tous les jours. Seul Albus savait ce qu'il allait révéler. Ou plutôt, Albus et les Mangemorts qui avaient été présents pour les événements qu'il était sur le point de décrire. « Que savez-vous de la Magie Sexuelle ? » commença-t-il enfin.
« Pas grand-chose, » dit Harry, et d'un air vif, il ajouta : « En fait, rien. J'allais vous demander si vous aviez un livre à me recommander. »
« Je vous en montrerai un que vous pourrez lire dans mes quartiers. Pour l'instant, cependant… commençons par un exemple sur les Potions, et travaillons à partir de là. Pouvez-vous nommer une potion qui nécessite du sang humain comme ingrédient ? »
Le jeune homme dut réfléchir un moment, ce qui était décevant. « Hmm, un philtre d'amour ? » demanda-t-il, évidemment incertain.
« Oui, » dit Severus, restreignant ses commentaires à propos des habitudes de travail et autres. « A présent, pourquoi un philtre d'amour doit-il contenir le sang de l'être aimant et de l'être aimé pour être réussi ? »
Moins d'hésitation cette fois. « Quelque chose dans le sang identifie les individus qui doivent être affectés par le philtre d'amour. »
Severus acquiesça. « Et dans d'autres sortes de potions, le sang, la salive ou le sperme peuvent porter en eux divers types de pouvoirs magiques seriez-vous d'accord avec cela ? »
« Hmm, oui, » acquiesça Harry, bien qu'il ait détourné les yeux et dégluti fortement, avant de le regarder à nouveau. « Continuez. »
« Est-ce uniquement en potions que de telles substances parviennent à transmettre leur pouvoir ? »
Le jeune homme ricana. « Ouais, eh bien, je peux déjà dire que vous allez me répondre que non, mais je ne pense pas que chaque fois que quelqu'un se tape sa petite amie, il y a de la magie dans l'air, du moins pas comme vous l'entendez. »
« La Magie Sexuelle et le sexe tout simplement sont deux choses distinctes, » acquiesça le Serpentard. « Les potions lient les fluides corporels à la volonté du brasseur en les combinant à la Magie de la Terre. La Magie Sexuelle fait quelque chose de similaire à l'aide de sorts. A présent, dans notre cas, le sort sera invoqué et scellé dans votre âme, par l'invocation que je vous ai décrite. Après cela, toute intimité entre nous va déclencher le sort, pour ainsi dire. Oui, pour nous, le sexe et la Magie Sexuelle vont ne faire qu'un. »
« Mais cela serait le cas pour toutes les personnes qui invoqueraient Podentes, » souligna Harry. « Alors qu'est-ce que notre cas a de si particulier ? »
Severus ferma les yeux. « J'ai déjà usé de la Magie Sexuelle sur moi, auparavant. Des sorts puissants qui sont toujours ancrés dans mon âme, des sorts scellés par le genre d'intimité que vous et moi devons entreprendre. »
Harry détourna les yeux, pas parce qu'il était gêné cette fois, mais parce qu'il ne lui semblait pas juste de regarder la douleur qui traversait les traits de son professeur. « Hmm… sans vouloir vous offenser… je ne comprends pas vraiment ce que cela a à voir avec notre situation. »
« C'est probablement la raison pour laquelle le destin m'a choisi pour faire cela pour vous, » répondit Severus, les yeux toujours fermés, mais le visage éteint. « Un pouvoir m'a été transféré. Ce n'était pas un Podentes, évidemment, rien à voir avec des pouvoirs deux fois décuplés. Mais une certaine quantité de pouvoir qui n'était pas le mien m'a été accordé. Il est lié à mon sperme. » S'interrompant, il attendit une réponse.
Elle vint plus lentement qu'il ne l'aurait souhaité. « Euh, d'accord. Je comprends, je crois. Ce pouvoir, c'est dans votre… euh, vous savez, et vous transférez ce pouvoir à chaque personne avec laquelle vous couchez ? »
« Non, » dit Severus, résistant à l'envie d'ajouter « espèce d'idiot » à sa remarque. Il but le reste de son thé et grimaça de l'amertume du breuvage refroidi. « Seulement à quelqu'un avec qui j'invoque la Magie Sexuelle. Les sorts qui lient le pouvoir à moi sont forts, mais ce n'est rien à côté de Podentes. Pour faire le transfert, vous devrez recevoir ma semence dans votre corps. »
Harry roula des yeux. « Ouais, j'ai compris. Je pense que votre commentaire « vous prendre le cul » a très bien clarifié les choses. »
« Il vaut mieux se parler franchement, » répliqua Severus, ne voulant pas s'excuser. « Plutôt que vous compreniez mal. Même si je dois aussi mentionner que toute intimité entre nous renforcera l'échange. Certaines intimités sont simplement… plus puissantes. Maintenant, en ce qui concerne l'autre transfert, celui qui vous donnera les autres pouvoirs qui me sont liés : nous devons l'accomplir avant votre anniversaire. »
Il fallut un moment à Harry pour faire le rapprochement. « Oh, c'est comme ça que je parviendrai à survivre à l'attaque qui surviendra le 31. J'aurai ce pouvoir supplémentaire… et nous devons faire le Podentes pour annuler le lien magique qui le lie à vous, afin que je puisse l'acquérir. D'accord. »
« Oui. La libération du pouvoir devrait être plutôt instantanée, je pense. Après tout, ce n'est pas vraiment le mien Podentes permettra un nouveau lien magique. Les pouvoirs décuplés, vous l'avez compris, devraient se développer au fil du temps. Combien, impossible de le dire, mais ce qui est clair, c'est que plus vous vous soumettrez à moi, surtout au sens physique du terme, plus ils mûriront. »
« Ouais, j'ai compris, » murmura Harry, l'esprit toujours occupé par le pouvoir étranger lié au corps de son professeur. Quelque chose manquait, quelque chose qu'il ne comprenait pas vraiment… « Euh… la Magie Sexuelle. Donc vous avez ce petit pouvoir supplémentaire qui n'est pas le vôtre, et je l'obtiendrai quand nous, vous savez. Mais, et alors ? Je veux dire, en quoi cela va me permettre de résister à son attaque ? »
« Avant tout, c'était son pouvoir, » admit Severus.
Il fallut un moment à Harry pour comprendre. « Vous ne voulez pas dire que… oh. »
« Je vois que vous avez saisi l'implication. »
« Ouais, » répondit Harry, ne sachant pas quoi répondre d'autre. Beurk, vous devez vous moquer de moi. Tout semblait maladroit, voire grossier. Mais Rogue et Voldemort ? C'était dégueulasse.
« Il y a longtemps, le Seigneur des Ténèbres a pensé m'utiliser pour espionner ici à Poudlard. Au cas où je ne serais pas assez fort pour résister à l'examen d'un Legilimens tel qu'Albus, il m'a donné son pouvoir. De cette manière. »
« D'accord… alors supposons que vous me le transmettiez, de cette manière, » répliqua Harry d'un ton aussi égal que possible. A en juger par le regard que Rogue lui jeta, il se rendit compte que son dégoût avait dû transparaître, mais il ne pouvait rien y faire. « Comment cela va-t-il l'empêcher de me tuer après mon anniversaire ? »
« Avoir sa magie en vous va atténuer la magie qu'il utilisera contre vous. C'est un peu comme les baguettes jumelles qui résistent l'une à l'autre. Cela ne vous permettra pas de le vaincre – pour cela, nous avons besoin du Podentes à pleine puissance – mais l'empêchera certainement de vous tuer. »
Harry y réfléchit en posant sa bouteille. « Mais cette magie est en vous, en ce moment. A-t-elle un effet similaire sur vous ? Est-ce que ça atténue sa magie ? »
« Si ce n'était pas le cas, je serais comme les Londubat aujourd'hui. La Magie Sexuelle qu'il a invoquée sur moi il y a longtemps est tout ce qui m'a permis d'endurer tant de Doloris. »
"Hmm… n'est-ce arrivé qu'une seule fois ?"
« Doloris ? » questionna Severus, bien qu'il ait juste répondu à la question. Bien sûr, Potter… Harry n'écoutait presque jamais.
« Non, la Magie Sexuelle. C'était juste une seule fois ? »
Severus se renfrogna. « Je ne tiens pas à discuter de mes liaisons antérieures avec vous. Aucune d'entre elles, est-ce clair ? »
« J'ai le droit de savoir… »
« Non, vous ne l'avez pas, » interrompit Severus. « Vous n'avez aucun droit, ou ce sera bientôt le cas. Alors arrêtez de penser de cette façon ça ne peut qu'être contreproductif. A présent, que voulez-vous demander de plus ? »
« Votre plan, » dit Harry, se mordant la lèvre. « Pour… vous savez. »
« Pour nous préparer à une relation sexuelle ? » clarifia Severus.
Le jeune homme devint livide, bien qu'ils aient déjà discuté de la question depuis plusieurs minutes. « Euh, ouais, » finit-il par dire d'une petite voix. « Qu'est-ce que vous vouliez dire ? Je veux dire, exactement ? »
Severus fut fortement tenté d'émettre un autre « A quel point voulez-vous que je sois franc ? Voulez-vous des descriptions détaillées ? » mais réussit à résister. Après tout, il ne voulait pas vraiment qu'Harry Potter trépasse sous le choc. « Nous allons nous mettre d'accord sur un calendrier, non ? » dit-il à la place. « Il reste trois semaines avant les ASPIC, puis deux semaines de plus avant la fin de l'année. Ensuite, après environ six semaines de vacances, vous fêterez votre dix-neuvième anniversaire. Donc, dans les onze prochaines semaines, vous et moi devront invoquer le Podentes avec succès et réussir à entreprendre une relation sexuelle pleine et entière. Est-ce plus clair pour vous ? »
« Comme du cristal, » souffla Harry.
Severus ignora l'ironie. « Vous comprenez aussi, j'espère, que le viol ne peut en aucun cas en faire partie ? »
« Vous avez été… clair, » admit-il, détournant le visage.
« Bien. Vous serez donc d'accord sur le fait que nous devrons passer beaucoup de temps ensemble dans les semaines à venir, afin que la proximité physique… consensuelle devienne possible ? » Un long silence s'ensuivit. « Harry ? »
La réponse était réticente, c'est le moins que l'on puisse dire. « Oui, bon, je suis d'accord, » concéda Harry. « Et je sais que vous avez dit que cela était plus important que mes études, mais cela ne signifie pas que je veux laisser tomber mes ASPIC. Donc j'ignore ce que vous entendez par beaucoup de temps mais nous ne pouvons pas laisser mes études de côté. »
« Je ne voudrais pas interférer dans votre scolarité, » ajouta sournoisement Severus, « vu votre dévouement à l'apprentissage tout au long de votre séjour ici. »
« Je n'ai pas dit que j'étais brillant, » répliqua Harry. « Juste que je préférerais ne pas foutre en l'air ma vie plus que la prophétie ne va le faire elle-même ! »
« Je ne voudrais pas interférer dans vos études, » répéta Severus. « Mais nous pouvons peut-être combiner les objectifs. Je suggère que tous les soirs de la semaine après le dîner, vous veniez étudier jusqu'au couvre-feu. Pendant trois semaines, je vous aiderai si vous avez des questions à propos de vos devoirs. Nous utiliserons aussi ce temps pour discuter, Harry, et nous toucher, pas de manière trop personnel, pas avant vos examens. Vous devrez passer une bonne partie de vos samedis ici aussi, mais je suggère que nous laissions le dimanche comme jour de repos. »
Jusqu'ici, tout semblait faisable pour Harry, bien que pas très attrayant. Il s'inquiétait plus de ce qui arriverait ensuite. « Et après les ASPIC ? »
« Le même planning, mais notre attention se tournera nécessairement vers la préparation de l'invocation, que nous devrions faire la semaine après votre diplôme, je crois. »
Harry fronça les sourcils. « Pourquoi ne pas attendre presque mon anniversaire ? Bien sûr, Podentes vous permettra de me transférer cette Magie Sexuelle que vous pensez pouvoir me protéger, mais si l'on en croit la prophétie, je n'aurai pas besoin de la protection avant le 31 juillet. »
Severus soupira, mais le regarda droit dans les yeux, les yeux noirs sondant les verts. « Vous n'êtes pas impatient à l'idée du côté intime de tout cela, visiblement. Invoquer Podentes plus tôt pourrait aider à résoudre ce problème. »
« Vous pensez que cela va me donner envie de… vous savez… avec vous ? »
« Rien d'aussi flagrant, il n'y a pas de charme d'amour dans le sortilège, ni d'aphrodisiaque. Il sera peut-être juste plus facile pour vous de vous faire au problème lorsque je vous possèderai. »
« Oh, mon Dieu… » Harry détourna la tête. « Me posséder. »
Severus durcit ses traits, car l'apitoiement du jeune homme n'allait pas aider les choses, après tout. « Habituez-vous à l'idée, » ordonna-t-il brusquement. « Quand ce sera fait, je vous posséderai pour le reste de votre vie. »
Harry se leva et attrapa sa cape en titubant vers la cheminée. « Cela suffit pour ce soir, je pense, » dit-il, son regard scrutant le manteau. « Où est votre Poudre de Cheminette ? »
« Un instant, » demanda Severus. « Sommes-nous d'accord, Harry ? A propos de nos rendez-vous et de tout ça ? »
« Après le dîner tous les jours de la semaine et toute la journée de samedi, cela va ruiner mes dernières semaines ici, mais oui, nous sommes d'accord. »
« Bien, » dit calmement Severus. « Maintenant, écoutez. Chaque soir de la semaine, vous apporterez vos livres/ Vous accrocherez votre cape dans le bureau du directeur avant de… »
« Je ne reçois pas encore d'ordres de vous, Monsieur. »
« Si. Mon seul intérêt est de vous préparer au rite, sans parler de ce qui va suivre, donc vous ferez ce que je dis. Avant que vous n'objectiez à nouveau, rappelez-vous de ce qui est en jeu : d'abord votre vie, ensuite votre capacité à vaincre le Seigneur des Ténèbres. Etant donné tout cela, il est un peu idiot de s'inquiéter de la ruine de vos dernières semaines d'école. »
« Oui, Monsieur, » cracha Harry.
« Severus, » lui rappela le plus âgé. « A partir de maintenant. Et encore une chose. Plus de sexe avec Granger, ou qui que ce soit d'autre. »
Harry écarquilla les yeux de surprise, puis les rétrécit en un regard noir. « Que m'avez-vous dit ? Que vos liaisons ne me concernaient pas ? »
« Et c'est le cas, » répondit calmement Severus. « Je ne suis contraint à aucune fidélité. Mais vous, oui. Et je vous préviens, la magie de Podentes ne vous considérera pas sincère si vous partagez volontairement votre corps avec quelqu'un d'autre que moi dans les semaines avant l'invocation. »
« C'est dégueula… »
« Non. Rappelez-vous, ce sort a été conçu pour des sorciers amoureux. »
« Oh. » Harry laissa échapper un souffle que Severus ne put interpréter que comme de la déception. « Et si, euh, juste ce soir, moi et… quelqu'un ? Et dès demain, je… m'abstiendrai. »
« Sûrement pas. Commencez à vous abstenir dès maintenant. Abstention totale. Ne vous satisfaites pas vous-mêmes. Mais ne soyez pas si perturbé. Vous êtes un jeune homme normal, avec des désirs forts et fréquents, non ? La frustration, bien que pas très agréable, vous aidera à vous adapter à la situation. »
« Comment ça ? » demanda Harry, bien que rougissant.
« Je pense que vous pouvez le comprendre par vous-même, » répondit Severus. Il fit venir une boîte en cuivre terni d'une étagère et l'ouvrit, la tendit à Harry, qui ne perdit pas de temps pour attraper une poignée de Poudre de Cheminette et disparaître dans un tourbillon de flammes vertes.
Puis il s'adossa à une vieille tapisserie, ne sachant pas s'il devait soupirer de nouveau ou rire.
A suivre
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