Note de l'auteure : Non, vous ne rêvez pas, voici enfin la suite de Pirates :) ! Je vous épargne ma vie et mes excuses à deux noises, et je vous remercie encore une fois profondément pour vos reviews, ils sont toujours aussi touchants !

Je ne laisse pas tomber mes fics, et les autres vont d'ailleurs être updatées sous peu (oui même The rescue qui s'éternise un peu trop :S, toutes mes excuses !).

En attendant je ne serais que trop vous conseiller la nouvelle fiction d'Artoung (42)g, celle d'Artemis avec Draco en loup-garou et surtout les deux derniers (ça date, mais je suis à la traine, donc normal !) petits bijoux de BlancheMalfoy pour celles qui lisent l'anglais... pour les autres je vous plains, car Lessons in ove est vraiment superbe ! (Bon voilà, maintenant vous savez pourquoi je n'avais plus confiance en mes fictions après avoir lu ces 'chefs-d'oeuvre', et pourquoi aussi j'ai plus lu qu'écrit ces derniers temps... je pars me cacher).

Bonne lecture à tous, rendez-vous en bas de page :)!

Chapitre 8 – Deuxième expédition… en duo

Draco allait commettre un meurtre, et ce, pour la première fois de sa vie.

Les pirates étaient peut-être des hommes violents, sans foi ni loi, ce n'étaient pas des meurtriers. En tout cas, Draco Malfoy n'en était pas un. Peut-être à cause de son éducation aristocratique, ou de l'affection que lui portait sa mère, douce et aimante. En tout cas, jamais de sa vie il n'avait autant eu envie de se défouler sur quelqu'un comme cela. Ou peut-être une fois, sur Potter lorsque ce dernier lui était passé devant le nez pour lui voler le sceptre en or des Aztèques.

Ou une autre fois aussi, où le pirate brun avait attiré son navire vers une tempête près de côtes aux roches aiguisées.

Ou encore la fois où ce petit con s'était déguisé en pirate errant pour monter à bord de son navire. Et aussi lorsque cet enfoiré l'avait baisé et l'avait planté dans sa propre chambre en lui volant sa carte au trésor.

Après réflexion, Draco avait souvent eu envie de commettre des meurtres, mais toujours envers la même personne : Potter.

Et cette fois-ci, alors qu'il marchait derrière son ennemi, cette envie n'en était que décuplée.

Cela faisait quatre jours maintenant qu'ils marchaient ensemble dans la jungle, grimpant toujours plus haut sur le volcan, car POTTER avait décidé de se rendre tout en haut de l'île pour avoir une vue complète du lieu où ils se trouvaient. De temps en temps, il faisait une pause pour se désaltérer et se nourrir un peu, sans vraiment s'adresser la parole. Le premier jour, ils s'étaient tellement disputés que par la suite Draco avait préféré se taire. Potter avait du mordant et une répartie plus qu'aiguisée. C'était à n'en plus finir! Et la nuit ils dormaient loin l'un de l'autre. Enfin, Potter dormait comme un bébé et Draco, lui, bien qu'il se retournait sans cesse, ne trouvait jamais le sommeil.

Le troisième jour fut le pire de tous pour le pirate blond. Ce fut le jour où Potter trouva Hedwidge.

Ce jour là, alors qu'ils marchaient silencieusement dans la jungle, un bruissement d'ailes attira leur attention. C'était un perroquet blanc huppé qui venait de se poser sur une branche tout près d'eux. Bien entendu, Potter le trouva aussitôt très mignon, et entreprit de l'appâter avec un morceau de mangue.

-On n'a pas de temps à perdre pour ça Potter! S'impatienta Draco.

Harry ne l'écouta pas et poursuivit sa tentative. Le perroquet se laissa faire docilement, et accepta de grimper sur son épaule pour avoir plus de nourriture. Après quelques caresses dans le cou, l'animal fut adopté sous les yeux désapprobateurs de Draco.

-J'ai perdu le mien à l'âge de 9 ans, expliqua Harry d'une voix neutre.

Ses yeux brillaient lorsqu'il regardait l'oiseau. Draco se demanda pourquoi il lui racontait ça, car il n'en avait absolument rien à faire.

-Comme c'est charmant! Ironisa-t-il. Peut-on y aller maintenant ?

Son ton n'échappa pas à Harry qui lui jeta un regard noir.

-Imbécile sans cœur, dit-il.

-IMBÉCILE, IMBÉCILE! répéta l'oiseau.

Les deux hommes regardèrent l'oiseau avec étonnement. Puis Harry sourit, satisfait.

-Mais c'est qu'il est intelligent ce perroquet ! Il sait reconnaître la vraie personnalité des gens. Je vais t'appeler Hedwidge, conclut-il.

-Hed-Wigeeeee, répéta l'oiseau avec enthousiasme.

Et depuis ce jour funeste, Draco se retrouva affublé d'un nouveau partenaire qui ne cessait de l'appeler « Imbécile ». Voilà pourquoi il restait en retrait par rapport aux deux autres, maudissant le jour où ils avaient atterri sur cette île.

Comme tous les jours jusqu'à présent, ils s'arrêtèrent le soir sans avoir croisé ni lance, ni panneaux qui indiquaient sa direction. Draco savait dès le départ que cette quête ne serait pas une mince affaire, mais il ne pensait pas qu'elle serait si pénible. En fait, outre Potter et son abominable perroquet, c'était le manque d'information et surtout de carte qui l'embêtait. Dans toutes ses recherches précédentes, il n'avait rien trouvé qui lui indiquait l'emplacement précis de la Lance. D'ailleurs, il n'était même pas sûr de savoir à quoi ressemblait cette dernière. Peut-être était-il passé à côté sans s'en rendre compte.

Pris d'un doute angoissant, il se retourna sur lui-même pour observer la forêt. Non, cela aurait été trop facile... N'est-ce pas ?

-Je vais prendre un bain, seul. Prépare le dîner, dit soudainement Potter.

-Tu me prends pour qui Potter ? Je ne suis pas ton larbin ! Réagit aussitôt Draco.

Le pirate brun haussa des épaules et partit sans ajouter un mot, son perroquet sur l'épaule.

Draco ragea, car il savait très bien que même s'il ne voulait pas obéir à Potter, il le devrait rien que pour ne pas mourir de faim. Frustré, il alla ramasser du bois puis commença à faire un petit feu sur lequel il fit cuire la viande d'un rongeur qu'ils avaient capturé pendant leur voyage de la journée.

Il mangea seul pendant une bonne heure, perdu dans ses pensées. Potter ne montra pas une seule fois le bout de son nez, et même si ça tuait l'égo de Draco de se l'avouer, ce retard inopiné l'inquié... non, le stressait. Cette crapule de Griffon était capable de le laisser là pour prendre de l'avance et trouver le trésor avant lui.

Draco se releva d'un bond.

Et merde, s'il s'était avoir il ne se le pardonnerait jamais !

D'un pas décidé, il se dirigea vers le bosquet où son ennemi avait disparu une heure plus tôt.

Après avoir traversé quelques fougères, il arriva devant une crevasse peu profonde remplie d'eau trouble : une source d'eau chaude. À l'intérieur de cette source, Potter, nu, dormait paisiblement, la tête rejetée en arrière sur une pierre recouverte de mousse duveteuse.

Draco se crispa à cette vue impromptue. Que devait-il faire? Son perroquet dormait lui aussi, juste à côté de la pierre, les pattes au sec.

Lentement, les yeux de Draco glissèrent sur le corps hâlé du brun, appréciant ses moindres contours. Sa bouche s'assécha et il déglutit péniblement.

Merde, il commençait à se sentir tout drôle.

Non, non, non, pas ça! Il s'était juré après leur DÉSASTREUSE histoire de cul sur son navire, que JAMAIS PLUS il ne fantasmerait sur CE corps.

Pourtant... il ne pouvait plus détacher ses yeux de cette perfection. Tout en finesse, tout en muscle, d'une couleur très en contrasta avec l'eau et... Draco entraperçus un morceau de chair au niveau du bas ventre de Potter. Était-ce... Non, il ne valait mieux pas... Si, Potter bandait. Remarque, rien d'étonnant vu les volutes de fumées qui s'échappaient de l'eau.

Draco paniqua et fit volte-face pour repartir vers son campement. Seulement avec une érection entre les jambes qu'il n'avait pas du tout calculé l'effort fut encore plus difficile à fournir que ce qu'il n'aurait imaginé.

Il rejoignit son feu, éteint et froid, et s'assit contre un arbre, muet. Et la gorge toujours aussi sèche. Pourquoi son ennemi devait-il être aussi... sexy ?

Sa vie était un enfer. Il l'avait toujours pensé, mais aujourd'hui, à ce moment précis, il en était plus que convaincu.

Personne ne savait pour le rang social de ses parents... sauf cet enfoiré de Potter, maintenant. Personne ne se doutait un instant du courage qu'il lui avait fallu pour quitter ce monde qu'il détestait depuis qu'il était en âge de penser. Personne ne connaissait les souffrances qu'il avait endurées lorsque son père l'avait puni pour les vols à la tire, les combats de rues et les nombreuses aventures amoureuses totalement inconvenantes qu'il avait eues. Non, son histoire il l'avait toujours gardée pour lui, il ne voulait pas de la pitié des autres, il ne voulait pas leur montrer à quel point il avait pu être sensible. Car cette époque était révolue.

La seule chose bien qui lui était arrivée dans sa courte vie c'était son bateau, son magnifique Slyther. Et encore, il avait fait couler son sang et celui des autres pour l'avoir.

Quant à Potter, il était, lui aussi, une épine noire enfoncée dans son pied. Seulement, lui remuait et s'enfonçait toujours plus, comme s'il cherchait à l'atteindre profondément. Comme l'autre nuit.

Des flash-back revinrent encore à l'esprit de Draco. Il voulut les repousser, mais son excitation était vraiment trop avancée pour...

lentement, il posa sa main sur son sexe et à travers son pantalon il commença à se caresser. Il haïssait faire ça, mais il avait accumulé tellement de tensions depuis ses derniers jours. Il repensa à Potter et lui dans son lit...

Potter et lui dans la fosse …

Potter dans la cellule sur son bateau...

« Je te suis si... indispensable que ça? »

Potter et lui dans le piège de lianes...

« Alors Malfoy, on n'apprécie pas la situation ? Moi je suis toute aise! »

Potter mouillé en train de lui faire du bouche à bouche...

Potter dans la source d'eau chaude... l'érection de Potter...

« Avoue... que tu as aimé. »

Il ne fallut pas plus de cinq minutes à Draco pour atteindre la jouissance, la voix de sa Némésis résonnant dans sa tête à le rendre fou...

-Harry...

-!§§§/Alabordage\§§§!-

La hutte du chef Dumby ressemblait en tout point à son propriétaire : elle n'était en fait qu'un amas de bric-à-brac apparemment inutiles et sans grand intérêt. Mais si l'on y regardait de plus près, la richesse qu'elle contenait était incommensurable. Des cartes de navigations, des compas étranges et biscornus, des bijoux en plumes, en ivoire, en argent et même en or massif, des bouteilles de rhum datant au moins du siècle dernier, des animaux inconnus plongés dans le formol et, contre toute attente, des billes jaunes sentant le citron trônaient sur une table rabougrie au fond de la pièce.

Dumby en prit une qu'il fourra dans sa bouche avant de s'assoir en tailleur face à ses hôtes.

Ceux-ci avaient d'ailleurs très peu de place pour s'assoir.

Nott s'agenouilla juste en face de lui et ses deux acolytes qui tenaient toujours Hermione s'assirent à ses côtés. Ron et Blaise s'écartèrent du groupe le plus possible au grand regret du rouquin qui ne cessait de fixer la jeune fille. Elle semblait néanmoins ignorer son regard. Ron ne mit pas longtemps avant de deviner pourquoi : ses joues rougies exprimaient sa gêne et sa honte, alors que ses yeux hurlaient la colère. Il aurait tellement voulu la libérer de ses salauds de pré-Voldorien. Quand il repensait à ce traitre de Nott ! Ron ne l'avait jamais aimé, et il n'avait pas été très étonné d'apprendre la vérité. Même son capitaine, Draco Malfoy, l'avait surveillé avec méfiance.

Le reste de l'équipage du Slyther resta debout, en retrait, et les aborigènes s'agglutinaient derrière eux, inquiets pour leur chef.

-Je suis vraiment désolé que tu aies à subir tout cela ma chère petite, dit Dumby à sa petite fille avec une voix douce et triste. Mais tu as bien grandi et tu es devenue forte. Je suis fière de toi.

Hermione regarda son grand-père avec tendresse et allait lui répondre quand Nott prit la parole d'une voix cynique.

-Que c'est touchant ! Je vais pleurer... Bon, maintenant si vous avez fini nous devons parler affaires. Dumbledore, l'île, où est-elle !

Le vieil homme ne broncha pas une seconde puis se tourna vers une malle poussiéreuse et en extirpa un manuscrit ainsi qu'une immense carte jaunie.

Nott le fixa avec envie.

-Je l'ai cherché pendant de très nombreuses années, accumulant calculs et informations diverses. J'ai dû traduire de nombreux hiéroglyphes aborigènes aussi. Je crois que c'est grâce à mon acharnement et à ma passion dévorante pour l'histoire de cette Lance que les aborigènes d'ici s'intéressèrent à moi. Après avoir passé des heures à traduire leurs textes sacrés, j'en connaissais un peu plus sur leur langue. Et lorsque je leur parlai avec leur propre dialecte et ils commencèrent à m'apprécier.

Personne dans la hutte ne savait pourquoi Dumbledore racontait si spontanément son histoire, mais tous restaient scotchés à ses mots dans l'attente d'une révélation.

-Déjà à l'époque ma maladie m'épuisait beaucoup et elle ne fit qu'empirer à cause de la chaleur et de l'humidité de ce lieu. Un jour où il faisait particulièrement chaud, j'eux un malaise et je tombai du haut de la falaise. Fort heureusement, les gens du village me virent et tentèrent d'amorcer ma chute. Je fus néanmoins gravement blessé. Pour y remédier, ils me plongèrent dans les Eaux Éternelles. En une nuit, mes blessures furent guéries et, à ma grande surprise, ma maladie s'apaisa. C'est une des raisons pour lesquelles je décidai de rester vivre ici. Afin de pouvoir replonger mon corps dans cette source et ainsi éviter que ma souffrance ne revienne.

Dumbledore marqua une pause.

-C'est pourquoi je ne serais pas surpris si les capitaines Potter et Malfoy avaient survécu. Cependant, ils sont jeunes et bêtes. J'étais comme eux jusqu'à ce que je découvre que la Lance était en fait d'une taille colossale. Je ne sais pas exactement à quoi elle ressemble, mais un homme seul - même deux! - ne peut se contenter de la soulever pour l'emmener. De plus, je me demande bien comment ils vont la ramener jusqu'ici.

Nott, qui commençait à comprendre où le chef voulait en venir, éclata de rire.

-Quels imbéciles, ricana-t-il. Ils sont probablement coincés sur l'île sans moyen de retour. Construire un navire va leur prendre des mois entiers !

-C'est précisément pour cette raison que j'attendais d'avoir un navire avant de partir à la recherche de la Lance, continua Dumbledore. Les plans que je possède sont exclusivement écrits dans la langue dans ce village. Bien sûr, je l'ai fait exprès, au cas où certaines personnes mal intentionnées viendraient me menacer, ajouta-t-il avec un sourire moqueur.

Nott blêmit de rage à ses mots, mais au lieu de répliquer violemment à la provocation, il serra la mâchoire et ferma ses yeux pour réfléchir.

Dumbledore en profita pour faire un clin d'œil à sa petite fille.

Les jumeaux, témoins de ce geste, resserrèrent leur prise sur Hermione.

Ron ne loupait aucun moment de cet entretien. Il ne savait pas trop comment lui et ses compagnons du Slyther allaient s'en sortir, et surtout comment ils s'expliqueraient à leur chef (surtout que celui-ci devait déjà beaucoup leur en vouloir pour avoir laissé Potter le suivre).

Même s'il désirait plus que tout libérer Hermione et se retrouver un peu seul avec elle, Ron n'oubliait pas son capitaine et la situation dans laquelle il devait être. Il tenta un coup d'œil à son supérieur, mais le regard de Blaise était concentré sur Dumbledore qui souriait toujours.

Avec un profond soupir, Nott ouvrit enfin les yeux et dit :

-Bien. Le marché que je vous propose est le suivant : je relâche votre fille et je laisse tout votre village tranquille si vous nous suivez gentiment jusque sur l'Horcruxe.

-J'accepte, répondit Dumbledore.

-Hors de question ! Je viens avec toi grand-père ! Cria soudainement Hermione.

-C'est trop dangereux, lui dit Dumbledore en soutenant son regard. Je suis persuadé que tu peux affronter des mers agitées par la tempête et que tu sais très bien manier l'épée, mais l'équipage de l'Horcruxe n'est pas très fréquentable, et exclusivement masculin, ajouta-t-il rapidement pour couper toute tentative de riposte de la part de la jeune fille.

Hermione se tourna vers ses agresseurs. Le sourire des jumeaux était malsain et leurs yeux brillaient de perversité. Ils auraient pu la dévorer sur place, littéralement. Elle en frissonna de terreur.

-Puis-je avoir quelques instants seuls avec ma petite-fille avant que vous me kidnappiez ? Demanda poliment Dumbledore à Nott.

L'homme jugea sa demande pendant quelques secondes puis acquiesça.

Tous sortirent de la hutte. Dehors, la nuit était tombée et les villageois avaient allumé un grand feu au centre du village.

En attendant que le vieil homme se décide à sortir de sa hutte, les membres de Slyther et ceux de l'Horcruxe se faisaient face en chiens de faïence.

Au bout de quelques minutes, Hermione rejoignit son équipage. Son visage exprimait à la fois la résolution et la détermination.

Dumbledore sortit à sa suite et rejoignit Nott et ses acolytes.

-Je transmettrai votre bonjour à M. Malfoy, dit Nott à Ron et Blaise, narquoisement.

Puis, sur ses mots, il disparut avec Dumbledore dans la forêt.

-!§§§/Alabordage\§§§!-

« IMBÉCILE! IMBÉCILE! ROOOH! »

-Si tu ne le fais pas taire, je le fais rôtir pour notre repas du soir! S'écria-t-il, au bord de la crise de nerfs.

-Quelle violence! Ironisa Harry

Draco se jeta sur Harry et lui agrippa le col pour le plaquer contre l'arbre le plus proche. Hedwidge hulula de surprise puis de colère, et s'écria de nouveau :

« IMBÉCILE! ».

-Je peux te montrer ce qu'est la vraie violence, Potter ! Alors ne me pousse pas à bout !

Harry plissa des yeux et ouvrit lentement sa bouche pour répliquer :

-Vas-y, j'attends de voir ça ! Tu es à cran depuis notre arrivée sur l'île et bien que je n'aie rien fait, je suis persuadé que j'en suis la cause. Alors vas-y, défoule-toi sur moi une bonne fois pour toutes pour qu'on puisse reprendre nos recherches et trouver cette foutue Lance !

Choqué, Draco ne sut quoi répondre. Avait-il été si transparent ?

Il repensa à la nuit dernière et à son... dérapage totalement incontrôlé et avala sa salive avec difficulté, hésitant à faire ce que lui avait ordonné Harry, soit à se jeter sur sa bouche bien trop envoûtante... mais se ravisa au dernier moment et le laissa tomber au sol.

-Allons-y.

Il était vraiment maudit...

« HARRRRYYYYY! » Roucoula l'oiseau après avoir retrouvé l'épaule solide de son maître.

-Harry? Je ne t'ai jamais donné mon prénom..., répondit le pirate brun à l'oiseau.

Draco stoppa aussitôt sa marche. Un frisson d'horreur lui parcourut le dos et il n'osa pas se retourner de peur d'être trahi. Ce maudit perroquet l'aurait-il entendu la nuit dernière ?

Son ennemi le rejoignit, le regard soupçonneux. Draco l'ignora superbement et recommença à marcher.

Ils ne devaient plus êtres très loin du sommet à présent, encore un ou deux kilomètres et ils pourraient enfin avoir un aperçu d'où ils se trouvaient.

Au bout de dix minutes d'ascension silencieuse, Harry se décida enfin à parler.

-Comment es-tu devenu pirate ? Demanda-t-il d'une voix toute à fait neutre.

-Je ne vois pas en quoi cela te concerne ou même t'intéresse, répondit Draco du tac au tac.

-Je suis ton ennemi, ne dit-on pas que l'on doit être proche de ses amis, mais encore plus de ses ennemis ? Essaya Harry avec un sourire narquois.

Draco contint sa colère, et s'abstint de répondre. Potter cherchait à le provoquer, c'était évident. Peut-être était-ce ça son plan au fond ? L'énerver jusqu'à ce qu'il en devienne fou et le tue... ou se tue.

« HARRRRRYYYYYYYY »! Roucoula la chouette.

-À moins que tu préfères me raconter comment Hedwidge a appris mon prénom?

Impassible, Draco ne réagit pas de nouveau.

-Moi, mon père était pirate à bord du Kedavra, continua Harry comme s'il parlait de la pluie et du beau temps.

Draco fut surpris par cette révélation et tendit discrètement l'oreille pour écouter la suite. Après tout, si Potter voulait faire la conversation, pourquoi l'en empêcher ? Peut-être apprendrait-il certaines de ses faiblesses...

-Puis, quand il en eût marre, il dépêcha un navire et un équipage et partit à l'aventure.

-Personne ne quitte le Kedavra sans conséquence.

-Mon père si, c'était... un grand homme.

Le pirate blond crut percevoir une pointe de tristesse dans cette déclaration. Il se doutait que son père était mort, il se trouva stupide d'avoir tant souhaité la mort du sien.

-Pourquoi tu me racontes ça, Potter ?

Le brun haussa des épaules et accéléra son pas de façon à se retrouver devant lui. Perturbé par ce drôle de comportement, Draco resta une seconde coi, puis secoua la tête et le rejoignit... au sommet.

Enfin, ils étaient arrivés, et ce qu'ils virent les clouèrent sur place : la Lance était là, immense, à 500 mètres sous leurs pieds, nichée dans une petite crique à l'abri du vent. Sa pointe les visait et brillait comme de l'argenterie neuve. Cependant, cette lance n'était pas le seul fait notable, car elle prenait racine dans le bois bicolore, à la fois clair et sombre, d'un navire flambant neuf. Ce dernier dépassait en taille leurs deux bateaux réunis et ses voiles étaient aussi grandes et blanches que les nuages dans le ciel. Sa ligne était fuselée et rien qu'à ce premier coup d'œil, les deux capitaines pouvaient déjà affirmer qu'il serait aussi rapide que l'éclair.

Subjugués, les capitaines ne prononcèrent pas un mot de prime abord, puis :

-Un mat. La Lance est le mat d'un bateau, souffla Harry.

-Le plus parfait des bateaux..., finit Draco.

Et d'un seul coup, ils se mirent tous les deux à dévaler l'autre versant de la montagne.

-! §§§/Alabordage\§§§ !-

Après le départ de leur chef, les Traversoïs devinrent très agités et prirent peur de ses étrangers qui foulaient leur sol. Ils poussèrent donc Blaise, Zacchari, Dean, Ron et Hermione à quitter les lieux.

Blaise décida qu'il était temps de retrouver le Slyther, et sans un mot, tous le suivirent. Ron tenta plusieurs fois de s'adresser à Hermione, mais celle-ci était plongée dans ses pensées. Ils retrouvèrent sans trop de mal le Slyther indemne avec tous les membres de l'équipage qui les attendait.

Blaise leur fit un topo des évènements passés et ordonna qu'on remonte le navire jusqu'à la plage afin de suivre l'Horcruxe. La plupart des pirates furent surpris et inquiets quant à cette subite implication avec le Lord Noir, mais ne discutèrent pas les ordres du second.

Le Slyther remonta donc la rivière tiré par ses membres à l'aide de cordes, jusqu'à ce qu'ils rencontrent deux autres navires : l'Éclair et un autre, plus noir, que Blaise reconnut aussitôt comme étant celui du dangereux capitaine Snape.

-Que fait-on ? Lui demanda Ron.

-On les suit.

Ce fut Hermione qui répondit à sa question, sûre d'elle. Les pirates la regardèrent avec étonnement, puis méfiance. Bien qu'elle fût membre de l'équipage, son sexe ne lui permettait plus ce statut d'après eux. Il n'y avait jamais eu de femmes sur le Slyther, et ce n'était pas maintenant, alors que le capitaine était absent, que ça allait changer ! Ron avait été le seul à la défendre. D'après ses dires, si Draco Malfoy l'avait accepté sur son bateau c'était qu'elle avait dû faire ses preuves. À contrecœur, l'équipage l'avait accepté. Bien sûr, comme tout bon pirate, ils s'étaient montrés rudes envers elle seulement parce qu'ils l'appréciaient. Bien que discrète, Hermione avait toujours été un pirate amical qui portait volontiers secours à ses confrères.

-Tu sais quelque chose ? Lui demanda Ron.

Pour la première fois depuis longtemps, elle le regarda dans les yeux et répondit :

-L'Éclair part sûrement à la recherche de son capitaine, tout comme nous. Je pense qu'ils ont fait alliance avec Snape et qu'ils suivront l'Horcruxe. Nous devrions tous les suivre de loin. Nous provoquerons une discorde entre eux juste avant notre arrivée et ainsi nous pourrons récupérer le capitaine et mon grand-père.

L'intelligence de la jeune femme scotcha Ron et Blaise sur place. Jamais elle ne leur avait montré cette partie de sa personnalité ! Séduits par son idée, les pirates s'exécutèrent.

Ils eurent cependant de la chance de ne pas avoir été repérés par les deux autres navires qui étaient trop occupés à s'organiser entre eux.

Contre son grès, Sirius Black fut trainé sur le navire du capitaine Snape, et les hommes des deux équipages furent répartis également d'un navire à l'autre. Ils s'apprêtaient effectivement à suivre le Horcruxe. Snape était persuadé qu'il les mènerait à la Lance.

Une fois organisé, les deux bateaux s'éloignèrent de l'île de Traverse, suivis de près par le Slyther. Tous espéraient retrouver l'île sur laquelle avaient atterri les deux capitaines ennemis, mais aucun ne savait combien de temps cela leur prendrait. Et la réponse n'était pas très plaisante à entendre...

À suivre...

Mot de l'auteure : Voilà, c'est fini pour cette fois. La suite n'est pas écrite, mais elle est bien au chaud dans ma tête. J'attends vos avis avec impatience ! D'ici là, bonne continuation à vous tous :) !