The red moon

Disclaimer : les personnages appartiennent à Stéphanie Meyer, sauf certains qui viennent tout droit de ma propre imagination débridée.

Remarque : Cette fanfiction met en scène des relations amoureuses entre hommes, donc si cela ne vous plait pas, passez votre chemin.

NdA : Salut tout le monde !

Voila un nouveau chapitre pour vous! Je m'excuse de la lenteur que j'ai mise pour le publier. Mais après avoir totalement arrêté d'écrire pendant la période du bac, il m'a fallu un peu de temps pour redémarrer ;) Je pense qu'à partir de maintenant, ma publication va reprendre son cours normal avec un nouveau chapitre chaque semaine (jusqu'à la fin des vacances scolaires en tout cas). J'espère que vous allez apprécier ce nouveau chapitre ^^

Bonne lecture!


Chapitre 8

Aleksei toussa lorsqu'un coup de pied l'atteignit violemment au niveau des côtes. Roulé en boule sur le sol, il subissait passivement les coups du groupe de Dereck sans se défendre. Qu'aurait-il pu faire seul de toute manière ? Résister aurait simplement attisé un peu plus la violence de ces adolescents. Il était donc résolu à attendre que ceux-ci se lassent, ravalant sa fierté et supportant la douleur.

Lorsqu'enfin Ils partirent en riant et en lui crachant des injures, le jeune homme souffla de soulagement. Il se redressa en position assise et resta un moment sans bouger, sonné. Son instinct de conservation le poussait à reprendre rapidement ses esprits. Dans son monde, se retrouver seul en position de faiblesse signifiait souvent finir égorgé...

Le jeune homme essuya le sang sur son visage avec la manche de son pull et étira un à un tous ses membres pour vérifier l'état de son corps avant de soupirer de soulagement. Rien n'était cassé.

Maintenant, il allait devoir rentrer chez lui sans que ses parents ne s'aperçoivent de son état… Sinon il était bon pour recevoir un savon.

Le jeune homme se mit debout en grimaçant et se dirigea d'un pas hésitant vers sa tente. Le monde tanguait dangereusement sous ses pieds, manquant de le faire trébucher à chaque pas.

Il croisait les doigts pour que son père soit occupé ailleurs avec l'une de ses nombreuses amantes et que sa mère soit partie chez une de ses amies.

Le loup garou devait être dans un jour de chance puisque ses parents étaient tous les deux absents comme il l'avait espéré.

Après avoir rapidement retiré ses vêtements, Aleksei se glissa dans son lit sans jeter le moindre regard aux bleus qui commençaient à fleurir sur sa peau. Au final, il n'ajoutait que quelques marques à celles qu'il portait déjà sur lui. Ce genre de situation lui arrivait au moins une fois toutes les semaines, il commençait à être immunisé. Pas contre la douleur ni contre l'humiliation, mais plus cette situation se répétait, plus elle devenait banale pour le loup garou. Il ne pouvait qu'imaginer vaincre ces adolescents dans ses rêves.

Si j'arrive à me faire repérer pendant cette guerre, ils n'auront pas d'autre choix que de m'admirer, se convainquit-il pour garder espoir.

Les épreuves qu'il endurait sans cesse, les douleurs de son corps maltraité, tout était de la faute des vampires et des modificateurs. Sans eux, jamais il ne se serait retrouvé prisonnier d'un tel endroit. Sans eux, il aurait pu vivre une vie normale.

Mais il était de son devoir de les éradiquer de la planète. Il avait entendu dire que leurs yeux cruels reflétaient leur absence totale de sentiments, et qu'ils étaient capable de tuer tous leurs amis sur un coup de tête !

Un sentiment vengeur s'empara de lui comme à chaque fois qu'il pensait à ces monstres sans pitié. Il allait leur faire payer les crimes qu'ils avaient commis contre sa race.

Il s'endormis sur des pensées sanglantes dans lesquelles il tuait le chef des vampires, devenant ainsi le héros des loups garous, respecté par tous.

Lorsqu'il s'éveilla le lendemain, vers le milieu de l'après midi, le jeune homme ne comprit d'abord pas pourquoi son corps lui faisait aussi mal. Mais rapidement, les événements de la veille lui revinrent en tête.

Ah oui, c'est vrai, je me suis fait tabasser, se rappela-t-il en soupirant.

Le loup garou se leva et se traîna jusqu'à la pièce qui servait à la fois de salon et de salle à manger. Il attrapa un fruit trop mûr et s'installa à même le sol, sur la fourrure épaisse, pour le un raclement de gorge le fit soudain sursauter, et il aperçut enfin son père, qui lisait un rapport, assit dans son fauteuil.

Il se redressa précipitamment.

- Père, je ne vous avez pas vu. Que faites vous ici ? demanda-t-il en rougissant.

- Tu me demandes ce que je fais dans ma propre maison, fit remarquer l'homme sans relever les yeux de sa feuille.

- C'est juste que d'habitude, vous n'êtes pas là à cette heure ci, balbutia Aleksei.

Il se tut en croisant le regard noir glacial de son père. Un regard à faire froid dans le dos.

- Je t'attendais, à vrai dire, dit-il avant de marquer une pause.

Aleksei attendit en silence la suite de sa phrase, essayant de ne pas paniquer. De quoi pouvait-il bien s'agir ?

- Ta mère m'a dit que tu souhaitais participer à la bataille, est-ce vrai ?

Le jeune homme ignora l'amusement humiliant qui suintait des paroles de son père pour lui répondre avec un enjouement forcé.

- Oh oui ! J'adorerai ça !

- Alors tu t'entraîneras comme les autres désormais.

- C'est vrai ? demanda Aleksei, n'osant y croire. Je ne suis plus nettoyeur ?

- Ai-je l'air de plaisanter ? rétorqua dédaigneusement son père.

- Mais c'est génial ! s'exclama-t-il avant de se reprendre. Euh… Merci père.

Sans rien ajouter, celui-ci se leva et quitta la pièce.

- Essaye de ne pas trop me faire honte, ajouta-t-il avant de disparaître.

L'enthousiasme d'Aleksei retomba aussitôt et une grande pression tomba sur ses épaules. Il soupira en s'asseyant à nouveau sur le sol. Perdu dans ses pensées, il porta machinalement sa pomme à ses lèvres et croqua dedans.

Ce soir, il allait se rendre dans l'arène pour la première fois depuis un an. Il avait hâte de découvrir qui serait son maître de combat, et quels seraient ses camarades d'entraînement.

Le loup garou s'empressa de sortir après avoir fini sa pomme, et se dirigea d'un pas sûr vers l'arène. Il ignora les regards inquisiteurs des individus autour de lui et chercha son nom sur le tableau. Il ne connaissait ni le professeur, ni aucun des apprentis. Parfait.

Aleksei inspira profondément, bomba le torse et entra dans l'arène.


- Jane ! Attends-moi !

La jeune femme soupira d'agacement et accéléra. Son manque évident d'enthousiasme ne dissuada pas son poursuivant de la rattraper.

- Qu'est-ce que tu veux, Audrick ? demanda-t-elle en lui jetant un regard noir.

- Tu vas manger, non ? J'ai pensé qu'on pouvait y aller ensemble…

- D'habitude, je préfère être seule quand je vais manger, répliqua-t-elle d'un ton peu avenant.

- Oh, je ne savais pas, dit Audrick d'un ton mortifié.

Jane roula les yeux devant son air catastrophé.

- Je ferais une exception cette fois, grommela-t-elle de mauvaise grâce.

Tu te ramollis, ma p'tite, souffla une petite voix dans sa tête. Elle l'ignora.

Audrick retrouva son sourire nié et se mit à lui parler de tout et de rien. Malgré elle, Jane se laissa prendre à la conversation, et ils débattirent ensemble des différents plans que les Volturi pourrait adopter durant cette guerre.

Finalement, les deux vampires arrivèrent devant un bâtiment situé à l'écart du campement. Sans hésiter, Jane pénétra à l'intérieur. Un protecteur était assis dans un coin et lisait un livre. Sans doute était-il là pour surveiller la bonne entente entre les vampires.L'homme aux yeux vairons jeta un regard d'avertissement à Jane, qui sourit légèrement. Sa réputation était connue de tous, elle adorait ça.

Sans s'attarder d'avantage dans cette pièce, la jeune femme passa la porte qui se trouvait à côté du protecteur, suivi par Audrick, pour arriver dans une immense salle plongée dans la pénombre. Elle rivalisait en taille avec la salle des trônes de Voltera, prévue pour que les vampires ne se sentent pas menacés par les autres lorsqu'ils se nourrissaient. Il y avait déjà plusieurs vampires dans la pièce, mais aucun ne se préoccupa des deux Volturi, trop occupés à vider un humain de son sang.

- C'est lugubre, frissonna Audrick.

Jane l'ignora. Elle se dirigea vers le fond de la pièce et disparut dans une autre salle, séparée de la première par un rideau pourpre. Des cris et des sanglots retentirent quelques instants, jusqu'à ce que la jeune femme ne revienne en traînant une fille derrière elle. Elle s'appropria un coin de la pièce et se jeta sur le cou de sa proie, terriblement assoiffée…

Elle ne gaspilla pas une goutte de sang.

Une fois rassasiée, elle abandonna sa victime et quitta le bâtiment dans plus songer à Audrick. Elle erra sans but entre les tentes en soupirant d'ennuie. Alec était parti avec sa petite amie, les gardes Volturi étaient éparpillés sur tout le campement et elle n'avait de toute façon pas envie de les voir.

Après avoir rodé quelques minutes autour de la tente de Bella Cullen pour examiner le terrain, au cas où, Jane décida finalement de rendre visite à Aro. Elle avait besoin de distraction…

Son roi la regarda arriver sans surprise. Il lisait un énorme ouvrage dont Jane ne comprit même pas le titre.

- Jane, très chère, que me vaut l'honneur de ta présence ici.

La vampire se contenta de sourire d'un air angélique et s'assit à califourchon sur le fondateur qui ne broncha pas mais referma son livre.

Bizarrement, l'image d'un brun un peu trop envahissant flotta un instant dans l'esprit de la jeune femme. Mais elle l'oublia vite.


Seth sanglotait pitoyablement dans sa tente, les bras serrés autour de sa poitrine. Ses sentiments étaient si confus qu'il ne comprenait pas comment son cœur avait résisté à tant de pression.

Il n'avait jamais imaginé les choses de cette manière. Il aurait du s'imprégner d'une jolie fille qu'il aurait aimé et chéri toute sa vie. Ils auraient eu une maison, des enfants, un chien peut-être. Voilà ce qu'il s'était toujours imaginé à propos de son imprégnation. Tout se serait passé comme avec les autres, Jacob, Sam, Quil. Au lieu de cela, il s'était imprégné d'un vampire. Et pas n'importe lequel, le plus détestable d'entre tous.

Le jeune homme repoussa encore la vague de sentiments intenses qu'il éprouvait maintenant pour le vampire blond. Il ne cherchait même pas à les comprendre. Il ne voulait pas les comprendre. Il se dégoûtait lui-même. Il se sentait sale. Ce n'aurait pas du arriver. C'était contre nature.

Ses sanglots redoublèrent.

Il était incapable de chasser le vampire de ses pensées. Il voyait, impuissant, son esprit se saisir de son image et la graver dans sa mémoire comme la personne la plus importante de sa vie.

Non ! Lutta le jeune homme. Il allait ignorer tout ça. Il réussirait à surmonter son imprégnation et à trouver quelqu'un d'autre avec qui il pourrait être heureux.

En plus d'être un vampire détestable, comme si cela ne suffisait pas, son imprégné était un homme. Il n'était pas gay, ou du moins, il n'avait jamais eu l'impression de l'être. Fichu imprégnation. Elle n'aurait pas pu au moins respecter ses préférences sexuelles ? Il n'avait jamais été attiré par un homme, pourtant, Caïus Volturi lui semblait à cet instant particulièrement séduisant… Il chassa cette pensée avec force.

Non ! Il ne devait pas penser à des choses comme ça. Il devait apprendre à contrôler ses sentiments, jusqu'à pouvoir les effacer totalement. De toute manière il n'y avait aucune chance pour qu'il puisse se rapprocher du vampire. A moins qu'il… Il rattrapa son esprit avant qu'il ne dérive à nouveau dans un sens interdit.Même si pour l'instant, aller voir Caïus Volturi et se blottir dans ses bras était la chose dont-il avait le plus envie, au point de sentir son corps vibrer d'approbation à cette pensée, il devait se contrôler. Garder ses pensées en laisse, les forcer dans une autre direction.

Il s'efforça de trouver des choses positives à penser. Il n'avais jamais été quelqu'un de négatif et n'allait certainement pas le devenir maintenant tout de même. Il inspira profondément pour calmer ses pleurs et ferma les yeux.

Lorsqu'il les rouvrit, ses larmes s'étaient taries. Son ventre choisit ce moment précis pour se manifester bruyamment. Seth n'avait rien avalé depuis deux jours, et son estomac protestait contre le manque de travail.

Alors, malgré son désir de passer le reste de sa vie dans cette tente à se morfondre, le jeune homme se leva et sortit sans attendre.

Automatiquement, il le chercha des yeux. Lorsqu'il s'en rendit compte, il se fustigea mentalement et se força à regarder ses pieds.

En passant devant la bibliothèque, il se rappela qu'il allait devoir s'excuser auprès de Saalim pour avoir abandonner ses précieux ouvrages sur le sol au milieu du camp. Quelle excuse pourrait-il bien inventer pour expliquer son comportement ?

Relevant un instant les yeux pour s'orienter, Seth aperçut Edward Cullen qui se diriger vers lui.

Il ne faut pas qu'il sache ! paniqua intérieurement le modificateur, en pensant au talent du vampire pour lire dans les pensées des autres. Seth l'évita en faisant un large détour. Il lui était impossible de côtoyer Edwards tant qu'il ne contrôlerait pas mieux ses pensées à propos de lui.

Le jeune homme sursauta lorsqu'une main se posa brutalement sur son épaule.

- Seth ! Espèce d'abruti, tu as un idée de la peur que tu m'as faite ? hurla la voix de sa sœur.

Le jeune homme fit face à une Leah écumante de rage, les yeux un peu perdu. Il avait du mal à se concentrer sur autre chose que sur lui, malgré tous ses efforts.

- Hein ? dit-il pitoyablement.

- Je n'ai pas eu de nouvelle de toi depuis ton arrivée, espèce de sale mioche, s'énerva-t-elle. Heureusement que j'ai croisé Kyle hier, sinon, je me serais inquiétée !

- Ne t'inquiète pas pour moi, je vais bien, mentit Seth. J'ai été un peu malade ces derniers jours, je suis resté cloîtré dans ma tente.

- Ce n'est pas une raison pour ne pas répondre au sms ! rugit-elle.

- Ah oui, mon portable, marmonna le jeune homme d'un ton absent.

Son regard venait d'être attiré par un homme aux cheveux blonds… mais il était bien trop trapu pour être… Il secoua la tête et se concentra sur sa sœur.

- Je suis désolé, je ne le referai plus. On pourrait s'attendre pour déjeuner tous les jours ? proposa Seth.

- Oui, se calma légèrement Leah. Faisons ça. Tu sais dans quel groupe tu es ?

- Groupe ? interrogea Seth qui se sentait totalement à côté de la conversation.

- Mais oui, tu sais. Le protecteur en a parlé lors de l'assemblée générale.

- Ah oui, celle que je n'ai pas écouté…

- Tu es irrécupérable, grogna sa sœur. L'armée entière divisée en groupe, chacun sous le commandement d'un protecteurs. Tu suivras le protecteur assigné à ton groupe jusqu'à la bataille, avec les mêmes personnes. D'après ce que j'ai compris, on retrouve ces groupes dans n'importe quel activité du camp, d'ailleurs. Entraînement, combat, et même cuisine !

- Oh, je vois. Et où es-ce que je suis censé voir à quel groupe j'appartiens ?

- Sur le centre de commandement, il y a les listes. Viens, je t'accompagne.

Seth se laissa traîner par sa sœur sans opposer de résistance. Une fois devant le centre de commandement, il regarda autour de lui. Aussitôt, sa respiration s'accéléra et une sueur froide couvrit son corps.

Il était là.

A quelques mètres à peine, en train de parler avec un individu. Seth n'aurait pu dire de qui il s'agissait, incapable de détacher ses yeux de son imprégné. Avait-il réellement changé depuis la dernière fois qu'il l'avait vu, cinq ans auparavant, ou était-ce son imprégnation qui avait modifié sa vision pour qu'il trouve le Volturi aussi beau ?

Si parfait…

Il était grand, sûrement plus que lui, et plutôt mince. Son visage était d'un ovale impeccable, encadré par une masse de cheveux blonds dont chaque fil prenait la teinture de l'or sous le soleil de ce début de mâtiné. Sa peau pâle tranchait avec ses vêtements d'un noir profond, et semblait d'une douceur incomparable. De là où il se trouvait, il ne pouvait voir ses yeux mais il les imaginait rouge écarlate. Dangereux.

Seth se laissa emporter par la douceur trompeuse que dégageait le vampire. Maintenant qu'il y pensait, il n'avait rien à faire de cette histoire de répartition et d'ailleurs, il se fichait totalement de cette guerre. Il ne ressentait pas plus d'émotion en repensant à sa sœur qui tenait actuellement sa main, qu'il n'en ressentirait pour un inconnu. Tout était dérisoire. La seule chose importante dans ce monde était Caïus volturi.

Des fils invisibles l'attiraient irrésistiblement vers ce dernier, et durant un instant, Seth se sentit près à tout abandonner pour le suivre au bout du monde. Il ferait tout pour lui plaire, le satisfaire. Il écraserait ses propres désirs pour le combler.

Le vampire s'éloigna, accompagné par l'homme auquel il parlait. Chaque geste qu'il faisait était plus gracieux que les mouvements de la plus douée des danseuses. Il semblait voler au dessus du sol, et Seth était presque surpris de voir qu'il y laissait des traces. Le Volturi disparut finalement derrière une tente. Aussitôt, l'esprit rationnel de Seth, qui luttait en vainc, put reprendre le dessus sur les sentiments liés à son imprégnation.

En un quart de seconde, il enferma toutes les pensées qu'il venait d'avoir derrière une porte massive et repoussa les larmes de désespoir qui voulaient s'échapper de ses yeux. Pendant combien de temps était-il resté absent, simplement concentré sur la beauté de l'homme devant lui ? Une seconde, une heure ? Il n'en avait pas la moindre idée.

- Alors, dans quelle équipe tu es ? demanda Leah en examinant le tableau.

Seth riva lui aussi ses yeux sur l'objet en évitant de toutes ses forces de penser au vampire. Il repéra vite son nom dans la troisième liste. Son regard remonta automatiquement en haut de la page et il fut content de voir que Ciaran dirigeait son groupe. Ses yeux se portèrent ensuite sur le nom du sous chef et il ne fut même pas étonné de voir le nom de Caïus Volturi inscrit en lettre calligraphiée. Il sentit juste son cœur tomber dans sa poitrine et l'anéantissement s'emparer de lui. Il garda les yeux fixés sur ce nom, comme s'il signait son arrêt de mort.

- Ah tiens, tu es là ! S'exclama Leah en pointant son nom du doigt. Dommage, il n'y a personne qu'on connaît dans ton groupe… Moi je suis avec Jacob et Renesmée sous les ordres d'Elena.

Seth acquiesça faiblement.

- Tu viens manger avec nous ? demanda Leah.

- Non, je crois que je vais rentrer, articula le jeune homme. Je ne me sens pas très bien.

- Oui, je voyais bien que tu n'allais pas bien. Tu veux que je te raccompagne ?

- ça ira, merci.

Le jeune homme retourna jusqu'à sa tente la tête baissée. Une fois seul, il se laissa envahir par la détresse.


Ciaran sentit la compassion l'envahir lorsqu'il vit le regard que lançait le jeune Seth Clearwater au vampire qui se trouvait à côté de lui. Aucun doute, il s'était bien imprégné. Le protecteur s'en était rendu compte plusieurs jours auparavant, et le comportement de Seth lui prouvait encore une fois aujourd'hui.

Le pauvre n'avait vraiment pas choisi le bon vampire. Cruel, froid, arrogant, sans pitié. Le protecteur craignait la réaction qu'aurait Caïus quand il apprendrait l'imprégnation du modificateur. Il ne doutait pas un instant qu'il l'apprenne, une imprégnation était trop dure à cacher, même si Seth semblait y mettre tout son cœur.

Il était possible que le Volturi profite sans vergogne du dévouement inconditionnel du jeune homme, mais Ciaran en doutait. Il pensait, peut-être à tord, qu'une entente était possible entre ces deux individus si différent. De toute manière, la confrontation serait inévitable.

Un soupire passa les lèvres du protecteur lorsqu'il songea aux épreuves qu'allait vivre le jeune modificateur pendant les mois à venir.

S'il survis, chuchota une voix cynique dans son esprit. Il la fit taire.

Ils survivront, je m'en assurerai, songea-t-il férocement.

Sa première action en se sens avait été de placer les deux hommes dans le même groupe sous sa direction. Il avait longuement hésité avant de faire ce choix et n'était toujours pas convaincu d'avoir opté pour la bonne solution. Peut-être aurait-il été mieux de les éloigner l'un de l'autre le plus possible ?

Incapable de répondre à ses interrogations Ciaran reporta son attention sur la discussion qu'il était censé avoir avec Caïus, alors qu'il se contentait d'acquiescer de temps en temps d'un air vague depuis plus d'une minute. Ne comprenant rien de ce que racontait le vampire, il l'interrompit avant que ce dernier remarque son air perdu.

- Je t'ai nommé second de mon groupe, annonça-t-il d'une voix neutre.

- Parce que c'est impossible de laisser ce vampire… Quoi ?

- Je t'ai nommé second, répéta Ciaran sans changer d'intonation.

Caïus lui lança un regard perçant avant d'acquiescer sans un mot.

- Il faut que tu saches que je suis considéré par mes frères comme le leadeur. Nous devons donc montrer l'exemple et…

- Je sais ce que j'ai à faire, coupa Caïus. Et j'imagine que je serais aussi chargé d'entraîner nos recrus au combat contres les loups garous ?

- Il y a deux autres professeurs dans notre groupe.

- On ne pourrait pas trouver un nom un peu plus digne que « groupe », marmonna Caïus. J'ai l'impression que nous sommes des enfants jouant à un jeu.

- Nous ne sommes pas un régiment, ni une cohorte. Nous sommes une équipe. Je trouve qu'il existe une nuance entre ces trois termes, rétorqua Ciaran.

Le volturi n'insista pas même si le protecteur put voir l'agacement se peindre sur ses traits.

Ciaran tapota l'épaule de son second, ignorant son attitude revêche, et le quitta sur ces mots.


Caïus espérait beaucoup des recrues de Ciaran. Si ce dernier était le chef, il avait sûrement les soldats les plus forts…

Le vampire déchanta rapidement lorsqu'il arriva dans l'arène pour le premier entraînement. Il faisait plutôt chaud pour un mois de novembre et le soleil brillait haut dans le ciel en ce début d'après midi.

Ses pieds s'enfonçaient légèrement dans le sable fin de l'arène. Le Volturi se félicita mentalement d'avoir des bottes noires lassées à ses chevilles, trop haute pour que le sable puisse y pénétrer. Il détestait la sensation du sable frottant sur la plante de ses pieds depuis toujours.

D'un œil critique, il contempla ses soldats rassemblés et conclut rapidement qu'ils étaient tous aussi pitoyable que le laissait penser leur apparence. Un soupire passa ses lèvres lorsqu'il songea à tout le travail qui l'attendait, puis, les coins de sa bouche s'étirèrent en un sourire narquois. Ils vont souffrir, pensa-t-il.

Contrairement à ce que la plupart des gens aurait pu penser, il avait toujours aimé enseigner l'art du combat. D'abord parce qu'il adorait constater sa supériorité sur les autres, puis, parce qu'il adorait se battre, tout simplement. Même si sa patience très limitée ne l'aidait pas dans sa tache. Ciaran lui avait formellement interdit de tuer un des soldats, mais n'avait rien précisé quant aux blessures…

Deux individus inconnus se tenaient en face de ses recrues. Les deux autres instructeurs, comprit aussitôt le vampire. Il les évalua du regard durant un instant avant de les saluer d'un sec hochement de tête.

Sans leur attribuer plus d'attention, il prit la parole. Les deux hommes se tendirent imperceptiblement mais aucun ne fit de commentaire.

Caïus parla d'une voix calme aux intonations seches de celui qui a l'habitude d'être obéi.

- Bien, vous savez pourquoi vous êtes ici, et je ne vais pas vous le répéter. Je vais tacher d'être concis. Dans quelques mois, vous allez affronter une situation auquel vous n'êtes pas du tout préparé. Une situation que vous n'avez jamais imaginé dans vos pires cauchemars. Et notre tache (il indiqua vaguement les deux autres entraîneurs d'un geste) est de vous préparer à l'affronter. Je ne tolérerais aucune rébellion de votre part. vous obéirez à chacun de mes… nos ordres sans jamais discuter. Sinon, vous en subirez les conséquences…

Un frisson parcourut de nombreux individus, et Caïus en conclut aussitôt que ces personnes connaissaient sa réputation. Les autres ne tarderaient pas à comprendre, eux aussi...

- Obéir fait parti des obligations d'un guerrier. Personne ne vous demande d'avoir confiance dans votre commandant, ni même d'approuver ses décisions. Mais peu importe ce que vous pensez, ou ce que vous voulez, quand il ordonne, vous obéissez. Il n'y a pas d'autre alternative possible. Une petite armée unie dans un même combat aura plus de chance de gagner dans une bataille qu'une immense bande de sauvages obéissant à leurs propres règles. Donc, à partir de maintenant et jusqu'à la fin de cette guerre, vous devez l'obéissance à votre commandant Ciaran, puis à moi, votre sous commandant, et enfin à vos instructeurs. Un ordre direct du commandant primera sur celui d'un instructeur, évidemment. S'il faut vous brisez pour obtenir cette obéissance, sachez que je n'hésiterai pas un seul instant.

Le vampire laissa sa menace planer quelques instants, regardant tour à tour chacun des soldats. Tous étaient attentifs et le regardaient. Il aperçut une lueur de contradiction chez certains, celle qui devait disparaître dans les mois à venir.

- Maintenant que les choses sont claires, parlons de ce pourquoi vous êtes ici. Apprendre à combattre. La plupart d'entre vous pense sûrement, à tord, être parfaitement prêt pour une bataille, qu'ils arriveront sans peine à repousser leurs ennemis. Mais c'est loin d'être le cas. Les vampires, comme les modificateurs, ne savent plus se battre depuis qu'une paix relative règne entre les créatures qualifiées de surnaturelles par les humains. Projetés deux milles ans en arrière, la moitié d'entre vous mourriez dans la première journée.

Caïus vit quelques vampires hocher la tête pour acquiescer, ayant certainement été témoin de cette époque.

Parfait, songea-t-il, je saurais me servir de leur expérience.

Les autres semblaient sceptiques. Caïus n'en avait cure. Il savait parfaitement qu'un simple discours ne leur ferai pas prendre compte de leur lacune. Une petite démonstration serait bien plus utile. Mais chaque chose en son temps.

- Aujourd'hui, je vais me contenter d'évaluer vos capacités. La prochaine fois, je vous dirais avec plus de précision ce que nous allons travailler. N'oubliez jamais que notre temps est limité. Le conseil peut décider de vous envoyer combattre le mois prochain. Alors mettez y toute vos forces. Sinon, vous mourrez, ou vous regarderez vos proche mourir sans pouvoir rien faire.

Cette remarque alluma une flamme protectrice dans les yeux de la plupart des vampires et modificateurs présents. Tous avait une personne à protéger, comme il s'y attendait. Jouer avec les sentiments des autres était si simple.

- Très bien, mettez vous par paire et espacez vous sur le terrain.

Les soldats obéirent trop lentement au goût du Volturi. Choisir un adversaire n'aurait pas du être si compliqué.

Lorsque enfin ses recrues furent placées, le vampire remarqua un problème : Les modificateurs. Il n'avait pas pensé à eux… L'idéal aurait été de les mélanger avec les vampires, mais Caïus était persuadé que dans l'état actuel des choses, il n'en résulterait qu'un massacre sanglant.

- Les modificateurs doivent se transformer, j'imagine, dit-il assez fort pour que tous l'entendent.

La plupart de ces derniers devinrent soudainement des animaux, mais plusieurs d'entre eux restèrent humains. Intrigué, Caïus les regarda un moment avant de se détourner. Son « groupe » ressemblait maintenant à une vraie ménagerie. Loups, chiens, chats, panthères, tigres et ours se tenaient maintenant sur le terrain.

- Voilà maintenant quatre minutes que je vous ai donnés l'ordre de vous placer, nota Caïus d'un ton froid. Vous avez mis quatre minutes à vous séparer par groupe sur le terrain. C'est beaucoup trop long. La prochaine fois, je considérerai que tous les vampires et modificateurs non placés après une minute auront désobéi aux ordres. Je me verrai donc dans l'obligation de les punir… (Le vampire marqua une pause). Bien, vous allez maintenant changer d'adversaire et prendre celui à droite de vous. Veillez à rester avec quelqu'un de votre… constitution.

Des protestations naquirent dans les rangs mais un regard glacial du vampire suffit à les calmer. Mettre ses recrus face à des individus qu'ils ne connaissaient pas les forceraient à rester vigilent. La plupart avait en effet choisi leurs amis comme adversaire. Seulement, Caïus craignait qu'ils se retiennent pour ne pas les blesser.

- Une seule règle : ne pas tuer votre adversaire. Il ne doit pas non plus être blessé au point de devoir arrêter le combat.

Cette absence de règle permettrait aux recrues d'exprimer leurs capacités au maximum.

- Commencez, dit-il d'une voix ferme.

En poussant des cris, des hurlement et des grognement en tout genre, les recrues se jetèrent les une contre les autres.

En secouant la tête, Caïus les regarda d'un air désapprobateur.

Il passa sans crainte au milieu des combats, observant d'un œil critique les affrontements. Du coin de l'œil, il vit que les autres professeurs l'imitaient.

Il nota mentalement les points essentiels à revoir, dans la défense comme dans l'attaque.


Seth attaqua mollement le chien en face de lui.

Durant tout le discours du vampire blond, il était resté subjugué et avait bu toutes ses paroles. Sa voix grave, ferme, se transformait en mélodie dans ses oreilles. Il voulait l'entendre, encore et avait regardé avec adoration ses yeux écarlates. Grands, ombragés de longs cils, ils témoignaient d'une grande force de caractère.

Lorsque Seth aperçut son imprégné se promener au milieu des combats, la peur l'étreignit. Le vampire était trop proche du danger à son goût. Le loup qui l'habitait lui criait d'aller le protéger.

Instinctivement, il amorça un mouvement vers lui, mais son adversaire profita de ce moment d'inattention pour le percuter. Seth chuta au sol dans un gémissement. Incapable de se concentrer sur le combat, il sentit bientôt les dents du molosse s'enfoncer dans son cou.

Le combat était fini, il avait perdu.

Le vampire blond tourna la tête dans sa direction durant un instant et le mépris marqua son visage. Brûlant de honte à l'idée de s'être ridiculisé devant son imprégné, Seth combattit avec plus d'ardeur, en essayant de chasser le Volturi de ses pensées. Mais comment aurait-il pu l'oublier alors qu'il se trouvait à moins de quelques mètres de lui ?

Par trois fois, son adversaire le domina sans problème. Seth se sentait minable et ses sentiments n'aidaient pas.

- Cessez le combat, ordonna finalement son imprégné.

Aussitôt, Seth recula de plusieurs pas et s'assit sur son arrière train. Il fixa ses yeux bruns sur le vampire blond, ne se lassant pas de le contempler.

Le jeune homme se sentait fourbu, et fatigué. Il haletait, la langue pendante.

- J'ai vu ce que je voulais voir, dit le vampire. Le prochain entraînement aura lieu demain à la même heure.

Sans rien ajouter, il quitta l'arène.

Seth mit quelques secondes à reprendre ses esprits et s'éboua. Anxieux, il vérifia que personne n'avait aperçu le regard intense qu'il posait sur le vampire blond. Puis, il quitta l'arène en traînant des pattes.

Soudain, les pensées de Jacob envahirent son esprit, forçant Seth à reprendre sa forme humaine. La présence de son imprégné était encore trop inscrite dans son esprit pour qu'il puisse montrer ses pensées à son chef de meute.

Pour la énième fois, une vague de désespoir submergea le jeune homme quand il pensa à son futur compromit. Il ne pourrait jamais vivre heureux avec son imprégné. Et comme à chaque fois, la douleur de cette constatation fut si intense qu'il se courba en serrant ses bras contre sa poitrine.

Les larmes aux yeux, il décida de retourner dans sa tente. Mais lorsqu'il se redressa, Edwards était devant lui, un air profondément surpris sur le visage.

Seth comprit aussitôt qu'il savait tout. Horrifié, le jeune homme recula de plusieurs pas, tandis que la honte s'emparait de lui.

- Je… je suis… désolé, murmura-t-il avant de fondre en larmes.


Et voila, c'est la fin de ce chapitre ;) N'oubliez pas de me faire part de vos impressions, bonnes ou mauvaises, je prends toutes les critiques! :)

A la semaine prochaine :p