Salut tout le monde ! Me voilà de retour pour le nouveau chapitre d'Epidemia, qui sera du point de vue d'Alex. Je prie pour que le vrai Alexis ne tombe jamais sur cette histoire, je ne suis pas sûre qu'il s'apprécierait…En plus, il déteste Final Fantasy. Jamais compris. Comment peut-on détester Final Fantasy ?

Bref, peu importe, je voudrais souhaiter la bienvenue à Lys9191, que je remercie pour sa review, ainsi qu'à Ellenmenel, qui a ajouté mon histoire dans ses favoris. J'espère que vous continuerez à aimer ! Et évidemment, merci aux lecteurs et lectrices de la première heure et à tous les autres ! Sans oublier Chachou, Audrey, Lucile qui ont accepté que j'utilise leur personne pour cette fanfic, et Alex, qui n'est pas encore au courant ^^.

Bon, ce chapitre risque d'être assez sombre (j'ai l'impression de dire ça pour tous les chapitres en ce moment…), et, chronologiquement parlant, il se situe au lendemain de la journée où Kadaj et Ambre ont eu cours de badminton, soit le jour même où Reno et Lucile se sont réconciliés. Je précise, parce que j'ai tendance à m'emmêler un peu dans les dates avec tous ces retours en arrière…Honte à moi ^^.

Bonne lecture !


Deux jours…Cela faisait maintenant deux jours que Charlotte et Genesis s'étaient installés au 7th Heaven. Deux jours durant lesquels je me demandais si le calme avait-il été définitivement banni de ce bar…

Entre Genesis qui trouvait que jouer les serveurs n'était guère digne de sa soi-disant prestance, et pourtant travaillait avec un enthousiasme assommant, et Charlotte, qui avait harcelé les Trois Frères pour obtenir un entraînement de leur part, arguant qu'Ambre en avait un, elle, je finissais par croire que les jours idylliques que je m'imaginais en compagnie de Tifa et de sa petite famille étaient d'hors et déjà effacés.

Sans oublier Ambre…Mon idiote de soeur qui avait réclamé un entraînement à Yazoo et aux autres. Un entraînement au combat. Comme si le fait qu'elle abritait l'un des ex-plus grands psychopathes de ce monde ne lui suffisait pas…

« Ce n'est pas comme si Sephiroth et moi allions toujours rester dans le même corps. Sans lui, je n'atteindrais même pas le niveau de Cloud. M'avait-elle dit alors que je m'étais opposé à cela. »

Tss…Elle n'avait que seize ans, mais elle se prenait pour je-ne-sais quelle guerrière ou combattante de la liberté. Un peu plus, et elle allait fonder un groupe terroriste pour s'opposer à Shinra, qu'elle hait toujours autant, si ce n'est plus…

Sur ces sombres pensées, je me décidai enfin à sortir de mon lit. La douleur qui vrillait mon crâne rendait mes mouvements maladroits et incertains, mais je ne voulais surtout pas les inquiéter…
Qui sait ce qu'il se passerait s'ils savaient que j'étais atteint d'Epidemia ?

Il aurait fallu être un idiot pour ne pas faire le rapprochement entre la mort par cette maladie de la Turk qui avait voulu me capturer et les souffrances que je subissais à présent. Souffrances que je taisais depuis près de trois jours...

Je poussai un soupir en essuyant mon front trempé de sueur. Ce jour-ci, le bar n'ouvrait que l'après-midi et Denzel et Marlène n'avaient pas cours. Quant à Ambre et Kadaj, ils finissaient leurs cours de la matinée avant d'être ramenés par Tifa. J'avais donc assez de temps pour me faire une figure à peu près potable, en lieu et place du visage blanc et des yeux injectés de sang et cernés que je voyais dans le miroir de la salle de bain.

« T'as vraiment une sale tronche, vieux. Murmurai-je avec un sourire triste aux lèvres. »

Mes mitaines se mirent à ronronner, comme pour tenter de me rassurer. Je ne savais pas vraiment pas si je devais les remercier ou les ignorer. Avait-on déjà vu quelqu'un en train de parler à ses mitaines ? Ce devait être une première historique…

Je maudis les Dieux ou la Nature, assez vicieux et imaginatifs pour m'imposer pareille idiotie, avant de me passer de l'eau sur le visage. Je grimaçai. Visiblement, ça ne suffisait pas. Mon regard lorgna un bref instant vers les produits de maquillage de Tifa, mais cette idée fut chassée de mon esprit aussi vite qu'elle y était rentrée. Moi, un métrosexuel ? Plutôt crever…

Je passai une main dans mes cheveux, avant de la retirer, écoeuré. Ils dégoulinaient de transpiration ! Beurk…Je n'avais pourtant pas de fièvre suffisante pour justifier cette sudation trop intense…

Ma nuit avait dû être agitée, bien que je n'en gardais aucun souvenir.

Une bonne douche me débarrassa de tous ces restes de cauchemar qui me collaient à la peau.

Puis j'enfilai une tenue des plus simples, constituée d'une chemise noire et d'un jean un brin trop grand.

Je me décidai enfin à descendre, rejoignant Tifa, Denzel et Marlène, qui étaient en plein dans une partie de cartes, un jeu que je devinais être le poker au vu de leurs agitations. J'haussai un sourcil, me demandant si le poker était vraiment approprié pour des enfants de leur âge…

Je toussotai, afin de me manifester. Ils stoppèrent immédiatement leur partie avant de venir me saluer.

« T'as une mine horrible, Grand Frère ! Me lança Marlène avec un sourire après m'avoir fait la bise.

-Ça fait plaisir à entendre. Grimaçai-je avec une voix faussement fâchée.

-Elle a raison. Tu as une mine épouvantable. Déclara Tifa en me fixant de ses grands yeux noirs, emplis d'inquiétude. »

Elle posa une main sur mon front.

« Et tu as de la fièvre en plus…Tu devrais remonter te coucher.

-Je ne suis pas un enfant, Tifa. Et puis, je suis descendu spécialement pour te voir. Je ne pourrais être mieux qu'en ta présence. Lui répondis-je en m'enhardissant et en la prenant dans mes bras. »

Elle rougit avant de se défaire avec délicatesse de mon étreinte.

« Et nous, on pue ? Demanda Denzel avec un air très sérieux. »

J'éclatai de rire, bientôt suivi des autres.

« Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire ! Objectai-je d'une voix étouffée. Simplement…

-Bouh ! Grand Frère est amoureux de Tifa ! Grand Frère est amoureux de Tifa ! Scanda Marlène, bientôt rejointe par Denzel. »

Et ils s'enfuirent dans leur chambre alors que je faisais mine de les poursuivre. Ils étaient vraiment incorrigibles…

« Alex, tu es sûr que ça va ? »

Je me retournai vers Tifa, avant de me composer un sourire rassurant :

« Je t'assure que je vais bien. Tu n'as pas à t'en faire, c'est juste un petit rhume. Avec la neige qu'il y a, ce n'est pas étonnant… »

Avec une mine fâchée, Tifa s'empara de mes mains avant de les lever au niveau de mes yeux :

« Regarde-les ! Elles tremblent tellement qu'elles en deviennent spasmodiques ! Tu ne vas pas bien, Alex. Arrête de me mentir. Dis-moi ce que tu as. »

Je poussai un soupir. Tifa pouvait faire vraiment peur quand elle s'y mettait !

« Je t'ai dit que ce n'était rien. M'obstinai-je en retirant, à regret, mes mains des siennes.

-Qu'est-ce que j'ai bien pu faire pour que tu ne me fasses pas confiance ?

-Pardon ?

-Tu n'arrêtes pas de me mentir. Ça t'amuse ? Moi pas. Je suis plus qu'angoissée pour toi. Depuis que cette Turk est morte…

-Ne reparlons plus de ça. La coupai-je un peu brusquement. »

Tifa se mordit les lèvres, visiblement contrariée.

« C'est donc ça…

-Ça quoi ?

-Tu es malade…Tu as contracté Epidemia. »

J'aurais dû y penser…Tifa n'était pas idiote. Elle avait dû faire le même raisonnement que moi.

« Et si c'était le cas ? Qu'est-ce que ça te ferait ? Ce n'est pas comme si l'on se connaissait depuis longtemps…

-Tu es vraiment idiot ! M'interrompit-elle d'une voix furieuse. Tu es mon ami, Alex ! Le temps n'a pas la moindre importance !

-En l'occurrence, si. Il ne m'en reste sans doute plus beaucoup… »

Une trace rouge se dessina sur ma joue tandis qu'une douleur cuisante l'envahissait. Elle…elle m'avait giflée ! Tifa m'avait giflée ! Elle avait vraiment fait ça ?

« Cesse d'être défaitiste, Alex ! On a trouvé le remède pour le Géostigma, on le trouvera pour cette maladie. Denzel et Cloud ont tenu bon, alors toi aussi…

-Je vais mourir, Tifa. »

Étrange…Je n'aurais jamais pensé pouvoir le prononcer aussi facilement…Si rapidement, tous mes espoirs, toutes mes illusions s'étaient envolées. Comme si elles n'avaient jamais existées…

Tifa prit mes mains dans les siennes, avec une intention bien différente que celle qui l'avait poussé à le faire précédemment :

« Tu ne peux pas dire des choses pareilles ! Il ne s'agit pas que de toi ! Si tu ne résistes pas…Ambre, Denzel, Marlène…et… »

Elle déglutit, comme si ses mots venaient à lui échapper. Elle baissa la tête, avant de déclarer :

« Et…moi…Tu n'imagines pas à quel point tu nous manquerais ! Ambre t'aime réellement, même si elle s'est montrée moins présente ces derniers temps ! Tu es devenu un Grand Frère pour Denzel et Marlène.

-Et pour toi, qu'est-ce que je suis…Tifa ? »

Surprise par ma question, elle leva les yeux vers moi. Ses lèvres se mirent à trembler :

« Je… »

Un bruit nous interrompit. Nous nous tournâmes vers la porte d'entrée. Cloud s'y trouvait, deux sacs de courses à ses pieds. Il avait dû les lâcher en voyant notre scène…

« On s'amuse bien, on dirait…Ironisa-t-il d'une voix emplie de colère. »

Tifa se détacha de moi, avant de prendre les courses et de les ranger dans la cuisine, sans un mot pour Cloud.

« J'ai un message des Trois Frères pour toi : Ils sont avec Genesis et Charlotte, et ils t'attendent pour une séance d'entraînement.

-De l'entraînement ? »

Je grimaçai. Je doutais que mon corps puisse supporter un trop grand effort physique…

« Tu comptes te défiler ? Yazoo m'a raconté ce qui s'est passé avec la Chimère. »

L'Asperge avait osé ? Enfoiré.

« S'il n'y avait pas eu un miracle, tu serais mort. Et pourtant, ton équipement est loin d'être négligeable…

-Tu veux parler de ça ? Demandai-je avec un sourire sarcastique, tout en montrant mes mitaines. »

Celles-ci, visiblement vexées, me mordirent les bras. Je retins un cri de douleur. J'étais déjà assez mal en point !

« Oui, de ça. Tu aurais dû pouvoir tuer cette vulgaire chimère d'un claquement de doigts. Or, tu ne l'as pas fait. Tu espères vraiment pouvoir protéger Tifa de cette façon ? »

J'accusai le coup. Il n'avait pas totalement tort.

« Je suis déjà assez fort pour la protéger de toi, Cloud, et de ton égoïsme. »

Les traits du blondinet se durcirent. Sans un mot, il se jeta sur moi avant de me plaquer au sol et de me décocher un coup de poing au visage. Il leva l'autre main, prêt à me frapper.

Mais l'arrivée de Tifa l'interrompit aussitôt. Blanche, elle s'approcha de Cloud, avant de le forcer à se relever. Elle ne dit rien, mais son regard était suffisamment éloquent de mépris pour que Cloud puisse se sentir mal.

Puis elle me tendit une main, que je saisis pour m'aider à me remettre sur pieds. Puis son regard vint sur Cloud, un regard méprisant et furieux. Une expression que je n'avais jamais vue sur son visage…et surtout pas envers Cloud.

Le blondinet lâcha un grognement.

« Je vais faire un tour. Ne m'attendez pas pour le repas. »

Sur ces mots, il sortit du bar, claquant la porte derrière lui. Tifa soupira, lasse.

« On dirait que j'ai fait une gaffe ? Marmonnai-je, gêné, tout en me massant la joue. »

La douleur qui me lancinait auparavant le crâne s'étendit sur tout le haut de mon corps. Super.

« Non. Il a juste du mal à accepter que je ne l'aie pas attendu…

-Attendu ? Attendu pour quoi ? »

Je n'étais pas sûr de tout comprendre, mais j'étais, en revanche, bien sûr de la nature des sentiments de Tifa envers Cloud, du moins jusqu'ici. M'étais-je donc trompé ?

A ma question, Tifa eut un petit sourire :

« Comme si tu ne devinais pas…

-De…deviner quoi ? Il n'y a rien à deviner. Déclarai-je en rougissant. »

Tifa se mit à rire.

« Tu es vraiment mignon, tu sais. Viens, je vais désinfecter ça.

-Mais ça va, tu sais…

-Ne joue pas les gros durs si c'est pour pleurer comme une fillette si la plaie vient à s'aggraver…Me coupa Tifa en m'entraînant vers la salle de bain. »

Elle s'occupa alors de ma joue, à grand renfort de délicatesse et de précaution.

« Tu es mon infirmière préférée…

-Ne dis pas de bêtises. Une vraie infirmière utiliserait une Matéria de soin, mais elles sont trop chères pour être usées de cette façon.

-Ne t'en fais pas, je comprends…De toute façon, je préfère le contact de ta main sur ma peau à celui d'une espèce de boule de cristal verte. »

Son rire léger m'emplit de satisfaction, et je m'en voulus de m'être ainsi laissé aller au désespoir tout à l'heure. Qu'est-ce qui m'avait donc poussé à avoir de telles pensées ?

« Voilà ! C'est fini !

-Parfait. Répondis-je en voulant, par réflexe, tâter le résultat. »

Elle donna alors une petite tape sur ma main, m'ordonnant de ne pas y toucher :

« Laisse au produit le temps d'agir.

-Oui, madame.

-Appelle-moi encore une fois ainsi, et je m'assurerai que ton autre joue reçoive autant que celle-ci.

-Comment préférerais-tu que je t'appelle ? Simplement Tifa ou… ? »

Elle ne me laissa pas le temps de finir. Ses lèvres s'approchèrent des miennes, et elle m'embrassa. Était-ce une illusion ou ma fièvre grimpait-elle à toute vitesse ? Je ne savais pas qu'un simple baiser pouvait procurer un tel déluge de sensations, d'émotions…de sentiments.

Puis elle se détacha, légèrement rougissante, avant de déclarer, avec un clin d'œil :

« Bisou désinfectant ! »

Je la fixai quelques instants, avant de tourner la tête. Était-il possible que la sévère femme qui avait réussi à faire plier Cloud d'un simple regard puisse être aussi mignonne en pareille situation ?

C'était difficile à croire…

« Cesse donc de faire cette tête d'ahuri et sortons d'ici ! Les enfants vont finir par se faire des idées.

-Hum…C'est sans doute à éviter. »

Nous sortîmes donc de la salle de bain pour nous retrouver devant…Denzel et Marlène. Ils se concertèrent du regard, avant de déclarer, d'une voix malicieuse :

« A quand le petit frère ? »

Ai-je déjà autant rougi ? Je n'en suis vraiment pas sûr…

« Vous… »

Je me composai un visage censé être terrifiant, mais qui les fit éclater de rire. Ils s'enfuirent néanmoins à toutes jambes jusqu'à leur chambre.

« Finalement, ils ont eu le temps de s'en faire, des idées. Constatai-je avec un léger sourire. Mais, ils posent une question pertinente. J'aimerais bien avoir ta réponse… »

Une pichenette fut ma seule réponse.

« Hé ! Pourquoi ?

-Comme tu l'as dit : Ce n'est pas comme si l'on se connaissait depuis longtemps. Alors, ce genre de familiarités attendra.

-Zut.

-Tu as déjà eu un baiser, sois-en heureux. Surtout que c'est sans doute le dernier avant un moment…

-Hein ? Pourquoi tu dis ça ?

-Je te rappelle que Cloud vit avec nous. Il ferait une syncope s'il nous voyait. Sans oublier Marlène et Denzel…Attendons un peu. »

Avec un visage déçu, que Tifa dû trouver assez drôle pour en rire, je demandai :

« Attendre quoi ? Le déluge ?

-Non. Juste que Cloud se dégotte quelqu'un. Comme Audrey, par exemple.

-Tu veux rire ?

-Oh, arrête, elle l'aime, ça crève les yeux !

-Mais elle est Turk ! Et Shinra lui a ordonné de ne pas…

-Et depuis quand suivons-nous toujours les ordres ? »

J'interrompis mon flot d'arguments, étonné.

« Je vais bientôt appeler des amis. Des amis un peu particuliers…

-Tu parles d'AVALANCHE ? »

Un sourire affirmatif me confirma dans mon raisonnement.

« On dirait qu'il y en a dans cette tête-là, malgré tout.

-Malgré tout ? Relevai-je en grimaçant. »

Avec un petit rire, Tifa m'entraîna jusqu'au salon. Je pris alors une grande inspiration :

« Tifa ?

-Oui ?

-Tu sais où sont les Trois frères ? »

Comme je l'avais prévu, son visage s'assombrit.

« Tu ne comptes quand même pas t'entraîner…dans ton état…

-Non, non ! Mentis-je en sentant la colère pointer son nez. Je ne suis pas suicidaire, non plus ! J'aimerais juste me changer les idées. »

Tifa parut un peu sceptique mais n'émit aucune objection. Sans mot, elle se dirigea vers l'un des meubles de la pièce, sur lequel trônait un poste de radio. Puis, avec force, elle le poussa, révélant un escalier descendant vers d'obscurs profondeurs.

« Le passage n'est pas caché très subtilement, je sais…Surtout si l'on compare à notre ancienne cachette, où AVALANCHE se réunissait toute entière.

-Moi, je trouve ça assez cool ! C'est bien la première fois que je vais emprunter un passage secret…Déclarai-je, empreint d'une certaine excitation.

-Et bien, je suis heureuse que ce soit moi qui t'honore cette première fois !

-"Cette" première fois ?

-Tu me mentirais si tu me disais que tu n'as jamais eu de petite amie avant moi.

-Touché. »

Je regrettai aussitôt ce mot que j'avais lâché sans réfléchir. Je m'attendais à ce qu'elle soit vexée, ne serait-ce qu'un peu, mais ce ne fut visiblement pas le cas.

« Les filles adorent les pianistes. Et les gars musclés. Même si, ainsi vêtu, tu ressembles à une crevette.

-Une crevette ? Répète un peu pour voir !

-Allez, pas d'enfantillages ! Une séance de visionnage d'entraînement t'attend ! J'ai bien dit "visionnage", hein ?

-Oui, oui, c'est ce que j'ai entendu.

-Parfait. Alors, vas-y ! Conclut-elle avec un sourire satisfait. »

Je posai un dernier baiser sur ses lèvres avant de descendre dans les profondeurs obscures que cachait sans doute cet escalier.

Perdu. En lieu et place d'obscurité terrifiante, j'avais une salle aux couleurs chaleureuses, presque assez lumineuse pour nous éblouir. J'aurais dû m'en douter, la décoratrice ayant dû être Tifa…

« Attention ! Au sol ! »

J'obéis aussitôt, manquant de me prendre Charlotte en pleine tête. Elle atterrit au sol de manière visiblement brutale, avant de se relever, maugréant insultes et autres jurons.

« Tiens, salut, Alex ! Tu viens t'entraîner aussi ?

-Euh…oui. »

Mauvaise réponse. N'avais-je pas juré de ne pas le faire ? Surtout que mon cœur commençait à présent à s'emballer dans ma poitrine…

« C'est cool ! Yazoo, tu as un autre punching…élève !

-Tu allais dire Punching-ball, hein ? »

Rassurante perspective. Surtout de la part de l'Asperge qui, s'il était aussi frêle qu'une fillette, n'en était pas moins effrayant, dixit la façon dont il avait étalé la chef des Turks qui m'avait attaqué.

« Oh, gueule d'ange se décide enfin à se montrer ici ? Déclara Yazoo en s'approchant. Tu as enfin décidé de nous honorer de ta pitoyable présence ?

-La ferme, Yazoo.

-Tu manques de répartie, aujourd'hui. A mon avis, je ne pense pas qu'une séance d'entraînement te soit très recommandable. »

J'haussai un sourcil. Il avait enfin l'occasion de me malmener comme il le voulait et il laissait passer cette chance ? Qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez lui ?

« Désolé, Charlotte, je n'entraîne que les gens en pleine possession de leurs moyens. Il n'y a aucun plaisir à battre quelqu'un d'aussi faible que lui.

-Oh, zut…moi qui espérais que tu changerais enfin de cible.

-Ta sollicitude me touche beaucoup, Charlotte. Ironisai-je avec un sourire désabusé. Mais, Yazoo, je tiens à ce combat. »

Cloud avait raison, quelque part. Ce monde regorgeait de dangers, de monstres et autres absurdités. Tifa ne voulait sûrement pas d'un homme passant son temps à se faire protéger…

« Tu es irresponsable, Alex. Mais j'accepte. Ne viens pas te plaindre ensuite des conséquences. »

Il héla Loz et Genesis qui s'entraînaient plus loin. Ceux-ci s'approchèrent alors. J'eus une grimace. J'avais toujours du mal à faire le rapprochement entre le roux enflammé qui était arrivé ici, et cette personne aux cheveux teints de noir et aux yeux devenus bruns. Je comprenais aisément qu'il ait pu déprimer en voyant son nouvel et temporaire aspect physique…Bien qu'il restât toujours doté de l'étrange magnétisme qui l'avait accompagné jusqu'ici.

« Qu'est-ce qu'il y a, Yazoo ? Demanda Loz. J'allais enfin le battre…

-Me battre ? Tu étais sur le point d'être vaincu, oui ! N'oublie pas que tu as affaire à un ex-SOLDAT de 1ère classe, qui ne se connaissait autre rival que la mort.

-Et Sephiroth, qui t'a toujours battu. C'est Ambre qui me l'a raconté. Ajoutai-je en voyant leurs mines perplexes. »

Genesis parut passablement vexé.

« Comment ose-t-il…Me traiter ainsi, moi, chevalier de Minerve et du don de la Déesse

-Euh, non, c'est juste Ambre qui…

-Je te défie !

-Quoi ? »

Moi qui espérais avoir une petite chance face à l'Asperge…Je me retrouvais avec un combattant surentraîné, qui plus est empli de colère à mon égard. Super. Ai-je déjà dit que le temps qui me restait à vivre était compté ?

« Genesis, Alex m'appartient, pour ce combat-ci. S'interposa Yazoo. Tu règleras tes comptes avec lui quand il sera capable de me battre. Autrement, ce duel n'aurait aucun intérêt.

-Et puis, Genesis, tu avais promis de m'apprendre à me servir des Matérias ! Ajouta Charlotte avec de grands yeux humides et suppliants. »

Je ne sais si ce fut l'argument de Yazoo ou celui de Charlotte qui le poussa à abandonner la partie, mais ce fut bien le cas. Il entraîna Charlotte à l'écart, commençant à lui expliquer le fonctionnement des diverses Matérias.

« Loz, tu veux regarder ?

-Je ne manquerais ce spectacle pour rien au monde, Yazoo.

-Parfait. Je préfère être regardé quand je suis sur le point d'humilier quelqu'un. »

Je déglutis. Il avait l'air sérieux.

« La première chose que je veux t'apprendre, c'est à utiliser tes pouvoirs quand tu le désires.

-Quand je le désire ?

-Tu es visiblement capable de te téléporter. Un don rare et précieux, mais dangereux s'il est mal utilisé. Si tu avais su le contrôler auparavant, Ambre n'aurait sans doute pas couru tous ces dangers et vous continuerez votre vie paisible dans votre monde.

-Désolé si je me ne suis aperçu qu'une semaine auparavant de mes capacités…Lâchai-je d'un ton sarcastique.

-Visiblement, reprit Yazoo sans prêter attention à ma remarque, ton don se déclenche quand tu es pris de panique ou contraint. Comme cela avait été le cas avec la Chimère ou lorsque Cloud t'a quelque peu forcé la main pour que tu ramènes Petite sœur, Lucile et Audrey dans ce monde-ci.

-Finement observé. »

Yazoo fit craquer chacune de ses articulations.

« Je vais appliquer une poussée sur ton torse. Tu t'efforceras de déclencher ton pouvoir avant celle-ci ou avant que tu n'aies touché sol ou mur. Prêt ?

-Hein ?

-Je prends ça pour un oui. »

Yazoo se mit à courir, d'une vitesse fulgurante, et, avant même que je n'aie eu le temps de prendre une inspiration, il était à mes côtés, plaquant sa paume sur mon torse.

« Trop tard. Une seconde chance… »

Sur ces mots, il me poussa. Je ne ressentis nulle douleur mais je sentis nettement mes pieds quitter le sol.

Merde ! Comment veut-il que je réussisse à faire quoi que ce soit ? Je n'ai pas la moindre idée de comment les déclencher…

Ma main rencontra alors le plafond et s'y plaqua, sans que je ne comprenne exactement comment. Puis elle effectua une poussée au sol, et j'atterris avec douceur.

« Alors ? Je me suis téléporté ?

-Tu plaisantes ? Tes artefacts t'ont encore sauvé la mise… »

Mes mitaines ronronnèrent, approuvant les propos de Yazoo.

« Que s'est-il passé ?

-Tes bras se sont mis en mouvement. Tu as réussi à te stabiliser dans les airs, avant de prendre appui sur la première surface s'étant présenté à toi.

-Wouah ! Et tout ça, en quelques secondes ?

-Oui. Mais n'estime pas avoir un quelconque mérite là-dedans. Ce sont elles qui ont tout fait.

-Merci de me remonter le moral, l'Asperge.

-A ton service, Gueule d'ange. »

Un tintement se fit soudain entendre.

« On dirait qu'Ambre et Kadaj sont finalement rentrés. Fin du cours d'aujourd'hui. Annonça Yazoo.

-Quoi ? Mais il vient seulement de commencer ! »

Yazoo s'approcha de moi, un léger sourire aux lèvres, avant de me murmurer à l'oreille :

« Tu tiens vraiment à mourir ? Personnellement, je n'ai pas envie d'affronter le spectacle d'une Tifa persuadée que je sois pour quelque chose dans le déclenchement de ta maladie. Non pas que te voir disparaître ne m'emplirait pas de joie… »

Puis il s'écarta avant d'emprunter les escaliers. Tss…C'était donc vrai…Ce type lisait en moi comme dans un livre ouvert. Enfoiré. J'aurais pu me promener avec une pancarte "J'ai contracté Epidemia", le résultat aurait été tout aussi éloquent.

Je montais à sa suite, tandis que Loz m'adressait un sourire goguenard. Je ne lui répondis pas. Trop las pour m'abaisser à ce genre de disputes futiles…

« Dites, on n'oublie pas quelqu'un ? Fis-je remarquer alors que nous nous apprêtions à sortir. »

Nous nous concertâmes du regard :

« Genesis ! Charlotte ! »

Confus, ils arrivèrent presque aussitôt.

« Je peux savoir ce que vous faisiez ? Demanda Yazoo d'un air soupçonneux.

-Disons que le don de la déesse est un mystère infini…

-Qu'est-ce que tu racontes, Genesis ? L'interrompit Charlotte, rougissante. Il m'apprenait à me servir des Matérias, c'est tout ! Alex, tu me crois ? »

Pour toute réponse, je toussotai d'un air gêné. Yazoo eut un soupir, visiblement désespéré par notre attitude, avant d'appuyer sur un bouton. Aussitôt, le meuble fut poussé et nous pûmes sortir de la salle d'entraînement.

L'après-midi démarra et le bar ouvrit sans même que je ne puisse y travailler.

« Tu as vu comme tu es pâle ? Je serais inconsciente si je t'autorisais à bosser dans cet état.

-Mais, Tifa…

-Pas d'objection. Les clients se passeront de ta musique. J'aurais déjà fort à faire pour aiguiller Charlotte et Genesis, je ne veux pas avoir un malade sous les bras. Allez, au lit ! »

Je retins le "Oui, chef !" qui menaçait de sortir avant de finalement obéir. Je devais avouer que j'avais bien besoin de repos…Yazoo avait beau m'avoir ménagé, je m'en doutais, je n'en étais pas moins épuisé.

Ma main se crispa sur ma poitrine. Pourquoi fallait-il que j'endure cette douleur ?

Il y a un traître…

Je me relevai brusquement.

« Qui…Qui est là ? »

Tu es seul à pouvoir nous entendre…Ne parle pas. Contente-toi de penser.

Qui êtes-vous ?

Leurs voix résonnaient d'une étrange façon, comme si elles ne cessaient de s'entremêler.

Nous sommes tes alliés…Les esprits habitant tes artefacts…

Mes artefacts…Vous voulez dire mes mitaines ?

Le claquement réprobateur qui se fit entendre dans mon esprit me montra qu'elles n'approuvaient guère ce titre que je leur avais donné.

Appelle-nous donc comme tu le désires. Notre nom est trop précieux pour être prononcé par la vile bouche d'un être humain.

Sympa. Vous disiez qu'il y avait un traître ?

L'ennemi ne s'est pas encore éteint, jeune humain…Son esprit demeure encore et toujours dans ce monde.

L'ennemi...Vous parlez de Jenova ?

C'est ainsi que vous l'appelez. Nous lui attribuons le nom d'Être maudit.

Elle est morte, Ambre l'a tuée.

Tu ignores tant de choses, jeune humain…L'Être maudit n'a pas qu'une seule vie. Elle continue d'exister au travers de ses enfants.

Les Trois frères ?

Oui. Ils ne le savent sans doute pas, mais elle est encore là, en eux. Tu n'es pas capable de sentir son influence, mais nous, nous le pouvons.

Que dois-je faire ?

L'un d'eux s'est éveillé à sa présence…Un qui a toujours essayé de te détruire, puisqu'il a deviné que nous étions capables, grâce à ton aide, d'annihiler l'Être maudit.

Yazoo…

Était-il réellement notre ennemi ? Je pensais à toutes ces fois où son attitude méprisante et haineuse à mon égard avait manqué me mener à ma perte. Mais…

Il m'a sauvé la vie. Même si j'ai toujours du mal à le digérer…

Il l'a fait parce que l'Être maudit le lui a ordonné. Il l'a fait pour te faire baisser les barrières, ce qui lui a permis de t'infecter.

De m'infecter…Epidemia, c'est donc lui ?

L'Être maudit, devrais-tu dire…Son pouvoir est encore affaibli par la perte de Sephiroth et des autres frères. Mais ses pouvoirs lui ont permis de retourner les Ténèbres habitant les cœurs des humains de cette planète contre eux. Il n'est pas encore trop tard.

Trop tard pour quoi ?

Le tuer.

Une nausée s'empara de mon être à cet instant.

Je ne peux pas faire ça.

Dans ce cas-là, tu condamnes tous les habitants de cette planète à tomber sous son contrôle. Gaïa ne deviendra bientôt plus qu'une terre sans vie, que l'Être maudit pourra utiliser en guise de vaisseau.

Je refuse de le croire. Ambre a confiance en Yazoo. Alors, même si je le déteste, moi aussi.

Ce ne serait pas la première fois que ta sœur est abusée, n'est-ce pas ?

Je grimaçai. Elles n'avaient pas tort. Ambre accordait trop vite sa confiance à ceux qui lui témoignaient un peu d'affection. Combien de fois avais-je dû la consoler après qu'elle se soit fait arnaquer par des gens assez malhonnêtes pour profiter de sa trop grande naïveté ?

Tu commences à te rendre à la raison…

Que dois-je faire ?

Toi ? Rien. Laisse-nous nous occuper de cela. Tu as perdu trop de force par sa faute. Ouvre-nous ton esprit. Ainsi, nous pourrons libérer notre entier pouvoir.

Vous voulez vraiment ne supprimer que Jenova ? Je ne suis pas sûr de devoir vous accorder toute ma confiance…

Un ronronnement furieux se fit entendre. Mes mitaines ! C'était la première fois qu'elle se manifestait de toute la conversation…

Si tu meurs, que deviendrons-nous ? Nous dépendons de notre maître, aussi stupide soit-il ! Notre vie ne tient qu'à la tienne ! Disparais, et nous disparaîtrons avec toi !

L'argument était valable. Et leur colère était trop forte pour être simplement feinte.

Alors ? Te ranges-tu à notre proposition ?

J'accepte.

Parfait.

Aussitôt, une nouvelle énergie déferla dans mon corps. Je sentis toute la fatigue dû à Epidemia s'éteindre, pour n'être plus qu'un souvenir.

Ne te sens-tu pas mieux ?

Je suis merveilleusement bien.

Tu n'avais aucune raison de te méfier de nous ! Ensemble, nous pouvons déchaîner l'entièreté de tes capacités ! Jusqu'au pouvoir que tu ne parviens pas à comprendre, que tu n'arrives pas à saisir…Ferme les yeux. Ne songe qu'à Yazoo.

J'obéis aussitôt. Je devais le faire. Pour Ambre, pour Denzel, pour Marlène…Et pour Tifa.

C'est parfait. Laisse ces sentiments t'envahir.

Je ne fais que ça.

C'est suffisant. Ouvre les yeux.

Je le fis. Le visage surpris de Yazoo apparut alors devant moi.

« Qu'est-ce que tu… ? Comment as-tu fait ?

-La comédie a assez duré, Yazoo.

-De quoi tu parles ? Quelle comédie ?

-Je sais que Jenova est encore en toi. Et je vais la tuer.

-Arrête ça ! Al… »

Mon poing s'enfonça dans son corps comme dans du beurre. Je sentis des os se craqueler, tandis que ma main traversait son torse, jusqu'à surgir dans son dos, couverte de sang.

Parfait.

Je retirai mon poing. Yazoo resta immobile quelques instants, avant de s'effondrer au sol, du sang s'échappant de sa plaie et de ses lèvres. Je n'eus que le temps d'entendre des bruits de pas avant de moi-même m'évanouir.

J'ouvris les yeux. J'étais dans une pièce toute de blanc peinte. Des fauteuils y trônaient ainsi que divers meubles stylisés.

Sur l'un des sièges se trouvait une femme dont le corps et le visage était recouvert d'un fin voile noir.

« Tu te réveilles enfin, jeune abruti. »

Je me relevais, me mettant en position de combat. La femme éclata de rire.

« Ici, c'est mon domaine, stupide humain ! Tu crois pouvoir faire quoi que ce soit à mon égard ? »

Sa main fit un simple mouvement, et je me retrouvais un genou au sol, incapable de me relever.

« Il est toujours bon de s'incliner devant son maître, Alexis Nemrod.

-Qui es-tu ? Que fais-tu ici ? Est-ce toi qui m'a parlé ?

-Que de questions…Je vais te fournir les réponses que je juge digne de t'apparaître. »

La femme se releva du fauteuil. Ses mouvements étaient empreints d'une certaine élégance et paraissaient si légers qu'ils me semblaient aériens.

« Ici, nous sommes dans les méandres de ton esprit. Je suis celle qui a déclenché Epidemia, et c'est bien ma voix que tu as entendue précédemment.

-Elle était différente. Et il y avait deux voix.

-Ton esprit, ainsi que ceux des humains que j'ai contaminé, constitue mon royaume. Je peux y être ce que je désire. Ce qui me permet de leurrer à désir celui que j'habite. Je n'ai fait qu'emprunter l'identité de tes artefacts. Eux refusent de te parler parce qu'ils ne t'estiment pas prêt à les entendre. »

La femme me prit la main avant de me forcer à m'asseoir sur un fauteuil, en face du sien. Je grimaçai. Entre ses doigts, je n'étais rien d'autre qu'une poupée de chiffon…Ou une marionnette.

« C'est un grand honneur que je te fais, Alexis. Tu es le premier humain à qui je viens rendre visite en personne.

-Ah, vraiment ? Je m'en serais bien passé… »

Elle claqua des doigts et je sentis une douleur cuisante sur ma joue se réveiller.

« Je n'apprécie pas l'insolence, stupide humain. Encore moins venant de quelqu'un d'aussi faible que toi…

-Je ne suis pas faible. »

Les mains de la femme frémirent.

« Tu l'es. Alors que tu as la chance de posséder un don que peu ne peuvent qu'espérer avoir, tu le gâches, en te montrant incapable de vaincre un misérable incarné sans que je ne doive te venir en aide. Pathétique.

-Tu m'as dupé, n'est-ce pas ? Yazoo n'est plus en contact avec Jenova…

-Et tu t'es merveilleusement laissé avoir. La naïveté des humains est si amusante à exploiter. Il suffit de laisser parler leurs émotions pour qu'ils m'obéissent au doigt et à l'œil. Jenova n'est plus en Yazoo, ni en aucun autre des Incarnés. Il serait faux de ma part, toutefois, de prétendre qu'elle a totalement disparu, mais elle ne représente plus aucune menace.

-Qui es-tu donc ?

-Tu crois que je ferais l'erreur de me révéler à toi ? Tu n'imagines pas la faiblesse qu'un nom dévoilé peut être pour son possesseur…Je ne m'abaisserai pas à ça, surtout envers toi.

-Tu n'es qu'une chimère dans mon esprit, il faut que je…

-Tu penses vraiment pouvoir me chasser ? Alors que j'ai tout pouvoir sur toi. »

La femme se leva et défit le voile qui couvrait son corps et son visage.

« Tifa… ? »

Celle-ci se mit à rire. Puis elle se mit à chanter, d'une voix claire :

« Les choses ne sont pas si claires

Mes mots semblent tous sincères

Ta garde finit par se baisser

Mais tu devrais pourtant te méfier. »

Elle s'approcha de moi, sans même que je ne puisse esquisser un geste. Puis ses lèvres embrassèrent les miennes, tandis qu'elle invitait mes mains à caresser son corps nu et, à mes yeux, parfait.

Mais elle n'était pas Tifa. Ce n'était pas elle. Il fallait…il fallait que je…

Brusquement, je réussis à retrouver une liberté de mouvements. Je repoussai cette femme, qui s'effondra au sol.

« Hé bien, hé bien, je ne pensais pas que tu résisterais.

-Tu n'es pas Tifa. Je ne te laisserai pas essayer de me le faire croire.

-Comme c'est romantique…Mais crois-tu réellement que cela suffira à me faire plier ? »

La femme recouvrit de nouveau son corps du même voile noir. Puis elle fit de même avec son visage.

« Tu es mon jouet, Alexis. Je peux te supprimer quand je le désire. Je sais tromper tes sens et je pourrais te pousser à tuer tes propres amis. Je pourrais même te forcer à assassiner ta chère sœur Ambre ou Tifa…

-Tu ne pourras pas faire une chose pareille.

-Que tu crois. »

Ma vue commença à devenir flou.

« Tu vas bientôt te réveiller. Je veux seulement que tu saches quelques petites choses : ceci n'a rien d'un rêve. Je serais toujours présente en toi, quoi qu'il arrive. Et si tu viens à révéler ma présence, je m'arrangerais pour que ta mort ne te soit en rien douce et que tu emportes ce à quoi tu tiens le plus dans les ténèbres. »

Sur ces mots, elle éclata de rire, et sa voix profonde recommença à chanter :

« Tu cherches à t'échapper

Sans aucun lieu où aller

Le temps s'écoule en un écho discordant

Tu veux lutter mais tu perds instamment. »

Sa voix résonna dans ces lieux, qui finirent par ne devenir que ténèbres pour moi.

Mes yeux s'ouvrirent péniblement.

« Il se réveille ! S'écria une voix que je ne parvenais pas à reconnaître. »

Aussitôt, des bras m'enserrèrent de toute part. Je reconnus ceux de Denzel, Marlène, Ambre et…Tifa. C'était bien sa voix…

« Alex, je t'en supplie, ne me refais plus jamais de coup pareil.

-Que s'est-il passé ? »

Ma mémoire me faisait défaut…Plus je me concentrais, moins je parvenais à saisir mes souvenirs. Le visage surpris et horrifié de Yazoo, les rires et les paroles de cette femme dans cet étrange lieu, à mi-chemin entre un songe et la réalité…C'était tout ce dont je parvenais à me souvenir.

« Yazoo a subitement disparu du lieu d'entraînement. M'informa Ambre, les lèvres tremblantes. On a entendu du bruit dans ta chambre. On est entrés et… »

Sa voix se brisa, comme si elle était incapable d'en dire plus.

« Et ? Demandai-je d'une voix éraillée.

-Tu l'as blessé. Ton poing a traversé son corps de part en part. »

Je déglutis, la bile me montant à la gorge. J'avais vraiment fait ça ? Je n'en gardais pas le moindre souvenir.

« Tes yeux étaient si rouges…C'était effrayant. Déclara Tifa.

-C'est donc ça, Epidemia…Soupirai-je. Comment va-t-il ?

-Il est à l'hôpital, Kadaj et Loz l'ont accompagné. Un hôpital Shinra. Précisa Ambre en grimaçant.

-Pourquoi ?

-Ce n'est pas comme si on avait le choix…Qui d'autre aurait voulu soigner un Incarné ? Fit-elle remarquer d'une voix triste. »

Un bruit de moto se fit entendre.

« On dirait que Cloud est revenu…Constata sombrement Tifa.

-Charlotte attend Audrey et Lucile à l'extérieur. Je vais la rejoindre. Décida Ambre, voulant visiblement nous laisser seuls, Tifa et moi. »

Après une dernière étreinte, elle sortit de la chambre.

« Dis, Grand Frère…Tu ne vas pas partir toi aussi ? Demanda Denzel. »

Je sentis mon cœur se serrer à cette remarque.

« Papa et Maman sont morts. Ceux qui m'ont aidé quand j'ai attrapé le Géostigma le sont aussi. Je ne veux plus que des gens meurent autour de moi. »

Des larmes avaient roulé sur ses joues. Marlène, bien que restant silencieuse, arborait les mêmes yeux humides. Me forçant à sourire, je leur dis, d'une voix rassurante :

« Je ne vais pas mourir. Je vais tout faire pour me battre et guérir. Je ne perdrai pas. »

Mon regard se posa sur Tifa. Nerveusement, ses mains se joignaient et se contractaient. Elle ne voulait sans doute pas le montrer, mais je sentais à quel point elle était triste.

Je ne lui dis rien. Pas devant Denzel et Marlène. Je voulais être seul avec elle, pour lui dire ce que j'avais à dire.

Je…Je quoi ? Qu'est-ce que je voulais lui dire ?

Je me retrouvais pris d'horreur. Qu'est-ce que j'avais bien voulu pouvoir dire ? Pourquoi est-ce que je n'arrivais pas à m'en souvenir ? Ces mots que je voulais pouvoir lui adresser…Pourquoi je ne les retrouvai pas dans ma mémoire ?

Tu m'appartiens entièrement, Alexis. Je vais t'enlever tes souvenirs, un à un, jusqu'à ce que tu ne sois qu'une coquille vide, un pantin que je pourrais manier à ma guise. Je ferais ça lentement, sûrement, de manière à ce que tu en souffres le plus possible. Sois-en fier, tu es le premier et seul à qui je réserve ce traitement.

Des larmes se mirent à couler. Les miennes. Est-ce que j'étais en train de perdre ? De me perdre ? Pourquoi ? Pourquoi fallait-il que je souffre ? Pourquoi fallait-il que j'oublie ?

Voyant cela, Tifa fit sortir Denzel et Marlène. Puis elle s'assit sur mon lit, avant d'essuyer mes larmes :

« Qu'est-ce qui se passe ? »

Je la regardai. Comment prendrais-t-elle ce que je lui disais ? Je n'arrivais pas à le savoir…C'était tout juste si je me souvenais de son nom et de sa présence.

« Je ne sais plus…

-Qu'est-ce que tu ne sais plus ?

-Je ne sais plus qui tu es pour moi…Tifa. »

Ses yeux s'écarquillèrent d'horreur, avant de se remplir de larmes.

« C'est une blague, hein ? Un stupide mensonge…

-Non.

-Mais tu sais comment je m'appelle, hein ? Tu sais qui je suis ?

-Je sais que tu t'appelles Tifa…Et… »

C'était comme si ma mémoire essayait de faire surgir quelque chose…Quelque chose que je ne parvenais à saisir…

« Je ne sais rien de plus.

-Ceci devrait te rappeler… »

Elle s'approcha de moi, prête à m'embrasser. Instinctivement mon corps réagit et la repoussa. Elle trébucha et tomba au sol.

« Je…Désolé, je ne sais pas ce qui… »

Tifa se releva promptement. Ses poings tremblaient de rage.

« Tu m'as oublié. Tu as oublié jusqu'à ce que tu ressentais pour moi…Merde ! Mais qu'est-ce qui ne tourne pas rond dans ce monde ? Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? Pourquoi faut-il que ça arrive ?

-Tifa, je… »

Elle ne me laissa pas finir et s'enfuit de la chambre, percutant les personnes qui étaient sur le point d'y entrer.

« Qu'est-ce que tu as bien pu lui dire pour qu'elle parte ainsi ? S'étonna une fille que je reconnus comme étant Lucile. Vous filiez pourtant un parfait début d'histoire d'amour, la dernière fois qu'on s'est vus… »

Amoureux ? Nous ? Mon cœur s'emballa à ces mots. J'étais amoureux d'elle ? J'étais amoureux de Tifa ?

« Quelle tête d'ahuri tu as, Alex ! Déclara l'autre fille, Audrey. On dirait que tu as vu un fantôme… »

Elle n'était peut-être pas si loin de la vérité…Une voix surgit alors d'outre-tombe.

« On dirait qu'il a finalement réussi à contracter Epidemia. Dommage. Tellement dommage. »

Une silhouette surgit alors de l'ombre de Lucile. Une femme à la peau mate, aux cheveux noirs courts et aux yeux envoûtants. Du moins, le seul œil qu'il m'était donné de voir puisque l'autre était masqué par un cache-œil.

Son nom s'imposa immédiatement à mon esprit : Faith.

Sais-tu qui elle est ? Sais-tu si elle représente quelque chose de spécial pour toi ? Sais-tu qui d'elle ou de Tifa as-tu réellement aimé ? Est-elle ennemie ou alliée ? Que te dis ton cœur en ce moment ? Te trompes-t-il ou dévoile-t-il une vérité que tu ne parviens pas à découvrir ?

Il battait. Il battait si fort. Comme s'il allait sortir de ma poitrine. Il me faisait souffrir. Affreusement. Je posai une main crispée dessus. Était-ce cette Faith qui provoquait cela ? Ou cette femme dont la voix résonnait en moi me trompait-elle encore ? Il me fallait le savoir…

J'attendis que la dispute, entre Faith d'un côté et Audrey et Lucile de l'autre, se termine. Visiblement, il n'existait pas une folle amitié entre elles. Puis, toussotant pour attirer leur attention, je déclarai :

« Faith…Est-ce que…Est-ce qu'il y a quelque chose entre nous ? »

Celle-ci me dévisagea, surprise. Puis elle éclata de rire. Un rire diabolique.

« Ça, c'est la meilleure ! Rufus va adorer ! »

Elle continua à rire, trouvant la chose visiblement hilarante, tandis qu'Audrey et Lucile me dévisageaient, un air de pleine incompréhension inscrit sur leurs visages.

« On dirait que son prochain cobaye est, en plus d'être atteint d'Epidemia, en train de perdre la tête. Il va adorer ! Mon dieu, je n'ose pas imaginer la tête de Tifa si elle avait été là…

-Alors, qu'est-ce que tu es…pour moi ? »

Faith s'arrêta net de rire.

« T'es sérieux ? T'es vraiment sérieux ?

-On ne peut plus sérieux. »

Sa bonhomie apparente disparut aussitôt, remplacée par un air visiblement contrarié.

« Je travaille pour Rufus Shinra. Tu sais qui c'est, hein ?

-Je crois…

-Tu crois ou tu es sûr ? »

Rufus Shinra…Président de la Shinra Compagny…Un type que je n'avais jamais rencontré mais qui me déplaisait au possible.

« Non, je sais qui il est. Mais tu travailles pour lui ?

-Merde ! Tu n'es pas fou, tu deviens carrément amnésique ! »

Audrey et Lucile sursautèrent à ce mot. Moi-même, je déglutis. J'avais beau commencé à m'en rendre compte, l'entendre dire de cette façon…

« Le fait que j'ai tiré sur Lucile ici présente, Loz et Yazoo …Tu ne te souviens de rien ? Tu étais là pourtant. Avant que tu n'ailles à l'hôpital voir Ambre. Le jour où Lucile et Audrey ont été engagés comme Turks.

-Engagé n'est pas le mot le plus approprié, Faith…Grimaça Audrey. »

Tout ça s'était réellement passé ? Ma mémoire devenait une vraie passoire…

Soudain, je sentis ses bras m'entourer.

« Hé, qu'est-ce que tu… ?

-Ferme les yeux. Je t'emmène voir mon patron.

-Faith ! Lâche-le ! »

La porte s'ouvrit à la volée. Ambre, Tifa, Charlotte et Genesis entrèrent alors. Ces deux-là, bizarrement, je ne les avais pas oublié.

Ambre serra les poings. Dans sa main gauche apparut un sabre d'une longueur impressionnante.

« Faith…

-Désolée si je n'ai pas envie de me confronter à toi, Ambre, et à Sephiroth, mais j'ai un intéressant cobaye, qui plus est sans défense, à fournir à Rufus Shinra. Bye !

-Faith ! S'écria Genesis.

-Ferme les yeux. Murmura-t-elle. Tu risques de te sentir mal, autrement. »

Ne sachant quoi faire d'autre, j'obéis. Nous disparûmes aussitôt.

« Tu peux les rouvrir. Nous sommes arrivés. »

Je m'exécutai. J'étais assis sur une chaise de métal, mes poignets attachés à celle-ci par des liens d'acier. Je regardai autour de moi. Faith n'était plus à mes côtés, mais de l'autre côté d'une vitre, en compagnie d'un homme aux cheveux blond platine. Il devait être Rufus Shinra. Il me le confirma d'ailleurs bien vite.

« Ce ne fut pas simple de t'attraper, le sais-tu ? Tu étais toujours si bien protégé…

-Qu'est-ce que vous me voulez ? »

Pour toute réponse, Rufus appuya sur un bouton. Un sifflement parvint à mes oreilles. Je me retournai. Un couteau filait vers mon visage !

Je fermai aussitôt les yeux, prêt à endurer la douleur. Mais elle ne vint jamais.

En les rouvrant, je m'aperçus que le couteau avait disparu pour réapparaître…à mes pieds. Comment avais-je pu faire une chose pareille ?

« Tes talents nous intéressent. Alexis, c'est bien cela ? »

J'hochai la tête, tremblant encore de frayeur. Bon dieu, ils étaient tous complètement fous ou quoi ?

« L'un des Turks qui avait été dépêché pour te capturer nous a dit que tu avais fait preuve d'étranges pouvoirs pour vaincre leur chef. Notamment une histoire de bouclier magnétique et d'onde de choc que tu aurais propagé simplement par tes mains. Sans oublier le fait que tu aies réussi à te déplacer d'une manière si…bizarre. Certains ont soutenu que tu te téléportais parfois, tant tes mouvements étaient rapides.

-Hé ! J'ai vraiment fait ça ? »

Un ricanement me parvint.

« C'est moi qui devrais me poser cette question. Ne te rappelle-tu pas ? Une femme rousse… »

Une rousse…Ah, bien sûr ! Cette altercation-là…Mais je m'étais vraiment téléporté ? Je ne m'en étais pas rendu compte.

« De tous les cobayes que j'ai eu la chance de voir passer durant mon mandat présidentiel, tu es le premier à posséder de tels talents. Je suis sûr que Groove va être ravi de pouvoir s'occuper de toi.

-Groove ? Qui est Groove ?

-Vois-le comme un successeur d'Hojo, si ce nom te dit quelque chose. »

Non, absolument pas. Mais peu importe.

« Il s'est montré très intéressé à l'idée de pouvoir étudier quelqu'un comme toi. Venant d'un autre monde. »

Un autre monde ? Oui, je n'étais pas de celui-ci…J'étais d'ailleurs. La planète Terre. Je vivais là-bas avec ma sœur et Audrey et Lucile étaient nos camarades. Oui, cela me revenait.

Pour combien de temps ? Quand ce souvenir t'échappera-t-il, comme les autres sont en train de le faire ?

« Et l'occasion s'est présenté. Epidemia t'a grandement affaibli. Sans parler de cette soudaine amnésie…

-Il en est venu à penser que nous pourrions partager autre chose que de la haine, c'est dire ! Déclara Faith en éclatant de rire.

-Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle…Me renfrognai-je. Je n'arrive pas à saisir ce qui est la vérité ou ce qui n'est qu'illusion.

-Nous allons peut-être réussir à découvrir le pourquoi de cette amnésie. Déclara une voix qui m'était inconnue. »

Je tournai la tête. Une personne était entrée. Un homme d'âge mur, aux cheveux grisonnants, arborant un sourire ravi. Un sourire teinté de folie.

Je déglutis. Ce devait être Groove. Et le fait qu'il ait tout du savant fou ne m'inspirait guère confiance.

« Je suis sûr que nous allons bien nous entendre, Alex. Mon nouveau cobaye. »

Mon regard croisa le sien. Et je me sentis défaillir. Il était vide. Vide d'autre chose que de l'ambition et de la démence. Un regard qu'il était décidément impossible de soutenir. Je baissai les yeux.

« Je vais bien m'occuper de toi…Et de tes précieux talents. Si j'arrivais à les répliquer, la Shinra aurait un contrôle absolu de Gaïa…Et j'éclipserais enfin les noms d'Hojo et de Gast. Tout ça grâce à toi.

-Groove, vous l'effrayez. Écartez-vous de lui. Ordonna Faith. »

A regret, il obéit.

« Mmh…Faith, ma très chère Faith…Quel plaisir de vous revoir !

-Il n'est pas partagé.

-Nous avons pourtant passé de si bons moments ensemble. Du temps où vous étiez une de mes expériences…

-Cela suffit, Groove. Allez-vous en. Nous vous dirons quand vous pourrez intervenir. S'interposa Rufus d'une voix calme. »

Avec des murmures d'insultes et d'injures, le scientifique s'éloigna, effleurant ma peau de ses doigts noueux :

« Oui, je vais bien m'amuser avec toi…Jolie petite expérience… »

Puis il sortit de cette pièce. Je poussai un soupir de soulagement. Bon sang, ce type était vraiment effrayant ! Kadaj et les autres avaient-ils été confrontés à quelqu'un comme lui, alors qu'ils étaient également cobayes ? Je comprenais qu'ils aient pu être traumatisés…

« Eh bien, quelle agréable rencontre, n'est-ce pas ?

-C'est vous qui le dites, Shinra.

-J'apprécie ton ironie, Alex. Les gens capables de la manier deviennent de plus en plus rares.

-Ce n'est pas comme si j'avais envie de vous plaire. Vous me répugnez.

-Merci de tes compliments. Faith, voulez-vous… ?

-Oui, Président. »

Elle toussota, puis prit la parole :

« En vérité, ce ne sont pas tant tes talents qui nous intéressent pour le moment… Mais plutôt le fait que tu sois atteint par Epidemia.

-Vous comptez me faire jouer les rats de laboratoire ?

-Si nous réussissions à déterminer les causes de cette maladie, nous pourrions peut-être réussir à guérir ceux qui en sont atteints et enrayer celle-ci dans son foyer même.

-Je dois donc considérer ça comme une chance ?

-Appelons ça plutôt une opportunité. Si tu n'essaies pas de t'enfuir, si tu te comportes comme la parfaite expérience que tu devrais être et si la maladie vint à être guérie grâce à toi, nous consentirons peut-être à laisser en paix Ambre et ceux et celles à qui tu tiens. »

Je poussai un soupir.

« Je vois que je n'ai pas le choix.

-Très bien résumé, Alexis. »

Rufus Shinra appuya sur un autre bouton. Les liens qui enserraient mes poignets se défirent. Je n'osais pas me lever. Qu'allaient-ils faire de moi ?

« Je vais faire appeler Groove. Nous allons nous retirer. J'espère que tu n'es pas contre les tatouages ?

-Les…tatouages ?

-Tu es la vingtième expérience de Groove. Or, à l'instar d'Hojo qui gravait des chiffres romains sur certains de ses cobayes ayant reçu des cellules de Jenova, il aime beaucoup cette pratique. »

Génial. J'allais être tatoué. J'étais quoi ? Un chien ?

« Passe une bonne journée ! Déclara Rufus avant de se lever et de s'éloigner.

-Je viendrais te voir, mon amour. Ajouta Faith en souriant. »

Puis elle partit dans un grand rire et s'en alla également, me laissant seul dans cette grande pièce.
Mais pour combien de temps ?

Des bruits de pas se firent entendre. Visiblement pour très peu de temps.

Rappelle-toi…Si tu leur parles de moi, je supprimerai tout. Tout ce dont tu es encore capable de te souvenir. Et Ambre sera la première.

« Si tu la touches, je…

-On parle seul, Expérience XX ? »

Je me tus. Groove était là. Avec un cutter dans les mains. Je reculai, ne devinant que trop bien ce qu'il comptait faire de cette chose-là.

« Ne crains donc rien. Je ne vais que te marquer puisqu'à présent, tu m'appartiens. Très cher Alexis… »

Je reculai jusqu'à rencontrer le mur de cette pièce.

Je voulais le repousser, je le voulais vraiment ! Mais le souvenir d'Ambre revint à mon esprit, ainsi que celui de Denzel et Marlène, et, bizarrement, celui de Tifa. Non. Il fallait que j'endure. Si je pouvais les sauver d'eux…

Groove me plaqua contre le mur, d'une main ferme et sûr. Il souleva certaines de mes mèches, avant de brandir le cutter et de tracer, sous mes hurlements, le chiffre maudit.

Voilà. Je n'étais plus, aux yeux de la Shinra, Alexis Nemrod. J'étais devenu l'Expérience XX.

Qui sait, un jour, peut-être, ce souvenir sera le seul qui te restera…Expérience XX.

Je gémis. Tout, mais pas ça ! Je ne voulais plus oublier. Plus jamais !

La douleur était cuisante. Et elle en réveillait une autre, une souffrance qui me vrillait à la fois crâne et cœur.

Je sentis mon corps s'affaisser au sol, et je perdis connaissance.

J'étais de nouveau en Sa présence. Cette maudite femme…

« Déjà de retour ? Crois bien que j'ai beaucoup de plaisir à te revoir ! »

Elle fit un geste de la main. De nulle part, des fils surgirent et vinrent se planter dans mon corps. Je ne pus qu'émettre un gémissement.

« Ma petite marionnette…Toi et moi allons bien nous amuser… »


Fin de ce chapitre ! Vous me croirez si je vous dis qu'à la base, je n'avais absolument pas prévu ni l'amnésie d'Alex, ni sa capture par la Shinra ? Normalement, le chapitre devait s'arrêter à son réveil…Et ce n'est pas le cas !

Vous vous y attendiez ? Personnellement, non ^^. J'espère que ce chapitre, le plus long que j'ai écrit, vous aura plu. Moi, j'ai adoré l'écrire !

Petite anecdote : Je suis retombé dernièrement sur un vieux chapitre de Blackhope. Vous savez que j'ai flippé ? J'avais fait une Ambre complètement Mary-Sue ! Ouah, le choc, je ne m'en étais pas rendu compte…ça m'a foutu la trouille. J'espère que je suis arrivée à éviter ça ici…

Bon, trêve de mauvais souvenirs, je vais répondre aux reviews :

Melior : Je suis une pure sadique. J'espère que tu ne vas pas m'enguirlander pour ce chapitre-ci, je crois que la fin est encore pire ^^…

Et non, ce n'est pas Rufus le malade, mais bel et bien Alex. J'avais laissé quelques indices dans les précédents chapitres, mais je suis contente que tous n'aient pas deviné de suite. Chachou non plus n'avait pas deviné de suite ^^.

Je comprends que tu trouves l'histoire de Rude irréel, mais je ne te servirais pas l'excuse de « après tout, nous sommes dans Final Fantasy ! ». J'ai toujours détesté ce genre d'excuses…Je n'arrive pas à me rappeler si je l'ai déjà utilisé ou pas…

Je m'améliorerais pour la suite, c'est une promesse !

Mélain : Ah, une autre fan de Fushigi Yugi…A part Chachou et moi, personne ne connaît dans le lycée …C'est pas cool, tu parles d'un truc dont personne n'a connaissance…A propos de ça, il y a une scène qui est inspiré de ce manga dans ce chapitre, tu sauras la reconnaître ? Je te lance le défi ^^.

Les cheveux rayés ? J'aimerais bien voir le résultat. Ça doit être sympa…

Une pièce de théâtre ? 'Tain, je ne m'en étais pas rendu compte. Influence du club que je viens d'intégrer ^^ ? Angela est un perso que j'ai adoré créer et je regrette de ne pas pouvoir la mettre un peu plus en scène. Dans une autre histoire, peut-être ?

Tu connais une fille comme ça ? Bouh, pas cool…C'est sympa à voir dans les œuvres de fiction, mais dans la réalité…

Et pour Alex, tu as bien deviné ^^. J'espère que ce chapitre t'aura quand même plu !

Lys9191 : Tout d'une traite ? T'as du courage, surtout pour lire la première version des Trois élues ! Enfin, t'es pas tombé sur Blackhope ^^, c'est déjà ça…Je suis contente que tu les adores, merci. Et la suite…Ben la voilà !

Je vous souhaite une très bonne fin de week-end ! Le prochain chapitre arrivera entre demain et après-demain, je n'ai pas encore déterminé de quel point de vue ce sera. Serais-je assez sadique pour passer au point de vue de Charlotte ou continuerais-je de celui d'Alex ? Mystère…

Bonne journée, bonne nuit et n'oubliez pas les reviews (toi aussi, Chachou, même si c'est assez fastidieux ^^. Vivement qu'on se retrouve !).