Bonsoir tout le monde !
Personnellement, je ne suis pas trop fan du post-apo et des zombies. Chacun ses goûts vous me direz. Pour autant, ça ne m'empêche pas d'apprécier la nouvelle série qui s'entame sur le Bazar du Grenier. Et du coup, malgré tout le boulot, je ne peux non plus m'empêcher d'écrire.
Donc voilà, une première fanfic (peut-être bien même LA première ? J'espère tellement.) sur Les Survivants. Mais trêve de bavardage, je vous laisse vous laisser emporter dans la lecture ! Buona lettura !


L'air froid sur son visage le faisait frissonner malgré la longue écharpe rouge qui s'enroulait autour de son cou avant de couler le long de son torse.
Une étoile traversa la nuit, l'éclaboussant d'une longue traînée de nacre et de de flammes. Elle alla disparaître derrière la courbure de la Terre, se glissant dans les nuages qui recouvraient les chaînes de montagnes à l'horizon.

Le ciel était parfaitement clair et aucune pollution lumineuse ne gâchait le magnifique spectacle procuré par la nuit et quelques nuages le parsemaient.
Le vent soufflait avec douceur et l'air était pur. L'odeur de la nature était omniprésente et la plaine qui était étendue endormie semblait être un havre de paix.
Brian Leveson frissonna et s'enroula un peu plus dans son manteau. L'air nocturne le revitalisait et l'empêchait de s'endormir. Appuyé sur la rambarde en bois de la tour dans laquelle il se trouvait, il frotta ses mains pour essayer de les réchauffer.
L'apocalypse. La mort. Le sang. L'horreur. Ce n'avait pas été comme dans les livres et les jeux, ce n'avait pas été l'occasion pour lui de devenir un héros, de sauver tous ceux qui ne mettaient que leurs biceps en avant. Bien au contraire. Il avait fui. Personne ne pouvait lui en vouloir plus que lui-même.
Les hordes mort-vivantes l'avaient forcé à trouver refuge dans un camp bien protégé, dans une petite communauté où tous devaient agir. Par conséquent, il s'attelait aussi aux tâches physiques et aux missions de reconnaissance et aux tours de garde. Tout ce qui lui semblait auparavant si excitant lorsque les mains des zombies suivaient le tracé des lettres, lorsque le sang n'éclaboussait pas la page comme l'encre, lorsque l'odeur du papier cachait celle de la décomposition, le terrifiait désormais.
Et il en était donc là, à garder le camp à trois heures du matin – il avait tout juste vérifié sur sa montre – seul dans l'obscurité. C'était une responsabilité écrasante et il savait que la moindre erreur de sa part pourrait entraîner la mort de toute la colonie. Il se sentait plus opprimé que lorsqu'il lui suffisait de quelques clics pour recharger sa sauvegarde. Il n'avait droit qu'à un essai. Pas de pause, pas de sauvegarde, pas de moyen d'interrompre le jeu jusqu'à ce qu'il sache comment gagner.
Un rire nerveux lui échappa. Se savoir responsable des autres lui faisait malgré tout plaisir. On avait confiance en lui, on lui remettait les vies de la communauté en main.

Par chance, la lune était pleine et les rares nuages n'obstruaient pas sa lumière, la laissant inonder la Terre d'argent. Si un groupe de mort-vivant faisait son apparition, il le remarquerait sûrement. De plus, une équipe de reconnaissance tournait et pourrait, par signaux lumineux, le prévenir si jamais il y avait un problème. Pas de quoi s'inquiéter donc.

Se rassurant ainsi, il respira longuement et soupira. Au moins, son tour de garde ne tarderait pas à s'achever. D'ici tout au plus une heure, il serait libre d'aller se coucher. Libre de ne plus regarder ce ciel splendide et de se laisser tenter par le sommeil. Libre d'étendre dans ses pensées une toile noire comme celle de la nuit pour y peindre. Mais la peinture ne tiendrait pas. Elle s'écaillerait au soleil et serait déchirée par les griffes du jour. Et tout ce qu'il y aurait peint disparaîtra pour laisser place à la toile de la réalité.

- Je te dérange ?

Brian se retourna vers celui qui lui avait parlé. David O'Donnel laissa s'échapper une bouffée de cigarette par la bouche alors qu'il grimpait les derniers échelons de la tour de garde. D'une certaine façon, Brian ne pouvait s'empêcher d'être jaloux. Ils avaient tous les deux 28 ans. Mais l'un des deux n'avait encore rien fait et avait souvent mis le groupe en danger, alors que l'autre était déjà auréolé de gloire et de prestige grâce à ses actions altruistes.
Les mains de l'un étaient habituées à tourner des pages et à cliquer, celles de l'autre à saisir des mains et à manier les lances à eau.
Le jeune pompier avait mis à profit le temps de silence de Brian pour se rapprocher de lui et s'accouder à la rambarde et se mit lui aussi à contempler le ciel.

- Tu as vu passer l'étoile filante toi aussi ? Tu as fait un vœu ?

Brian releva un sourcil à cette mention. Il ne pensait pas que le pompier croyait vraiment à ce genre de sottises. Cependant, il lui répondit après un moment d'hésitation.

- Celui qu'on ferait tous je suppose. Mais je pense pas que ça marche.

David lui sourit en retour en hochant la tête.

- T'as pas tort. C'est pas la première étoile filante qu'on voit depuis le début de tout ce bordel. Et aucun des mes vœux ne s'est réalisé, je commence un peu à perdre espoir. Peut-être que ça marche pas. J'en sais rien.

Brian retourna son visage vers le ciel et tira un peu sur son écharpe. Deux nouveaux traits de pinceau ouvrirent le ciel pendant quelques secondes. David continuait à tirer lentement sur sa cigarette.

- Tu fumes ?

Le pompier jeta un regard étonné à Brian.

- C'est pas parce que je suis pompier que j'ai pas le droit de fumer hein…
- Je sais, je sais, c'est juste que… bah, je t'imaginais pas trop fumer à vrai dire.

David retourna ses yeux vers le ciel. Ils brillaient au moins que les étoiles et lâcha un cercle de fumée, qui alla épouser la forme de la Lune.

- C'est pour lutter contre le stress, pour me calmer. Avec toute la tension de cette foutue épidémie, je suis toujours sur les nerfs. Et puis bon… même si cette saloperie me ruine les poumons, je crèverai sans doute avant bouffé par un de ces cadavres ambulant.

Le vent gagna un peu d'intensité et éteint la cigarette de David, qui la jeta vers le sol avec dépit. Ils restèrent silencieux à observer la Lune et les étoiles pendant encore une dizaine de minutes.
La nuit était tranquille. Pas d'attaque à signaler, pas de signaux lumineux à interpréter, pas de danger.
Malgré la fraîcheur nocturne, David ne tremblait pas, à l'inverse de Brian, dont les yeux menaçaient de se fermer. Il semblait perdre son regard dans l'infinité, cherchant entre les étoiles une porte de secours pour s'échapper du monde.
Brian ne ressentait plus de jalousie pour le pompier. Ils étaient après tout dans la même galère et… et il ne savait pas quoi penser. Il avait toujours estimé que David serait sans aucun doute un vantard et un de ces idiots ne comptant que sur leurs muscles mais leur rapide discussion lui avait prouvé le contraire.
Derrière le calme olympien d'O'Donnel se cachait comme pour lui une peur et des inquiétudes. Il n'était pas un monstre insensible, il savait juste maquiller son visage pour rassurer les autres. Et ça marchait.
Lui aussi était terrifié par les événements. Il n'était pas ce héros qu'espérait être Brian. Il n'était pas le parfait héros jamais effrayé et toujours un grand sourire aux lèvres, il n'était pas celui qui savait instinctivement quoi faire et que choisir. Lui aussi était écrasé par les responsabilités, lui aussi avait peur de se tromper, lui aussi ne savait pas qui choisir quand il ne pouvait sauver qu'une seule personne. Lui aussi pleurait et vomissait le soir dans son coin, quand personne ne le voyait. Lui aussi voulait s'échapper. Il n'était pas un héros et ne voulait pas en être un. Personne n'était un héros, Brian s'en était rendu compte. Du moins, personne n'était un héros comme il l'entendait autrefois.
Car maintenant qu'il voyait le visage de David sans le masque de courage et de volonté qu'il mettait en journée, il voyait encore un héros en lui.

- Je pense pas qu'on s'en sortira vivant. Un jour ils nous prendront par surprise. Un jour on crèvera tous comme des rats dans ce campement.

La voix de David avait sorti Brian de ses pensées, qui haussa les sourcils pour signifier son étonnement.

- Faut pas dire ça… avec toi à nos côtés, on arrivera toujours à s'enfuir. Et puis je pourrais toujours rester en arrière, crever pour vous laisser le temps de partir.
- Dis pas ça. Tu nous as déjà sauvé la vie plusieurs fois. Sans toi, on serait bien dans la mouise aussi !
- C'est ça… tu veux parler de la fois où j'ai ramené tout une bande de zombies sur le campement parce que j'ai crié ? Tu veux parler des fois où je vous ais mis en danger toi et Eduardo car j'avais glissé ? Tu veux parler de la fois où on a perdu Emma, Donald, Fitz et Klara parce que j'avais un point de côté parce que je sais pas courir comme il faut ? J'ai rien apporté de bon, je fais que vous piquer de la bouffe.
- Et toi, tu veux qu'on parle de la fois où tu nous as prévenu que l'immeuble serait un mauvais endroit où se cacher et qu'il était plein de cadavres affamés ? Tu veux parler de la fois où tu nous as fait faire un détour de quinze kilomètres à travers les marais et que ça nous a tous sauvés ? Tu te minimises. Personne à part toi peut faire ce que tu as fait. Moi, c'est simple. Presque n'importe qui peut faire ce que j'ai fait, c'est vraiment pas compliqué. Moi, je peux que donner courage.
- Moi j'en manque. Moi tout ce que j'ai c'est de la fiction. Dès qu'il s'agit d'agir, je suis pétrifié.

Il s'était retourné vers David comme pour lui crier dessus, les yeux pleins de larmes. Il ne comprenait pas pourquoi il était lui cherchait des excuses, pourquoi il voulait à tout prix le rendre utile. Il ne leur servait à rien. Il serait plus utile comme appât.
Rien qu'en le voyant dans cet état, David sut que ce n'était pas un incendie qu'il était en mesure d'éteindre. Il sut immédiatement qu'il ne pouvait rien y faire, que tous ses efforts ne parviendraient qu'à renforcer l'effet des flammes.
Alors il prit une grande inspiration et sourit à Brian.

- Moi je veux t'en donner du courage. Je veux te donner une raison de rester vivre avec nous. Je veux que tu comprennes que tu me donnes du courage toi aussi.

Il le prit dans ses bras et le laissa reposer sa tête lourde de sanglots sur son épaule. Il voulait le réconforter, voulait juste lui montrer qu'il était une personne formidable. Mais ça, Brian ne voulait pas l'entendre. Il ne voulait pas entendre qu'il était une personne splendide avec plein de qualités, ne voulait que voir celles chez les autres. Il n comprenait pas pourquoi David tenait à lui. Collé contre lui, il se sentait à la fois triste et heureux.
David ne dit rien, se contentant de lui faire de petites tapes dans le dos de manière répétée, calmant peu à peu Brian, dont les pleurs, dus selon lui à une crise de nerfs, finirent par s'arrêter.
Il s'écarta du pompier en respirant lentement et se retourna se rien dire vers le ciel. Dans sa main gauche, il serrait très fort son courage retrouvé. Il serrait très fort le courage qu'il était allé chercher dans le coeur de David, et serrait aussi très fort ses doigts. Peut-être y avait-il un peu d'espoir de vivre heureux au moins quelques instants.

Une étoile filante passa, peignant une longue ligne blanche et or dans le ciel noir comme la chair gangrenée des morts-vivants.
Leurs regards se croisèrent une dernière fois alors qu'il tombait. Une dernière fois, ils s'embrassèrent. De loin. Puis il disparut. David faillit en perdre son masque de courage. En un éclair c'était fini et il se retournait, tenant entre ses mains l'écharpe rouge de Brian. La tête de Brian ressurgit de la masse de macchabées et poussa un dernier hurlement.
L'air froid sur son visage le faisait frissonner malgré la longue écharpe rouge qui s'enroulait autour de son cou avant de couler le long de son torse.

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Voilà, c'est déjà la fin de cet OS ! Pour ceux qui en ont besoin, veuillez bien noter la présence de colle pour les feels.
Plus sérieusement, j'espère que ça vous a plu. Parce que écrire sur l'univers des Survivants a des avantages. Déjà, pour l'instant, j'évite d'être OOC, et c'est pas rien. Ensuite, vous saviez déjà ce qui allait se passer. Vous saviez bien qu'il ne survivrait pas.
Mais bon, passons.
Je verrai si je publie d'autres fanfics sur les Survivants, en tous cas, je vous souhaite une bonne soirée et ou journée !

PS : Pour ceux qui en ont envie ou besoin, câlin et dragibus. Parce que vous le méritez bien tous. Nan mais.

Je tiens à préciser que j'ai changé un des passages du texte, qui ne me plaisait pas lors de la relecture.