! BLABLA DE L'AUTEUR !
Et voilàààà ! :D Un nouveau chapitre ! :D Le huitième ! :o Je m'impressionne moi-même ! C'est la première fois que je tiens une fic aussi longtemps :D D'habitude, je ne dépasse pas le poste des deux premiers chapitres :) Je suis plutôt contente :) Surtout que vos review me font très plaisir, donc ça me donne très envie de continuer :) Bref ! Réponses aux reviews ! :D
Chamonutella : Bon anniversaire ! :D Il est 23h 25, tu verras sûrement pas ce poste avant demain ou plus, mais je le poste quand même pile à la bonne date :D Et encore merci pour ta review, elle fait toujours très plaisir ( surtout le petit commentaire pour le dessin :3 ).
Léonore : Romane et Rick :D Mon dieu, je m'éclate avec cette relation :3 Un peu sadique sur les bords, mais bon, je respecte juste les caractères, n'est-ce pas ? ;) En tout cas, ravie de te voir attendre la suite avec autant d'impatience :D Ça me fait très plaisir :)
Bref ! Sur ce, je vous laisse profiter de ce chapitre :) Rendez-vous au chap n°9 !
Chapitre 8
Je fermai les yeux et poussai un profond soupir. Ok, j'en avais marre.
- Gwen. Je te dis que cette putain de baraque se trouve à gauche du croisement de l'épicerie ! m'écriai-je en me penchant davantage sur le papier qui était posé sur le lit, juste devant mes yeux.
Gwen me foudroya du regard et secoua la tête de gauche à droite, l'air buté.
- Je maintiens que c'est à droite !
Je poussai un profond soupir et me relevai. J'attrapai le papier posé sur le lit et le fourrai dans ma poche. Ça faisait plusieurs minutes que nous planchions sur ce schéma de la ville de Woodburry. Nous avions tenté de rassembler nos souvenirs et de dresser le plus fidèlement possible un plan avec l'emplacement des grands bâtiments. Nous avions également entouré en rouge les bâtiments où il y avait une chance de trouver Glenn et Maggie. Mais ça commençait sérieusement à me gonfler
- Bon. De toute façon, on n'a plus le temps de tergiverser là-dessus. Je verrai une fois sur place.
Je m'approchai de l'entrée de la cellule et attrapai mon carquois et mon arc. Je passai mes flèches dans mon dos et mon arc à l'épaule, puis je me tournai vers Gwen. Mon amie me regardait avec une grande appréhension dans le regard et je ne pouvais m'empêcher de me sentir anxieuse à mon tour.
- Romane… S'il te plaît, fais attention, souffla Gwen. Je sais que tu dois y aller, mais… S'il te met la main dessus… Il te fera payer ce que tu lui as fait.
Ma main se resserra sur mon arc et je sentis une pointe de peur se glisser dans ma poitrine. J'affichai un sourire que j'espérai rassurant et m'approchai de mon amie. Je m'agenouillai près d'elle.
- Je ne compte pas mourir aujourd'hui. Ne t'en fais pas, on rentre, on prend Maggie et Glen, et on sort. Rien de plus simple.
Gwen me lança un regard très éloquent sur ce qu'elle pensait de cette « facilité » et j'affichai un petit sourire désolé. Je ne pouvais pas faire mieux que dédramatiser un peu la situation. Et puis, comme je l'avais dit, je ne comptais pas mourir aujourd'hui.
- J'aurai aimé pouvoir venir avec toi. J'ai l'impression qu'il y a quelque chose qui cloche. Comme si ça n'était pas normal de nous séparer durant un combat, soupira Gwen.
Je ressentais la même chose. Je n'avais pas l'habitude de me battre sans Gwen, et c'était étrange de se défaire de ses habitudes. Mais, de toute façon, je n'avais pas le choix. Je voyais mal Gwen me suivre avec sa cheville cassée… J'affichai alors un petit sourire réconfortant et poussai un soupir las. Je me relevai ensuite une nouvelle fois et lui fis un dernier sourire avant de sortir de la cellule, le cœur serré.
En bas, tout le monde s'agitait. On préparait le départ. J'ajustais mon arc sur mon épaule et passai la grille qui séparait la partie des cellules du hall. Presque aussitôt, un sac atterrit dans mes bras et je tentai de le rattraper du mieux que je pus avant de relever la tête. Devant moi, Daryl affichait un air particulièrement sérieux.
- Va mettre ça dans la voiture.
Je fronçai les sourcils et le regardai s'éloigner la bouche légèrement entrouverte. Il me prenait pour qui ? Sa bonniche ? Non mais franchement… Je poussai un petit soupir et agrippai mieux le sac avant de sortir.
Cela faisait plusieurs jours que je n'avais pas profité des rayons du soleil et la lumière du jour agressa légèrement mes yeux. Je clignai un moment des paupières pour m'habituer, et mon regard balaya alors la cour. La plupart des membres du groupe étaient rassemblés autour d'une voiture et chargeaient son coffre de différents sacs. Je fronçais les sourcils. Je n'étais pas certaine que s'embarrasser d'autant de matériel soit une très bonne idée, mais je décidais de ne rien dire. Je me contentai d'apporter le sac à la voiture et de le poser avec le reste. Je vis alors Daryl arriver avec deux autres sacs.
- J'ai pris les grenades incapacitantes et les lacrymo. On sait jamais, ça peut servir.
- Tu sais même pas à quel point, soufflai-je, un léger sourire aux lèvres.
Nous échangeâmes un regard et je haussai un sourcil interrogateur. Quoi ? Il m'avait bien dit de le tutoyer, non ? Je me détournai et m'éloignai. J'avais encore un peu de mal à me faire au regard perçant de ce gars. Il avait vraiment un truc quand il vous regardait, comme s'il pouvait lire en vous. Je n'aimais pas ça, et en même temps, je trouvais ça fascinant. Il avait de très beaux yeux. Je fronçai les sourcils. Mais à quoi je pensais moi ? Non mais vraiment, comme si c'était le moment de penser à ce genre de choses totalement ridicules…
Ne sachant pas trop quoi faire, je m'approchai de Carol, qui tenait la petite dans ses bras. Je n'étais pas allée la voir quand elle était dans sa cellule, mais maintenant je ne voyais rien qui m'empêchait de prendre de ses nouvelles. Qui semblaient être assez bonnes, puisqu'elle se tenait debout avec un poids dans les bras.
- Vous avez l'air d'aller mieux, dis-je en m'arrêtant devant elle.
- Oui. Hershel s'est bien occupé de moi, souffla-t-elle, l'air encore un peu faible. Je devrais me remettre totalement d'ici très peu de temps.
Je hochai la tête, heureuse d'apprendre que tout allait presque bien. Carol me fit un petit sourire.
- Tu sais te servir de cet arc ? demanda-t-elle, l'air vaguement intéressé.
- Je sais m'en servir, oui. Pas très bien, mais j'arrive à toucher mes cibles, avec un peu de concentration. Je ne garantis pas de la précision du tir, mais bon… J'ai encore besoin d'entraînement, terminai-je avec un petit sourire.
- C'est déjà bien. Et puis, ton arc, c'est comme l'arbalète de Daryl. Tu peux tirer et ramasser tes flèches pour t'en resservir ensuite. Tu ne gaspilles pas tes munitions.
- C'est vrai que l'arc à certains avantages, acquiesçai-je. Et puis, avec ça, j'ai la classe au moins, ajoutai-je en rigolant.
Carol joignit son rire au mien et je lui lançai un petit sourire. Elle était vraiment sympa. Ça changeait de Rick ou de Daryl, c'était agréable.
- Hé !
Je me retournai et Oscar s'avança vers moi.
- On va pas tarder à y aller.
- Ok.
Je me tournais alors vers Carol et pinçai légèrement les lèvres, gênée.
- Hum… Est-ce que vous pourriez… enfin, si ça ne vous dérange pas, est-ce que vous pourriez… garder un œil sur Gwen ? Elle s'inquiète, et j'aime pas la laisser seule quand elle est comme ça, je…
Carol leva une main pour me faire taire et hocha doucement la tête, un léger sourire aux lèvres. Je le lui rendis.
- Merci, soufflai-je.
Je hochai la tête pour lui dire au revoir et m'approchai de la voiture. Du coin de l'œil, je vis Daryl s'approcher de Carol, mais je détournai la tête. Ils semblaient proches. Il suffisait de voir la façon dont Daryl avait emmené Carol quand on l'avait retrouvé. J'avais vu le soulagement et la joie se peindre quelques instants sur son visage, avant de s'atténuer derrière son masque neutre. Il devait beaucoup tenir à elle.
Alors que j'ouvrai la porte arrière de la voiture, je vis Rick secouer la tête de l'autre côté.
- Non, toi, tu passes devant. Tu vas nous indiquer la route.
Je retins une grimace de résignation et pris donc place à l'avant, côté passager. J'aurais tout aussi bien pu prendre le volant à ce compte-là. J'ôtai mon carquois et le posai sur mes genoux pour ne pas être gênée. Une fois que tout le monde fut dans la voiture, Rick démarra et nous sortîmes de la prison.
Le trajet dura une bonne vingtaine de minutes, durant lesquelles je ne cessai d'indiquer la route à prendre, tentant de me repérer par rapport à la ville. C'était assez compliqué, mais j'arrivai finalement à nous mettre sur la bonne route.
Alors que nous suivions la route menant directement à Woodburry, la femme nous recommanda de nous garer sur le bas-côté de la route, et je l'approuvai. Elle avait raison, c'était plus prudent.
- Ils font des patrouilles, c'est plus prudent d'y aller à pied, expliqua-t-elle une fois que tout le monde fut descendu.
- Et c'est loin ? demanda Rick. La nuit va bientôt tomber.
- Un kilomètre, peut-être deux.
Du gâteau. En deux heures, je pouvais engloutir pas moins de quatre kilomètres. La seule chose qui pouvait nous faire perdre un peu de temps, c'était les Mordeurs, et c'était sûr que nous allions en croiser. Il y en avait un juste derrière nous, pour preuve.
- Tiens.
Je me tournais vers Daryl et pris sans rechigner le sac qu'il me tendit. Je l'enfilai par-dessus mon carquois et arrangeais ce dernier pour que je puisse atteindre mes flèches sans problèmes.
- Qu'est-ce qu'il y a dedans ? demandai-je.
- Les grenades. T'as l'air de t'y connaître en lacrymogène et autres trucs dans le genre.
- Je ne m'y connais pas vraiment. C'est juste que c'est particulièrement utile, soulignai-je.
- C'est pareil.
Je lâchai un petit rire et emboîtai le pas de l'homme à l'arbalète, couteau en main.
La forêt paraissait totalement calme. On entendait juste le bruissement des arbres et le léger souffle du vent. C'était agréable après plusieurs jours passés entre les quatre murs d'une prison. J'aurais presque pu être détendu si j'avais fait abstraction de notre but et du fait que j'avais failli mourir plus d'une fois dans cette forêt. Je savais que le calme n'était que passager. Bientôt, nous allions tomber sur les premiers Mordeurs et le combat allait s'engager. Nous allions devoir faire gicler le sang. Encore.
J'étais à l'avant, à côté d'Oscar, quand j'entendis Rick parler à Daryl. J'aurais pu faire comme la femme et Oscar et avancer davantage, mais je restais où j'étais. S'ils ne voulaient pas se faire entendre, ils n'avaient qu'à baisser la voix.
- On m'a dit ce que t'as fait pour moi, pour mon bébé, quand j'étais… en train de faire le point.
Je haussai un sourcil sceptique. Faire le point ? Drôle de façon de faire le point. Mais j'étais contente qu'il prenne enfin conscience qu'il avait une fille. C'était une bonne chose pour la gamine. Elle allait peut-être pouvoir compter sur son père finalement.
- Merci.
- Quoi ? C'est normal, on s'entraide, répondis Daryl.
Cette petite phrase me ramena quelques souvenirs que je balayais rapidement de mon esprit. Pas le moment de penser à ça.
Après quelques pas supplémentaires dans un silence trop pesant, les premiers râles se firent entendre et les Mordeurs firent leur apparition. Je levais mon couteau devant moi, prête à attaquer. Bon sang, ils empestaient comme pas possible. Une odeur de chaire en décomposition et de sang. C'était dégueu. Heureusement que j'avais l'estomac bien accroché. Et que je m'étais habituée aussi. C'était surtout ça.
- À terre ! s'écria Rick.
Je suivis le mouvement, bien que trouvant cela complètement inutile. Ils n'avaient toujours pas compris qu'ils nous avaient à l'odeur, et que même s'ils ne nous voyaient pas, ça ne les empêchait pas de nous pister ?
- En formation. Pas de flingue.
Puis il se jeta dans la mêlée, abattant le premier zombie qui passa à proximité. Mon cœur se mit alors à battre plus vite et je sentis mes sens s'engourdir légèrement, comme à chaque fois que je me lançai dans un combat contre un Mordeurs. L'adrénaline était de retour. Je me relevai alors et dégommai à mon tour la première face putréfiée que je vis. Aussitôt, deux autres surgirent derrière et je compris immédiatement qu'ils étaient trop nombreux. J'abattis néanmoins tous les zombis qui passaient à portée de main.
- Ils sont trop nombreux, déclara Daryl en sortant un couteau de sa poche.
- Par là.
Je lançai un rapide regard dans la direction qu'indiquait Rick, puis je suivis le mouvement à reculons, histoire de ne pas tourner le dos à des choses prêtes à me bouffer à la moindre occasion. Nous nous précipitâmes alors vers une petite maison qui paraissait abandonnée.
- Là-dedans, vite !
Je me précipitai vers la maison et, une fois que Rick l'eut ouverte à l'aide d'un grand coup de pied, j'entrai dedans, refermant la porte derrière la femme, qui boitait légèrement. L'intérieur de la bicoque empestait le mort et je plaçai la manche de mon pull sur mon nez pour éviter de respirer cette odeur infecte.
- On dirait un clébard, fit remarquer Daryl lorsque sa lampe torche illumina un corps en décomposition. Enfin, ce qu'il en reste. Lacy a été fidèle.
Je jetai un regard dégoûté au pauvre animal puis détournai la tête. Soudain, la porte se mit à trembler et je sursautai. Les Mordeurs commençaient déjà à s'acharner sur la maison.
- On ne pourra pas rester ici très longtemps, soufflai-je à travers ma manche. Il faut qu'on trouve un moyen de sortir sans se faire bouffer.
- Une idée ? Je suis preneur, rétorqua Rick.
Je fronçais les sourcils et lui tirai la langue, toujours cachée derrière ma manche. Crétin. Le chef nous fit alors signe de rappliquer et je relevais mon couteau devant moi pour ne pas être prise par surprise. Dans un coin de la pièce, sur un lit, une forme indistincte se trouvait sous une couverture. Un Mordeur ? Possible. Parfois, certains d'entre eux étaient comme « endormis », mais ils se réveillaient rapidement à l'odeur de la chair fraîche. Rick s'approcha lentement, prudemment, puis retira la couette d'un geste vif, reculant en même temps. Nous eûmes alors la surprise de voir se redresser un homme, bien vivant malgré son air de déterré, et je reculai davantage. Ce n'était pas plus rassurant, au contraire.
- Vous êtes qui ? paniqua l'inconnu.
- On vous veut pas de mal !
- Sortez de chez-moi !
Le gars n'avait pas l'air très calme et je resserrai ma prise sur mon couteau. Je ne le tuerais pas, mais assommer quelqu'un n'était pas exclu de mes futures actions.
- D'accord, d'accord, tempéra Rick en tendant les mains. On va sortir, mais pas tout de suite, pas tout de suite !
- Dehors ! s'écria l'homme.
- Faites-le taire cet abruti ! siffla la femme.
J'étais plutôt d'accord avec elle. S'il ne la fermait pas rapidement, il allait exciter davantage les Mordeurs et leur donner encore plus envie de nous bouffer. Et j'avais promis de ne pas mourir aujourd'hui, alors il fallait qu'il la ferme, et rapidement.
- Sortez ! Sortez tout de suite !
- Y'a des Rôdeurs partout à l'extérieur !
Je lançai un regard un peu inquiet à Rick. Ce n'était peut-être pas le meilleur moyen de calmer un gars visiblement pas très net dans sa tête. Lui dire qu'il allait peut-être crever sous peu, c'était pas top pour apaiser les nerfs de quelqu'un, je savais de quoi je parlais. L'homme nous regarda tous tour à tour, puis il se tourna vers Rick, le regard fou.
- Je vais appeler la police !
- Je suis de la police ! murmura Rick. Allez, je vous demande de baisser votre fusil. Faites pas de bêtises.
L'homme semblait complètement terrorisé. Depuis combien de temps n'avait-il pas eu de contact avec quelqu'un ? Depuis combien de temps vivait-il ici, seul, avec le cadavre de son chien pour seule compagnie ? Il y avait vraiment de quoi péter les plombs, je pouvais presque le comprendre.
- Tout va bien d'accord ? On n'a aucun besoin de s'énerver, déclara Rick d'une voix calme, d'accord ?
- Montrez-moi votre plaque ! demanda soudainement l'homme en relevant son fusil, que Rick avait réussi à lui faire baisser.
Oh, génial. Je n'eus même pas besoin de regarder pour savoir la suite. Pas de plaque, donc neutralisation de l'homme. Rick écarta le fusil et tenta de maintenir l'homme en l'enserrant de ses bras. Peine perdue. Déterminé à ne pas se laisser faire, l'homme mordit Rick et se dégagea de sa prise pour se précipiter vers la porte en hurlant à l'aide. Alors qu'il passait juste à côté de moi, je levais mon couteau pour l'assommer, mais le sang m'aspergea avant même que je n'ai le temps d'abaisser le manche de mon arme. Je vis alors le corps de l'homme s'effondrer au sol et le silence revint. Je m'écartai du corps d'un bond et une sensation de dégoût me prit à la gorge. Mon dieu. Je posai mon regard sur la femme à côté de moi et je la vis faire un petit geste sec pour débarrasser son katana du sang de l'homme. Je détournai le regard. Oh bon sang. C'était affreux. Elle venait de tuer un homme, comme ça, sans plus de problèmes qu'un peu de sang sur son arme. C'était… horrible.
Alors que je m'éloignai du corps, Daryl, lui se précipita vers la porte pour regarder dehors. On était mal barré, je n'avais même pas besoin de l'entendre dire.
- Daryl, dit soudain Rick, aide-moi, prends-le.
Je tournai la tête, choquée. Quoi ?!
- Non, c'est une blague, lâcha Oscar, l'air aussi perdu que moi.
- Vous n'allez pas vraiment faire ça ? Bon sang, vous venez de tuer cet homme, ça ne vous suffit pas ? demandai-je, incrédule.
Rick planta son regard dans le mien.
- C'est un cadavre !
Ses paroles me transpercèrent et je les regardais faire, horrifiée. Jamais je n'aurais eu l'idée de me servir d'un homme mort pour me couvrir. Surtout si je venais de le tuer. J'avais encore un peu de respect pour le genre humain. Bordel, c'était pas un vulgaire steak !
- Va voir à l'arrière, demanda Rick à Oscar.
- La voie est libre.
Je les regardais faire, les bras ballants.
- Un, deux, trois !
Et le corps disparut dans une marée de bras et de visages en décomposition, destiné à se faire bouffer par des morts. Je fermais les yeux un instant pour tenter d'estomper la scène, puis je me détournai et rejoignis Oscar. Je ne devais pas m'attarder sur ça. Je ne devais pas laisser des pensées parasites venir m'engourdir l'esprit. Je n'en avais pas le droit.
L'arrière de la maison était libre et nous pûmes sortir sans encombre. Les Mordeurs, trop occupés à savourer le festin si généreusement offert, ne nous remarquèrent même pas. J'évitais soigneusement de poser mon regard sur ce qu'il restait désormais de l'homme et je traçais avec les autres. Si j'avais cru en Dieu, j'aurais pu faire une petite prière pour ce pauvre bougre, mais hélas, je ne croyais pas au Divin. Dommage pour lui.
Nous ne nous arrêtâmes que plusieurs minutes après, lorsque nous fûmes sûrs de ne pas avoir de mauvaises surprises dans l'immédiat. Je poussai alors un profond soupir et fermai les yeux quelques instants, la main sur mon visage. Putain. Je voyais encore ce gars se faire jeter en pâture au Mordeurs. C'était affreux.
- Hé, on s'arrête pas, il faut qu'on atteigne la ville avant que la nuit ne tombe ! rappela Rick.
Je pris une grande inspiration et me remis en route. Nous marchions en silence. Oscar et la femme étaient devant, Rick et Daryl derrière. J'étais au milieu, la tête baissée. Bon sang, je n'arrivai pas à effacer la vision de cet homme.
- Hey, ça va gamine ?
Je relevai la tête et la tournai en direction de Daryl.
- Vous plaisantez ? demandai-je, la voix légèrement tremblante malgré les efforts que je faisais pour la maîtriser. Ça ne vous fait rien, à vous, la mort de cet homme ?
L'homme à l'arbalète haussa les épaules, l'air complètement indifférent.
- Il est mort, et alors ? T'as jamais vu personne mourir ?
- Si, dis-je, les dents serrées. Mais je n'ai jamais tué personne. Je trouve ça horrible.
- T'as jamais tué personne, vraiment ? demanda Rick, l'air étonné.
- Jamais, confirmai-je. Je me suis toujours débrouillée pour faire autrement. Assommer les gens est tout aussi efficace.
Il y eut un moment de silence, puis Rick reprit la parole.
- Vous êtes assez étranges, toi et ton amie.
- Ah bon ? demandai-je, incrédule.
- Oui. Vous ne tuez pas, vous vous baladez avec des bombes lacrymogènes, vous aidez sans vraiment compter. Vous êtes conscientes que nous sommes dans un monde où seul le plus fort peu survivre ? demanda alors le chef, l'air sceptique.
Je me tournai vers lui et m'arrêtai, les forçant à faire de même.
- Parce que, pour vous, les plus forts sont forcément les plus cruels, égoïstes et barbares de tous ? Drôle de définition de la force. Je la confondrais presque avec celle du connard parfait.
Romane : 1. Rick : 0. Que c'était bon de clouer le bec de quelqu'un, surtout quand on n'appréciait pas la personne ! J'affichai un léger sourire en coin, puis je me retournai et repris la route. Je me mis à la même hauteur qu'Oscar, et ne dis plus un mot de tout le trajet, me plongeant dans mes pensées, qui se tournèrent alors vers notre but.
Woodburry. Quand on en était partis, Julian était encore avec nous. C'était lui, d'ailleurs, qui nous avait poussés à quitter cet endroit. J'avais été la plus difficile à convaincre. Lorsque nous étions arrivés dans la ville, nous étions affamés, déshydraté, épuisés. C'était l'hiver, nous étions à bout de forces. La ville de Woodburry nous était alors apparue comme un havre de paix, le sanctuaire que nous cherchions depuis si longtemps. Nous avions vu l'espoir se répandre à nouveau dans nos cœurs. Les deux premiers mois s'étaient très bien passés. Bon sang, je me rappelais encore notre euphorie presque constante, notre bonne humeur. On avait à manger, à boire, on pouvait de nouveau se laver, se brosser les dents. Nos habits ne sentaient plus la mort, on ne voyait presque plus de Mordeurs. Nos côtes disparaissaient à nouveau sous une fine couche de graisse. C'était le paradis. Mais le troisième mois avait vu l'effondrement du rêve, l'effacement des illusions. Julian avait été le premier à voir que tout n'était pas si beau dans cette ville. Il avait tenté de nous ouvrir les yeux. Si Gwen avait finalement décidé de le croire, après de longues heures d'interminables explications de la part de son copain, moi, j'étais restée campée sur mes positions et j'avais refusé d'ouvrir les yeux. Du moins, jusqu'à ce que je sois obligée de voir la vérité. Nous avions alors fuis la ville et le Gouverneur, qui avait ensuite lancé ses gardes à nos trousses. Pendant plus d'une semaine, nous avions joué au chat et à la souris dans la forêt, avec nous dans le rôle de la souris. Et puis, ils avaient abandonné, nous croyant sûrement mort grâce à un subterfuge que nous avions mis en place. Aujourd'hui, retourner à Woodburry, pour moi, c'était risqué. Pour cette femme également, si elle avait, comme je le soupçonnais, fuis la ville à son tour. Le Gouverneur n'était pas du genre à pardonner ou à oublier. Et il avait des chiens de chasse très doués. Un en particulier, qui m'avait laissé un souvenir assez marquant.
Je poussai un tout petit soupir, ne souhaitant pas attirer l'attention des autres, puis je secouai légèrement la tête pour tenter de disperser les souvenirs qui remontaient à la surface. Je l'avais déjà dit : ce n'était pas le moment de m'embrouiller l'esprit en pensant à ces choses-là. Il fallait que je reste concentrée sur ma mission, qui était de sauver Maggie et Glenn. Je ne devais penser à rien d'autre.
Lorsque la nuit tomba, nous arrivâmes enfin à la ville, après plusieurs détours et des dizaines de Mordeurs abattus. Pliés en deux, nous avancions lentement, cachés par les voitures garées à l'avant du grand mur. Moi et la femme étions à l'avant, pour guider. Nous nous arrêtâmes alors, une fois que nous fûmes suffisamment proches pour pouvoir voir les gardes sur le mur. Je reconnus immédiatement le portail comme étant le portail principal de la ville. Tant mieux. Avec Gwen, nous avions fait notre plan en fonction de ce portail, qui était le seul que nous avions emprunté lors de notre séjour dans la ville. J'aurais eu du mal à me repérer si nous étions arrivé par un autre côté.
Accroupie derrière une voiture, je sentis alors un mouvement sur ma gauche et lorsque je me tournai, la main crispée sur mon couteau, je vis la femme partir. Qu'est-ce qu'elle était en train de faire elle ?
- Hé ! siffla Rick. Putain… !
Il n'avait pas l'air à l'aise. Mais il ne pouvait pas être aussi mal que moi. Je ressentais autant de colère que de peur. Mes mains tremblaient légèrement et je les serrais fermement sur le manche de mon couteau pour ne pas le sentir. De plus, je sentais une sueur froide le long de ma colonne vertébrale, comme si je m'apprêtai à me rendre à ma propre exécution. C'était horrible. Et le départ de la femme et, surtout, de son katana ne m'aidait pas à rester calme.
- Il va falloir qu'on s'allège, souffla Rick, apparemment décidé à ne pas faire cas de l'absence de la femme.
Je lui lançais un regard indiquant clairement ce que je pensai de ce qu'il venait de dire, mais il ne dut pas le voir avec l'obscurité. Je me débarrassais donc de mon sac à dos et l'ouvris. S'alléger ? D'accord. Abandonner totalement les grenades ? Hors de questions. En piochant au hasard dans le sac, j'en glissai deux dans les poches de mon sweat et une dans ma capuche.
- On pourra jamais aller voir dans tous les bâtiments, fit Daryl. Y'a des gardes partout.
Je jetai un coup d'œil au mur. Il y avait plus de gardes que dans mes souvenirs. Je me posais franchement la question de savoir s'ils étaient là pour empêcher les Mordeurs d'entrer, ou pour empêcher les habitants de sortir. Peut-être le Gouverneur avait-il fait renforcer la sécurité après notre départ ?
Soudain, un bruit de branchage se fit entendre derrière nous, et je me retournai d'un bond, imitant les trois hommes, le couteau levé. Ce n'était que la femme qui revenait. Je retins un juron et la dévisageai d'un air irrité. Discrètement, elle nous indiqua alors une direction du doigt et ses lèvres formèrent silencieusement les mots « par ici ». Apparemment, elle avait trouvé un autre chemin. Cool. Nous échangeâmes tous un regard plus ou moins agacé, puis nous lui emboitâmes le pas aussi silencieusement que possible.
Franchir le mur, là où nous l'indiqua la femme, fut un jeu d'enfant. Il n'y eut qu'à se glisser entre deux morceaux de taule. Ensuite, nous pénétrâmes dans le premier bâtiment accessible en crochetant la serrure. J'avais l'impression d'avoir fait ça toute ma vie. Je ne ressentais aucune appréhension reliée à mes actions. En fait, j'aurais pu être très sereine si nous n'avions pas été à Woodburry. Or, nous étions bien dans cette ville, alors autant dire que je n'étais absolument pas sereine.
Le bâtiment dans lequel nous nous trouvions me disait fortement quelque chose, mais je n'aurais pas su dire quoi, et je n'avais pas le temps de m'arrêter pour chercher. Toujours en silence, nous avançâmes un peu plus dans la pièce.
- C'est ici qu'ils t'ont enfermée ? demanda alors Rick.
- Ils m'ont interrogée, répondit la femme.
Durant le trajet, elle nous avait raconté son séjour à Woodburry. Du moins, elle nous avait dit ce qu'elle jugeait nécessaire pour nous aider dans notre mission. Cela ne m'avait pas étonné de voir que le Gouverneur tentait toujours de retourner le cerveau des gens. Je me rappelais encore avec précision comment il s'y était pris avec moi quand il avait commencé à sentir que nous nous éloignions de plus en plus de lui et de la ville. Il était doué pour embrouiller les esprits, pour utiliser les faiblesses des gens. Je m'étais laissé prendre dans ses filets, et ça, je n'étais pas prête de le lui pardonner. Il avait joué avec moi comme avec une simple marionnette. Cette simple idée me dégoutait encore aujourd'hui.
- Vous auriez pas une idée d'où est-ce qu'ils peuvent bien garder les prisonniers ? demanda alors Rick en s'adressant à la femme et moi.
M'accroupissant près d'une table, je sortis le papier où nous avions vite fait dessiné un plan de la ville avec Gwen et y jetais un coup d'œil. Il y avait plusieurs endroits qui auraient pu faire l'affaire. Ce n'était pas facile de savoir. Je n'avais jamais réussi à cerner le Gouverneur, malgré toute ma bonne volonté, et je ne pouvais donc pas réfléchir au mieux pour savoir où son esprit tordu aurait eu l'idée de placer les prisonniers. Pour moi, la cachette la plus évidente restait le bâtiment principal, mais je ne pouvais pas être totalement sûre de moi.
- Il devait pas y'avoir de couvre-feu ?
Je relevai la tête et m'approchai discrètement de la fenêtre.
- C'est des retardataires, normalement y'a personne dehors le soir.
- Ils devaient être chez d'autres personnes, c'est tout, tempérai-je, ne désirant pas supporter des tensions supplémentaires.
Le regard de Daryl se planta dans le mien et je déglutis péniblement. Il était juste en face de moi, difficile d'éviter ses deux orbes sombres qui me fixaient. Je toussai légèrement pour me donner une contenance et je reposai mon regard sur la rue. Les gens avaient disparu. Bonne nouvelle.
- On peut pas rester là. Si quelqu'un entre, on est des proies faciles, expliqua Rick.
- Ils sont peut-être chez le Gouverneur ? proposa soudainement la femme.
Je me tournai vers elle et la regardais, les sourcils froncés.
- Je ne pense pas, dis-je. Il doit vouloir garder les prisonniers près de lui, mais de là à les garder chez lui…
- Je pense qu'on devrait commencer par-là, insista la femme.
- Et s'ils y sont pas ? demanda Daryl en s'approchant d'elle.
- Alors on cherchera autre part.
- Vous aviez dit que vous pourriez nous aider, dit Rick, l'air mauvais.
Je le foudroyai du regard, mais ne répondis pas. Crétin. On essayait de se creuser la tête pour l'aider et encore, il était pas content ? Non mais c'était trop facile de rejeter la faute sur les autres. S'il avait été un peu plus présent pour sa fille après la mort de sa femme, peut-être que Glenn et Maggie n'auraient jamais eu à partir seuls et ils ne se seraient pas fait enlever ! Je pouvais rejeter la faute sur lui moi aussi !
- Hé ! Je fais ce que je peux ! Ok ?
- Alors trouve où ils sont, rétorqua Oscar.
Je croisai les bras sur ma poitrine et me mis à réfléchir de toutes mes forces. Bon sang, mes souvenirs étaient flous dans ma tête, je n'arrivai pas à les rassembler correctement. C'était très, très irritant, sachant que j'avais traversé cette ville en long, en large, et en travers.
Soudain, Oscar m'attrapa le bras et m'entraîna un peu à l'écart, avec Rick et Daryl. Je fronçais les sourcils, un peu décontenancée.
- Si ça tourne mal, chacun pour soi, elle se débrouille toute seule, déclara alors le chef en faisant un signe de tête vers la femme.
- Quoi ? soufflai-je. Vous êtes pas sérieux, si ?
- Oh si.
- Vous croyez qu'elle nous a tendu un piège ? demanda Oscar.
- En se tirant dans la jambe pour que ça fasse plus réaliste et en se baladant comme ça au milieu des Mordeurs ? demandai-je, sceptique.
Non mais vraiment… J'étais donc la seule ici à ne pas vouloir me débarrasser d'elle ? Ils ne voyaient donc pas qu'elle pourrait nous être très utile plus tard ? Ils étaient tous complètement idiots ou quoi ?! Bon sang, j'en avais marre. Je ne comprenais vraiment rien à la logique masculine. Un vrai mystère pour moi.
- Elle sait pas plus que nous où sont Maggie et Glenn. Vaut mieux se séparer, proposa Daryl.
- Je pense que…
Je ne terminais pas ma phrase. Des coups furent tapés à la porte et nous nous figeâmes tous, nos cœurs battant à cent à l'heure. Ma main se serra davantage sur le manche de mon couteau et je pris une profonde inspiration. Les problèmes commençaient enfin à pointer le bout de leur nez. Je me disais aussi que c'était encore trop calme pour une ville censée être sous protection maximale. J'échangeai un regard avec Rick et ce dernier nous fit signe à tous de nous replier le plus discrètement possible vers l'arrière. Je passai en première et me plaquai au fond de la pièce, dans l'ombre. J'avais passé plusieurs mois ici. Je ne tenais pas à ce que le premier crétin que nous croiserions puisse me reconnaître au premier coup d'œil pour ensuite tout balancer au Gouverneur. Merci, mais je tenais quand même à ma vie.
Alors que la femme venait tout juste de se cacher à son tour, la porte s'ouvrit. Je sentis chacun de mes muscles se tendre et mon souffle se fit plus court. J'aurais pu courir un marathon, là, sûre et certaine. J'étais sur mes gardes et j'avais l'impression d'entendre le moindre son, de voir le moindre mouvement que les autres pouvaient faire. J'avais l'impression que mes sens étaient tous décuplés.
- Je sais que y'a quelqu'un, j'ai vu que ça remuait à l'intérieur… Allez, sortez, vous savez bien que vous avez pas le droit d'être là, dit l'homme tout en s'avançant droit sur nous.
Il se jetait droit dans la gueule du loup. Alors qu'il arrivait pile devant Rick, je vis ce dernier se jeter sur l'homme et lui pointer son flingue sous le nez.
- Tu la fermes ! À genoux ! s'écria le chef. Mains dans le dos ! Bouge pas !
Toujours dans l'ombre, on aurait pu croire que le dernier ordre de Rick s'adressait à moi. Je n'avais pas bougé d'un poil. Je connaissais cet homme. Je ne me rappelai plus de son prénom, mais je le connaissais. C'était un miracle qu'il ne m'ait pas vu, je ne comptais pas lui donner l'occasion de se rappeler de mon visage.
- Attache-lui les mains ! me lança soudainement Rick, le pistolet toujours pointé sur l'homme.
Daryl me fit passer de quoi faire et je m'approchai de l'homme en prenant soin de toujours rester bien derrière lui. Je foudroyais discrètement Rick au passage, parce que si je me faisais griller, ce serait de sa faute. Il ne savait pas les risques que je prenais en revenant ici.
- Où sont les prisonniers ? demanda alors Rick de but en blanc.
- J'en sais rien.
- Vous avez capturé des membres de notre groupe ! Où est-ce qu'ils se trouvent ?! s'énerva le chef.
- J'en sais rien ! balbutia l'homme, l'air paniqué.
Je secouai la tête de gauche à droite. Il ne savait rien. Ça se voyait. Il n'était de toute façon pas suffisamment important pour que le Gouverneur lui fournisse de telles informations. Rick sembla s'en rendre compte également.
- Ouvre la bouche, ordonna-t-il.
Il lui enfonça ensuite un chiffon pour l'empêcher de faire du bruit, puis Daryl l'assomma avec son arbalète et je tirai une grimace. Ils auraient pu y aller en douceur quand même. Le pauvre gars avait rien demandé. Bon, au moins, ils ne l'avaient pas tué, c'était déjà ça. Ça devait être leur vision de la compassion. Ils le tirèrent ensuite dans la pièce où nous nous étions cachés et le laissèrent là.
- Bon, on fait quoi maintenant ? demandai-je une fois que nous fûmes à nouveau tous dans la pièce principale. J'ai bien deux ou trois idées d'où pourraient être Maggie et Glenn, mais…
Soudain, des coups de feu retentirent dans la rue et je me crispai. Ça, c'était pas censé être au programme pour le moment. Je me précipitai à la fenêtre et observai la rue. Les deniers retardataires se mettaient à courir dans tous les sens, affolés par les tirs. Je ne savais pas ce qu'il se passait, mais apparemment, eux non plus. Daryl m'écarta soudainement de la fenêtre et me lança un regard furibond.
- Suis le mouvement, me dit-il.
Je remarquai alors que Rick venait d'ouvrir la porte et que nous commencions à sortir dans la rue. Je hochai la tête et dégageai mon poignet de la poigne de fer de l'homme à l'arbalète. Ce n'était pas le moment, mais une gêne assez forte venait de s'emparer de moi à ce contact et j'étais heureuse de m'en défaire. Je rejoignis ensuite Oscar et lui emboitai le pas. Au moins, lui, il ne me déstabilisait pas.
- Est-ce que vous avez une idée d'où venaient les coups de feu ? demanda Rick, légèrement sur les nerfs.
- J'crois que ça venait du bâtiment, là-bas, indiqua Daryl en pointant le dit bâtiment de son arbalète.
J'étais trop occupée à faire attention à ce qu'on ne soit pas repéré pour voir quel bâtiment il désignait. Je me contentais de suivre Oscar, la main crispée sur mon couteau. C'est à ce moment-là que je réalisais qu'un couteau n'était peut-être pas l'arme la plus adaptée. Je regardai les autres armes. Ils semblaient tous adeptes des armes à feu. Tous, sauf Daryl. Hésitant un moment, je finis quand même par ranger mon couteau dans ma ceinture et par prendre mon arc. Je sortis une flèche de mon carquois et l'encochais, prête à tirer. Quand je relevai la tête, je croisai soudainement le regard de Daryl et je me sentis rougir. J'avais l'impression d'être soudain totalement maladroite, incapable. C'était extrêmement désagréable. Je détournai la tête et re concentrai mon attention sur ce qu'il se passait autour de moi. Nous étions maintenant devant une porte, que Rick s'acharnait à ouvrir. Finalement, au bout de quelques minutes, la porte céda sous les coups de crosse du fusil et nous pûmes entrer.
J'étais sûre et certaine de ne jamais avoir mis les pieds ici. C'était peut-être là que j'aurais atterri si le Gouverneur nous avait mis la main dessus, mais j'avais eu de la chance et je ne connaissais donc pas cet endroit. Les murs étaient froids et humides et le sol était craquelé. Des lampes pendaient lamentablement du plafond. Oui, ça correspondait plutôt à l'image que je me faisais de cellules « made in Gouverneur ».
Rick était en tête, suivit de Daryl, moi, Oscar et la femme. Soudain, alors que nous arrivions à une intersection, Rick s'arrêta et se colla contre le mur. Je sentis mon cœur battre plus vite dans ma poitrine et je pris une grande inspiration pour tenter de me calmer. Finalement, après un petit regard, le chef traversa l'espace dégagé et nous le suivîmes, nous mettant à couvert derrière un autre mur. Au-dessus de nous, il y avait une petite fenêtre. Outre le fait que je trouvais totalement débile de mettre une fenêtre à l'intérieur, elle pouvait nous être très utile. Soudain, des éclats de voix se firent entendre. Ils s'approchaient. Je sentis soudain l'adrénaline se répandre en moi et ce fut tout juste si je sentis la main de Daryl venir prendre une des grenades que j'avais dans les poches de mon sweat. J'attrapais la deuxième, la dégoupillai et la lançai, sans vraiment me rendre compte de ce que je faisais. Nous déguerpîmes ensuite en vitesse pour nous mettre à l'abri et seul le bruit de l'explosion nous permit de savoir que les grenades avaient fonctionné. Nous nous précipitâmes ensuite dans la mêlée. Apparemment, nous avions lancé une grenade lacrymogène et une incapacitante. Les effets combinés semblaient être assez efficaces, puisque les gardes semblaient avoir du mal à s'en remettre. Pour ne pas ressentir trop les effets de la grenade lacrymogène, je rabattis la capuche de mon sweat sur ma tête et tirai sur un des côtés pour me couvrir le visage. Je me précipitais alors à la suite de Daryl, pénétrant dans la fumée. Je n'arrivai pas à voir à plus de deux mètres devant moi. Heureusement pour moi, Maggie et Glenn étaient juste dans mon champ de vision, et je n'eus donc pas de mal à les repérer. J'attrapai rapidement la main de Maggie et la tirai hors de la fumée, laissant le soin à Daryl de couvrir nos arrières. Alors que nous repartions en sens inverse, je sentis une balle me frôler la joue et je retins un grognement de douleur. Bon sang !
Nous arrivâmes rapidement à l'extérieur et je me dépêchais d'enlever le sac qui recouvrait la tête de Maggie. Lorsque ses yeux se posèrent sur moi, je vis la surprise passer sur son visage et j'affichai un léger sourire en coin.
- Bah quoi ? Chacun son tour d'être sauvé. Allez, viens !
Rick et Oscar soutenaient Glenn devant nous, et ce dernier semblait mal en point. Maggie ne semblait pas avoir trop souffert, mais elle ne semblait pas aller bien non plus. Je laissai à Daryl et la femme le soin de nous protéger et poussai Maggie à avancer devant moi. Il n'était pas envisageable de repartir par où nous étions venus. Mais le problème, c'était que je ne voyais aucune autre possibilité à part les portails, et cette option-là n'était à utiliser qu'en dernier recours. Nous étions piégés, car ils devaient sûrement déjà être en train de sécuriser les entrées principales. Bon sang ! C'était un vrai casse-tête ! Il fallait pourtant bien que l'on trouve une solution, sinon, nous pouvions dire adieu à nos vies !
- Par ici ! souffla Rick en désignant un bâtiment sur notre droite. À l'intérieur, vite !
Nous pénétrâmes tous dans le bâtiment et je me précipitai pour asseoir Maggie par terre.
- Ça va ? demandai-je en posant ma main sur son épaule.
Maggie hocha la tête puis se précipita sur Glenn, qui semblait franchement mal en point. Je me relevai alors, mon arc toujours à la main, et m'approchai d'une fenêtre pour regarder dehors. Nous étions franchement mal barrés.
- On pourra pas sortir par derrière, déclara Daryl.
- Vous nous avez retrouvés comment ? demanda Maggie.
- On vous a retrouvé grâce à…
Je me retournais et me retrouvai face au vide. Je balayai la pièce du regard, mais aucune trace de la femme. Je fronçai les sourcils.
- Hé ! Elle est où la femme ? Elle était juste derrière nous !
Rick releva la tête et me lança un rapide regard avant de jeter un coup d'œil à la pièce. Il se leva ensuite et se précipita sur la fenêtre devant laquelle je me trouvais pour regarder la rue.
- Ils l'ont peut-être repéré ? proposa Oscar.
- Je vais la chercher ? demanda Daryl.
- Non. Il faut qu'on les sorte de là ! répondit Rick en désignant Maggie et Glenn. Elle a qu'à se débrouiller.
Je m'éloignai de la fenêtre, les lèvres pincées, et m'approchai de Glenn. Il semblait franchement mal en point. Il avait le visage couvert de sang et un œil au beurre noir était déjà en train de se former.
- Ça va aller ? demandai-je. Tu vas pouvoir suivre ?
- Bien sûr, souffla-t-il.
Bon. Au moins, la rage de vivre était toujours là, c'était déjà ça. Soudain, Glenn se redressa contre le comptoir auquel il était appuyé et se pencha vers Daryl.
- Daryl… C'est Merle qui nous a capturés. C'est lui qui m'a fait ça, souffla Glenn
Mon sang se figea soudain dans mes veines et j'eus du mal à respirer. Merle. Tout à coup, comme si la simple mention de ce nom suffisait à la réveiller, ma cicatrice au bras me démangea et je plaquai ma main là où la lame de cet enfoiré m'avait transpercé le bras. Bon sang. Moi qui avais espéré ne pas avoir à faire à lui en venant ici… C'était raté. Je regardais le visage de Glenn. Il ne l'avait pas raté, lui non plus.
- Tu l'as vu ? demanda Rick.
Je levai les yeux au ciel. Non, Merle l'avait tabassé à distance, caché derrière un mur. Mais qu'est-ce qu'il était con ce gars…
- Ouais, d'un peu trop près. Il a lâché un Rôdeur sur moi et… il allait nous exécuter.
Ma gorge se serra et je me relevai pour m'éloigner un peu. Je jetai alors un coup d'œil à Daryl et fronçai les sourcils. Il fixait Glenn comme s'il le voyait pour la première fois. Il semblait un peu sonné. Son fusil était pointé vers le bas, comme s'il ne se rappelait même plus qu'il le tenait.
Et puis là, il demanda.
- Alors c'est mon frère le Gouverneur ?
- Quoi ?! m'écriai-je, incrédule.
Tous les regards se tournèrent vers moi, mais moi, je ne regardais que Daryl. Bon, d'accord, cette soudaine attention m'avait quand même un peu fait rougir.
- Qu… Quoi ? Attends. Merle est… Merle est ton frère ? demandai-je, totalement perdue.
- Ouais. Et alors ? répliqua Daryl. Tu le connais ?
- Si je le connais ? Tu plaisantes ?
Je relevais la manche de mon sweat jusqu'au coude et montrai ma cicatrice. Elle n'était pas nette. Merle ne s'était pas contenté d'enfoncer la lame juste comme ça. Non. Il avait bien « remué le couteau dans la plaie », comme on dit. Ma cicatrice ressemblait plus à une grosse tâche blanche sur le côté droit de mon bras. Heureusement, il n'avait pas touché l'artère ou quelque chose de très important. Mais j'avais pissé le sang pendant un long moment.
- Ton frère m'a laissé un cadeau d'adieux quand je me suis barré d'ici ! Bordel, il a juré ma mort ! Si ce gars met la main sur moi, je suis morte !
Daryl avait le regard fixé sur ma cicatrice. Soudain gênée, je baissai la manche de mon pull. Daryl cligna des yeux, me lança un regard indéchiffrable, puis se tourna vers Maggie et Glen.
- Merle sait que je suis avec vous ? demanda-t-il.
- Maintenant, oui.
Daryl semblait tout retourné. Moi, j'étais en train de paniquer. Merde, si Daryl était le frère de Merle, il n'oserait jamais s'en prendre à lui. Des liens de sang se retrouvaient en plein milieu de notre affaire, et ce n'était vraiment pas une bonne chose. Surtout pour moi. Bon sang, j'étais mal. Ils m'avaient sauvé la vie une fois, si Merle me mettait la main dessus, pas sûr que les autres soient assez fous pour recommencer l'exploit. Merde ! J'étais toute seule là. Complètement dans la merde, et toute seule. Ma main se resserra sur mon arc. Il allait falloir que je surveille moi-même mes arrières.
- Désolé, Rick, on lui a dit où était la prison, on n'a pas eu le choix, expliqua Glenn.
- Arrête ! Pas la peine de t'excuser !
Rick s'approcha ensuite de la fenêtre et regarda dehors, à l'affût du moindre signe montrant qu'on nous avait repéré.
Bon, bon, bon ! Pas de panique. Il ne fallait pas que je panique. On était dans la merde, si je me m'étais à paniquer, on le serait encore plus, et j'avais promis à Gwen, de revenir vivante. Il fallait que je me calme. Je me détournai de Glenn, Maggie et Daryl et pris une grande inspiration. Pour me détendre, je me mis alors à jouer avec ma flèche, la faisant tourner entre mes doigts. Bon. Pas de panique. On allait sortir de là et retourner à la prison. Il suffisait juste de trouver comment.
- Ils vont nous chercher ! s'exclama Maggie.
- Oui. Oui, il faut partir, déclara Rick. Tu peux marcher ? demanda-t-il à Glenn. La voiture est à un ou deux kilomètres.
- Ça ira.
Je lançai un regard inquiet à Glenn. Il n'avait pas l'air au mieux de sa forme et j'avais du mal à le croire quand il disait que ça irait. Mais bon. On n'avait pas le choix. Je m'avançai pour aider Rick et Maggie à mettre Glenn debout. Il fallait qu'on se dépêche.
- Mais… Si Merle est ici, il faut que je le voie, dit alors Daryl, l'air un peu perdue.
Je savais ce qu'il s'était passé. Merle était du genre bruyant quand il parlait de ses « exploits ». Si je me souvenais bien de ce que j'avais entendu, le « fils de pute » de policier, que je supposais être Rick, l'avait attaché sur le toit d'un immeuble avant de l'abandonner à son propre sort, l'obligeant à se couper la main pour s'échapper. Sûrement, le groupe l'avait-il cru mort, voilà pourquoi Daryl paraissait si chamboulé. Je ne pouvais qu'imaginer ce que cela faisait de ressentir ça, pensai-je avec amertume.
- C'est pas le moment, on est en territoire hostile là, répliqua directement Rick.
- C'est mon frangin, il est pas…
- T'as vu dans quel état il a mis Glenn ? coupa Rick, l'ai passablement en colère. Il faut qu'on s'en aille tout de suite !
- J'vais lui parler, on va trouver un arrangement…
- Non, non, non ! T'as pas les idées claires ! s'exclama précipitamment Rick, l'air totalement sur les nerfs
Je regardai Daryl défendre son frère, le cœur lourd. Merde. Maintenant, je me sentais coupable de m'être emporté contre ce con qu'était Merle. Daryl semblait avoir tellement envie de le voir. Il avait de l'espoir au fond des yeux. On aurait dit qu'il redevenait un gosse. Il n'était plus aussi dur que le Daryl qui avait balancé les grenades, seulement quelques minutes plus tôt. Il semblait tout à coup… touché. Et je ne pouvais que comprendre ce que l'on ressentait dans ce genre de situation.
- Regarde ! Tu vois bien qu'ils sont blessés. Glen peut à peine marcher. On va faire comment si, d'un coup, on est encerclé par les Rodeurs et que le Gouverneur nous rattrape ? demanda Rick. J'ai besoin de toi… ! Alors ? Tu restes avec nous ?
Le comportement de Rick me dégoûtait. Il utilisait les bons sentiments et l'affection de Daryl pour l'obliger à rester avec nous. J'étais tout à fait d'accord avec Rick sur le fait que Daryl ne pouvait pas nous lâcher maintenant, mais… bon sang, c'était son frère ! Il ne pouvait donc pas le comprendre ? Je posai mon regard sur l'homme à l'arbalète. Il allait céder. Je le voyais sur son visage.
- Ouais, finit par lâcher Daryl, l'air plus dur.
Je secouai légèrement la tête de droite à gauche, incrédule. Franchement, si Daryl était parti pour rejoindre son frère, je ne crois pas que je lui en aurais voulu. Un peu sur le coup, car il nous aurait lâchés pour un con, mais après, je ne lui en aurais pas voulu. J'aurais compris. Je comprenais sûrement Daryl mieux que personne en ce moment.
Alors que ce dernier s'éloignait, Rick se retourna et croisa mon regard. Il fronça les sourcils.
- Quoi ? demanda-t-il.
- Je ne peux vraiment pas vous encadrer, soufflai-je, dégoûtée.
Je me détournais ensuite de lui et retournai près de la fenêtre pour surveiller la rue.
- Qu'est-ce qu'on fait Rick ? demanda alors Maggie. Comment est-ce qu'on sort d'ici ? Y'a des gens partout dans les rues.
- On a des grenades, dis-je sans lâcher la rue des yeux. On pourrait s'en servir pour nous couvrir.
- Ça dévoilerait notre position, objecta Oscar.
Je me tournai vers lui, un sourcil haussé.
- Parce que tu crois vraiment pouvoir sortir sans qu'on nous grille direct ? On n'aura pas fait un pas en dehors de ce bâtiment que les chiens de garde du Gouverneur nous tomberons dessus. Autant prendre les devants et les asphyxier un bon coup avant de passer en force pour rejoindre le mur le plus proche et se tirer, dis-je en croisant les bras sur ma poitrine.
- Elle a raison, déclara Rick. On va ouvrir la porte et balancer une grenade lacrymogène le plus loin possible. Daryl, tu t'en occupes.
- Ok.
Je pinçai les lèvres et sortis la grenade qui était toujours dans la capuche de mon sweat. Je l'agitais en direction de Daryl.
- Incapacitante ou lacrymogène ? demandai-je.
L'homme à l'arbalète s'approcha de moi et observa la grenade avant de l'attraper.
- Lacrymogène. Merci.
Je ne lâchai pas la grenade lorsqu'il tira pour la prendre et Daryl planta son regard dans le mien, l'air irrité. Je pris une petite inspiration.
- Je comprends. Pour ton frère. Désolé.
Pourquoi je m'excusais ? Je ne savais pas trop en fait. Je détestais Merle. Ce gars avait juré ma mort et, si je n'avais pas toujours refusé de tuer, j'en aurais fait autant. Mais… Oui, je comprenais. J'étais peut-être trop compatissante. Ou trop concernée. Aucune idée, mais j'avais quand même tenu à m'excuser. Daryl m'adressa un regard un peu incertain, prit la grenade et se détourna. Au moins, il ne m'avait pas envoyé bouler. C'était déjà ça.
Nous nous rassemblâmes tous devant la porte et Daryl agrippa davantage la grenade. Au dernier moment, Rick lui en donna une autre. D'accord. On y allait fort là.
- À trois, tenez-vous prêt, ordonna Rick. Un, deux, trois !
Daryl ouvrit alors la porte et balança les deux grenades dans la rue. Heureusement, leur déclenchement ne produisit pas beaucoup de bruit. Rick attendit quelques minutes avant de nous dire de foncer. Mon cœur battait à cent à l'heure. Je le sentais jusque dans ma tête. J'avais l'impression que le bruit était tellement fort que tout le monde pouvait l'entendre. Ma respiration était rapide, saccadée. Et je regardais de tous les côtés, faisant avancer Maggie qui se trouvait juste devant moi. Je n'avais plus qu'une envie : partir d'ici et rentrer à la prison. Mais, malheureusement, à peine avions-nous fait quelques pas que les gardes nous repérèrent et commencèrent à ouvrir le feu. Les gars passèrent en premier et arrosèrent les gardes de coup de feu. Moi, je restais avec Maggie et Glenn, attendant que la première vague soit passée pour m'approcher. Les armes à feu étaient plus efficaces au premier round. On verrait pour mon arc au deuxième.
Dès que j'eus trouvé un passage, je fis passer Maggie et Glenn et, tout en soutenant ce dernier, je me mis à suivre Rick et les autres, tentant d'éviter les balles perdues. Le bruit des tirs résonnait de façon très désagréable à mes oreilles et je serrais les dents, autant pour tenter de rester concentré que sous l'effort que je devais fournir pour soutenir Glenn. Il n'était pas léger, contrairement à ce qu'on aurait pu penser, et même s'il tentait de marcher, il s'appuyait quand même sur moi.
Tout à coup, alors que nous progressions plutôt bien, une balle explosa le béton juste à mes pieds et je me stoppais, relevant la tête. Nous n'étions plus qu'à quelques mètres du mur et l'un des gardes encore en vie venait de nous griller. Je poussai Maggie et Glenn à se rabattre contre le mur et posai Glenn à terre. J'attrapais ensuite mon arc, une flèche, me mis en position et tirai. Je sentis la corde glisser de mes doigts, la flèche partir et, en un peu moins d'une seconde l'homme était à terre, se tenant la jambe à deux mains.
- Suivez-moi ! criai-je à Maggie et Glenn pour couvrir le bruit des tirs.
Maggie aidait Glenn à avancer, tandis que je me démenai pour nous couvrir.
Alors que nous avions presque atteint le mur, je sentis une balle m'érafler profondément le bras et je criai de douleur, en lâchant presque mon arc. Je me retournai et écarquillai les yeux. Des renforts étaient arrivés et nous prenaient à revers. Nous étions bloqués entre le mur, désormais libéré, et les tireurs. Si nous voulions passer le mur, nous allions être obligés de nous mettre à découvert, et donc à portée de tir. Je poussai un juron et décidai d'ignorer ma blessure. On verrait après pour ça, ce n'était pas le plus important. Je me tournai vers Glenn et Maggie et les poussai à se mettre à l'abri. Presque immédiatement, les autres nous rejoignirent.
- Combien ils sont ?! demanda Rick en hurlant.
- J'ai pas pu voir ! répondit Oscar.
- Peu importe, faut dégager, déclara Daryl en rechargeant son arme. Plus ça ira et plus ils seront nombreux.
- Je m'occupe de Maggie et de Glenn, dis-je en sortant une autre flèche de mon carquois. Je les ferais passer le mur, puis je reviendrais vous aider.
Daryl hocha la tête.
- Il nous reste encore des grenades ? demanda Rick. Alors prépare-les ! ajouta-t-il quand Daryl hocha à nouveau la tête. Faut qu'on atteigne le mur !
Je m'accroupis à côté de Daryl et l'aidai à préparer les grenades. Mes mains tremblaient un peu, mais ça pouvait encore aller.
- Tu t'es pris une balle ? demanda-t-il en m'attrapant le bras pour me stopper.
- C'est rien, elle m'a juste éraflé, répondis-je en me dégageant.
Mes joues venaient de prendre une teinte rosée que, je l'espérais, l'obscurité dissimulait. Je n'aimais pas les contacts avec les gens que je ne connaissais pas bien. Mais avec lui, c'était pire. J'évitai donc son regard et sortis la dernière grenade pour la lui donner puis je me relevai.
- Allez-y, magnez-vous, je reste derrière pour vous couvrir, dit alors l'homme à l'arbalète.
- Il faut qu'on reste ensemble ! répliqua Maggie.
- Je suis d'accord avec elle, se séparer est une mauvaise idée, appuyai-je en lançant un regard inquiet à Daryl.
Bon sang, c'était pas le moment de jouer au super-héros !
- Non, c'est trop risqué. Je serais juste derrière vous.
Non. Mauvaise idée. Très, très mauvaise idée. Si on faisait ça, l'un d'entre nous allait forcément y rester, et on ne pouvait pas se permettre de perdre un membre pour deux autres de sauvés. Je m'avançai vers Daryl pour lui dire ma façon de penser, mais au même moment, ce dernier se redressa et jeta la première grenade. Je le regardais faire, regrettant déjà son geste, et n'eus d'autres choix que de suivre son plan foireux. Je me précipitais alors vers le mur, poussant Maggie. Oscar aidait Glenn à marcher. Nous arrivâmes rapidement aux bus qui formaient le mur et je me hissai sur le premier, suivie d'Oscar. Le premier à monter fut Glenn. Chacun attrapa un bras et nous le hissâmes sur le véhicule. Juste au moment où Glenn se stabilisait, une balle explosa sur la vitre du bus. Je me retournais et vis un des gardes nous arroser de balles. Heureusement pour nous, il n'avait pas l'air de trop savoir viser. Je me tournai vers Oscar et sortis le pistolet de ma ceinture.
- Couvre-nous ! criai-je en lui fourrant l'arme dans les mains.
Le prisonnier hocha la tête et redescendit du véhicule. Je tendis alors la main à Maggie pour la monter à son tour.
- Allez, on se bouge, il faut passer de l'autre côté maintenant !
Je me tournais vers Glenn et fis signe à Maggie de venir m'aider. Je ne pouvais pas l'aider à monter en haut du bus toute seule. Nous l'aidâmes à monter du mieux qu'on le put, le laissant faire une partie du travail tout seul malgré son état. Maggie monta ensuite, tandis que je l'aidais en lui faisant la courte échelle. Je tournai alors la tête pour voir où en étaient les autres.
Je vis la balle trop tard, malheureusement, et je ne pus pas l'éviter. J'eus juste le temps de m'écarter légèrement avant de ressentir une vive douleur dans l'épaule. Je me sentis tomber en poussant un cri de douleur et m'écroulai au sol, la main serrée sur l'impact de la balle. Devant mes yeux, je voyais danser une multitude de petits points noirs et je me sentis tourner de l'œil. Merde ! Non, pas maintenant ! Je serrai les dents et tentai de me relever. Je n'y parvins pas. La douleur irradiait de mon épaule et me prenait jusque dans la tête. J'avais l'impression qu'un venin se répandait dans mon corps à chaque fois que je faisais un mouvement. C'était affreux. Je n'arrivai plus à penser correctement. Je savais juste qu'il ne fallait pas que je reste là. Je sentis alors des mains me redresser et me mettre debout. Je ne pus retenir un nouveau cri de douleur quand une des mains se posa sur mon épaule. Je voyais flou, ma respiration était saccadée et je sentais mon esprit partir totalement à la dérive. J'eus tout juste conscience qu'on m'aidait à me hisser sur une surface froide. Ensuite, d'autres mains arrivèrent en renfort pour me hisser encore.
Puis plus rien. Je venais de perdre connaissance.
