Bonjour tout le monde! Je sais que ça fait un petit moment que je n'ai rien publié mais cette histoire n'est pas abandonnée! Je compte même finir la 4ème année dans un ou deux chapitres. Je ne sais pas encore si je vais continuer sur les trois derniers tomes d'HP, je verrai bien.

Sur ce, l'univers d'Harry Potter et ses personnages ne m'appartiennent toujours pas, je ne fais que les emprunter.

Bonne lecture et à bientôt.


Chapitre 8 :

L'attente

Ou

« J'ai réussi à faire s'entendre les serpentards et les gryffondors ! »

Il me restait quatre mois à supporter avant de pouvoir rentrer chez moi et j'avais hâte de quitter Poudlard. Je me souvenais encore du temps pas si lointain où j'avais été excité de venir étudier et m'amuser dans cette grande école dont j'avais tant entendu parler mais maintenant je m'ennuyais. J'étais en retenue tous les jours jusqu'à la dernière tâche du tournoi, j'avais interdiction de m'approcher à moins de cinq mètres du lac, les élèves me regardaient comme si j'étais Grindelwald en personne et je devais réviser pour les examens de fin d'année qui approchaient à grand pas.

Je continuais de donner des cours de français à Alexandra, Serenity insistait pour passer quelques heures en ma compagnie chaque semaine et Maximilien ne me lâchait plus d'une semelle. Bref, je n'avais plus une minute à moi et j'allais exploser si on ne me laissait pas bientôt tranquille. J'en étais arrivé à un point où j'envisageais d'aller refaire un tour dans les sous-sols du château !

Et finalement, je craquai. Je réussis à me tenir tranquille jusqu'à la mi avril et au vu de la façon dont madame Maxime me scrutait de plus en plus souvent, elle avait senti ma frustration et essayait d'anticiper ma future réaction destructrice. Sauf qu'elle ne put prévoir le Grand Incident du mardi dix-huit avril.

Je venais de terminer ma retenue du jour et d'ordinaire, je retournai rapidement au carrosse pour réviser. Mais ce soir là, j'avais prévu d'autres choses. J'avais réussi à emprunter-hum voler hum- plusieurs chaudrons que j'avais cachés dans les toilettes du deuxième étage, la gentille fantôme qui les hantait m'avait même promis de veiller sur eux et de les cacher après que j'ai flirté avec elle.

Je me rendis donc dans les toilettes avec mon kit de potion et des pots de peinture mélangés avec de la glue presque-perpétuelle de ma création. J'avais prévu de refaire la décoration de plusieurs couloirs du château. Je commençai donc par préparer une dizaine de potions explosives dans les chaudrons volés avant de les mettre en stase. Je remerciai Mimi de son aide et lui promis de repasser bientôt lui faire une visite. Je recouvris mon corps d'une cape et rabattis la capuche sur mon visage puis sortis dans le couloir.

Je fis ensuite léviter mes chaudrons avant de m'arrêter au milieu du couloir du deuxième étage. Il était vingt-trois heures et le château était désert, tout allait pour le mieux. Je plaçai un de mes chaudrons sur le sol, vidai deux pots de peinture modifiée, un jaune et un vert, dans le récipient avant de créer un petit feu sous le chaudron. Avec la chaleur, la mixture n'allait pas tarder à exploser et les couleurs seraient projetées sur les murs, le sol et le plafond et y resteraient pour un petit bout de temps. Je n'avais pas encore essayé d'enlever ma nouvelle glue presque-perpétuelle donc je ne savais pas combien de temps elle pouvait durer mais j'étais certain qu'elle était bien moins efficace que le sort de glue perpétuelle, enfin, je faisais avec les moyens du bord.

Je partis donc en courant vers la tour d'astronomie en faisant léviter mes neufs autres chaudrons et en traînant mes pots de peinture. Je me trouvai au quatrième étage quand la détonation se fit entendre et je sentis les murs du château trembler. Je souris, une course poursuite était maintenant engagée entre moi et mes poursuivants et je n'avais aucune envie de me faire prendre.

Les professeurs allaient se diriger vers le lieu de l'explosion et le temps qu'ils inspectent la scène, j'aurais déjà posé ma deuxième bombe. Je comptais toujours garder une longueur d'avance et je croisais les doigts pour ne rencontrer personne dans les couloirs. J'arrivai à la tour d'astronomie cinq minutes plus tard légèrement essoufflé mais toujours de bonne humeur. Je déposai mon chaudron au milieu des escaliers dans la tour, y versai un pot de peinture jaune fluo, allumai un feu avant de repartir en courant vers la tour des gryffondors.

Je venais de déposer mon troisième chaudron devant le tableau de la grosse dame, en prenant bien soin de cacher mon visage, quand elle se mit à hurler. Je vidai rapidement deux pots de peinture dans le chaudron, un argent et un vert, allumai le feu et repartis en courant quand l'explosion dans la tour d'astronomie se fit entendre. Au vu du bruit infernal qu'elle fit, je me demandai si je n'avais pas un peu exagéré et si la tour était encore entière. Je ne m'attardai pas pour réfléchir à la question.

Je répétai les mêmes opérations devant la bibliothèque, le couloir du troisième étage, celui qui donnait sur la tour des serdaigles, celui devant les salles communes des poufsouffles et des serpentards et devant le bureau du directeur. Il me restait alors un chaudron que je m'empressai de déposer au centre de la grande salle. Je mélangeai dans ce dernier les six pots de couleur qu'il me restait, du violet, du rouge, du bleu, du doré, du vert pomme et du rose bonbon avant de déposer ma cape sous le chaudron et d'y mettre le feu. Je sortis en courant de la grande salle et espérai que les professeurs étaient encore occupés par la dernière explosion devant le bureau de Dumbledore.

Je me dépêchai de sortir du château et je m'approchai discrètement du carrosse de Beauxbâtons. Les élèves de mon école et ma sous-directrice étaient tous sortis de l'habitacle et regardaient dans la direction de la tour d'astronomie. Je pris bien soin de ne pas passer dans leur champ de vision et me faufilai dans le carrosse sans un bruit, par une fenêtre laissée ouverte, juste au moment où la dernière grande explosion se fit entendre.

Je lâchai finalement un soupir de soulagement quand je pénétrai dans ma chambre : personne ne m'avait attrapé ! J'avançai de trois pas dans le noir avant de m'étaler au sol, je venais de trébucher sur la jambe de quelqu'un. Maximilien se racla la gorge.

- Tu ne vas pas me dénoncer, hein ?

- Qu'est ce que tu as encore fait ?

- J'ai refait la décoration de quelques endroits clés du château, je suis sûr que c'est une pure merveille. Je n'ai pas eu le temps d'admirer mes chefs d'œuvre mais je suis certain que ça en valait le coup ! On verra tout ça demain.

- Tu as un alibi ?

Le fait que Maximilien ne se donnait même plus la peine de me reprendre après mes frasques toutes plus fantasques les unes que les autres me fit sourire, il y était tellement habitué.

- Toi ?

- Moi ?

- Ben oui, tu es là pour ça, non ?

- Non, je n'avais pas prévu de te servir d'alibi. Et comment veux-tu que j'explique ma présence dans ta chambre ?

- On s'est endormi en révisant.

- La lumière serait allumée.

- Ben allume la lumière alors !

- Ce serait suspect d'allumer la lumière maintenant alors qu'elle était éteinte i peine deux minutes.

- Tu avais la flemme de retourner dans ta chambre ? Tu me surveillais ? Entraînement dans le noir ? Tu es venu vérifier que j'étais toujours là après la première explosion ?

- Okay, va pour la dernière, couche toi et je vais sortir en disant que tu es endormi dans ton lit. Tu n'es pas couvert de peinture ?

- Pas que je sache. Merci, Maximilien.

- A quoi bon avoir des amis si on ne peut pas compter sur eux ?

Je me déshabillai rapidement dans le noir, m'emmitouflai dans mes couvertures et fermai les yeux. J'entendis Maximilien sortir de la pièce et des voix s'élever dans le carrosse quelques minutes plus tard. J'allumai ma lampe de chevet, ébouriffai mes cheveux et me levai en traînant ma couverture avec moi pour aller ouvrir la porte de ma chambre.

- C'est pas bientôt fini ce raffut ? Il y a des gens qui essayent de dormir ici ! fis-je d'une voix endormie.

- Monsieur du Maine ! Vous êtes là et … propre ?

Je me retrouvai nez à nez avec Dumbledore, Rogue, Madame Maxime, MacGonagall et Maximilien.

- Je vous avais bien dit qu'il était là ! J'ai vérifié, s'indigna mon ami. Je sais que c'est un fauteur de trouble mais il n'irait quand même pas jusqu'à faire exploser un mur de la tour d'astronomie, cela aurait pu mettre des gens en danger !

Et il me jeta un regard noir, oups, la charge avait bien dû être trop forte. Bon, tant que personne n'avait été blessé, tout allait bien. Rogue ne partageait pas l'avis de mon ami et s'approcha rapidement de moi, baguette à la main. Il me coinça contre un mur et je maudis ma bêtise, je n'étais pas armé.

- Est-ce que cela vous amuse de mettre les élèves de Poudlard en danger avec vos frasques stupides, monsieur du Maine ?

- De quoi est ce que vous parlez ? J'étais en retenue jusqu'à vingt et une heures puis je suis revenu ici pour travailler. Je n'ai pas fait exploser la tour d'astronomie ou je ne sais quoi !

Il n'avait pas vraiment l'air convaincu et plaça sa main gauche sur ma gorge. Je lâchai ma couverture et écrasai son poignet de ma droite tandis que madame Maxime essayait de s'interposer entre nous. Maximilien m'envoya une de ses armes que j'attrapai de la main gauche, j'allais poignarder mon attaquant quand un sort nous sépara. Dumbledore avait sa baguette levée.

- Severus ! Nous n'attaquons pas nos élèves !

- Il a mis l'intégrité du château en danger, des élèves auraient pu être blessés. C'est un danger, il ne devrait même pas être là !

- Ce n'était pas moi !

- Dumbledore, faites le sortir ! Il a attaqué un de mes élèves, un élève, bon de Dieu, intervint madame Maxime qui avait l'air totalement choquée par le comportement de Rogue.

- Monsieur de Turenne, pouvez-vous me certifier que votre ami était ici pendant les explosions ?

- Oui, monsieur le directeur.

- Madame Maxime ?

- Je ne sais pas, je n'ai pas vérifié. Désolé, Dumbledore, je pensais tellement que c'était lui que je n'ai pas pensé à vérifier…

- Très bien. Une enquête sera probablement ouverte par le Ministère. Tout cela aurait pu bien mal tourner. Désolé du dérangement, passez une bonne nuit.

Il se détourna de nous et laissa MacGonagall sortir avant lui. Rogue me regarda avec un visage plein de haine et se dirigea rageusement vers la sortie. J'abaissai alors mon arme et avec elle ma garde et le sort du professeur me prit au dépourvu. Il se retourna brusquement vers moi avant de sortir et lança un « legilimens » que je ne pus éviter.

Je le sentis entrer dans ma tête et fouiller dans mes souvenirs alors que la douleur était atroce. Il eut le temps d'apercevoir les toilettes de Mimi et des chaudrons qui y bouillonnaient avant qu'il ne se retire. Quand je revins à moi, j'étais effondré sur le sol contre le mur, en sueur avec un mal de tête lancinant. Maximilien était à mes côtés, baguette levée vers Rogue, Dumbledore avait une poigne de fer sur le bras de son professeur de potions et avait dû abaisser sa main, madame Maxime se tenait en retrait, sa baguette pointée vers Rogue tandis que MacGonagall pointait la sienne vers ma sous-directrice. Les autres élèves de Beauxbâtons étaient sortis de leur chambres et regardaient la scène avec des yeux ronds.

Dumbledore fit sortir Rogue du carrosse de force et MacGonagall l'accompagna. Puis le directeur se tourna vers moi :

- Monsieur du Maine, est ce que vous vous sentez bien ?

Il fit un pas dans ma direction mais s'arrêta quand Maximilien le lui ordonna. J'avais un mal de tête immense et je sentis mes forces me quitter. Je n'avais jamais rien éprouvé de tel, c'était horrible. Je me tournai vers Maximilien quand je sentis la fatigue causée par la frustration du dernier mois et celle occasionnée par les actions de ce soir me gagner :

- Je vais avoir besoin de toi pour surveiller mes arrières, lui murmurai-je.

Il hocha la tête avant de me soulever et de me ramener dans ma chambre sans jamais quitter Dumbledore des yeux. Mon lit ne m'avait jamais paru si accueillant.


Je me réveillai le lendemain matin avec un léger mal de tête résiduel de la confrontation de la veille. Le soleil était déjà haut dans le ciel et je me demandais pourquoi personne ne m'avait réveillé pour que j'aille en cours. J'avisai un verre d'eau sur ma table de chevet que je bus goulûment avant de me lever. Je passai alors dans la salle de bain et trouvai Maximilien sur mon lit quand je ressortis de la pièce.

- Ta tête va mieux ? me demanda t-il.

Je grognai avant de m'effondrer sur mon lit au côté de mon meilleur ami. Mon ventre se mit à gargouiller et Maximilien me traîna de force à Poudlard pour que j'aille manger. Il était déjà midi et la grande salle était en train de se remplir. Nous nous installâmes à la table des poufsouffles et je pus admirer mon chef d'œuvre. Les murs de la grande salle étaient recouverts de peinture criarde et les deux tables du milieu avaient été aspergées de peinture. Une grosse tâche verte avec quelques gouttes de rouge se trouvait sous mon assiette et je grattai distraitement la peinture avec mon couteau.

Seamus, Dean, Alexandra et Eléanore nous rejoignirent quelques minutes après le début du repas mais ils ne me crurent pas quand je leur annonçai avec aplomb que les explosions de la nuit dernière n'était pas de mon fait. Nos voisins de table s'empressèrent pourtant de faire passer le message et la grande salle vibra bientôt de ces nouvelles informations.

Une demi heure après mon arrivée dans la grande salle, alors que j'étais en train de dévorer un bol de pudding à la vanille, que j'avais arraché des mains d'un deuxième année, trois membres du Ministère de la Magie anglais entrèrent dans la salle. Ils allèrent s'asseoir à la table des professeurs et se mirent à parler avec le directeur de Poudlard et Madame Maxime. Je me tournais vers Maximilien qui m'expliqua qu'ils étaient arrivés ce matin pour enquêter sur les explosions de hier soir après qu'un mur de la tour d'astronomie ait été détruit. Je ne m'inquiétai pas.

J'allais me lever pour aller en cours de runes mais je fus intercepté par ma sous-directrice. Elle nous pria, Maximilien et moi, de l'accompagner dans le bureau de Dumbledore pour que les membres de la brigade de la police magique présents dans le château puissent nous interroger. Je soupirai mais ne la contredis pas.

Madame Maxime nous accompagna dans le bureau de Dumbledore et nous nous vîmes proposer des chaises et des bonbons au citron. Je suçais avec entrain un bonbon pendant que les trois hommes se présentaient, John Odgen, le chef de la brigade de la police magique, Sheldon McCarthy, un de ses hommes et Raspius Bufford, un maître de potions. Le chef Odgen mena l'interrogatoire, je niai toute implication et Maximilien me servit d'alibi.

Dumbledore n'avait pas l'air convaincu de ma sincérité et Madame Maxime me regardait avec colère, j'étais persuadé qu'elle savait que j'étais coupable mais n'avait aucun moyen de le prouver. Les trois membres du Ministère n'étaient pas aveugles et comprirent rapidement que les deux directeurs ne me faisaient pas confiance.

- Seriez vous d'accord pour répéter tout cela sous l'influence d'une potion de vérité ? demanda Odgen quand il eut fini de me questionner.

Je fis semblant de réfléchir quelque peu à la question avant de répondre.

- Non, je refuse. Je vous ai dit la vérité. Si vous voulez m'interroger sous véritaserum, vous devrez régler les détails avec l'ambassadeur de France au Ministère. De plus, le professeur de potions…

- Je suis vraiment désolé, monsieur Odgen, m'interrompit rudement Dumbledore, mais il est vrai que monsieur du Maine peur refuser votre offre. J'ai peur qu'il ne change pas d'avis de si tôt, il est très têtu.

- Je vois. Et vous, monsieur de Turenne ?

- Désolé, je refuse aussi.

- Très bien, je vais discuter de tout cela avec mes supérieurs qui décideront des suites de l'affaire.

Dumbledore les raccompagna jusqu'à la porte de son bureau, leur fit un chaleureux sourire et leur serra la main en les remerciant de leur passage avant de se tourner vers nous.

- Vous m'avez empêché de dénoncer Rogue.

- Je suis vraiment navré de l'attaque que vous avez subie hier soir, monsieur du Maine, mais le professeur Rogue est un membre important de mon équipe professorale et je préférerais ne pas avoir à le remplacer.

- Il a attaqué un élève… Il a violé mes pensées !

- Et vous avez détruit une partie du château ! Non le niez pas, ajouta t-il devant mon air outré. Je puis vous assurer que l'attaque que vous avez subie de la part du professeur Rogue ne se reproduira plus jamais mais vous devez voir plus loin que cet incident. J'ai besoin du professeur Rogue.

Je plissai les yeux.

- Qu'est ce que vous mijotez ?

- Je me prépare, monsieur du Maine. Une guerre va bientôt éclater, aujourd'hui ou dans quelques années, je ne sais pas, mais bientôt, je dois être prêt et Severus Rogue est important.

Je me souvins que ma tante m'avait prévenu que l'Angleterre était une poudrière prête à exploser et je décidai de laisser tomber l'affaire. Dumbledore était déjà assez sur mon dos comme ça.

- Si vous le dites. Je suis sûr que je peux oublier ce petit incident, à condition, bien sûr, que la police magique arrête de fouiner dans mes affaires.

- Je vais voir ce que je peux faire.

- Merci, monsieur le directeur, j'étais certain que nous pourrions arriver à un accord. Je devrais être en cours de runes et Maximilien à la bibliothèque, alors si vous vous voulez bien nous excuser ?

Je n'attendis pas sa réponse et mon meilleur ami et moi quittâmes rapidement le bureau de Dumbledore sous les yeux écarquillés de Madame Maxime et du directeur de Poudlard.


Selon les dernières rumeurs, l'ambassadeur de France auprès du Ministère de la Magie anglais avait été si horrifié par les demandes des hommes de la police magique qu'il avait passé une après-midi avec sa tête dans une cheminée à lécher les bottes de mon père et à lui assurer qu'aucune charge ne serait retenue contre son héritier et son meilleur ami que l'utilisation du véritaserum était, bien entendu, hors de question : il ne tenait pas à avoir à faire à la colère de ma famille et je le comprenais. Etant dans l'impossibilité de m'interroger sous véritaserum, le chef Odgen décida de blâmer Peeves pour la destruction partielle d'un mur de la tour d'astronomie. Personne n'était vraiment dupe de la supercherie mais comme aucune preuve accablante n'avait été trouvée, je ne pouvais pas être accusé.

Deux inconvénients résultèrent pourtant de l'incident. J'étais constamment suivi par un elfe de maison qui était chargé de me surveiller jour et nuit, il était totalement dévoué à son devoir et après quatre tentatives de corruption, je laissais tomber. Dobby l'elfe libre ne voulait rien savoir et ferait son travail jusqu'à ce que Dumbledore ou « Le Grand Harry Potter » lui donnent un ordre contraire. Sa présence m'énervait assez souvent mais je faisais avec, il était aussi très intéressant d'étudier le premier elfe libre que je croisais de ma vie !

La seconde conséquence était beaucoup moins agréable. Severus Rogue, grand maître de potions craint par tous les élèves de Poudlard, devint mon pire ennemi. Il avait l'air d'avoir pris ma farce -qui avait un peu dérapée, je l'avoue !- comme une insulte personnelle. Je ne réussis plus à concocter une potion passable pour le reste de l'année (j'étais certain que Rogue sabotait mes efforts mais je ne pouvais rien prouver) et les serpentards me menèrent la vie dure. J'aurais pu supporter leurs pathétiques essais de meurtre sans problème (j'avais retrouvé une potion censée liquéfier mon estomac dans mon café un matin, bon de Dieu !), ce n'était pas la première fois que des assassins étaient envoyés à mes trousses mais je ne supportais pas qu'ils s'attaquent aussi à mes amis.

Maximilien dut passez quelques jours à l'infirmerie après une embuscade qui le laissa inconscient quelques heures et Eléanor se retrouva plusieurs fois transfigurée en animal. Une fois que les élèves eurent compris que les professeurs n'allaient pas faire d'efforts immenses pour attraper et punir les coupables, les attaques se firent plus nombreuses et vicieuses. Les gryffondors se joignirent aux serpentards dans leur vendetta contre mes amis et moi-même, ce fut apparemment la première fois depuis plusieurs siècles que les deux maisons s'étaient mises d'accord pour oublier leur inimitié et se concentrer ensemble sur un ennemi commun.

Comme aucune maison ne voulait attaquer un de ses membres, les gryffondors se chargeaient de rendre la vie infernale à Alexandra et Serenity tandis que Seamus et Dean se faisaient harceler par les serpentards. Ces derniers étaient souvent plus cruels que leurs rivaux, ils préféraient humilier leurs adversaires alors que les rouges et ors optaient pour une approche plus directe : une bonne petite raclée dans un coin sombre du château ou un pseudo-duel jusqu'au premier sang.

Je supportai les attaques pendant un mois avant de me mettre à répliquer violemment. Pour chaque bleu trouvé sur mes amis, je me vengeais (MacLaggen finit à l'infirmerie avec un œil au beurre noir et une côte cassée après qu'un sort ait laissé Alexandra avec deux côtes fêlées) pour chaque humiliation, je répliquais (Seamus et Dean s'étaient retrouvés incapables de porter des vêtements pendant deux jours après avoir activé un piège leur étant destiné un matin, je glissais une potion dans toutes les boissons de la table des serpentards qui manqua de faire participer tous ces petits sang-purs bien élevés à une orgie de proportion gigantesque, dommage que Rogue et Flitwick ait arrêté la démonstration avant le début de l'action) et pour chaque tentative d'intimidation, je terrifiais mes ennemis (Cho Chang et Marcus Flint n'osaient plus s'approcher à moins de cinq mètres de moi et partaient en courant dès que je me mettais à sourire).

Du véritaserum fut versé deux fois dans ma nourriture et Rogue se délecta de me voir sortir en courant de la grande salle pour éviter de révéler certains de mes secrets (il était toujours le premier à m'interroger et j'étais certain que c'était lui qui essayait d'extirper des réponses de ma bouche). La mi mai vit Alexandra, Seamus, Dean et Serenity changer de lieu de vie : apparemment leur qualité de vie s'était beaucoup dégradée au milieu de leurs compagnons de chambrée (quelqu'un avait enduit les draps de Serenity d'une potion urticante, les lits de Seamus et Dean avaient complètement disparus et Alexandra s'était retrouvée en petite tenue dans sa salle commune après que ses voisines de dortoir l'ait jetée hors de sa chambre).

Mes quatre amis vinrent donc s'installer dans le carrosse de Beauxbâtons. Maximilien prêta sa chambre aux filles mais elles vinrent bien vite nous rejoindre dans la mienne quand Fleur et ses amies commencèrent à leur jeter des sorts au milieu de la nuit sans les prévenir. Seule l'intervention de madame Maxime empêcha l'incident de tourner à la bataille générale. Nous étions donc serrés à six dans ma petite chambre, tout ne se passait toujours bien mais au moins personne n'avait à s'inquiéter de ses affaires, de sa modestie ou de son intégrité physique avant de se coucher.

Dumbledore mit fin à la guerre civile début juin. Maximilien et moi nous étions faits embusqués par un groupe de serpentards alors que nous nous dirigions vers la salle de défense contre les forces du mal. Un sort de découpe m'ouvrit le bras gauche tandis que mon ami était frappé par un sort de conjonctivite. Maximilien se chargea donc d'ériger un bouclier sans vraiment voir ce qu'il faisait et je me chargeais de l'attaque. Je stupéfixiai deux de mes attaquants, le troisième me fit une nouvelle entaille sur la jambe gauche avant de subir le même sort que ses compatriotes. Le quatrième, Warrington, lança un « sectumsempra », sort dont je n'avais jamais entendu parler, qui transperça le bouclier de Maximilien et fit apparaître de profondes entailles sur le corps de mon meilleur ami. Le serpentard déguerpit avant de demander son reste.

Je traînai alors mon meilleur ami vers l'infirmerie et madame Pomfrey prit immédiatement Maximilien en main. Elle n'arriva pas à refermer les blessures mais réussit à l'empêcher de se vider de son sang pendant qu'elle appelait Rogue. Je ne savais pas trop pourquoi elle le faisait venir mais s'il pouvait aider mon ami, je voulais bien faire un effort pour le tolérer. Quand il vit l'état de mon ami, il me sourit et se mit à refermer les plaies de Maximilien lentement et douloureusement. Je restais aux côtés de mon ami et lui tint la main pendant tout le processus tout en fusillant Rogue du regard, il semblait adorer avoir un pouvoir de vie ou de mort entre les mains si je devais le juger d'après son sourire moqueur.

Je ne restais pas à l'infirmerie pour subir l'interrogatoire de madame Pomfrey et me mis immédiatement en chasse. J'avais un compte à régler avec Warrington. Je réussis à attraper ma proie alors qu'il sortait des cuisines où il avait dîné. Je l'attrapai par le col de sa robe, brisai sa baguette quand il la leva contre moi et réussis à lui couper un doigt avant que Dobby n'intervienne. Il me projeta loin de mon ennemi, qui gémissait sur le sol et regardait son sang couler sans sembler comprendre ce qui lui arrivait. Dobby disparut avec lui, sûrement pour l'emmener à l'infirmerie et je regrettais de n'avoir rien pu lui infliger de plus définitif, j'étais certain que Pomfrey réussirait à lui faire repousser son doigt, malheureusement.

Le lendemain au petit déjeuner, la plupart des élèves m'évitèrent largement et me jetèrent des regards craintifs. Dumbledore annonça qu'il ne tolérerait plus de comportements dangereux et immatures dans son école et qu'il se ferait une joie de renvoyer toute personne qui en harcèlerait une autre. Il était temps qu'il intervienne. Serenity, Seamus et Dean retournèrent dans leur dortoir, Alexandra resta avec moi, personne ne vint lui ordonner de me quitter.


Le fait de partager les difficultés de la vie à Poudlard et ma chambre avec Alexandra, nous avait permis de nous rapprocher rapidement. Elle était distinguée, ambitieuse, courageuse et n'avait pas peur de s'opposer à moi. Elle était tout ce que je pouvais demander d'une compagne et peut être d'une future femme, j'étais tombé amoureux d'elle quand elle avait découpé cette sirène pour moi et j'avais espéré qu'elle ressente la même chose pour moi.

Je décidai de lui avouer mes sentiments une nuit de début juin alors que nous partagions mon lit. La lune était haute dans le ciel et illuminait ma chambre à travers les rideaux. Elle m'écouta jusqu'au bout et se jeta sur moi à la fin de ma déclaration. Les trois semaines avant la dernière tâche du tournoi comptent parmi les plus heureuses que j'aie jamais vécues. Je continuais à aller en cours, à réviser pour mes ASPIC et à me présenter à mes retenues mais mes soirées étaient émaillées de longues marches avec Alexandra dans le parc du château et de câlins torrides partagés dans l'intimité de ma chambre.

Quelqu'un avait décidé de mettre sa famille au courant de notre relation et son père lui avait envoyé une lettre dans laquelle il lui ordonnait de faire attention à ses fréquentations, son oncle avait été plus véhément et lui avait ordonné de cesser toutes relations avec moi. Elle n'écouta aucun des deux. Au contraire, notre nouveau statut de couple nous permit de comploter plus assidûment pour essayer de la faire sortir d'Angleterre à la fin d'année. Il fut finalement décidé que je demanderai sa main en mariage juste avant le début de la dernière tâche du tournoi. Sa famille ne pourrait rien tenter contre la mienne après l'annonce de nos fiançailles devant toute l'école, certains parents et une partie des agents du Ministère.

Nous passerions ensuite nos examens de fin d'année avant qu'elle ne me rejoigne en France. J'avais ensuite prévu de l'emmener en vacances au bord de la mer méditerranée avant de l'aider à trouver du travail. Si notre relation progressait comme je le souhaitais, le mariage devrait avoir lieu dans trois ans. Cela nous laisserait amplement le temps de réfléchir à notre décision et de l'annuler si le besoin s'en faisait sentir.


Le vingt-trois juin, le jour précédent la dernière tâche, madame Maxime vint me trouver en cours de potions et me kidnappa pour mon plus grand bonheur. Elle m'annonça avec un visage pincé que certains membres de ma famille étaient venus me voir avant le grand jour. Je lui avais fait un grand sourire en lui promettant d'essayer de les maintenir dans le droit chemin. Elle me jeta un regard noir.

Je croisais Krum, Diggory et leurs familles dans la grande salle avant de pénétrer dans l'antichambre derrière la table des professeurs. Madame Weasley était en grande discussion avec mon père tandis qu'un rouquin et Potter se tenaient non loin d'elle. Mon père l'ignora totalement quand il me vit.

- Raphaël ! Comme je suis content de te voir !

- Papa.

Je le serrai dans mes bras avant de saluer le reste de ma famille, ma mère, mon frère et deux de mes sœurs.

- Je suis heureux de te voir aussi. Maman, Nithael, Odile et Jeanne ! C'est une agréable surprise de vous voir.

Je pris ma sœur cadette par la main, Jeanne n'avait que dix ans, avant de les emmener dans le parc pour profiter du soleil. Je racontais mes dernières aventures à ma famille et mon père m'apprit que mon amie, la dragonne, avait trouvé notre château à son goût et s'était installée sur notre terrain. Deux de ses œufs avaient éclos et un de mes cousins avait pris l'habitude de passer la plupart de son temps avec les dragonneaux.

Notre après-midi fut interrompue plusieurs fois quand les élèves de Beauxbâtons vinrent saluer leur directeur et sa famille (bien que Fleur semblât extrêmement pâle quand elle fit face à mon père). Maximilien nous rejoignit au milieu de l'après-midi et se proposa d'arbitrer le duel que me proposa ma sœur, Odile. J'utilisais un accio pour faire venir deux épées et nous nous mîmes en place devant le lac.

L'exercice dura une quinzaine de minutes et je battis ma sœur. Elle avait bien progressé dans son maniement de l'épée mais elle n'arriverait sûrement jamais à me battre. Elle était plus douée pour le lancer de couteaux. Je pus remarquer que certains élèves nous observaient de loin mais aucun n'osa s'approcher de nous.

Ma famille m'accompagna au dîner et nous nous installâmes au bout de la table des serdaigles. Je leur demandai de ne pas faire attention à la décoration colorée qui n'avait pas encore disparue avec un sourire. Je leur présentai Alexandra, Eléanor, Serenity et Dean alors que Seamus échangeait quelques mots avec Odile qui avait le même âge que lui. Le repas se passa sans incident et la table des serdaigles fut méthodiquement dépouillée de tous les bols de pudding qui l'ornaient.

Je narrais ma découverte des souterrains du château et de l'aventure que j'avais partagée avec Alexandra le soir du bal de Noël. Mon père fut tellement fier de moi quand je lui racontais ma visite du bureau du directeur, la bataille géante de la grande salle et le massacre du village de gobelins. Nithael et Odile me demandèrent si je voulais bien les faire visiter le château cette nuit, sûrement pour y déposer quelques pièges et farces, mais je refusais arguant que je devais me reposer avant le grand jour. Devant leurs mines déçues, j'entraînais Seamus et Dean dans mes affaires et les deux adolescents se retrouvèrent désignés d'office comme guides nocturnes du château. Ils n'avaient pas l'air très heureux mais n'osèrent pas refuser quand mon père remarqua que c'était une idée absolument magnifique.

Mes parents me laissèrent le soin de ramener Jeanne au carrosse, où ma famille passerait la nuit afin de pouvoir assister à la dernière tâche, avant de prendre ma mère par son bras et de la traîner vers la table des professeurs. Madame Maxime s'éclipsa le plus rapidement possible quand elle les vit arriver, Dumbledore pâlit et Rogue rougit de colère.

J'eus le bonheur de voir Rogue sortir rapidement de la grande salle et Dumbledore devenir rouge brique, ma mère portait aussi une teinte rosée. Mon père m'avait fait part de son envie de demander à Dumbledore s'il pouvait utiliser son bureau pour faire l'amour à sa femme et, apparemment, il avait osé mettre son idée à exécution. Quand les cris outrés de MacGonagall commencèrent à se faire entendre, mes amis et moi décidâmes de quitter la grande salle.

Je souhaitais une bonne soirée à Dean et Seamus qui entraînèrent Nithael et Odile à leur suite et ils me jetèrent un regard noir, Serenity serra Jeanne dans ses bras puis Maximilien, Eléanore, ma sœur, Alexandra et moi nous dirigeâmes vers le carrosse de Beauxbâtons. Je laissais Jeanne avec mon meilleur ami et sa copine pour passer la soirée avec Alexandra. Je n'étais pas tellement inquiet pour l'épreuve du lendemain, un labyrinthe rempli d'obstacles allait être intéressant, mais Alexandra ne partageait pas mon insouciance. Je passais le reste de la soirée à la rassurer jusqu'à ce qu'elle s'endorme dans mes bras. Je la suivis rapidement dans les bras de Morphée.