Merci à Salomé et Liily :D
Sacrée bibliothèque. L'atmosphère qui y régnait était mystérieuse, un peu sombre car éclairée uniquement par deux fenêtres dans le fond de l'immense pièce.
Je marchais doucement entre les tables, à la recherche de visages connus parmi les nombreux élèves qui travaillaient, tous vêtus de tenues de Moldus, parfois comme Audrey, avec le pull de leurs maisons permettant d'identifier leur maison.
Au loin, la dernière table de la rangée était occupée par un groupe de quatre personnes, à côté des escaliers du fond -situés entre les deux longues fenêtres- qui permettaient d'atteindre un second étage constitué d'une grande mezzanine qui se prolongeait en une longue coursive qui faisait tout le tour de la pièce, longeant une nouvelle série d'étagères et de tables.
Dans ce groupe de quatre, je pouvais voir Remus en train de murmurer quelque chose à Lily qui était juste à côté de lui, un livre entre eux deux, leurs doigts suivants les lignes. James était de l'autre côté de la table, allongé en travers de celle-ci pour pouvoir écouter ses amis, le menton posé dans sa main, mais il ne semblait pas réellement intéressé par la conversation, il était plutôt en pleine contemplation de sa dulcinée. Peter, lui, les regardait avec un sourire en mâchouillant le bout de sa plume.
L'absence du beau brun au regard séducteur me surpris.
Mon regard fit le tour de la bibliothèque et j'aperçus le jeune homme entre les rayons, nonchalamment appuyé contre les étagères tandis que ses mèches sombres camouflaient légèrement ses yeux. On aurait dit qu'elles avaient été disposées spécialement pour lui donner un petit air mystérieux et charmant, et mon hypothèse fut confirmée lorsque du bout des doigts il les arrangea soigneusement.
Sa proie se trouvait un peu plus loin, une jeune fille très grande, avec des cheveux longs et blonds qui ondulaient doucement dans son dos. Son regard d'un bleu pâle extraordinaire, too bad pour Sirius, était uniquement porté sur le livre qu'elle tenait entre ses doigts.
Haussant les épaules je continuais ma marche pour rejoindre les quatre Gryffondors.
Entendant mes bruits de pas, Remus redressa les yeux vers moi et m'esquissa un léger sourire.
- Coucou, murmurais-je, tu es sorti de l'infirmerie ?
- J'y retournerais après, pour l'instant j'aide Lily sur un devoir, ça ne me fatigue pas trop, répondit-il simplement. Qu'est-ce que Dumbledore t'a dit ? demanda-t-il.
- Je… vais rester un moment avec vous, chuchotais-je, la voix tremblante en montrant mon sac. Lily, j'espère que ça ne vous dérangera pas mais je vais prendre le dernier lit disponible dans votre dortoir .
La jolie rousse tourna les yeux vers moi et un grand sourire chaleureux se dessina sur ses lèvres rosées.
- J'espère que tu vas nous apprécier ! Tu viendras avec nous en cours ?
- Je ne pourrais pas, je serais ici pour faire des recherches sur les sorts qui me permettra de retrouver mon amie.
Peter s'était levé et me proposa sa chaise d'un geste de main, surprise, d'abord pas ce geste aimable, puis par cette gentillesse dont il faisait preuve depuis le début, il ne ressemblait pas du tout à celui qu'il semblait être dans les livres… Ou simplement deviendrait-il comme ça plus tard, en étant sous l'emprise de Voldemort.
Après avoir remercier Peter qui partit se chercher une nouvelle chaise, je m'installais confortablement en face de Remus et à côté de James tout en continuant à parler :
- Le directeur m'a donné de quoi me rendre dans la Réserve, je passerais mes journées à faire des recherches.
- Il faudra quand même que tu t'alimentes, remarqua James qui avait enfin détaché ses yeux de Lily. Tu nous rejoindras ?
- Je pense oui, uniquement si vous voulez bien de moi.
Ils m'adressèrent tous des sourires bienveillants. Peter, de retour avec sa chaise me dit :
- Si tu as besoin de quoi que ce soit que l'on puisse te fournir n'hésite pas.
- Oui, nous pourrons te fournir des feuilles, des plumes de l'encre…
Lily se tut et leva les yeux, l'air terrifié en fixant quelque chose derrière moi.
En me retournant je compris que c'était, quelqu'un et non quelque chose.
Droite comme un i, les lèvres pincées et les yeux plissés, la bibliothécaire nous regardait méchamment. Elle se rapprocha de nouveau et souffla froidement :
- Quitter les lieux, en silence, si vous voulez continuer de parler… Sinon… TAISEZ-VOUS !
Une grimace sur le visage, les Maraudeurs rangeaient leurs affaires sous le regard vigilant de la vieille femme qui restait là, les bras croisés.
James qui avait mis son sac sur son épaule s'éloigna pour rejoindre Sirius, toujours au même endroit, en pleine tentative de séduction de la jolie blonde. James lui murmura quelque chose et son ami haussa les épaules. Ils se serrèrent la main de manière étrange avant de se quitter.
Une fois mis à la porte, toujours sous le regard courroucé de la bibliothécaire, le groupe se lança des regards et éclata de rire.
- Comme toujours, les premiers virés après une vingtaine de minutes seulement passé dans la bibliothèque, soupira James.
- Nous n'avons pas fait de bruit, murmurais-je en grimaçant.
- Non, ne t'inquiète pas, cette vieille folle ne supporte pas James, elle ferait n'importe quoi pour le faire partir le plus vite possible de ses lieux, pourtant pour une fois Sirius n'était pas avec toi, remarque, du coup tu as pu rester plus longtemps, expliqua Remus en se tournant vers James.
- En effet, vingt minutes c'est un record ! Mais j'ai été bien silencieux, j'étais en total admiration de ma Lily chérie, je ne pouvais donc pas causer de perturbations !
- Je vais retourner à l'infirmerie, lança Remus d'une petite voix en se tenant le ventre. Rire n'est pas très bon pour moi.
- Quand pensez-vous que je pourrais remettre les pieds dans la bibliothèque ? demandais-je avec une grimace, c'est un peu gênant pour faire des recherches d'en être exclue.
- D'ici une petite demi-heure, elle aura oublié que tu étais avec James, répondit Lily. Regarde avec Remus, elle nous adore, mais lorsqu'on est avec lui, elle ne fait pas attention ! D'ici là je peux te faire visiter les lieux.
Après avoir monté trois étages dans ces escaliers en colimaçon de malheur, les cuisses en feu, je suppliais :
- Dis-moi qu'on arrive bientôt ! Je t'en supplie Lily !
- La tour de Gryffondor, la touuur, chantonna James en passant le seuil de la porte du couloir du septième étage. Les tours se situent souvent en hauteur, non ?
- Je n'en sais rien ! soufflais-je en les suivant tout en récupérant mon souffle difficilement, la seule chose que je sais… C'est que ce château me paraissait cool ! Mais finalement ! C'est bien trop fatiguant !
- Tu connaissais Poudlard ? me demanda Lily en passant devant moi les sourcils arqués sur son front.
- Oui, bien sûr, il y a plein de chose que j'ai lu dessus, mais ça me paraissait être un lieu rêvé, pas… un immense labyrinthe avec des milliers d'étages à gravir !
- Il y a pas mal d'étages et de couloirs, mais le plus important est regroupé au niveau du Grand Hall, c'est de là où partent les escaliers. Après tu peux emprunter les escaliers secondaires mais tu risques de te retrouver dans des endroits assez étranges ! Mise à part les salles de cours et les salles communes, toutes les pièces que tu peux trouver ici sont désaffectées ! continua Peter en faisant des grands gestes comme si ses bras et ses mains pouvaient former un plan qui me permettrait de mieux comprendre les lieux, mais c'était bien loin d'être le cas.
On s'arrêta devant un portrait, une femme assez enrobée nous lorgna du coin de l'œil, confortablement installée dans un fauteuil, un verre de champagne à la main qu'elle sirupait l'air de rien.
- Chaperouge, dit Lily tandis que le tableau se pivotait pour nous laisser rentrer dans la salle commune.
D'une forme étrange, un grand carré donc les côtés auraient été coupés par des fenêtres en diagonales, elle contenait une série d'agréables fauteuils en cuir rouge et aux bordures de bois sombres ainsi que des tables et des chaises de travail. Dans le fond de la pièce, une immense cheminée prenant presque tout un pan de mur abritait un feu chaleureux.
Sur le tapis, un peu plus loin, une jeune fille s'était allongée sur le ventre, le nez dans un bouquin qui semblait tout à fait passionnant.
Les autres Gryffondors installés ici et là sur les fauteuils discutaient tranquillement, lançant un vague regard vers nous.
Lily m'indiqua deux portes sur les murs perpendiculaires à la cheminée et m'indiqua de gauche à droite : « Couloir des filles, couloir des garçons ! C'est assez simple, si tu veux venir poser tes affaires dans le dortoir, je te présenterais aux autres filles.
- Pauvre de toi, souffla James avant de s'éloigner sur la pointe des pieds vers la cheminée avant que Lily ne réagisse.
- Il peut être bête parfois ! Ne l'écoute pas, elles sont très gentilles je t'assure ! Montons !
Maudits escaliers ! Il fallait donc être des plus sportifs pour faire partir des Gryffondors, car après avoir parcouru sept étages pour rejoindre la salle commune, il fallait monter jusqu'au double pour atteindre le dernier des dortoirs !
Les dents serrées, nous grimpions les marches pendant que Lily m'expliquait :
- Nous n'avons une porte qu'un étage sur deux : car c'est un dortoir fille, un garçon, un fille ect… Les garçons ne peuvent pas rejoindre nos dortoirs, heureusement, mais si jamais on le veut, on peut aller les voir !
- Et, vous… Avez… Des salles de bains ? demandais-je en tentant de calmer mon souffle alors que j'épongeais mon front.
- Oui chaque dortoir en a un ! Avec une douche, un lavabo, les toilettes sont séparées.
- Génial… Et dis-moi ? On doit monter jusqu'à où ?
- Treizième étage de la tour, mais ne t'inquiète pas, ça passe rapidement !
Cet endroit se moquait constamment de moi, c'était impossible autrement….
Arrivée devant une porte, Lily l'ouvrit et m'invita à la suivre.
Je n'attendis même pas qu'elle me présente les lieux, je me laissais tomber par terre à côté d'un des lits en reprenant difficilement ma respiration.
- Plus jamais… Plus jamais… soufflais-je.
Tout mon corps me faisait mal, mes jambes, les bras, mes mains… j'avais l'impression d'être à nouveau la veille, dans la neige alors que j'attendais la mort…
- Tu n'as peut-être pas tout récupéré, les potions de madame Pomfresh font des miracles mais tu sembles encore fatiguée.
Fatiguée ?
Oui c'était sans aucun doute le cas de le dire ! J'étais exténuée, sans force, abandonnée !
Et j'avais été tellement obnubilée à l'idée de m'asseoir que je n'avais pas fait à attention à la jeune fille qui était installée sur le lit en face de moi, un livre sur les genoux et le regard tourné vers moi.
Ses cheveux sombres noirs aux jolies frisettes ordonnées retombaient en une masse souple sur ses épaules, ses yeux marron étaient plongés sur moi et elle s'apprêtait à parler quand Lily lui dit :
- Marlène ? Je te présente Anne, la fille de l'infirmerie dont je t'ai parlé.
- Ha, d'où l'uniforme, comprit-elle en se redressant.
Elle se rapprocha de moi et me tendit la main :
- Enchantée, je suis Marlène McKinnon.
- Anne, soufflais-je en acceptant sa poignée de main, je vais occuper le lit normalement vide de votre dortoir.
- Et une personne de plus pour la queue de la salle de bain le matin, souffla-t-elle exaspérée, avant de se réinstaller sur son lit. J'espère que tu te plairas ici.
J'étais folle de joie… En fait c'était assez étrange. J'avais découvert Marlène pour la première fois dans une fanfiction qui m'avait passionnée et j'avais appris à aimer et même adorer le personnage. La jeune fille en face de moi semblait différente psychologiquement mais elle correspondait à l'image que je me faisais d'elle !
Lily m'aida à me redresser à m'indiqua le lit au près du quel je m'étais affalée.
- C'est ce lit-ci qui est libre, tu partageras l'armoire avec Emy.
- J'en connais une qui va être ravie, ironisa Marlène avec un petit sourire. Emy adore avoir de la place pour ranger ses affaires, et surtout elle en a bien besoin ! Mais tu devrais t'en sortir, en la mordant et la griffant un peu !
- Ha génial, je suis spécialiste du catch féminin, je devrais pouvoir la mettre K.O. en moins de deux, les objets sont autorisés ? Cette lampe me semble bien !
Marlène écarquilla les yeux et afficha un immense sourire dévoilant toutes ses dents :
- C'est à voir avec la préfète !
- Pas de luttes, ni de tentatives d'assassinats à coup de lampe de chevet, Emy est un peu bordélique mais elle sera trèèès contente de t'accueillir.
- Du moment que tu n'as pas une paire de couilles et une bite elle sera contente ! souffla Marlène en tournant d'un geste mou sa page.
Me voyant dans l'incompréhension Lily précisa :
- Elle n'aime pas trop les garçons, ils la stressent !
- En fait, elle n'aime aucun garçon qui ne s'appelle pas Eliott, corrigea Marlène un sourire taquin sur les lèvres.
- Intéressant, tout ça me semble très prometteur… lançais-je en m'installant sur le lit.
- Tu es toute blanche, remarqua Lily, tu te sens bien ?
- Juste fatiguée, peut-être que j'aurais dû retourner à l'infirmerie avec Remus.
- Tu veux que j'aille chercher Pomfresh ? demanda la rousse.
- Non, je ne pense pas que ça sera nécessaire, je vais… juste me reposer un peu.
Une moue inquiète sur le visage, Lily acquiesça. Elle s'installa sur le lit de Marlène tout en gardant un regard posé sur moi.
Allongée sur le dos, je fixais le dessus de mon lit à baldaquin.
J'avais toujours rêvé d'en avoir un, même si dans mes rêves les rideaux n'étaient pas en velours rouges, mais dans un joli tulle rosé.
Pour avoir un peu de pénombre et de calme je dénouai les rideaux et les tirai. Une fois dans l'espace confiné et douillet, je retirai les chaussons que je fis glisser au pied du lit et enlevai mon pull.
N'ayant plus la force de me glisser sous la couette je fermai les yeux et me laissai plonger dans les méandres du sommeil.
Christelle me regardait avec son habituel et incroyable sourire, les yeux rieurs et les joues marquées de leurs jolies petites fossettes. Elle semblait heureuse, très heureuse.
Mais un jeune homme blond s'installa à côté d'elle, il me regarda froidement, un air rempli de dédain, avant de lui passer le bras autour des épaules.
Je voulais la prévenir, mais il était trop tard.
La baguette pointée vers moi il souffla « Sectumsempra ».
Merci de m'avoir lu, je vous souhaite une agréable continuation.
