Titre : La mémoire oubliée

Auteur : Nefer

Disclamer: les personnages de cette fanfic ne sont pas à moi. Ils sont la propriété de Hiromu ARAKAWA

Réponse aux reviews

Hayaaateuh: Heureuse que quelqu'un ait apprécié le long monologue Mustanguien . Oui Roy et le légiste sont très amis, un amour quasi fraternel lol.

Serleena: Je vais tenter de vous garder en haleine jusqu'à la fin (qui n'est pas pour tout de suite) bien que ça ne soit pas facile. C'est vraiment un exercice difficile d'écrire des histoires. J'aimerai bien avoir les mêmes capacités d'écriture que toi ;)

Ayma: Oui, joli sens de la déduction ;) Vas-tu de la même façon trouver où se trouve Riza grâce à l'aide de ce nouveau chapitre? Si c'est le cas je m'inclinerai bien bas et récompenserai même l'exploit

Anzuki: Merci

laup0110: Je m'en voudrai de tuer le suspense, alors voilà la suite (bien qu'elle n'apporte pas encore la réponse aux questions).
Pour la vodka je crains hélas que mon histoire ne se déroule pas en hiver, mais bon ça peut être bien aussi pour les courtes soirées d'été lol.


Un jeune prince vaillant apprit un jour que le plus précieux trésor du Dieu de l'Ignis demeurait caché en un jardin fabuleux.
Invisible aux yeux des hommes cette merveille, source de pouvoir, leur était inaccessible.

Rien dans l'apparence physique de l'adjudant Kain Fuery ne pouvait laisser présager de sa profession et de son grade. D'un abord juvénile avec sa petite taille, son visage rond de garçonnet, ses grandes lunettes et sa coupe stricte, il avait des allures de premier de la classe.

Son regard doux trahissait sa nature paisible et aimable ainsi qu'une sensiblerie bien plus exacerbée que chez la plus part des hommes. Il n'avait jamais fait grand cas de ces principes d'éducation disant qu'un homme doit être, en toutes circonstances, impassible, fort et cacher ses sentiments. Si pour être un homme fort, un militaire de surcroît il fallait ne pas pleurer la perte d'un ami, alors il ne souhaitait pas être ce genre d'homme.

Par chance, il était sous les ordres du Colonel Mustang, un homme prenant et appréciant ses subordonnés tels qu'ils étaient sans chercher à les changer. C'est pour cette tolérance, d'autres diraient pour ce laxisme, que tous les hommes du Colonel lui vouait un attachement sans faille.

Aussi si aujourd'hui, seul dans la morgue, Kain versait quelques larmes sur le sort de cette pauvre créature qui avait revêtu dans la mort l'apparence de sa supérieure, le Lieutenant Hawkeye, personne irait voir dans ce geste une marque de faiblesse.

Il frissonna, sans pouvoir détacher son regard de ce si troublant cadavre dont la présence lui paraissait à présent familière.

Le médecin légiste avait été écarté le temps de l'enquête sur la disparition du Lieutenant et on avait confié à Fuery le soin de garder ce corps, pièce à conviction.

Il ne s'absentait de ce poste que lorsque les alchimistes, dont le travail était de déterminer la nature exacte du cadavre, venaient le relayer.

Le froid de la morgue semblait tout plonger dans l'immobilisme, le temps et les pensées désordonnées du jeune Adjudant.

Soudain la porte de la morgue s'entrouvrit, laissant entrer la lumière naturelle du soleil absente de ce lieu de désolation.

"Courage Adjudant voici la relève." Sourit aimablement en pénétrant dans la salle le jeune alchimiste qui avait en charge d'étudier le corps de la fausse Hawkeye.

"Ah, Monsieur Stone, vous avez enfin les résultats des analyses." Demanda soucieux le jeune Kain.

L'autre lui adressa un sourire réconfortant et avec une tape dans le dos pour chasser la nervosité du militaire il dit :

"Ne vous en faites pas, cette chose n'a jamais été vivante et encore moins humaine. C'est un assemblage alchimique de viande de porc. Le cochon a cette particularité d'avoir des caractéristiques biologiques et génétiques très proches de l'homme. Au niveau de la comptabilité il est même plus proche de nous que le singe. Ca doit être pour ça que les filles ne cessent de répéter que les hommes sont tous des porcs." Ricana t'il.

Fuery souffla soulagé, alors ça n'avait jamais été humain, mais surtout jamais était vivant. Tant mieux il souhaite à aucune créature vivante le sort de cette chose. Il sourit alors au jeune scientifique.

"Vous savez Adjudant, je pense que c'est pour ça qu'ils l'ont "éviscérée", parce que ça aurait été trop flagrant sinon. Alors que là, il m'a fallu un examen minutieux pour déterminer l'origine de ce corps."

"J'en informerai le Colonel."

"Bon écoutez, je prends le tour de garde le temps de faire d'autres analyses, allez prendre un thé et vous reposer, vous semblez frigorifié."

"Bonne idée, acquiesça Fuery en se levant de sa chaise tout en s'étirant, je vais en profiter pour voir où en sont les autres dans l'avancement de leur enquête."

Il quitta la morgue le cœur léger. Sur le chemin de la Salle de repos il croisa Falman.

"Ah Fuery, te voilà. Le Colonel et Havoc sont de retour. Ils veulent qu'on les rejoigne dans la salle de repos du QG de l'Est."

Les deux militaires s'acheminèrent vers la pièce où les attendaient le Colonel et les autres, visiblement pressés de connaître le résultat des investigations de chacun.

"Adjudant Kain Fuery, de retour de sa garde à la morgue, mon Colonel" Fit Fuery en rentrant dans la salle avec un salut militaire.

Sans plus de formalité, Roy entra directement dans le vif du sujet.

"Bien, nous voilà au complet. Alors messieurs qu'avez vous trouvé."

Breda s'avança et prit le premier la parole.

"Conformément à vos instructions j'ai demandé à être tenu au courant de la progression de l'enquête qui a suivi la découverte du corps. Pour l'instant rien. Pas de témoin, pas de trace de lutte. C'est comme si on avait déposé le corps là, comme on jette une vieille bouteille aux ordures."

"C'est possible, affirma l'Adjudant. L'alchimiste venu procéder à l'examen du corps m'a confirmé qu'il s'agissait d'un montage alchimique et que cette chose n'avait jamais été vivante."

"Son créateur, après l'avoir fabriqué à donc déposé le corps dans une ruelle sombre en le disposant de telle sorte qu'on puisse croire à un meurtre." Conclut le Colonel pensif.

Vous n'avez pas eu de nouvelle de la vrai Hawkeye?"

"Non, répondit Falman, nous avons à plusieurs reprises téléphoné à Central pour voir si elle avait re-contacté le standard, mais rien. Silence radio. La fille de l'accueil nous appellera le cas échéant."

"Bien. Et pour ce qui est de retracer l'itinéraire du Lieutenant avant sa disparition?"

"J'ai contacté le docteur qui lui a fourni l'arrêt maladie, reprit Vato Falman. En fait, le jour où le Lieutenant a fait son malaise, une voisine a été alertée par les aboiements inhabituels de Black Hayate. Elle a voulu demander au Lieutenant de calmer son chien, mais à sa grande surprise elle a trouvé Hawkeye étendue à même le sol et inanimée."

"Elle avait refait un malaise?!"S'exclama le Colonel. Il se maudit intérieurement. Ce jour là elle n'allait pas bien, c'était imprudent de l'avoir laissée alors qu'elle vivait seule.

"Oui, du coup la voisine a appelé le docteur. En apprenant que le Lieutenant n'en était pas à son premier malaise de la journée il lui a immédiatement donné des jours de repos avec pour consigne, dés le lendemain, de procéder à des examens plus poussés à l'hôpital."

"Mais bien sur elle n'y a jamais été!" Fit avec emportement le Colonel en tapotant à un rythme rapide et régulier avec son stylo plume sur la table à laquelle il était assis.

"Non. Mais la voisine, que j'ai contactée aussi, m'a dit avoir vu Hawkeye partir tôt le lendemain matin avec une valise et son chien."

"Tu as cherché du côté de la gare comme je te l'avais demandé?"

"Oui. Ce jour là le Lieutenant a pris le premier train du matin en partance pour East City. Celui de 6h55, le numéro 4612. Je peux même vous dire qu'elle a voyagé en compartiment première classe en compagnie de Black Hayate et qu'elle était vêtue en civile d'une jupe bleue marine et d'un chemisier blanc avec un foulard coordonné."

"Comment sais-tu tout ça?" S'étonna le Colonel.

"J'ai été à la gare d'East City et ai demandé à parler avec les contrôleurs en poste ce jour là. Par chance le Lieutenant avait tapé dans l'œil de l'un d'entre eux qui se souvenait très exactement de sa tenue. Mais le plus intéressant est la fin de son récit."

Mustang leva un sourcil interrogateur.

"A la sortie du train le Lieutenant était attendue par un homme élégamment vêtu et il l'a ensuite conduite à sa voiture. Une 849AH GT."

"Une jolie cylindrée." Fit en sifflant Havoc qui écoutait, depuis le début, la conversation adossé au mur, derrière la table de son supérieur, les bras croisés.

"Oui, ce n'est pas courant. Même dans une grande ville comme celle-ci les personnes susceptibles de pouvoir s'acheter ça ne sont pas légion."

Il se tourna vers le Colonel en bombant le torse et dit, non sans une certaine fierté:

"Du coup, j'ai demandé à ce qu'on me fournisse la liste des personnes possédant cette voiture sur East City et sa région. Je devrais l'avoir d'ici demain."

"Bien joué, sourit Mustang. Et sinon l'homme qui a accueilli Hawkeye à la gare qui est-il? En dehors de son costume, à quoi ressemblait-il? As-tu pu faire établir son portrait?"

"Non, hélas le contrôleur ne semble avoir eu d'yeux que pour le Lieutenant. Il lui a fallu tous les efforts du monde pour ce souvenir de ce détail sur son costume, alors qu'auparavant il m'avait décrit en détail l'habillement et la coiffure d'Hawkeye."

"La mémoire sélective des hommes est vraiment un des mystères de la science." Ricana Havoc, mais le regard noir que lui lança le Colonel lui fit vite perdre son sourire jovial.

"Fuery, t'es-tu renseigné pour savoir si quelqu'un avait consulté le dossier médical du Lieutenant?"

"A vrai dire ce type de dossiers et sous le sceau du secret médical. Nul autre personne que les médecins n'ont le droit de les consulter sans autorisation. Les demandes d'accès au dossier médical du Lieutenant émanent donc toutes de docteurs. Il a bien été sorti dernièrement mais pour y signaler son malaise, pour y ajouter le certificat médical justifiant son arrêt maladie, et aussi lors de l'autopsie du faux corps. Si quelqu'un d'extérieur au service a pu avoir accès à son dossier alors il l'aura fait de façon non officielle et en cachant son acte."

"Donc cette voie est bouchée pour nos investigations." Conclut Mustang en se frottant le menton avec sa main droite.

"Mais, et vous Colonel, où étiez-vous parti? Vous avez trouvé quelque chose?" Demanda Breda intrigué qui posa ses deux mains sur la table de son supérieur en se penchant légèrement vers lui.

"Nous nous sommes rendus dans le village natal du Lieutenant. C'était l'anniversaire de la mort de son père il y a peu. J'ai pensé qu'elle avait pu vouloir s'y rendre."

"Et alors?" Interrogea le Sous-Lieutenant Breda.

"Plusieurs personnes en ville nous ont confirmé son passage éclair." Intervint Havoc.

"Nous avons aussi trouvé des traces de son passage dans sa demeure familiale, notamment ceci."

Le Colonel sortit de la poche de son uniforme la coupure de presse jaunie qu'il avait trouvée dans la chambre de Riza. Il l'a tendi à Vato Falman, la mémoire vive de son équipe.

"Cette histoire te rappelle quelque chose?"

L'Adjudant-chef se saisit du papier, puis lu l'article en fronçant les sourcils comme pour soutenir son effort de mémoire.

"Oui, cet article je l'ai lu, il y a peu. Il se trouvait dans un des journaux retrouvés prés de la cheminée dans le salon du temple de "Force Orientale"."

Le Colonel tilta, son visage exprimant une certaine stupeur. A présent la scène se rejouait sous ses yeux. Son Lieutenant l'air anormalement soucieuse fixant avec insistance les articles de journaux. Lui-même intrigué, en parcourt les grandes lignes. A présent il le revoit parfaitement, ce petit article en coin, pauvre fait divers sans intérêt à ses yeux. Mais quelle était la vraie portée de cette affaire? Pourquoi Hawkeye si intéressait tant? Au point de s'en rendre malade?

"Je me souviens que ce jour là cette affaire m'avait intrigué, car la presse était plus que vague dans les informations fournies. Il y avait un mort, peut être plus, ou alors étaient-ils juste blessés. Et puis un coup s'était un suicide, une autre fois un meurtre. La seule chose qui semblait fiable comme information c'est que les victimes étaient jeunes, sûrement des adolescents, et qu'elles étaient étrangères à la ville.

Quand nous cherchions à confondre "Force Orientale" je m'y suis penché pensant trouver un indice dans cette drôle d'affaire, expliqua Vato, mais rien, c'était trop flou."

Breda dont l'esprit, contrairement à ce que pouvait laisser imaginer son apparence pataude, était vif demanda :

"Alors le village dont parle cet article est celui du Lieutenant?"

"C'est exact."Confirma le Colonel.

"J'imagine qu'une telle affaire dans un si petit village ça doit faire du bruit, conclut Breda. Que vous ont dit les gens de la ville? Y avait-il un rapport quelconque entre cette histoire et Hawkeye, questionna t'il."

"Rien!" Répondit Havoc en décollant son dos du mur et décroisant ses bras pour les lever au ciel en signe d'exaspération fataliste. Personne ne sait rien et encore c'est dans le meilleur cas. La plus part du temps ils n'en ont jamais entendu parler."

"Hein? Que dites-vous, ça paraît invraisemblable. Et en cherchant dans les archives de la gendarmerie locale?" Demanda surpris l'Adjudant Fuery.

"Pas mieux, répondit la voix forte et claire du Colonel. Nous avons discuté avec le gendarme qui était en faction à l'époque, à vrai dire c'est même le seul du village. Il nous a raconté qu'un soir il avait été alerté, par un coup de fil anonyme, que plusieurs jeunes avaient été sauvagement assassinés. Il s'est rendu avec quelques hommes du village sur les lieux du prétendu crime et là, conformément aux dires de l'appel, ils ont trouvé une vraie mare de sang. Mais ils n'ont pas eu le temps d'en voir davantage ou même d'identifier les corps car venu de nul part un bataillon armé et arrivé et a pris l'affaire en main. Ils ont renvoyé le gendarme et les villageois expliquant que ce qui se déroulait là était sous le contrôle de l'armée et du Haut Commandement.

Ils n'en ont jamais su plus car l'affaire a été classée "secret défense". C'est la raison pour laquelle bon nombre de villageois ignorent jusqu'à l'existence de ces crimes sur leur commune, ou alors juste au travers de l'article de presse qui a été publié dessus.

Toujours est-il qu'on ignore de qui il s'agissait, qui les a tués, qui a donné l'alerte. D'après le gendarme toutefois, le rapport sur cette affaire serait conservé ici au QG de l'Est."

"Cette histoire semble totalement abracadabrantesque, s'étonna Breda. Qu'est ce que l'armée a bien pu vouloir cacher de si compromettant? Une erreur militaire? Une exécution de dissident au régime? Et Hawkeye quel est son rapport avec ça?"

"Ne sommes nous pas entrain de nous fourvoyer en fonçant dans une mauvaise voie?" S'interrogea Falman.

"C'est ce que nous allons voir, je vais tenter d'avoir accès aux archives afin d'affiner mon jugement." Conclut le Colonel.

D'un signe de la tête il signifia à ses hommes que la réunion été à présent finie et qu'il était temps pour eux de reprendre leurs investigations. Il se leva à son tour et se dirigea vers la salle des archives.


"Je suis vraiment désolé mon Colonel mais je ne peux pas vous donner accès à ces archives."

"Soldat, dois-je rappeler que vous vous adressez à un Colonel, qui plus est mandaté par le Général d'armée Grumman. J'exige que ce dossier me soit remis."

"Je vous demande pardon mon Colonel, fit la voix tremblante le jeune soldat en poste, face au regard noir de Mustang, mais pour pouvoir consulter ces documents il faut en faire une demande officielle à l'Etat Major de Central et que celle-ci soit entérinée par le Généralissime King Bradley."

Mustang fusilla littéralement du regard le pauvre soldat, le maudissant d'un râle retenu entre ses dents. Il ne pouvait pas se permettre que cette demande arrive aux oreilles de King Bradley, au risque d'élever des doutes sur lui et ses hommes et par la même limiter de façon considérable son champ d'action. Cela il ne pouvait pas se le permettre, il n'avait pas encore retrouvé Riza, vengé Maes, confondu son meurtrier, et il n'avait pas encore concrétisé son rêve ultime, la place de chef des Armées de ce pays.

"Bien, je comprends." Fit-il en tournant les talons.

Le jeune soldat lui adressa un très tendu salut militaire, tout de même soulagé de voir repartir ce terrifiant Colonel, de surcroît alchimiste d'Etat, sans y avoir perdu de plumes.

Roy avançait à pas vifs dans les couloirs du QG de l'Est, énervé par ce contretemps et réfléchissant à la méthode et surtout à la personne dans cette base susceptible de lui donner accès au dossier convoité.

Par chance il avait travaillé ici des années durant, y était respecté à tous les stades de la hiérarchie.

Le problème était que même le Général Grumman ne pouvait avoir accès à ces dossiers sans une demande expresse. Comment faire?

"Colonel Mustang!"

Roy s'immobilisa pour chercher qui l'interpellait, à mi-voix en plein milieu du couloir.

Il vit qu'une des portes donnant sur le couloir était entrouverte.

De nouveau la petite voix appela.

"Par ici mon Colonel."

Discrètement Mustang se dirigea vers le bureau et referma la porte.

Il se retrouva face à face avec une femme militaire de taille moyenne, dont les cheveux longs et ondulés étaient retenus en une queue de cheval basse.

Le Colonel l'a reconnu immédiatement. Il s'agissait du Sous-Lieutenant Suzanne Harrier, une tireuse d'élite, amie de Riza avec qui elle s'entraînait souvent du temps de leur faction à East City.

"Sous-Lieutenant Harrier?"

"Je vous prie de m'excuser mon Colonel mais j'ai entendu votre conversation avec le soldat des archives et je me demandais si le dossier que vous souhaitiez consulter était celui concernant un mystérieux meurtre ou suicide collectif ayant eu lieu dans un village voisin, il y a un peu plus d'une dizaine d'années de cela?"

Mustang fronça les sourcils, intrigué.

"Comment le savez-vous ?»

"Riza est venue me voir en début de semaine. J'ai d'abord cru à une visite de courtoisie comme elle était en civile, mais elle m'a demandé si je pouvais lui procurer ce dossier de façon officieuse. Comme c'est une amie et que je travaille au bureau des renseignements je suis parvenue à le faire sortir sous cape."

"Ainsi donc vous confirmez bien que le Lieutenant faisait des recherches sur cette affaire."

La jeune femme brune le regarda avec étonnement.

"Vous voulez dire que ce n'est pas vous qui avez demandé à Riza de se procurer ces documents?"

"Non, pas le moins du monde. A vrai dire jusqu'à hier je n'en avais jamais entendu parler."

"Mon Dieu! S'exclama le Sous-Lieutenant Harrier en mettant une main devant la bouche. J'ai cru que c'était pour vous. En règle générale Riza ne se met dans des situations délicates et hors la loi que quand il s'agit de vous et de vous soutenir dans votre tâche. Alors j'ai cru que vous l'aviez mise sur une mission secrète et dangereuse et que c'était dans ce cadre là qu'elle avait été tuée."

Mustang baissa les yeux, songeur. La mettait-il si souvent que cela dans des situations embarrassantes, et dangereuses pour sa vie? Etait-il inconscient à ce point? Mais Riza n'était pas non plus le genre de femme à attendre gentiment que les autres s'exposent au danger sans intervenir. C'est ainsi que fonctionnait sa petite équipe, chacun se mettait en danger mais chacun défendait la vie de son collègue. Ainsi l'avait t'il voulu.

Riza avait changé la donne cette fois-ci apparemment.

"Non, visiblement le Lieutenant enquête sur cette affaire de son propre chef. Mais j'ignore pour quelle raison. Pour le savoir, il faudrait que j'en apprenne plus à mon tour. Et de plus je vous signale que le Lieutenant Riza Hawkeye n'est pas morte."

"Je sais, répondit à mi-voix mais avec un généreux sourire Suzanne Harrier. Colonel, j'ai réussi à sortir ce dossier une fois, je dois pouvoir le faire une deuxième fois.

"Vous prenez de gros risques."

"Je les accepte, mais à une seule condition : Que vous retrouviez Riza saine et sauve."

"Marché conclu."


Mustang rejoignit ses hommes afin de faire à nouveau le point sur leur enquête. Toutefois, les murs ayant des oreilles et comme ils jouaient en eau trouble, hors des sentiers légaux, il fut décidé de tenir cette réunion à l'extérieur du QG, dans un restaurant en ville.

Ils prirent comme point de ralliement la porte d'entrée principale du Quartier Général de l'Est.

Roy était le dernier, ses subordonnés l'attendaient depuis déjà une demi-heure. Mais obtenir le dossier des meurtres qui s'étaient produits dans le village de Riza avait été un peu plus long que prévu et le résultat insatisfaisant.

En effet, le dossier était lacunaire, des pages étaient manquantes, les autopsies falsifiées, les noms effacés. C'est avec un fort sentiment de frustration et une impression de sur-place que le Colonel rejoignit ses troupes.

"On ne vous espérait plus mon Colonel. J'ai eu peur qu'à un moment Breda décide de tous nous bouffer tellement il avait faim." Railla Havoc.

"Ha ha très drôle, fit Breda blasé. Mais je te rappelle que..."

Le Sous-Lieutenant Breda stoppa net sa phrase les yeux sortant des orbites et affichant un visage tiraillé entre la peur et la stupéfaction.

"Ben qu'est ce que t'as mon gros?" Questionna Havoc prennent une taffe de sa cigarette.

"Un chi-chi, un chi-en!" Bégaya t'il.

"Encore ta pauvre phobie des chiens, tu devrais faire quelque chose, c'est pas sérieux pour un militaire." Affirma Mustang.

"Non, ce chien! C'est celui du Lieutenant!" Fit-il en désignant d'un doigt tremblant le petit chiot, sous l'air stupéfié de ses camarades.


: http://site.voila.fr/caromilie/Harrier.JPG

Le personnage du Sous-Lieutenant Harrier n'est pas une invention, bien que le nom et le prénom soit de mon cru. En fait j'ai repris le personnage de la femme soldat qui apparaît dans la mini BD bonus qui accompagné le Book in Figurine Red ainsi que sur une des photos de l'illustration du chapitre 53 de FMA. N'ayant pas trouvé son nom je me suis permise de la baptiser moi-même. Toutefois pour que son nom ne dénote pas trop je lui ai aussi donné un nom d'avion ;)