Hey hey !
On vous remercie pour toutes vos reviews enthousiastes ! Et oui, elles sont enfin passées à l'acte !
Mais bon, comme c'est nous, on ne va pas laisser Regina et Hermione tranquilles, vous vous doutez !
Bonne lecture !
Chapitre 8 : Une grand-mère prévenante
Cora réapparut sur le pont du Jolly Roger, sa main noircie toujours serrée contre elle. La vieille sorcière écumait de rage et de douleur. Cette infâme jeune femme lui avait résisté. Pire, elle l'avait blessée et fait fuir. La Reine de coeur poussa un cri de colère et d'impuissance, et sa magie s'exprima spontanément. Une vague de pouvoir s'échappa de ses mains pour balayer tout ce qui se trouvait sur le pont et plusieurs cordages tombèrent dans l'eau sale du port.
- Je la tuerai, comme j'ai tué le garçon d'écurie. Je lui donnerai une cuisante leçon, sous les yeux de Regina, et je l'achèverai ! éructa-t-elle. CROCHET !
Une ombre se découpa de l'obscurité, frêle silhouette dissimulée sous la cape noire. Cora retrouva un semblant de calme, ne voulant que cette... chose se délecte de sa défaite et de sa détresse. Elle devait garder son sang-froid et établir un plan pour anéantir cette Anglaise retorde.
- Il est parti s'occuper de son crocodile, fit la voix. On dirait que Granger a remporté la victoire.
- Mais pas la guerre ! rétorqua Cora, glaciale. Cette nuit sera la dernière pour elle. Elle a une faiblesse et je compte bien l'exploiter.
- Dis m'en plus, ma chère, pria l'Initiale.
- La poudre de fée. J'ai appris en me promenant en ville qu'elle y était allergique. Le roi s'en est vanté à la taverne tenue par la vieille femme et sa fille. Et je sais exactement comment exploiter son talon d'Achille.
- Mais avec cette main calcinée, tu ne pourras pas agir efficacement, répondit l'Origine de toutes magies, un soupçon d'amusement dans la voix. Approche, que je te soigne.
La sorcière fit un pas vers l'ombre et tendit son membre blessé, sans cesser de vitupérer.
- Elle est faible et incapable de prendre les décisions qui s'imposent. Elle a une vision étriquée de ce monde.
L'encapuchonnée émit un rire sardonique.
- Elle est une menace que je vais écarter sans m'embarrasser de sentiment. Je vais la tuer, l'anéantir, poursuivit la Reine de cœur, blessée dans sa fierté.
- Et comment comptes-tu t'y prendre ?
- C'est tellement simple avec des gens de son espèce, je vais me servir de sa plus grande faiblesse, l'amour, finit Cora sur un ton jubilatoire, remuant ses doigts à nouveau sains.
- Je vois que nous concevons le pouvoir de la même manière, cautionna doucereusement la voix sans visage. Tu vas donc utiliser ta fille pour l'attirer dans un piège mortel ?
- Elle s'y attendra, fit la matriarche froidement. Je vais utiliser plutôt le rejeton qui prétend à la succession. Henry entre mes mains, Regina ne s'opposera pas, et Miss Granger périra dans un éternuement ! conclut-elle dans un rire infernal.
Emma relisait pour la troisième fois le texto reçu quelques secondes plus tôt. Elle avait envoyé à Hermione un message lui demandant si elle devait l'attendre pour manger et la réponse, venue une heure plus tard, fut... surprenante.
"Le Docteur Granger a déjà diné... deux fois. Et prendra sûrement un dessert dans l'heure qui vient. Assurez-vous qu'Henry se brosse bien les dents et pas de télé après 21h. Bonne soirée, Regina Mills".
- La coquine, sourit Emma. Faudra qu'elle me raconte demain. Henry ! Tu t'es lavé les dents ?
- Arrête de faire comme maman, Emma. Il est même pas huit heures. Tu sais où Hermione range ses jeux wii ?
- Aucune idée ! Mais tu connais la règle : avant de fouiller, prends des photos pour tout remettre en place ! Comme ça, tu ne seras pas grillé !
Henry leva un sourcil modérément appréciateur, portrait craché de sa mère à qui on aurait dit de piquer dans la caisse et de remettre des billets de Monopoly, avant de laisser un franc sourire éclairer son visage en comprenant que la blonde l'autorisait à jouer.
- J'adore quand tu m'apprends les trucs de ton métier ! lança-t-il avec enthousiasme avant de commencer à chercher dans le salon. C'est bon, j'ai trouvé ! Tu me prêtes ton téléphone pour la photo ?
- Je range les restes au frigo et j'arrive, répondit la shérif.
Henry regarda avec attention les différents jeux, mais son choix était déjà fait. Ce serait Mario Kart. Il sourit d'anticipation en songeant à la raclée qu'il mettrait à sa mère biologique.
Il alluma la console et, en se redressant, remarqua un visage autre que le sien qui se reflétait dans le téléviseur éteint.
- Que... commença-t-il, interloqué, avant que la peur prenne le pas sur la stupeur. EMMA !
Le bruit d'un plat qu'on claque sur un plan de travail résonna immédiatement dans la cuisine et la shérif déboula aussi sec dans le salon, son arme à la main. Elle eut juste le temps de voir une inconnue aussi âgée que Granny, la main sur l'épaule d'Henry, lui adresser un grand sourire avant de faire un mouvement de poignet vers elle. Instantanément, elle se retrouva immobilisée, et son pistolet lui glissa des mains.
- Voici donc celle qu'on appelle la Sauveuse, se moqua Cora. Cela vous gênerait-il de transmettre un message ?
Emma était incapable même de grimacer une réponse pour envoyer paître la sorcière, et surtout lui dire d'enlever ses sales pattes de son fils, terrorisé, qui ployait sous la poigne solide de la vieille femme.
- Non ? Comme vous êtes aimable, enchaina l'intruse. Je suis Cora. Vous pourrez dire à ma fille que j'ai pris mon petit-fils sous ma garde, le temps de faire connaissance.
La shérif voulait hurler sa colère et les insultes qu'elle avait à l'esprit. Mais elle en était incapable. Une fois encore, elle ne méritait pas son titre de Sauveuse.
- Et pour être sûre que vous allez transmettre le message, poursuivit Cora en s'approchant d'elle, entraînant dans le mouvement Henry qui tentait, vainement, de se débattre, je vais prendre votre coeur. Vous serez ainsi une jeune femme docile et aux ordres.
La Reine de coeur plongea sa main dans la poitrine de la blonde qui eut l'impression d'avoir un poignard chauffé à blanc entre les côtes. Cependant, Cora fit un pas en arrière, extirpant sa main vide, et resserra sa poigne sur Henry.
- Mais quelle est donc cette ville où on ne peut arracher un coeur ? grogna la sorcière.
L'air manquait à la shérif qui se serait volontiers pliée en deux de douleur. Elle se contentant de jeter un regard furieux à la vieille femme.
"Ne touchez pas à Henry !" hurlait-elle dans sa tête mais cela n'avait aucun effet sur la sorcière maintenant de mauvaise humeur en face d'elle.
- Il est temps de remédier à toutes ces inepties, lâcha Cora avec un rictus dédaigneux.
"Bordel de merde ! Regina ! Venez immédiatement !" s'énervait Emma les larmes aux yeux devant le regard apeuré que lui lançait son fils.
- Dites au Docteur Granger qu'elle a une heure pour me retrouver aux mines de la ville. Seule. Sans quoi, mon petit fils aura... quelques soucis.
La Reine de coeur se dirigea tranquillement vers l'entrée, Henry solidement sous sa coupe.
- Ah ! j'oubliais. Comme vous êtes la Sauveuse, je vous laisse trouver comment... vous défaire du sort, dit-elle avec un large sourire ironique. Et n'oubliez pas, une heure à partir du moment où je franchis cette porte.
" Hermione ! Regina! A l'aide !" tenta de crier la shérif.
Aucun son ne sortait de sa gorge et la frustration se mêlait à l'angoisse. La peur était la seule chose qui habitait Emma tandis qu'elle voyait le temps s'égrener au cadrant de l'horloge posée sur la tablette en face d'elle. Rien ne se produisait, si ce n'est l'avancement irrémédiable des minutes qui la narguaient de leur aiguille.
Regina regardait depuis un bon quart d'heure Hermione qui dormait paisiblement contre elle. Le souffle tranquille de la médecin chatouillait agréablement la peau de la maire. Cette dernière regardait le visage serein de la Source abandonnée dans un sommeil profond. Regina se demandait si Hermione rêvait et si oui, à quel passage de sa vie.
Elle caressait l'ovale de ce visage qui avait longtemps été intouchable pour elle lorsque la brunette tressaillit. Laissant ses doigts en suspens elle attendit, inquiète de savoir si c'est elle qui dérangeait son repos. Mais Hermione fronçait maintenant les sourcils avant que ses yeux ne s'ouvrent comme mus par un puissant ressort.
- Désolée de t'avoir réveillée, commença-t-elle avant de s'interrompre en voyant l'Anglaise qui sortit brusquement du lit.
- Cora a fait des siennes. Emma et Henry sont en danger, siffla la brunette en agitant rapidement la main.
L'instant d'après, les deux femmes étaient habillés et la Source prit d'autorité la main de Regina pour les faire transplaner. L'arrivée dans le salon du 110 rue Mifflin se fit au grand soulagement d'Emma mais Regina avait toujours autant d'interrogations dans le regard.
La médecin ne perdit pas un instant et libéra la shérif du sort de la Reine de coeur d'un claquement de doigts.
- La mère de Regina a Henry, s'écria la blonde. Elle est partie aux mines !
Le téléphone d'Emma se mit à sonner et cette dernière l'ignora, concentrant son attention sur Hermione, et évitant soigneusement le regard de Regina.
- La sorcière a donné un ultimatum, poursuivit-elle pour la médecin. Tu dois y être avant les prochaines cinquante minutes...
La sonnerie persistait, agaçante, stridente, et la blonde finit par décrocher.
- C'est pas le moment ! aboya-t-elle. Quoi ? Gold empoisonné par le capitaine Crochet ? Tu délires, David ? Ok, donne-moi deux secondes, fit-elle avant de mettre la main sur le micro. On fait quoi ?
- D'après vous, shérif ? s'exclama vertement la maire. Gold peut attendre, il peut même trépasser si ça ne tient qu'à moi. Mais pas Henry ! Hermione ? continua-t-elle en se tournant vers la brunette, l'inquiétude assombrissant ses yeux noirs.
La Source s'était allumé une cigarette et se massait les tempes. Cora, Gold, Crochet… Même si elle était la Source, elle ne pouvait tout gérer. Et si ça lui rappelait un problème complexe que lui avait déjà posé l'Initiale en son temps, elle n'avait pas les Chimères pour être partout à la fois. Henry était la priorité. Elle tendit la main et une petite pierre biscornue apparut dans sa paume.
- Emma, Regina, vous allez chez Gold, expliqua la brunette. Vous lui collez le bézoard dans la gorge, ça nous fera gagner du temps. Moi, je m'occupe de Cora et je vous ramène Henry.
- Je viens avec toi ! ordonna Regina.
- Non, il ne faut pas que tu te retrouves face à ta mère, contra l'Anglaise.
- Mais elle a pris Henry et... insista la maire.
- Justement, elle veut te manipuler.
- Moi je viens, relança Emma.
- Pour ce que vous avez été utile ! persifla la reine. C'est avant qu'il fallait agir Miss Swan ! C'est de votre...
- Ca suffit ! s'emporta la Source. Ce n'est pas le moment de s'engueuler ! Il n'y a qu'une responsable, et c'est Cora. Allez chez Gold, soignez-le et tentez de mettre la main sur Crochet avant qu'il fasse d'autres conneries pendant que je m'occupe de la Reine de coeur, conclut la médecin en lançant à Regina la petite pierre.
Les doigts de la maire se refermaient à peine sur le bézoard qu'Hermione disparaissait dans un craquement sonore. Emma sortit les clés de sa voiture et se précipita dans l'entrée.
- Mais bon sang ! Vous attendez quoi pour vous bouger le cul ? lança-t-elle en ouvrant la porte.
Regina se mordit la lèvre inférieure avant de suivre la shérif à l'extérieur. Elle avait un mauvais pressentiment. Cette nuit allait tourner au désastre.
Hermione apparut dans la pharmacie de Main Street et fut aussitôt aveuglée par le faisceau d'une lampe torche braquée sur elle. Elle porta la main à son visage et grimaça.
- Éteignez-moi cette saloperie, gronda-t-elle aux deux personnes présentes.
Aussitôt, la lumière fut portée au sol et l'Anglaise cligna des yeux, se réhabituant à la pénombre.
- Désolée, Herm', fit une voix familière. Que fais-tu là ?
La Source dévisagea Ruby et Blanche-Neige. La reine (ou princesse, Hermione n'avait jamais compris quel était réellement le titre de la jeune femme au final) tenait des compresses et divers médicaments dans les mains.
- Et vous ? rétorqua prudemment la médecin. Vous cherchez à empoisonner qui avec tout ça ?
- On essaie de soigner Rumpel, répondit l'institutrice.
- Regina et Emma sont déjà en route avec un antidote possible, fit Hermione en se dirigeant de l'autre côté du comptoir.
Elle ouvrit plusieurs tiroirs, parcourant du regard les différentes boites de cachets, et finit par en saisir une.
- Quel est le souci, Hermione ? demanda Ruby en s'approchant.
- Cora est en ville et elle a kidnappé Henry, murmura la Source avant d'avaler deux cachets. Et je dois la rejoindre dans les mines. Je suppose qu'elle a prévu de m'enfouir sous une bonne couche de poussière de fée, ce qui ne manquera pas de me faire crever.
- Mon dieu, Henry ! s'exclama Blanche en portant sa main à son coeur.
- Tu dois la rejoindre quand ? demanda Ruby en attrapant la boite de pilules.
- Maintenant. Je dirai même que je suis en retard, souffla la Source.
- Je t'accompagne ! fit la louve. Et prends donc deux cachetons de plus, au cas où ...
- Je viens aussi ! clama la princesse.
Hermione ouvrit un autre tiroir et prit deux stylo d'épinéphrine.
- Etes-vous inconscientes ? Vous voulez vraiment affronter Cora ?
- Elle a pris Henry ! rétorqua Blanche avec force. Rien ne m'empêchera de me battre pour ma famille !
Hermione regarda alternativement les deux femmes et finit par hausser les épaules
- Je manque de temps pour vous faire entendre raison. Alors allons-y... souffla-t-elle, résignée. Et par pitié, ne vous faites pas tuer. Emma et Regina m'en voudraient.
- Si Mary Margaret venait à mourir, je suis pas sure que Regina t'en veuille, fit remarquer Ruby.
- Si, car elle n'aurait pas eu le plaisir de l'assassiner elle-même... grimaça la Source.
Regina pénétra la première dans le magasin de Gold, et son humeur s'assombrit en tombant presque nez à nez avec James.
- Où est le Ténébreux ? demanda-t-elle froidement alors qu'Emma entrait à son tour, fermant la porte derrière elle.
- Dans l'arrière-boutique, avec Belle. Pourquoi ? Vous venez assister à son trépas ?
- Laisse tomber, David, grogna la shérif. C'est vraiment pas le moment pour les remarques à la con.
Regina ignora le roi et se dépêcha de passer dans l'autre pièce. Gold se trouvait sur un vieux lit une place, grelotant sous une couverture miteuse. Belle lui tenait la main et l'inquiétude se lisait dans son regard. Agonisant sur ce lit miteux, Rumpelstilskin avait perdu de sa superbe. Sa peau était grise et couverte de sueur, ses yeux mi-clos étaient rouge sang et ses lèvres presque translucides.
- C'est beau, le syndrome de Stockholm, se moqua la souveraine.
- Regina, qu'est-ce que je viens de dire à propos des remarques à la con ? lança Emma de la pièce adjacente.
- Ouvrez-lui la bouche, ordonna Regina à son ancienne captive, ignorant la pique de la shérif.
- Je ne vous laisserai pas l'approcher, répliqua Belle en se redressant.
- Vous voulez donc qu'il meure ? Je peux le comprendre, se moqua la reine.
- C'est pas le moment Regina ! feula Emma en pénétrant dans la pièce. Plus vite on en aura fini ici, plus vite on ira sauver Henry.
- Henry ? Qu'est-ce qui se passe ? s'inquiéta la bibliothécaire.
- Cora l'a enlevé, répondit Regina toisant la petite amie du Ténébreux.
- Cora ? Mais que fait-elle ici ? demanda James.
Blanche lui avait longuement parlé de la mère de Regina. Et si cette dernière était la Méchante reine, Cora était bien pire. Démoniaque n'était pas un mot assez fort pour la décrire.
- On s'en fout, on va lui régler son compte, grogna Emma.
- Et vous comptez vous y prendre comment ? s'enquit Regina en enfonçant profondément le bézoard dans la gorge de Gold. Etouffe-toi avec, infâme lutin, ne put-elle s'empêcher de lui murmurer à l'oreille.
Elle se redressa et s'essuya les mains sur une serviette qui trônait sur le dossier de la chaise qu'occupait Belle.
- Vous n'avez aucun pouvoir. Et votre misérable pistolet ne sera d'aucune utilité contre ma mère, reprit-elle, agacée. Aussi, je vous conseille de partir à la recherche du manchot qui a réussi à mettre au tapis le Ténébreux et de laisser les grandes personnes sauver Henry.
Emma ne prit pas le temps de compter avant de répondre et attrapa la brune par le bras pour la retourner vers elle.
- Henry est aussi mon fils !
- Seulement depuis quelques mois, avant cela vous n'étiez guère intéressée de savoir s'il était vivant ou non, lâcha Regina en se dégageant d'un geste brusque.
Elle regretta pourtant ses paroles au moment même où elle finissait de les prononcer en voyant la blonde se décomposer.
- C'est bas Regina, vraiment, mais comme c'est mérité je vais oublier de vous coller la tête dans un mur.
Belle intervint et sépara les deux femmes, leur jetant à chacune un regard noir.
- Henry est en danger et vous ne pensez qu'à régler vos comptes ?
- Vous avez raison, Miss French. Je vais aller aider Hermione pendant que Miss Swan partira à la chasse au pirate, répondit la maire sans quitter la shérif du regard.
- JE vais botter le cul de Cora et toi, tu vas chercher le pirate, grogna la blonde.
- Les filles, je veux pas vous déranger, commença David qui regardait par la fenêtre, mais je pense que nous allons avoir mieux à faire.
- Que sauver Henry ? Je ne pense pas... rétorqua froidement la souveraine.
- Je crois que si... car il y a un géant dans les rues de Storybrooke, souffla le roi.
Emma et Regina allèrent se planter devant la fenêtre, poussant James du coude, et la blonde devint blême. Une créature gigantesque se faisait voir à l'horizon et semblait prendre un malin plaisir à écraser de ses immenses pieds les immeubles de la ville.
- Mais c'est quoi ce délire ? demanda la shérif d'une voix blanche.
- Ca ? C'est une diversion offerte par ma mère pour nous empêcher de rejoindre Hermione... répondit Regina en ôtant sa veste de tailleur. James, vous avez déjà tué une pareille bête ?
- Non, et vous ? grommela David en tirant son épée de son fourreau.
Un rictus mauvais illumina le visage de la reine.
- Je n'ai jamais eu le loisir d'arracher un coeur aussi gros...
Hermione sifflotait en entrant dans la mine désaffectée qu'elle avait déjà visitée des mois auparavant. Elle s'attrapa une cigarette et craqua une allumette contre la paroi. La flamme éclaira brièvement son visage, projetant des ombres grotesques autour d'elle tandis que le tabac grillait. Elle souffla la fumée sur l'allumette et le couloir fut à nouveau plongé dans l'obscurité.
Elle était obligée d'admettre que les nains avaient fait un excellent travail en quelques jours. Les mines, qui s'étaient écroulées sur elles-mêmes des mois plus tôt, étaient à présent à nouveau fonctionnelles.
- Pour mon plus grand malheur, soupira la médecin avant d'éternuer. Saloperie d'allergie...
Elle poursuivit son chemin tout en tirant tranquillement sur sa cigarette, tentant d'anticiper ce que la Reine de coeur avait prévu. Il était évident que la vieille sorcière l'avait attirée ici pour jouer avec son intolérance à la poudre de fée. Mais qu'avait-elle prévu de plus retors ?
Elle progressa tout le temps que dura sa cigarette, s'enfonçant loin dans les galeries.
- Au moins, elle veut que ça reste entre nous, marmonna-t-elle en écrasant son mégot de la pointe du pied.
Encore quelques mètres et elle déboucha après un coude dans une salle éclairée par deux torches. La lueur chancelante des flammes rendait l'endroit peu invitant.
- Bon, je suppose que je suis arrivée... Cora ?
- Impatiente ? fit une voix sur sa droite, sortant de l'ombre.
- D'aller prendre un café sur une terrasse, au soleil, en regardant passer les jolies filles ? Toujours, sourit-elle avant de laisser chuter la température autour d'elle. Où est Henry ?
- Mon petit-fils ? Ou devrais-je dire le fils de la Sauveuse à qui ma fille a offert une existence convenable ?
Hermione ne répondit pas et se contenta de s'allumer une nouvelle cigarette à la torche la plus proche.
- Nous avons fait connaissance ensemble, sourit la matriarche. Viens ici mon chéri, appela la sorcière en tournant partiellement la tête derrière elle.
Le petit brun apparut, visiblement en santé, quoique relativement passif.
- Ca va, gamin ? demanda la brunette.
- Il est vivant, répondit Cora avec un rictus.
Hermione fronça les sourcils et envoya un mince filet de magie en direction du garçon. Son regard se fit dur en se posant à nouveau sur Cora.
- Où est son coeur ? demanda l'Anglaise d'une voix glaciale.
- Une information qui vaut cher, ma chère... gloussa la Reine de Coeur. Je vous la communiquerai à une condition.
- Je n'ai pas envie de jouer, gronda Hermione.
- Et vous n'avez pas envie que l'enfant meure, fit la sorcière d'un ton mielleux.
- Venons-en au fait, la patience n'est pas ma plus grande vertu.
Cora agira la main et un sachet apparut, flottant devant le visage de la brunette.
- De la poudre de fée ! Quelle surprise ! ironisa la Gryffondor. Je ne m'y attendais vraiment pas...
- Je vous apprécie et je veux vous gâter. Vous allez donc renifler, non pas une pincée de poudre comme cette fée incompétente vous l'a proposé, mais toute cette bourse, sourit machiavéliquement la sorcière.
- Et si je refuse ? s'enquit la Source, soupesant le sachet et masquant les craintes en train de l'envahir.
- Henry perdra son coeur. Définitivement.
Hermione dévisagea la vieille femme avec colère. Elle pourrait aisément engager un combat et l'emporter mais cela risquait de mettre en danger Henry. Elle leva les yeux et regarda rapidement la roche qui faisait office de plafond. Les mines étaient encore instables et le moindre sortilège risquait de faire s'écrouler le tout. Et avec Ruby et Blanche-Neige dans les galeries, ce n'était pas une bonne idée.
- Moi qui n'ai jamais rien sniffé, si ma mère me voyait, grommela la brunette en ouvrant le sachet, les dents serrées. Elle est fraîche au moins ?
- Préparée par mes soins il y a une demi-heure, fit aimablement Cora.
Après un dernier regard vers un Henry amorphe, Hermione se résolut à plonger son nez dans la bourse avant d'inspirer. Elle releva cependant rapidement la tête, de la poudre plein le visage, pour éternuer violemment.
- Encore. Je suis sûre que vous êtes capable, sourit la Reine de cœur.
- J'ai comme un doute, répliqua la Source en passant la main sous son nez pour découvrir un filet de sang.
Cora lui fit un large sourire moqueur, l'incitant d'un geste à poursuivre.
- Avant d'en reprendre, je veux voir le cœur d'Henry, intima l'Anglaise.
- Etes-vous vraiment en position d'exiger quelque chose ? se gaussa la sorcière.
- Tu veux me voir sniffer cette drogue, mamie, ou on se met sur la gueule tout de suite ? s'agaça la brunette, qui commençait à ressentir les effets néfaste de la poudre de fée.
- Je vous promets que, entre vos deux prochaines prises de ce nectar des fées, je vous le montre. Mais ne me prenez pas pour une vieille femme gâteuse, je vous veux aux portes de la mort avant de vous dévoiler où il repose. Allez, ne faites pas durer votre agonie, je veux entendre vos profondes respirations.
Hermione grimaça, mais s'exécuta. Les yeux fermés dans la poudre de fées, elle respira profondément, sentant au fil des secondes son coeur s'accélérer autant que sa respiration se tarir.
- Satisfaite, haleta-t-elle en regardant Cora, la vue brouillée sur une caverne dont les parois commençaient à se déformer.
Le rictus qu'affichait la Reine de coeur était particulièrement effrayant combiné aux effets mortels de la substance magique.
- Assez, répondit Cora, victorieuse.
Elle agita la main, faisant apparaître un coffret en bois.
- Le voilà. Maintenant, il vous reste une dernière bonne respiration avant de trépasser.
- Ca pourrait tout aussi bien... être... la boite de Pandore, articula-t-elle avec difficulté. Ouvrez-la, je veux le... voir.
- Vous êtes fatigante, cingla la sorcière.
- Peut-être… mais quitte à y laisser ma peau, je m'offre le dernier souhait du condamné, tenta de se moquer la brunette en mettant un genou à terre pour éviter de s'écrouler totalement.
Soupirant sa mauvaise volonté, Cora ouvrit le coffret, exposant un coeur au rouge vif, palpitant doucement. Hermione puisa dans ses forces pour laisser sa magie caresser l'organe dérobé et confirmer ainsi son propriétaire.
- Je reconnais... que vous êtes... une femme de parole, Cora, souffla difficilement la médecin.
- Toujours très chère, et vous me devez une vie, la votre.
- Qu'à cela ne tienne, fit Hermione, amenant à son nez le sachet d'une main tremblante.
" Blanche, Ruby, c'est maintenant ou jamais. Récupérez Henry et son coeur, et filez retrouver Regina."
Hermione vacilla dangereusement et le sachet tomba au sol.
- Quelle maladroite je fais, grimaça-t-elle en se penchant.
Sortie de nulle part, une forme bondit par-dessus son corps et percuta violemment la Reine de coeur qui se trouva propulsée contre une paroi de la salle tandis que la boite contenant le coeur s'envolait dans les airs.
La Source vit un loup gigantesque exécuter un bond prodigieux et attraper de ses puissantes mâchoires l'écrin avant de disparaître dans un couloir. Durant la scène, Blanche surgit aux côtés d'Henry, l'attrapa par la main et le tira derrière elle. Déjà, l'écho de la fuite s'estompait.
- Je vais vous tuer... feula Cora en se redressant. Puis je retrouverai le loup et cette intrigante de Blanche et je ferai de même.
- Viens mamie, finissons-en... siffla la brunette en faisant apparaître une petite boule de feu.
- Cessez donc de manquer de respect envers vos ainés, gronda Cora en s'avançant vers la médecin, surtout si c'est tout ce que vous êtes capable de m'opposer.
- Parlant de baisser la tête devant les anciens, ricana la Source en laissant fuser son sort vers le plafond de la salle, obligeant la sorcière à courber l'échine tandis que les parois se désagrégeaient. Incline-toi devant moi ! Je suis l'Alpha et l'Oméga de toutes magies de ce monde. Ton pouvoir et ta vie m'appartiennent, Cora !
Un grondement se fit entendre juste avant que le plafond se dérobe. Hermione plongea la main dans sa poche et ses doigts se refermèrent sur le stylo d'épinéphrine au moment où les mines s'affaissaient sur la Reine de coeur et elle.
Et voilà le travail ! Alors ? Ca vous a plu ?
La suite la semaine prochaine !
Portez vous bien d'ici là,
Gros bisous,
Sygui et LInk9
