Celui ci est plutôt triste mais c'est dans l'humeur du moment. . .*erm* Bon exceptionnellement ce drabble correspond à deux chansons mais elles vont aussi bien l'une que l'autre avec l'histoire donc j'ai décidé de les citer toute les deux.
Bonne lecture à tous.
It's not me, It's you/Get Out Alive
(Skillet) (Three Days Grace)
_ Vous êtes un lâche.
Je suspendis mon activité du moment, qui consistait à rassembler mes affaires, éparpillées dans notre—son salon.
Il avait prononcé cette phrase assassine sur le ton de l'évidence, et je me surprenais une fois encore en n'éprouvant aucune haine, aucune rancune à son égard. Si je ne le connaissais pas aussi bien que je le connais, j'aurais put croire qu'il pensait ça de moi depuis le début. Mais je savais qu'il disait ça uniquement pour me blesser, essayer de m'amocher une dernière fois.
Le grand, le fameux Sherlock Holmes sait toujours frapper là où ça fait mal.
Que ce soit pour ses ennemies ou ses amis.
Sans faire attention à ses allées et venues furieuse derrière moi, je repris mon rangement. Ses manigances visant à manipuler mon esprit aurait marché autrefois, mais maintenant j'ai vu. J'ai vu, j'ai compris et j'ai mesuré le degré d'absurdité de notre relation, de mon propre comportement envers lui.
Ce n'est pas moi la cause de tout ce gâchis, c'est lui.
Dire qu'il a faillit me convaincre ! Des semaines, des mois passés à culpabiliser, à me dire qu'il avait raison, que j'étais un monstre d'égoïsme pour partir avec cette femme, que je ne pouvais pas l'abandonner à son sort sinon il risquait de faire une ultime imprudence.
Oui, je l'aime.
Plus que je n'ai jamais aimé un ami je pense.
Mais il y a moi. Je ne peux pas me résoudre à vivre uniquement pour lui, je veux fonder ma propre existence !
Il est de ces oiseaux rares dont vous vous sentez irrésistiblement attiré, et qui vous fascine et vous comble jusqu'au jour où vous découvrez l'horrible vérité qui se cache sous leur beau plumage.
Holmes est de ceux-là.
Etait.
Lorsque je me suis aperçu de mon erreur, j'étais déjà pris dans les filets de son ego surdimensionné, écrasé et prisonnier de son indiscutable charisme. Je lui passais tout : ses excès, son égoïsme, sa mauvaise humeur, même le mépris glissait sur moi comme de l'eau.
Il a fini par m'user, sans même s'en apercevoir. Au moment même où je suis rentré dans sa vie je pense qu'il a pris mon amitié pour acquise.
_ Vous allez le regretter, Watson. Cette femme est bien trop fade pour vous. . .
Il à dû tomber de haut le jour où il a compris que j'avais l'intention d'épouser Mary.
_ D'un autre côté, vous êtes assez intelligent pour comprendre vos erreurs. . .
Je ferme la dernière valise, vérifie que je n'ai rien oublié. Je ne veux pas avoir à revenir, sous aucun prétexte.
_ Si c'est des excuses que vous attendez, vous savez très bien que je n'en suis pas capable !
Dans mon esprit mortifié repasse toutes ses années, au 221 Baker Street, toutes les expressions de ses yeux noirs alors que je lui tourne le dos, toutes les émotions, noble ou moins avouable, qui ont traversés cette pièce.
_ Vous saviez qu'une simple et inoffensive bulle d'air se révèle être le pire des poisons si on l'injecte par mégarde dans une veine ? Bien sûr, vous êtes médecin, vous deviez le savoir. . .
Je ne dois pas craquer. Pas maintenant.
Pas après tout ce qu'il m'a fait subir avec sa personnalité instable et exécrable.
C'est maintenant ou jamais.
J'empoigne ma dernière valise, marche une dernière fois d'un pas décidé à travers ce salon, pose ma main sur la poignée. Sa forme épouse mes doigts à la perfection, après tant d'années à la façonner chaque jour par nos gestes.
_ Ne me quittez pas. . .
Serait-ce un sanglot ? Non.
Juste un homme qui admet enfin sa défaite, à la dernière seconde. J'aimerai lui hurler de toutes mes forces qu'il est trop tard, qu'une décennie ou presque de mauvaise conduite ça ne se rattrape pas.
Mais après tout, je n'ai pas encore ouvert la porte. . .
Non. Ne flanche pas.
Je sens un corps qui se rapproche, une main faible et glacé se poser sur mon dos.
_ Vous n'avez pas à partir, puisqu'ici le problème ce n'est pas vous, c'est moi. Mais. . .
Cette phrase en suspens est la pire qu'il m'ait été donné d'entendre.
_ . . .Mais si en quittant cet endroit vous pouvez être heureux, alors je vous y encourage.
Je ne me souviens plus du moment où j'ai lâché ma valise, ni du moment où je me suis retourné pour serrer sa main glacé dans les miennes.
Ses yeux noirs sont là, fixés sur moi.
Et je capitule, comme toujours, presque avec bonheur.
En le prenant dans mes bras, en sentant ses épaules secouées par les sanglots et tous les muscles de son corps crispé par une tension douloureuse, j'ai compris que quitte à souffrir je préférais souffrir avec lui que sans lui.
L'avenir me dira si j'ai eu raison de laisser tomber ma valise ce soir là.
