Idée de la très talentueuse JSmélie :
Les frères ont enchaînés des chasses pourries pendant des mois, ils sont HS et ont vraiment, vraiment besoin d'une petite pause. D'un commun accord, ils décident de s'arrêter à San Diego, en Californie, à la plage de Coronado. Ils font... ce qu'ils font, à toi les manettes. Et le soir, Dean décide de traîner son frère à un concert de rock en plein air, sur cette même plage. Traîner, parce que le rêve de Sam est plutôt de s'étaler comme une larve sur son lit pour dormir dormir, dormiiiir encore. Mais bien entendu, il sera obligé de céder, pour telle ou telle raison, Dean sait se montrer très persuasif. Finalement, en plein concert, après quelques verres, Sammy - qui tient l'alcool aussi bien qu'une ado en fleur à cette période - va se mettre à chanter une pseudo déclaration d'amour à son grand frère adoré.
( 23h56 )
Les yeux clos, Dean soupire d'aise quand l'eau chaude coule sur son corps nu, dénouant peu à peu ses muscles contractés. C'est à se demander comment il a pu s'en passer depuis... Un sacré bail. Soulevant les paupières, il se détourne du jet ô combien apaisant, le temps de saisir le gel douche à l'amande douce, regrettant subitement que se ne soient pas les mains de Sam à la place des siennes.
Une douche à deux commençait souvent chastement, le premier faisant glisser la matière onctueuse et parfumée du savon, lavant et caressant à la fois l'épiderme offerte jusqu'à ce que la promiscuité de leurs deux corps finissent par les électriser.
Deux jours avant le départ de son petit frère pour Stanford, la première fois avait été une surprise autant qu'une erreur. Comme ils en avait déjà eut auparavant, une dispute avait éclatée. Il y avait eut les mots durs et blessants, les insultes, la colère, le chagrin et... Un dérapage.
Une étreinte sauvage, brutale, et sans passion.
Aujourd'hui encore, Dean ne serait dire exactement LE moment où tout s'est écroulé.
Il a conscience du surréalisme de cet état de fait. On peut pas partir de « Je me dispute avec mon frère » et arriver à - parce qu'il n'y a pas d'autres termes à employer - « Je baise avec ».
Mais à bien y réfléchir, comment définir leur relation incestueuse ? Comment pouvoir dire exactement quand la limite a été franchie ?
Comment peut-il simplement éprouver du désir pour son cadet, le bébé qu'il a vu grandir et pratiquement élevé ?
Un soupir las franchit ses lèvres.
Bien-sûr qu'il aime Sam. Celui-ci est son petit frère, le dernier membre de sa famille, la personne pour qui il donnerait tout ce qu'il possède. Tout ça et bien plus encore. Alors, doit-il vraiment chercher une raison valable pour ce qu'il éprouve à son encontre ?
Parce qu'à bien y réfléchir, les trois premières fois ont été déclenchées par un besoin d'évacuer un trop plein.
Stanford, Jessica et John.
Les sensations d'abandon et d'incompréhension.
Les cauchemars abyssaux.
Le vide, pareil à un puits sans fond.
Mais après ? Pourquoi avoir tous deux continué dans ce sens, se satisfaisant de l'un et l'autre, tout en emmerdant le monde entier ? Dean offre son dos à l'eau chaude, savourant de la sentir couler sur sa nuque et ses épaules. Cela n'a pas d'importance au final.
Enfin, ça n'en a plus à l'heure d'aujourd'hui.
Non, le pépin qui commence à se faire trop grand, est le résultat d'une séries de chasses plus pourries les unes que les autres. Quand on passe son temps à crapahuter dans des endroits sombres puant les déjections humaines, la vermine et la crasse, pour trucider des bestioles dont les agissements sanglants, n'ont d'égal que de leur manque d'hygiène, le peu qu'il reste, sert à se soigner, et grappiller quelques heures de sommeil.
Sans oublier bien entendu les problèmes de canalisations un peu trop fréquents à leurs goûts, les obligeant à se contenter d'eau froide.
Tout ça pendant - quitte à être maso, autant l'être jusqu'au bout - quatre mois, trois semaines et cinq jours. Parce que oui, en plus d'être con à continuer à les enquiller, ces chasses de merde qu'aucun ne veut apparemment se charger, Dean a compté le nombre de temps qu'il lui faudrait pour siffler la pause.
Et ce soir, tandis qu'ils ont enfin pu trouver un motel digne de ce nom, tous deux rompus de fatigue nerveuse et physique, et qu'il réalise presque qu'ils n'ont rien fait depuis tout ce temps, il dit stop.
Le chasseur esquisse un sourire et ferme le robinet. Il verra ça avec Sam demain, sachant d'avance qu'il ne crachera pas non plus sur des vacances plus que méritées.
Une fois séché et vêtu sobrement d'un boxer, il se glisse près de son cadet, accueillant ce dernier contre lui quand il bouge à son contact.
( 18h09 )
San Diego, Californie, Plage de Coronado.
Du soleil et de l'eau.
Pas de créatures, pas de chasses, pas d'emmerdes.
Juste une semaine à ne rien faire - ceci à quelques exceptions près, bien entendu. Comme par exemple, se faire happer par une main impatiente à l'intérieur de la chambre, pour ensuite être plaqué contre la porte, fermant du même coup le battant.
Par exemple.
Les lèvres de Sam fondent avec hâte sur les siennes, son corps brûlant pressant le sien dans une urgence presque douloureuse. Il lui rend son baiser et soupire quand leurs langues se rejoignent. Avant d'accepter leur lien incestueux, quand il s'interrogeait encore et souvent, la question de son orientation sexuelle s'est trouvé incrustée dans l'équation. Parce que même s'il le charrie à ce sujet, Dean n'en n'oublie pas pour autant que son petit frère reste avant tout un mec, avec tout ce qu'il fait qu'il en est un.
Ses mains se faufilent sous le tee-shirt du plus jeune, glissant sur son dos pour le rapprocher davantage de lui. Après avoir composé avec sa conscience, l'aîné est parvenu à la conclusion qu'il n'était plus techniquement hétéro, mais pas totalement gay, sans être pour autant bi.
Simplement Samsexuel.
Et chacune des étreintes qui ont suivi ce constat, n'ont fait que renforcer sa vision des choses. En fait, si il devait le résumer crûment, il dirait que prendre, ou se faire prendre par Sam, est foutrement bon.
Un gémissement commun leur échappe et ils finissent par tendre le baiser par manque de souffle. En profitant pour descendre dans le cou de son cadet, Dean taquine ensuite la peau tendre de sa gorge, tandis que ses mains n'en restent pas en reste. Ses doigts agiles débouclent la ceinture alors qu'il sent ceux du plus jeune s'évertuer à faire de même. Bon Dieu, a-t-il déjà eut autant envie d'une personne avant de connaître le plaisir à l'état brut avec son petit frère ?
Ou est-ce simplement dû à l'interdit ?
Une paume douce et calleuse à la fois vient presser l'arrondi d'une fesse, l'amenant plus proche encore de la personne qu'il aime le plus au monde. Il se cambre aussitôt à ce contact, ses dents laissant une marque sur l'épiderme offerte. Trop de vêtements et trop peu de temps.
Il le veut maintenant.
« Tourne-toi. »
Le murmure est rauque, pressé, reflet de sa propre impatience. Dean obéit alors que le corps tremblant de son amant se presse contre le sien, ses lèvres collées à sa nuque. Ensemble, ils se délestent des couches de tissus encombrantes, s'accommodant du minimum de peau requise.
Sa main gauche bien à plat sur le panneau de bois, la droite sur la hanche de son grand frère, Sam amorce un premier mouvement. Conscient du manque de préparation, et désireux de ne pas le blesser malgré son envie maintenant douloureuse, le plus jeune s'exhorte à la lenteur, attentif aux réactions de son aîné.
Qui se crispe instinctivement au début de l'intrusion avant de finalement creuser les reins, quémandant ainsi plus d'attention. Quand Sam arrive au bout, il bouge la tête de manière à ce que sa langue puisse se glisser derrière l'oreille droite de son amant, taquinant ce qu'il sait être un point sensible. Le gémissement ne se fait pas attendre et les électrise tous les deux de la plus délicieuse des manières.
Fondu en lui, le plus jeune débute alors un long va-et-vient, jouant sur la profondeur, alternant vitesse et lenteur, grisé de le sentir vibrer entre ses bras.
« Bon Dieu Sammy... »
L'interpellé sourit contre le grain de peau sans cesser le ballet sensuel de leurs hanches, les amenant toujours un peu plus haut. Au début de leur relation bancale, il est arrivé à l'un ou l'autre, d'aller chercher la chaleur d'une inconnue le temps d'une nuit.
Le temps d'oublier le désir vif et réciproque, qui embrase toujours chacune de leurs cellules, dès que leurs regards s'accroche.
Puis, à mesure que le temps s'est écoulé, presser leurs peaux nues, se perdre l'un en l'autre jusqu'à ne plus se souvenir de leurs noms, est devenu quelque chose de normal à leurs yeux. Quelque chose de vrai et de réel. Quelque chose qui les lient d'une autre façon, et ce, à jamais.
Dean rejette la tête en arrière sous une exquise décharge de plaisir, offert et soumis, comme jamais personne ne le verra.
Sauf Sam.
Il accentue encore si c'est possible ses mouvements de bassins, se sentant tous deux bientôt proches de la délivrance.
Dean griffe la porte.
Proches.
Son cadet halète difficilement à son oreille.
Trop proches.
Ils hument leur odeur à pleins poumons, s'en repaissant comme jamais.
L'orgasme les déchire ensuite de l'intérieur, brûlant, fiévreux, explosif. Il les coupe un instant du monde, les immergeant dans une bulle de volupté qu'aucun des deux ne désire faire éclater.
Une éternité plus tard, ils se laissent glisser à terre, engourdis mais pas encore repus. C'est pourquoi Dean termine de les dévêtir, plongeant rapidement contre son cadet pour le deuxième round.
Calme et détendu, Sam se perd doucement entre rêves et réalité, où tout est encore brumeux. Allongé nu sur le lit deux places - dernier lieu de leurs ébats - il soupire d'aise, prêt à sombrer.
« Sam ? »
Enfin, si une certaine personne y consent, bien entendu. Son beau visage enfoui dans l'oreiller, il refuse tout de même de répondre histoire d'inviter cette certaine personne à aller voir ailleurs.
« Sammy ? »
Un léger frôlement glisse sur son échine.
« Je sais que tu es réveillé. »
La voix est douce et taquine. Le même timbre que Dean utilise quand ils font l'amour, et merde, c'est ce qu'ils viennent de faire il y a peu en baptisant la chambre en long, en large, et en travers.
Alors quoi ? Ça ne lui as pas suffit ?
« ...moi... Paix..., grogne le plus jeune sans lever la tête. Dormir... »
Un sourire se dessine sur les lèvres de son grand frère. Sans bruit, il se coule contre lui, ses lèvres embrassant l'arrondi d'une épaule.
« Sam ? »
Seul un grognement sourd lui répond.
« T'as vraiment pas envie de te lever ? »
Nouveau grognement.
« Même si je te le demande ? »
Idem.
« Même si je fais ça ? »
Aussi rapidement que souplement, Dean se positionne au-dessus, et veillant à ne pas s'appuyer sur lui, dépose un baiser à la base de sa nuque. Un frémissement parcourt le corps étendu sous lui et son sourire s'élargit. Geste certes anodin mais néanmoins prémices d'un plaisir à venir.
« Dean. » Gronde le cadet.
Mais l'interpellé n'en a cure et réitère sauf que cette fois, sa langue se mêle à la danse, retraçant lentement sa colonne vertébrale...
« Dean, prévient sa victime, qui se dégage de l'oreiller pour se faire correctement entendre. Arrête ça tout de suite. »
Ce dernier obéit. Juste le temps pour lui de relever doucement la tête, et répliquer d'un ton chaud :
« C'est pas ce que tu me demandes d'habitude.
- D'habitude, je suis pas aussi fatigué.
- Oh. »
Dean remonte et gardant son équilibre, dégage quelques mèches de cheveux du bout des doigts de manière à mordiller le lobe de l'oreille découverte.
« J'y ai été trop fort ? »
Sam ouvre la bouche pour répliquer mais en plus de cette première caresse, l'enfoiré qui lui sert d'aîné flatte une partie bien précise de son anatomie avec une partie bien précise de son anatomie à lui.
Putain de merde.
Il tente alors de se redresser, en vain. N'est pas à oublier l'enfoiré en question, qui le cloue au matelas après avoir senti son mouvement.
« Je croyais que tu voulais que je me lève, marmonne le cadet.
- Parce que c'est vraiment ce que tu allais faire Sammy ? Chuchote une voix grave, toujours à son oreille. Te lever, et non me virer ? »
Une autre pression sur sa croupe, et le monde s'arrête de tourner.
Oh... Putain...
Le visage du plus jeune retourne à sa position initiale, tandis qu'un soupir se perd dans les fibres de coton.
« Sammy ? »
Silence.
« Tu lève tes fesses, ou tu préfère que je m'en charge ? »
Ignorant le double-sens, l'interpellé se contente de pencher la tête pour soupirer :
« Tu t'es suffisamment occupé de mes fesses pour le reste de la journée.
- Pas si sûr... »
Oh bon Dieu.
« Et si tu me disais pourquoi t'es aussi chiant, et que tu me laissais gentiment dormir ? »
Non, parce que l'air de rien, il en a vraiment envie.
« Il y a un concert de rock en plein air sur la plage, explique son aîné qui se déplace de façon à se trouver allongé sur sa droite. C'est pour ce soir.
- T'es grand, non ? Relève Sam en fermant les yeux.
- Ça fait combien de temps que tu n'es pas sorti ? S'enquiert le plus âgé, faisant fi de la remarque.
- Depuis quand tu t'occupe de ma vie sociale ?
- Depuis environ deux minutes. »
Une claque non douloureuse flatte aussitôt son derrière.
« Bouge. »
( 10h03 )
La première chose que sent Sam quand il émerge de ce qu'il lui semble être un coma profond, est la pulsation douloureuse d'un mal de crâne caractéristique.
Merde.
Il fronce les sourcils avant de se maudire de son geste et se relève douceeement. Balayant lentement son environnement de ses yeux fatigués, il reconnaît non sans mal la chambre que Dean et lui, ont loués pour quelques jours.
D'ailleurs en parlant de son aîné...
Lui tournant le dos, ce dernier taille une bavette avec Morphée. C'est à ce moment qu'il percute son presque manque de nudité. Tout à l'heure, il s'est vautré sur ce lit complètement nu, et non en tee-shirt et boxer.
Et puis, d'où vient cette migraine qui lui fait penser aux symptômes d'une gueule de bois ?
Minute.
En oubliant momentanément les djembés s'en donnant à cœur joie dans sa pauvre tête, il se rue sur son sac posé au pied du lit, et y farfouille un temps trop long avant d'arriver à mettre la main sur son portable.
10h05
Wow.
Ce qui en toute logique signifie qu'il s'est écoulé bien plus de temps qu'il ne l'a cru au départ. Revenant sur le lit, il secoue doucement l'épaule de son grand frère, qui finit par refaire surface :
« Hmmmm... ?
- Qu'est-ce qu'il s'est passé hier ?
- Est allés au concert... »
Le concert. Oui il se rappelle vaguement d'un truc de ce genre où Dean l'y a traîné quasi de force. Mais après ? Trou noir.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Répète le plus jeune en pressant légèrement sa paume contre son front.
- Tu te rappelles de rien ?
- Si je te le demande. »
C'est peut-être la réplique en elle-même ou le ton employé, mais Dean se retourne complètement pour lui faire face, bizarrement réveillé.
« Tu ne te rappelle vraiment de rien ? »
Sam ouvre la bouche pour soupirer quand il aperçoit la lueur rieuse dans les iris vertes et prend peur.
« Dean, qu'est-ce que j'ai fais ? »
Un sourire immense illumine alors le beau visage de son aîné, lui confirmant qu'il ne va pas aimer du tout ce qui va suivre.
« Quelque chose à marquer d'une pierre blanche Sammy, affirme d'ailleurs ce dernier. Je devrais t'amener plus souvent aux concerts. »
(22h09 )
Un corps tiède et familier se colle à son dos tandis que des lèvres humides déposent un baiser dans son cou. Il ouvre la bouche pour demander à son petit frère ce qu'il lui prend quand une voix chaude et teintée d'un parfum de bière parvient à son oreille:
« Le petit chat dans tes deux bras.
Le petit chat dans tes deux bras ronronnait.
Que fais-tu là, si tard ? Sur le sofa ? J'attend le jour. Il fait si lourd.
J'attends le jour, il fait si lourd.
J'ai peur, viens près de moi. Tout près de moi, sur le sofa.
Le petit chat entend mon pas. Le petit chat entend mon pas, s'enfuit.
Je me blottis dans le creux... De tes bras. Ton souffle est court. Je fuis le jour.
Ton souffle est court, je fuis le jour.
Ecoute mon cœur de chat. Mon cœur qui bat pour toi !
Pour toi, pour toi... »
