La suite d'héritage maudit est écrite mais j'ai oublié ma clé chez moi et je ne rentre que la semaine prochaine :/ désolééé

Le temps entre les publications risquent d'être plus long car les examens approchent :/

Manon : sadique oui mais pas au point d'en tuer un des deux dès le début :p

Hachiko 97412 : Tu devrais écrire toute une histoire sur toi les torturants, je t'assure ! Je serais la première à te lire :D

Phanie Miki : Dans le prochain il sera là :)

Kilibili : Mon côté sadique ça :p

PDV Magnus

A peine Alec avait-il ouvert les yeux, et prononcé mon nom, que je retirais ma main. Maintenant que je savais qui il était, il m'était douloureux de soutenir son regard ou même de le toucher. Il tendit à nouveau la main vers moi.

- Mag… nus… Murmura-t-il d'une voix faible.

Il était tellement pâle…

- Tu te souviens de moi… Lui fis-je remarquer.

- Comment… oublier…

Il serra à nouveau ma main, qui reposait bêtement sur le matelas. Je n'eus pas la force de le repousser cette fois. Je n'arrivais plus à faire le moindre mouvement, j'étais comme paralysé.

- On… est… où…

- A l'hôpital. Tu… On t'a tiré dessus…

Il leva son bras gauche difficilement, esquissant une grimace, et toucha sa blessure, à présent cachée sous de nombreux pansements et bandes en tous genres.

- Me… rappelle… pas….

- C'est sûrement mieux comme ça…

- Qu'est-ce… qui… s'est… passé ?

- De quoi tu te rappelles ?

Il eut un faible sourire.

- De toi… contre… moi… et… d'une voiture…

Il toussa et gémit de douleur. Je mis une main sur sa joue.

- Chut, arrête de parler. Il faut que tu te reposes maintenant….

- Ne… pars… pas…. Ne me laisse pas…

- Alec, je ne peux pas rester…

- Ne… me laisse pas… tout seul…

Il essaya de se redresser, et je le stoppais.

- Tu dois rester allonger ! Et tu n'es pas tout seul, ta famille est là !

- Quelle… famille…

- Tu ne te souviens vraiment pas d'eux ?

Il ferma les yeux.

- Je… suis… fatigué…

- Dors…

- Reste…

- Je suis là…

- Non… Tu… vas… partir…

La porte s'ouvrit alors à la volée.

- NYPD, déposez votre arme au sol et mettez les mains en l'air !

Je soupirais. Je les avais oublié ceux-là… Je m'exécutais sans les quitter des yeux. Ceux d'Alec passaient de moi à eux, perdu.

- Maintenant faites-là glisser vers nous ! M'ordonna l'agent de police.

Je poussais l'arme du pied. Elle glissa sur le sol et il la ramassa.

- Mag… nus… qu'est-ce… qui se passe ? Me demanda Alec, alors qu'on me passait les menottes.

- Ils pensent que j'ai abusé de ton corps, mon ange ! Oh et aussi que j'ai voulu te tuer !

- QUOI ?! Mais… mais… c'est… ridicule !

- On ne peut pas nier le dernier point ! Objectais-je avec un clin d'œil.

J'avais conscience d'aggraver ma situation, mais faire de l'humour calmait mon anxiété. Étrange, je sais. Alec me fixait avec horreur. Sa respiration s'était faite plus rapide et irrégulière, et les monitorings s'emballaient. Un médecin entra alors dans la pièce, fusillant les policiers du regard.

- Non mais vous vous croyez où ?! C'est un hôpital ici ! Ce jeune homme vient d'échapper à la mort, il a besoin de repos !

Il se précipita vers Alec. Je ne vis rien de la suite : les agents du NYPD m'avaient emmené hors de la chambre. Au fond du couloir, je vis Luke parler à un homme. Ce dernier étant de dos, je ne le reconnus pas immédiatement. Je croisais d'abord le regard de Luke, puis son compagnon se retourna. Mon sang se glaça. Des flashs de mon passé se mélangèrent à nouveau à mes souvenirs d'avec Alec, les salissant. Je sentis une goutte de sueur froide couler le long de mon dos. Il ne me quittait pas des yeux, mais n'approchait pas pour autant. Catarina se planta alors devant moi, comme surgit de nulle part. Le policier qui me tenait le bras, par peur que je ne prenne à nouveau la poudre d'escampette, sursauta.

- Madame, je vais vous demander de reculer ! S'exclama-t-il.

- Je suis son avocate !

- Vous ne pouvez pas lui parler maintenant, il…

- « Il », rien du tout ! Sa caution a été payée ! Il est libre !

- Provisoirement ! Intervint une voix derrière elle.

Je la vis pâlir, alors qu'elle se retournait lentement.

- Robert Lightwood… Fit-elle froidement.

- Catarina Loss, je présume ? Vous étiez bien meilleure en tant qu'infirmière…

- Vous m'avez faite virer !

Je tournais brusquement la tête vers elle. Je n'étais pas au courant de ça, ou du moins ce n'était pas la version qui m'avait été donnée.

- Et vous ne voudriez pas que cela se produise encore une fois, n'est-ce pas ?

- Je te déconseille de la menacer… Intervins-je. N'oublie pas que ton fils est sous ma coupe ! Rajoutais-je avec un sourire cruel.

A côté de moi, le policier se dandinait d'un pied sur l'autre, visiblement mal à l'aise.

- Tu vas finir ta vie en prison, Bane !

- Je suis libre, tu as oublié ?

- Profites-en car ça ne va pas durer ! Et si tu veux que tes amis restent en sécurité, je te déconseille d'approcher à nouveau mes enfants !

- Fallait pas me l'envoyer dans ce cas !

Il me poussa contre le mur et se colla à moi. Je me pétrifiais.

- Toujours aussi docile, je vois…

Il approcha ses lèvres de mon oreille, et me chuchota :

- Mon fils est toute ma vie. Touche-le encore une seule fois, et tu recevras la tête de ton amie dans une boîte. Rappelle-toi ce qui s'est passé la dernière fois que tu m'as désobéi…

- Qu'est-ce qui se passe ici ?

Robert me lâcha aussitôt, et se tourna vers le nouvel arrivant : Luke.

- Luke, mon cher, que vas-tu faire de ce criminel ? Je compte sur toi pour appliquer les sanctions qui s'imposent cette fois !

- C'est Inspecteur Garroway, Monsieur Lightwood. Monsieur Bane sera jugé comme il se doit, s'il s'avère effectivement coupable. En attendant, sa caution ayant été payée, il est libre.

Il se tourna ensuite vers moi, ignorant l'air furieux de Robert.

- Vous restez à New York !

- Ce n'est pas mon lieu de résidence !

- Et bien maintenant ça l'est ! Et vous ne vous approchez plus d'Alec Lightwood, ou de quiconque de cette famille !

- Ce n'était pas mon intention…

PDV Alec

Je maudissais ce foutu médecin de m'empêcher de me lever. Il fallait que je voie Magnus, il fallait que je dise à la police qu'ils faisaient une grave erreur. Je ne m'étais jamais senti aussi mal de ma vie. Non seulement je planais dans un brouillard complet, et avais l'impression d'être passé sous un camion, mais en plus, l'homme que j'aimais été accusé de m'avoir fait du mal. J'avais voulu me lever après le départ du médecin, mais mon corps m'avait très rapidement fait comprendre que c'était une très mauvaise idée : une douleur fulgurante m'avait traversé la poitrine, et j'avais manqué de m'évanouir. J'étais impuissant, je ne pouvais rien faire, et je détestais ça. La porte de ma chambre s'ouvrit alors sur Luke.

- Content de voir que tu vas mieux, mon garçon.

- Luke !

- Tu te souviens de moi ? S'exclama-t-il, étonné.

- Oui ! Qu'est-ce que vous avez tous avec ça aujourd'hui ?!

- A ton réveil, tu n'as reconnu aucun membre de ta famille…

Je me passais une main sur le visage. Des bribes de visage et de voix me revenaient en tête, mais je n'arrivais toujours pas à tout remettre dans l'ordre.

- Les médecins pensent que c'est le choc. Me fit Luke, interrompant le fil de mes pensées. Tout devrait très vite rentrer dans l'ordre avec du repos.

- Où est Magnus ? Je veux le voir !

Je remarquais que j'arrivais plus facilement à parler, même si ma voix restait encore enrouée. L'inquiétude, que je ressentais pour Magnus, me donnait de la force.

- Tu ne peux pas le voir pour le moment. Pour votre bien à tous les deux…

- Il… Il ne m'a jamais fait de mal !

- Hum… J'ai des questions à te poser, mais je comprendrais que tu ne sois pas en état d'y…

- Si ! Vas-y ! Si… Si ça peut aider Magnus, fais-le !

- Tu es sûr ?

- Oui !

C'était un mensonge, bien évidemment. Ma poitrine me faisait horriblement mal, malgré la morphine, brouillant légèrement ma vue sous l'effet de la douleur. Mais je ne pouvais pas les laisser jeter Magnus en prison alors qu'il ne m'avait strictement rien fait.

- Bien…

Il prit place au bord du lit, et sortit un calepin et un stylo.

- Raconte-moi comment vous vous êtes rencontré…

- Dans une boîte de nuit… à San Francisco…

- Que faisais-tu là-bas ?

- J'étouffais à New York, j'avais besoin de changer d'air…

- Et pourquoi là-bas, spécialement ?

- J'en sais rien…

- Hum… Et lui ?

- Quoi lui ?

- Que faisait-il là-bas ?

- Je sais pas.. Voyage d'affaires, je crois…

- D'accord… Qu'est-ce qui s'est passé ensuite ?

Je baissais les yeux, rougissant. J'avais un peu honte de raconter ce passage.

- Alec ? Tu dois tout me dire ! Insista-t-il.

- On… On s'est cherché mutuellement, et… et on a couché ensemble…

- Où ça ?

- Qu'est-ce que ça peut faire ?

- Ton ami est accusé d'avoir abusé de toi. Je vais avoir besoin de témoignage prouvant le contraire !

- Donc tu ne le crois pas coupable ? Lui demandais-je, plein d'espoir.

- Non… Donc : où ?

- Dans un hôtel 4 étoiles, à quelques rues de la boîte… Je ne me rappelle pas du nom…

- Et la boîte ?

- Non plus…

- C'était une boîte gay?

- Non !

- Tu ne te rappelles vraiment pas du nom ?

- City Nights, je crois… Fis-je après un moment de silence.

- Bien…

Il griffonna quelque chose sur son cahier, avant de reporter son attention sur moi.

- Qu'est-ce qui s'est passé ensuite?

- On a passé la nuit ensemble, et… Le lendemain, il s'était envolé…

- Comment vous vous êtes retrouvés dans ce cas ?

- Il m'avait laissé son numéro… Je ne l'ai jamais rappelé, mais… Mais je l'ai croisé par hasard au Tikie's…

- Il y a beaucoup de hasard dans ton histoire, Alec.

- C'est pourtant la vérité !

- Admettons… Donc vous vous êtes revues… Ensuite ?

- On a continué à se voir… Chez lui…

- A Brooklyn ?

Je hochais positivement la tête.

- J'ai passé des nuits et des nuits avec lui, et il ne m'a jamais fait aucun mal ! C'est plutôt moi qui lui en ai fait en lui mentant !

- Lui mentir à propos de quoi ?

- Mon identité…

- Pourquoi ne pas lui avoir dit qui tu étais ?

- Au début, parce que c'était une sorte de jeu entre nous… Coucher avec un inconnu avait un côté excitant… Confessais-je, rouge de honte. Ce n'est que quand mon père m'a remis un dossier sur sa famille et lui, et m'a demandé de le tuer, que j'ai su qui il était…

- Tu as une preuve de ça ?

- Non…

- Hum… Le contraire m'aurait étonné… Comment Magnus a réagi quand tu lui as dit la vérité ?

- Je ne lui ai jamais dit… Il l'a découvert tout seul…

- Comment ?

- Je n'en sais rien !

- … Et donc, comment a-t-il réagit ?

- On s'est disputé…

- Un peu plus que ça, non ? Ta voiture était arrêtée au milieu de la route, et on a retrouvé une balle logée dans le prétensionneur ! Ajouté à cela, les empreintes de ton ami sont sur l'arme qui a causé ta blessure !

Je fermais les yeux, essayant de me souvenir. Je revoyais Magnus, penché sur moi, mon père, Raphaël, une femme que je ne connaissais pas, et Luke. Mais je n'arrivais pas à reconstituer les éléments de l'action.

- Je sais pas… Tout ce que je sais, c'est que ce n'est pas lui qui m'a tiré dessus !

- Quand on est arrivé, ton père tenait l'arme dans sa main….

- Mon père ne m'aurait jamais tiré dessus ! Pas de lui-même en tout cas !

- Bien…

- Mais il aurait tiré sur Magnus ! Rajoutais-je.

- Es-tu en train de me dire que tu te serais pris une balle à la place de ton ami ?

- Oui !

- C'est bien ce que je pensais…

- Luke, il faut que tu le sortes de là ! Il est en danger, crois-moi !

- Il a été libéré sous caution… Ton ami a de l'argent, ça le sauve… Il y aura un procès, mais en en attendant, tu te reposes, tu essayes de retrouver ta mémoire, et tu n'essayes pas de le voir !

- Mais…

- Tu l'aimes, Alec ?

- Oui !

- Alors reste loin de lui !

3 mois plus tard- Los Angeles- PDV Magnus

Je me tenais devant une armée de cartons à déballer. Ces derniers provenaient de l'appartement de Brooklyn que j'avais fait vider. J'avais quitté New York, pour ne jamais y revenir, deux jours seulement après l'accident d'Alec.

Flash Back- Brooklyn

Alors que j'essayais de trouver le sommeil, allongé sur le dos sur mon lit, on sonna à la porte. Je soupirais et allais ouvrir. Je me figeais : Robert Lightwood se tenait sur le seuil de ma porte.

- Bonjour, Magnus.

Je déglutis difficilement, et voulus refermer la porte, mais il la retint, et entra de force.

- Qu'est-ce que tu veux ? Tu n'as rien à faire ici !

- Pas la peine de s'énerver ! Je suis venue te proposer un marché !

- Dégage !

Ma main, sur la poignée de la porte, tremblait.

- Tu devrais m'écouter, tu sais… C'est dans ton intérêt. Si tu vas en prison, compte tenu de mon influence, et bien… Ce serait un endroit très dangereux pour toi là-bas… Puis pour un aussi talentueux jeune homme que toi, ce serait dommage… Tu ne trouves pas ?

- Sors de chez moi !

- Allons, allons…

Il se servit un verre de whisky, sans gêne. Je le lui arrachais des mains, et le reposais violemment sur le bar. Il me fit un sourire mauvais.

- Tu as toujours ce caractère impulsif que tu avais enfant… Je t'aimais bien tu sais, dommage que les choses se soient passé comme ça entre nous… Dommage que ton imagination débordante est pris le dessus sur la réalité.

Je me crispais et plantais mes yeux dans les siens.

- Sors- de- chez-moi ! Fis-je, en prenant soin de détacher chaque mot.

- Bien, comme tu veux…

Il s'avança vers la sortie. Je fronçais les sourcils : ce n'était pas son genre de renoncer aussi vite…

- Tu devrais allumer la télé sur la chaîne info… Me fit-il, une main sur la poignée de la porte.

Paniqué, je pris la télécommande et allumais l'écran plat, qui trônait dans un coin du salon, sur un meuble Louis XV ayant appartenu à mes parents. Sur la chaîne info, un bandeau annonçant une explosion au Dumort, défilait. Le présentateur annonçait aucun blessé.

- Un miracle qu'il soit en pleine rénovation et qu'il n'y ait aucun client pour le moment… Tu ne trouves pas ? Me lança Robert.

Raphaël… Il avait voulu tuer Raphaël… Je serrais la télécommande dans ma main.

- Qu'est-ce que tu veux de moi ?

- Je peux annuler le procès contre toi en retirant ma plainte, et en faisant jouer mes relations pour que toutes charges contre toi soient retirées. Et j'assurerais la sécurité de tes amis. Je ne me mettrais pas sur leur chemin. Aucun mal ne leur sera fait.

- En échange de quoi ? Demandais-je d'une voix blanche, craignant la réponse.

Il s'approcha de moi, et posant une main sur ma joue, il me fixa un instant.

- Tu quittes cette ville, et tu n'y reviens jamais. Et bien évidemment, tu ne t'approches plus jamais de mon fils. Tu laisses Alec tranquille… Si j'apprends que toi et lui êtes en contact…

Il me fit tourner la tête vers l'écran de télévision, sur lequel défilaient encore les images de l'explosion.

- Tu reviendras pour enterrer tes amis…

Je fermais les yeux, retenant à grand-peine mes larmes.

- Je t'aurais bien demandé autre chose, mais maintenant que mon fils y est passé… Ce serait un peu morbide, tu ne trouves pas ?

Je rouvris les yeux, et lui lançais un regard de dégoût.

- Il vaut tellement mieux que toi… Tu peux peut-être m'empêcher de le voir, mais tu ne peux pas m'empêcher de l'aimer !

- Tu ne trouves pas ça étrange que tu sois tombé amoureux de mon fils ? Peut-être que nos anciennes activités te manquent, au fond…

- Tu t'es regardé ? Tu me dégoûtes… Tu as vraiment mal vieilli !

- Oh je t'en prie, arrête de te voiler la face !

- Je ne me voile rien du tout ! Tu crois vraiment que je pourrais coucher avec toi ?

- Volontairement tu veux dire ? Parce que bon… Comment vont Imasu et Etta d'ailleurs ?

Cette fois, les larmes envahirent mes yeux.

- Comment peux-tu parler d'eux avec un tel détachement ! Imasu s'est pendu et Etta… Elle…Elle ne parle même plus… Tu l'as complètement détruite…

- Ah oui, c'est vrai qu'ils l'ont interné dans un asile de fous ! S'exclama-t-il avec dédain.

- On n'était que des enfants !

- Non ! Vous étiez des criminels !

Son regard changea et je vis de la souffrance dans ses yeux.

- Ce n'était pas de notre faute… On n'y était pour rien… Murmurais-je.

- La police n'a pas fait son travail ! Vous auriez dû être en prison ! Mais vous étiez mineurs… Je les entends encore : « Ils sont trop jeunes, ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient, ils ont eu peur… Ce ne sont que des enfants… ».

- Tu nous as détruits, tu as eu ta vengeance… Qu'est-ce qu'il te faut de plus ?

Il me lança un regard qui me fit froid dans le dos.

- Pas tous non… De tous, tu es celui qui m'a toujours posé le plus de problèmes… Je n'ai jamais réussi à te soumettre…

- Et tu n'y arriveras pas ! Pour eux, je me battrai jusqu'au bout ! J'obtiendrai justice pour ce que tu leur as fait ! Tu gagnes peut-être cette bataille, mais tu ne gagneras pas cette guerre ! Menace mes amis, mais n'oublie pas que tu as des enfants… N'oublie pas qu'il y a peu, ton fils gémissait dans mes bras, et me suppliait de continuer, de ne surtout pas m'arrêter !

Je savais que je ferais mieux de me taire, que je mettais la vie d'Alec en danger, mais ma volonté de faire souffrir Robert était bien trop forte, et prenait le pas sur tout le reste.

- J'ai fait hurler ton fils de plaisir…

M'attrapant par le col de ma veste, il me plaqua contre le mur du salon. Ses yeux étincelaient de fureur.

- Tu me le paieras, Bane ! Au moment où tu y attendras le moins ! En attendant, tu vas faire tes valises, ou ton ami Raphaël et sa si jolie famille, ira rejoindre tes parents ! Et si cela n'est pas suffisant, je m'en prendrais à Catarina… Puis à Ragnor… Tessa…

- Je te jure que si tu touches à un seul de leurs cheveux…

- Tu n'es pas en position de faire des menaces ! Reste loin de ma famille, je ne te le redirai pas une troisième fois… Tout ton cauchemar peut se finir, ici et maintenant, si tu prends la bonne décision…

- Tu resteras loin d'eux ?

- Bien sûr ! Je n'ai rien contre eux. Ils n'étaient pas présents cette nuit-là…

Après une hésitation, je pris une inspiration et lui dis:

- Demain je ne serais plus là…

Il me relâcha et s'écarta. Il me lança un dernier regard avant de s'en aller. Je m'écroulais ensuite derrière la porte, laissant mes larmes couler le long de mes joues. Je suis désolé, Alec, mais je ne peux pas mettre la vie de mes amis en danger… J'ai beau t'aimer malgré moi, tu restes toujours son fils à lui… Je ne peux te choisir toi…

Présent- Los Angeles

Les larmes aux yeux, je reposais la photo sur la table de la cuisine. On pouvait me voir à l'âge de 12 ans, entouré de mes meilleurs amis de l'époque : Imasu, Etta et Camille. Le lendemain de cette photo, nos vies à tous les quatre avaient basculé, se transformant en cauchemar éveillé… Camille avait plongé dans la drogue quelques mois après que mes parents m'aient fait quitter New York. Je ne l'avais plus jamais revue… Etta était quant à elle, ici, à Los Angeles, à Santa Rosa, un hôpital psychiatrique. Elle n'avait pas toujours été là, mais je l'avais fait transférer dans cet hôpital il y a quelques années, lui payant les meilleurs spécialistes du pays. Malheureusement, elle avait sombré dans un état de léthargie total. J'allais lui rendre visite une fois par mois. Je devrais aller la voir plus souvent, mais la voir comme ça me faisait plus de mal qu'autre chose, et j'avais l'impression qu'à elle aussi. Je soupirais et jetais un œil aux cartons autour de moi. Robert avait tenu sa promesse : j'avais été blanchi, et le procès n'avait donc jamais eut lieu. Ce cher inspecteur Garroway, avait, face à ce revirement soudain de situation, essayé d'en savoir plus, mais j'avais gardé le silence. Il n'avait pas pour autant lâché l'affaire, et je le soupçonnais de me faire suivre. Alec non plus n'avait pas capitulé si facilement. Il avait essayé de me joindre, mais j'avais ignoré tous ses appels, et avais même fini par bloquer son numéro. J'avais tiré un trait sur lui… Catarina, Ragnor et Raphaël venaient régulièrement me rendre visite, mais à eux non plus, je n'avais rien dit de mon accord avec Robert. Je ne voulais pas les mettre en danger… Mon téléphone sonna. Je regardais l'identité de l'appelant, avant de décrocher :

- Oui, Jem, qu'est-ce qu'il y a ?

- Si tu n'es pas là dans cinq minutes, Tessa va devenir dingue ! S'exclama-t-il.

Je ricanais. Il semblait à bout de nerfs.

- J'arrive, relax ! Dis-lui que je passe acheter des clopes et j'arrive !

- Ok, mais fais vite ! Pour ta propre sécurité !

Je secouais la tête en souriant et raccrochais. Depuis qu'elle était enceinte, Tessa avait autant de patience qu'un petit pois, et son mari, Jem, en faisait régulièrement les frais. Je pris une veste en cuir, que j'enfilais sur une chemise rouge, et déboutonnais quelques boutons, délestant mon torse d'une bonne partie du tissu. Je pris les clés de ma voiture, et sortis. Je fonçais à travers la ville, et râlais lorsque les bouchons dans le centre me firent m'arrêter. Je détestais attendre… J'enlevais ma veste et poussais la clim à fond. La chaleur était étouffante aujourd'hui. Rien à voir avec New York… Parfois cette ville me manquait… La circulation se dégagea enfin, et je pris la direction du bureau de tabac. Comme à mon habitude, je m'arrêtais devant et mis mes warnings. Je n'en avais pas pour longtemps, alors pourquoi me garer ? J'entrais à l'intérieur, et ressortais cinq minutes plus tard, un paquet de clopes à la main. J'en sortis une, et l'allumais, avant de remonter dans ma voiture. Un jeune homme s'assit alors sur le capot de ma voiture. Je klaxonnais, mais il ne bougea pas. Agacé, je sortis.

- Hey, tu n'as pas l'impression que tu gênes ?!

Il se retourna vers moi et me fit un sourire. Je crois que pendant un instant mon cœur s'était arrêté.

- Alec !

- Salut…

Je l'attrapais par le bras et le balançais littéralement dans la voiture, côté passager. Je démarrais ensuite en trombe, furieux, en direction de mon appartement.

- Qu'est-ce que tu fous là ?! Si quelqu'un nous a vus, on est mort ! Toi comme moi !

- Donc j'avais raison… Mon père t'a menacé…

- Il a menacé mes amis ! Et je te jure que s'il leur arrive quoi que soit à cause toi…

- Tu me manquais…M'interrompit-il.

Je pilais en bas de mon immeuble. La rue était heureusement déserte.

- Es-tu stupide, Alec ?

- Peut-être…

Je soupirais.

- Il faut que tu m'oublies…

- Je peux pas…

Il tourna vers moi ses yeux bleus, qui faisaient toujours autant chavirer mon cœur. J'avais dit que j'avais tiré un trait sur lui ? Ouais… Bon il se pourrait que je me sois un peu précipité…

- Alec, je ne t'aime pas ! Mentis-je.

- Oui, mais je n'ai que toi…

- Comment ça ? Tu ne te souviens toujours pas de ta famille ou quoi ?!

- Si, mais… Eux ne savent pas à quel point mon père est un monstre…

- Toi non plus, crois-moi… Murmurais-je.

J'ignore s'il m'a entendu, mais je vis une larme couler sur sa joue. Je l'essuyais.

- J'ai besoin de toi… Tu ne peux pas me laisser… Tu ne peux pas fuir et le laisser gagner… Me supplia-t-il.

Il me prit la main.

- Tu ne peux pas le laisser nous séparer…

- Alexander, tu ne comprends pas… Rentre chez toi, passe à autre chose !

- Non ! Je reste ici ! Que tu le veuilles ou non…

Je poussais un gémissement plaintif. Il allait nous faire tuer….

- S'il te plaît… Alexander, va-t-en ! Je… Je ne veux pas de toi ici !

Je me penchais au-dessus de lui, et lui ouvris la portière.

- Sors… Rentre chez toi, et ne reviens jamais…

Il m'obéit. Je le suivis du regard alors qu'il traversait la ruelle pour rejoindre l'avenue principale. Arrivé au bout, il se retourna vers moi. La tristesse dans ses yeux, et son désespoir, me firent trahir ma promesse. Je sortis de la voiture et courais vers lui. Arrivé à sa hauteur, je pris son visage en coupe et collais mes lèvres aux siennes. Il s'agrippa à ma chemise et entrouvrit les lèvres. Je passais ma main dans ses cheveux, l'attirant un peu plus contre moi, alors que je l'embrassais violemment, sans aucune douceur. Il m'avait tellement manqué… J'avais refoulé mes sentiments pour lui, mais la réalité me rattrapait. J'étais tombé amoureux du fils de mon ennemi…

A suivre

Jace dans le prochain :D

Merci pour vos reviews

Gros bisoussss