Message de l'auteure: Voici un des chapitres tournants de la fic! J'ai essayé de l'écrire du mieux que j'ai pu donc j'espère qu'il vous plaira. Enjoy ;)


Chapitre 8 – La vision brouillée par les larmes

Être la petite amie de Draco Malfoy était une expérience très gratifiante dans la vie d'une sorcière adolescente. Cela faisait à présent une semaine que Draco « sortait » avec les deux Poufsouffles et elles s'étaient très bien adapter à leur soudaine popularité, un peu trop même. Elles prenaient les autres filles de haut, comme si avoir été choisie totalement par hasard par lui les rendaient meilleures que les autres. Du jour au lendemain elles passèrent de timides et rêveuses à hautaines et prétentieuses. Il fallait les voir se pavaner dans les couloirs, jetant des regards méprisants à tour de bras qui se voulaient être ressemblants au regard malfoyien. Elles poussaient même jusqu'à s'asseoir à la table des Serpentards sans Draco.

Le beau blond ne pouvait plus faire le moindre pas sans qu'elles lui tombent dessus, elles l'attendaient à la fin de ses cours, l'accompagnaient jusqu'au suivant, planifiaient des séances de révisions communes, mangeaient avec lui et restaient même à l'observer pendant qu'il s'entraînait au Quidditch. Si au départ, il avait trouvé ça drôle d'avoir derrière lui des pom-pom girls prêtent à scander son nom à la moindre occasion il s'en était rapidement lassé. Le pire était le ton mielleux qu'elles prenaient pour s'adresser à lui, avec leurs « Draco chéri », « bébé » et « amour ». Il avait littéralement péter un plomb lorsque l'un d'entre elle l'avait surnommé « Dracochounet ». Il était un Malfoy bon sang ! Pas un toutou obéissant ! Heureusement, elles avaient toujours peur de sa colère et se pliaient à sa volonté calmement. Mais leurs caprices de gamines achevaient de détruire toute sa patience : elles se plaignaient qu'ils ne se voyaient pas assez en privé, elles se plaignaient qu'il les voyait toujours par deux, elles commencèrent à se concurrencer entre elles pour savoir laquelle était sa préférée et finissaient toujours par le mettre en arbitre. Il en avait sérieusement, mais très sérieusement, marre !

Ce jour-là, Draco était de très mauvaise humeur (comment ça comme souvent ?!), il s'était fait collé par Mc Gonagald qui n'avait pas apprécié son commentaire sur sa matière, il n'avait pas vu Blaise de la journée et il avait atrocement faim. Bref, ce fut d'une démarche agacée – mais toujours aussi élégante – qu'il entra dans la Grande Salle et avança jusqu'à la table de Serpentards où ses deux copines l'attendaient évidement. Il se laissa tomber sur son siège lourdement, prêt à attaquer une bonne assiette.

- Draco, tu as l'air stressé ! Tu veux un massage ? s'écria une des deux idiotes.

Et sans attendre, elle posa ses mains sur ses épaules et se commença à lui prodiguer un des pires massages au monde.

Il y a une chose à savoir sur Draco Lucius Malfoy, il a horreur mais vraiment horreur qu'on le touche sans avoir demandé sa permission (hors exception n'est-ce pas monsieur Potter ?).

Donc Draco s'est raidit et rapidement son seuil de tolérance à exploser, apportant la colère avec lui. Il se leva d'un bond et se mit hurler, laissant la pauvre fille totalement paralysée de peur.

- NE ME TOUCHES PAS ! Pour qui tu te prends ?! Parce que je t'ai fait l'honneur de sortir avec toi pendant une semaine ça y est tu as tous les droits ?!

- Mais Draco je…

- La ferme ! C'est la goutte qui fais déborder le vase ! Vous et moi c'était cool pendant un jour, maintenant faut pas exagérer d'accord ?!

Les deux filles le fixent de leurs yeux globuleux où brillait l'incompréhension. L'une d'elles plaqua alors sa main contre sa bouche tandis que les larmes envahissaient ses yeux.

- Tu … romps avec nous ? sanglota-t-elle.

- Oh ! Arrêtez, soupira Draco, on ne sortait même pas vraiment ensemble. Personne ne sors avec deux filles en même temps !

- Mais… Draco… je t'aime ! supplia la même.

Il leva les yeux au ciel.

- Parce que tu penses être la seule ? lança-t-il sur un ton tranchant et la fille éclata en sanglot.

Un silence de mort s'abattit sur le réfectoire. Tous avaient les yeux rivés sur la jeune sorcière, certains la plaignant, d'autres encore ravies qu'elle soit tombée de son piédestal. Agacé par tant de jérémiade, Draco quitta la salle tout en prenant soin d'emmener un gros morceau de brioche avec lui. Après tout c'était de leur faute, elles n'avaient qu'à pas être aussi naïve, si l'amour s'atteignait par une simple conversation dans un couloir ça serait trop facile. Et puis il était Draco Malfoy, il ne les prenait pas en traître puisque que l'on répétait à longueur de journée qu'il était méchant, froid et cruel. Un Serpentard parfait quoi !

Ses lèvres retrouvèrent le sourire lorsqu'il aperçut Blaise au tournant d'un couloir. Le grand black avait eu un rencard la veille et Draco mourait d'envie d'entendre ce qui s'était passé !

oOoOoOo

Harry Potter entra dans la grande salle quelques minutes seulement après la sortie de Draco. Là il trouva Cho Chang en larmes tandis que les élèves chuchotaient entre eux. L'expression d'Harry se durci. Qui avait fait pleurer la jeune fille ?! Il se précipita vers eux mais la sorcière, inconsolable, le vit à peine, la vision brouillée par les larmes.

- Cho ! Pourquoi tu pleures ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

Le visage enfouie dans les mains, tout ce qu'elle put dire fut un nom :

- Draco…

La mâchoire du brun se crispa et ses poings se fermèrent d'eux-mêmes. La colère monta en lui comme un feu le consumant de l'intérieur. N'ayant pas besoin de plus d'explications il fit demi-tour et quitta la salle. Il allait trouvé ce connard et lui faire regretter son geste ! Au cours de cette semaine sa rancœur pour Draco n'avait cessé d'accroître et il était arrivé au moment de l'explosion. Dire qu'il l'avait cru changé, plus mature, qu'il avait éprouvé de l'affection à son attention, avait même été jusqu'à l'embrasser ! Mais Draco Malfoy restait Draco Malfoy quoi qu'il se passe et Harry s'en voulait tellement de l'avoir momentanément oublier. Il traversa les couloirs comme un boulet de canon. Avec un temps de retard, la foule de la Grande Salle le suivit, comprenant qu'il allait se passer quelque chose d'énorme. Harry croisa sa bande d'ami mais ne s'arrêta même pas pour leur donner des explications. Toutes les sixièmes années se stoppèrent net dans leur conversation, interdits. Voir Harry Potter énervé était quelque chose d'inhabituel, le garçon étant toujours calme, courageux et maître de lui. Mais voir Harry Potter fou de rage, submergé par la colère était quelque chose d'extrêmement rare.

- Qu'est-ce qui se passe ? glissa Neville à Dean. Voldemort est revenu ?

L'intéressé haussa les épaules, tout aussi surpris que son ami. Le Survivant parcourut les allées à une vitesse hallucinante jusqu'à enfin repérer sa cible. Draco Malfoy était entrain de discuter avec Blaise Zabbini.

- HEY !

Les deux Serpentards se retournèrent et les yeux du blond s'agrandirent de stupeur. Sans lui laisser le temps de réagir, Harry lui balança son poing dans la figure. Le coup fut si violent que Draco fut propulsé sur le sol. Immédiatement, Blaise s'interposa devant Harry, sa baguette sortit.

- Woh Potter du calme !

- La ferme Zabbini ! C'est pour lui que je suis là !

Et d'un geste de la main il envoya la baguette du black valser à des mètres. Un énorme crack retentit et l'expression de Blaise se tordit. Mais déjà Harry était passé à autre chose, il avait contourné le Serpentard et s'avançait vers le blond déjà remit debout.

- Qu'est-ce qui te prends Potter ?! C'est quoi ton problème !

- Mon problème ? Mon problème ?! hurla Harry hors de lui. Mon problème c'est toi Malfoy ! Toi et ta putain de façon d'agir ! Tu n'es qu'un connard ! A quoi ça te sert de sortir avec deux filles pour les plaquer une semaine après ? Ca t'arrive de décoller ton regard de ton petit cul des fois ?! De penser aux sentiments des autres ?!

Le visage de Draco vira au rouge et sans prévenir il assena à Harry une énorme gifle. La claque résonna dans tout le château et la main de Draco s'imprima sur la joue de son ennemi.

- JE REVE ?! s'écria-t-il. Tu ne viens pas vraiment de dire ça Potter ?! Pas à moi ! TU TE FOUS DE MA GUEULE ?! C'est bien toi qui vient de me dire à moi de penser aux sentiments des autres ?! C'est la meilleure celle-là ! L'hôpital se fout de la charité ! Je suis mort de rire Potter ! Tout est de ta faute ! Tout est entièrement de ta faute !

- De ma faute ? Tu vas me faire croire que c'est moi qui t'es poussé à faire pleurer cette fille en te comportant comme un gros con. Oups ! Excuses-moi j'oubliais : tu es un gros con ! Ne me rends pas responsable de tes pulsions de gamin égocentrique Draco.

Des larmes de rage envahirent les yeux du blond. La colère le rongeait de l'intérieur, le rendait complétement fou. Son cœur lui faisait mal tellement il battait fort. Et il ne voulait plus avoir mal ! Il ne voulait plus avoir mal dès que Harry lui jetait un regard haineux, dès que sa voix crachait son nom et l'insultait, dès qu'il lui reprochait ses gamineries. Ce n'était pas à lui de souffrir. Ce n'était pas de sa faute à lui. Il allait lui faire mal, lui rendre ses coups, Harry Potter allait payer pour ce qu'il lui avait fait, tous ces doutes, toutes ces larmes, toutes ces douleurs il allait lui les rendre. Maintenant. Sans prévenir, Draco se jeta son ennemi en poussant un cri de rage. Les deux garçons basculèrent sur le carrelage mais Malfoy ne s'arrêta pas de frapper, hurlant et pleurant comme si c'était lui qui recevait les coups. Pourquoi avait-il mal à sa place ? C'était injuste ! Il fallait qu'il frappe plus fort, encore plus fort. Harry gémit bruyamment. Mais Malfoy ne s'arrêtait pas.

Tous fixaient le spectacle, choqués, incapables de réagir. Blaise fut le premier à revenir à lui et se précipita sur Draco, l'arrachant à sa proie. Le garçon se débattit comme un possédé. Une main plaquée sur son nez ensanglanté, Harry se releva difficilement.

- Tu es un psychopathe ! hurla-t-il à sa Némésis.

- Tout est de ta faute ! Tu n'es qu'un hypocrite Potter ! Tu m'as fait croire que je comptais pour toi, que j'avais de la valeur !

- OH NON MALFOY ! Ne me traites pas d'hypocrite ! J'ai cru que tu avais de valeur Draco ! J'ai cru que tu avais changé ! Mais tu es et tu seras toujours le même ! Je te déteste ! Je te déteste !

Aïe. Harry avait porté le coup final et avait atteint sa cible en plein cœur. Jamais Draco n'avait eu aussi mal. Il sentit un poignard s'enfoncer dans son cœur qui éclatait en mille morceau. Les larmes se pressèrent sur ses joues tandis que la douleur déferlait sur lui. Et dans accès de rage, il s'arc-boutât contre Blaise qui le traînait en arrière et cracha à la figure de « son » Harry. Le visage du brun se déforma sous la fureur.

- Je vais le tuer… gronda –t-il

Mais alors qu'il tentait de s'approcher de Malfoy pour lui faire du mal, Ron et Hermione se précipitèrent vers lui et l'encerclèrent de leurs bras pour le retenir.

Au même moment le professeur Snape arriva en courant, suivit du professeur Mc Gonagald. D'un coup d'œil sur la scène ils comprirent ce qui c'était passé. C'était encore Potter et Malfoy qui se battaient. Mais aux larmes sur les joues du blond, au sang qui ruisselait du visage du brun et à la rage qui assombrissait leurs regards, ils virent que c'était différent. Cette fois c'était différent…

On appela Dumbledore et les mena jusqu'à son bureau où le directeur les attendait. Mais à peine on les lâcha pour les laisser seuls avec le vieillard qu'ils se jetèrent aussitôt l'un sur l'autre pour se battre. Le visage de l'homme s'assombrit à la vue de ce combat et d'un sort il les arrêta :

- Stupéfix… lâcha-t-il d'un voix traînante.

Les deux garçons furent pétrifiés, à deux doigts de se frapper et le vieux sorcier poussa un soupir.

- Cela va faire six ans que Poudlard subit votre rivalité et vos bagarres. Mais aujourd'hui – alors que je pensais que vous aviez fini avec ça – vous avez dépassé les bornes. Vous avez vraiment dépassé les bornes ! Vous me décevez. Profondément.

Harry baissa les yeux, peu habitué à recevoir des critiques de son mentor. Malfoy lui ne cilla pas, toujours dans le même état de fureur aveuglante.

- Surtout toi Draco, annonça alors Dumbledore.

- Je n'ai jamais voulu de votre estime, cracha le Serpentard.

- De la mienne non en effet.

Le regard du sorcier passa alors du blond au brun et Draco baissa les yeux à son tour.

- Pourquoi vous vous haïssez ? D'où viens cette haine ?

Aucun des deux ne répondit, les yeux toujours fixé sur leurs chaussures respectives.

- Répondez–moi ! explosa le directeur. Regardez vous et dites-moi pourquoi vous vous haïssez!

Les garçons avaient brusquement relever leur regard sur le vieil homme – sursautant s'ils l'avaient pu – si peu habitué à entendre Dumbledore crier. Puis, obéissant, Draco fit glisser son regard jusqu'au visage du brun. Il était horrible. Son nez saignait, ses joues étaient rouges, ses lunettes tordues, ses cheveux en batailles. Mais ses yeux émeraudes restaient magnifiques. Quoi qu'il se passe ils étaient toujours magnifiques. Il sentit son cœur se raidir, se racornir comme la pétale d'une fleur mourante. Les mots d'Harry lui revinrent à l'esprit et il dû lutter de toutes ses forces pour garder ses larmes. Potter obéit à son tour. Hésitant, il posa timidement son regard sur Draco et fut hautement bouleversé par ce qu'il vu. Le blond avec un bleu naissant sur la pommette, là où il l'avait frapper, une veine de son front palpitait dangereusement, son visage était rouge et ses yeux bouffis par les larmes. Mais ses pupilles argentés brillaient plus que jamais.

- Pourquoi vous vous haïssez ? répéta Dumbledore.

Mais ni l'un ni l'autre n'avait la réponse. Il restèrent à se fixer un long instant, mutuellement absorbé dans le regard de l'autre. Le directeur de Poudlard poussa un soupir d'exaspération.

- Très bien. Vous voulez jouer à ça ? Vous allez être enfermé dans un des cachots du château, pendant des jours s'il le faut. Mais vous ne sortirez que lorsque vous aurez la réponse à ma question. Ai-je été clair ?

Ils ne répondirent pas. De toute façon ce n'était pas une proposition mais un ordre. Après un court passage à l'infirmerie – où les professeurs faisaient le guet pour empêcher les élèves de s'approcher de Potter et Malfoy – ils furent emmené jusqu'aux cachots, puis ensorcelés pour les empêcher de se battre ou de s'insulter, et enfermés.

Harry fulminait. Comment Dumbledore avait pu lui faire ça ? L'enfermer avec Malfoy pendant des jours s'il le fallait ! Il ne pouvait pas faire pire. Potter commençait à s'interroger sérieusement sur les capacités mentales du directeur (pour enfermé son protégé avec un mec qui lui cracher à la figure fallait être taré !) lorsqu'il remarqua le regard lourd de Malfoy poser sur lui. Ses sourcils se froncèrent d'eux-mêmes. Qu'est-ce qu'il lui voulait encore ?! Ca ne lui suffisait pas de lui avoir cassé le nez ?! Harry sentit une douloureuse chaleur l'envahir comme un brasier. Si Draco continuait de le fixer il allait encore péter un plomb. Et cela ne les aiderait pas vraiment à sortir de là. Il jeta au blond son regard le plus menaçant.

- Me regarde pas … !

Sa voix s'était bloquée au mot « connard ». Ils n'avaient pas le droit de s'insulter. Etonnamment, Draco obéit. Assis à l'autre bout de la pièce, le blond se recroquevilla et enfoui son visage dans ses genoux. Un long moment de silence passa jusqu'à ce qu'Harry se rendre compte des tremblements qui agitaient les épaules du Serpentard. Le bruit étouffé d'un sanglot lui parvint. Toute sa colère s'envola d'un seul coup, le laissant exténué et déçu de lui-même. Il contempla un instant son ennemi avant d'oser prendre la parole.

- Draco… tu pleures ?

L'intéressé ne répondit pas. Inquiet le brun s'avança à quatre pattes jusqu'à lui. Mais Draco le repoussa de son bras tendu.

- Laisse-moi tranquille.

Sa voix était sortie geignarde et humide.

« Oh mon… dieu ! J'ai fait pleurer Draco Malfoy… »

Le blond ne leva pas la tête vers lui, savant son visage ravagé par les pleurs. Mais il n'arrivait pas à s'arrêter. Les larmes faisaient ce qu'elle voulait, et il s'en fichait. Il avait eu tellement mal quand Harry lui avait jeté ce regard noir, le détestant au point de lui interdire de poser les yeux sur lui… tellement mal que plus rien n'avait d'importance. Harry Potter le détestait, plus rien n'avait d'importance. Et c'était sa faute, sa faute à lui-même ! Tout ce serait bien passé s'il n'avait pas éprouvé le besoin d'agir comme un Serpentard irresponsable et cruel. Harry l'avait embrassé et lui, comme remerciement, s'était tapé deux Poufsouffles ! Il s'en voulait tellement. Mais c'était toujours comme ça, l'histoire se répétait indéfiniment. C'était toujours lui qui faisait des erreurs, faisait tout foiré. Finalement il méritait sa vie de merde car, quoi de mieux pour une merde ? Draco gémit et ses pleurs redoublèrent de puissance. Voilà ce qu'il était : une merde et rien de plus. Harry aurait du le laisser crever quand il en avait l'occasion. Après tout il ne lui avait apporté que du malheur et il le détestait ! Potter s'appuya contre sa main tendue et Draco pu sentir ses muscles saillants de son torse à travers son tee-shirt. Il ne s'en extasia même pas. C'était dire à quel point il était affecté ! Son bras faible plia et Harry s'avança d'encore un pas, alors Draco pivota sur lui pour lui tourner le dos, le tout sans relever sa tête. Il ne voulait pas le voir ! Il aurait trop mal…

Une douce chaleur se diffusa alors en lui, faisant fondre la glace qui enserrait son cœur depuis sa plus tendre enfance. Une sensation agréable prit place au creux de sa poitrine et il sentit les petits bouts de son cœur brisé chercher à se recoller. Un second souffle se mêla au sien, claquant son rythme sa respiration. Il mit un moment à comprendre que Harry l'avait pris dans ses bras. Ce fut l'étincelle qui mit le feu aux poudres. Il explosa littéralement en sanglot, incapable de retenir ne serait-ce que ses larmes ou les gémissement pathétiques qui s'échappait de ses lèvres. Harry le serra plus fort et il se mit à pleurer plus fort.

- Lâche-moi… supplia-t-il

- Pourquoi tu pleures ?

Draco fit non de la tête, le front appuyé contre son genou, les poings serrés en une vaine tentative de calmer le tremblement de ses mains. Il sentit le souffle du brun contre sa nuque tandis qu'il répéta sa question. Le blond n'arrivait plus à comprendre. Son cerveau était comme « hors-service », plus aucune information n'y parvenait. Il n'était plus que larmes et sanglots. Harry répéta encore sa question. Pourquoi pleurait-il ? Parce qu'il avait mal. Pourquoi avait-il mal ? Parce qu'il se sentait merdique. Pourquoi se sentait-il merdique ? Parce qu'il avait tout faite foiré, que tout était sa faute, qu'Harry le détestait. Harry le détestait donc il avait mal donc il pleurait. Harry le détestait. Harry le détestait.

« Harry me déteste. »

- Tu me détestes.

Un long silence s'abattit sur eux et Potter desserra son emprise. Draco pleurait parce qu'il lui avait dit qu'il le détestait ? C'était illogique, Malfoy ne pleurerait pas pour des choses aussi ridicules. A moins que…

- Je ne te déteste pas.

Draco se débattit, sanglotant de plus en plus bruyamment.

- Je ne veux pas de ta pitié ! s'écria-t-il. Je ne suis pas un petit garçon je n'ai pas besoin que tu sois gentil avec moi juste parce que je pleure !

- Si ! Tu es un petit garçon… mais je ne déteste pas et je ne dis pas ça parce que tu pleures.

- Tu mens.

- Je ne mens pas. Je ne te déteste pas.

Le blond se recroquevilla encore plus, comme cherchant à rétrécir jusqu'à disparaître.

- Ca ne change rien…

- Si, ça change. Ca change beaucoup de choses Draco.

Harry le lâcha pour venir se placer face à lui.

- Regarde-moi.

Le blond décolla sa tête de ses genoux mais garda le regard fixé sur le sol. Le brun l'incita de nouveau à lever les yeux sur lui. Draco hésitait. Et si regarder Harry lui faisait mal comme tout à l'heure ? Mais cette fois il céda, influencer par le ton doux qu'adoptait le Survivant. Son regard se posa sur Harry. Il était merveilleux. Ses yeux verts le fixaient franchement et Draco eu la sensation de dégringoler dedans. Ils brillaient d'une lueur étrange, étrange mais rassurante et belle. Harry lui sourit tristement.

- Je ne te déteste pas.

Draco s'arrêta de pleurer.

- Mais pourquoi tu me l'as dit alors ? demanda-t-il faiblement

- Toi et moi on est pareil. Je t'ai blessé tu t'es vengé, tu m'as blessé alors je me suis vengé. Je suis sincèrement désolé.

- Moi aussi Potter. Moi aussi je suis désolé mais ça ne change rien. D'accord tu ne me déteste pas mais tu ne…

- Je t'aime.

- …m'aimes pas.

Les deux garçons restèrent un long moment à se fixer, interdits. Puis sans prévenir, Harry éclata de rire. Un rire franc, joyeux, court mais parfait. Il était beau quand il riait. De son pouce, il effaça les larmes du blond, en profitant pour caresser son visage. Draco agrippa son col et le tira jusqu'à lui. Lentement, leurs lèvres s'emboitèrent comme deux pièces de puzzle faites pour aller ensembles, indissociables, inutiles l'une sans l'autre. Ils s'embrassèrent.


PS: Oui normalement Cho Chang ne devrait pas être en deuxième année, mais je sais pas pourquoi, je trouvais ça drôle de la mettre en groupie de Potter donc voilà!