J'ai battu mon record de recopiage pour ce chapitre, attention xD Et de longueur aussi, je crois. Faut dire aussi que vos reviews m'ont drôlement motivée ! Et franchement bonjour l'imagination. Vous étiez tous bourreaux dans vos vies antérieures ? Quoi qu'il en soit, évitez de vous servir de vos talents sur moi à la fin du chapitre, parce que je sens que bizarrement ça va pas vous plaire xD
- Colonel.
- Mouais ?
- On a la liste complète des objets volés chez les Bishop la semaine dernière.
Mustang regarda d'un œil morne le dossier apporté par Havoc se rajouter à une pile déjà trop haute, celle de l'affaire des cambriolages.
- Et on a quoi de nouveau ?
- Rien. Toujours des tableaux, des meubles, des bijoux…
- Tellement original, commenta Roy.
Il feuilleta mollement les quelques pages, composées de descriptifs des objets - et notamment leur valeur qui fit s'étrangler le colonel : comment pouvait-on acheter une commode à cinq cents mille cenz ?- et parfois des photos.
L'une d'elles arrêta Roy. Pas pour les références, non, mais la jeune fille peinte sur le tableau lui semblait étrangement familière, et pourtant différente.
Par rapport à quoi ? s'interrogea Mustang.
Une sensation étrange de déjà-vu. Mais où ?
- Qu'est-ce qu'il se passe colonel ?
- Je.. je connais ce tableau.
Tous s'approchèrent.
- C'est « Le Printemps » de Lilith Evegrind, fit Falman. Elle a peint une série de quatre toiles, chacune représentant une saison. Vous avez dû voir l'une des autres.
- Sans doute…
Toujours était-il qu'il n'arrivait à se rappeler où il l'avait croisé.
Falman continuait:
- Evegrind n'a jamais peint que ces œuvres qui sont devenus rares et forcément extrêmement chères. D'ailleurs, « L'Été » et « L'Hiver » font partie des objets dérobés lors des précédents cambriolages. Sur le tableau, l'élément le plus remarquable est sans doute la façon dont les yeux violets de la jeune fille semblent vous regarder, ainsi que le contraste entre ses cheveux noirs et le blanc presque immaculé de son kimono qui…
- Les autres ont été volés ?! s'exclamèrent simultanément Havoc, Breda et Fuery.
Roy réfléchissait déjà. La série complète devait bien entendu avoir une valeur énorme, aussi pouvait-on s'attendre à ce que les voleurs viennent terminer leur petite collection.
- En trouvant le tableau manquant, on trouve le lieu du prochain vol.
- C'est réglé alors ! Fit Breda.
- Oui mais…objecta Falman.
- Mais ?
- Il a disparu de la circulation…
Gros soupir de la part de ses collègues qui se rassirent à leurs places, tout espoir envolé. Mustang s'affala à son bureau, prenant une feuille de rapport pour plier une cocotte sans risque de se faire prendre puisque Riza n'était pas là.
D'ailleurs, il commençait à trouver le temps long.
Au moment où il formulait cette pensée, la porte s'ouvrit en grand. Roy se redressa instinctivement mais la couleur des cheveux avait beau être presque la même, ce n'était pas Riza.
C'était le commandant Armstrong avec sa traditionnelle escadrille d'étoiles. Qui ne remarqua pas le repli stratégique effectué par les autres officiers.
- Colonel, j'ai terminé tous les portraits décrits par les témoins, grâce au talent pour l'art du dessin, présent dans ma famil-
Il allait continuer mais Roy récupéra les feuilles et le coupa dans son début de discours.
- Merci commandant ce sera tout.
Armstrong s'arrêta et salua.
- Ce fut un plaisir, colonel.
Roy hocha la tête et posa le magnifique cadeau sur la pile.
- Vous ne les examinez pas ? s'étonna Armstrong qui n'avait pas reçu l'ordre de quitter la pièce.
- Pas motivé.
Mais sous les regards insistants des autres, il céda. Sans enthousiasme, l'esprit ailleurs perdu auprès d'une certaine blonde, il vit défiler une dizaine de visages. Découragé, il voulut arrêter quand ses yeux se posèrent sur un des portraits restants. Roy se figea.
- Merde…
Sans un mot d'explication, il se leva et sortit en trombe. La feuille qui l'avait interpellé fut emportée par le courant d'air créé par le départ du colonel. Armstrong l'attrapa au vol.
- C'est bien dessiné, pourtant, je ne comprends pas, déclara-t-il après l'avoir contemplée quelques secondes.
Une éternité pour Havoc qui arracha presque des mains du commandant le mystérieux document. Ses coéquipiers se rapprochèrent pour voir la solution, évidente.
- C'est forcément plus clair, dit Fuery.
- Ouaip.
Et ça les mettait dans une sacrée mouise.
Car le portrait était celui de Matthew Wayard.
Roy avait battu le précédent record d'infractions au règlement, préoccupé pour celle qui l'avait établi.
Une mauvais pressentiment l'habitait. Il n'étais pourtant pas homme à avoir des intuitions de genre mais, quand cela arrivait, il ne se trompait jamais.
Il fallait désormais prier pour qu'aujourd'hui soit une exception.
Il courut jusque chez lui, monta quatre à quatre les marches de l'escalier, arriva haletant à son appartement vide.
Il frôla la crise cardiaque mais Roy s'efforça de se calmer. Elle avait dû prendre un autre chemin. Voire s'être perdue. Ou elle était arrivée au bureau juste après qu'il en soir parti et il ne l'avait pas vue. Oui, c'était sûrement ça, il n'y avait pas à s'inquiéter.
Même pour lui ça sonnait faux.
- Monsieur Mustang ? fit une voix.
- Ouais.
Roy tourna la tête et reconnut une de ses voisines, sans parvenir à se rappeler son nom.
- Vous cherchez la jeune femme blonde de ce matin ?
- Oui ! Vous l'avez vue ?!
Sa voisine sourit face à l'empressement de Roy. Mais la nouvelle, elle, n'était pas drôle.
- Il s'est passé quelque chose de très étrange. Je l'ai croisée dans les escaliers, d'ailleurs elle est jolie, et vu qu'elle allait plus vite que moi elle est passée devant.
Abrégez, supplia mentalement Roy.
- Elle est donc sortie avant moi mais je l'ai revue quand je suis sortie aussi, pour les poubelles. Je pense franchement qu'ils devraient faire quelque chose, d'ailleurs, parce que descendre quatre étages uniquement pour ça à mon âge… Oh, pardon, je m'égare, ajouta la voisine en voyant l'état de nerfs avancé de Roy.
Merci.
- Donc, je l'ai vue sur le trottoir. Et un homme est sorti d'une voisine, il a voulu… l'agresser je crois !
- Quoi ? s'exclama Roy.
- Je vous assure ! J'ai pensé appeler quelqu'un mais elle s'est bien défendue. Pourtant elle s'est arrêtée et a parlé avec une autre personne dans la voiture, on aurait dit…
- Qu'elle le connaissait ?
Sa voisine hocha la tête et Roy comprit qu'ils étaient très mal partis. Mustang n'avait pas besoin de plus pour faire le rapprochement avec ce…
Comment décrire Wayard sans être grossier ?
Roy apprit le numéro de la plaque de la voiture par le fleuriste. Au QG, la comparaison ne donna rien, bien sûr. C'était une voiture volée.
Il ne savait plus quoi faire. Aucune piste, aucun indice, rien pour retrouver Riza.
Où pouvait-elle avoir été emmenée ?
Roy posa le front contre le bois clair de son bureau et ferma les yeux pour se concentrer. Il avait besoin d'une idée, et vite.
Il ne la trouva pas.
A la place, quelques souvenirs revinrent.
Riza l'avait encore entraîné dans une de ses escapades au grenier, le tirant par la même occasion de ses livres sur l'alchimie.
« J'ai pas envie que tu deviennes comme mon père » avait-t-elle dit en plissant le nez. Sa mimique était adorable et il l'avait, comme toujours, suivie.
Le grenier du manoir était un terrain de jeux formidable. Il y avait des tas de vieilleries, des meubles poussiéreux, des coffres qui semblaient contenir des trésors, des mannequins cachés sous des tissus blancs qui les faisaient ressembler à des fantômes. Une forte odeur de renfermé était présente, aussi, mais a faisait partie du jeu.
Roy l'avait laissée partir devant, puis s'était caché derrière un amoncellement de toiles. « Roy ? » Il avait souri, sans bouger. Il pouvait parfaitement la voir de là où il était, surtout vue la façon dont ses cheveux d'or resplendissaient grâce aux rayons de soleil qui filtraient du toit.
« Roy ? » répétait Riza, de plus en plus inquiète. « Où es-tu ? »
Il avait fini par sortir de sa cachette et elle s'était précipité contre sur lui en labourant son torse de petits coups de poings. En la voyant au bord des larmes, il s'excusa. « Tu resteras toujours avec moi maintenant, d'accord ? » Riza lui avait tendu son petit doigt. Il l'avait serré. Très fort. Puis ils avaient continué leur exploration, découvrant tout ce qu'ils pouvaient.
Riza s'était arrêtée devant un tableau. « Elle est jolie » dit-elle en montrant la jeune femme peinte sur la toile. Elle l'avait laissé un instant fixer les beaux yeux violets, attendant son avis alors qu'elle tentait de déchiffrer la signature. « C'est vrai » avait répondu Roy. « Et moi ? » demanda alors Riza. « Toi, c'est pas pareil ». Elle n'avait pas eu le temps de réclamer des explications car juste après ils s'étaient faits punir pour avoir pénétré dans la pièce sans permission.
Roy sortit brusquement de sa rêverie. Puisque maintenant il se rappelait pourquoi le tableau lui semblait si familier.
Et il avait sans doute trouvé où Matthew avait emmené Riza.
L'endroit où se trouvait « L'Automne », la dernière toile de la série.
Le manoir des Hawkeye.
Riza se réveilla avec un gémissement et la nette impression que des éléphants jouaient à la balle au prisonnier dans son crâne. C'était la seule explication à son mal de tête, sinon une cuite. Mais elle n'avait quasiment rien bu au mariage de Diane et Tom…
Elle ouvrit les yeux, fermement décidée à croire que ce début de semaine n'avait pas existé. Elle ne vit rien, ou pas grand chose. Il faisait sombre pourtant elle savait que rien ne ressemblerait au décor habituel de ses réveils . Aussi Riza referma aussitôt les paupières. Sauf que la chaise sur laquelle elle était attachée n'était pas franchement confortable, et elle n'allait pas pouvoir replonger dans le sommeil de sitôt.
Elle se força à analyser son environnement. Ils étaient gentils, à l'école militaire. « Quand vous vous retrouvez en terrain hostile, les dix premières secondes d'observations sont vitales pour votre survie. Elles vous permettrons de déterminer les failles de vos adversaires et de vous échappez. »
Riza eut un sourire ironique. C'était sûr que dans le noir, qui avait l'air très hostile remarque, elle pouvait vraiment savoir où elle était. Quant aux failles de Matthew et mise à part sa débilité profonde, elle n'en connaissait pour le moment qu'une qui se situait au-dessous de la ceinture. Et entravée comme elle était, Riza ne pourrait pas l'atteindre. Par-dessus le marché, elle était désarmée. Conclusion ?
Elle était vraiment en rogne.
Comme s'il venait pour assouvir les envies de meurtre de la jeune femme, Matthew entra dans la pièce. Un instant éblouie par la lumière soudaine, Riza reprit contenance.
- Je n'apprécie pas spécialement cette façon d'inviter les gens. Et à la réflexion, c'est toi que je n'aime pas, cracha-t-elle.
Matthew fit comme s'il n'avait rien entendu.
- Désolé du manque de lumière.
- Comme si tu te soucias de ce que je peux penser.
- J'aurais voulu ouvrir les volets, vraiment. Mais comme l'endroit est censé n'avoir accueilli aucun visiteur depuis que tu es partie…Les liens c'est pour éviter que tu ne me sautes à la gorge.
- Pardon ?
- J'ai comme l'impression que tu as un peu de ressentiment à mon égard, fit Matthew en souriant d'un air narquois.
- C'est un mot faible. Mais je ne parle pas de ça. Qu'est-ce que ça veut dire, « depuis que tu es partie » ?
- Oh, ça ?
Riza aurait voulu lui coller des baffes. Et il devait parfaitement être au courant.
- Décidément, tu as la mémoire courte, ma chère.
Matthew se décala et ouvrit un deuxième battant. La lumière inonda la pièce dans laquelle ils se trouvaient. Riza redécouvrit la salle qui se rappela immédiatement à ses souvenirs. Forcément, puisque c'était le grand salon du manoir familial. Tout était intact, les meubles, la décoration. Seule la couche de poussière et les planches de bois aux fenêtres témoignaient de l'abandon des lieux.
- Pourquoi ? souffla Riza. Pourquoi ici ?
Il y avait tant d'endroits introuvable pour emmener une personne enlevée…Elle le savait par expérience. Alors pourquoi Matthew la retenait-il dans cette maison, qui administrativement parlant était la sienne ? C'était ou trop stupide ou trop génial pour que Riza comprenne le sens de la manœuvre.
- J'ai quelque chose à faire…
- Comment ça ?
- Que de questions, soupira Matthew comme s'il avait eu en face de lui un gamin agaçant.
- Ce qui me paraît naturel venant de la part d'une personne enlevée et attachée sur une chaise.
- Enlevée, enlevée… Je ne demande qu'à te laisser partir.
- Tu n'as qu'à le faire.
Riza en avait marre de jouer au chat et à la souris.
Surtout qu'elle détestait être la souris.
- Tu dois me rendre un service d'abord.
Le ton était sans appel, mais Riza ne put retenir un rire sarcastique.
- Un service, répéta-t-elle. Mon pauvre, tu dérailles…
Elle ne vit pas venir la gifle.
- Tu n'as pas le choix. Et je suis gentil, je te laisse une heure pour décider toute seule comme une grande. Après j'utiliserai la force pour te faire signer ça, déclara Matthew de façon glaciale.
Riza ne répondit pas, encore sous le coup. Sa joue cuisait et vu comment il la fixait il savait qu'elle avait mal. Elle lui jeta un regard haineux -en s'étonnant un peu de la rancœur qu'elle avait pu garder toutes ces années- avant de se désintéresser complètement de Matthew. Qui ne parut pas apprécier.
- Je vois que ce qu'il pourrait t'arriver ne te préoccupe pas plus que ça.
- Non, en effet, plutôt mourir que de t'aider.
Elle jouait avec le feu, en était parfaitement consciente et c'est pourquoi elle s'attendit à une autre gifle. Qui, étrangement, n'arriva pas. Matthew était parfaitement clame, presque détaché. Trop pour être honnête.
- Toi peut-être… Très bien, fit-il en sortant de la pièce. Rappelle-toi juste ce qui aurait pu advenir à ton cher colonel hier. Ca pourrait très bien se reproduire, et pour de vrai cette fois.
Quoi ? s'étrangla Riza. Comment pouvait-il savoir, sinon en étant là-bas ? Bien sûr. Elle venait de trouver la réponse, sans voir où tout ça allait la mener. Elle savait juste que bien qu'elle croyait ne plus rien avoir à perdre, il lui avait fait réaliser qu'elle tenait encore à certaines choses…
Matthew était parti. Abandonnant quelques feuilles de papier agrafées entre elles et un crayon sur la table en face de Riza. Elle s'aperçut qu'elle pouvait tout juste attraper le stylo. L'espace qu'il lui avait si gracieusement laissé de libre ne permettait donc à la jeune femme que de signer ce foutu papier.
Et puisqu'elle avait le temps, autant se cultiver.
Les yeux de Riza s'agrandirent au fil de la lecture. C'était un contrat de mariage.
Qui non seulement lui collait Matthew sur le dos « jusqu'à ce que mort vous sépare » mais en plus offrait à ce au choix de au choix tout ce qu'elle possédait…
S'il croyait lui faire signer ce…cette chose innommable, il se fourrait le doigt dans l'œil jusqu'au coude.
Il ne restait plus à Riza qu'à prier pour que ce qu'avait dit Matthew ne soient que menaces en l'air.
…
Elle avait intérêt à trouver une idée de génie, et le plus rapidement possible.
Riza ne put que supposer qu'il s'était en effet écoulé une heure quand Matthew revint chercher son butin. Elle n'avait pas sa montre et perdu toute notion du temps. Elle aurait pu aussi bien avoir dormi vingt-cinq minutes que…trois jours. Cette perspective l'effraya. S'étaient-ils aperçus de sa disparition, au bureau ? Il y avait combien de temps de route du manoir à Central ? Deux heures pour aller à East City, puis quatre jusqu'à Central, sachant qu'une personne endormie devait être extrêmement facile à déplacer dans une gare…
Riza se perdit en calculs plus tordus les uns que les autres, pour éviter de penser à ce qui allait arriver.
Matthew examina la page du contrat réservée à Riza et eut un sourire approbateur, teinté d'une légère incrédulité, bien qu'il s'efforça, comme d'habitude, de la dissimuler.
- Je n'arrive pas à croire que tu aies signé.
- Moi non plus, tu vois.
Pourtant, c'était bien la signature de Riza Hawkeye aux endroits prévus à cet effet.
Et à présent, elle se demandait si l'idée qu'elle avait eu était aussi géniale que ça.
