Alors euhm…Bonjour tout le monde? .. :D

Je ne sais pas trop quoi dire pour justifier ce silence de—wow!—plus d'un an et demi!

A part que j'ai perdu l'envie d'écrire, l'inspiration et que je n'avais vraiment plus le courage de m'y mettre. J'ai essayé plusieurs fois d'écrire, parce qu'en lisant vos reviews adorables je voulais vraiment continuer pour vous (akai-hidan, le fait que tu aies créé un compte juste pour pouvoir commenter sur ma fiction m'a vraiment beaucoup touché, merci!) mais je n'ai jamais vraiment réussi. Je n'aimais pas du tout ce que j'écrivais…

Enfin bref, me voilà enfin de retour! Je ne sais pas encore pour combien de temps, je ne veux rien vous promettre, je risque de reperdre l'envie de continuer à n'importe quel moment. J'espère cependant réussir à enfin finir cette fiction!

Sur ce, bonne lecture!

J'espère que ce chapitre vaudra l'attente interminable que je vous ai fait subir, j'en suis vraiment désolée d'ailleurs (je sais ô combien je déteste ne pas avoir la suite d'une fiction que j'aime beaucoup, alors j'en suis d'autant plus désolée :/ ).


Un corps s'abat sur le sol. Puis un deuxième. Un troisième. Un quatrième. Le sol est bientôt recouvert de corps immobiles, sans vie. Le bruit aigu et crissant d'une lame de katana qu'on range dans son fourreau résonne. Un petit rire malsain lui fait écho, brisant l'atmosphère bien trop calme qui règne lors de cette nuit sans lune.

Puis c'est silence.


- Sakura ! Sakura ! Alors ? Alors ?, cria Temari en se jetant sur son amie.

L'intéressée fit quelque pas en arrière, sur le coup de la surprise. Temari qui était d'habitude si calme et maîtresse d'elle-même semblait à présent en grande panique et surtout suspendue à ses lèvres dans l'attente du verdict.

- Il va bien, Temari. Il est tiré d'affaire, lui annonça calmement Sakura en ôtant ses gants.

A ces mots, le visage de la blonde s'éclaira et elle serra la mednin le plus fort qu'elle put contre elle.

- Merci, merci, merci !

Puis, comme si elle prenait soudain conscience de la situation, Temari se figea quelques secondes –Sakura put presque sentir les yeux de son amie s'écarquiller dans son dos—et s'éloigna de Sakura.

- Je veux dire euh…

Sakura croisa ses bras et haussa un sourcil, impatiente d'entendre l'excuse que Temari trouverait pour justifier son élan de gratitude et d'affection. En comprenant qu'elle en avait trop dit, Temari lui offrit un faible sourire, et lui répondit tout en jouant nerveusement avec ses cheveux :

- Je ne peux pas vraiment me rattraper là, pas vrai ?

Pour toute réponse, Sakura se contenta de secouer la tête. Devant la mine dépitée de Temari, elle ajouta dans un clin d'œil :

- Ne t'inquiète pas va, ton secret est bien gardé avec moi !

Temari lui répondit d'un maigre sourire. Elle qui détestait montrer ses sentiments, même à elle-même, venait d'échouer lamentablement. Elle n'était décidément pas douée pour dissimuler quoi que ce soit.

- Dr Harunoooooo ? Beugla une voix aigre et courroucée à travers le hall de l'hopital.

La réceptionniste !

L'air de rien, Termari suivit Sakura en trottinant jusqu'à la réception. La réceptionniste tendit un petit morceau de papier vers Sakura, les yeux plissés par la curiosité, le regard avide.

-Qu'est-ce que c'est ?

- C'est de la part d'un jeune homme—Sakura nota que sa voix aigre et dure s'était nettement adoucie sur ces derniers mots.

Sakura fronça les sourcils. La réceptionniste connaissait pourtant suffisamment tous ses amis pour les appeler par leurs prénoms. Qui cela pouvait-t-il être ?

- Un grand ténébreux, musclé, avec des traits si fins, réguliers et symétriques, et des yeux d'un noir profond, si profond qu'on pourrait se noyait deda…

La réceptionniste sursauta, visiblement de retour à la réalité après avoir croisé le regard de Sakura. Celle-ci se tenait devant le comptoir de la réception, impassible, les bras croisés. Elle avait maintenant une petite idée de qui cela pouvait être. La réceptionniste rougit. Elle s'était laissée emportée, qui plus est devant une employée bien plus jeune qu'elle, en âge ainsi qu'en expérience de travail. C'était embarrassant.


- Sas'keeeee ? hurla Naruto en entrant en trombe chez lui et chez son nouveau colocataire.

Il trouva son ami assis sur son lit, immobile et le regard dans le vague. En sentant la présence de Naruto proche de lui, Sasuke releva brusquement la tête et se recomposa une expression neutre et vide.

- Tu n'es pas supposé avoir le droit de rester seul, tu sais ! Je t'ai cherché partout !

Naruto fit la moue et ajouta :

- Tu m'as ruiné mon entrainement !

- Rien ne te forçait à courir après moi.

- Et si quelqu'un du village t'avais vu seul ? Tu crois que Tsunade-baachan aurait été contente ?

Sasuke ne répondit pas. Le blond se souvint alors de la raison principale qui l'avait poussé à le trouver :

- D'ailleurs, je l'ai croisé tout à l'heure sur le chemin—si quelqu'un te demande tu étais parti te vider la vessie dans la neige pendant ce temps (Sasuke leva les yeux au ciel)—, elle a une mission pour toi !

Ces mots provoquèrent un léger intérêt chez Sasuke. Ils avaient déjà suffisamment confiance en lui pour lui confier une mission ? Ils étaient quand même franchement naifs, au village caché de la feuille.

- Ah, mais ne t'emballes pas, continua Naruto en ricanant, c'est une mission de rang D ! Et attends de savoir ce que tu vas devoir faire !


Sakura était assise—ou plutôt affalée—au fond de son canapé et fixait le petit morceau de papier, toujours plié en quatre, posé devant elle, sur la table basse. La réceptionniste avait dit qu'il venait « d'un beau ténébreux ». Il n'y avait donc plus aucun doute sur l'identité de son expéditeur. Qu'est-ce que Sasuke pouvait bien lui vouloir ? Elle soupira. Elle était ridicule. Elle n'allait tout de même pas passer le reste de sa journée à jouer à «qui baissera les yeux le premier» avec un bout de papier plié en quatre. La jeune fille s'en saisit, respira à fond et l'ouvrit. Elle écarquilla les yeux. Ce mot venait de Sasuke Uchiwa ? Son ancien coéquipier et célèbre taciturne du village de Konoha ? L'homme qui l'avait rejeté six ans auparavant ?

Sakura replia le petit bout de papier, le glissa dans sa poche, attrapa ses clés et sortit de chez elle en trombe. Elle avait quelqu'un à qui rendre visite. Pronto.


Tenten, rentrée de son examen, s'écroula directement dans son salon en poussant un soupir de profond soulagement. Elle était arrivée tout juste quand l'examinateur allait refermer la porte. Elle pensait s'en être bien tirée. Mais de toute façon, elle se refusait d'en parler, ni même d'y penser avant d'avoir les résultats. Au moins à présent, c'était fait. Elle avait donné le meilleur d'elle-même, et maintenant, il n'avait plus qu'à attendre.

Ses pensées se dirigèrent automatiquement vers Neji. Est-ce que son baiser avait été réel, ou juste un prolongement de son rêve ? Tout s'était passé tellement vite. Et ce n'était tellement pas du genre de Neji de faire une chose pareille. Et puis, cela faisait tellement longtemps qu'ils étaient coéquipiers et passait énormément de temps ensemble. Pourquoi maintenant ? Neji n'avait jamais une seule fois montré le moindre signe d'intérêt envers la kunioichi. Il était toujours resté strictement amical.

Etait-ce le retour de Sasuke Uchiwa, le tombeur de ces dames, qui avait menacé Neji au point qu'il se doive d'agir vite et faire main basse sur celle qu'il voulait garder pour lui tout seul ? Ce n'était pourtant pas du genre de Neji, de se sentir menacer par qui-ou quoi-que ce soit. Ou peut être était-ce simplement cette ambiance chaleureuse de retrouvailles—enfin, aussi chaleureuse que cela pouvait être sachant que Sasuke était un criminel de rang S—et de fête qui l'avait enfin poussé à faire un pas vers elle ?

Cela faisait très longtemps qu'elle attendait cela, à vrai dire. Tellement longtemps qu'elle ne se rappelait plus quand elle avait commencé à s'autoriser à fantasmer sur le couple imaginaire qu'elle et Neji pourrait former, les journées qu'ils pourraient passer ensemble, leurs moments romantiques...

Mais jamais elle n'en avait montré le moindre signe non plus. Il ne semblait pas avoir de sentiments pour elle, alors pourquoi devrait-t-elle se comporter comme plus qu'amie avec lui ? Elle avait plus de fierté que Sakura lorsqu'ils étaient plus jeunes, elle n'allait pas le suivre comme un toutou en lui criant à quel point elle tenait à lui, quand même. Peut être était-ce cela leur problème, à Neji et à elle. Ils avaient tout les deux étaient si fiers qu'aucun des deux n'avait jamais fait un pas vers l'autre avant la veille au soir.

Mais elle ne devait pas aller trop vite en besogne. Cela ne faisait que quelques heures qu'ils s'étaient embrassés. Elle ne savait même pas ce que ce baiser signifiait. Peut être que cela n'avait été que l'impulsion du moment. La situation était peut être la même qu'elle avait été deux jours auparavant. Tenten fut prise d'un soudain sentiment de confusion et de tristesse. Et si cela ne voulait vraiment rien dire, serait-elle capable de reprendre son comportement d'amie envers Neji à présent ?

Quelqu'un toqua à la porte, tirant la jeune fille de ses pensées. Elle soupira.

- Tu peux ouvrir, ma chérie ? lui cria la voix de sa mère d'en haut de l'escalier, ça doit être le livreur de fleur pour ta grand-mère !

Tenten ouvrit la porte, et en effet, la personne devant elle tenait dans ses mains jointes un bouquet de fleur. Mais tandis qu'elle relevait la tête, elle s'aperçut que le jeune homme debout dans l'encadrement de la porte était Neji, un bouquet de tulipes—les préférées de Tenten—à la main.

Neji n'était pas venu pour livrer des fleurs pour sa grand-mère, pas vrai ?


« Désolé » ? « Dé-so-lé » ?!

Sakura traversait les rues recouverte de neige de Konoha sans s'arrêter. Ses poings serrés et son regard noir dissuadait les passants de toute approche amicale, les poussant même à se décaler sur son passage. En effet, beaucoup d'entre eux avait un jour pu être témoins des impacts qu'avait la colère de Sakura sur les bâtiments du village. Ainsi que sur ce pauvre Naruto.

La jeune fille bouillonnait de rage. Après avoir fuit le village, commis des crimes impardonnables et même faillit tuer Naruto, tout ce qu'il trouvait à lui dire était inscrit sur un petit bout de papier chiffonné. Et il n'avait même pas eu les c…le courage de lui dire ni même de le lui donner en main propre?

Elle tambourina à la porte du blond, si fort qu'elle la fit trembler et manqua de la briser.

- Sakura-chan ! Quel bon vent…(il s'interrompit en croisant son regard noir—bien qu'elle ait les yeux verts—et son visage rouge de colère et de froid)…euh…t'amène ?

Il conclu par un sourire mi-effrayé, mi-désolé—au cas où sa colère soit dirigé contre lui. On ne savait jamais. Et puis, il venait tout juste de se remettre d'une blessure qu'elle lui avait causée plusieurs mois auparavant à cause d'une réflexion de mauvais gout qu'il avait eu le malheur de prononcer, sur l'étrangeté de l'existence des kunoichi. Heureusement, la jeune fille n'était pas venue pour lui aujourd'hui.

- Où. Est. Sasuke ?, articula-t-elle d'une voix tremblante, et ce n'était certainement pas du au froid.

Son soulagement était perceptible et il sembla se détendre mais Naruto hésita à lui répondre. Elle ne voulait visiblement pas le voir pour discuter tranquillement autour d'un bon bol fumant de ramen. Mais d'un autre côté, Sasuke aurait largement mérité une bonne correction de la part de Sakura. Après tout, c'était tout à fait juste, lui-même avait largement eu son compte de corrections, alors que Sasuke n'y avait jamais eu droit.

- Tsunade-baachan l'a envoyé en mission de rang D. Il doit déneiger le village. Je ne sais pas vraiment où il est exactement mais…

Mais Sakura était déjà repartie. Elle allait devoir trouver un autre défouloir pour passer sa colère. Sasuke ne perdait rien pour attendre.


- Hinata-sama ! Hinata-sama ! Vous allez bien ?

La jeune femme hocha faiblement la tête, allongée de tout son long sur le sol. Son visage était parsemé de contusions et de bleus, et ses yeux étaient fermés et plissés sous la douleur. Cependant, elle se releva et ancra ses deux pieds dans le sol, retrouvant une position de combat. Ses sourcils se froncèrent dans une expression de défi et elle tenta d'avoir l'air le plus intimidante qu'elle le put en faisant face à son adversaire. Elle pouvait le faire.

Elle entendit un « Tssch! » sur le côté de la salle et sa détermination s'effrita d'un bloc. Elle se tourna vers l'origine du bruit et croisa le regard empli de déception et de mépris de son père. Elle l'avait encore déçu. Perdant ainsi sa concentration, elle n'eut pas le temps d'éviter le coup de poing que lui asséna son adversaire dans la mâchoire, la faisant cracher une gerbe du sang au passage. Elle s'écroula de nouveau au sol, sur le dos, puis roula jusqu'à être face contre terre, tentant de se cacher, honteuse.

Elle vit dans son champ de vision réduit son père pousser un profond soupir, secouer la tête et sortir de la salle d'entrainement des Hyûga en claquant la lourde double porte derrière lui. Elle avait pourtant fait de son mieux, elle ne voulait vraiment pas le décevoir de nouveau. Ses yeux se mirent soudainement à lui brûler, sa gorge se serra et elle ne put retenir les larmes qui coulèrent le long de ses joues douloureuses. Elle les essuya rapidement, mais c'était trop tard, son adversaire les avaient déjà vu et portait sur son visage une expression de pitié envers la jeune fille. Elle en avait assez. Elle ne voulait pas être plainte, ne voulait pas être prise de pitié. Elle voulait être respectée. Elle voulait être forte. Elle voulait mériter l'approbation de son père. Elle voulait qu'il soit fier d'elle.

La jeune fille s'entraînait pourtant très dur tous les jours depuis des années déjà. Elle prenait tous les jours au minimum cinq heures de son temps pour s'entraîner. Et elle avait déjà fait d'immenses progrès. Elle était plus rapide, plus agile, plus confiante dans ses compétences. Elle avait déjà réussi à battre maintes et maintes fois l'adversaire contre lequel elle venait lamentablement de perdre devant le regard de son père. Alors pourquoi avait-elle échoué cette fois-ci, alors que son père avait enfin consenti à venir la regarder combattre ?

Elle n'était vraiment bonne à rien. De nouvelles larmes continuèrent de rouler le long de ses joues et cette fois-ci elle ne fit rien pour les essuyer. Son adversaire était parti de toute façon, après s'être assuré qu'elle n'avait rien de grave et avoir fait son habituelle longue courbette, réservée aux membre de la branche principale des Hyûga. Elle était restée là, allongée, sa joue contre le tatami de la salle d'entrainement, complètement désespérée. Elle commençait à perdre courage, après les immenses efforts et optimisme dont elle avait fait preuve. Elle referma les yeux et pleura silencieusement.

- Hinata-chan ?, demanda une toute petite voix penaude dans son dos.

Les yeux d'Hinata s'ouvrirent grands et elle battit plusieurs fois des yeux, sous l'effet de la surprise. Elle reconnaîtrait cette voix entre mille autres. Elle se frotta rapidement les yeux et se releva le plus vite que sa condition le lui permettait. Son poing collé contre sa poitrine en signe de protection, elle pivota lentement vers son interlocuteur. Ses longs cheveux noirs étaient complètement emmêlés, sa tenue de combat était déchirée en de nombreux endroits, laissant apparaître d'énormes contusions violettes et vertes, sa joue droite avait légèrement gonflée sous les coups et tout son visage était parsemé de rougeurs et de bleus. Enfin, malgré ses efforts pour essuyer et cacher ses larmes, ses grands yeux nacres était rouges, bouffis, et la trace de ses pleurs était belle et bien visible le long de ses joues rouges de honte.

- N-N-Naruto-kun... ?


« Ghhaaaaaaaaaah! »

Sakura poussa un hurlement de frustration qui fit trembler ses cordes vocales ainsi que tout son être sous sa puissance. Elle refusait d'abandonner sa recherche de Sasuke. De rage, elle donna un coup de pied dans le sol et fit s'envoler une quantité incroyable de neige à travers le ciel. Elle vit des enfants s'émerveiller et rire sous cette pluie blanche. En tant normal, elle aurait trouvé ce spectacle attendrissant, mais sa fureur était telle qu'elle en voulait même aux enfants d'être si heureux et insouciants alors que les épreuves de la vie l'avaient forcée à grandir trop vite. Sans s'en rendre compte, elle s'était dirigée vers les terrains d'entrainement. Parfait, cela lui permettrait de se défouler. Elle retint un second hurlement de rage et donna un nouveau coup de pied dans le sol de toutes ses forces, si fort qu'une partie du sol s'envola avec la neige.

- Hey ! Fais gaffe !

Cette voix.


-Entrer, toussa difficilement une voix faible.

La porte s'entrebâilla et une tête avec quatre petite couettes blondes apparut dans l'encadrement de la porte. Shikamaru tenta de sourire mais son sourire se transforma en une grimace de douleur. Temari entra dans la chambre d'hopital, marchant presque sur la pointe des pieds. Le voir aussi faible lui serra le coeur. Il était relié à plusieurs machines dont résonnaient les "bips" réguliers, ses yeux d'ordinaire relativement petits n'étaient à présent que deux minces fentes entourées de deux gros cercles violets foncés-Temari songea à un panda, et esquissa un sourire, avant de se sentir coupable de se moquer ainsi de lui-, ses cheveux était lâchés-elle ne put s'empêcher de noter que cela lui allait bien, il faisait plus homme plus...ahem, mais Temari s'emportait-son nez était légèrement tordu et recouvert d'un platre blanc qui s'étendait le long de ses narines et il avait vraiment l'air de quelqu'un qui a passé un sale moment.

Mais il était vivant. Temari s'assit sur une chaise prêt de son lit et essuya d'un geste qu'elle voulait discret une larme qui commençait à perler à son oeil droit. Shikamaru qui avait bien évidemment remarqué fit un nouvel essai de sourire qui échoua à nouveau.

- Alors, tu es venue me dire "je te l'avais dit", pas vrai ?

Temari soupira. Elle avait eu envie de lui dire oui, elle avait également eu envie de lui coller son poing au visage, mais toutes ses envies de violences et de vengeance s'étaient dissipées à la vue de son Shika-elle ne ferait pas de commentaire-ainsi mal en point.

- Non, je suis venue voir comme tu allais, répondit-t-elle d'une petite voix en fuyant son regard.

Shikamaru la regarda, surpris. Ce n'était pas son genre de se montrer "féminine"-Shikamaru se remercia lui-même de ne pas avoir formuler cette pensée à voix haute-et soucieuse de son état de santé. La majorité du temps, elle préférait le regarder de haut, lui hurler dessus et trouver le moindre prétexte pour se payer sa tête.

Il rit, d'un rire qui se transforma rapidement en toux. Temari, piquée au vif, perdu tout à coup tout sentiment de compassion envers son coéquipier.

- Tu ne mérite vraiment pas que je me sois inquiétée pour toi !, s'écria-t-elle, d-d'ailleurs... d'ailleurs je ne m'inquiétais pas pour toi ! Tu n'es qu'un abruti qui n'écoute jamais les conseils qu'on lui donne. Tu as voulu jouer au plus malin, et regarde où tu es maintenant, hein ? Non mais je te jure, qu'est-ce qu'on va faire de toi, Shikamaru ?

Il sourit et referma les yeux sans répondre. Il frôla sa main-l'une des rares parties de son corps qu'il était libre de bouger- et elle se tut instantanément dans un sursaut de surprise.

Il avait toujours su qu'elle avait un faible pour lui.


Sakura respira profondément à travers ses narines grandes ouvertes sous l'effet de la rage. Lentement, tentant de se maîtriser elle pivota sur sa gauche. Elle tomba alors nez-à-nez avec un Sasuke tout emmitouflé dans écharpe et manteau, une énorme motte de terre sur la tête, si lourde qu'elle le forçait à se pencher un peu sous son poids. Ses cheveux noirs ébènes étaient pleins de terre et à l'arrière de son crâne parsemé de pics naturellement formés—il maintenait à qui voulait l'entendre qu'il n'avait jamais utilisé de gel coiffant de sa vie—ses cheveux n'avaient tout d'un coup plus l'air si soyeux. Il passa la main dans ses cheveux pour retirer la terre et essuya du mieux qu'il pu les traces de terre sur son beau visage de porcelaine.

Sans réfléchir, Sakura se rua à grands pas vers lui et lui infligea ce qui serait sûrement la plus belle et la plus magistrale gifle qu'il recevrait de toute sa vie.

Il tourna trois fois—Sakura se demanda vaguement si elle ne venait pas d'établir un nouveau record, ainsi que de défier les lois de la physique—sur lui-même sous la force de la gifle avant de tomber brutalement au sol.

- Mais c'est quoi ton problème ?! hurla-t-il de rage et de douleur, une main sur sa joue douloureuse.

- C'est plutôt à moi de te poser cette question ! hurla-t-elle avec la même force et la même rage dans la voix.

Il se releva, et tenta de reprendre contenance et de recomposer son attitude, mais il était relativement difficile de le prendre au sérieux avec la marque rouge flamboyante d'une main imprimée sur sa joue gauche. Malgré le froid qui faisait rougir leurs visages, la marque était extrêmement visible et le serait sûrement pendant plusieurs jours-voire semaines.

Avant qu'il n'ait le temps de répliquer quoi que ce soit, Sakura lui planta le petit papier tout chiffonné sous le nez.

- Désolé ? DE-SO-LE ? C'est tout ce que tu trouves à dire après ce que tu nous as fait subir pendant toutes ces années !? J'aurais préféré que tu continue à te comporter comme le petit crétin supérieur que tu es plutôt que tu oses griffonner un minuscule bout de papier avec marqué « désolé »! Désolé de quoi exactement Sasuke ? Parce que là je t'avoue que la liste est tellement longue que j'en ai perdu le fil ! De nous avoir abandonnés et d'avoir tourné le dos à tout tes amis ? D'avoir tué tout ces gens innocents ? D'avoir plongé dans les ténèbres et t'être laissé consumé par la haine ? De t'être comporté comme un petit crétin supérieur avec nous ? Ou…(elle marqua une pause) Ou désolé de t'être permis de faire des commentaires sur ma vie sans avoir la moindre idée de ce que j'avais subit ?

Sasuka la regarda, les sourcils levés. Cette fille était folle ? Sasuke Uchiwa, l'ex-nukenin, criminel de rang S, s'excusait—chose qui n'était absolument jamais arrivé de sa vie—et elle venait lui hurler dessus comme une furie et lui coller une gifle dont il se souviendrait probablement toute sa vie.

Elle attendait visiblement une réponse, mais le célèbre taciturne ne semblait pas vraiment enclin à lui en fournir une. Au contraire, il l'ignora profondément et se détourna d'elle, prêt à reprendre le cours de sa mission de rang D comme si elle n'était pas là.

C'en était trop pour la bombe prête à exploser qu'était Sakura en cet instant. Elle respirait très rapidement, comme si elle avait envie d'éternuer. Mais ses dents étaient serrées, ses poings crispés, et elle n'avait pas vraiment l'air d'avoir envie d'éternuer.

Sakura se rua de nouveau sur lui et tenta de lui asséner un coup de poing dans le ventre-celui-ci s'était de nouveau tourné vers elle en entendant un pas de course dans son dos-mais malgré tous les moyens mis en œuvre pour diminuer ses compétences et son chakra, Sasuke restait bien plus rapide que le ninja moyen, et Sakura, qui se battait pourtant à présent à la même vitesse que Lee, ne parvint, sous l'effet de sa rage mal contrôlée, qu'à le pousser de toutes ses forces.

Le jeune homme s'éleva dans les airs et atterrit à plusieurs dizaines de mètres en s'enfonçant dans la neige comme une grosse masse dans un gros « Pouf ! ». Sakura se précipita vers lui, non soucieuse de savoir si il allait bien, mais plutôt prête à recommencer ses attaques dès qu'elle en aurait l'occasion.

Il était allongé, le visage enfoncé dans la neige. La profonde couche de poudreuse avait amortie sa chute et il n'avait pas une égratignure. Quand il releva finalement la tête, de la neige était restée accrochée sur ses joues et son menton, lui donnant une ressemblance frappante avec un célèbre personnage de Noël. Sakura, complètement prise par surprise par cette vision improbable de Sasuke, le non moins célèbre criminel de rang S, lui qui avait toujours cette attitude si cool et dégagée, dans cette situation qui le mettait si peu à son avantage et qui témoignait si peu de sa grande classe et maîtrise de lui-même, fut prise d'une soudaine crise d'hilarité.

Sasuke écarquilla les yeux. Cette fille était folle. Complètement tarée. Et lunatique en plus de ça. D'abord, elle venait lui hurler dessus parce qu'il avait osé s'excuser, puis elle le faisait voler, et maintenant, sans raison, elle lui riait ouvertement au nez ?

- T'es vraiment un boulet.

Il avait choisi ces mots précisément parce qu'il savait qu'ils étaient les mots les plus blessants qu'il pouvait lui dire, mais entendre Sasuke parler ne fit que redoubler les rires de Sakura. Il s'était relevé, et attendait, bras croisés, mais rien à faire, cela faisait cinq bonnes minutes qu'elle riait, les yeux fermés, la bouche grande ouverte, des larmes de joie aux coins des yeux, et elle ne semblait pas pouvoir s'arrêter. Le jeune homme ne voyait qu'une seule solution pour la faire arrêter de rire.

Sakura s'arrêta brusquement. Elle ne comprit pas tout de suite ce qui venait de se passer. Sa bouche grande ouverte était à présent étrangement humide et froide. Elle ouvrit les yeux pour trouver tout proche d'elle Sasuke, une expression mi-moqueuse, mi-agacée.

Oh non, il n'avait pas osé. Elle cracha-assez peu élégamment, Sasuke nota-la neige qui bloquait sa gorge et sa bouche, passa sa langue sur ses dents glacées et essuya ses lèvres, devenues violettes et engourdies par le froid avec un pan de sa manche.

- Oh vraiment, monsieur le dangereux criminel de rang S, on veut jouer à ça ?, s'enquit-t-elle, les yeux plissés d'indignation et de rage.

- Je ne joue à rien du tout avec toi, répondit-t-il d'un ton aussi glacé que la neige avait été dans la bouche de Sakura, tout en lui montrant son dos.

L'occasion était trop belle.

Sasuké sursauta, bien qu'il aurait certainement dû voir ce coup-là arriver à des centaines de kilomètres-« Ne jamais tourner le dos à l'ennemi », n'était-ce pas ce qu'il avait l'habitude de faire?. Le froid le paralysa un moment tandis que les flocons de neige se déversaient lentement le long de sa colonne vertébrale. Cette petite peste.

- Très bien. C'est la guerre.

S'en suivit un combat de boule de neige à la vie à la mort entre Sasuke et Sakura. Mais attention, comprenez bien, ce n'était pas un jeu. C'était un combat sanglant dirigé uniquement par la rage et la révulsion qu'ils nourrissaient l'un envers l'autre. En aucun cas ils ne prirent plaisir à ce combat, à moins que par plaisir on entendait la joie de voir l'un souffrir de la morsure glacée de la neige que lui infligeait l'autre. Ils ne s'amusaient absolument pas. D'ailleurs, ça n'était pas un jeu. Mais ils l'avaient déjà dit ça. C'était très sérieux. Très violent. Un seul d'eux deux en sortirait indemne.

Mais alors pourquoi se sentaient-ils aussi légers, et vivants, tout à coup ?


Je me mets tout de suite au chapitre 9 ! :D

A la prochaine ! ;)