Disclaimer : Le monde de Harry Potter appartient à J.K. Rowling. Je ne fais que le lui emprunter le temps d'une histoire pour laquelle je ne gagne évidemment pas un sou.

Cette fic est écrite dans le cadre de la deuxième nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "Feuille". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou s'amuser entre nous. Le lien se trouve dans mes favoris. Rejoignez-nous !

Principe des nuits écritures : idée originale de la communauté LJ frenchdrabbles, il y a un thème à traiter en une heure. Une fois l'heure écoulée, un nouveau thème est proposé et c'est reparti pour un tour !


Un cahier sous le bras, Rose sortit du château, impatiente. C'était une belle journée de septembre et la première semaine de cours était finie. Ce samedi ensoleillé était parfait pour commencer à remplir son herbier. C'était un cadeau de sa mère pour ses sept ans lorsqu'elle avait compris que sa fille avait une passion pour la nature. Elle l'avait aidée à le remplir et l'avait emmenée dans plusieurs parcs différents pour collecter plusieurs espèces de feuilles. A son entrée à Poudlard, sa mère lui avait annoncé qu'il existait plusieurs végétaux rares dans l'enceinte de l'école. Rose avait sauté de joie en l'apprenant.

Aujourd'hui, elle était en septième année et son herbier s'était rempli de différents représentants de la flore locale : de la mandragore qui se trouvait dans la serre où avaient lieu les cours de botanique aux plantes qui peuplaient la Forêt Interdite grâce à l'aide du garde-chasse. Le seul spécimen qui manquait à sa collection était une feuille du Saule Cogneur.

Rose n'avait jamais pu approcher cet arbre. Elle avait entendu beaucoup d'histoire à son propos par ses parents et son oncle Harry. De plus, ils lui avaient formellement interdit de s'en approcher. Cela faisait maintenant six ans qu'elle était à Poudlard et elle n'avait toujours pas trouvé le moyen de se procurer la moindre feuille. A chaque automne, lorsque les arbres perdaient leurs feuilles, elle avait tenté d'aller en récupérer une. Mais il fallait croire que le sort s'acharnait sur elle. A chaque fois, elle avait eu un empêchement : soit elle était à l'infirmerie à cause de son voisin qui avait fait explosé son chaudron, soit il pleuvait des trombes et les feuilles étaient inutilisables, soit quelqu'un avait déjà débarrassé le parc de Poudlard de toutes les feuilles tombées. Cela avait le don de mettre Rose dans tous ses états.

Mais cette année, elle trouvera une solution. Elle aura sa feuille de Saule Cogneur, qu'importe le prix qu'elle devait payer, elle était prête.

La silhouette de l'arbre imposant se dessinait au loin. Rose s'avança à grands pas déterminés vers lui. Une fois qu'elle fut à une distance assez raisonnable pour ne pas se faire frapper par une branche, elle leva la tête et se mit à réfléchir. Elle avait déjà tenté de lui jeter un sort, mais cela n'avait pas fonctionné. Les branches de l'arbre étaient trop hautes pour qu'elle puisse tenter d'arracher une feuille en vitesse. Que pouvait-elle faire ?

Trop absorbée dans ses pensées, elle n'entendit pas les bruits de pas qui se rapprochaient. Bientôt, la personne fut à ses côtés et lui murmura à l'oreille :

« Qu'est-ce que tu cherches ? »

Rose sursauta. Elle se tourna vers l'individu qui n'était autre que Scorpius. Passablement énervée à cause de son impuissance, elle lui lança sèchement :

« Rien qui te regardes. Laisse-moi tranquille. »

Il ignora sa demande et reprit d'un ton faussement songeur :

« Hum… Le Saule Cogneur ? Laisse-moi deviner, tu veux récupérer une de ses feuilles pour ton herbier, supposa-t-il en faisant un signe de tête vers le cahier que Rose à la main.

- Comment… Ça ne te regarde pas ! se reprit-elle.

- Je crois que j'ai ce que tu cherches, continua-t-il, un sourire satisfait aux lèvres.

- Si c'est pour te moquer de moi, tu peux t'en aller, je ne suis pas d'humeur à supporter tes plaisanteries, répliqua-t-elle d'un ton cinglant.

- Non, pas du tout. »

A ces mots, il sortit délicatement de la poche de sa cape la feuille que Rose s'évertuait à se procurer. Interloquée, elle ne put dire un mot et se contenta d'observer avec envie et incrédulité l'objet de ses désirs. Le sourire de Scorpius s'élargit.

« Comment as-tu fait ? s'enquit-elle, admirative malgré elle.

- Si tu crois que je vais te révéler mes secrets. Mais, si tu la veux, je veux bien te la donner. Je n'en ai pas besoin.

- Et qu'est-ce que tu veux en échange ? l'interrogea-t-elle, sur la défensive.

- Rien du tout. »

Rose était sceptique. Ce n'était pas vraiment le genre du jeune homme que de donner sans recevoir en retour.

Face au silence de sa camarade, Scorpius soupira.

« Je te l'ai dit, je n'en ai pas besoin, alors si tu la veux, prends-la. Autant que ça serve à quelqu'un. Mais si tu ne la veux pas, je vais la jeter alors… »

Le choix fut vite fait. Mettant son orgueil de côté, Rose saisit l'opportunité qui lui était offerte.

« Merci », murmura-t-elle.

Scopius hocha la tête avant de partir rejoindre le château, laissant derrière lui une Rose pleine d'interrogations.