Merci à Neechu et à Phoenix penna pour leurs reviews !

Le huitième thème est Porte.


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Livre 2 : Évadés

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Chapitre 7 :

La marche dura longtemps. L'homme étrange ne leur avait pas dit son nom, mais il avait dit qu'il pouvait les conduire à Emporio Ivankov. Ace était prêt à croire n'importe quoi.

Marco aussi visiblement.

Ils atteignirent un mur, et alors que Ace tournait déjà la tête s'attendant à un piège tout à coup, il y eut un bruit de ciseaux qui coupe du papier et le mur de pierre s'ouvrit en deux, comme les battants d'une porte.

Même en considérant les pouvoirs délirants des Fruits du Démon, ça restait si surprenant qu'ils restèrent un instant indécis devant l'antre sombre, d'autant plus noire après la blancheur de la neige.

Puis Ace entendit les cris.

Mais non pas des cris de douleur ou de supplication, non pas les hurlements habituels des prisonniers qui faisait la musique d'Impel Down, mais bien des cris de joie, mélangés à des rires et à un murmure de voix qui discutaient avec entrain. Le genre de bruit qu'Ace n'avait jamais entendu ici, pas même dans les salles des gardes.

Ce fut cela qui, plus que le reste peut-être, plus que l'urgence, poussa Ace à faire un pas en avant.

Ses compagnons le suivirent, et les portes de papiers se refermèrent derrière eux, solides battants de pierres qui ne pouvaient plus être franchis sans aide.

Ils se retrouvèrent dans un couloir étroit qui descendait, et toujours le bruit était plus fort, plus joyeux. Ils finirent par arriver dans une haute salle d'où partaient plusieurs autres couloirs. En face d'eux, deux rideaux rouges dissimulaient mal la vive lumière d'une pièce d'où venait ce raffut.

Avec nonchalance, leur guide souleva un des pans de velours et les firent entrer. Ace en resta bouche bée.

Ils étaient une vaste pièce, qui tenait à mi-chemin du saloon et de la boîte de nuit. Plus loin, au fond, un comptoir et en face sur le mur opposé, une estrade qui devait servir de scène.

Et des tables, où des dizaines d'hommes et de femmes, une majorité portant des porte-jarretelle et des bas résilles, et ce quelque soit leur sexe, discutaient, criaient, riaient et mangeaient à qui mieux mieux.

« Où sommes-nous ? » demanda Jimbei, alors que Ace trouvait à peine la force de rassembler ses esprits face à ce spectacle absurde. Était-il en fait en train de rêver ?

« Où est Thatch ? demanda Marco, qui lui ne perdait pas le nord.

— Qu'est-ce… ? » Bon Clay s'était avancé de quelques pas et il fit quelques pas avant de tourner sur lui-même à toute vitesse : « C'est le paradis ? »

À ce moment là, les lumières s'éteignirent dans la salle, à l'exception de plusieurs spots dirigés vers la scène.

Un air de guitare s'éleva à mesure que le silence se faisait dans la salle.

Une figure étrange, avec une afro démesurément grande et vêtu d'un justaucorps moulant et des inévitables bas résilles qui semblaient être l'uniforme du lieu apparut.

De dos d'abord, il se déhancha, en chantonnant : « Aaah, mes candies… »

Puis d'un coup il se retourna et Ace réalisa que ce n'était pas l'afro qui était gigantesque mais bien la tête de cet… être. Humain, sûrement, mais pas que, ce n'était pas possible avec une tête aussi grande.

Très maquillé, aussi.

« Est-ce que vous avez été sages aujourd'hui ? En ce jour glorieux, merveilleux, radieux à NEWKAMA LAND ? »

Tous les spectateurs hurlèrent que oui, que tout allait bien, qu'ils avaient été sages.

« Oh, c'est parfait alors, même si je vous avoue que moi, je ne me sens pas très bien et que… »

La silhouette sembla s'affaisser, comme pour tomber, et avec un détachement surréaliste, Ace se demanda si le poids de sa tête n'allait pas briser l'estrade et entraîné toute la scène dans sa chute. Tout ce qu'il voyait n'avait pas de sens.

« Ah, non ! La Reine Iva se sent mal !

— REINE IVA !

C'était partout des cris de détresse, plus de rires et de chants, mais bien une panique partout.

« HEEEEEEEEEE-HAAAAAAA ! C'était une blague je vais bien ! » clama celle qu'on nommait visiblement la reine Iva en se redressant.

« Ahaha !

— Elle est bien bonne celle-là !

— Reine Iva, quel humour ! »

Ace s'aperçut qu'à côté de lui, Bon Clay était tombé à genoux : « Emporio Ivankov, » souffla-t-il.

Et Ace, incrédule, tourna la tête vers la scène. Quoi ? C'était lui, ou elle, qui allait ramener Luffy des portes de la mort ?

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Marco savait reconnaître les dingues quand ils les croisaient, et il était tombé visiblement sur un nid.

Alors que les autres restaient bouche-bée face à ce spectacle franchement inattendu, parce que Marco avait roulé sa bosse un petit bout de temps mais même lui devait admettre qu'il était surpris, il avait tiré doucement la manche de leur guide : « Thatch, s'il vous plaît ? » Pour un peu, il aurait ajouté pitié.

« Aux cuisines, je pense. » Et leur guide désigna une porte, derrière un comptoir.

Marco se retint de se transformer pour voler littéralement jusque là et traversa la salle à toute vitesse, s'excusant vaguement quand il bousculait quelqu'un. Ça passait plutôt inaperçu dans le capharnaüm général.

Il passa derrière le comptoir alors que les lumières de la salle s'éteignaient, et il poussa la porte que lui avait indiquée l'homme bicolore. Comme il fallait s'y attendre vu la nourriture qui garnissait abondamment les tables dehors, les cuisines étaient en pleine effervescence. Comment trouverait-il…

« MARCO ! MON FRÈRE ! » Une voix définitivement féminine, et un peu éméchée l'interpella. Il se retourna pour se retrouver face à une femme d'âge mûr, très court vêtue, avec des bas résilles et des seins qui pigeonnaient dans un décolleté admirable.

Le tout surmonté d'une tête vaguement familière et d'une coiffure, elle, très familière.

La femme pressa ses seins ensemble pour mieux les faire ressortir :

« Regarde ça Marco, t'as vu ces lolos ? Admets qu'ils sont au moins aussi beaux que ceux de Joan ! »

Joan était, à bord du Moby Dick, une infirmière pourvue d'une ravissante paire de lolos. Thatch avait toujours eu un crush sur elle, ou du moins sur sa poitrine.

« Qui… êtes… vous ? » balbutia le blond, décontenancé pour la première fois depuis… longtemps. Vraiment longtemps.

La femme lui sauta dans les bras.

« Qu'est-ce que t'es con ! dit-elle en se frottant contre lui avec un enthousiasme tout à fait déplacé. C'est moi, mon vieux ! »

Marco se demanda s'il allait vomir ou s'évanouir.

« Thatch ? »

Le rire qui lui répondit, même s'il était plus aigu, était, à n'en pas douter, celui de son frère perdu.

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Et voilà le dernier chapitre... Vous vous apercevrez qu'on a même pas rattrapé le prologue ! Je ne sais absolument pas si je vais continuer cette partie ou faire un épilogue comme pour la précédente. J'ai quand même envie de rajouter un chapitre, parce que bon, ça semble un peu court.

Concernant le thème Porte, j'ai essayé de le tenir, vraiment, mais j'étais juste tellement fatiguée qu'il a presque disparu de la partie Marco.

Ah oui, et Thatch est une fille. Parce que ça faisait rire Neechu et ça me faisait rire aussi et que franchement, si vous aviez l'opportunité de changer de sexe pour quelques jours, est-ce que vous ne le feriez pas ? Et puis c'est bien de traumatiser Marco.

Voilà, voilà, on se revoit bientôt pour le prochain chapitre ou pour l'épilogue, ce sera la surprise !